00:00Pourquoi rupture d'égalité ?
00:03Déjà, sur deux aspects.
00:05Aujourd'hui, il y a la moitié du territoire français qui n'est pas couvert par les soins palliatifs.
00:09Et dans la loi qui a été votée à la quasi-unanimité sur les soins palliatifs en mai 2026,
00:14on nous dit qu'il faudra attendre 2030 pour que tout le territoire français soit couvert.
00:19Donc on grille un peu les étapes.
00:20Déjà, vous avez une rupture d'égalité, c'est-à-dire qu'il y a des territoires où les gens,
00:23face à la maladie et la souffrance, et personne n'a envie de souffrir.
00:26Personne, moi le premier, vont se dire
00:28« J'ai le choix entre soins palliatifs ou recours au suicide assisté. »
00:33Et l'un d'autre, il n'y a pas d'unité de soins palliatifs,
00:35donc ce sera le suicide assisté obligatoirement qui s'offrira à eux.
00:38Après, c'est une rupture d'égalité aussi entre pauvres et riches.
00:41Vous savez, à l'Ordre de Malte, on a un millier de professionnels de santé
00:44qui s'occupent de personnes handicapées, de personnes en fin de vie.
00:47Et on a 15 000 bénévoles qui s'occupent de pauvres.
00:50Et qu'est-ce qu'on voit ?
00:51C'est que ce texte-là, il frappe plus particulièrement, même avant d'avoir été voté,
00:55les personnes qui sont en précarité, qui sont isolées, qui sont seules.
00:59C'est une violence infinie que vous mettez devant ces gens-là.
01:02Ce sont ces personnes qui sont peut-être les plus amenées à prendre cette décision radicale.
01:06Je vous prends le professeur Juvin, de l'hôpital Georges Pompidou.
01:10Il dit « Vous êtes riche, vous avez une aide à domicile qui vient.
01:13Quand vous vous faites dessus pendant la journée, votre couche est changée tout de suite.
01:17Quand vous êtes pauvre et que votre infirmière passe à 18h,
01:20toute la journée, vous êtes dans vos excréments. »
01:23Je suis désolé à 7h20 du matin d'être comme ça, mais vous ne vivez pas la même fin de
01:27vie.
01:27Quand vous êtes… L'ancien ministre Léonetti qui avait fait voter deux lois à l'unanimité,
01:33parce que c'est ça aussi qui est grave dans ce processus démocratique,
01:36c'est qu'on le voit, c'est 50,5% hier, l'Assemblée nationale qui vote ça,
01:40trois rejets du Sénat.
01:42Il n'y a pas de consensus là-dessus.
01:44Il y a une vraie fracture dans le pays.
01:47Le professeur Léonetti, qu'est-ce qu'il dit ?
01:49Moi, je suis à Jean-les-Pins, à Antibes, j'ai la mer face à moi, tout va bien.
01:52Quand vous êtes seul dans une banlieue où vous n'avez personne qui vient vous visiter,
01:58vous ne vivez pas votre fin de vie aussi.
02:00Et nous, ce que l'on reproche particulièrement à ce texte,
02:04c'est de dire, dans nos établissements, nous menons et nous portons ces projets de vie.
02:09Ce n'est pas un hôpital où vous rentrez pour cinq minutes ou pour deux jours pour avoir des soins.
02:13C'est un établissement où vous êtes là pendant des années,
02:17où vous vivez en interaction avec les autres malades,
02:20avec les professionnels de santé.
02:22Et introduire la mort là-dessus ou dire, ta vie n'a pas de prix.
02:25Ou alors, tiens, tu sais que tu as aussi cette possibilité-là.
02:29Je peux vous assurer que pour les gens qui sont chez nous,
02:32et pour en avoir parlé depuis des semaines et des mois...
02:34C'est très violent pour eux d'entendre tout ça.
02:36C'est ultra violent.
02:42C'est très violent.
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