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  • il y a 2 jours
La progression russe est toujours plus lente dans le Donbass, avec même une contre-offensive le jour de ce tournage. D'après Serhii Haidai, chef de l’administration militaire régionale de Lougansk : "Les forces armées ukrainiennes ont repris 20% de la ville de Sievierodonetsk, les troupes russes contrôlant environ la moitié de la ville."
A mon avis la progression devrait encore continuer et aboutir à la prise de Severodonetsk au prix de lourdes pertes, les ukraniens semblant organiser des petits commandos organisés pour maximiser les pertes russes avant de se retirer.
L'Ukraine a par ailleurs réussi une percée dans la région de Kherson, la contre-offensive russe a été un échec alors qu'elle avait été conduite par une unité d'élite de Wagner.

Vidéo enregistrée le 3 juin

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News
Transcription
00:00Écoutez ce que dit l'ONU ce soir sur l'issue de la guerre, cette guerre possiblement sans vainqueur,
00:07avec une guerre qui s'installerait, une guerre d'usure.
00:11Awinawad, le coordinateur de l'ONU, qui dit que cette guerre n'a et n'aura pas de vainqueur.
00:16Alors ça vaut ce que vaut les prévisions, mais quand même, cette idée que ça pourrait durer à ce point
00:20-là.
00:20Oui, c'est ce que nous disons depuis assez longtemps.
00:23J'ai entendu cette phrase-là dans la bouche de beaucoup d'experts.
00:26Pourquoi ? Parce qu'on voit bien qu'il est très difficile pour le président Poutine de proclamer le cessez
00:36-le-feu
00:36et de dire « nous sommes satisfaits », et qui plus est s'il n'arrivait pas à conquérir complètement
00:43le Donbass.
00:44Et de l'autre côté, on voit la détermination tout à fait justifiée des Ukrainiens, du président Zelensky et du
00:49peuple ukrainien,
00:50à ne pas céder un pouce de terrain supplémentaire.
00:54Les uns pensent encore pouvoir grignoter du terrain, les Russes.
00:57Les autres pensent qu'avec le renforcement en armement qui leur arrive de l'Occident,
01:03ils vont pouvoir compenser une infériorité numérique par une supériorité technique et technologique.
01:09Et donc, on est dans une phase où il y a de l'espoir de progrès des deux côtés.
01:14Mais est-ce que si les Russes reculent, par exemple, dans le Donbass, est-ce que ça signifie que c
01:19'est la fin de la guerre ?
01:21Non, je pense qu'il y a plusieurs options, plusieurs scénarios possibles.
01:25Si jamais les Russes étaient arrêtés dans le Donbass ou commençaient à reculer,
01:30puisqu'on entend maintenant des informations relatives à la zone de Kherson,
01:36qui indiquent qu'il y aurait des percées ukrainiennes dans cette zone-là.
01:40Supposons que demain, les Ukrainiens soient capables de récupérer Kherson.
01:44À ce moment-là, je crois que ça serait le contre-coup de Mariupol, si vous voulez.
01:48On remettrait la balle au centre.
01:50Et pour les Russes, ça serait une très très mauvaise nouvelle.
01:53Xavier Tittleman, vous observez, vous, de façon très exacte,
01:56ce qui se passe sur le terrain, parfois même 100 mètres par 100 mètres,
01:59vous êtes vraiment un observateur très très aigu.
02:01Est-ce qu'on peut parler d'un vainqueur d'étape, là, après 100 jours ?
02:05Alors, la première étape, ça a été de gagner la bataille du Nord,
02:09qui fait que les Ukrainiens ont réussi à virer les Russes,
02:12quand même, d'une bonne partie du territoire.
02:14Aujourd'hui, les Russes maîtrisent moins de territoire
02:16qu'au milieu du mois de mars, par exemple,
02:18parce qu'ils ont gagné cette grande bataille du Nord.
02:20Au niveau de Kharkiv, ils ont repris du territoire.
02:23Au niveau de Mikolaïf, ils ont repris du territoire.
02:25Dans le Donbass, ils en perdent.
02:27Est-ce qu'ils maîtrisent ou est-ce qu'ils sont présents ?
02:29Ça n'est pas tout à fait la même chose.
02:30On va voir dans un instant des comparaisons très parlantes
02:32où, effectivement, ils étaient présents dans le Nord,
02:34mais sans vraiment maîtriser.
02:35Maintenant, il y a une forme d'organisation assez systématique.
02:38Il y a une meilleure cohérence dans la continuité.
02:42Néanmoins, il reste encore beaucoup d'attentats
02:43qui se font dans les lignes qui sont sans être occupées.
02:46Il y a des ponts qui sautent encore.
02:49Ce n'est pas maîtrisé encore totalement, très clairement.
02:51Ce qu'on observe sur le terrain,
02:53c'est que l'avancée russe dans le Donbass est de plus en plus lente.
02:56On avançait de 500 mètres par jour, puis 300 mètres par jour.
02:59Puis maintenant, ça fait trois semaines qu'ils stagnent autour.
03:02Ils ont mis 15 jours à récupérer simplement un tiers de la ville.
03:05Et finalement, ce qu'on a l'impression, en tout cas,
03:07c'est que l'arrivée du matériel en nombre,
03:09parce que matériellement, on n'a fourni même pas 10% de ce qu'on avait promis.
03:13Les alliés n'ont promis 10 fois plus que ce qui est déjà arrivé.
03:16Donc logiquement, comme ça commence un petit peu à s'équilibrer,
03:19on a l'impression que la Russie a de plus en plus de mal à mobiliser du monde,
03:22qui sont peut-être au maximum de leur effort,
03:23alors, si les Ukrainiens continuent à monter en puissance,
03:26parce que vous parliez tout à l'heure du nombre de canons finalement,
03:28mais un canon César, j'ai aucun problème à dire que ça vaut 30 canons russes
03:32qui visent moins loin et qui visent mal.
03:34Donc finalement, c'est pas réellement...
03:36Il faut avoir les munitions.
03:36Mais oui, après il faut avoir les munitions en plus.
03:38Mais il y a cet équilibre qui n'aura pas besoin d'avoir le même nombre en valeur.
03:42Par contre, la technicité est largement supérieure du côté ukrainien.
03:45Et on verra avec Kadi, effectivement, qu'il y a un problème spécifique de munitions.
03:49Absolument.
03:49Absolument.
03:50Oui, bien sûr.
03:51Oui, mais il y a des munitions, si on livre aux Ukrainiens,
03:54des munitions à guidage de précision,
03:56ça veut dire que pratiquement à chaque fois qu'on tire un coup de canon,
03:59il y a un char qui est détruit.
04:01Donc, mais ces munitions-là coûtent cher.
04:04Donc est-ce qu'on peut approvisionner l'Ukraine avec suffisamment de ces munitions ?
04:07Ça reste à voir.
04:09Ça coûte moins cher qu'un char perdu côté russe.
04:10Ça coûte moins cher, absolument.
04:12Dés au moins seul.
04:13C'est moins pour moi un débat d'experts de savoir s'il faut deux canons
04:16ou quatre lances-roquettes multiples.
04:18C'est surtout comment est-ce qu'on peut stopper ce conflit
04:22qui est déjà au centième jour, trois mois et demi.
04:24C'est énorme.
04:25Donc clairement, on ne voit pas très bien comment il peut s'arrêter.
04:28La seule chose qu'on voit bien, c'est qu'il y a une accélération et un freinage.
04:32Les Russes essayent de s'hyper concentrer sur le Donbass.
04:36Les Ukrainiens essayent de faire des contre-offensives sur les côtés.
04:39Et finalement, on a l'impression que le front est presque stable désormais.
04:42Du coup, est-ce que c'est le moment où enfin on va rentrer dans une négociation ?
04:46Parce que de toute façon, il faudra qu'il y ait une issue à ce conflit.
04:49Ce conflit ne peut pas durer éternellement.
04:51C'est juste matériellement impossible.
04:53Ce que je voulais dire par rapport au rapport de force actuellement,
04:57il y a un domaine dans lequel les Russes sont encore supérieurs.
05:01C'est celui de la quantité des feux qui sont délivrés sur le champ de bataille contre les positions ukrainiennes.
05:07Et on sait que c'est à cause de ça que les Ukrainiens doivent céder du terrain.
05:11C'est à cause de ça qu'ils ont perdu Mariupol, qui a été totalement détruite, même plusieurs fois.
05:17Les images qu'on voit là très précisément,
05:20Ici, ça, ça laisse quand même une différence.
05:23Ça marque la différence entre les deux armées.
05:24Oui, très clairement.
05:25Le nombre, encore une fois, est très intéressant et largement dominant pour les Russes.
05:30Par contre, ce type de système-là commence à être livré.
05:33Et les Américains viennent aussi d'annoncer qu'ils allaient livrer.
05:35Ça, c'est du Buratino.
05:35Donc, c'est un système en plus avec les armes thermobariques.
05:38Les Américains vont livrer un système qui porte beaucoup plus loin et avec une grande précision.
05:43Vous voyez là combien il faut de tirs pour être sûr de toucher une cible ?
05:47En réalité, avec un système guidé ou alors GPS éclairé simplement par un drone,
05:51et là, ils en ont beaucoup, ça permet d'avoir une certitude en tirant qu'une seule fois.
05:54Et on a notamment le César qui a été livré.
05:56On a des images dans lesquelles ça tire dans un mouchoir de poche.
06:00Un seul obus tire et touche un seul tank et c'est fini.
06:03Les Russes, ils ont besoin d'aligner 10 systèmes qui vont tirer 50 missiles chacun
06:07pour essayer d'avoir le même résultat.
06:09Guillaume, les Russes nous ont montré que leur armée médiocre, mais large,
06:14avec des moyens considérables en nombre, mais pas en technologie,
06:17alors qu'on était persuadés du contraire ces dernières années.
06:20Ce qui veut dire qu'on a deux armées qui sont en total déséquilibre.
06:23D'un côté, on a l'extraordinaire courage ukrainien,
06:27mais avec des armes qui ne permettent pas de mener des offensives.
06:30Et de l'autre, on a des Russes qui, à mon avis, ont quasiment un pistolet dans la nuque
06:34en disant avancez, avancez, avancez, quoi qu'il en coûte,
06:36qui aligne et qui concentre des centaines, voire des milliers de canons
06:40avec une logistique derrière considérable.
06:42Parce que l'artillerie, c'est d'abord un problème de logistique.
06:44On va entendre, pardon tout à l'heure, Kadi va nous faire entendre
06:46des témoignages de Russes qui vont exactement dans le sens que vous dites,
06:48c'est-à-dire des jeunes soldats qui n'ont pas l'air si déterminés,
06:51mais ils sont très nombreux et il y en a en réserve derrière, beaucoup.
06:56Je voudrais quand même peut-être pondérer ce qui vient d'être dit
06:58en rappelant les pertes de chaque côté depuis le début des combats.
07:04J'ai ici la statistique produite par le site Oryx
07:07qui travaille à partir d'analyses satellitaires des engins qui ont été détruits,
07:13à partir desquels, d'ailleurs, on peut faire une déduction des morts
07:16et des blessés au moins à minima, puisque ce qui a été détruit
07:20est forcément supérieur à ce que révèle Oryx.
07:22Au 29 mai, il y avait 736 chars russes qui avaient été détruits,
07:28185 chars ukrainiens, qui rétablit un peu les rapports de force, si vous voulez.
07:33Si je prends maintenant les camions et véhicules non blindés,
07:37c'est 1182 russes, 295 ukrainiens.
07:42Donc voilà, qui explique le rééquilibrage des forces,
07:46y compris dans le domaine de la mêlée.
07:48Est-ce que cependant vous êtes d'accord avec le constat de Guillaume Ancel
07:51qui est de dire, quel que soit le courage incontestable des ukrainiens,
07:55ils ont une forme de défense, mais pas d'offensive.
07:58Ils n'ont pas de capacité d'offensive majeure.
08:00Il n'y a pas partout.
08:02À Kharkiv, à Kersen, cette semaine, ils ont fait des offensives qui ont réussi.
08:05Ils ont repassé des rivières, ce qui les bloquait jusqu'à maintenant.
08:08Ils ont réussi à reprendre pied.
08:10Donc dans le Donbass, c'est une certitude.
08:12Il y a une concentration qui est plus importante du côté russe,
08:14mais la capacité d'offensive, elle n'est pas nulle.
08:16Et on recommence à voir, notamment le fait qu'il y ait de nouveau
08:19des Sukhoi-25, par exemple, qui ont été livrés en plaies détachées,
08:21qui ont été remontées.
08:22Quand il y a de nouveau 15 Sukhoi-25,
08:24quand il y a de nouveau 17 Mi-17 des hélicoptères qui arrivent,
08:28s'ils les concentrent du côté de Kherson,
08:30et nous, on en voit quand même beaucoup,
08:31c'est ça qui fait aussi bouger les lignes.
08:33Alors, regardons ce qu'il en est.
08:34On parlait tout à l'heure des difficultés de l'armée russe.
08:37On en a quelques signes extrêmement frappants ce soir.
08:39Ah oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
08:41Moscou, comme à son habitude en général,
08:43gère l'image de cette opération militaire autant que possible.
08:46Sauf qu'effectivement, le vernis commence à craquer de plus en plus.
08:50On dispose de peu d'informations sur les soldats russes,
08:53mais ce qu'on a appris, c'est que la plupart des soldats sont jeunes,
08:58qui sont souvent issus de régions pauvres de la Russie.
09:01Certains, d'ailleurs, partageaient sur les réseaux sociaux
09:03des extraits de cette guerre.
09:03On l'a vu tout à l'heure, mais on va vous le remettre,
09:05ce témoignage, parce qu'il est assez fort.
09:07Regardez cette séquence, elle en dit long,
09:09sur le profil des jeunes qui sont enrôlés dans cette guerre.
09:12Regardez.
09:19Voilà, c'est comme ça que j'ai l'améliqué.
09:24C'est comme ça que j'ai eu l'améliqué.
09:28C'est comme ça que j'ai eu l'améliqué.
09:48Voilà, autant vous dire que le moral des soldats est mis à rude épreuve.
09:56Certains se plaindraient d'ailleurs de plus en plus à leur entourage
09:59de leurs conditions de vie, notamment dans la région de Kersone.
10:02Le service de sécurité ukrainien affirme avoir intercepté des échanges de SMS
10:08lors desquels un soldat écrit être obligé de manger des chiens
10:12en raison des pénuries alimentaires.
10:15Le ministre russe des Affaires étrangères n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet,
10:20on s'en doute.
10:21En mars, quelques semaines seulement après le début de ce conflit,
10:24de nombreux habitants de la banlieue de Kiev rapportaient que des troupes
10:27de soldats russes qui étaient bloqués à l'extérieur de Kiev
10:30mendiaient de la nourriture aux habitants.
10:33Il y a une vidéo très révélatrice, c'est celle qui va suivre.
10:36Regardez, ce sont des soldats pro-russes qui refusent désormais de se battre.
10:41Regardez, écoutez.
11:11Voilà, alors autant vous dire qu'au Kremlin, c'est du plus mauvais effet.
11:19D'ailleurs, ce n'est pas un secret, des centaines de soldats russes
11:23auraient déserté depuis le début de la guerre.
11:25Selon le Wall Street Journal, des membres de la garde nationale
11:29et des soldats sont poursuivis pour refus d'obtempérer.
11:32D'ailleurs, évidemment, les avocats qui s'en parlent de leur dossier
11:36prennent eux-mêmes des risques considérables pour les défendre.
11:39Commentaire, Xavier Tittleman.
11:40Alors, en fait, cette vidéo, moi j'en ai déjà trois sur deux jours
11:43de soldats qui disent « je ne veux plus me battre ».
11:45Les soldats de la région séparatrice de Lohans qui veulent plus se battre
11:48pour ceux de Donetsk, on a des combats entre les soldats séparatistes
11:51qui veulent mettre leur drapeau à la place des russes.
11:53Donc, ça commence à se battre entre eux.
11:54On a énormément de jeunes qui fuient pour passer du côté ukrainien.
11:58On a beaucoup de... Enfin, clairement, le moral est en train de s'effondrer
12:01de ce côté-là.
12:02Et on a même les troupes d'élite sur lesquelles il y a beaucoup de pertes.
12:05Et comme il y a beaucoup de pertes sur les troupes d'élite,
12:07notamment dans la région de Kerson, on a les jeunes derrière qui disent
12:10« mais si les troupes d'élite sont en train de se faire détruire de cette manière-là,
12:13il ne faut pas qu'on y arrive, nous, de notre côté ».
12:15Donc, le moral, il est très clairement en ce moment toujours du côté des ukrainiens
12:18parce qu'ils se défendent pour leur patrie et qu'ils avancent.
12:21Ce sont ces images que vous vouliez commenter en particulier.
12:23Alors ça, eux, c'est eux, justement.
12:25Ça, c'est une des régions séparatistes qui ne veut pas se battre pour l'autre.
12:28Il y a une autre vidéo encore la nuit.
12:30Ça, c'est une vidéo qu'on collecte, mais on en collecte énormément, énormément.
12:33Ce qui est frappant depuis peut-être une dizaine de jours,
12:35c'est la quantité de vidéos de destruction fournies par les ukrainiens.
12:40C'est pour ça qu'on a aussi ces statistiques qui remontent.
12:42On a de nouveau 4 400 véhicules russes détruits depuis le début du conflit.
12:46Mais quand on regarde semaine par semaine,
12:48il y a une vraie accélération dans les derniers jours
12:49qui se retranscrit très clairement sur le moral.
12:53Depuis le début de la guerre, on sait que leur armée est très en dessous de ce qu'on croyait.
12:59Qu'on croyait que c'était une armée professionnelle.
13:01En fait, c'est une armée d'appliques qu'on a prolongées,
13:03qui sont horriblement mal formées.
13:05Leurs équipements sont lamentablement entretenus.
13:08Et ils ont une logistique qui est totalement déficiente.
13:10Du coup, c'est une armée, bien sûr, qui a un très mauvais moral.
13:13Mais on ne leur a jamais demandé leur avis pour aller se battre en Ukraine.
13:16Donc, ce n'est pas ça qui va stopper la guerre en Ukraine.
13:17D'autant que c'est un pays extraordinairement autoritaire.
13:21Et je ne pense pas qu'un soldat russe qui voudrait dire sans commandement
13:25« Je crois que je voudrais m'arrêter de combattre et puis rentrer chez moi »
13:28aura un succès d'estime.
13:30Enfin, en tout cas, je ne lui conseille pas d'essayer.
13:32Avec la difficulté de prévision, la France 1940.
13:36Effondrement tragique de ce qui était prétendument une très grande armée.
13:39Dans cinq semaines, la première armée du monde a été défaite.
13:42Cinq semaines.
13:43Ici, on est à 100 jours.
13:45D'une armée qui paraissait beaucoup plus énorme,
13:48avec un rapport de force beaucoup plus déséquilibré
13:50que celui qui existait,
13:52qui semblait exister entre la France et l'Allemagne en 1940.
13:55Beaucoup, beaucoup d'étonnement.
13:56Alors moi, en plus, j'ai dit beaucoup, beaucoup de bien de l'armée russe
13:59pendant des années sur ma chaîne YouTube et partout.
14:01Donc, je suis vraiment désolé pour tous ceux que j'ai induits en erreur.
14:03Non, il y a beaucoup, beaucoup de problèmes
14:05sur la valeur des hélicoptères, sur la valeur des chars,
14:07sur la capacité à mener des raids dans la profondeur,
14:10sur les munitions guidées, sur les missiles de croisière
14:12qui tapent à 10 mètres à gauche, à droite, des pistes.
14:14Du coup, les aéroports restent opérationnels.
14:16C'est invraisemblable aujourd'hui qu'il y ait des dizaines de raids
14:18de la part des avions de chasse ukrainiens chaque jour.
14:21Ce n'est pas normal.
14:22N'importe quelle armée dans le monde devrait dominer le ciel.
14:24Sans évoquer les raids d'hélicoptères Mi-8
14:27pour aller ravitailler Mario Paul à cette reprise.
14:30Comme vous le disiez, Guillaume Ancel,
14:31il y a une espèce d'inquiétude devant le côté imprévisible de la Russie
14:35et même l'état de leur arsenal nucléaire.
14:37C'est-à-dire, si leur armée est en si mauvais état,
14:40qu'est-ce qu'on sait de l'arsenal nucléaire ?
14:43Pour moi, c'est une question très inquiétante.
14:45Et c'est vrai que les menaces qu'on nous profère,
14:47enfin que la télévision russe, parce que c'est vraiment,
14:49pardon, mais c'est une télévision réalité,
14:51c'est Fox News qui est en train de diffuser,
14:54sur la menace russe, c'est d'abord un aveu de faiblesse.
14:57C'est un extraordinaire aveu de faiblesse.
14:58Parce que quand on est obligé de crier aux autres,
15:02faites attention, on va vous tirer dessus,
15:03c'est qu'en réalité, on n'a pas les moyens de tirer.
15:05Donc là, cette menace-là ne m'inquiète pas du tout.
15:07Moi, ce qui m'inquiète, c'est plutôt que si après la guerre,
15:10on arrivait, il y avait un régime un peu plus intégré dans nos sociétés
15:15et avec lequel on arrive à discuter,
15:17c'est de savoir où sont les têtes nucléaires aujourd'hui
15:20et dans quel état elles sont.
15:21Est-ce qu'il y a un risque industriel ?
15:23Parce que Tchernobyl, c'est une chose,
15:24mais un missile nucléaire qui ferait l'office d'un mauvais fonctionnement,
15:29c'est extrêmement inquiétant.
15:31Ce n'est pas la même chose qu'une roquette.
15:34S'agissant de la menace nucléaire,
15:37on a souvent répété sur ces plateaux
15:39que c'est l'unique argument de puissance de la Russie aujourd'hui dans ce conflit.
15:45Imaginons qu'il n'y ait pas le nucléaire.
15:47Il y a longtemps que l'armée russe aurait été détruite
15:50par les forces de l'OTAN en trois jours,
15:52trois ou quatre jours, surtout vu l'état qu'on a constaté.
15:57Donc l'argument nucléaire est utilisé par la Russie
16:01pour faire peur et pour éviter que des actions trop pénalisantes pour elle
16:08soient entreprises par la partie adverse.
16:11Est-ce que l'entretien,
16:11Guillaume Ancel dit quand même quelque chose de très fort,
16:13en disant que l'entretien même est un sujet,
16:16l'entretien de la puissance nucléaire
16:17qui peut poser un problème technique de dangerosité ?
16:20Moi j'ai l'impression que les armes stratégiques russes
16:22sont les seules qui ont quand même les moyens nécessaires pour fonctionner.
16:26Autant il n'y a pas de radio, il n'y a pas d'artillerie,
16:28il y a beaucoup de problèmes,
16:29mais ils ont quand même ce qui est beau, ce qui brille
16:32et ce qui permet de donner aux Russes l'impression
16:33qu'ils sont la meilleure puissance du monde.
16:35Surtout que les premières victimes de la défaillance dans ce domaine-là,
16:38de maintien, seraient la population russe.
16:40Ils n'y risqueraient pas, ils ont trois milliards.
16:42Il y a un domaine dans lequel ils doivent investir,
16:44c'est que quand ils rappellent le nucléaire,
16:46c'est aussi pour rappeler leur statut.
16:47Mais bien sûr.
16:48Parce qu'en fait, dans toute cette affaire,
16:50ils veulent retrouver le statut de la période de la guerre froide,
16:54être à armes égales avec les États-Unis.
16:57Vous vous souvenez quand M. Biden,
17:00en juillet l'année dernière,
17:02ça paraît il y a 20 ans,
17:04a accepté de rencontrer M. Poutine
17:06pour parler justement de nucléaire,
17:08notamment à Genève.
17:10M. Poutine était très heureux.
17:12Voilà, c'est ça.
17:12Et quand Obama, il y a 10 ans,
17:14avait dit que c'était une puissance régionale, la Russie,
17:17que le vrai problème, c'était la Chine,
17:19humiliation, là, pour le coup, de la Russie.
17:21Alors, le rappel de la puissance nucléaire,
17:23c'est rappeler le statut de la Russie dans le monde.
17:26Mais pour le coup,
17:27toutes ces armes qui brillent
17:28n'ont absolument aucun intérêt
17:29dans une guerre conventionnelle
17:30face à une armée normale en Ukraine massive.
17:33Encore une fois, maintenant,
17:34les Ukrainiens, ils vont quand même atteindre
17:36300, 400 000 hommes capables de combattre.
17:38Ce n'est pas avec des missiles nucléaires
17:40qu'ils vont les atteindre.
17:41Si on prend toutes les hypothèses,
17:42y compris la pire générale.
17:44Oui.
17:45Moi, je pense que le danger de guerre mondiale
17:48peut avoir différentes formes.
17:51La première forme à laquelle on pense,
17:53c'est effectivement que la Russie,
17:54constatant qu'il est en infériorité,
17:57en train de perdre,
17:58utilise par exemple du nucléaire
17:59et qu'à ce moment-là,
18:00ça entraîne l'OTAN, etc.
18:02Mais il y a une autre possibilité aussi,
18:04c'est que, profitant ou pas
18:07des déstabilisations causées
18:09par cette confrontation entre la Russie,
18:12on a vu sur le plan alimentaire tout à l'heure,
18:14mais il y a beaucoup d'autres domaines,
18:15les semi-conducteurs,
18:16on en a parlé, l'énergie, etc.
18:18Il y a dans différentes parties du monde
18:20des gens qui saisissent cette occasion-là
18:22pour régler leur propre compte
18:24pendant que les Occidentaux ont les yeux ailleurs.
18:27À commencer par la Chine.
18:28À commencer par la Chine.
18:29On pense à Taïwan, bien entendu,
18:30mais il y a tellement d'autres endroits
18:32dans lesquels ça peut se produire.
18:33Donc, ce qu'on pourrait avoir,
18:34c'est plutôt une généralisation des conflits,
18:37pas tous reliés à la confrontation Russie-Ukraine,
18:40mais d'intérêt local.
18:42Guillaume, c'est comme un cancer,
18:43un cancer qui est seul.
18:44En quelque sorte, métastase.
18:45Oui, mais avec peut-être deux éléments rassurants.
18:48Depuis le départ,
18:49les nations occidentales,
18:51et l'OTAN en particulier,
18:52et l'idée par les Américains,
18:53ont tout fait pour empêcher
18:55qu'il y ait une escalade sur le conflit.
18:57Vous vous souvenez au départ,
18:57l'idée des Polonais, par exemple,
18:59d'accueillir des avions de combat ukrainiens
19:01sur une base américaine en Allemagne,
19:03parce qu'ils n'allaient quand même pas le faire chez eux.
19:05On savait que c'était une troisième guerre mondiale
19:08dans l'heure,
19:09avec des frappes de missiles,
19:10pas forcément nucléaires,
19:11mais l'OTAN était obligée de réagir.
19:13Cette escalade,
19:14on a tout fait pour l'empêcher.
19:16Et on le voit dans les déclarations américaines,
19:17comme occidentales,
19:18comme celle du président Macron,
19:20qui montre bien qu'on n'est pas là
19:21pour co-belligérer,
19:22pour faire la guerre avec les Ukrainiens,
19:24mais qu'on veut que cette guerre stoppe.
19:25Effectivement, on a fait ce qu'il fallait
19:27pour qu'il n'y ait pas cette escalade.
19:28Notamment, on ne voulait pas donner
19:29les avions de chasse en direct.
19:30Qu'est-ce qu'on a fait ?
19:31Il y a une dizaine de jours,
19:32on a donné des Sukhoi 25 en pièces détachées,
19:35qui sont arrivées par la route,
19:36qui sont remontées sur place.
19:37Et du coup, les Ukrainiens ont de nouveau
19:38une quinzaine, une vingtaine de Sukhoi 25 en plus.
19:41Donc en fait, finalement,
19:41on les arme de la même manière,
19:43sauf que le fait que les avions ne volent pas
19:44depuis un pays de l'OTAN,
19:46c'est ça qui change tout.
19:46Et parmi les nouvelles importantes de la journée,
19:48le décès d'un Français.
19:49Absolument, Darius.
19:51Ce cinquième jour marque l'annonce
19:52de la mort de ce Français.
19:53Tu es alors qu'il combattait dans la région de Kharkiv.
19:56Une information qui a été communiquée
19:58cet après-midi par le Quai d'Orsay.
20:00Le jeune homme a été grièvement blessé
20:02par des tirs d'artillerie
20:03avant de succomber à ses blessures.
20:05Ça s'est passé visiblement il y a quelques jours.
20:07L'annonce n'a été faite qu'aujourd'hui.
20:09Ce jeune combattant français
20:11avait rejoint la Légion internationale
20:13de défense ukrainienne.
20:14C'est une formation qui avait été appelée de ses voeux
20:16par le président Zelensky
20:17au premier jour de l'invasion russe
20:20pour l'aider à défendre l'Ukraine.
20:22Il faut savoir qu'environ 150 Français
20:24participent au combat aux côtés des Ukrainiens.
20:27Alors qu'il est, je précise aussi
20:29que le Quai d'Orsay déconseille formellement
20:31de se rendre en Ukraine,
20:32évidemment, quel qu'en soit le motif aujourd'hui.
20:34C'est intéressant parce que là,
20:36il y a une dimension de guerre un peu inconnue.
20:37Combien de Français,
20:38combien d'Américains, d'Anglais, etc.
20:40se trouvent sur le territoire ukrainien actuellement ?
20:42Alors, il faut d'abord avoir bien en tête
20:44que ce n'est pas la France qui a envoyé cet homme en Ukraine.
20:48Donc, c'est pour ça que quand on dit un Français,
20:49on introduit un pied.
20:50Si ça se trouve, c'est quelqu'un d'origine ukrainienne,
20:52ou russe, ou d'ailleurs de quelque nationalité que ce soit,
20:55qui aujourd'hui est Français,
20:57qui va se battre en Ukraine.
20:58Mais c'est son choix.
20:59Ce n'est pas la France qui l'a envoyé.
21:00Et c'est important parce que ce n'est pas la même chose
21:01que si ça avait été un conseiller militaire français
21:03ou un membre des forces spéciales.
21:05Ou un espion.
21:06Ça n'a rien à voir.
21:07Et au même titre qu'on sait que dans la Légion internationale
21:09qui est là-bas,
21:10il y a de multiples nationalités qui sont représentées.
21:12Mais si on prend le cas des Américains
21:13qui seraient relativement nombreux,
21:15ce sont beaucoup d'Américains d'origine ukrainienne.
21:17Du coup, de quelle nationalité on parle ?
21:20En fait, ce sont des gens qui viennent du monde entier
21:22parce qu'ils estiment que la situation en Ukraine
21:24est totalement inacceptable.
21:25Donc, pour moi, ce n'est pas le fait d'un État.
21:28On n'est pas dans le rôle dans un conflit entre États.
21:30On est dans le sujet d'implication personnelle
21:33de gens qui estiment qu'ils ne peuvent pas laisser
21:35cette situation perdurer sans s'impliquer personnellement.
21:38Vous parlez des Américains sur place.
21:40Il faut rappeler ces images qu'eux-mêmes avaient livrées,
21:43évidemment, des Américains qui se filmaient eux-mêmes
21:46ou qui se laissaient filmer.
21:49Là, ils sont relativement nombreux.
21:50On commence à avoir beaucoup de témoignages de cela.
21:53En tout, a priori, la Légion,
21:55il y a eu quasiment 20 000 volontaires
21:56qui ont été réellement sur place.
21:58Il n'y en a qu'un quart qui ont passé les différents fils,
22:00notamment de la sécurité et de l'entraînement
22:02pour aller jusqu'au combat.
22:03Il y a ceux qui étaient des débutants
22:04qui se sont dit que ça allait être rigolo comme à la télé
22:06et qui sont vite retournés chez eux.
22:08Mais il y a plusieurs milliers de combattants volontaires étrangers.
22:12Milliers ?
22:12Parce que là, s'il n'y a que 150 Français,
22:15des milliers, alors qui fait le différentiel ?
22:16Il n'y a plus de 1 000 d'origine américaine,
22:18alors est-ce qu'ils sont ukrainiens, etc.
22:19Il y en a plusieurs milliers.
22:20Il y a des Japonais, des Sud-Coréens,
22:22des gens de tous les pays.
22:23Il y a aussi eu des...
22:24On voit là, pardon, ces images.
22:26On voit les Russes.
22:26Il y a des Russes.
22:27Petit commentaire sur ces images-là.
22:29Donc ça, ce sont des Américains
22:31qui sont là, qui combattent.
22:33Oui, effectivement.
22:34Alors eux, là, c'est un commando américain.
22:36En tout cas, ils parlent en anglais entre eux,
22:37mais il y en a un qui vient du Texas.
22:38Ils vont passer à travers cette ligne de front
22:40et là, ils vont attaquer un blindé par l'arrière.
22:44De mémoire, c'est un BMP4 sur celui-là.
22:46Et ils vont y aller une deuxième fois.
22:48Donc ils vont tirer.
22:50Ils vont tirer.
22:51Il y a une certaine tension.
22:53Quand on regarde ces vidéos-là,
22:53moi, je suis abreuvé de ces vidéos.
22:55J'en regarde des centaines par jour.
22:56Donc là, on voit le blindé qui est au bout.
22:58Ils vont tirer dessus.
22:58Ils retournent.
22:59Et il y a les Russes qui leur tire dessus.
23:01Écoutez les tirs.
23:02Ils sont occupés.
23:03Et là, c'est vu par le dessus.
23:04Donc ce blindé se fait tirer.
23:05Il n'est pas totalement détruit à ce moment-là.
23:07Il va continuer dans la forêt.
23:09Voilà, elles se font tirer dessus.
23:10Et ça va exploser ensuite.
23:12Donc les combats, c'est du porco.
23:13Ça, selon vous, c'est vraiment le combat
23:15ou c'est une remise en scène de combats
23:17qui ont précédemment existé ?
23:19Il y a les caméras qui sont sur les casques.
23:20Ça peut être vraiment le combat.
23:22C'est vraiment le combat.
23:24On a des remontées directes de gars.
23:25Moi, maintenant, je suis en contact
23:26avec des gens directs qui combattent sur le terrain
23:28et qui m'envoient des informations.
23:29Je n'en vois pas des milliers,
23:30mais j'ai participé à quelques actions de ce type.
23:32Les images sont réelles.
23:34Elles sont tout à fait authentiques.
23:35Par contre, ce qu'on voit très bien,
23:37c'est que l'unité qui est là,
23:38ce ne sont pas des unités équipées
23:40de matériel sophistiqué.
23:42Au contraire, c'est de la roquette non guidée.
23:44Ils sont en corps à corps.
23:45Donc c'est toujours compliqué de savoir
23:47s'ils sont d'anciens soldats américains
23:49qui veulent absolument raccrocher,
23:51mais qui ne sont pas au niveau
23:52d'unités des forces spéciales
23:54qui ne se comporteraient jamais comme ça
23:55dans un combat
23:56et qui, surtout, utiliseraient des armements
23:57un peu plus sophistiqués.
23:59Donc pour moi, ça, c'est plutôt
24:01la Légion internationale
24:02ou des sociétés de mercenaires
24:04qui veulent envoyer un message commercial
24:06pour dire, vous savez, nous, on sait faire ça.
24:07Est-ce que ça vous intéresse
24:08de contracter avec nous ?
24:09Il faudrait savoir qui a diffusé ces images.
24:12Regardez cette autre image du jour.
24:13C'est à Sévéro Donetsk
24:15une caméra embarquée.
24:16Donc on est vraiment là dans les combats,
24:18très probablement.
24:20Là encore, l'image est très révélatrice
24:22de ce qu'il se passe ces dernières heures.
24:24C'est la contre-offensive
24:27à l'intérieur de Sévéro Donetsk
24:28sur laquelle ils ont repris
24:29et ils ont pris des prisonniers.
24:30Donc on ne le trouvera pas
24:31dans ces images-là.
24:32Ils ont pris des prisonniers russes
24:33qu'ils ont ensuite interrogés.
24:36Donc il y a des combats réels
24:37encore à Sévéro Donetsk.
24:38À mon avis,
24:40ils reculent quand même globalement.
24:42Il y a des petits affrontements
24:43qui font qu'ils marchent
24:44ou qu'ils avancent
24:45aux 100 mètres, 200 mètres.
24:47Globalement, ils sont quand même
24:47en recul, les Ukrainiens,
24:48dans cette zone-là.
24:49Mais c'est très, très douloureux.
24:51Chaque mètre carré
24:52qui est gagné par les Russes
24:53leur coûte des vies
24:54et du matériel.
24:56Qu'est-ce qu'on peut dire de ça ?
24:57Très techniquement,
25:00on se bat quoi ?
25:01Paté d'immeuble par paté d'immeuble,
25:02à peu près, c'est ça.
25:03Ce qui est compliqué,
25:04c'est que dans ce type de conflit,
25:05la force de l'armée russe aujourd'hui,
25:07c'est sa capacité
25:08à délivrer des feux d'artillerie
25:10et des bombardements aériens.
25:11Donc elle s'est concentrée
25:12jusqu'à 1000 canons pour faire ça,
25:13ce qui est absolument gigantesque.
25:15Face à des feux d'artillerie
25:16ou des bombardements aériens,
25:17personne ne peut résister
25:18sauf si on a des bunkers.
25:19On ne peut que reculer.
25:20Mais quand on est
25:21dans des milieux urbains
25:23comme ceci,
25:24là, soit on détruit tout,
25:26mais ça veut dire
25:26qu'on récupère
25:27un territoire dévasté,
25:29c'est Mariupol,
25:30soit on veut conquérir la ville
25:31et à ce moment-là,
25:32ça se fait maison par maison.
25:34Et là, c'est un combat d'infanterie.
25:36On peut faire des tirs d'artillerie
25:37par-dessus,
25:37mais c'est vraiment
25:38mètre par mètre,
25:40comme vous l'avez dit.
25:41Et par conséquent,
25:42là, les combats sont très durs
25:43et surtout très incertains.
25:44Ça peut durer des semaines.
25:45Donc les Russes,
25:46pour avancer
25:47dans un territoire de ce type,
25:48là, on voit bien,
25:49on est en plein milieu urbain,
25:50ce sont les combats
25:51les plus compliqués
25:52à mener jusqu'au bout.
25:54Mariupol,
25:54alors que les Russes
25:55croyaient avoir tout détruit,
25:56ils ont mis deux mois
25:57pour pouvoir finir la résistance.
26:00Et quand on parle
26:00d'une guerre d'usure,
26:02on est là précisément
26:03dans ce cas de figure.
26:04C'est ce que j'allais dire.
26:04Très clairement,
26:05ils veulent faire souffrir
26:06les Russes
26:06en ayant le plus de pertes possibles,
26:08même s'ils reculent,
26:08ils s'organisent,
26:09ils lâchent des mines.
26:10Combien de mines,
26:11combien de véhicules
26:12explosent à ce moment-là ?
26:12Et les Russes,
26:13les Ukrainiens ont une grande chance,
26:15c'est que même un groupement
26:15de 6, 8, 10 hommes,
26:17ils ont des drones
26:17qui leur permettent
26:18de voir ce qu'il y a
26:18de l'autre côté
26:19et ça, les Russes ne l'ont pas.
26:20Et vous parliez
26:21de la capacité de résistance
26:23de la force d'âme
26:23des Ukrainiens
26:24à commencer évidemment
26:25par leur président.
26:26C'est une des images
26:27les plus marquantes de la journée.
26:28Oui, Volodymyr Zelensky
26:29qui était encore inconnu
26:31en Occident jusqu'à cet hiver
26:32et il continue
26:33de multiplier les images.
26:35Regardez justement
26:36ces deux images côte à côte.
26:37C'est Volodymyr Zelensky
26:38le 25 février dernier,
26:40le lendemain
26:40de l'invasion russe
26:42et Volodymyr Zelensky
26:43et son équipe,
26:44son cercle très fermé,
26:48son entourage
26:49du gouvernement
26:50qui est auprès de lui.
26:51Et vous l'avez écouté,
26:52Volodymyr Zelensky,
26:53en ce centième jour de guerre,
26:54il n'a pas dérogé à la règle
26:55et il continue
26:56de galvaniser les troupes.
26:57Écoutez-le.
27:12Écoutez-le.
27:36deux images qui se ressemblent à un trait pour trait.
27:39Volodymyr Zelensky s'est exprimé devant les parlements du monde entier, beaucoup d'instances
27:43internationales aussi par visioconférence et la stratégie en fait de Volodymyr Zelensky
27:47elle est bien rodée et elle ne change pas s'adresser directement aux parlementaires
27:52de chaque nation avec un discours percutant un discours personnalisé à chaque fois la
27:57plupart du temps d'ailleurs vous le voyez il reçoit une standing ovation de la part de son
28:01public. Il faut savoir aussi que la communication c'est son atout principal, c'est son arme à lui,
28:07c'est indéniable, c'est tout ce dont il dispose aujourd'hui pour défendre les intérêts de l'Ukraine
28:12et pour ce faire d'ailleurs il a embauché toute une équipe de jeunes communicants fraîchement
28:16diplômés aux Etats-Unis et aussi en Europe pour gérer cette image. Volodymyr Zelensky s'est suscité
28:23l'empathie, il s'est suscité l'émotion, il s'est adressé à ses interlocuteurs et adapté son discours
28:30lorsqu'il s'est adressé par exemple aux parlementaires français, il avait souligné l'attachement des
28:35français aux mots liberté, égalité, fraternité, des mots qui ont résonné de façon très singulière
28:40d'ailleurs au palais Bourbon. Mais Volodymyr Zelensky c'est aussi un chef de guerre, il n'est pas qu
28:45'un
28:45communicant, il sait gérer son entourage et prendre les décisions qu'il faut. La semaine dernière vous vous en
28:49souvenez, il s'est rendu à Kharkiv auprès des soldats ukrainiens, c'est d'ailleurs là la première
28:54fois qu'il se rendait sur le terrain, il a profité d'ailleurs pour limoger le chef de la sécurité
28:58de
28:59Kharkiv qui selon lui ne travaillait pas à la défense de la ville et s'il ne faisait pas
29:03l'unanimité et bien aujourd'hui en tout cas tout le pays fait bloc derrière lui. Les images vous montrées
29:08sont très frappantes, celles où on voit Volodymyr Zelensky avec son équipe qui dit il est là, il est là,
29:14on était là,
29:14on est toujours là. La force symbolique, n'est-ce pas, de ces lieux là pour un ukrainien, le fait
29:20qu'il soit
29:20là au même endroit, évidemment ça a énormément de force, n'est-ce pas ? Oui ils sont toujours là
29:24et ils sont
29:25toujours là pour mener le combat avec le peuple ukrainien. Dès le premier jour il a refusé d'être
29:30exfiltré. Avec sa fameuse expression je veux pas un taxi je veux des munitions, on revient aux munitions de
29:44même avec ce qui s'est passé il y a 100 jours dans le même discours, on note que la
29:48voix du président
29:49Zelensky est posée, elle est fatiguée, elle est plus sûre aussi et il y a une sorte de défi à
29:57Poutine mais c'est aussi pour moi le signe d'une grande incertitude sur l'issue de ce conflit. Je
30:02crois
30:02qu'il y avait une question aussi posée par votre journaliste à Lavrov, je crois que Lavrov avait dit,
30:08je pense que c'est un certain interview, que diriez-vous vous français si les belges décidaient de bannir
30:13l'usage de la langue française ? On rase la Belgique, ça paraît évident. On n'en est pas là,
30:19la Belgique est un
30:20état souverain, bon on est content qu'il y ait des francophones en Belgique mais on va pas attaquer,
30:24voilà on est dans un autre monde, nous nous défendons le patriotisme, là c'est pas vraiment du nationalisme,
30:31c'est du, enfin c'est de l'ultra nationalisme sous prétexte, en fait ce qu'on aurait dit aux
30:37Russes,
30:38faites du soft power, ils parlent le russe, beaucoup parlent le russe en Ukraine, comme en
30:43Arménie, comme en Georgie, etc. Vous pouvez reconstituer une communauté culturelle russophone
30:50sans agressivité et ça, ce discours-là, ça fait des années qu'on le dit aux Russes.
30:54Évidemment le nationalisme tel qu'il était vécu en 1914 par les Français ou les Allemands,
30:59où on se déteste cordialement, nous ne pouvons plus le ressentir. Les Russes, visiblement une grande
31:03partie des Russes, eux, ressentent ce type de nationalisme-là qui est très guerrier évidemment.
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