00:00Bonjour et bienvenue aujourd'hui à Eurosatory où nous sommes accueillis sur le stand de la DCSD.
00:04Qu'est-ce que c'est la DCSD ?
00:05La DCSD c'est la direction de la coopération qui est sous l'égide du ministère de l'Europe et
00:11des Affaires étrangères.
00:12Vous reconnaissez David Joubert, il y a quelques années on vous a fait une petite vidéo d'introduction sur Kepler.
00:17Le projet Kepler, on prend des avions de transport régionaux, les ATR 72, ultra réputés, ultra efficaces, très efficients,
00:25c'est-à-dire le coût-efficacité, et on les transforme pour en faire des avions bombardiers d'eau.
00:29Ce qu'on appelle des appareils qui vont partir du sol, qui vont se ravitailler, un petit peu comme on
00:34a des Q400 aujourd'hui.
00:36Oui, au Dash 8.
00:37C'est le Dash 8 Q400 de nouvelle génération.
00:39Alors la dernière fois on en a été au début de l'aventure.
00:42Le planning qu'on avait prévu il y a deux ans, on est dessus.
00:45On fait des levées de fonds successives, on fait de la conception.
00:50Jusqu'à présent tout se passe parfaitement bien, on passe les jalons, les différents jalons obligatoires
00:55pour pouvoir valider toutes les étapes de conception, de certification.
01:00On a des relations poussées avec l'EASA, l'autorité aérienne de sécurité, la sécurité aérienne.
01:07Et tout se passe parfaitement.
01:10Ça veut dire qu'on a un écosystème industriel, on sait qui fait quoi, on sait qui conçoit quoi, dans
01:14quel timing.
01:15Et pour l'instant c'est tenu.
01:16C'est tenu, oui.
01:17C'est pas facile, c'est assez rare.
01:19C'est assez rare pour le préciser.
01:21En fait nos partenaires Aérotech et Concept pour la conception, la certification.
01:26ASIA, IPRC pour la partie cargo de notre avion, parce que tu te souviens notre avion est multi-roll.
01:31Trotter Control qui nous fabrique le système de largage.
01:35Et puis bien sûr l'Institut mécanique des fluides qui permet d'optimiser tout ce système
01:38pour avoir un système de largage absolument le plus performant possible.
01:42Le plus efficace au monde.
01:43L'idée c'est pas seulement d'amener beaucoup d'eau, c'est d'amener du retardant, de l'eau
01:47et de le larguer de manière le plus efficace possible sur le feu.
01:51La news récente, c'est quand même qu'il y a maintenant un avion qui va être transformé.
01:56Alors c'est quoi ce tour de magie ? On a acheté un avion ?
01:59Ah non, on n'a pas acheté un avion, on a trouvé un propriétaire d'avion qui croit dans le
02:03projet.
02:04Un partenaire.
02:04Qui nous prête un avion.
02:06Cet avion on va le modifier, on va faire les trous dedans, on va le renforcer, on va le transformer
02:10en Keper 72.
02:11Et ça va nous permettre de faire les premiers essais en vol et les premiers largages fin d'année 2026
02:18ou début d'année 2027.
02:19Donc on tient toujours le délai de la certification l'année prochaine ?
02:22Oui, on est toujours sur ce planning là et notre objectif c'est de faire un largage au salon du
02:28Bourget.
02:28On est en train de se donner un objectif assez ambitieux mais on va le tenir.
02:33Il y avait aussi pas mal de rapports parlementaires qui disaient qu'il fallait appuyer sur le projet.
02:38Il y a des lettres d'intérêt ou d'intention, je ne sais pas comment ça s'appelle.
02:41C'est encore des lettres d'intérêt effectivement parce qu'à ce stade tant qu'on n'a pas la
02:45certification,
02:46les lettres d'intention c'est un peu plus compliqué à avoir.
02:48Mais on a des lettres d'intérêt pour 18 avions dans le monde entier.
02:52Plus une lettre d'intérêt qui est fondamentale, celle de la Direction Générale de la Sécurité Civile
02:56qui depuis 2024 soutient le projet efficacement.
03:01Et depuis l'an dernier, la grande nouveauté c'est que l'État et la région Occitanie
03:05nous ont alloué une subvention de 5 millions d'euros.
03:08C'est considérable et suffisamment important pour faire une vraie différence dans notre parcours.
03:14Excellent. Du coup le développement aujourd'hui, tu l'as dit d'un point de vue industriel
03:18mais au niveau levée de fonds et au niveau intérêt.
03:20Est-ce qu'il y a des étrangers, d'autres pays que la France peut-être,
03:23qui avancent aussi sur leur volonté d'en avoir ?
03:24On a des clients potentiels à l'étranger. Effectivement, on a une direction du développement
03:29qui est très active. Notre directeur du développement part un mois en Asie par exemple
03:34où il va visiter une dizaine de pays et il sera à l'Aerial Firefighting,
03:39l'event en Australie au mois de juillet. On est présents sur tous les salons
03:45donc on a l'occasion de rencontrer effectivement les délégations étrangères.
03:49On a déjà levé un peu plus de 12 millions d'euros depuis le début.
03:52On est sur une phase intermédiaire où on va lever 5 millions de plus en juillet.
03:58On les annoncera officiellement quand ça sera signé et on est sur une levée de fonds qui se poursuit.
04:04Par contre, ce qui est important, c'est qu'on a voulu impliquer tout le monde.
04:08On a voulu permettre à chacun de participer au projet et le bon sujet pour ça,
04:13c'est d'aller voir une plateforme de financement participatif.
04:17On a choisi la plateforme SoWeFund et cette plateforme nous permet d'offrir à chacun
04:22la possibilité de devenir actionnaire de Kepler à travers une levée de fonds
04:26que vous pourrez aller visiter sur notre site internet.
04:30Parce qu'on va quand même rappeler, dans les vidéos précédentes,
04:32on nous avait invités à participer, ce que j'ai fait aussi de mon côté.
04:35Et puis, comme cette boîte continue à fonctionner, à avancer, à grossir,
04:39il y a déjà un petit multiple qui est intéressant pour ceux qui ont eu la bonne idée de le
04:42faire par le passé.
04:43C'est quoi la valo visée pour la boîte ? On a le droit de savoir.
04:47En ce moment, si vous investissez, parler de valo comme ça, c'est un peu compliqué.
04:51Si vous investissez, notre objectif, c'est de multiplier par 4 l'argent que vous allez nous confier.
04:57Alors bien sûr, ça reste une aventure industrielle.
05:00Donc, on n'est pas sur un placement en PEA ou en libraire, c'est une aventure.
05:06Mais vous pouvez participer, nous donner les moyens d'aller encore plus loin.
05:10Et vous serez en plus informé, grâce à Xavier peut-être,
05:13et puis grâce à d'autres moyens, vous serez informé du suivi.
05:17Alors moi, je vais aussi dire pourquoi est-ce que je suis impliqué.
05:19Je suis un sage, c'est maintenant officiel.
05:22Il y a un comité des sages avec des très grands noms du secteur.
05:25Robert Lafontan, par exemple, l'ancien ingénieur en chef du groupe Airbus,
05:29est un des pères de l'A380.
05:32Eric Delsal, qui a été pilote d'essai et chef pilote d'ATR pendant 17 ans.
05:36Il s'y connaît un peu.
05:37Des pompiers, des spécialistes du terrain.
05:39Christophe Debré, qui nous a même rejoint comme salarié et directeur du développement.
05:44Il y a Jean-Baptiste Gébary, l'ancien milieu du transport,
05:47avec qui j'avais créé Kepler en 2012 déjà,
05:50qui nous a rejoint dans ce comité des sages.
05:52Philippe Rigaud, Tomasz Krasinski,
05:55enfin, que des grands noms dans leur domaine,
05:57qui nous permettent non seulement d'éviter les erreurs,
06:02d'avoir accès à leur réseau,
06:04et puis de nous donner le courage de continuer jusqu'au bout.
06:08Et on a eu un petit coucou même d'un grand nom
06:10qui dépasse un petit peu l'atmosphère dans la dernière soirée.
06:13Jean-Baptiste Gébary a eu la gentillesse de dire un mot de soutien
06:17et d'encourager les gens, effectivement,
06:20qui étaient présents à notre soirée anniversaire au mois de juin à Toulouse.
06:25J'étais en Ukraine, je n'ai pas pu y aller, mais le cœur était là.
06:27Maintenant, les prochaines étapes, tu as parlé de la certification,
06:29mais quand on certifie un avion civil
06:31et quand on certifie un avion bombardier d'eau,
06:33je suppose que ce n'est pas exactement la même chose ?
06:34Non, la certification au niveau de l'EASA,
06:37c'est pour dire que l'avion peut voler
06:38et qu'il est capable d'assurer sa mission en toute sécurité,
06:41comme on le fait pour un avion passager ou un avion même militaire.
06:45Donc, on suit la certification constructeur.
06:48Mais à côté de ça, il y a la qualification feu de forêt
06:51pour avoir le droit d'aller travailler avec les pompiers
06:54sur la lutte contre le feu.
06:55Tu as dit un truc, le constructeur,
06:57donc le constructeur est d'accord qu'on fasse ce genre de choses-là ?
06:59Oui.
06:59Faut son accord ?
07:00Alors, l'an dernier, au salon du Bourget,
07:04ATR nous a démontré son soutien
07:07et nous accompagne régulièrement
07:10avec notamment des collaborations commerciales assez poussées.
07:15Et à côté de ça, il faut aussi certifier l'avion pour le feu
07:18et pour aller sur la lutte contre les feux.
07:21Et ça, c'est le CEREN,
07:22donc c'est l'entente Valabre dans le sud-est de la France
07:25qui organise ses tests grandeur nature.
07:29Donc, on fait un largage sur une zone
07:31où on a des genres de pluviomètres qui sont installés
07:34et on mesure l'efficacité.
07:35Donc, on a prévu de lancer une campagne l'année prochaine
07:38pour qualifier notre avion
07:40et pour que le monde entier soit témoin de l'efficacité de ce largage
07:45qui va permettre soit de faire des largages à effet de souffle,
07:48un peu ce que fait le Canadair, par exemple,
07:50ou alors des largages à flot constant
07:52pour déposer des lignes de retardant
07:54qui permettent de ralentir la progression du feu
07:57et permettre aux pompiers seuls de faire leur travail
07:59dans un environnement un peu protégé.
08:02Tout ce qui est multimission,
08:04c'est-à-dire le cargo, le transport de sanitaire,
08:07le même entourant de personnes ?
08:08Ça, c'est optimisation, rationalisation de l'utilisation.
08:11Un avion, ça coûte cher.
08:12Si on ne l'utilise que 4 mois par an,
08:14c'est extrêmement compliqué de le rentabiliser.
08:18Alors, parler de rentabilité en protection civile,
08:21ça peut paraître bizarre,
08:22mais les budgets ne sont pas extensibles.
08:24Et donc, nous, notre avion,
08:25il est capable de faire du transport de fret,
08:27de l'évacuation sanitaire,
08:29aussi bien pendant la période de feu,
08:30avec certaines restrictions et le système embarqué.
08:33Ou alors, en dehors de la période de feu,
08:35on enlève tout ce qui est firefighting
08:37et on transforme l'avion en un avion cargo
08:39ou d'évacuation sanitaire,
08:41et même transport de troupes dans certaines circonstances.
08:44J'ai vu qu'on mettait aussi maintenant
08:45des petits capteurs sous cet avion.
08:47Eh oui, les boules optroniques
08:49qui sont autour de nous,
08:51partout, là, dans le salon Eurosatory.
08:54Ces boules optroniques,
08:55elles permettent de détecter des départs de feu
08:57jusqu'à 100 kilomètres.
08:58Il y a des essais qui ont été faits l'an dernier,
09:00justement, avec Valabre
09:02et Safran, je crois, à l'époque.
09:04Donc, ces boules,
09:05elles permettent justement d'avoir une visibilité
09:07et une détection à grande envergure.
09:10Et comme l'avion peut voler
09:12de manière assez économique
09:14avec sa charge de retardant
09:16ou de liquide d'extinction,
09:18le pilote peut aller directement
09:20sur un départ de feu identifié
09:23relativement loin,
09:23peut-être parfois plus loin
09:25que son œil ne pourrait le détecter.
09:26Et on va préciser quand même
09:27qu'après, on peut aller sur n'importe quel aérodrome
09:29pour se faire ravitailler.
09:30Il suffit qu'il y ait des pompiers
09:31sur un aéroport,
09:31ce qui est le cas de tous les aéroports,
09:33ils mettent de l'eau dans la citerne.
09:34On n'a pas besoin d'avoir un aéroport bien dédié,
09:36ce qui fait qu'il y a quand même plein de points,
09:37y compris dans des pays
09:38dans lesquels il y a des déserts,
09:39parce que c'est bien les écopeurs,
09:41mais il faut quand même
09:42qu'il y ait des plans d'eau juste à côté.
09:43Oui, et pour pouvoir écoper,
09:44il faut que le plan d'eau soit propre,
09:46qu'il n'y ait pas d'objet
09:48ou qu'il soit utilisé
09:50par une activité humaine.
09:52Il ne faut pas qu'il y ait trop de vent
09:53dans certaines circonstances.
09:54Donc décoller d'une piste,
09:56c'est beaucoup plus simple,
09:57beaucoup plus sûr.
09:58Et effectivement,
09:58n'importe quel camion de pompiers
10:00est capable de remplir notre avion.
10:01Donc on n'a pas besoin
10:02d'une installation.
10:06Alors c'est mieux quand elle existe,
10:07bien sûr,
10:07ça s'appelle des Pélicans-Brums en France.
10:09Il y en a un certain nombre
10:10qui sont installés.
10:11Mais on peut aussi transformer
10:12n'importe quel terrain
10:13en Pélican-Brums temporaires,
10:15parce que le feu,
10:17il va arriver dans des zones
10:18où on n'avait pas prévu le feu.
10:20Malheureusement.
10:21Il y a un autre capteur
10:22que j'ai vu arriver,
10:23c'est l'EMC Catcher.
10:24Qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
10:25Quand c'est autorisé
10:26et bien contrôlé,
10:27ça permet de détecter
10:28tous les téléphones portables
10:30pour aller vite
10:31qui sont dans la région,
10:32toutes les cartes SIM
10:32qui sont utilisées.
10:34L'idée, c'est d'éviter
10:35de larguer sur quelqu'un
10:36qui serait présent dans la zone
10:38ou alors ne pas larguer aussi bas
10:40pour pouvoir peut-être
10:41le protéger
10:42et lui faire un nuage
10:44refroidissant
10:44qui va lui sauver la vie.
10:46Excellent.
10:47David, c'est génial.
10:49Écoute, on est très heureux
10:50de t'avoir dans l'aventure.
10:52Effectivement.
10:53Bon, après, c'est quand même
10:54que toi, tu es juste
10:54un petit pilote de ligne
10:55que tu connais un peu
10:56en aéronautique quand même aussi.
10:57Disons que ça fait 30 ans
10:58que je pilote des avions de ligne
10:59et ça fait 16 ans
11:01que je m'occupe
11:02d'aérial firefighting.
11:03Donc, c'est vrai
11:04que c'est deux domaines
11:05qui me tiennent à cœur particulièrement.
11:07Bonne Dream Team.
11:07Merci, David.
11:08Merci à toi.
11:09On espère que ça vous a plu.
11:11On vous dit à très bientôt
11:11et à tous les liens
11:12en commentaire de la vidéo.
11:13Merci à tous.
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