00:0120 ans de prison ferme et plus de 30 milliards de francs CFA d'amende.
00:05C'est la lourde peine requise par le ministère public contre Kofodoga-Sévérin dans l'affaire KDS.
00:12Le directeur de la société et ses coprévenus sont poursuivis notamment pour escroquerie par appel public à l'épargne et
00:19blanchiment de capitaux.
00:21Les avocats de la défense ont d'abord réagi à ces réquisitions.
00:25Maître Barthélémy Conant s'exprime en leur nom.
00:28Ce sont les arguments de nos adversaires qui sont le parquet, naturellement, et en soutien les partis civils.
00:36Parce que pour que les partis civils voient leur action aboutie, il faut bien une condamnation.
00:42Mais notre adversaire principal, c'est le parquet.
00:45Le parquet vous dit que pour lui, il y a de l'esproquerie par appel public à l'épargne parce
00:52qu'il aurait utilisé des manœuvres vieux.
00:54Ce qui n'est pas de notre lecture et nous l'avons démontré.
00:57Parce que l'esproquerie et les actes composent des assensoirs concomitants ou antérieurs.
01:03Or, dans le cas, le parquet n'a pas réussi à démontrer que la société KDS, son administrateur, a commis
01:10des actes frauduleux, des manœuvres.
01:14Il y avait un contrat, il y a les partis, la société existe, les taxis circulent à Bidjan, les véhicules,
01:21il y a un actif.
01:22Donc la réalité de l'activité est prouvée.
01:26Il ne s'agissait pas de, comme on a voulu le faire pour croire, qu'il s'agisse d'un
01:30système de consignement.
01:31Les recettes, on l'a démontré, les recettes suffisaient à payer les souscripteurs.
01:38Voilà.
01:38Et les problèmes ont suivi lorsque l'État, par l'entremise du comité des grèves, a demandé à ce qu
01:46'il y ait des remboursements de ceux qui n'avaient pas encore reçu de paiement.
01:51L'État a bien précisé, mais la sortie de l'État a peuré en ce que les souscripteurs se sont
01:59rappelés de l'affaire de l'agrobusiness.
02:01Donc, au lieu que ce soit ceux qui n'avaient pas encore reçu de paiement qui puisse être remboursé, pratiquement
02:09plus de 96% des souscripteurs ont demandé la résiliation.
02:14Et ils demandaient le paiement immédiat de leur somme. C'est que la société était dans l'incapacité.
02:21La réponse à leur situation n'est pas une réponse pénale.
02:27Voilà. Ce n'est pas une réponse pénale.
02:29Pour preuve, depuis que la société est en faillite, de fait, parce que depuis son incarcération, ça ne fonctionne pas,
02:35il n'y a aucun paiement.
02:37Or, l'objectif, c'était bien de désintéresser les souscripteurs.
02:41Et M. Kofo a montré cette disponibilité.
02:45Il passait sur toutes les chaînes pour dire qu'il avait besoin juste d'un peu de temps pour pouvoir
02:51désintéresser tout le monde.
02:53Et à la veille de son arrestation, il avait fourni un chronogramme qui s'étalait jusqu'au 31 décembre 2024.
03:00Il a été arrêté le 26 juin 2024.
03:03On comprenait qu'il était dans l'incapacité de poursuivre les remboursements.
03:08Donc, pour nous, c'est que le droit soit dit, loin de l'opinion publique, parce qu'il a été
03:14déjà condamné par l'opinion publique,
03:17mais strictement qu'on reste dans l'arène judiciaire et que la décision qui s'impose, pour nous en tout
03:22cas la défense, c'est la non-culpabilité,
03:25et puis permettre à ce qu'ils puissent se réorganiser pour désintéresser les souscripteurs.
03:30En face, les différentes parties civiles représentant des milliers de souscripteurs et d'anciens employés
03:36réclament plusieurs milliards de francs CFA de dommages et intérêts.
03:41Leur conseil estime que les victimes doivent être intégralement indemnisées.
03:45Écoutons à ce propos maître Dogo Koudou, avocat de certaines parties civiles contre KDS.
03:51Moi, je trouve que le parquet est dans son rôle, et bien évidemment, moi, partie civile, je ne peux que
03:58saluer de telles réquisitions.
04:01D'autant que les clients que je défends ont investi toute leur fortune en espérant des retours sur investissement qu
04:10'ils n'ont jamais reçu.
04:11Et les explications qu'ont donné la société KDS et les dirigeants n'ont nullement convaincu le parquet.
04:17De même que nous, cela ne nous a pas convaincus.
04:20Le modèle d'économie n'était pas viable en notre sens, parce que s'il avait été viable,
04:24c'est vrai que beaucoup de personnes à tout le moins auraient été indemnisées.
04:29Or, il est ressenti de tout ce que nous avons entendu, que plus de 67 à 70% des personnes
04:36n'ont jamais reçu les retours sur investissement.
04:39Ce n'est pas l'État d'économie qui gère une société privée.
04:42Vous créez votre société, vous la gérez. Si vous estimez que vous avez les éléments pour la gérer, vous la
04:47gérez.
04:47Ce n'est pas l'État qui la gère à votre place.
04:50Lorsque l'État constate, et d'ailleurs l'État par le biais du comité de veille,
04:53lorsqu'il a constaté que la société KDS ne faisait pas ce qu'il fallait,
04:57elle est intervenue pour mettre un stop en disant de continuer de rembourser aux souscripteurs les retours sur investissement.
05:05Ce n'était pas à l'État de le faire à la place de la société KDS.
05:08Mais moi j'attends que pour mes clients, le tribunal entre en voie de condamnation contre la société KDS et
05:14ses dirigeants,
05:14et qu'elle reçoive favorablement les conditions de partie civile que nous lui avons présentées.
05:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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