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  • il y a 6 heures
Retrouvez le replay du débat de l'Équipe du Soir du 13/07/2026.

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Sport
Transcription
00:01Générique
00:10L'équipe du soir, bonsoir, bienvenue chez vous.
00:13On nous programme aujourd'hui bien évidemment la rencontre de demain entre la France et l'Espagne.
00:19Demi-finale de Coupe du Monde, on parlera de Didier Deschamps, on parlera des Espagnols.
00:24Sont-ils trop confiants avant cette rencontre ?
00:26On parlera du milieu de terrain des Bleus.
00:27On aura aussi une vision sur la gestion d'un tel match pour un sélectionneur.
00:33Avec l'éclairage de notre président du soir, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France.
00:36Bonsoir Raymond Domenech.
00:37Bonsoir.
00:38Et dans votre ville-peuple, Raymond, Nicolas Villas, Étienne Moati, Siani Dalma et Félix Roy.
00:44Bonsoir à tous.
00:45Salut mémé !
00:46Ça marche mémé, mémé bon ?
00:48Oui, ça pourrait marcher.
00:50Effectivement, avec nous pour toutes les infos également, Claire Bricogne qui va nous donner au fil de cette émission
00:56les dernières informations, vous signalez avant de débuter deux petites infos importantes.
01:01En vue de la rencontre de demain, Aurélien Chouamény a fait toute la séance d'entraînement
01:07qui avait lieu en veille de match il y a quelques instants.
01:10Les images qui nous parviennent à l'instant.
01:12Et puis pour ce qui est de Bradley Barcola et Désiré Doué, pour le moment ce serait 50-50
01:16pour ce qui est de la titularisation sur le côté gauche de l'attaque française.
01:21On en reparlera avec Giovanni dans quelques instants qui sera en direct au plus proche des Bleus.
01:26La conférence de presse d'ailleurs a débuté.
01:28Pour le moment, c'est Warren Zahir Emery qui est en train de s'exprimer.
01:31Didier Deschamps va dans quelques instants s'exprimer à son tour.
01:34On vous sortira bien évidemment les meilleures phrases de cette conférence de presse.
01:39Allez, premier thème de notre soirée.
01:41Et souvenez-vous, en 2024, son jeu, sa communication avait fini par lasser une partie du grand public
01:48au point que le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, avait proposé au mécontent de changer de chaîne.
01:54S'il n'était pas content.
01:55Aujourd'hui, un jeu plus offensif, plus séduisant.
01:58Une communication plus légère peut-être du fait de son départ imminent.
02:01L'équipe de France séduit.
02:04Et Didier Deschamps bénéficie-t-il de cette situation et de cette équipe de France nettement plus joueuse ?
02:13Sur ce mondial, Didier Deschamps a-t-il réussi à vous renverser ?
02:18C'est la question qu'on voulait vous poser avec l'habillage à la française.
02:24Est-ce que Didier Deschamps a réussi à renverser votre opinion sur lui ?
02:29Nous qui nous avions tendance, y compris Média, à nous en plaindre un petit peu après l'Euro 2024.
02:35Ciani ?
02:35Non, parce que je n'étais pas plus lassée que ça, Didier Deschamps.
02:38Félix ?
02:39Oui, parce que je suis honnête, contrairement à Ciani.
02:41Nicolas ?
02:42Ça commence.
02:43Oui, un peu quand même.
02:44Un peu quand même ?
02:45Oui.
02:45Étienne ?
02:46Oui, complètement.
02:48Alors, on a deux oui, deux non.
02:51C'est pas mal, c'est pas mal.
02:52Est-ce qu'on fait un duel en régie ?
02:54Je vais poser la question, tout simplement.
02:56On y va comme ça.
02:58Peut-être pour trancher, Raymond, est-ce que vous d'abord, est-ce que vous compreniez
03:01la lassitude d'un certain nombre de Français ?
03:03Il faut savoir qu'il y avait eu un sondage après l'Euro 2024.
03:06Pas de duel, ce sera au prochain.
03:10Non, pas encore prêt.
03:11L'odeur du sang, heureusement qu'il n'y a plus de la guillotine.
03:14Donc, il y avait eu un sondage à l'issue de l'Euro 2024.
03:1658% des Français seulement souhaitaient conserver Didier Deschamps.
03:19Quand on sait ce qu'il a gagné, c'est pas énorme, énorme.
03:21Aujourd'hui, on a l'impression qu'il fait l'unanimité.
03:23Ça veut dire qu'il y avait 42% qui voulaient le garder absolument.
03:27Moi, j'arrive pas à comprendre ces phénomènes de mode.
03:33Didier s'est adapté en permanence à l'effectif qu'il avait pour obtenir des résultats.
03:38Il avait à l'époque une solidité peut-être défensive avec des joueurs plus importants dans ce registre-là.
03:46Il a construit son équipe comme ça.
03:48Il lui arrive des attaquants.
03:52Il ne sait plus quoi en faire tellement il y en a.
03:54Il est bien obligé de passer.
03:56Je rappelle quand même que même le premier match, il a commencé avec une formule qu'il a changé.
04:01Parce que c'était Dembélé qui jouait deuxième, qui jouait avancé entre derrière Mbappé et Olizé qui jouait sur le
04:06côté.
04:07Donc, il s'est adapté en permanence.
04:09Il a cette capacité d'adaptation permanente.
04:12Depuis qu'il est en place, à chaque fois, il a su passer les événements.
04:17Il a su s'adapter.
04:18Il a su remettre les choses en place.
04:20Il a su apporter des choses nouvelles.
04:21Cette fois-ci, ça tombe parce que ce sont des attaquants.
04:26Et tout d'un coup, on trouve que c'est extraordinaire.
04:30Mais avant, il ne les avait pas.
04:31Il ne pouvait pas jouer de la même manière qu'il joue maintenant avec ces attaquants-là.
04:35C'est tout.
04:36Alors, dire que c'est plus séduisant, je peux être d'accord avec ça.
04:40Mais c'est que les circonstances qui l'amènent à ça.
04:43Je peux vous assurer que s'il n'avait pas eu Olizé, s'il n'avait pas eu Dembélé,
04:47il aurait joué comme avant avec ces trois milieux et il aurait continué de la même manière.
04:51Sans aucun doute.
04:52Mais on ne peut pas nier qu'il y a des attaquants exceptionnels aujourd'hui en équipe de France.
04:57mais on était beaucoup, et moi le premier, à ne pas imaginer ces quatre attaquants alignés en grande compétition
05:07et dans les matchs finaux de ces grandes compétitions.
05:11Et donc là, c'est de ce point de vue-là qu'il me renverse.
05:13Parce que non seulement il fait le choix de les faire jouer les quatre ensemble,
05:18Deuxièmement, il y arrive.
05:18Parce que ce n'était pas forcément non plus évident.
05:20Donc il doit y être pour quelque chose.
05:21Et le recentrage de Olizé permet que ces quatre attaquants soient liés les uns aux autres.
05:26Et surtout, on va voir demain, mais on n'a pas trop de doute là-dessus.
05:29Il va jusqu'au bout avec cette idée-là.
05:31On était quand même quelques-uns à imaginer avoir des doutes sur le fait qu'il choisisse cette option-là
05:36et qu'il s'y tienne toute la compétition.
05:38Manifestement, c'est le cas.
05:39Moi, c'est ça qui m'étonne et c'est ça qui me renverse.
05:40On craignait qu'il se rétracte un peu, mais je trouve qu'il y a aussi la communication qui a
05:44un petit peu changé.
05:44On avait une communication plutôt assez lénifiante et tous les suiveurs de l'équipe de France sont d'accord
05:49pour dire que les conférences de presse sont un peu plus fun, qu'il en donne un petit peu plus,
05:53qu'il est un peu plus léger, peut-être un peu plus détendu.
05:56Est-ce que c'est l'approche du départ qui crée ça ?
05:59Il y a certainement ça.
06:00Après, je pense que malheureusement, avec la perte de sa maman aussi, il a peut-être relativisé aussi certaines choses.
06:06Malheureusement, ça fait aussi partie de la vie et on se rend compte qu'il y a des choses bien
06:09plus importantes aussi.
06:10Et ça peut aussi libérer.
06:11Mais le fait que ce soit la fin, il est en mode jubilé, un peu roue libre, ça contribue certainement.
06:17Tu le trouves en mode roue libre ?
06:18Moi, je trouve que dans sa communication, je suis assez d'accord avec Timothée, je ne le trouve plus libéré.
06:21C'est-à-dire plus...
06:23Libéré, ce n'est pas roue libre.
06:24Non, mais roue libre dans le sens...
06:26Enfin, à l'échelle de Dédé.
06:27On regarde ce qu'il nous proposait avant.
06:28À l'échelle de Dédé.
06:29Et c'est la même chose pour le jeu.
06:30Et moi, je suis un peu d'accord avec vous deux, en réalité.
06:32C'est-à-dire que je suis d'accord avec toi, Raymond.
06:34Moi, je n'aurais pas imaginé qu'on ait quatre attaquants dans cette Coupe du Monde.
06:37Y compris dans un match, par exemple, face à l'Espagne.
06:39Mais pour moi, c'est là où souvent on dépeint Deschamps comme étant pragmatique.
06:43Et c'est la preuve qu'il l'est.
06:44C'est-à-dire que, comme tu dis, il s'adapte à la situation qu'il a face à lui.
06:47Il se dit, bon, là, j'ai des choix de riches.
06:49Je ne vais pas me priver, finalement.
06:52Et je vais utiliser les quatre.
06:54Mais il a eu le courage de le faire.
06:55Et moi, ça, ça me surprend.
06:56Et c'est là où je suis d'accord avec Étienne.
06:57Moi, je me suis dit, il y a un moment, il avait son truc, son 4-3-3.
07:00Cette espèce d'assise défensive.
07:02Et bien, il a quand même eu le...
07:03Je ne vais pas dire le courage, le culot.
07:05Je ne sais pas, appelez ça comme vous voulez.
07:06Mais il l'a fait, quoi.
07:06Il va avec ce truc-là.
07:08Et il va y aller certainement jusqu'au bout.
07:09Donc, bravo.
07:10Avant d'aller chercher l'avis de Ciani et de Félix,
07:13on a posé la question à Giovanni Castaldi
07:16qui pratique Didier Deschamps quotidiennement.
07:19Allons-y.
07:22Pour ce qui est de la cote de popularité de Didier Deschamps,
07:25en tout cas, aux États-Unis, elle est énorme.
07:27Ce qu'on peut vous dire, c'est qu'à chaque fois
07:28qu'on doit qualifier la plus belle équipe du Mondial,
07:31on évoque l'équipe de France avec un style flamboyant.
07:35Et sur sa communication, il a légèrement modifié.
07:37Il s'est adouci.
07:38Il a gagné en sincérité depuis l'annonce de son départ.
07:41Même si, pour lui, il a toujours réfuté,
07:44en dehors des médias, des caméras,
07:46ce côté entraîneur très défensif.
07:48Par exemple, sur la Coupe du Monde 2022,
07:50il souligne qu'en plus de Kyl Mbappé,
07:52Olivier Giroud, Ousmane Lembélé,
07:53il y avait également Antoine Griezmann,
07:55présent dans un rôle un peu plus bas,
07:56mais qui était considéré comme un joueur offensif.
07:59Donc, voilà.
08:00La grande force de Didier Deschamps, quand même,
08:02c'est de s'adapter.
08:03Ces bleus-là sont irrésistibles offensivement.
08:05Et donc, Deschamps récolte les fruits.
08:07L'adaptation pour Giovanni Castaldi,
08:09qui rejoint le président de ce soir,
08:12Ciani, pour vous, vous dites,
08:14j'étais pas contre, il m'a pas renversé,
08:16parce que j'étais pas contre avant,
08:18mais par exemple, sur le plan de la communication,
08:20vous voyez pas une légère patine,
08:21un peu plus légère, un peu plus sympa ?
08:23Non, je pense, comme Nicolas,
08:25qu'en fait, il va partir.
08:26Donc, effectivement, il a peut-être moins besoin
08:28d'être dans cette posture...
08:31Il n'est pas en réélection.
08:32Exactement.
08:33Et il a besoin peut-être de moins convaincre.
08:34Et puis, ça fait 14 ans qu'il est là.
08:36Je pense qu'il a montré tout ce qu'il avait à montrer.
08:39Et j'aime bien cette idée d'adaptation,
08:40parce que Deschamps, c'est celui qui a rappelé Adrien Rabiot,
08:43alors que ça s'était mal passé.
08:44C'est celui qui a appelé Benzema,
08:45quand ça s'était mal passé.
08:46Donc, en fait, il montre aussi que c'est pas quelqu'un
08:48qui est figé sur ses positions,
08:49et qui s'entête,
08:50et qui est capable aussi de faire un pas vers des joueurs,
08:54de changer aussi ce qu'il pensait.
08:56Et c'est ce que je trouve intéressant aussi avec lui.
08:59Félix, vous étiez OK pour dire
09:02qu'il avait su vous reconquérir, Didier Deschamps.
09:05Est-ce que, d'abord, est-ce que vraiment,
09:06il y avait un ras-le-bol pour vous à poste 2024, poste euro,
09:10où c'est vrai que le jeu n'était peut-être pas aussi flamboyant
09:12qu'on l'espérait ?
09:13Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis cette année ?
09:15Je pense qu'on s'est tous trompés,
09:17enfin, tous dans la grande majorité,
09:18déjà parce que c'était l'un des mandats les plus longs
09:21de l'histoire du foot français et du foot mondial
09:23à une époque où tout s'accélère aussi,
09:24qu'on a eu tendance à considérer
09:26qu'un sélectionneur et entraîneur étaient le même métier,
09:28alors que non, tu dois exploiter les circonstances
09:31qui se font bien au club ou pas,
09:32et tu dois construire à partir de ça
09:33avec un groupe que tu as 6-7 fois dans l'année,
09:36chose qu'on a sous-estimé,
09:37parce qu'on a souvent reproché deux choses.
09:39Déjà, il y avait cette espèce de cliché
09:41de « on s'ennuie avec l'équipe de France »,
09:43chose qui était vraie.
09:44En revanche, on s'ennuie avec l'Argentine,
09:45on s'ennuie avec le Brésil, l'Allemagne,
09:47les matchs amicaux à l'époque où ils existaient,
09:49l'Angleterre, le Brésil, Paris.
09:50Donc au bout d'un moment,
09:52c'était devenu un peu dans la culture populaire
09:55de dire « ouais, mais les Bleus, on s'ennuie quoi qu'il arrive ».
09:57Donc en fait, on s'ennuyait avec toutes les sélections.
09:58Et surtout, l'inconscient collectif reprochait à Didier Deschamps
10:01une chose qui est rarement arrivée depuis 1986 en équipe de France,
10:05c'est de construire un projet collectif flamboyant.
10:08On disait « oui, c'est un pragmatique, il gagne,
10:10mais c'est pas beau à regarder ».
10:11Et c'est à mon sens quelque chose dont on s'est trompé,
10:13parce qu'en fait, quand les circuits sont élaborés en club,
10:16quand Dembélé devient ce qu'il devient,
10:18quand Olysée explose,
10:19quand Mbappé, qui lui, pour le coup,
10:20est le vrai fil conducteur de Deschamps,
10:22il n'a pas à sous-estimer,
10:24et bien là, d'un coup, on se dit
10:25« c'est toujours le même Deschamps pragmatique ».
10:28C'est juste qu'il a dit, comme l'a dit Raymond,
10:30il a vu toutes les armes qu'il avait à disposition,
10:32et ne nous trompons pas,
10:33il n'a pas construit cette équipe à partir des quatre devants.
10:35C'est vrai, mais il a construit cette équipe
10:37à partir de derrière, comme il a toujours fait.
10:39Il y a des joueurs, il les avait déjà, par exemple,
10:43Dembélé, il l'avait déjà,
10:45il jouait arrière-droite, à un moment donné,
10:47avec Deschamps.
10:48Il n'y avait pas la même algénie.
10:48Ça veut dire que les mêmes joueurs,
10:50tu peux en faire des utilisations différentes.
10:51Oui, mais ce qu'on lui a reproché,
10:53c'est de ne pas avoir, sur le long terme,
10:54lui, de lui-même, construit un projet
10:57qui allait transformer Dembélé,
10:58transformer Giroud, transformer Benzema.
11:00On viendra sur Benzema,
11:01qui est quand même le fil conducteur de la défiance
11:03entre les Français et Didier Deschamps.
11:04Sur la communication, notamment, Didier Deschamps,
11:06il détestait les conférences de presse,
11:08parce qu'il y avait une question sur deux qui était
11:09« Pourquoi vous ne prenez pas Karim Benzema pendant deux ans ? »
11:12et qu'ensuite, c'était systématiquement
11:14sur des individualités.
11:15Une fois que le cas des individualités sont réglées,
11:17parce que tu as les trois meilleurs joueurs du monde
11:19et que si tu vas au bout de cette compète,
11:20tu auras un podium de trois Français au ballon d'or,
11:22là, d'un coup, on peut se mettre à parler foot.
11:23Et d'un coup, on se rend compte
11:24que la communication avec Didier Deschamps,
11:26elle fonctionne assez.
11:27On attendait d'un sélectionneur sur le long terme
11:29que lui-même transforme les joueurs
11:31qu'il avait à disposition.
11:32Ce n'est pas son boulot.
11:33Il les a sept fois dans l'année.
11:35Quand les mecs arrivent plein bout,
11:36encore une fois, il l'a construite derrière cette équipe.
11:39Tu as la meilleure charnière du monde
11:40et tu as un double pivot qui est performant.
11:42Après, il a pris quelques paris gagnants.
11:44Tu vois, quand il prend Mathuidi
11:45à la Coupe du Monde 2018
11:47et qu'il change son poste,
11:48il a pris aussi des choix forts
11:50dans cette équipe de France.
11:51Après, peut-être qu'il a eu un creux à un moment.
11:53Il a su faire...
11:54Le départ, il a commencé.
11:55Souvenez-vous, la qualification pour le Brésil.
11:58L'Ukraine perd 2-0 là-bas.
12:00Il transforme l'équipe.
12:01Il enlève six joueurs au match retour.
12:02Six ou sept joueurs.
12:04Et il y a une 3-0.
12:05Et il part de là.
12:05Il aurait pu mourir
12:07au bout de la première qualification.
12:10Mais il a su trouver le truc.
12:12Et à chaque fois, il a réussi
12:14à mettre ce qui était nécessaire
12:16pour que cette équipe...
12:17On reproche à Deschamps,
12:18pendant cinq ou six ans,
12:20de ne pas avoir trouvé une alchimie
12:21qu'on constate aujourd'hui.
12:22C'est quand même unique
12:24dans l'histoire du foot français, peut-être.
12:25Entre Karim Benzema, Antoine Griezmann,
12:27on va dire quoi ?
12:27Kingsley Coman, Anthony Martial, Dembelle à l'époque.
12:30Elle n'existait pas.
12:31Elle était impossible à trouver.
12:32Le truc, en fait,
12:33qui était un peu contrariant, je pense aussi,
12:35c'est justement la communication.
12:37Parce qu'on en revient à ce que tu disais.
12:38C'est-à-dire que, tu as raison,
12:39on ne s'emmerdait pas qu'en regardant les bleus.
12:41Mais bon, nous, les autres...
12:42Enfin, c'est quand même bien d'emmerder
12:43en regardant les bleus en 2024, quand même.
12:45Parce que là, on a complètement oublié.
12:48Non seulement, on s'est ennuyé
12:49quand même très, très fort.
12:51Très, très, très fort.
12:52Et en plus, parce que Deschamps,
12:53tu pouvais t'ennuyer, mais tu gagnais.
12:55Là, tu t'étais terriblement ennuyé.
12:57Tu n'as pas gagné.
12:57Tu gagnais pas.
12:58Mais justement, et si tu veux,
12:59moi, j'en reviens à l'aspect communicationnel.
13:00C'est-à-dire, c'est de dire,
13:01OK, on ne s'emmerde pas qu'en regardant les bleus.
13:03Mais bon, là, en l'occurrence,
13:04on parle de ça et c'est ce qui nous intéresse.
13:06Et c'est la communication de dire,
13:07en gros, si tu n'es pas content,
13:08tu n'as qu'à changer de chaîne,
13:09ça, ça ne passe pas très bien, si tu veux.
13:10Il faut comprendre ça.
13:11Moi, je n'en veux même pas à Deschamps.
13:13C'est-à-dire, il fait ses choix,
13:14il a ses idées,
13:14tu as le droit de gagner sans être beau.
13:16Après tout, le football,
13:17ce n'est pas que 20 000 passes
13:19avant de marquer un but.
13:29Il ne gagne pas tant que ça, au final.
13:29Mais il va toujours très loin.
13:30Mais il va loin.
13:31Mais il ne gagne pas tant que ça.
13:31Il n'y en a qu'un qui gagne.
13:32C'est ça, le problème.
13:33D'où, d'ailleurs, le fameux débat de...
13:34C'est pour ça que moi,
13:35je reviens toujours aux émotions.
13:36C'est-à-dire, il y a un moment,
13:37si tu vas au bout et que tu gagnes
13:38et que tu soulèves la coupe,
13:39OK, tu as raison.
13:40Mais si ton discours, c'est de dire,
13:42moi, je suis en résultat 10, je veux gagner,
13:43mais que tu arrives en demi ou en finale,
13:45pardon, mais tu n'as pas gagné.
13:46Par exemple, celle de 2022,
13:49tu es arrivé en finale.
13:51D'accord, tu n'as pas gagné,
13:52mais tu ne peux pas dire que tu as tort.
13:53Comment ça ?
13:55Tu es en train de nous dire...
13:56Eh bien, regarde !
13:56Tu es en train de nous dire...
13:58Tu as raison si tu gagnes.
14:00Quand tu fais un football pragmatique,
14:01tu as raison si tu gagnes.
14:02Il y a 4 ans,
14:04quand tu tombes contre l'Argentine
14:06au bout d'un match...
14:07Non, mais quand tu as un discours...
14:10Tu ne t'es pas trompé.
14:11Tu te fais bouffer pendant 90% du temps du match.
14:13En fait, si tu veux, pour moi,
14:14c'est si tu as un discours...
14:15Je reviens au discours,
14:16à la communication résultatiste.
14:18Par exemple, je vais dire un truc tout con.
14:19Mais 2006, Raymond,
14:20c'est le mieux placé pour en parler.
14:22Tu ne gagnes pas.
14:23Mais voilà les émotions que tu as.
14:24Tu as le scénario le plus ouf
14:25en finale de Coupe du Monde
14:26avec peut-être le plus grand genre
14:27de l'histoire du foot français
14:28qui termine sa carrière
14:29comme tout le monde le sait.
14:31Là, tu es au niveau émotionnel,
14:32tu es au climax.
14:34Tu ne peux pas faire mieux.
14:35Comme quoi, le résultat,
14:36il n'y a pas que ça qui compte.
14:37Bien sûr, parce qu'en 2024,
14:40je pense que Deschamps
14:41s'est rendu compte lui-même
14:42qu'il était au bout d'un système.
14:44Parce que finalement,
14:45avec cette équipe de France,
14:46jusque-là, les équipes de Deschamps
14:47disaient, bon, ok,
14:48on s'ennuie un petit peu.
14:49Ce n'est pas toujours super.
14:50Ce n'est pas le foot qu'on adore.
14:51Mais bon, ça gagne.
14:52Donc, on est content.
14:53On supporte l'équipe de France.
14:54Là, on avait le sentiment en 2024
14:55que tout le monde commençait
14:57à s'en foutre un peu
14:57de l'équipe de France,
14:58même si elle gagnait.
14:59Et donc ça, ça devenait
15:00quand même un petit peu un problème.
15:02On avait le sentiment
15:02que même si finalement,
15:03on arrivait par un trou de souris,
15:05un miracle,
15:06un contre-tout pourri
15:08à finir par être champion d'Europe,
15:10ce ne serait quand même pas
15:11l'euphorie qu'on avait connue avant.
15:12Alors, j'attendais justement
15:13que cette idée-là arrive.
15:16Est-ce qu'il est arrivé
15:17au bout d'un système
15:19ou est-ce que c'est
15:21l'explosion totalement champignonesque
15:23de ses qualités offensives
15:25parce que Dembélé,
15:26d'il y a deux ans,
15:27d'il y a quatre ans,
15:28ce n'était pas le Dembélé
15:29qu'on a aujourd'hui,
15:29Ballon d'Or,
15:30parce que Olizé,
15:31personne ne l'a vu venir.
15:32En tout cas, il y a quatre ans,
15:33quand on a fini la Coupe du Monde,
15:34personne ne l'avait vu.
15:35Moi, je pense qu'il y a des deux.
15:36Moi, je pense qu'il n'y a pas
15:37uniquement l'idée
15:39qu'il y a quatre offensives
15:40qui sont tellement géniaux
15:41que forcément,
15:42et comme il est pragmatique,
15:43il s'adapte.
15:44Mais je pense que
15:45comme il est très intelligent,
15:46il savait très bien
15:47qu'il ne pouvait pas reproduire ça,
15:50qu'essayer de repartir,
15:52aller gagner une Coupe du Monde
15:53à l'arrache,
15:54en défendant,
15:55en étant ennuyeux,
15:56ça ne passerait pas.
15:57C'est peut-être injuste
15:58parce qu'il y a plusieurs footballs,
15:59etc.,
16:00mais les gens n'avaient plus
16:01du tout envie de ça.
16:02Donc, comme il est intelligent,
16:04il s'est adapté
16:04aux joueurs qu'il avait
16:05et aussi à l'envie du public
16:07et des amoureux de foot.
16:08Mais ce groupe,
16:09il me fait penser
16:09au groupe de 2018,
16:10en fait,
16:11parce que là,
16:11on parle beaucoup aussi
16:12de l'état d'esprit
16:12de cette équipe de France.
16:13Il y a beaucoup de talent,
16:14mais j'ai l'impression
16:15que le groupe
16:16qu'il a construit aussi
16:18séduit le grand public,
16:19séduit en France,
16:19et c'était un peu moins
16:20le cas en 2022,
16:21et j'ai l'impression
16:22que c'était un petit peu
16:22le cas aussi en 2018
16:23avec Dembélé,
16:24avec Griezmann,
16:25avec cette équipe
16:25qui amenait un petit peu
16:26de légèreté,
16:27et j'ai l'impression
16:28qu'il a réussi à trouver ça.
16:29Alors, ça ne garantit pas
16:31d'aller soulever la coupe
16:32à la fin,
16:32mais en tout cas,
16:32il y a un truc
16:33qui se crée
16:33avec le grand public
16:35et qui rejaillit aussi
16:36sur Didier Deschamps.
16:36Mais je me permets
16:38de ne pas être d'accord.
16:39Mais tu peux avoir tort,
16:40Raymond,
16:41ça t'arrive comme d'habitude.
16:42C'est rare,
16:43mais ça peut m'arriver.
16:44Je ne pense pas
16:45que Didier soit concerné
16:47par la vie des médias
16:49et du public.
16:50Il construit son équipe,
16:52il l'a fait.
16:53S'il avait dû recommencer
16:55et avoir une équipe solide,
16:58comme tu dis,
16:59ennuyeuse,
17:00qui ne l'est pas,
17:00parce qu'elle peut aller loin,
17:02mais qu'elle est efficace,
17:03il l'aurait fait.
17:04Et là,
17:05il s'est appuyé
17:06sur le matériel
17:07qu'il a.
17:07Oui, ça,
17:08tu l'as dit tout à l'heure.
17:09Mais je pense qu'il y a ça.
17:10Évidemment,
17:11tu as raison de ce point de vue-là
17:12parce qu'il connaît le foot
17:13et il connaît les joueurs.
17:14Mais je pense que c'était
17:15de toute manière
17:16structurellement quasiment impossible
17:17de repartir
17:18avec un an de nuit
17:20aussi intersidéral.
17:21Mais attends,
17:21mais s'il n'avait pas eu
17:22et s'il n'avait pas eu
17:23Moi, je ne suis pas d'accord avec toi.
17:24Je pense que lui-même
17:25avait envie de finir autrement
17:26sa carrière de sélection.
17:27Vous ne croyez pas
17:28qu'à force,
17:29en conférence de presse,
17:30d'entendre des journalistes
17:31lui dire
17:32qu'on s'ennuie un petit peu,
17:34que l'opinion publique
17:35commence à être d'accord
17:36avec cette idée-là.
17:37Il a répondu,
17:37il a répondu,
17:38vous n'avez qu'à voir.
17:39Pourquoi il le ferait mal en chaîne ?
17:40Oui, aller sur une autre chaîne.
17:41Ça, c'était il y a deux ans.
17:43Et puis après,
17:44il a modifié.
17:45Non, il a modifié.
17:46Après, il a une structure
17:47avec des joueurs
17:47qui lui permettent
17:48de jouer de cette manière-là.
17:49Donc, c'est ce que je dis.
17:50C'est cette génération
17:51qui l'a amenée,
17:52peut-être pas poussée,
17:53mais en tout cas amenée,
17:55emmenée à jouer autrement.
17:56Tiens, c'est jouable.
17:57Avec ce potentiel-là,
17:58on peut jouer autrement.
17:59On peut essayer.
18:00Avant, il était persuadé
18:01que ce n'était pas possible.
18:02Ce n'est pas l'âge qu'il a
18:03que sa carrière en bleu
18:05est terminée.
18:06Tu vois qu'il va changer.
18:06Mais moi, j'aimais bien
18:07ce que tu disais tout à l'heure,
18:08Félix.
18:10Au-delà du fait
18:11que je te trouve très joli,
18:12je te trouve très pertinent.
18:13Sache-le, Félix.
18:13Moi, je trouve qu'il y a
18:14un vrai truc.
18:15Je suis assez d'accord avec ça.
18:16Moi, j'aime bien ton analogie
18:17entre, en gros,
18:18on demande aux sélectionneurs
18:19de mettre en place
18:20un style de jeu.
18:21L'Espagne, pour moi,
18:21elle est complètement à part.
18:22C'est le Barça.
18:24C'est pas que le Barça.
18:25C'est pas que le Barça.
18:26C'est-à-dire que
18:27Luis de la Fuente,
18:27il ne faut pas oublier,
18:28je crois que depuis 2012...
18:29Je parle de l'Espagne 2010.
18:30Non, mais moi,
18:30je te parle de l'Espagne.
18:31En Espagne, il disait
18:31en 2010, il s'en est.
18:32Je te trouve très joli,
18:33mais tu vas me laisser parler.
18:34Non, mais depuis 2012-2013,
18:37depuis 2012-2013,
18:38Luis de la Fuente,
18:39il entraîne les catégories de jeunes.
18:40Il les a tous formés,
18:41finalement, ces gamins.
18:42Ils ont tous joué ensemble.
18:44C'est-à-dire que
18:44le style à l'Espagnol
18:46qu'on retrouve dans les clubs.
18:47Eux, ils ont vraiment fait
18:47un taf structurel
18:48au niveau des éducateurs, etc.
18:50Mais c'est à mettre à part,
18:50si tu veux.
18:51Les Allemands ont commencé
18:52à le faire,
18:52notamment après le fiasco de 1998.
18:54Et là, ils sont en train
18:54de se remettre en question
18:55une nouvelle fois.
18:56Mais en réalité,
18:57aujourd'hui,
18:58quand tu es sélectionneur,
18:59tu es obligé d'être pragmatique.
19:01Moi, je suis complètement
19:01d'accord avec toi.
19:02Ce n'est pas Deschamps
19:04qui va réinventer un Dembélé
19:06qui va en faire un ballon d'or.
19:07C'est Luis Enrique
19:08qui l'a fait.
19:08Là, en revanche,
19:09où c'est fort,
19:09je trouve de la part de Dédé,
19:11c'est que Dembélé,
19:12il est ballon d'or
19:12à un poste
19:13qu'il n'occupe pas
19:14en équipe de France.
19:15Bappé, il s'est fait tailler
19:16toute la saison
19:17malgré ses plus de 40 buts
19:18avec le Real.
19:19Il le maintient à ce poste-là
19:20parce que Dembélé,
19:22Bappé,
19:22c'est le leader technique
19:23de cette équipe
19:24et voire le leader tout court d'ailleurs.
19:25Il a ses convictions là-dessus
19:26et il s'y maintient.
19:28Et il arrive à convaincre
19:28tout le monde
19:29et à entraîner tout le monde
19:29là-dedans.
19:30Moi, je trouve ça...
19:32Moi, je suis d'accord avec toi.
19:32Je trouve qu'on est parfois
19:33beaucoup trop durs avec lui
19:34en vrai par rapport à ça.
19:35Les sélectionneurs
19:36en règle générale
19:37et on parlait des nations
19:39qui s'emmerdaient...
19:39Sauf Roberto Martinez.
19:40Oui, alors voilà.
19:41Justement, j'allais là-dessus.
19:42On parlait des nations
19:43qui s'emmerdaient
19:43avec un vivier de fou.
19:44Moi, je veux bien
19:45qu'on dise que Deschamps,
19:45il n'a pas tout le temps gagné
19:46et que l'arrêt de c'est de gagner machin.
19:48Je pense que les Portugais,
19:49avec les viviers qu'ils ont eus
19:50tous les cinq ans,
19:51ils prennent le parcours de Deschamps.
19:53C'est-à-dire que les Portugais,
19:54ils se sont emmerdés
19:54et en plus,
19:55ils n'ont pas gagné.
19:55Et Nicolas Villas
19:56a commencé à aborder
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