00:00C'est l'heure de recevoir notre invitée Culture.
00:02C'est une comédienne qui nous réjouit aussi bien au cinéma que sur les planches.
00:06Et ça tombe bien, l'actrice Césarizé est à l'affiche du film de la comédie française
00:10qui réunit exclusivement des sociétaires de cette institution dont elle fait partie.
00:15Marina Hans, c'est dans Télé Matin.
00:21Bonjour Marina Hans, ça vous fait rire cette chanson ?
00:24C'est vous qui avez choisi Nina Simone ?
00:26Non, c'est vous qui avez choisi la chanson.
00:27Moi, j'ai choisi Nina Simone, mais je me demandais laquelle vous allez choisir.
00:32Alors, ça vous plaît, notre choix ?
00:34Je vous ai sentie joyeuse en arrière.
00:36Oui, ça m'a fait plaisir.
00:37On a trouvé bon.
00:37Dans un instant, on va parler de ce film que vous venez nous présenter.
00:41Mais d'abord, on a un rituel dans Télé Matin.
00:43C'est l'interview sur vos habitudes matinales.
00:45Ça s'appelle Encore un matin.
00:49Question courte, réponse courte, vous avez une minute.
00:52L'heure à laquelle vous vous êtes couchée ?
00:54Une heure.
00:55À laquelle vous vous êtes levée ?
00:58Sept heures.
00:59Ça n'a pas été trop dur le réveil ce matin ?
01:01Non, ça a été très bien.
01:02Bon.
01:02Vous pensez à quoi quand vous vous voyez dans le miroir le matin ?
01:05Je ne me regarde pas beaucoup.
01:07C'est vrai ?
01:07Non, je fais comme ça.
01:10Ça va.
01:10Pourquoi vous n'avez pas ce que vous voyez dans le miroir ?
01:12Le matin, pas toujours.
01:15Le matin d'une première d'une pièce, tiens.
01:17Est-ce que c'est l'angoisse qui monte ou plutôt de l'excitation ?
01:20L'angoisse, bien sûr, malheureusement.
01:22Ah oui, Encore et toujours.
01:23Encore et toujours, oui.
01:24Est-ce qu'on peut vous parler le matin ou pas avant midi ?
01:28Pas avant midi.
01:29Pas avant 13h même.
01:32Plutôt marmotte ou insomniaque ?
01:34Ça dépend des périodes.
01:36Oui, oui, oui.
01:37Les deux.
01:37Un peu des deux.
01:38Votre matin idéal, il ressemble à quoi ?
01:42Mon matin idéal, c'est un temps de câlin avec des petits chats.
01:49Je ne savais pas trop où vous alliez.
01:50Et mon amoureux et moi non plus.
01:52Et voilà, et mon petit chien.
01:54Et c'est fini.
01:55Et c'est fini.
01:56On sait toutes vos habitudes matinales.
01:58Merci Marina.
01:59Vous venez nous voir pour deux la comédie française.
02:01C'est un film très drôle qui se déroule dans les coulisses de cette institution.
02:05La comédie française, comme on ne l'a jamais vue.
02:08C'est un seul théâtre qui dispose d'une troupe de comédiens permanents.
02:11On est trois heures avant le début d'une première, d'une pièce, Macbeth.
02:15C'est important, mais rien ne va se passer comme prévu.
02:18Je vous propose déjà de regarder un extrait.
02:24Alors, on n'a pas le bon extrait, mais ça va arriver dans un instant.
02:29Est-ce qu'on l'a désormais cet extrait de ce film de la comédie française ?
02:34Je ne sais pas.
02:36On ne me dit pas.
02:37Alors, on le verra plus tard.
02:38Vous savez quoi ?
02:39On le verra dans cet extrait.
02:41Ça va dans tous les sens.
02:43Je disais, c'est important, Macbeth.
02:44Parce que Macbeth, il y a une superstition autour de cette pièce.
02:50Qu'est-ce qui se passe, en fait ?
02:51C'est vrai, ce qu'on voit dans le film.
02:52Donc, on a des gens très superstitieux.
02:54Pardon, je raconte cet extrait.
02:55On peut le jouer, ça va beaucoup m'aider.
02:57Parce que je suis en train de ramer.
03:00Allons-y.
03:01Mais c'est bien, vous êtes dans le...
03:02C'est une autre validée ça.
03:03De quoi ?
03:03La veste, c'est toi qui l'as validée ?
03:05Oui, elle est très jolie, cette veste.
03:07Qu'est-ce qu'il se passe ?
03:08Il se passe qu'elle est verte.
03:09Et moi, je ne joue pas en vert.
03:10Non, elle ne va pas recommencer avec ses superstitions, lui.
03:12Non, elle n'est pas verte.
03:14Elle est bleue.
03:15T'es sûre ?
03:17Turquoise, elle a le limite.
03:19Non ?
03:19Émilie ?
03:20Moi, je suis daltonienne, je la vois orange.
03:25On se revoit la découpe sur Macbeth.
03:27Ah non, non, par contre, s'il te plaît, on peut respecter les traditions et pas dire le nom de
03:30la pièce.
03:30De quoi ? De Macbeth ?
03:32Non, non, non, non !
03:33Antoine, le nom de la pièce, c'est aussi le nom du rôle principal.
03:36Donc, on fait comment ?
03:36On fait comme on fait depuis 300 ans, on dit la pièce écossaise.
03:40Ok.
03:41Est-ce qu'on peut se revoir la découpe sur le rôle principal dans la pièce écossaise ?
03:44Merci.
03:45Tu veux dire de Macbeth ?
03:46Oh, arrête.
03:48Donc, deux heures et demie, on me levait ce rideau.
03:50Ça va être une cata ?
03:51Ouvre-moi cette porte, putain !
03:52Pierre, intrusion !
03:54Je m'attends rien, vous parlez toujours en même temps !
03:56Stop, stop, stop !
03:57Vous m'avez dit une brume ?
03:59Ça va être génial !
04:05Macbeth.
04:06Philippe...
04:07Macbeth.
04:08Allo, Macbeth.
04:08Nina, tu peux dire quelque chose là, quand même ?
04:10C'est pas le moment.
04:12Macbeth !
04:14Macbeth !
04:15Pourquoi je vous parlais de cette superstition de Macbeth ?
04:17C'est une fiction, mais ça s'appuie quand même sur des vraies anecdotes.
04:21Ah oui, bien sûr.
04:22Enfin, oui.
04:24Des anecdotes de théâtre, il y en a beaucoup, parce qu'on convoque des fantômes.
04:28Dans Macbeth, il y a des sorcières.
04:30Ah, vous osez le dire, vous ?
04:31Et en fait, oui, je le dis, bon, on verra.
04:33Ah !
04:36Cette émission est en train de tourner comme cette pièce, comme ce film, au chaos.
04:41Ça s'appuie donc sur des choses ?
04:42Il y a eu des morts, il y a des...
04:43Oui, oui, ça s'appuie sur une superstition par rapport à cette pièce, oui, qui est réelle,
04:48en fait, et qui existe vraiment depuis très longtemps.
04:50On dit la pièce écossaise, oui.
04:59La pièce écossaise.
05:00Claire de la comédie française, on peut citer Pauline Clément, Laurence Stocker, entre autres,
05:04s'est tournée sur place.
05:06Qu'est-ce qui est de l'ordre du vrai, du faux ?
05:08Alors, sans rentrer dans les détails, mais c'est quand même très inspiré, non, de ce que vous vivez ?
05:12Oui, complètement.
05:13C'est vraiment notre vie dont on pourrait rire, parce que parfois on a envie d'en pleurer,
05:21mais c'est-à-dire trois heures avant une première, des catastrophes, des crises à gérer,
05:27le stress qui monte, donc l'état un peu second dans lequel on peut être,
05:32et la vie privée qui s'en mêle, parce qu'en fait, on est toute l'année à la comédie
05:37française,
05:38on vit là-bas, enfin, c'est vraiment, c'est notre maison.
05:41Donc, de temps en temps, l'entourage doit subir les périodes de crise,
05:45notamment les périodes de première, et il y a quelque chose qui est très enlevé par la comédie,
05:51mais qui est très, très proche de nos humeurs respectives un jour de première.
05:57de retrouver comme dans le film, à un moment donné, où on vous dit,
05:59en fait, le comédien ne peut pas jouer, donc il faut trouver quelqu'un dans la troupe qui va remplacer.
06:03Alors, c'est arrivé, oui, c'est arrivé sur le Tartuffe, d'ailleurs, c'était,
06:07alors, c'était pas le jour même, je crois, si, je crois qu'on l'a su, le jour même,
06:10ça arrive assez fréquemment, et donc une actrice, c'était Julie Sicard,
06:14qui joue la chef des ouvreuses, là, dans le film,
06:17qui est arrivée, qui a pris le texte,
06:19on lui a montré les déplacements et tout ça,
06:21et qui a dit le texte,
06:23avec le costume, le soir même,
06:25à la place de Dominique Blanc, oui.
06:27Parce qu'il y a une règle, on n'annule pas
06:29une représentation de la comédie française,
06:32ça, c'est vrai dans le film et c'est vrai au quotidien.
06:34Oui, c'est vrai au quotidien,
06:35et c'est 900 levées de rideau par an,
06:37et puis on est sur plusieurs spectacles,
06:39donc à partir du mois de mai, juin,
06:41on commence à avoir
06:43des petits bobos, des choses comme ça,
06:45et on a l'habitude de travailler vraiment,
06:47même dans des conditions compliquées.
06:48Ça veut dire que vous, personnellement,
06:50ça vous est arrivé d'être complètement malade,
06:52d'avoir des problèmes personnels
06:54et de devoir rassurer quand même ?
06:55Oui, oui, ça arrive tout le temps.
06:57Mais après, c'est important dans le spectacle vivant
07:01qu'il y ait une notion de sacré
07:03et que la présence du public, en fait,
07:06soit la chose la plus importante pour nous.
07:09C'est vraiment...
07:10Après, on est très solidaires les uns les autres,
07:12et c'est ce qui donne ce côté un peu familial
07:15et foufou et fêlé qu'on peut avoir par moments,
07:18il n'est pas question qu'on annule une représentation.
07:21C'est ce que vous aimez,
07:22parce que vous avez une histoire particulière
07:23avec la comédie française.
07:24Vous y êtes arrivée en 2006,
07:29puis partie un an après pour des projets au cinéma,
07:32et puis vous avez voulu revenir à tout prix,
07:34parce que ça vous manquait.
07:35Qu'est-ce qui se passe là-bas,
07:37qu'on ne trouve pas au cinéma, sur les tournages ?
07:40En fait, le collectif.
07:43Ce qui est très beau à la comédie française,
07:45c'est l'idée qu'on ait des individualités très fortes,
07:48d'artistes, avec nos singularités,
07:50mais qu'on les mette au service de la troupe,
07:52au service du collectif.
07:53Et moi, je me sentais seule.
07:55Je trouvais que de mener ma carrière solo,
07:57c'était quelque chose d'un peu ennuyeux au bout d'un moment.
08:00Et au-delà de ça,
08:02il y a l'idée qu'on travaille toute l'année.
08:04C'est une joie de travailler beaucoup quand on est acteur,
08:08et ce n'est pas toujours le cas.
08:10Donc, j'ai eu envie de ça.
08:11J'ai eu envie de travailler beaucoup, beaucoup, beaucoup,
08:14et d'être dans le vivant aussi.
08:16J'ai l'impression que cette chose-là est toujours nécessaire.