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Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, était l’invitée de #LaGrandeInterview de Pierre de Vilno dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00C'est la grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonjour Aurore Berger, merci d'être avec nous.
00:04Vous êtes ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de lutte contre les discriminations.
00:0925 000 hectares brûlés dans toute la France depuis le début des épisodes caniculaires,
00:1425 000 auxquels il faudra sans doute rajouter à peu près un millier d'hectares à Fontainebleau,
00:18un départ de feu très virulent, très spectaculaire aux portes de Paris.
00:22L'autoroute A5, l'autoroute A6 coupée, les trains sud-est retardés de 6 heures,
00:26Laurent Nunes sur place ce matin, on est sur des niveaux de sécheresse de 1976,
00:30avec des conséquences bien sûr pour les agriculteurs.
00:33La France brûle et le gouvernement est impuissant.
00:36Non, le gouvernement est évidemment un pied d'oeuvre, mais c'est surtout d'abord nos sapeurs-pompiers.
00:40Je veux évidemment leur rendre hommage parce qu'ils y vont au péril de leur vie.
00:43Ils sont particulièrement mobilisés avec une intensité jamais connue sur tous les fronts que nous avons dans notre pays.
00:48C'est la première fois qu'en Ile-de-France on a des bombardiers d'eau qui sont mobilisés,
00:52donc c'est pour aussi démontrer l'ampleur aujourd'hui de ce qui est en train de se passer.
00:55C'est rappelé aussi à la vigilance de chacun.
00:58Vous savez que beaucoup de ces départs d'incendie sont des départs d'incendie qui sont parfois de nature humaine.
01:02Donc il faut aussi que chacun soit responsable tout au long de l'été,
01:05parce qu'il y a une responsabilité collective évidemment,
01:07de mobilisation de l'ensemble des moyens de l'État et aussi des responsabilités individuelles.
01:11Vous le dites effectivement, c'est l'humain qui est à l'origine 9 fois sur 10
01:15d'après les chiffres de l'Office national des forêts.
01:18Mais est-ce qu'on s'y est préparé justement à cette sécheresse qui est, je le disais, des chiffres
01:23de 1976 ?
01:25Le premier plan en sec a été déclenché vendredi, est-ce qu'il a été déclenché trop tard ?
01:28Il a été déclenché au moment où c'était légitime de le faire,
01:31c'est-à-dire c'est en fonction à la fois des niveaux de sécheresse,
01:34c'est en fonction des températures, c'est en fonction du nombre de départements qui sont en vigilance rouge.
01:39Et donc il y a une mobilisation qui est absolument exceptionnelle, en continu,
01:42de nos soignants, tant médecine de ville qu'à l'hôpital, de nos sapeurs-pompiers, de la protection civile.
01:47Et cette mobilisation, elle continuera.
01:49Donc vous diriez qu'il n'y a pas de défaut d'anticipation ce matin, Aurore Berger ?
01:52Il y a en tout cas, depuis de nombreuses années, un réarmement sur beaucoup de sujets.
01:56On en parlera en matière militaire à la veille du défilé du 14 juillet,
02:00mais aussi sur la question de la protection civile, sur des commandes de Canadair qui ont été faites
02:04pour garantir qu'on ait suffisamment d'éléments et de moyens,
02:07justement pour garantir, tout simplement, qu'on soit en capacité de protéger
02:12et de protéger les Français.
02:13Hier, dans le Val-d'Oise, 300 personnes évacuées à Sarcelles.
02:16Après une alerte concernant la communauté juive,
02:19une voiture a été retrouvée avec des armes dans le coffre.
02:22Les services de renseignement ont déjoué ce qui s'apparente à un attentat de grande envergure.
02:27Qu'est-ce que cela signifie ?
02:28Qu'on n'est plus en sécurité quand on est juif en France ?
02:30Déjà, il faut dire qu'on a toujours eu un niveau de menace extrêmement élevé
02:34à l'encontre de notre pays.
02:35On est un pays qui a eu à connaître des attentats terroristes islamistes.
02:39On va célébrer, malheureusement, demain, les 10 ans de l'attentat de Nice.
02:43Donc, on est toujours avec un niveau de menace extrêmement important dans notre pays.
02:47Et puis, on le sait, il y a, malheureusement, pour le terrorisme islamiste,
02:51des cibles qui sont des cibles privilégiées.
02:53Les Français juifs en font partie.
02:55Alors, les éléments d'enquête diront si c'était un attentat
02:58et de quelle nature il était.
02:59Ce qui est certain, c'est qu'on a des services de renseignement
03:01qui sont exemplaires et qui savent déjouer,
03:04et qui savent déjouer les menaces.
03:06Et c'est ce qui s'est passé les 48 dernières heures,
03:09notamment à Sarcelles,
03:10puisque les personnes ont été évacuées par anticipation
03:12pour qu'il n'y ait aucun risque pris.
03:14Et des armes qui ont été...
03:16On salue les services de renseignement
03:18qui ont fait leur travail,
03:19qui ont déjoué ce qui s'apparente à un attentat.
03:21Le Royaume-Uni, en revanche, débloque 250 millions de livres sterling
03:26pour protéger les Juifs du Royaume-Uni.
03:29Est-ce qu'il faut faire de même en France ?
03:30Mais nous, contrairement à d'autres démocraties,
03:32on n'a jamais cédé.
03:33On n'a jamais cédé parce qu'il y a toujours eu une protection,
03:36et vous le savez, par à la fois les militaires,
03:39les policiers, les gendarmes,
03:40de l'ensemble des lieux de culte,
03:41des ensembles des lieux de vie juifs, des écoles.
03:44Ce qui est absolument d'ailleurs insupportable,
03:46de se dire qu'on a besoin de protéger des lieux de culte,
03:49qu'on a besoin de protéger même des écoles
03:51où se rendent des enfants,
03:53mais parce qu'on sait qu'il y a un niveau de menace,
03:55qui est un niveau de menace élevé.
03:56Et donc, c'est l'État qui répond,
03:58c'est l'État qui est présent,
03:59c'est l'État qui protège.
04:00Et l'État continuera à le faire aussi longtemps,
04:03aussi longtemps qu'il y aura des menaces
04:04à l'encontre des personnes dans notre pays.
04:06Malgré l'intensité de la protection de l'État,
04:08comme vous le dites,
04:093,5 actes antisémites par jour.
04:12Ce sont les derniers chiffres.
04:14Hier, à l'avant-veille du 14 juillet,
04:16le président Macron a présidé
04:17la première journée nationale de commémoration
04:19de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Desfrus.
04:22Et il a, à cette occasion,
04:24parlé de l'odieux antisémitisme.
04:27Qu'est-ce qu'on fait pour protéger les Juifs de France,
04:29Saurau Berger ?
04:30On célébrait, vous l'avez dit hier,
04:32la réhabilitation d'Alfred Dreyfus.
04:34J'étais moi-même à Colmar,
04:35parce que vous le savez,
04:36Alfred Dreyfus était Alsacien.
04:39Et le soupçon, à l'époque,
04:40a suffi à sa condamnation.
04:42Le simple fait d'être juif et Alsacien
04:44a suffi à le condamner,
04:45avec une campagne massive de désinformation,
04:47à l'époque, qui s'est mise en place.
04:49Des faux documents qui ont été réalisés.
04:52Et ce qui est exceptionnel dans son histoire,
04:54c'est son attachement à la France,
04:55et son amour de la France,
04:56qui ne s'est jamais démenti,
04:58même au moment où il est dégradé dans la cour d'honneur,
05:01il crie vive la France.
05:02Donc ça, je crois que c'est aussi une leçon
05:04qui doit continuer à être transmise.
05:06Donc ce n'est pas anodin
05:07qu'on ait ce genre de commémoration,
05:09parce que ne pas avoir la mémoire qui flange,
05:11c'est aussi mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui.
05:12Et ce qui se passe aujourd'hui,
05:13c'est qu'on a malheureusement un regain d'antisémitisme,
05:16un antisémitisme qui s'est renouvelé dans ses formes.
05:19Et puis, moi, ce que j'appelle
05:20l'antisémitisme d'atmosphère,
05:22c'est-à-dire ces phrases du quotidien,
05:24ces tags, ces crachats, ces gifles,
05:26qui aujourd'hui ne sont pas condamnées
05:27pour ce qu'elles doivent être,
05:29c'est-à-dire des personnes qui sont ciblées
05:31parce qu'elles sont ou seraient juifs.
05:33C'est ça que je veux changer
05:34dans la loi que j'ai présentée la semaine dernière,
05:36parce qu'aujourd'hui,
05:37quand vous recevez une gifle,
05:39le fait d'avoir été ciblé
05:41parce que vous êtes juif
05:42ou parce qu'on pense que vous l'êtes,
05:43ça n'est pas pris en compte par la loi.
05:45Donc la sanction, elle n'est pas aggravée.
05:46Mais il n'y a pas de petit acte antisémite.
05:48Et donc moi, je considère que
05:50dès qu'il y a un mobile antisémite
05:51ou dès qu'il y a un mobile raciste,
05:52évidemment d'ailleurs,
05:53alors ça doit pouvoir être retenu
05:55et la sanction doit pouvoir être aggravée.
05:57Aujourd'hui, il y a, je trouve,
05:59un sentiment à la fois d'impunité,
06:00trop d'impunité chez les auteurs
06:02qui considèrent qu'ils sont libres
06:04de continuer à tenir des propos
06:06ou à avoir des atteintes
06:07qui sont des atteintes aussi physiques
06:09et un sentiment de solitude
06:10de la part des victimes.
06:11Et moi, je veux résoudre les deux
06:12à la fois qu'il n'y ait plus d'impunité
06:14vis-à-vis des auteurs
06:15mais que ces auteurs soient sanctionnés
06:17pour ce qu'ils sont,
06:18des antisémites,
06:19quand il y a un mobile antisémite
06:20et puis que les victimes
06:21ne se sentent jamais seules
06:22dans notre pays
06:23et qu'elles soient accompagnées.
06:24C'est aussi ce qu'on vient faire
06:25dans le projet de loi,
06:26les associations qui pourront
06:27se constituer partie civile
06:29à leur côté,
06:29ce qui est absolument essentiel
06:31pour les accompagner
06:31et même l'État
06:32qui pourra porter plainte
06:33à la place des agents publics,
06:35je pense notamment
06:35à nos enseignants,
06:37vous savez qu'eux aussi
06:38sont victimes de ces attaques.
06:39Qu'est-ce qui vous assure
06:40d'une sanction immédiate ?
06:41Vous dites,
06:41il y aura une sanction immédiate
06:42dès lors qu'on se fait prendre une claque
06:44parce qu'on est juif.
06:46Aujourd'hui,
06:46il n'y a pas d'aggravation
06:47de la sanction.
06:48Aujourd'hui,
06:48vous avez un tag sur votre porte,
06:51c'est considéré de la même manière
06:52que ce soit un dessin
06:54ou que ce soit une croix gammée,
06:56que ce soit une phrase anodine
06:58ou que ce soit une attaque antisémite.
06:59Au bout du bout,
07:00c'est l'appréciation du juge.
07:02Combien d'actes ont été recensés
07:05dans la justice
07:05où il y avait un caractère aggravant,
07:07en l'occurrence caractère antisémite,
07:08qui n'était pas retenu ?
07:10Mais là,
07:10on ne pouvait même pas le retenir.
07:11Et nous,
07:12ce qu'on dit,
07:12c'est que de manière générale,
07:14encore une fois,
07:14dès qu'il y a un mobile antisémite
07:15ou raciste,
07:16il n'y a pas de petit tag.
07:16Mais il faut le qualifier,
07:17ce mobile antisémite.
07:18Vous savez,
07:18quand vous avez un tag sur votre porte
07:20qui est une insulte antisémite,
07:22je crois que ça laisse peu de place au doute.
07:23Et il n'y a pas de raison
07:24que ce ne soit pas aggravé
07:26parce que c'est ça
07:26qui vous pourrit la vie au quotidien.
07:29Ce sont ces agressions
07:30qui sont insupportables
07:31et dont vous avez le sentiment,
07:32finalement,
07:32qu'elles ne comptent pas,
07:33qu'elles ne comptent pas assez.
07:35Eh bien,
07:35la loi viendra le changer
07:37parce que je n'ai pas de doute
07:38que ça,
07:38ce sera adopté
07:39et adopté à l'unanimité.
07:41On attend de voir
07:41les dispositions exactes
07:43de votre loi
07:44sur ce caractère aggravant
07:46et le caractère caractérisé
07:47de la loi
07:48parce que c'est ça
07:49qu'il faudra analyser
07:51et voir comment réagissent
07:52les juges à ça.
07:53Il y a une autre chose
07:54et certains observateurs
07:57disent qu'il y aura
07:59un effet miroir,
08:01un effet boomerang
08:02à cette loi
08:02qu'elle pourra être utilisée
08:05de manière contre-productive.
08:06Qu'est-ce que vous leur répondez ?
08:08Je ne vois pas l'argument
08:09du caractère contre-productive.
08:10Sur l'éligibilité,
08:11par exemple,
08:11de quelqu'un qui...
08:13Moi, ce que je vois,
08:13c'est que malheureusement,
08:14et on en parle régulièrement
08:15et heureusement d'ailleurs
08:16sur votre plateau,
08:17on a un antisémitisme
08:18qui s'est aggravé
08:19dans notre pays
08:20depuis les attentats terroristes,
08:22depuis le 7 octobre 2023.
08:23Et donc,
08:24il y a une nécessité
08:24d'adapter notre droit.
08:26D'adapter notre droit
08:27parce que,
08:28c'est ce que je vous expliquais,
08:29il y a des faits
08:29qui aujourd'hui
08:30ne sont pas qualifiés.
08:31Il y a des faits
08:31qui ne sont pas aggravés.
08:33Il y a des faits
08:33où aujourd'hui,
08:33le mobile antisémite
08:34ne peut pas être retenu
08:35alors qu'il n'y a pas de doute
08:37quant à son existence.
08:43Il y a un enjeu d'exemplarité.
08:44Pourquoi ?
08:45Parce qu'aujourd'hui,
08:45on estime qu'il y a
08:47un jeune sur 20
08:48dans notre pays
08:48qui pense que la Shoah
08:50est une invention
08:51ou est un mensonge.
08:52Donc, ça veut dire
08:52qu'on ne peut pas jouer
08:53avec la vérité des faits,
08:55avec la vérité historique.
08:57Donc,
08:57si un élu de la République
08:58prend la parole
09:00et dit à votre antenne,
09:02par exemple,
09:02justement que la Shoah
09:03n'a pas existé,
09:04eh bien,
09:05ça n'est pas n'importe qui
09:06qui le dit
09:06et ça n'a pas
09:07n'importe quelles conséquences.
09:09Et donc,
09:09se dire qu'un élu de la République
09:10a un devoir supplémentaire
09:12d'exactitude des faits,
09:14notamment,
09:15je pense que c'est essentiel.
09:16Donc,
09:16un élu qui viendrait
09:17contester un crime
09:18contre l'humanité,
09:20eh bien,
09:20oui,
09:21pourrait avoir
09:22une peine complémentaire
09:23d'inéligibilité.
09:24Et je crois que c'est sain
09:25dans une République
09:27où aujourd'hui,
09:28trop souvent,
09:29on a encore une fois
09:30la mémoire qui flange,
09:31où on ne se souvient
09:32plus suffisamment des faits,
09:34eh bien,
09:34les faits,
09:35ce n'est pas une opinion
09:35comme les autres.
09:36Et je pense que c'est nécessaire
09:38que ça puisse être le cas
09:39et c'est d'ailleurs
09:39dans des cas très limités
09:41qu'on viendrait l'organiser.
09:42En espérant qu'il y ait
09:43des garde-faux
09:43et qu'il n'y ait pas
09:44de dérive, justement,
09:45à cette utilisation
09:46de l'inéligibilité.
09:47Je ne change pas la définition
09:48de ce qu'est une contestation
09:50ou une négation
09:51d'un crime contre l'humanité
09:51On verra à l'usage.
09:52Vous savez comment ça se passe
09:53avec les lois Aurore Berger.
09:54Mais ce que je sais,
09:55c'est que moi,
09:55je ne viens pas changer
09:56la nature même
09:57de ce qu'est la contestation
09:59ou la négation
09:59d'un crime contre l'humanité
10:01ou d'un génocide.
10:01Ce sont des faits
10:02suffisamment graves.
10:03Ils sont caractérisés
10:04dans notre droit.
10:05Je viens juste dire
10:06qu'à partir du moment
10:07où c'est un élu
10:08de la République
10:08qui le fait,
10:09ça n'est pas n'importe
10:10quel citoyen.
10:11Il a un devoir
10:11d'exemplarité supplémentaire.
10:13Il est effectivement
10:14à 8h23 sur Europe 1
10:16et sur CNews.
10:17Aurore Berger,
10:17notre invitée justement,
10:18Marine Le Pen,
10:19est en campagne.
10:19Les juges en appel
10:20lui ont rendu
10:21son éligibilité.
10:22Êtes-vous ceux
10:23de ceux, pardon,
10:24qui comme Gabriel Attal
10:25disent qu'elle provoque
10:27une guérilla
10:27dans la présidentielle
10:28ou de ceux
10:29comme Édouard Philippe
10:30qui préfèrent
10:30la battre dans les urnes
10:31plutôt que de l'avoir
10:32disqualifiée
10:32dans un tribunal ?
10:33Moi, je dis
10:33deux choses simples.
10:35Les faits.
10:36Elle a été reconnue
10:37coupable en première instance
10:38et en appel
10:39de détournement de fonds.
10:41Elle fait un pourvoi
10:41en cassation.
10:42Elle-même est de nombreux
10:43cadres de son parti,
10:44à la fois Front National
10:45et Rassemblement National.
10:47Ça, ce sont les éléments
10:48de fait.
10:48Elle fait un pourvoi
10:49en cassation
10:49et c'est son droit
10:50parce que nous sommes
10:51dans un état de droit
10:52et la justice a décidé
10:53qu'elle pouvait être candidate.
10:55Donc la question,
10:55elle n'était pas
10:55une question juridique,
10:56c'était une question politique.
10:57Est-ce qu'elle estimait
10:58que politiquement,
10:59elle était empêchée
11:00par sa condamnation
11:01pour être candidate ou pas ?
11:02Elle, elle a considéré
11:03qu'elle n'était pas empêchée.
11:04Maintenant, la présidentielle
11:05a vraiment démarré.
11:06Nous savons
11:07qui est l'adversaire.
11:08Nous savons
11:08que c'est Marine Le Pen.
11:10Donc ma question,
11:10elle n'est pas juridique
11:11aujourd'hui et ce matin.
11:12Elle est politique.
11:13Elle est d'avoir
11:14une alternative
11:14au Rassemblement National.
11:16Parce que moi,
11:16je ne crois pas
11:16qu'une présidentielle
11:18ce soit uniquement
11:18le camp du non
11:19ou le camp du refus.
11:19Justement,
11:20regardons les chiffres
11:21d'après ce sondage IFOP
11:22pour le Figaro.
11:22elle l'emporte
11:23sur Gabriel Attal
11:24et Édouard Philippe
11:24à 55 et 54%.
11:26Je sais qu'on est loin
11:27de la présidentielle
11:28mais c'est le tout
11:28premier sondage.
11:29Et sur Jean-Luc Mélenchon
11:30à 70%.
11:31La mission que vous vous donnez
11:33dans cette campagne,
11:33c'est quoi ?
11:34C'est trouver à tout prix
11:35un substitut à Marine Le Pen
11:37ou unir toutes les chances
11:38pour battre Jean-Luc Mélenchon ?
11:39C'est convaincre les Français ?
11:41C'est convaincre les Français
11:42qu'il y a une alternative ?
11:44C'est convaincre les Français
11:45qu'il y a une alternative ?
11:46Est-ce que j'estime
11:46être un poison mortifère
11:47pour le pays
11:48de se dire qu'il y aurait
11:49uniquement comme seule voix
11:50un duel entre le Rassemblement
11:51National et la France Insoumise ?
11:53Je pense que notre pays
11:54n'a pas envie
11:54de ce niveau de conflictualité
11:56qu'il y aurait
11:56dans la vie politique,
11:57n'a pas envie de savoir
11:58quel serait le jour d'après
11:59dans un pays où il y aurait
12:01cet entre-deux-tours
12:02et cet entre-deux-tours.
12:02On aura l'occasion
12:03d'en reparler,
12:03Aurore Berger,
12:04mais je vous pose régulièrement
12:05la question.
12:06Parce que je crois
12:06que ça ne se présentera pas.
12:08Parce que je crois
12:08que les Français
12:09ne veulent pas ce duel.
12:10Les premiers chiffres.
12:11Et ça suppose en effet
12:12un qui est un projet,
12:13qui est un projet suffisamment solide,
12:14à la fois lucide
12:16sur ce qu'on a fait
12:16ces dix dernières années
12:17et solide en termes d'espérance
12:19à présenter aux Français.
12:20Parce que je crois
12:21que notre principale volonté
12:23c'est de garantir
12:23que la vie de nos enfants
12:24sera plus douce que la nôtre.
12:26Je crois que c'est ça
12:27qu'une démocratie
12:27doit être en capacité
12:28de construire et de promettre
12:30et sur tous les champs.
12:31Sur les champs régaliens,
12:32sur les questions de sécurité,
12:33sur les questions identitaires
12:34et de civilisation,
12:35sur les questions éducatives.
12:37Donc ça c'est notre mission,
12:38c'est de convaincre
12:39et de porter un projet
12:40clair et lisible.
12:41Et évidemment
12:41c'est de nous rassembler.
12:42Je rappelle que vous êtes celle
12:43qui devant l'Assemblée nationale
12:45a dit l'antisémitisme,
12:47c'est trois lettres LFI.
12:48À propos d'hémicycle,
12:49l'Assemblée a rarement connu
12:50pareil violence
12:51à l'adoption d'un texte
12:52donnant aux policiers
12:52la présomption
12:53de légitime défense.
12:54Qu'est-ce que vous voulez dire
12:55ce matin à propos
12:57ce jour-là
12:57de la présence d'Assa Traoré,
12:59de son collectif,
13:00des injures,
13:01des menaces,
13:02des pétitions qui circulent ?
13:03C'est je pense la première fois
13:05qu'au sein de l'hémicycle
13:06il y avait des tentatives
13:07manifestes d'intimidation
13:09des parlementaires.
13:09C'est-à-dire des personnes
13:11qui sont venues,
13:12qui sont venues assister
13:13dans le public,
13:14qui ont hurlé,
13:15crié,
13:16menacé,
13:17insulté des parlementaires
13:19qui, en leur âme et conscience,
13:21votent et votent librement.
13:22Les députés,
13:23les sénateurs
13:24n'ont pas à subir
13:25des intimidations
13:25ou des menaces.
13:26Ils doivent pouvoir appuyer
13:27sur un bouton
13:28pour, contre, abstention
13:29sans jamais craindre
13:30le jour d'après.
13:32Ils auront des comptes à rendre
13:33et les comptes à rendre
13:34c'est la vie démocratique.
13:35Est-ce qu'ils seront réélus ou pas ?
13:37Mais ça n'est jamais
13:38l'intimidation ou la menace.
13:39Est-ce que vous interrogez
13:40aujourd'hui les responsables
13:41de l'Assemblée nationale,
13:42et je parle de la présidente
13:43Yael Broun-Pivet,
13:44de savoir qui a fait rentrer
13:45à sa Traoré ?
13:45On sait.
13:46On sait toujours.
13:47Vous savez,
13:47quand il y a des visiteurs
13:48qui viennent à l'Assemblée nationale,
13:49ils sont enregistrés
13:51par des parlementaires
13:52qui leur permettent
13:53de venir assister
13:54à des séances.
13:54Donc, on sait pertinemment,
13:55en tout cas,
13:56l'Assemblée nationale
13:56peut savoir
13:57à qui ces personnes
14:00ont pu rentrer
14:01et je pense
14:02qu'il y a des sanctions
14:02qui doivent pouvoir être prises.
14:04En tout cas,
14:05les huissiers de l'Assemblée nationale
14:06ont fait ce qu'ils pouvaient.
14:07Et surtout,
14:07je rappelle que cette loi,
14:08elle est importante.
14:10Aujourd'hui,
14:11on a eu,
14:11en 2025,
14:1221 000 policiers et gendarmes
14:13qui ont été blessés
14:14dans l'exercice
14:15de leur fonction.
14:1621 000 policiers et gendarmes
14:17blessés,
14:185 policiers tués.
14:20Donc,
14:20quand j'entends
14:20qu'on parle de permis de tuer,
14:21et vous rajoutez
14:2228 000 refus d'obtempérer
14:23sur la route.
14:2428 000 refus d'obtempérer
14:24et souvent,
14:25d'ailleurs,
14:25des policiers blessés
14:26et puis des civils
14:27qui pourraient l'être.
14:28Les policiers
14:29ou les gendarmes
14:30ne sortent jamais
14:30leur arme par plaisir.
14:31Ils le font
14:32par nécessité absolue
14:34dans un cadre
14:34extrêmement encadré.
14:36Cette loi,
14:36elle réaffirme juste
14:37la confiance
14:38que notre pays a
14:39envers sa police
14:40et sa gendarmerie.
14:41Et d'ailleurs,
14:41les Français
14:42ont confiance,
14:43à part la France insoumise,
14:44les Français ont confiance
14:46dans leur police
14:46et dans leur gendarmerie.
14:48Aurore Berger,
14:48je rappelle que vous êtes
14:51détermination à ce titre
14:52après les propos racistes
14:53et outrageants
14:54de la sénatrice
14:55paraguayenne Céleste Amaria
14:56à l'encontre
14:57de Kylian Mbappé.
14:58Voilà l'ancien chef
14:59du gouvernement espagnol,
15:01Mariano Rajoy,
15:02qui affirme
15:02à 48 heures seulement
15:03de la demi-finale
15:04entre les Français
15:05et l'Espagnol
15:06que dans l'équipe de France,
15:07il n'y a aucun Français.
15:08Qu'est-ce que vous lui répondez ?
15:09Ces propos sont absolument
15:10insupportables.
15:11Ces propos racistes
15:12sont indignes
15:13de ceux qui exercent
15:14des fonctions
15:14ou qui ont exercé
15:16des fonctions.
15:16Je crois qu'on est fiers
15:17de notre équipe de France.
15:18Tout simplement,
15:19je crois que les Français
15:20vibrent avec leur équipe de France.
15:21Mais ça suffit juste
15:22des mots comme ça
15:23ou comme M. Macron
15:25ou la ministre des Sports
15:27Marina Ferrari
15:28qui s'est indignée.
15:30Il n'y a pas d'autre chose
15:31à faire
15:31de faire venir
15:33ou de convoquer
15:34l'ambassadeur du Paraguay.
15:35Il n'y a pas
15:35d'autre sanction à faire.
15:37Déjà, je pense que les Français,
15:37notre équipe va démontrer
15:38qu'elle va gagner.
15:40Donc la meilleure réponse,
15:41c'est évidemment
15:41de gagner,
15:42de démontrer
15:43qu'évidemment,
15:43cette équipe,
15:44elle nous rend fiers
15:44et qu'elle va continuer
15:46à gagner par son talent,
15:47par sa compétence,
15:48par son énergie
15:49et par son sens collectif.
15:51Il ne peut pas exiger des excuses
15:51publiques de cette dame
15:52et de ce chef du gouvernement.
15:54C'est un ancien chef
15:55du gouvernement.
15:56J'ose espérer
15:57qu'il y aura évidemment
15:58des excuses
15:59qui seront faites
16:01parce que ce sont
16:01des excuses
16:02qui sont nécessaires
16:02et attendues
16:03au regard des propos racistes
16:05qui ont été tenus
16:05à l'égard
16:06de l'équipe de France
16:07et de certains joueurs,
16:08notamment Kylian Nppé
16:09en particulier.
16:09Hier, Europe 1,
16:10vous révélez
16:11que les deux derniers suspects
16:12dans la mort
16:13de Shem Sedin,
16:1415 ans en 2024,
16:15à Viri-Châtillon,
16:15ont été libérés
16:16de prison.
16:18En partie,
16:19effectivement,
16:20à cause de la bévue
16:22d'une magistrate.
16:23Le Conseil constitutionnel
16:23valide la libération
16:24de détenus
16:25dit sans titre.
16:26Ça concerne
16:26plusieurs dizaines
16:27d'individus,
16:28donc potentiellement dangereux.
16:30La question qui se pose,
16:31c'est à quoi bon porter
16:33des nouvelles lois
16:34alors qu'il y a des lois
16:35qui sont déjà là
16:36et qui ne sont pas appliquées ?
16:37Il y a des lois
16:37qui doivent être
16:38évidemment appliquées.
16:39Je pense que la plus grande
16:40difficulté pour les Français,
16:41c'est de se dire
16:42qu'il y a des lois
16:42qui ne le sont pas
16:43et qu'il y a des peines,
16:44surtout qui sont prononcées
16:45et qui ensuite
16:46ne sont pas exécutées.
16:48C'est ça ?
16:48Les Français ne le comprennent pas.
16:49C'est une véritable lacune
16:50qui est la nôtre.
16:50C'est comment on garantit
16:52l'exécution des peines.
16:53C'est ce qu'on essaie de faire
16:54quand on réforme
16:55la justice criminelle,
16:56par exemple,
16:57pour garantir,
16:58encore une fois,
16:59cette exécution des peines.
17:00C'est sans doute un débat
17:00qu'on doit avoir aussi
17:01dans le cadre
17:02de l'élection présidentielle.
17:0310 ans de présidence.
17:04Mais vous savez,
17:05on a par exemple supprimé
17:06la remise automatique des peines
17:08parce qu'avant,
17:08c'était le cas.
17:09C'est-à-dire que quelqu'un
17:10qui était condamné,
17:11en fonction du volume de la peine,
17:13on savait qu'il y avait
17:13des remises automatiques de peines
17:15qui allaient lui être octroyées.
17:16On a supprimé
17:17les remises automatiques de peines.
17:18Donc on a fait progresser les choses.
17:20Après, il faut garantir
17:21cette exécution des peines
17:23qu'elles aillent évidemment
17:24jusqu'au bout
17:25parce que c'est ce qu'on doit
17:26à la société
17:27à partir du moment
17:28où quelqu'un a été condamné.
17:29Hier, sur l'hyperviolence des jeunes,
17:31le député RN de la Somme,
17:32Jean-Philippe Tanguy,
17:33qui était mon invité
17:34dans le grand rendez-vous
17:35européen CNews Les Echos,
17:36prenait la construction
17:37de nouvelles prisons.
17:38Il prenait l'exemple
17:39de la prison de sa circonscription
17:40qui a une surpopulation
17:42de 260%.
17:43C'est bien Emmanuel Macron
17:44qui avait promis
17:45la construction de nouvelles prisons.
17:46Qu'est-ce qui s'est passé ?
17:47Il y a eu évidemment
17:47des constructions
17:48de nouvelles places de prison
17:49mais j'espère aussi
17:50que les nouveaux maires
17:51du Rassemblement National
17:52qui ont été élus
17:52seront donc les premiers
17:53à candidater
17:54pour accueillir
17:55des nouvelles places de prison
17:56parce que c'est souvent ça.
17:57Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
17:58Parce que c'est souvent ça qu'on a,
17:59c'est-à-dire un front du refus
18:00qui fait que
18:00quand il faut construire
18:01de nouvelles places de prison,
18:02beaucoup d'élus s'y opposent.
18:03Donc j'espère que les premiers
18:04qui demandent
18:05des nouvelles places de prison
18:06seront aussi les premiers
18:07pour accepter
18:07que ces places de prison
18:08puissent être construites.
18:09Qu'est-ce qu'on fait
18:10contre la récidive également,
18:11cet individu qui a fait
18:1215 ans de prison,
18:13qui reviole
18:14une fois sorti de prison ?
18:15Justement, moi c'est ce que
18:16je veux qu'on fasse
18:17dans la loi,
18:17c'est garantir que
18:18quand on a violé
18:19à plusieurs reprises,
18:20parce qu'on sait
18:21quelqu'un qui a violé
18:21en général le fait
18:22à plusieurs reprises,
18:24eh bien,
18:24il puisse être condamné
18:25pour chacun des viols
18:27qu'il a eu à commettre
18:28jusqu'à la perpétuité.
18:30C'est d'autant plus
18:30quand ça concerne
18:31des mineurs.
18:31Aujourd'hui,
18:31ça n'est pas possible,
18:32il faut que la loi
18:33puisse être changée
18:34et on en discutera
18:35dès la semaine prochaine
18:35à l'Assemblée nationale.
18:36Un mot sur la fin de vie,
18:37plus particulièrement
18:38le volet du CICI d'assister.
18:40Après-demain,
18:40le texte de loi sur la fin de vie
18:41sera soumis une ultime fois
18:43au vote de l'Assemblée nationale.
18:45Si vous étiez députée,
18:46vous voteriez quoi ?
18:47Je ne voterai pas ce texte.
18:49Je ne voterai pas ce texte
18:50parce que j'ai suivi
18:50les nombreux débats
18:52et je respecte évidemment
18:53celles et ceux
18:54qui ont une opinion
18:54différente de la mienne
18:55parce que je pense
18:56que c'est une question
18:57très intime et personnelle
18:58qui va se poser
18:59à chaque député.
19:00Je pense que c'est sans doute
19:01l'un des votes
19:01les plus importants
19:02qu'on ait à faire dans une vie
19:03de savoir si on souhaite
19:05ou pas permettre
19:07cette possibilité.
19:08Mais aujourd'hui,
19:09je considère que
19:09les gardes-fous
19:10ne sont pas suffisants
19:12dans la manière
19:12avec laquelle les débats
19:13se sont passés
19:14sur l'absence de collégialité
19:16des médecins,
19:17sur le délai de réflexion
19:18qui est extrêmement court,
19:20sur les critères aussi
19:22qui sont posés
19:23pour savoir
19:24quelles sont les personnes
19:24qui pourraient accéder
19:26à ce qui est appelé un droit.
19:28Moi, je considère
19:29que ça va aujourd'hui
19:30trop loin
19:31et que les gardes-fous
19:31nécessaires n'ont pas été posés.
19:33Donc, je n'impose
19:34ma position évidemment
19:35à personne.
19:36Et d'ailleurs,
19:36le Premier ministre
19:37comme le Président de la République
19:38ont laissé
19:38une totale liberté de position
19:40aux membres du gouvernement
19:41du Parlementaire.
19:42Mais Macron veut en faire
19:43une loi testament
19:44de son mandat ?
19:45Non, le Président Macron
19:46a pris un engagement
19:46qui était que le débat
19:47puisse exister
19:48et aller à son terme.
19:50Et donc,
19:50c'est chaque député,
19:51chaque sénateur
19:52qui a eu à se prononcer.
19:53Les députés auront en effet
19:54une extrême lourde responsabilité
19:57en faisant ce choix
19:58dans 48 heures.
20:00Moi, si j'étais députée,
20:01en effet,
20:01je ne le voterais pas
20:02pour les raisons
20:03que je vous ai indiquées.
20:03Merci beaucoup,
20:04Aurore Berger,
20:05d'avoir été l'invité
20:05de CNews et d'Europe 1.
20:07Merci.
20:07Sous-titrage Société Radio-Canada
20:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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