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  • il y a 7 minutes
Tous les samedis, Romain Desarbres et la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont décryptent les ressorts psychologiques de notre époque et ouvrent le débat sur les sujets qui préoccupent les Français.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans Essie, on en parlait avec vous Marie-Estelle Dupont sur CNews.
00:05Bonjour Marie-Estelle.
00:06Bonjour Romain.
00:07Dans cette émission, votre rendez-vous de l'été, chaque semaine sur CNews,
00:13nous allons retrouver votre regard, Marie-Estelle Dupont,
00:16sur les grands sujets qui ont marqué la société française durant l'année.
00:21Aujourd'hui, on va aborder deux sujets avec vous.
00:24La violence des mineurs, dans la deuxième partie de l'émission.
00:27Et là, tout d'abord, vous vouliez aborder la baisse de la natalité, sujet important s'il en est.
00:33Vous vouliez revenir sur ce sujet pour lequel vous avez été auditionnée à l'Assemblée nationale
00:38avec Asilise Lecor du Journal du Dimanche.
00:41Vous avez été auditionnée cette année.
00:42C'était important de revenir sur ce sujet de la baisse de la natalité ?
00:45Les décès sont désormais supérieurs aux naissances en France
00:48et donc l'Assemblée nationale avait organisé cette commission pour laquelle nous avons été auditionnés.
00:53C'est vrai que c'est important de rappeler que le résultat aujourd'hui,
00:57cette baisse de la fécondité très importante,
01:00elle est le résultat de plusieurs baisses.
01:02La baisse de la fertilité,
01:04mais ça je dirais que c'est l'aspect médical sur lequel j'ai assez peu d'analyses à offrir,
01:07étant psychologue et non pas médecin.
01:10Mais il y a aussi la baisse du désir d'enfant qui est à analyser.
01:14Et puis la baisse, disons le renoncement au projet d'enfant
01:19chez un certain nombre de couples qui confient désirer un autre enfant,
01:23voire désirer un premier enfant,
01:25mais renoncer devant les obstacles.
01:26Et donc il m'a paru important de revenir sur ces différents leviers
01:30pour comprendre pourquoi certains couples ne passent pas le pas
01:32et puis pourquoi aussi globalement l'enfant n'apparaît plus comme désirable finalement.
01:38C'est multifactoriel.
01:39C'est multifactoriel, mais ça témoigne d'abord et avant tout,
01:43non pas du tout de difficultés économiques ou écologiques,
01:45parce que les militants, nos kids, disent bien que l'argument écologique
01:48est globalement une rationalisation,
01:51mais qu'en réalité ils n'ont tout simplement pas envie d'avoir d'enfants.
01:54On dit parce que c'est vertueux, que c'est pour sauver la planète,
01:57mais il n'y en a pas tant que ça pour qui c'est essentiel.
02:01En revanche, et l'argument économique,
02:04on voit bien qu'il n'est pas si important que ça,
02:06puisque ce sont souvent des pays pauvres qui ont l'indice de fécondité le plus élevé.
02:11Le véritable élément à prendre en compte,
02:14c'est la question de la crise de la transmission et de la perte d'espérance.
02:19S'il n'y a pas d'espérance, si on vit dans un narratif de crise permanente,
02:22pourquoi faire un enfant, pourquoi donner la vie ?
02:24Oui, effectivement.
02:25Ça c'est important, vous pensez le narratif, comme vous dites,
02:29le fait qu'on soit en crise permanente,
02:31que la petite musique médiatique dise « Ouh là là, attention, il va y avoir la guerre,
02:37attention, la terre se réchauffe ».
02:38Et ça, en clair, ça ne donne pas envie aux Français de faire des enfants.
02:42Je crois qu'aujourd'hui, les jeunes gens qui seraient en âge de procréer
02:48sont quand même englués dans un grand paradoxe de la société progressiste.
02:53C'est d'un côté, on a redéfini la liberté comme l'absence de contrainte.
02:57Donc, il faut jouir sans entrave, il faut kiffer, il ne faut pas se frustrer,
03:01il faut consommer sans limite.
03:03Donc, évidemment, si la liberté, c'est l'absence de contrainte,
03:05l'enfant, il vous réveille la nuit, l'enfant, il demande de réorganiser le budget,
03:09il demande de réorganiser la vie à deux, on passe de deux à trois.
03:12Donc, bien évidemment, dans ces cas-là, l'enfant, il est vu comme un obstacle
03:15à une liberté définie négativement comme absence de contrainte.
03:19Pour moi, la liberté humaine, ce n'est pas l'absence de contrainte,
03:21mais si elle est définie de telle manière dans une société progressiste individualiste,
03:24c'est évident que ça ne donne pas envie de fonder une famille.
03:27Et puis, et c'est l'aspect paradoxal, l'autre côté, c'est qu'ils baignent
03:30dans un narratif extrêmement anxiogène.
03:32C'est-à-dire qu'on ne leur présente le réel que sous l'angle de la crise,
03:36la crise économique, la crise migratoire, la crise institutionnelle,
03:39la crise climatique, la crise sanitaire.
03:41En fait, si on se met à la place de quelqu'un de 20 ans,
03:45c'est oppressant, on ne leur parle jamais d'espérance,
03:48on ne leur parle jamais de leurs ressources, de leur capacité,
03:51justement, à dépasser les défis qui s'imposent à eux.
03:53Mais finalement, nos grands-parents en avaient d'autres, des défis.
03:55Donc, le narratif de crise très anxiogène
03:57et le narcisse tout-puissant individualiste
04:00qui doit pouvoir jouir sans entrave,
04:02les deux réunis, ça fait évidemment décliner le désir d'enfant,
04:07en tout cas, l'enthousiasme à se lancer dans cette aventure
04:10pleine de rebondissements.
04:12Merveilleuse !
04:14Vouliez parler également des conditions d'accueil désastreuses
04:17du jeune enfant, ça c'est un sujet aussi ?
04:20Oui, parce que pendant l'audition à l'Assemblée nationale,
04:23on me disait, mais est-ce que vous êtes pour une politique nataliste ?
04:25Je disais, mais en fait, l'enjeu, ce n'est pas une politique nataliste.
04:28L'enjeu, c'est est-ce qu'on peut regarder les obstacles,
04:31les véritables leviers ?
04:33Et très honnêtement, aujourd'hui, quand on écoute les femmes enceintes,
04:37les futurs parents, ils nous disent,
04:41l'isolement du couple, la rupture de ce qu'on pourrait appeler
04:45la conversation intergénérationnelle,
04:47c'est-à-dire l'éloignement géographique des proches,
04:51l'isolement dans les grandes villes,
04:53les conditions d'accueil du jeune enfant dans les crèches
04:56où il y a un nombre insuffisant d'adultes,
04:59insuffisamment formés, insuffisamment payés,
05:01pour ne pas dire très mal recrutés,
05:04quand on voit quand même le scandale du périscolaire
05:06et des agressions sexuelles dans les crèches,
05:07tout ça, ça met aussi le couple dans une situation
05:10de grande fragilité, de grande vulnérabilité.
05:12Ce qu'on appelle le village,
05:14on dit qu'il faut un village pour élever un enfant,
05:16a disparu dans la modernité.
05:18Donc la femme, elle sait qu'à partir du moment où elle est enceinte,
05:21elle est très vulnérable.
05:23Parce qu'il n'y aura pas ce soutien au niveau des liens familiaux,
05:27au niveau des liens dans la cité,
05:29au niveau du voisinage qui peut être assez hostile.
05:31Si on vous voit arriver avec une poussette de jumeaux
05:33dans un immeuble parisien, quand même, ça prend de la place.
05:36Et donc, ce regard porté sur l'enfance,
05:38sur la vulnérabilité, sur l'interdépendance,
05:40il a été évidemment très fragilisé par une idéologie
05:43où on doit être tout puissant, performant, totalement autonome.
05:46Mais en réalité, la vie ne peut pas se poursuivre.
05:49C'est l'extinction de l'humanité
05:50si on veut renoncer à l'interdépendance.
05:52On est interdépendant.
05:53Un naît de deux.
05:54Et comme on nie cet aspect d'interdépendance,
05:58le fait que l'existence, elle est réticulaire d'emblée,
06:01d'entrée de jeu,
06:02évidemment, les conditions d'accueil du jeune enfant
06:04sont absolument désastreuses.
06:07Et les femmes qui désiraient simplement prendre le temps
06:12pendant le postpartum de prendre soin de leur bébé,
06:15on leur dit, ah non, non, mais tu vas renoncer à ta liberté,
06:18tu cèdes au patriarcat.
06:20Je ne cède à rien.
06:21Je suis les lois de l'attachement,
06:22les lois de la cicatrisation de mon ventre
06:25qui n'est pas remis,
06:26parce qu'il faut neuf mois pour revenir,
06:28comme il faut neuf mois pour en faire un enfant
06:29et il faut neuf mois pour le défaire.
06:31Il faut du temps pour trouver son rythme.
06:33Et finalement, les femmes osent à peine chuchoter
06:36pour certaines d'entre elles
06:37qu'elles aimeraient simplement avoir le temps
06:38de s'occuper un peu de leur bébé,
06:40ce qui est tout à fait naturel.
06:41Ça ne veut pas dire que celles qui n'en veulent pas
06:43ou que celles qui ne souhaitent pas prolonger
06:45le congé maternité sont à pointer du doigt.
06:47Bien sûr que non.
06:48Mais dans une société qui se dit inclusive,
06:50tolérante, libérale,
06:51où chacun aurait le choix,
06:53je suis désolée,
06:54les féministes ont mené un combat
06:57pour toutes les femmes sauf les mères.
06:59Et ça concerne quand même un certain nombre de femmes,
07:01la maternité.
07:01On va y revenir.
07:02Mais c'est un sujet qui est très important,
07:05c'est une cause très importante
07:06de la baisse de la natalité,
07:07le fait qu'on n'aide pas les femmes
07:09et plus largement les couples
07:11à accueillir bien l'enfant.
07:13À accueillir correctement l'enfant,
07:14oui, bien sûr.
07:15En France, on est quand même très en retard.
07:16Alors cette commission d'enquête,
07:17elle a permis quand même
07:18de faire prendre conscience
07:20d'un certain nombre de choses
07:21sur justement ces conditions d'accueil,
07:23sur le congé maternité.
07:24Moi, j'ai rappelé quand même aussi
07:26l'importance de ne pas penser
07:28qu'aux femmes salariées,
07:29mais les femmes commerçantes,
07:30les femmes professions libérales.
07:32Alors là, le congé maternité,
07:33enfin les avocates,
07:34elles retournent au boulot
07:3515 jours après l'accouchement quasiment.
07:36Donc il va falloir quand même
07:38prendre en compte cette dimension
07:40de vulnérabilité physiologique
07:41pour des raisons.
07:42Alors là, je vais être très...
07:44Je vais parler aux technocrates
07:45qui voient tout en termes
07:46de coût et de rentabilité,
07:47pour des raisons budgétaires.
07:48Pourquoi ?
07:49Parce que si on permet au postpartum
07:51de se dérouler de manière saine et sereine,
07:55on fait des économies considérables
07:57en termes à la fois
07:58de troubles du développement
07:59chez l'enfant,
08:00parce qu'il aura été bien attaché,
08:01il sera sécure,
08:02il sera calme,
08:03il dormira bien.
08:04Donc il ne rentrera pas à l'école
08:06en étant anxieux, agité, perdu.
08:09Et aux mères qui vont donc éviter
08:11le burn-out,
08:12puis ensuite l'arrêt maladie
08:14parce qu'elles ont repris
08:15trop vite le travail.
08:16Tout ça, c'est un coût phénoménal,
08:18invisible,
08:19aussi bien pour les entreprises
08:20que pour l'État.
08:21Si on investissait
08:23sur cette dihade
08:24au début de la vie,
08:25on éviterait tellement de dépenses
08:27et surtout tellement de souffrances.
08:30Ça serait du gagnant-gagnant.
08:31Ce serait du gagnant-gagnant,
08:32mais bien évidemment.
08:33Alors on me dit,
08:33mais les pères, les pères, les pères...
08:34Je suis désolée,
08:35mais jusqu'à Nouvelle-Ordre,
08:36les pères n'ont pas accouché.
08:37Moi, je suis ravie
08:38que les pères puissent prendre
08:41des jours pour aider leurs femmes
08:42et s'occuper de l'enfant.
08:43Mais quand on fait des sondages
08:45et 30 000 personnes ont été sondées
08:46par l'Assemblée nationale,
08:48à peu près tous les couples,
08:50enfin 87% disent,
08:51on ne veut pas que le congé parental
08:52soit réparti par l'État.
08:55Parce que l'État,
08:57cette grande bureaucratie tentaculaire,
08:59ne sait rien de la situation
09:01de ma femme et moi.
09:02Il ne sait pas que pour le deuxième,
09:03ma femme avait arrêté de travailler
09:04puis qu'elle a retrouvé un job
09:05et finalement,
09:05elle est tombée enceinte
09:06et que donc,
09:06on ne va pas se répartir
09:07le congé parental
09:08de la même manière
09:09pour le deuxième et pour le troisième.
09:11Donc il faut laisser
09:12de la flexibilité au couple,
09:13à la fois dans l'intérêt de l'enfant,
09:15mais aussi dans l'intérêt
09:16de la société.
09:17Marie-Estelle Dupont,
09:18vous l'avez évoqué
09:19il y a quelques instants,
09:19le féminisme.
09:20Le féminisme,
09:21il s'est trompé de combat
09:24en expliquant que la maternité,
09:25c'était un esclavage ?
09:27Je crois qu'au nom de l'égalitarisme,
09:30au nom de l'égalité,
09:31on a créé une forme
09:32de compétition au sein des couples,
09:34de méfiance un peu comptable
09:36qui a gommé la dimension
09:38de complémentarité
09:39et on a signifié aux femmes
09:42qu'être une femme affranchie,
09:45émancipée, libérée,
09:46c'était être un homme
09:47comme les autres.
09:48C'est très bien pour les femmes
09:49qui ne veulent pas d'enfants
09:50si ça leur plaît,
09:51si ça leur convient.
09:52Mais pour toutes les femmes
09:54qui souhaitent avoir des enfants,
09:55et je rappelle aux féministes radicales
09:57que c'est quand même
09:57les enfants de ces mères-là
09:58qui vont payer les retraites
09:59de celles qu'ils n'en veulent pas,
10:02eh bien ça ne fonctionne pas.
10:04Parce qu'à partir du moment
10:04où vous êtes une mère,
10:05vous redevenez un être dépendant,
10:07vous avez besoin de cette interdépendance
10:08dans le couple.
10:09Et donc si on ne comprend pas
10:12cette notion de complémentarité,
10:13qu'on ne comprend pas,
10:14comme le décrivait très bien Winnicott,
10:16qu'il y a une inclusion réciproque
10:17où le père protège la mère
10:18pour que la mère puisse protéger l'enfant,
10:20on n'y arrive pas.
10:21On arrive à des situations
10:23où le père et la mère sont épuisés.
10:25Donc ils concèdent
10:26de déléguer l'éducation de l'enfant
10:28dès son plus jeune âge
10:29dix heures par jour
10:30à des gens qu'ils ne connaissent pas,
10:31qui ne sont pas des proches,
10:33qui ne sont pas bien formés,
10:34qui sont un adulte pour huit enfants
10:36dans certaines crèches.
10:37Donc évidemment,
10:38eux-mêmes en grande difficulté,
10:40pas valorisés par notre société
10:42qui les paye mal,
10:43pas encadrés, pas supervisés.
10:44On voit toutes les catastrophes
10:45qui se passent dans les crèches
10:46en termes de maltraitance
10:47ou d'abus sexuels.
10:49Et donc l'enfant
10:51ne se construit pas bien
10:52et le couple explose.
10:53Parce qu'en fait,
10:55je crois que les couples
10:55ont besoin d'être rassurés
10:57dans le fait que
10:58cette période particulière
11:00de la petite enfance
11:00ne va pas durer toute la vie
11:02et que les cartes
11:02vont être distribuées après autrement.
11:05Et on présente ça
11:05comme quelque chose
11:06de très très grave
11:07qui serait une soumission
11:07au patriarcat.
11:08Mais en quoi,
11:10moi qui suis une femme
11:11et mère de famille nombreuse,
11:12j'ai le sentiment
11:12d'être plus émancipée
11:13quand je suis dans un open space
11:15et que j'ai pris le métro
11:16alors que mon enfant
11:16ne fait pas ses nuits
11:17que quand je suis à la maison
11:18en train de m'occuper
11:19de mon bébé ?
11:20On a en fait remplacé
11:22le patriarcat avec le papa
11:24par un paternalisme sans père
11:25où finalement,
11:26l'open space serait
11:27la voie de la liberté des femmes.
11:29Je suis désolée,
11:29mais je trouve ça
11:30très réducteur.
11:31Marie-Estelle,
11:32je voulais vous entendre également
11:33sur les espaces interdits
11:36aux enfants,
11:36les no kids,
11:37les hôtels no kids,
11:38les restaurants no kids.
11:40C'est une tendance
11:41qui ne se développe pas
11:43énormément,
11:44mais ça existe
11:45et on en parle.
11:46Je voulais avoir
11:47votre avis là-dessus.
11:49Oui,
11:49c'est très intéressant
11:50pendant l'année
11:51qui vient de s'écouler,
11:52on a eu cette polémique
11:54à la SNCF
11:55où au lieu de parler
11:55d'espaces de travail
11:56dans les trains,
11:57ils ont parlé
11:57de wagons sans enfants
11:58comme si c'était vendeur.
12:01Ça prouve bien que,
12:02et d'ailleurs aux Etats-Unis,
12:03il y a plus de petits chiens
12:05dans les poussettes
12:05que d'enfants.
12:06Ça prouve bien quand même
12:07que Narcisse a du mal
12:08à voir plus loin
12:09que le bout de son nez
12:10et à s'émerveiller.
12:11Encore une fois,
12:12si l'enfant
12:13n'est qu'un obstacle
12:14à l'efficacité
12:15parce que ça nous fait
12:15perdre du temps le matin,
12:16parce que ça nous réveille la nuit,
12:17parce que ça coûte
12:18le budget des vacances
12:20en Thaïlande
12:20qu'on aurait pu faire
12:21pour la troisième année consécutive,
12:23évidemment,
12:23il n'y a pas d'appétence
12:25pour l'enfant.
12:26Mais donc,
12:26ça veut bien dire
12:26que notre société
12:27dans une profonde tristesse
12:29que se replie sur soi
12:31très narcissique
12:32où ça ne vaut plus
12:32la peine de transmettre,
12:34ça témoigne aussi
12:34d'une perte d'élan vital
12:35et d'une incapacité
12:37à s'émerveiller.
12:37Je crois que le bonheur
12:39vient plus de la possibilité
12:40de s'émerveiller
12:41et de ralentir
12:43pour regarder le beau de la vie
12:45que d'être
12:46dans une course effrénée
12:49vers une jouissance
12:50qui n'en est même plus une,
12:51qui est quelque chose
12:52de l'ordre de l'addiction
12:53où on ne sait plus trop
12:54quel est le sens
12:55de ce qu'on fait.
12:55Mais le progressisme,
12:57idéologiquement,
12:58c'est les questions
13:00du sens
13:01n'ont plus d'importance
13:02à partir du positivisme
13:04d'Auguste Comte.
13:05Ce qui compte,
13:05c'est l'efficacité,
13:06la rationalité,
13:07la technique,
13:08le progrès,
13:08le confort
13:09et l'abondance.
13:10Et en fait,
13:11on voit bien aujourd'hui
13:11toute l'impasse du progressisme.
13:14L'idéologie matérialiste
13:15et individualiste
13:16a succédé
13:17à un rejet de l'enfant.
13:18C'est ce qu'on s'est dit
13:19en préparant cette émission.
13:20C'est-à-dire
13:21que ça crée aussi
13:22une crise dans le couple.
13:23Parce que si l'amour
13:23et l'affect
13:25et le corps
13:26sont des biens
13:26de consommation interchangeables,
13:28il y a une grande précarité
13:29de la vie à deux.
13:31Donc quand vous ne pouvez pas
13:32vous projeter
13:32au-delà de quelques mois
13:34avec quelqu'un
13:34et que vous avez peur
13:35que les choses s'arrêtent
13:36et ça,
13:37beaucoup de jeunes en parlent.
13:38Beaucoup de jeunes femmes disent
13:39« Moi, j'ai peur
13:40de cette précarité de l'amour
13:41parce qu'avant,
13:42nos parents,
13:42ils n'imaginaient pas
13:43ne pas passer 30 ans ensemble.
13:44Mais quand on ne sait pas
13:45si dans deux mois,
13:47on ne va pas se faire ghoster,
13:48c'est très difficile
13:48de faire confiance
13:50à la vie.
13:52Ça veut dire se séparer.
13:54Disparaître.
13:54Oui, disparaître.
13:55L'autre disparaît,
13:55ses explications, pardon.
13:58Eh bien,
13:58ça rend très difficile
13:59la temporalité.
14:01On n'est plus
14:01dans le temps long
14:02de l'amour
14:04et donc,
14:04bien évidemment,
14:05c'est aussi un aspect
14:06beaucoup plus intime,
14:07beaucoup moins politique
14:08mais qui témoigne aussi
14:09de cette idéologie
14:10très consumériste.
14:12Si l'autre est interchangeable
14:13et que dès que je suis frustré
14:14ou dès que je suis contrarié,
14:15je change de partenaire,
14:17étant donné qu'un enfant,
14:18ça vous rend quand même
14:19totalement dépendant
14:20de ses rythmes
14:21pendant...
14:22six ans,
14:23alors on va dire déjà
14:23trois ans jusqu'à ce qui marche
14:24et qu'il rentre à la maternelle,
14:26voilà,
14:26et puis on pourrait dire six ans,
14:28c'est très difficile
14:29évidemment de se projeter.
14:30Qu'est-ce que ça dit
14:31de l'homme contemporain ?
14:33Ça dit, je pense,
14:34cette grande déspiritualisation,
14:37cette grande crise
14:38de la transmission,
14:39cette grande perte
14:42d'amour de la vie
14:44qui du coup
14:46s'est transformée
14:48en une survalorisation,
14:50en une survalorisation
14:50de l'instant présent,
14:51de la consommation,
14:53du plaisir immédiat,
14:54mais ça nous rend
14:55terriblement esclaves
14:56du divertissement,
14:57esclaves de nous-mêmes
14:59et on voit bien
15:00l'épidémie de solitude,
15:02la consommation de psychotropes,
15:04c'est-à-dire que ce qu'on nous a présenté
15:05comme la possibilité
15:08d'une abondance,
15:09d'un progrès permanent,
15:10de la paix civile,
15:12etc.,
15:12on voit bien que c'est une promesse
15:13qui n'a pas été tenue,
15:14qu'en réalité
15:15le confort et le progrès
15:17sont deux choses
15:17tout à fait différentes
15:18et que là où à un moment donné
15:20l'amélioration des conditions de vie
15:21a permis aux hommes et aux femmes
15:24d'avoir une qualité de vie
15:26plus grande,
15:26aujourd'hui,
15:28le progrès
15:28et la plus grande consommation
15:30d'objets technologiques
15:32jouent en défaveur du lien
15:35parce que ce sont
15:35les liens affectifs,
15:36les liens sociaux,
15:37les liens familiaux
15:39qui perdent
15:39avec cette virtualisation
15:40de l'existence.
15:41Maintenant,
15:41les couples sont chacun
15:42sur leur portable le soir
15:43au lieu de se demander
15:44comment s'est passée la journée
15:45et qu'est-ce qui a été difficile
15:46pour toi
15:47et de rire ensemble.
15:49Donc,
15:49on se regarde moins,
15:50on se touche moins.
15:51Ça a un impact sur la natalité.
15:52Il y a moins de tendresse.
15:53D'ailleurs,
15:54il y a eu plusieurs sondages
15:55qui ont montré
15:55que la libido des Français
15:57avait chuté
15:57parce que la virtualisation
15:59de l'existence
15:59et la disqualification
16:01des liens affectifs
16:02fait aussi que,
16:03devant la multitude de choix,
16:05c'est plus difficile
16:06de continuer à désirer
16:07celui qui est à côté.
16:08Mais Saint-Augustin disait
16:09que le bonheur,
16:10c'est de désirer
16:10ce qu'on a déjà.
16:11Donc,
16:12il faudrait poser le smartphone
16:13cet été
16:13et se faire des câlins
16:14sur la serviette.
16:15C'est un programme
16:17qui devrait avoir
16:19un certain succès
16:20auprès des téléspectateurs
16:21de CNews.
16:22J'en doute pas.
16:22Une seconde.
16:23C'est le symptôme
16:25d'une société
16:25qui a renoncé
16:26à la vraie liberté
16:27pour le confort
16:28et le plaisir immédiat,
16:30cette baisse de la natalité.
16:31Tout à fait.
16:32Est-ce que vous nous décrivez ?
16:33Je crois que l'idéologie progressiste
16:35a profondément piégé
16:36l'être humain contemporain
16:40en lui vendant
16:43les vessies pour des lanternes.
16:44C'est-à-dire qu'on lui a présenté
16:45comme la liberté,
16:47la libéralisation absolue
16:49des mœurs,
16:50des pratiques,
16:51la possibilité
16:52que tout soit interchangeable,
16:53y compris les personnes,
16:54y compris dans l'entreprise d'ailleurs.
16:56On en parlera
16:57dans une autre émission.
16:58Et finalement,
16:59c'est une servitude volontaire
17:01parce qu'on est très esclave
17:02de divertissement,
17:04on est très esclave
17:04des algorithmes
17:05qui nous disent
17:05quoi penser,
17:06quoi manger,
17:07quoi désirer,
17:08quoi acheter.
17:09Et donc finalement,
17:09c'est une servitude volontaire
17:10aussi qui renaît
17:12dans cette modernité.
17:13On a défini la liberté
17:14comme l'absence de contrainte
17:15et donc finalement,
17:17évidemment,
17:18il y a une impasse
17:19pour l'enfant
17:19puisque la filiation
17:21et la transmission,
17:22c'est aussi être capable
17:23de se frustrer soi
17:24pour partager quelque chose.
17:26Et peut-être que si nos jeunes
17:26ont du mal à grandir,
17:27c'est parce que les adultes
17:28ne veulent pas trop vieillir.
17:31Alors ça,
17:31c'est un vrai sujet,
17:32effectivement.
17:33C'est-à-dire qu'on a
17:34de plus en plus
17:35des parents...
17:37Adolescents.
17:38Adolescents.
17:39Bien sûr.
17:40Ça,
17:40ça a un impact également
17:41sur la natalité ?
17:43Ah oui,
17:43parce que si on ne peut plus
17:45s'appuyer
17:47sur un socle commun,
17:49un sentiment d'ancrage,
17:50l'adhésion
17:51à des cadres collectifs
17:53qui vont être l'écho
17:54de ce qu'on essaye
17:55d'apprendre à notre enfant
17:56dans la cellule familiale.
17:57D'abord,
17:57les parents
17:57se sentent très démunis
17:59pour éduquer l'enfant.
18:00Et ensuite,
18:01comme eux-mêmes
18:02ne veulent plus se frustrer,
18:03ils ne savent pas du tout
18:04comment amener l'enfant
18:06à développer le plaisir
18:08de penser,
18:08à développer le plaisir
18:09de sentir des émotions complexes,
18:11à développer le plaisir
18:12de faire des choses
18:13en coopération
18:14avec d'autres.
18:16Et donc,
18:16finalement,
18:16tout le monde
18:17se replie sur soi.
18:18Et le fait d'avoir
18:18fait sauter tous les cadres
18:20et tous les interdits,
18:22ça met les adultes
18:23en position eux-mêmes
18:25d'adolescents
18:25et surtout,
18:26ça leur retire les outils
18:27grâce auxquels on éduque.
18:28On n'éduque pas
18:30avec l'inscience infuse.
18:31On arrive à éduquer
18:32ce qui demande
18:33de la patience
18:34et de la persévérance
18:35aussi parce qu'à l'intérieur
18:36de nous,
18:37on a reçu des cadres
18:38qui nous ont été transmis
18:39et qu'on s'appuie
18:40sur ce dont on sait
18:41que ça fonctionne
18:42pour éduquer nos enfants.
18:44Mais quand on a fait
18:45tout sauter,
18:46nous,
18:46on les a encore,
18:47les cadres,
18:48mais on ne les transmet pas
18:49à nos enfants
18:49qui, à leur tour,
18:51se diront
18:51mais comment on va faire
18:52pour éduquer un enfant ?
18:53C'est trop compliqué
18:53parce qu'ils en ont été privés.
18:56Quel est le rôle
18:57de la famille
18:57dans laquelle on est nés
18:59dans le fait
19:00de vouloir des enfants plus tard ?
19:02Est-ce que les enfants
19:02de familles nombreuses
19:05reproduisent le schéma ou pas ?
19:06Qu'est-ce que vous pouvez
19:07nous en dire ?
19:09Je crois que
19:09d'avoir senti nos parents
19:11heureux d'être parents
19:14nous incite à être parents.
19:15Et beaucoup de jeunes femmes
19:17qui ne veulent pas d'enfants,
19:19quand elles se confient,
19:20disent oui,
19:20il y a les arguments extérieurs
19:22qui sont valorisés
19:23sur les réseaux sociaux,
19:25sur l'écologie.
19:26Mais tu sais,
19:27en réalité,
19:27Marie-Estelle,
19:28ce qui fait que je ne veux pas
19:28d'enfants,
19:29c'est que moi,
19:29j'ai vécu des abus sexuels,
19:30c'est que moi,
19:31j'ai vu mes parents se déchirer,
19:33c'est que moi,
19:33j'ai été profondément maltraité
19:34par un de mes frères.
19:36Et finalement,
19:36le fait de ne pas avoir eu
19:38une enfance heureuse
19:38et d'avoir subi
19:39de lourds traumas
19:40fait aussi qu'on n'a pas envie
19:42que notre enfant vive la même chose
19:44et donc ça demande
19:44de surmonter des peurs
19:45et donc l'idéologie progressiste
19:47est très cynique
19:48parce qu'elle va récupérer
19:49des blessures
19:49tout à fait légitimes
19:51et qui mériteraient simplement
19:52d'être élaborées,
19:54écoutées,
19:54qu'on prenne le temps
19:55de rassurer ces jeunes femmes
19:56et surtout de les aider
19:57à cicatriser
19:58pour qu'elles puissent savoir
19:59si véritablement
20:00elles n'en veulent pas
20:01ou si la peur
20:02écrase le désir,
20:03ce qui n'est pas la même chose.
20:06Et en fait,
20:06on récupère ça en disant
20:07non, non,
20:07mais de toute façon,
20:08il ne faut pas d'enfants
20:08parce que tu vas être esclave d'un homme
20:09et puis si tu fais un bébé,
20:10tu vas tuer un arbre
20:11et donc c'est très cynique
20:12la récupération idéologique.
20:13Qu'on ait des craintes
20:14à avoir un enfant
20:15quand on a une enfance malheureuse,
20:16c'est normal
20:17mais ce n'est pas pour ça
20:18qu'on n'en désire pas,
20:19c'est peut-être juste
20:19qu'on n'est pas encore
20:21cicatrisé de ces traumas.
20:22Je crois que si on a vu
20:23nos parents effectivement
20:24dans un modèle
20:24où la famille était valorisée,
20:26où les liens étaient forts,
20:26où on était là
20:27les uns pour les autres,
20:28où il y avait une alliance
20:29dans la fratrie,
20:31c'est un peu plus facile
20:32de se lancer
20:33dans cette aventure.
20:36Mais après,
20:37l'individu,
20:37il est merveilleux
20:38parce qu'il est très mystérieux.
20:40Il y a aussi des enfants
20:40de familles nombreuses
20:41qui n'ont pas d'enfants
20:42et à contrario,
20:43des fils ou des filles uniques
20:45qui vont en avoir plusieurs
20:46parce qu'ils vous diront
20:47j'ai quand même beaucoup souffert
20:48de ne pas jouer
20:48avec des frères et sœurs.
20:50Mais c'est sûr
20:51que ce que nous transmettent
20:52nos parents
20:52du sens de la famille,
20:55ça joue beaucoup.
20:56Si on a vu nos parents
20:56se plaindre en permanence
20:57des enfants qu'ils avaient,
20:58ça donne moins envie.
20:59Oui.
21:00Vous dites,
21:00je crois qu'il a dans ses discours
21:02un déni de l'incarnation
21:04qui fait que le lien mère-enfant
21:06est menacé
21:06par les modalités modernes
21:08de la maternité.
21:10Ah ben oui,
21:10les questions d'augmentation
21:12des dépressions du postpartum,
21:13c'est vraiment le reflet
21:15du fait qu'aujourd'hui
21:15il y a une mère qui accouche,
21:16elle vit dans un monde
21:18qui ne respecte rien des rythmes,
21:19rien de ses rythmes de femmes,
21:20rien des rythmes naturels,
21:22rien des rythmes de l'enfant.
21:24Tout le monde y va
21:24de son petit conseil.
21:26Mais qui est-ce qui s'implique
21:27pour l'aider cette femme ?
21:28Qui est-ce qui,
21:29dans un immeuble,
21:31va lui dire
21:31écoute,
21:31je suis en train de préparer
21:33un plat pour 10 personnes,
21:35j'en fais pour 12
21:36et je t'en dépose
21:37pour ton mari et toi.
21:39Les liens se sont
21:40beaucoup abîmés,
21:42les liens réels.
21:43Et donc,
21:43la virtualisation,
21:44la désincarnation
21:45de l'existence
21:46fait que la femme
21:46qui est dans le paroxysme
21:48de l'incarnation,
21:50elle est très seule.
21:52C'est très difficile.
21:53Si elle n'a pas
21:53les moyens financiers
21:54de se faire aider
21:55par quelqu'un
21:55qui vient prendre le relais
21:57pour qu'elle puisse
21:57s'occuper des autres enfants,
21:59etc.,
21:59étant donné la fragilité
22:00des couples,
22:02ça peut être
22:03très, très, très,
22:04très angoissant.
22:04Et puis,
22:05je pense aussi
22:06que finalement,
22:07on en demande trop
22:08aux couples,
22:09ce n'est pas non plus
22:10au papa de tout faire
22:11dans les villages africains,
22:12dans les villages indiens,
22:13en Chine,
22:14ce mois d'or,
22:15c'est-à-dire ce mois
22:15qui succède à la naissance.
22:18Toutes les femmes
22:18de la famille,
22:19en fait,
22:19apportent quelque chose,
22:20les femmes de l'entourage
22:21parce que la femme
22:22qui vient d'accoucher,
22:23ce n'est pas forcément
22:24d'un bonhomme
22:24dont elle a envie
22:25à côté d'elle.
22:25Elle a peut-être besoin
22:27d'une femme
22:27qui va comprendre
22:28certaines choses,
22:29qui va l'aider
22:29avec son bassin,
22:30avec son dos,
22:30avec son bébé.
22:31Elle n'a peut-être pas
22:32envie de se montrer
22:32comme ça toute la journée
22:33à son mari
22:34et en même temps,
22:34elle a envie d'être
22:35dévouée à son enfant.
22:36Donc, je crois
22:37qu'il faut respecter aussi ça,
22:38qu'on a trop uniformisé,
22:40indifférencié les sexes.
22:42Ça ne veut pas dire
22:42qu'il faut assigner
22:43les femmes à domicile,
22:44ça veut dire qu'il ne faut
22:44pas valoriser l'épuisement
22:45et les mettre en burn-out
22:47en leur demandant
22:48de suivre deux rythmes
22:49qui ne sont pas compatibles
22:50à un certain moment de la vie.
22:51Moi, j'ai trois enfants
22:52et je travaille.
22:53Donc, je ne dis pas
22:54que la vie professionnelle
22:54et la vie de mère
22:55sont incompatibles.
22:56Je dis qu'il y a un temps pour tout
22:57et qu'on pressurise
22:58beaucoup trop les femmes
23:00sous prétexte
23:00de les libérer.
23:01Mais toutes les mères
23:02qui accouchent
23:03sont différentes
23:03et puis chaque naissance
23:04est différente.
23:05Si vous avez eu
23:05un accouchement très difficile,
23:07vous aurez peut-être besoin
23:08d'un peu plus de temps
23:08que pour le premier
23:09avec lequel ça a été très simple.
23:12Donc, oui,
23:13je crois que cette manière
23:14d'aborder l'existence
23:15de manière complètement conceptuelle,
23:18bureaucratisée, technique,
23:20désincarnée,
23:20ça crée aussi
23:22beaucoup de souffrance
23:22chez les jeunes enfants
23:23et aujourd'hui,
23:24on voit les chiffres
23:25de la santé mentale
23:27des jeunes enfants.
23:28Je suis désolée,
23:28mais l'enfant,
23:29il a besoin
23:29d'un attachement sécure
23:30et cet attachement,
23:31il le trouve auprès
23:32d'une mère qui va bien
23:33et pour que cette mère aille bien,
23:35elle a besoin
23:35de plein d'adultes
23:36autour d'elle.
23:37Les tontons,
23:37les tatas,
23:38les copains,
23:38les copines.
23:40Tout le village,
23:41comme vous nous disiez.
23:42Tout le village.
23:44Et si on en parlait
23:45tout l'été sur CNews
23:46avec Marie-Estelle Dupont,
23:48on revient sur tous les sujets
23:50de société,
23:51tous les sujets d'actualité
23:52dont on a parlé
23:53durant l'année.
23:55On vient de parler
23:55de la baisse de la natalité,
23:56restez bien avec nous,
23:57petite pause
23:58et on se retrouve
23:58pour un autre sujet important,
24:01s'il en est,
24:01on va parler dans un instant
24:02de la violence des jeunes
24:03et des très jeunes
24:05avec Marie-Estelle Dupont.
24:06Restez bien avec nous
24:07sur CNews,
24:08à tout de suite.
24:09Et on se retrouve
24:10pour la deuxième partie
24:11de Et si on en parlait
24:12avec vous,
24:13Marie-Estelle Dupont.
24:14Tout l'été,
24:15on se retrouve
24:15et on écoute
24:17votre regard
24:17sur l'actualité,
24:18sur les choses de la vie
24:20et sur tous les grands sujets,
24:21les grands sujets
24:22qui ont marqué
24:23la société française.
24:24On vient de parler
24:25de la baisse de la natalité
24:26et là,
24:26on va parler de la violence
24:27chez les jeunes.
24:28Déjà,
24:29est-ce que vous pourriez nous dire,
24:30Marie-Estelle Dupont,
24:30pourquoi est-ce que vous avez
24:31voulu évoquer ce sujet ?
24:33Parce qu'une fois encore,
24:35l'année a été émaillée
24:36d'incidents,
24:38de situations tragiques.
24:39Il y a eu
24:40l'épisode de Sanary sur mer,
24:42il y a eu Théo
24:43qui a été lynché
24:44à plusieurs reprises
24:45par une bande de jeunes
24:46et dont la mer
24:47a été sur l'antenne
24:48de CNews
24:48et d'Europe 1.
24:50On a eu malheureusement
24:51une augmentation
24:52très importante
24:53des attaques au couteau
24:54dans les écoles.
24:54La violence des mineurs,
24:56ça fait plusieurs années
24:57qu'on en parle.
24:59Nous,
24:59en pédopsychiatrie,
25:00ça fait plusieurs décennies
25:01qu'on la voit arriver
25:02de plus en plus jeunes
25:03de plus en plus polymorphe,
25:06sans aucun motif
25:07pour un regard,
25:08pour un devoir surpronote.
25:11Et donc,
25:12ça me semblait très important
25:14de ne pas en simplifier les causes,
25:16de rappeler que,
25:16en fait,
25:17les raisons sont plurifactorielles,
25:20qu'on les connaît très bien,
25:21que ce n'est pas juste les parents
25:22ou juste la justice
25:24qui est trop permissive
25:25ou juste l'école.
25:26C'est toute une société
25:27qui, pour moi,
25:28a abandonné la jeunesse.
25:30Et ce qui est frappant,
25:31c'est que les mineurs
25:32sont à la fois
25:32les plus violents
25:33et les premières victimes
25:35de violences.
25:36Et ça,
25:36je le dis depuis le Covid.
25:37Et j'avais dit,
25:38en 2021,
25:40qu'on allait avoir
25:41une génération
25:42de jeunes
25:44très déprimés
25:44et très violents.
25:45Et c'est malheureusement
25:46le cas.
25:47Donc,
25:47j'avais envie de revenir
25:48sur les véritables causes
25:49de cette violence
25:49qui, à chaque fois,
25:50nous sidère
25:51devant l'inhumanité
25:53et la barbarie
25:53des actes
25:55auxquels on assiste.
25:56les causes
25:57de la violence
25:57des mineurs
25:57sont multiples,
25:58vous nous dites,
25:59et elles sont pour vous
26:00assez bien identifiées.
26:01Marie-Estelle ?
26:02Oui, bien sûr,
26:03elles sont très bien identifiées.
26:05D'abord,
26:05il y a deux voies
26:06d'entrée dans la violence.
26:07La première,
26:07c'est l'exemple
26:08de la violence.
26:09Maurice Berger
26:10le rappelle dans son rapport
26:11sur la violence
26:11des mineurs en France,
26:1280% des mineurs
26:13ultra-violents,
26:14c'est-à-dire qui tuent,
26:15on parle d'ultra-violence,
26:16on ne parle pas
26:17d'un vol de mobilette,
26:18sont des mineurs
26:19qui ont assisté
26:20à de la violence
26:21intrafamiliale
26:21entre 0 et 4 ans,
26:23c'est-à-dire à un âge
26:23où le cerveau
26:26est modelé
26:28par ce à quoi
26:28il assiste.
26:29Et donc,
26:29pour un enfant
26:30entre 0 et 4 ans,
26:31voir sa mère
26:31se faire tabasser,
26:34voir un père
26:34très violent
26:35ou finalement
26:37quitter le domicile
26:38parce qu'il abandonne,
26:40en tout cas,
26:41assister à de la violence
26:42intrafamiliale
26:42qui va conduire
26:43à une rupture
26:44aussi au sein de la famille,
26:46ça a un impact
26:47très fort sur le cerveau,
26:48le cerveau ne peut pas
26:49l'élaborer,
26:50il ne peut même pas
26:50le mémoriser
26:51et ces images
26:52vont piloter
26:53à retardement
26:55la conduite
26:55de l'adolescent
26:56qui, une fois que la puberté
26:57lui donnera les moyens
26:58de passer à l'acte,
26:58va passer à l'acte.
27:00Donc,
27:00la première entrée
27:01dans la violence,
27:02c'est évidemment
27:02d'avoir été éduqué
27:04par la violence
27:06et c'est le cas
27:07dans un certain nombre
27:07de familles
27:08au fonctionnement
27:08très clannique
27:09qui refusent
27:10les règles du groupe
27:11plus large
27:12du collectif extérieur
27:13qui voient la loi
27:14comme une humiliation
27:15à laquelle il ne faut
27:16surtout pas se soumettre
27:17et qui donc
27:18font régner la terreur
27:19avec une espèce
27:19de loi du plus fort
27:20où le grand frère
27:21peut tabasser la mer
27:22etc.
27:24Et puis l'autre
27:24voie d'entrée,
27:25c'est l'absence de limites
27:26et l'absence de cadres
27:27qui signifient non seulement
27:28un consentement
27:29à la violence
27:30mais qui signifient aussi
27:31à l'enfant
27:32tu n'existes pas.
27:33C'est-à-dire
27:34si je ne te reprends pas
27:35quand tu as
27:36un comportement violent
27:37ou une parole insolente,
27:39ça signifie que
27:40ce que tu es
27:41et ce que tu fais
27:42n'a pas de valeur,
27:43n'a pas de poids.
27:44L'enfant ne peut pas
27:45se construire sans cadre.
27:46Donc il va aller
27:47vers la violence
27:48parce que c'est un moyen
27:49d'exister,
27:50c'est un moyen
27:50de se faire entendre
27:51et surtout
27:52c'est un monde
27:53la violence
27:54à part entière
27:55avec des lois.
27:57Quand vous arrivez
27:57dans une bande,
27:58il faut se soumettre
28:00à certains rituels
28:01de violence,
28:02avoir tabassé,
28:03avoir volé
28:03pour se faire accepter
28:04par le groupe.
28:05Donc la violence
28:06va devenir
28:07une modalité
28:08d'appartenance sociale
28:09quand on a refusé
28:11à l'enfant
28:11les interdits
28:12sains et structurants.
28:14C'est pour ça
28:15que je dis toujours
28:15les interdits
28:16sont un dû
28:17à l'enfant
28:18qui vient au monde.
28:19Si interdit,
28:20c'est dit entre.
28:22Si je ne te fournis
28:23pas les clés,
28:24si je ne te fournis
28:25pas les interdits
28:26qui préservent
28:27ta vie,
28:28ma vie
28:28et le groupe,
28:30alors je te condamne
28:32à devenir violent.
28:33Donc l'interdit,
28:34c'est une reconnaissance
28:35de la portée
28:36de tes actes.
28:37Et évidemment,
28:38il y a ces deux voies
28:39d'entrée dans la violence
28:40qui sont aujourd'hui réunies
28:41puisque la baisse
28:43de l'instruction,
28:44la baisse des grands cadres
28:45moraux,
28:46symboliques,
28:47à la fois dans l'espace
28:48collectif
28:49et dans beaucoup
28:51d'espaces familiaux
28:52où les parents
28:53ne sont plus trop là,
28:54où l'enfant peut être
28:54éduqué par les écrans,
28:55où il voit des vidéos
28:56très violentes
28:57qui lui font s'habituer
28:58à la violence
28:59et la banaliser
28:59et confondre le réel
29:01et l'imaginaire
29:02à un âge
29:03où déjà la frontière
29:03est très floue.
29:05Tout ça,
29:05ça conduit évidemment
29:06à des passages à l'acte
29:07très très nombreux.
29:09La baisse du niveau
29:11d'instruction
29:12et la baisse
29:12de l'éducation
29:13dans les familles,
29:15c'est une cause
29:16de violence
29:17et c'est donc
29:18indirectement
29:19une maltraitance
29:19aussi pour l'ado ?
29:21Oui,
29:22parce qu'en fait
29:22l'éducation
29:23c'est un processus
29:24d'humanisation.
29:25Quand il vient au monde,
29:25le petit d'homme
29:26il a une capacité innée
29:28d'empathie.
29:29L'empathie,
29:30c'est du collagène social.
29:31C'est ce qui fait
29:31qu'on ne va pas faire
29:33à l'autre
29:33ce qu'on n'aurait pas
29:33trop envie
29:34qu'il nous fasse.
29:35Mais
29:38cette empathie
29:38qui est là
29:39à l'état inné,
29:40elle va s'atrophier
29:41dans un environnement
29:42qui ne la développe pas.
29:43Ou alors,
29:44il va être avec des adultes
29:45qui font figure d'exemple
29:46et dans ces cas-là,
29:47elle va se développer
29:48de manière spontanée
29:49et sans que ce soit
29:50très très compliqué
29:50mais parce que
29:51aussi bien avec
29:52ses parents,
29:53ses frères et soeurs
29:54qu'à l'école
29:54avec des professeurs
29:55qui mettent des limites
29:56et qui peuvent faire
29:57appliquer les règles
29:59et je plains beaucoup
30:00les enseignants aujourd'hui.
30:01D'ailleurs,
30:01il y a un vrai ras-le-bol
30:02des profs.
30:03Il y en a beaucoup
30:03qui veulent démissionner.
30:05Et bien,
30:06il va imiter,
30:08parce que l'enfant
30:08est un imitateur,
30:10ses exemples
30:11d'adultes
30:12qui sont exemplaires.
30:13Donc,
30:13si à l'école,
30:15on transforme l'enseignant
30:16comme on le fait
30:16depuis 40 ans
30:17en animateur
30:18qui ne doit surtout
30:19pas sanctionner,
30:20qui doit laisser
30:20l'enfant découvrir
30:21les règles du monde,
30:22mon Dieu,
30:23mais quelle responsabilité
30:24pour l'enfant.
30:25Qu'à la maison,
30:27on a mis dans la tête
30:28des parents
30:29qu'il est interdit
30:32d'interdire
30:32et qu'il faut jouir
30:33sans entrave,
30:35que le niveau
30:36d'instruction baisse,
30:37donc le stock lexical.
30:39Et quand vous n'avez
30:39pas de mots
30:40pour qualifier
30:41votre émotion,
30:42votre pulsion,
30:43eh bien,
30:44vous devenez l'esclave
30:45de vos impulsions.
30:46Évidemment qu'on prépare
30:47les conditions de la violence.
30:48Victor Hugo disait déjà
30:49que pour fermer des prisons,
30:50il fallait ouvrir des écoles.
30:51Il ne disait pas
30:52dans ce sens-là.
30:52Il disait ouvrez une école,
30:53vous fermerait une prison.
30:54Il est évident
30:55qu'avec la moitié des élèves
30:56qui arrivent en sixième
30:56en ne sachant pas bien lire
30:57et écrire,
30:59qu'est-ce qu'ils vont faire
31:00ces adolescents
31:00pour ne pas se sentir en échec ?
31:02Ils vont passer à l'acte,
31:03ils vont cogner,
31:04ils vont s'agglutiner
31:06en bande rivale
31:08où ça va devenir
31:09moi-je contre tous les autres
31:10ou le clan
31:11contre tous les autres.
31:12Sauf que quand on est
31:13agglutiné à 15 ans
31:14avec d'autres
31:15pas plus instruits que nous,
31:16il n'y a pas du tout
31:17du tout de surmoi.
31:18On ne peut pas
31:19se mettre debout.
31:20On passe à l'acte
31:21pour exister.
31:22Et donc,
31:23c'est devenu
31:23un mode de socialisation.
31:25Mais parce qu'on leur a
31:25refusé les cadres,
31:26les interdits,
31:27parce qu'on fait baisser
31:28le niveau de l'instruction
31:28ou quelles que soient
31:30les grandes communications
31:31des politiques
31:32qui disent
31:32on va reprendre ça,
31:33il n'empêche que
31:34le fait est
31:35que les jeunes adolescents
31:36ne lisent plus,
31:37ils n'ont plus de culture générale,
31:38ils n'ont plus
31:38de modèle identificatoire.
31:40Maintenant,
31:40leur modèle identificatoire,
31:41c'est des influenceurs.
31:44C'est totalement désespérant
31:45pour eux.
31:46Ça ne développe pas
31:46leur imaginaire.
31:47Et la seule ressource
31:49contre la violence,
31:50elle n'est pas à l'extérieur.
31:51Ce n'est pas les caméras
31:52de vidéosurveillance
31:52qui vont éteindre la violence.
31:53C'est ce qu'on a
31:54à l'intérieur de soi.
31:55C'est l'envie
31:56de se mettre debout.
31:56C'est l'idée
31:57qu'un adulte nous regarde
31:58et qu'on va faire
31:59quelque chose
32:00qui nous rend fiers
32:01et qui a du sens
32:01dans le collectif.
32:03Et ça,
32:03on leur refuse.
32:04La baisse du niveau
32:05d'instruction,
32:06du niveau d'éducation,
32:07ça atteint également
32:08l'estime de soi ?
32:09Oui, bien sûr,
32:10parce que la confiance en soi,
32:12on ne prend pas confiance en soi
32:14en entendant des gens
32:16trop sentimentalistes
32:16nous dire
32:17mais tu es merveilleux,
32:17tu es le plus beau,
32:18tu es le plus fort
32:19et le monde ne te comprend pas,
32:20mon pauvre chéri.
32:21On prend confiance en soi.
32:23Si on a à côté de nous
32:24des adultes
32:24et des pères PIRS
32:26avec qui on fait des choses
32:27et puis
32:28qui nous laissent
32:29le temps d'apprendre,
32:30qui prennent un peu de plaisir
32:31à nous transmettre
32:32des choses aussi,
32:33voilà.
32:33Là, tu ne sais pas encore
32:34mais bientôt,
32:34tu vas savoir.
32:35Regarde,
32:35on refait ensemble.
32:36Je dis toujours
32:37que ne pas corriger
32:38les fautes d'orthographe,
32:39c'est une marque de mépris.
32:40L'exigence,
32:41c'est une preuve d'amour.
32:43Moi,
32:43on m'a appris
32:44à lire et à écrire
32:44mais j'ai très envie
32:45que tu connaisses cette joie
32:46d'écrire convenablement,
32:48de pouvoir inventer une histoire
32:49et donc évidemment
32:51que la baisse
32:52du niveau de l'instruction,
32:53c'est retirer à l'enfant
32:54des points d'appui
32:55qui vont lui donner
32:56la joie
32:57de comprendre
32:58les règles
32:59de fonctionnement
33:01concrètes et abstraites
33:01du monde
33:04et qui donc,
33:06parce qu'il aura confiance
33:07dans sa capacité
33:08à faire des choses
33:09intéressantes,
33:10vont lui permettre
33:11de s'élancer vers les autres
33:12quand on ne sait rien faire.
33:13On a honte
33:15et donc on voit l'autre
33:16comme un ennemi,
33:17comme un rival,
33:18comme quelqu'un
33:19qui va nous humilier
33:20parce qu'il sait des choses
33:21et pas nous.
33:21Donc bien sûr
33:22que le savoir,
33:23regardez un petit enfant,
33:24quand un petit enfant
33:25a triomphé de deux objets
33:27qu'il n'arrivait pas
33:27à assembler,
33:28il s'élance
33:29vers le grand frère
33:30ou le parent qui est là
33:31ou la marraine
33:32et il vient lui montrer.
33:34Donc la socialisation,
33:37elle est le fruit
33:37d'une première confiance,
33:38d'une première capacité
33:39à faire
33:40et ça je crois
33:41que si on les met
33:43dans une position
33:44très passive
33:46où ça n'a pas d'intérêt
33:47de se mettre debout
33:48parce que la vie
33:50est complètement digitalisée,
33:53on fabrique des crétins,
33:55c'est ce que dit
33:55Michel Desmurgey,
33:56la fabrique du crétin digital
33:57et surtout
33:58on fabrique des êtres
33:59qui n'auront plus que
34:01l'expulsion
34:02comme moyen
34:03d'organiser leur chaos interne.
34:04On a tous du chaos
34:05à l'intérieur de nous,
34:05on a tous de la colère,
34:06on a tous de l'ambivalence
34:08sauf que quand vous avez
34:09des armes intellectuelles
34:10et bien ça vous évite
34:11d'avoir des armes physiques
34:12que vous retournez
34:13ou contre vous
34:14parce qu'il y a beaucoup
34:14de violence contre eux-mêmes
34:15chez les mineurs
34:16ou contre les autres.
34:17Comment ces jeunes
34:19en arrivent là,
34:20vous avez cité
34:20des agressions de professeurs
34:22au couteau,
34:23qu'est-ce qui fait,
34:24qu'est-ce qui se passe
34:25dans le cerveau de ces jeunes ?
34:26Vous qui êtes psychologue
34:28clinicienne,
34:29Marie-Astelle Dupont,
34:29expliquez-nous.
34:31Alors,
34:32d'abord,
34:33il ne se passe pas
34:34assez de choses
34:35parce que s'il pouvait
34:36se passer suffisamment
34:37de choses dans la tête
34:38et dans la pensée
34:38que les impulsions
34:39étaient psychisées,
34:40ça ne se passerait pas
34:41à l'extérieur.
34:42Donc ça veut bien dire
34:43qu'ils n'ont pas été
34:43suffisamment contenus
34:44pour qu'à l'intérieur,
34:46les impulsions
34:46puissent être métabolisées
34:47et trouver des représentations.
34:50Une représentation,
34:51c'est de l'humour,
34:53c'est une métaphore,
34:55c'est en faire un jeu,
34:57c'est une compétition sportive.
34:59Tout ça,
34:59c'est de la sublimation
35:00de la violence.
35:01Donc si on leur retire ça,
35:02et pardon,
35:03mais pendant le Covid,
35:04on les a complètement
35:05désocialisés.
35:06Donc toutes leurs compétences
35:07sociales ont diminué
35:08à un âge où vous avez
35:09énormément besoin
35:10d'être en interaction
35:11avec des gens du même âge
35:12pour s'entraîner
35:13à ne pas voir l'autre
35:14comme une menace.
35:15Donc ils se sont
35:15complètement repliés
35:16sur eux-mêmes
35:17et ils ont perdu
35:17cet entraînement
35:18à la relation.
35:20Donc qu'est-ce qui est arrivé ?
35:21Ce cocktail Molotov
35:23où finalement les parents
35:24ont été désincités
35:25à prendre leur place
35:26de parents.
35:27Les deux parents
35:28éloignés du foyer très tôt,
35:29l'enfant qui,
35:30à deux mois et demi,
35:31est confié à des inconnus
35:32dans une crèche
35:32parce qu'on est incapable
35:34de dire que l'argent
35:35qu'on donne aux crèches,
35:37on peut aussi les donner
35:38aux mamans ou aux papas
35:39qui veulent garder eux-mêmes
35:40leur enfant
35:40et faire le job eux-mêmes.
35:42Je ne vois pas pourquoi
35:42moi je ne pourrais pas
35:43être payée pour garder mon bébé
35:44alors que par contre
35:45l'État peut payer
35:46avec la page,
35:47la prestation d'accueil
35:48du jeune enfant,
35:49une personne que moi
35:50et mon enfant n'avons jamais vue.
35:51C'est complètement illogique.
35:52Donc il y a ces liens
35:53d'attachement
35:54qui ont été siphonnés.
35:56Il y a la question
35:58de l'exemplarité
35:58où si les adultes
36:01évidemment que ça n'inspire pas
36:01l'enfant n'est pas inspirant
36:02en fait pour les enfants.
36:03Je trouve que nous ne sommes
36:04pas des adultes inspirants
36:05pour eux.
36:07Et puis il y a effectivement
36:08la question de la baisse
36:09du niveau de l'instruction
36:09et plus généralement
36:11une violence que moi
36:12je trouve systémique
36:13dans l'atmosphère d'époque
36:14qui est la manière
36:15dont l'idéologie progressiste
36:16parle de la vie.
36:18On est quand même
36:18en train d'essayer
36:19de nous fourguer
36:20l'idée d'une GPA éthique
36:21comme si faire de l'enfant
36:24un bien de consommation
36:25et du ventre de la mère
36:27un Airbnb
36:27ça pouvait se faire
36:28de manière éthique.
36:30On est en train
36:31de nous expliquer
36:31que dans les débats
36:34qui ont eu lieu cette année
36:34à un moment donné
36:35on nous expliquait
36:36que pour les personnes
36:37qui seraient accompagnées
36:40par l'aide à mourir
36:41et qui donc seraient
36:43euthanasiées
36:43le certificat de décès
36:45indiquerait mort naturelle.
36:48Qu'on soit pour
36:48ou contre l'euthanasie
36:50il y a là
36:50une grande confusion sémantique.
36:52Le suicide
36:53n'est pas une mort naturelle.
36:54Le fait de donner la mort
36:55n'est pas un traitement médicamenteux
36:57et ensuite
36:57ça n'est pas une mort naturelle.
36:58Donc tout ça
37:00c'est une violence.
37:01C'est une violence.
37:02C'est la violence du progressisme
37:03qui conditionne
37:05la dignité de la vie
37:06à la productivité.
37:07Mais on n'est pas
37:08que productivité.
37:09Le bébé a une valeur
37:10et pourtant
37:10il n'est pas encore productif.
37:12Quoique
37:13il crée plein de liens.
37:16Et la personne âgée
37:18elle se sent abandonnée
37:19elle se sent inutile.
37:20Donc quand des jeunes
37:21qui cherchent
37:22des figures identificatoires
37:23voient
37:24chez les personnes
37:25qui ont le mieux réussi
37:26dans la société
37:27un discours
37:28qui finalement
37:29a une petite
37:30une petite connotation
37:32de violence quand même.
37:33Il y a une traînée de poudre
37:34là-dedans.
37:34La vie n'a pas tellement
37:35de valeur.
37:36Voilà
37:36on peut conditionner
37:38la dignité
37:38au coût
37:39et à la rentabilité
37:40de quelqu'un.
37:41C'est difficile
37:42pour eux
37:43de sentir
37:44le sacré de la vie.
37:45Il n'y a pas
37:45de transcendance
37:46finalement.
37:46Ils se disent
37:47il faut absolument
37:48être le plus fort
37:49être un requin
37:50parce que sinon
37:50je vais me faire
37:52défoncer par le système
37:53en quelque sorte.
37:54Et donc ça crée
37:55une mentalité
37:56du moi-jeu
37:57contre tous les autres
37:57au lieu de créer
37:58une mentalité
37:59de collaboration
38:01autour du bien commun.
38:02Je crée des choses
38:03et surtout je respecte
38:04les choses qui appartiennent
38:05à chacun de nous
38:06parce que le bien commun
38:07c'est ce qui appartient
38:07à chacun de nous.
38:08On voit bien
38:09vous m'en parliez
38:10parce que ça vous choque
38:11beaucoup les dégradations
38:12de mobilier urbain.
38:14Ça montre bien
38:15qu'il n'y a pas
38:15de bien commun.
38:16En fait il y a
38:18c'est pas à moi
38:18donc je ne respecte pas.
38:20Et dans les pays
38:21où plusieurs religions
38:23cohabitent très sereinement
38:24on voit qu'il y a
38:25quelque chose en commun
38:26c'est justement
38:26cette idée
38:27qu'il y a quelque chose
38:28qui appartient
38:28à chacun de nous
38:29dont nous retirons
38:30tous un bénéfice
38:32qui nous permet
38:33tous des conditions
38:34de vie agréables
38:35et que donc
38:35on a tous intérêt
38:36à respecter.
38:37Ce que je pense
38:37c'est qu'on peut
38:38tous dérailler
38:38mais après
38:39il faut réparer.
38:40Ben oui
38:40on peut tous dérailler.
38:41Ça arrive
38:42je ne connais pas
38:43de petits seins
38:44mais après il faut réparer.
38:45Mais cette notion de réparation
38:46elle est essentielle.
38:48Elle est essentielle
38:49c'est pour ça que moi
38:49je suis pour les travaux
38:50d'intérêt général.
38:52Vous parlez de la violence
38:54chez les jeunes
38:54ça démarre à quel âge ?
38:57Ensuite j'aurais
38:57une autre question.
38:58Alors je pense aussi
38:59que le progressisme
39:00pêche par sentimentalisme
39:04parce qu'on entend souvent
39:05oui mais c'est un petit enfant
39:06il ne se rend pas compte.
39:08Mais c'est précisément
39:09parce qu'il ne se rend pas compte
39:11qu'il a besoin
39:11du secours de l'adulte
39:12pour lui signifier
39:14que les actes
39:14ont des conséquences
39:15évidemment qu'à 5 ans
39:16on ne sait pas
39:16que ça a des conséquences
39:17de mort de son frère
39:18et qu'il cède à une pulsion
39:20et qu'à ce moment-là
39:20il est frustré
39:21et qu'il mort
39:22et qu'il n'a pas d'intention
39:23de tuer son frère.
39:24Mais on doit lui signifier
39:27que ça abîme
39:29le lien dans la famille
39:30et donc la confiance
39:31et donc que ça joue aussi
39:32contre lui
39:32quand il joue contre le groupe.
39:34Et donc je pense
39:35qu'il y a un sentimentalisme
39:36qui consiste à dire
39:38il est jeune
39:38il est petit
39:39donc il ne comprend pas
39:41donc on lui donne
39:42une deuxième chance.
39:42Moi je pense que
39:43c'est exactement le contraire.
39:44Je pense que la deuxième chance
39:45est une condamnation
39:46et que la justice
39:48qui a été imprégnée
39:50de cette idéologie
39:50des années 70
39:52elle a condamné
39:53les mineurs
39:54qui allaient devenir victimes
39:54mais elle a condamné
39:55les mineurs
39:56qui étaient violents
39:57parce que là
39:58où l'école
39:58où la famille échoue
40:00il faut que l'école
40:01essaye de faire respecter
40:02les règles
40:03mais les enseignants
40:03ne peuvent pas tout faire.
40:04Donc il faut qu'évidemment
40:05derrière la justice
40:06elle récupère
40:07ce jeune
40:08qui ne trouve pas d'appui
40:09dans la famille
40:09si elle ne le sanctionne pas
40:10elle s'inscrit dans la continuité
40:12d'une famille défaillante
40:13ou violente
40:15et elle l'encourage
40:16le jeune
40:16par l'impunité
40:17à recommencer
40:18si tu repars
40:19du commissariat
40:20alors que les flics
40:21t'ont fait le boulot
40:21et t'ont attrapé
40:2210 fois
40:2212 fois
40:2315 fois
40:24mais en fait
40:25tu jubiles
40:26tu jubiles
40:27au vu et au su de tous
40:28tu dégrades
40:30tu tabasses
40:30tu ramollis une mamie
40:31tu vas lyncher Théo
40:33qui rentre chez lui
40:35Alors ramollir
40:36ça veut dire
40:36ramollir c'est tuer
40:37dans le langage
40:38des voyous
40:40et donc je pense
40:40que ces voyous
40:41d'abord on doit
40:41immédiatement
40:42les emmener
40:42dans des services
40:43de grands accidentés
40:43pour qu'ils comprennent
40:44ce que ça veut dire
40:44que d'être dans le coma
40:45toute sa vie
40:47et surtout
40:47on doit absolument pas penser
40:49qu'un rappel de la loi
40:51va faire quelque chose
40:51dans le cerveau
40:52de quelqu'un
40:52qui ne la connait pas
40:53je ne peux pas vous rappeler
40:54quelque chose
40:54que vous ignorez
40:55donc c'est des actes
40:56en fait
40:57face à la violence
40:58il faut des actes
40:59il faut pas de la violence
41:01mais il faut pas des mots
41:01il faut des actes
41:02parce que c'est les actes
41:03qui contiennent
41:04quand un enfant fait une crise
41:05on discute pas à ce moment là
41:06à chaud
41:07on le contient
41:09Marie-Estelle Dupont
41:10je sais que vous aimez pas
41:11cette question
41:11mais je vous la pose quand même
41:12à partir de quel âge
41:14c'est trop tard
41:14et on ne peut pas rattraper
41:16un jeune
41:17qui vrille
41:18et est parti dans la violence
41:19c'est pas que j'aime pas votre question
41:20c'est que je vais vous faire
41:21une réponse de normande
41:22c'est à dire que je pense
41:23que c'est très vite trop tard
41:25et qu'à chaque fois
41:26qu'on ne reprend pas
41:27on encourage
41:28très vite
41:29il n'y a pas de posture neutre
41:304-5 ans
41:30il n'y a pas de posture neutre
41:31c'est à dire qu'il faut savoir
41:32qu'à la puberté
41:33vous avez un événement
41:34physiologique
41:35qui va faire que la vitesse
41:36de l'influx nerveux
41:37et la force musculaire
41:37vont être tellement décuplées
41:39beaucoup plus que décuplées
41:40pour la vitesse
41:40de l'influx nerveux
41:43ce qui aura bourgeonné
41:46pendant l'enfance
41:47va flamber
41:48d'accord
41:50donc la puberté
41:52et donc l'entrée
41:53dans l'adolescence
41:53va donner les moyens
41:56à la pulsion
41:57qui était encore
41:58un peu empêchée
41:59parce qu'un petit enfant
42:00a priori
42:00il n'a pas le dessus
42:02et c'est pour ça
42:03qu'on voit tous ces enseignants
42:04qui disent
42:04mais nous on n'en peut plus
42:05il y a une augmentation
42:09des attaques au couteau
42:10dans les écoles
42:11il y a eu
42:11Sanary Surmer
42:12en février dernier
42:14en 2025 d'ailleurs
42:15le gouvernement
42:15avait noté
42:16que les signalements
42:16d'armes blanches
42:17dans les établissements
42:18scolaires
42:18avaient bondi
42:18de 15%
42:19sur un an
42:20et en 2024
42:21c'était déjà
42:21beaucoup plus
42:21qu'avant le Covid
42:23donc je dirais
42:24que c'est très vite
42:25trop tard
42:26mais c'est aussi
42:27la beauté
42:27de ma profession
42:28on voit des situations
42:30qu'on pensait
42:32irrécupérables
42:32et qu'on arrive
42:32à récupérer
42:33à condition
42:34et là c'est quand même
42:35le gros problème
42:36en France
42:36à condition
42:38que toute la chaîne
42:40aille dans la même direction
42:42c'est-à-dire qu'il faut
42:43d'abord prendre
42:44le problème tôt
42:45et si on prend
42:46le problème tard
42:46il faut vraiment
42:48que ce jeune-là
42:49pour être récupéré
42:50il soit bien pris en main
42:52à la fois
42:53sur le plan psy
42:54et sur le plan justice
42:55et quand on voit
42:56aujourd'hui
42:57la bureaucratisation
42:58et l'appauvrissement
42:59de la psychiatrie
43:00mais aussi
43:01de la justice
43:03c'est désespérant
43:04le travail
43:04qu'a un psychiatre
43:05avec des jeunes
43:06en grande difficulté
43:06ils n'ont pas de moyens
43:07alors le gouvernement
43:08va dire
43:08mais c'est formidable
43:09ce que vous faites
43:09la santé mentale
43:10est une cause nationale
43:11la réalité c'est qu'on ferme
43:12encore des lits
43:12de pédopsychiatrie
43:13alors que sur un bassin
43:15de 400 000 habitants
43:15il y avait 7 lits
43:16de pédopsychiatrie
43:17pendant le Covid
43:18ça veut dire que
43:19quand un jeune
43:19essaye de se suicider
43:21parce qu'il a subi
43:23une agression sexuelle
43:24très grave
43:24par un autre jeune
43:25on le renvoie chez lui
43:26avec des médicaments
43:27la famille est complètement démunie
43:28donc s'il y a vraiment
43:30les moyens
43:30des éducateurs
43:31des enseignants
43:32qui sont dans leur posture
43:33d'autorité
43:33sans honte
43:35et sans complexe
43:35et sans peur
43:36de se prendre un mauvais coup
43:38et que
43:40l'adolescent
43:41qui est en train
43:41de dériver complètement
43:43est bien pris en main
43:44par une équipe pluridisciplinaire
43:45on peut récupérer
43:45des situations
43:46très mal engagées
43:47mais en France
43:48aujourd'hui
43:48c'est pas le cas
43:49ce travail pluridisciplinaire
43:50il ne se fait pas
43:51parce que
43:51et la psychiatrie
43:52et la justice
43:52ont été complètement abandonnés
43:54Marie-Estelle Dupont
43:55il y a une question
43:56qui est ultra importante
43:58le rôle des parents
43:59pour ne pas dire
44:00la responsabilité des parents
44:02qu'est-ce que vous pouvez
44:02nous en dire ?
44:03le rôle de la famille
44:04dans l'émergence de la violence
44:05il est toujours premier
44:07bien évidemment
44:08mais je pense que
44:09c'est la faillite d'un système
44:10la violence des mineurs
44:11c'est-à-dire qu'on a sapé
44:12l'autorité paternelle
44:14en disant
44:14c'est du patriarcat
44:15etc
44:18on a dit aux femmes
44:19vous ne serez libres et heureuses
44:20que si vous n'êtes pas
44:20du tout chez vous
44:22donc évidemment
44:22l'enfant s'est retrouvé
44:23assez livré à lui-même
44:24ou à des écrans
44:25ou à des gens
44:26qui n'ont pas de lien
44:26avec la famille
44:27donc on ne se transmet pas
44:29d'informations
44:29sur le comportement de l'enfant
44:31on ne sait pas pourquoi
44:31l'enfant est comme ça
44:32tel jour
44:33et comme ça tel jour
44:34etc etc
44:36ensuite à l'école
44:37on a mis beaucoup d'idéologies
44:38et on a fait baisser
44:40le niveau des connaissances
44:41donc on ne respecte plus
44:42il y a une disqualification
44:43des savoirs
44:43qui est très décourageante
44:45pour les enseignants
44:46qui disent
44:46mais on nous demande
44:47d'appliquer des choses
44:49bureaucratiques
44:50qui n'ont rien à voir
44:51avec la vocation
44:52qu'on avait au départ
44:53et finalement
44:54c'est très désespérant
44:55et la connaissance
44:56en elle-même
44:56a perdu de sa valeur
44:58et
44:59on a déboulonné
45:00toutes ces figures
45:01d'autorité
45:03on a fait du divertissement
45:04de masse
45:05de l'éducation de masse
45:08on a désarticulé
45:09le foyer
45:10et
45:12on a mis une justice
45:14on a rendu la justice
45:15complètement impuissante
45:16c'est à dire
45:17qu'on a dit
45:17non non
45:18mais il ne faut pas sanctionner
45:19il faut donner une deuxième chance
45:20on a vu ce que ça a donné
45:21pour le pauvre Elias
45:22qui a été tué à la machette
45:23on avait voulu leur donner
45:25une autre chance
45:25alors qu'on les connaissait
45:26ces jeunes
45:28donc si vous voulez
45:29c'est la faillite
45:30d'un système
45:31qui pour moi
45:32dans son ensemble
45:35a abandonné
45:36le terrain de l'éducation
45:38le terrain de la transmission
45:40une crise de l'autorité majeure
45:43pourquoi ?
45:44par idéologie
45:46pure et simple
45:47et au lieu de créer la liberté
45:49que ça créait
45:50et prétendre
45:50et la concorde civile
45:51et la paix civile
45:52et le plaisir d'être ensemble
45:55on nous a vendu
45:55des slogans bullshit
45:56comme le vivre ensemble
45:57on n'a jamais aussi peu
45:59vécu ensemble
46:00je veux dire
46:00quand on voit
46:01que des supporters
46:02de la même équipe
46:03qui gagnent
46:03se bastonnent
46:04à coups de barres de fer
46:05comment voulez-vous
46:05que nos enfants
46:07aient envie de faire
46:07des choses intelligentes
46:08c'est quand même
46:09pas très inspirant
46:10quand on voit
46:11comme l'exposition de photos
46:13a été dégradée
46:14place de la concorde
46:15lors d'un match de foot
46:16au printemps cette année
46:17quel exemple
46:18on leur donne
46:19enfin moi j'ai honte
46:19pour eux
46:20de l'exemple
46:20que certains
46:21leur transmettent
46:22et donc
46:23pour moi
46:23c'est le rôle
46:24de la famille
46:25qui est toujours premier
46:27mais quand tout le système
46:28disqualifie
46:29les liens familiaux
46:31et que finalement
46:33vous avez des familles
46:34qui tiennent
46:34mais qui tiennent
46:35en étant dans un très
46:36grand communautarisme
46:38presque désarticulé
46:39des lois du groupe
46:40dans son ensemble
46:41mais ça fonctionne
46:41pas non plus
46:42et on le voit
46:43que dans des familles
46:44très clanniques
46:45où le père lui-même
46:46ne veut pas se soumettre
46:47aux lois du pays
46:49et bien bien évidemment
46:50l'enfant va répéter
46:51ce qu'il a appris
46:52donc la famille
46:53elle est toujours première
46:54elle est première
46:54par l'exemple de la violence
46:55elle est première
46:56par les carences affectives
46:57qui créent de la violence
46:58elle est première
46:59en ne transmettant pas
47:00de culture
47:01et donc d'enthousiasme
47:02à apprendre
47:03parce que le plaisir
47:03de penser
47:04est la première immunité
47:05contre la violence
47:06mais il faut aussi
47:07que la société
47:08dans son ensemble
47:08permette aux familles
47:10de faire un travail
47:11de famille
47:13merci beaucoup
47:14Marie-Estelle Dupont
47:14merci à vous
47:15bah oui ça va vite
47:16ça va vite
47:17ça va vite
47:17voilà
47:18et si on en parlait
47:19avec Marie-Estelle Dupont
47:20votre rendez-vous estival
47:22le regard de Marie-Estelle Dupont
47:24psychologue clinicienne
47:25sur tous les sujets
47:26de société
47:27on va vous retrouver
47:28tout au long de l'été
47:30voilà
47:31les programmes continuent
47:32évidemment sur CNews
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