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  • 3 weeks ago
Originally from YouTube: IBUKA mu Bubiligi yasabye ko Umugogo wa Yuhi V Musinga usubizwa mu Rwanda

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00:00Hello everyone, my name is Nara Shinji Ibuka, I'm going to take a look and share with you the history
00:14of Ibuka.
00:15So, Ibuka is born in 1994, after the genocide that was being perpetrated in Rwanda at this time.
00:32So, it was here, isn't it? It's not 31 years ago, it's like it was here, it's today.
00:39Because I am here, you are here, some are survivors, some are survivors, others are survivors.
00:47So, it's not the past, it's rather the present.
00:53In two words, Ibuka has saved my life, personally.
01:02Because it was in the night of the 8th of the 9th of April.
01:09So, it was just the beginning of the genocide.
01:11I was in Belgium, I lived in Scarbeck.
01:18In fact, when the view of Ibuka is falling, I told myself that it was done.
01:26I told myself that it was done.
01:28It was done, it was done, it was done, it was done, it was done, it was done.
01:32I told myself that it was done, it was done, it was done, it was done, it was done, it
01:51was done.
01:56It was done and then the same NAS is done, all the Manirbanka, all the Manirbsan War momento and this
02:04was done.
02:06Because the founder of this village, all thećŸˆć€š people killed in this town
02:10.
02:10It was there, the people who ruined it.
02:11It's why my dad said that this was treated for the knowledge about him.
02:18on sacrifie une vache, on sacrifie une chĂšvre, on sacrifie un taureau.
02:23Quand il y a un problÚme au Rwanda, on sacrifia de tout. C'était ça. Alors ici,
02:26je me suis dit c'est fini pour eux, il n'y aura plus rien. Et donc, dans la nuit
02:31du 8 au 9,
02:37je ne savais plus quoi faire en fait. Donc, il y avait le jeunisme qui avait commencé au Rwanda,
02:43il y avait le FPR qui était au nord du Rwanda, il y avait toute ma famille et la famille
02:49des personnes
02:50que j'aimais qui étaient là-bas en train de se faire tuer et d'attendre en tout cas finalement
02:54à l'arrivée de leur mort. Et moi, je me suis dit j'avais trois solutions. Soit, il fallait que
03:01je
03:01rejoigne le FPR via l'Ouganda, un trajet possible mais difficile Ă  envisager Ă  ce moment-lĂ . Soit,
03:10je retourne au Rwanda parce que je me considérais comme lùche à ce moment-là. Soit, je retourne
03:16au Rwanda pour que je puisse ĂȘtre tuĂ© avec les autres parce que je trouvais que rester,
03:24ça n'avait pas de sens. Ou alors, je me suicide parce que je trouvais que vivre en ce moment
03:32-lĂ  n'avait
03:33pas de sens pour moi. Bon, finalement, au fil des minutes, j'ai réalisé qu'aller en Ouganda
03:42directement, c'était pas possible. Du moins, rejoindre le FPR, c'était pas possible. Retourner
03:45au Rwanda, c'Ă©tait prĂȘter main forte aux gĂ©nocidaires et mĂȘme, c'Ă©tait impossible d'aller au Rwanda parce
03:51qu'il n'y avait plus de communication, il n'y avait plus d'avion entre Tigali et Bruxelles et
03:57je n'avais
03:57pas d'argent. Et puis, la derniÚre solution de me suicider, finalement, je l'ai éliminé parce que
04:05c'Ă©tait prĂȘter main forte aux gĂ©nocidaires. Je me suis dit non, je vais rester en vie, je vais vivre
04:11pour la mémoire des miens. Donc, on est en le 9. Moi, j'étais convaincu que tous les Tutsis
04:18seraient exterminés. Alors, je me dis, pour surmonter à tout ça, je me suis dit non, il faut que, quand
04:27les gĂ©nocides s'est terminĂ©, il y aura peut-ĂȘtre des survivants. Alors, je me suis dit, je vais Ă 
04:34ce
04:34moment-là essayer de rassembler ou d'aller vers ou de regrouper ou alors tous les rescapés
04:42pour se reconforter mutuellement et essayer de leur rendre justice. C'était ça le but du
04:48premier d'Eboka. Alors, le projet a germé durant le mois d'avril, mai, jusqu'au juillet et le
04:56mois d'août, on a créé officiellement Eboka. Donc, je vous épargne ces détails-là. Et donc,
05:02voilà, je suis trÚs honoré, n'est-ce pas, par Madame Dilamata, de parler d'Eboka, parce
05:16qu'Eboka, vraiment, est trĂšs, trĂšs important, non pas comme association, mais plutĂŽt comme,
05:22je dirais, comme arme, arme de combat, un outil de combat, une arme, un fusil de combat,
05:28pour lutter contre, pour notre survie, la survie des rescapés, la survie des Tutsis,
05:37en général. Alors, Eboka, c'est quoi ? Je vais vous partager ce que je... ma conception
05:47d'Eboka, ma conception personnelle, je dirais, personnelle d'Eboka. Depuis 94, on nous demande,
05:57on nous parle, on nous demande de Kuiwoka, Tuiwaka. Kuiwoka, Tuiwaka. En fait, Kuiwoka,
06:07c'est Kuiwaka, aussi, mais c'est aussi aller au-delĂ , c'est essayer d'aller au-delĂ  de toute
06:20force possible pour atteindre Dieu, le K. Et Kuiwaka, c'est pareil. Mais alors,
06:31Kuiwaka, il faut aussi Kuiwaka, Tuzirikana. Attention, il faut comprendre le sens du mot
06:39Kuzirikana. Kuzirikana signifie Kuzirikana, s'attacher entre nous. On s'attache Ă  qui ? On
06:52s'attache à ceux-là avec qui la corde, le lien a été brisé, coupé. Et ceux-là,
07:02ce sont nos parents, n'est-ce pas ? Ce sont nos frÚres, c'est tous ceux qui ont été
07:08tués à 94. Donc, ils ont coupé ce cordon qui nous liait entre nous. Parce que quand
07:22ils ont tuĂ© ma sƓur, je vais utiliser ma sƓur, Ma sƓur Pelagie, Kasangaire, en fait, ils ont
07:31tuĂ© aussi Moutawazi, son frĂšre. Ils ont tuĂ© Moussonela, son frĂšre. MĂȘme si Moussonela,
07:38physiquement, n'a pas été tué, mais l'intention était de tuer Moussonela, de tuer
07:45Amani, de tuer Moutawazi, mais aussi de tuer Diumugabe, son pĂšre, et sa mĂšre, et le grand-pĂšre,
07:52et la grand-mÚre, mais aussi Isaro et Rubergua, parce que c'est des enfants qui sont nés
07:59aprÚs. Ils n'étaient pas encore nés, mais ils devaient arriver. Donc, en coupant ce lien,
08:11ils ont coupé, ils m'ont coupé, ils leur ont coupé tout lien avec eux. C'est-à-dire,
08:30ils ont coupé ce lien. Alors, Kouzilikana, c'est quoi ? C'est de renouer ce lien entre nous, aujourd
08:40'hui, qui sommes là, ce soir, dans cette salle, avec ceux-là qui ont été tués.
08:46en 1994, ceux-là qui ont été tués en 1959, ceux-là qui ont été tués durant, entre toutes ces
08:54années-là. Donc, c'est Kouzilikana, c'est ça.
08:57Mais alors, il ne faut pas seulement Kouzilikana, mais aussi Kouzilikana.
09:07En tout cas, Kouzilikana, Kouzilikana, Nabariya, de quoi vous ĂȘtes, mais aussi Kouzilikana.
09:21Ceux-là qui nous ont assassinés, n'est-ce pas ?
09:23Ceux-là qui nous ont assassinés, n'est-ce pas ?
09:24Ceux-là qui nous ont assassinés, n'est-ce pas ?
09:29Non seulement ils ont commencé sur nos corps, ils nous ont coupés, ils nous ont blessés, ils ont coupé nos
09:38jambes, nos nez.
09:42Ils ont crevé, ils ont crevé nos yeux, ils ont coupé les tendons, ils ont laissé des cicatrices.
09:50Ce sont tous les niveaux, ils ont souhaité que nous vivons éternellement avec ces blessures-là.
10:00C'est leur but, c'est leur objet, c'est leur intention.
10:04Alors, Kouzilikana, parce que tout ce qu'ils ont fait, n'est-ce pas ?
10:11C'est-Ă -dire, nous sommes prisonniers de toutes ces blessures.
10:20Alors, Kouzilikana, ça veut dire, c'est essayer de se détacher de ces blessures, d'essayer de se détacher de
10:29ces cordes qui nous lient, de ces lianes qui nous servent,
10:35afin de nous construire mentalement, physiquement, intellectuellement, mais en nous détachant parce que nous ne sommes pas ces blessures.
10:49Nous ne sommes pas ces machettes qui nous ont tués. Nous ne sommes pas des inhérables qui nous ont tués.
10:56Nous n'avons rien Ă  voir avec CaĂŻbande. Nous n'avons rien Ă  voir avec Abiyarimane. Nous n'avons rien
11:03à voir avec Pérodin.
11:05Nous n'avons rien à voir avec les colonisateurs qui ont provoqué ce génocide.
11:10Nous sommes, nous, les survivants. Nous devons nous libérer, c'est un appel, nous devons nous libérer de ces lianes,
11:18de ces monstres qui nous lient dans ce fossé,
11:23qui sont justement dans le monde.
11:28Nous n'avons rien à voir avec les tous les deux qui s'étaient dit à deux.
11:32Nous n'avons rien Ă  voir avec nous, nous n'avons rien Ă  voir avec eux.
11:38Notre nom est trĂšs familiĂšre, nous n'avons rien Ă  voir avec nous.
11:48We have to create a new life.
11:52So these are the three terms, the three concepts.
11:56Kuivoka, Nibyo, Kuivoka,
11:59Arikotu Nazirikana, Nabaliyya, Badiyye,
12:04Tunibohora, Ibjubyo Sebadushizem.
12:06Alors, Kuivoka, en soi,
12:12c'est la mémoire.
12:16C'est la mémoire. La mémoire, c'est Kuivoka.
12:19Et cette mémoire, tout le monde qui est ici,
12:25il y a des photos, n'est-ce pas, dans notre cerveau, dans notre tĂȘte.
12:30Il y a des images qui défilent.
12:34Il y a des images qui défilent.
12:36Il y a des films qui défilent.
12:39Ce sont des films du passé.
12:41On peut appeler le passé, mais ce n'est pas le passé.
12:44C'est plutÎt le présent.
12:47A Kinyarwanda, en fait,
12:51Ejohashize,
12:54on peut dire qu'hier, c'est Ejohashize.
12:58Mais demain, c'est Ejohazaz.
13:01Mais alors, quand on regarde bien,
13:03Ejoh, ça veut dire aujourd'hui.
13:05Il n'y a jamais de demain, ni d'hier.
13:08Il y a toujours aujourd'hui.
13:09Ejohashize, Ejohazaz, c'est toujours Ejoh.
13:12Donc, c'est toujours aujourd'hui.
13:15Et alors, ces images qui défilent,
13:17ce film qui dĂ©filent dans notre tĂȘte, dans notre cerveau,
13:24projettent, fait défiler des images d'hier,
13:27mais hier qui est aujourd'hui,
13:30qui nous lient avec le présent.
13:33C'est-à-dire, hier, ce qui s'est passé en 1994,
13:37on le retrouve en 2025, aujourd'hui,
13:41parce que ces images-lĂ  reviennent.
13:44Quand on se projette,
13:46quand on voit ce qui se passe au Congo,
13:48les Tutsis qui sont exterminés là-bas,
13:51ce sont nos frĂšres,
13:52ils sont exterminĂ©s, nos frĂšres et nos sƓurs,
13:54ils sont exterminĂ©s par les mĂȘmes personnes
13:56qui ont interspiné les Tutsis au Rwanda.
13:58Ce sont des images qui nous reviennent,
14:01qui vont, qui défilent et qui reviennent,
14:03et qui, finalement, provoquent,
14:06crĂ©ent le mĂȘme impact.
14:09Alors,
14:12donc, kuibuka,
14:14et bien-bidiosebihouza,
14:15le passé et le présent.
14:18Alors, kuibohola,
14:20c'est aussi, je dirais, en deux temps.
14:22Je viens de le dire, je viens de l'évoquer.
14:25Kuibohola kuhashi sehavi,
14:27et puis,
14:31kandi kuhashi sehavi hachorano kugaruk.
14:33Donc, c'est en cours, maintenant, au Congo,
14:36au Burundi, c'est pareil, les Tutsis sont assassinés,
14:39au Congo, ils sont assassinés,
14:40dans l'indifférence totale, totale,
14:43de ce qu'on appelle, entre guillemets,
14:45cette fameuse communauté internationale,
14:47qui, en réalité, n'existe pas.
14:53Alors,
14:57qu'est-ce qui se trouve, alors,
15:00n'est-ce qu'on peut mettre dans ce kuibuka ?
15:05Kuibuka qui est mémoire.
15:09En tout cas,
15:10nous devons savoir que la mémoire,
15:13kuibuka, c'est nous.
15:14Ibuuka, c'est chacun d'entre nous.
15:16C'est pour ça que je vous disais,
15:17ce n'est pas une association,
15:19mais c'est une flamme.
15:23Une flamme, ici,
15:25on vient d'allumer une bougie,
15:26et une bougie,
15:28Ă  Kinyarwanda, c'est Itabaza.
15:35Itabaza, vous trouvez le mot Butabaza.
15:40Cette flamme, qui monte vers le haut,
15:45va directement vers les nĂŽtres qui nous regardent,
15:49nous espérons.
15:51Ça envoie de l'Ă©nergie vers les nĂŽtres,
15:54qui sont lĂ -haut,
15:55et ça leur permet de continuer leur voyage
16:00vers Sherezo,
16:02qui est la destination finale.
16:05Mais comme ils ont été assassinés,
16:07justement,
16:09sauvagement assassinés, bien évidemment,
16:11leurs morts n'étaient pas prévues.
16:14Ils ont été sauvagement assassinés,
16:17ils ont été torturés.
16:21Comme je disais,
16:22nous sommes constitués de deux entités.
16:27Nous avons Iwane,
16:29et puis nous avons l'enveloppe,
16:32le corps,
16:34le corps qui,
16:36normalement, une fois,
16:42sans oxygĂšne,
16:44le corps pourri.
16:46Mais ceux qui meurent, ce n'est pas le corps.
16:49Pardon.
16:50Ceux qui meurent, ce n'est pas le corps.
16:51Mais Iwane ne meurt pas.
16:54Iwane,
16:55il dit Ă  Iwana.
16:57Il dit Ă  Iwana, ce n'est pas le corps.
16:59Il dit Ă  Iwana, c'est Iwane.
17:01Et ce voyage entre ici et Iwana,
17:05je parle bien d'Iwana,
17:07je ne parle pas d'Iwana d'Israël.
17:09Iwana,
17:11qu'on appelle Chez les eaux,
17:14il n'y a pas Chez les eaux.
17:16C'est entre maintenant,
17:18entre ici et Chez les eaux,
17:19il y a tout un voyage.
17:20Et ce voyage-lĂ ,
17:23il est gradé.
17:25Alors, quand nous pensons Ă  eux,
17:28ici, quand nous,
17:29c'est pour ça qu'il faut,
17:31on recommande, n'est-ce pas,
17:32de nous rassembler chaque fois
17:35pour penser au nĂŽtre.
17:36C'est parce que ce sont des énergies rassemblées,
17:40ce sont des énergies réunies
17:42qui envoient cette force
17:44et qui poussent, c'est Iwane,
17:47Ă  continuer le voyage.
17:48Sinon,
17:50c'est Iwane,
17:50il traĂźne encore quelque part ici
17:52et chaque fois,
17:54nous devons,
17:55nous devons,
17:55en nous réunissant ici,
17:57en parlant,
17:57ensuite Ă  leur nom,
18:00MoĂŻsinani Soura,
18:01Etchon Atazazim Aburundu.
18:05Vous savez, chez nous,
18:10Yamayenga,
18:11vous savez ce que ça veut dire ?
18:13J'imagine Yamayenga.
18:14Les vieux chez nous,
18:15ils donnaient plusieurs vaches,
18:16beaucoup de vaches
18:17Ă  des voisins,
18:18Ă  des amis,
18:20Ă  tout le monde,
18:20finalement.
18:22Vous savez,
18:22vous savez la raison ?
18:24C'est qu'une fois,
18:25une fois,
18:25une fois décédés,
18:30ces gens qui ont reçu des vaches,
18:34ils vont,
18:35Kuira Hira.
18:36Kuira Hira,
18:37ça veut dire quoi ?
18:38Ça veut dire,
18:40attirer l'énergie.
18:43Attirer l'énergie.
18:44Attirer l'énergie.
18:44Kuira Hira.
18:45Kuira Hira,
18:45c'est attirer l'énergie.
18:47Et envoyer l'énergie à celui-là,
18:49et tu lui as donné des vaches.
18:51Et donc,
18:51son Nibare pourra continuer
18:55jusque chez les os.
18:56VoilĂ .
18:59Ibuca,
19:00donc,
19:02c'est une arme
19:05essentielle
19:06pour continuer Ă  vivre.
19:09Et celui qui s'attaque,
19:13celui qui s'attaque
19:14Ă  Kuibuka
19:16est effectivement
19:18ton ennemi.
19:20Parce qu'il t'empĂȘche de vivre.
19:22C'est ce qui se passe maintenant.
19:24On nous empĂȘche
19:25de Kuibuka.
19:27On nous empĂȘche
19:28de penser au nĂŽtre.
19:31On nous empĂȘche
19:32de commémorer
19:33pour quelle raison ?
19:35En nous empĂȘchant de commĂ©morer,
19:37on nous empĂȘche de vivre.
19:38Parce qu'on ne peut pas vivre
19:40sans commémorer les nÎtres.
19:41On ne peut pas vivre
19:42en dehors des nĂŽtres.
19:43On ne peut pas vivre
19:44sans les nĂŽtres.
19:45C'est un combat,
19:46n'est-ce pas,
19:47qu'on nous devons mener
19:48jour aprĂšs jour
19:51pour effectivement
19:52pouvoir honorer
19:54la mémoire des nÎtres.
19:55Honorer tous les jours,
19:58éternellement,
19:59la mémoire des nÎtres.
20:02Parce que Kutu Tehera,
20:03Kutu Tehera,
20:09cette invasion,
20:10je ne sais pas comment
20:11je peux le dire,
20:11parce que c'est toujours difficile
20:12de traduire les tignes rwandains
20:13en français,
20:15cette attaque,
20:17parce que je considÚre ça
20:18comme une attaque,
20:21attaquer la mémoire,
20:23ceci a été fait
20:24il y a longtemps,
20:25mais c'est encore en cours
20:27maintenant.
20:28Nous avons été attaqués
20:30par la colonisation.
20:33Le Rwanda a été attaqué
20:34par la colonisation.
20:35Notre culture a été attaquée
20:37par la colonisation.
20:38Notre culture a été attaquée
20:39par les églises.
20:42Qui nous a fait perdre notre identité ?
20:47Nous avons perdu notre identité.
20:50Nous avons perdu notre identité.
20:50Nous avons perdu notre identité à cause de tout ça.
20:54Je vous parlais de gĂšnes.
20:57Un eugÚne qui est issu de ce courant eugénisme,
21:01de ce courant eugéniste
21:02et qui a conduit Ă  l'Holocauste.
21:05On me donne ce nom.
21:08C'est la mĂȘme chose
21:09pour les Antoines,
21:11pour les Pierre.
21:12Ce ne sont pas vos noms.
21:14En fait,
21:14on nous a sĂ©parĂ©s de nos ancĂȘtres,
21:16tout simplement,
21:18pour capter cette énergie.
21:20Cette énergie-là.
21:21Nous croyons aujourd'hui
21:22aux ancĂȘtres des autres,
21:24mais nous avons oublié,
21:26complÚtement divorcé avec,
21:27avec nos ancĂȘtres Ă  nous.
21:30Nos ancĂȘtres Ă  nous,
21:31on n'en parle pas.
21:32Alors que nos ancĂȘtres Ă  nous,
21:34sont des héros.
21:36Ils ont fait des choses immenses.
21:39Qui s'appelle Delgoua Wodili dans cette salle ?
21:41Qui parle Delgoua Wodili dans cette salle ?
21:43Personne.
21:43Et pourtant,
21:44il y a peut-ĂȘtre des petits-enfants Delgoua Wodili.
21:48Yuhi Musinga.
21:49J'allais parler la fois passée.
21:52La plupart des gens m'ont dit,
21:54non,
21:54on ne connaĂźt pas ce personnage.
21:56Et pourtant,
21:57c'est quelqu'un,
21:59c'est un des trĂšs importants.
22:02C'est quelqu'un
22:03qui a lutté contre la colonisation.
22:05C'est quelqu'un
22:06qui a lutté contre l'évangélisation rwanda.
22:08C'est quelqu'un
22:09qui a protégé sa population
22:10contre cette invasion.
22:13Mais la récompense était,
22:15il a été,
22:16je parle bien de sa majesté Yuhi Musinga,
22:18il a été déporté.
22:20Non,
22:20il a été d'abord détrÎné
22:22par la colonisation et les missionnaires,
22:24et puis déporté au Congo,
22:27oĂč il est mort.
22:30Est-ce qu'il a Ă©tĂ© intĂ©rĂȘt ?
22:32Pas du tout.
22:33Est-ce que nous l'avons intĂ©rĂȘt ?
22:35Pas du tout.
22:36OĂč est-il ?
22:37Il serait Ă  Telvuren,
22:40ici à cÎté,
22:41Ă  Bruxelles.
22:42Dans un musée,
22:43vous vous imaginez,
22:43un musée de notre roi,
22:45et dans un musée
22:48Ă  Telvuren.
22:51Est-ce que vous trouvez ça normal ?
22:53Ce n'est pas vraiment normal.
22:55Je pense que nous devons refuser ça.
22:58Parce qu'en faisant ça,
22:59on nous empĂȘche,
23:02on coupe carrĂ©ment notre tĂȘte.
23:05Parce qu'une maison,
23:07je parle d'une maison Ă  Tignarwanda,
23:09une maison, pardon,
23:10une maison Ă  Tignarwanda,
23:13une maison Ă  Hali Nindi,
23:17Ă  Hali Nindi,
23:18Ă  Hali Nindi,
23:18Ă  Hali Nindi,
23:20Ă  Hali Nindi,
23:21Ă  Hali Nindi,
23:25Mais une maison sans toi
23:27n'est pas habitable.
23:31Une maison Ă  Hali Nindi,
23:32Ă  Hali Nindi,
23:33pour ceux qui connaissent la maison Ă  Tignarwanda,
23:36je crois que je prends beaucoup de temps,
23:39les maisons rwandaises ont une sorte d'antenne
23:42au-dessus du toit.
23:45En fait, c'est une forme d'antenne
23:48qui lie l'au-delĂ  Ă  la maison et aux habitants.
23:54Parce qu'à l'époque, une maison sans antenne,
23:57sans cette Hali Nindi n'est pas habitable.
23:59On ne peut pas habiter.
24:00Et celui qui retirait Hali Nindi était condamné à mort.
24:06Donc ici, nous nous retrouvons sans toi ni Hali Nindi.
24:11Je trouve que la seule chose que nous pouvons demander Ă  la Belgique,
24:17c'est de nous rendre notre roi
24:21pour qu'on puisse l'accompagner dignement,
24:27comme il se doit finalement.
24:30Il faut qu'il rejigne Ă  la tĂȘte de ses ancĂȘtres.
24:32Il faut qu'il rejigne le Rwanda de ses ancĂȘtres.
24:36Il faut qu'il rejigne ses mille collines,
24:39les collines de Destiens, les collines de Giang.
24:43Donc, nous avons abandonnĂ© nos ancĂȘtres, nos hĂ©ros,
24:48et nous avons commencĂ© Ă  glorifier les ancĂȘtres des autres.
24:57Ces ancĂȘtres qui nous ont mĂȘme fait du tort.
25:03Les ancĂȘtres qui nous ont fait du tort.
25:05Aujourd'hui, on vient d'entroniser un nouveau pape.
25:12J'imagine que tout le monde ici est au courant.
25:15Et pourtant, quand on regarde l'histoire de l'Église
25:18ou le rapport de l'Église et le Rwanda,
25:21vous savez trùs bien que le Vatican et l'Église catholique
25:25ont joué un rÎle hyper important dans le génocide.
25:29Les prĂȘtres ont tuĂ©.
25:34Nos familles ont été assassinées dans des églises.
25:41Les assassins étaient des chrétiens.
25:45Ils étaient des musulmans.
25:47Ils étaient des Panticotes.
25:49Ils étaient des Amaro-Corais.
25:54Mais tout ça, on oublie.
25:56Tout ça, on oublie.
25:58Et aujourd'hui, qui sont les héros ?
26:02C'est eux.
26:04Qui ont glorifié ?
26:06C'est eux qui ont glorifié.
26:08Mais jamais, jamais, on pense au nĂŽtre.
26:10Ici, je vous rappelle, je rappelle encore aux jeunes,
26:16qui n'ont pas connu leurs grands-parents,
26:23que leurs grands-parents, vos grands-parents étaient des personnes importantes.
26:28TrĂšs, trĂšs importantes.
26:57TrĂšs, trĂšs importantes.
26:57Mais parce qu'on est occupé par autre chose.
27:00Ce sont nos héros.
27:02C'est eux qui nous ont donné naissance, certainement.
27:08C'est eux qui ont libéré.
27:10Je parlais des jeunes.
27:11Le Rwanda, aujourd'hui, que nous avons, nous avons la chance, n'est-ce pas, d'avoir ce pays.
27:16Il a été libéré par des jeunes entre 18 et 25 ans.
27:26À fin des pistes, il a quel ñge, aujourd'hui ?
27:29Quel Ăąge il avait ?
27:30Je crois qu'il a 65 ans, je ne sais pas quoi.
27:33Mais il n'avait pas 25 ans.
27:36À l'Ă©poque, en 90, il n'avait pas 25 ans.
27:39Et donc, pensez à ces jeunes qui ont libéré ce pays.
27:42Pensez à Frédéric Guillemin.
27:44Pensez à ces ingrottagnes qui ont libéré le pays.
27:48C'est grĂące Ă  eux que nous pouvons nous retrouver dans cette salle, maintenant, aujourd'hui.
27:52Je suis en train de penser, de parler au nĂŽtre.
27:58Parce qu'aujourd'hui, nous avons la possibilité de le faire.
28:01Parce que nos parents, figurez-vous, n'avaient pas cette possibilité-là.
28:05Ils n'avaient pas ce droit-lĂ .
28:06Ils n'avaient pas le droit de commémorer.
28:09Ils n'avaient pas le droit d'organiser des messes, d'organiser des finérailles de fin.
28:17C'était totalement interdit, totalement interdit.
28:20Donc, pensez à tout ça.
28:22Projetez-vous dans 50 ans ce que vous allez faire.
28:28Que sera la mémoire dans 50 ans ?
28:30Parce que c'est vous qui porterez cette mémoire dans 50 ans.
28:32C'est vous qui serez Ă  la tĂȘte du Rwanda dans 50 ans.
28:36Protégez cette mémoire que nous avons maintenant, que nous essayons d'entretenir.
28:40Parce que la mémoire, c'est vous.
28:42Le Rwanda, c'est vous.
28:44Et pour terminer, je vous rappelle que Uruguanda, c'est Urumuri, Uruguanda.
28:52C'est la lumiÚre qui s'étend.
28:55Et la lumiĂšre, c'est qui ?
28:56La lumiĂšre, c'est vous les jeunes.
28:58C'est nous tous.
28:58Mais essentiellement, vous les jeunes.
29:00Parce que vous ĂȘtes cette petite flamme Ă©tincelante.
29:05Tu montes dans l'Eggiciano.
29:07Et tu vas rayonner partout, partout, partout.
29:11Donc, c'est vous.
29:13Merci Ă  vous.
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