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  • il y a 2 jours
La Russie montre chaque jour qu'elle ne s'arrêtera pas à l'Ukraine. En plus des offensives qu'elle y mène, elle menace de modifier les frontières européennes et pratique la guerre hybride: attaques informationnelles ou en brouillant les signaux GPS sur la Baltique.
Soyons fermes pour éviter l'escalade.

00:00 : Une "muraille de drones" face à la Russie
02:04 : Situation dans la région de Kharkiv
04:08 : Bientôt un million de soldats ukrainiens ?
07:01 : Les pertes humaines accélèrent
10:17 : Protéger la frontière Europe / Russie
14:02 : La Russie veut modifier les frontières avec l'Europe
15:58 : IL FAUT ÊTRE FERME
20:45 : L'Ukraine pourra-t-elle reconquérir tout son territoire ?
21:50 : Bombardements ukrainiens et libération du ciel
23:48 : IL FAUT UNE PARITÉ UKRAINE / RUSSIE: frappe dans la profondeur
28:05 : Supériorité des USA & confrontation Chine
32:05 : Armes nucléaires russes en Biélorussie
35:10 : Les robots terrestres
39:40 : Agressivité chinoise sur Taïwan et génocide des Ouïghours
42:45 : Fermeté face à la Chine

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Transcription
00:00La nouvelle a été donnée il y a quelques instants, nous l'avons suivie en direct.
00:03Elle dit l'ampleur de l'affrontement qui est en train de monter entre l'OTAN et la Russie à
00:07l'échelle des pays baltes.
00:09Les pays de l'OTAN frontaliers de la Russie vont ériger, je cite, une muraille de drones.
00:14C'est la Lituanie qui l'annonce ce soir.
00:16La personne, pour commenter cela, évidemment, l'a mieux trouvé, c'est Xavier Tittleman.
00:20Merci d'être avec nous.
00:21Bonsoir, merci.
00:22Lisons la déclaration.
00:23Il s'agit d'une chose complètement nouvelle.
00:25Une muraille de drones s'étendant de la Norvège à la Pologne.
00:29L'objectif est d'utiliser des drones et d'autres technologies pour protéger nos frontières.
00:34Cela n'est pour l'instant que cette annonce.
00:35A quoi cela peut-il correspondre ?
00:37Il y a plusieurs possibilités.
00:39La première qui me vient à l'esprit, c'est ce qu'on fait déjà par exemple avec plein de
00:42pays,
00:42y compris des drones français, c'est qu'ils font des allers-retours sur les frontières.
00:45C'est de la surveillance.
00:46Cela permet de voir avec un grand préavis, par exemple, des amassements de troupes,
00:50des armes qui vont être envoyées, également des drones et des vecteurs aériens.
00:54Mais donc, cela voudrait dire qu'en permanence, on aurait des drones qui voleraient le long de cette frontière.
00:57Cela évite d'avoir des avions de chasse qui coûtent beaucoup plus cher
01:00et qu'on ne ferait décoller que dans les conditions si on voit quelque chose arriver à l'avance.
01:04Reste à savoir quel type de drones ils auraient.
01:05Est-ce que ce seraient des drones armés ou uniquement des drones qui feraient de l'observation ?
01:09Armés, cela permettrait de réagir instantanément s'il y avait un amassement de troupes
01:12qui essayait de se rapprocher de la frontière.
01:14Et de l'observation, là, on est sur ce qu'on appelle l'ISR.
01:17Donc, cela permet d'avoir 20-30 km de profondeur dans la Biélorussie ou dans la Russie.
01:20C'est un degré d'alerte extrême.
01:22Je me rappelle les dirigeants turcs racontant qu'ils font voler en permanence,
01:26tout autour de leur frontière, c'est grand la Turquie, des avions de guerre.
01:29Parce qu'ils considèrent qu'en permanence, leur espace aérien est menacé.
01:33Il est potentiellement menacé parce qu'ils ont la Russie juste en face,
01:35qu'ils ont l'Iran de l'autre côté, puis qu'ils ont le front syrien
01:37où ils ont clairement dit qu'ils voulaient faire tomber Bachar el-Assad.
01:39Donc, ils ont des ennemis sur toutes les frontières.
01:42Mais finalement, c'est ce qui est en train de devenir la norme en Europe,
01:45sur la frontière avec la Russie.
01:46On va devoir s'imposer cette montée en puissance, cette montée en capacité
01:50de surveillance et de réaction si jamais ça débordait.
01:53On reviendra plus longuement dans quelques instants
01:55sur la menace à l'échelle des pays baltes avec beaucoup de précision,
01:59les déclarations des dirigeants baltes.
02:01On aura aussi la déclaration du ministre des Affaires étrangères de Lituanie
02:05faite à LCI.
02:06Mais d'abord, le panorama général.
02:09Ce qui se passe dans la région de Kharkiv, c'est là où les combats sont le plus âpres.
02:13Le président Zelensky s'est rendu sur place.
02:15Comment est-ce que vous évaluez la situation à cet endroit ?
02:18Dans un premier temps, on a dit que les Russes progressent.
02:19Maintenant, les Ukrainiens disent qu'on les a stoppés.
02:21Comme prévu, en réalité, j'ai été en contact aujourd'hui
02:24avec des combattants français qui se battent dans la région de Vovchansk.
02:27Donc, pour eux, le front est complètement bloqué.
02:30Et c'est à eux de faire maintenant des petites contre-offensives locales,
02:33justement, parce qu'ils sont sur une ligne de front qui est mouvante,
02:35mais qui est réellement bloquée.
02:37Et c'est finalement ce que font à chaque fois les Russes.
02:39Ils arrivent dans un nouvel environnement,
02:42Batavdivka.
02:42Ils avancent pendant 10-15 jours.
02:44Les Ukrainiens mettent les renforts à cet endroit-là
02:47et le front finit par être bloqué.
02:49Par contre, la différence avec ce qu'on voyait d'habitude,
02:50c'est que les Russes continuent à envoyer des troupes en très très grand nombre,
02:53alors que réellement,
02:55les défenses ukrainiennes sont vraiment solides à cet endroit-là.
02:58Et malgré les très nombreuses bombes planantes que les Russes envoient,
03:01ils n'arrivent pas à viser correctement sur les bunkers et sur les défenses.
03:04Sur l'ampleur des pertes, je recommande toujours, notamment, de suivre votre chaîne YouTube.
03:09Vous avez un degré de précision extrême.
03:11Je me rappelle, quand vous suiviez, c'était la bataille de Kherson, je crois,
03:14le nombre de téléphones portables des soldats russes tués qui étaient au fil de l'eau.
03:19Donc, vous avez des moyens de suivre.
03:21Est-ce que dans ce cas-là, il y a effectivement, comme on le dit,
03:23tant de morts russes et d'ailleurs ukrainiens ?
03:25Alors, il y a plusieurs choses.
03:26Il y a ce qu'annoncent les officiels ukrainiens,
03:28qui sont toujours sujets à caution, parce qu'évidemment, ils sont jugés partis.
03:31Néanmoins, eux, ils annoncent des chiffres qui, s'ils sont faux,
03:35donnent néanmoins des tendances qu'on peut observer derrière.
03:37Et en ce moment, on a un nombre d'assauts suicides.
03:40On a un nombre de véhicules de faible qualité.
03:43Les Russes lancent des assauts avec presque des voiturettes de golf d'origine chinoise
03:47ou alors avec des camions non blindés.
03:49Donc, ils envoient des camions à l'assaut pour sauter sur les mines.
03:52Les pauvres soldats meurent derrière.
03:54Donc, le nombre d'informations, le nombre de vidéos qu'on voit remonter aujourd'hui
03:58est cataclysmique sur la zone de Kharkiv,
04:01mais encore une fois, qui n'est pas l'endroit sur lequel il y a le front le plus intense.
04:04Ça reste quand même l'est, ça reste quand même le nord du Donbass en particulier,
04:07et également les zones autour de Luhansk.
04:10Le sursaut ukrainien tient aussi à la mobilisation.
04:13Alors, ce n'est qu'en début, mais les Ukrainiens annoncent un million.
04:16Ils ont changé les règles de mobilisation, n'est-ce pas ?
04:18Ça a été étendu à des gens jeunes.
04:20Un million d'Ukrainiens qui se sont annoncés.
04:24Alors, la dernière fois que j'y étais, c'était au mois de mars,
04:25j'étais dans des champs d'entraînement, des champs de manœuvre,
04:27et j'ai parlé avec des combattants, des soldats en entraînement,
04:30et ils m'expliquaient, nous, on est en formation maintenant depuis six mois,
04:33on fait deux jours, une semaine sur deux,
04:34pour se préparer sur des équipements, de l'artillerie, des chars, etc.
04:38Mais on attend de recevoir ce matériel.
04:40Donc, je ne sais jamais si c'est réellement ce qu'ils vont pouvoir mobiliser,
04:43en mettant un million de personnes dans les tranchées et équipées,
04:46ou alors si c'est en prenant en compte l'arrivée future de matériel,
04:49parce que les hommes sont déjà formés.
04:51Si on leur donne des chars demain,
04:52ils n'ont pas besoin d'attendre quatre mois avant de savoir s'en servir,
04:54tout de suite, ils savent s'en servir.
04:56Mais cet objectif, il est pertinent, dans le sens où la Russie,
04:59elle aussi, elle continue à augmenter en volume,
05:00et l'objectif, c'est de rester avec une forme de parité,
05:03voire dans ce cadre-là, un million d'hommes mobilisés,
05:05ce serait supérieur du côté ukrainien que du côté russe,
05:08ce qui veut dire qu'ils préparent aussi des contre-offensives pour 2025, par exemple.
05:11La masse, n'est-ce pas ?
05:12Les Russes comptent sur la masse.
05:14Si les chiffres se réalisent, effectivement,
05:17un million d'Ukrainien en plus, il y a aussi 650 000 qui sont à l'extérieur,
05:20ça fait beaucoup de monde, potentiellement.
05:21C'est une masse de manœuvres gigantesques
05:23qui permet, effectivement, de relancer des grandes contre-offensives.
05:27Il faut le matériel qui va avec.
05:28Ce n'est pas uniquement la masse humaine qui va suffire,
05:30et le matériel, il viendra forcément de nous, des alliés de l'Ukraine,
05:33parce que les capacités industrielles de l'Ukraine,
05:35certes, elles sont en très forte augmentation,
05:37mais elles sont handicapées également par les difficultés autour de l'électricité.
05:41C'est pour ça que les Russes essayent de détruire le réseau.
05:44Mais globalement, imaginer des armées de plus d'un million d'hommes,
05:47c'est plus que la totalité de toutes les armées d'Europe réunies en même temps.
05:50Et on ne parle que de l'Ukraine.
05:51Mais face à la menace russe qui continue à avancer,
05:54qui continue à mobiliser, qui continue à mobiliser plus de 1 500 personnes par jour en Russie,
05:58et ils en perdent quasiment 1 000 par jour entre les blessés et les morts,
06:01les Russes-Ukrainiens n'ont simplement pas le choix aujourd'hui.
06:03L'effort ukrainien, les prisonniers,
06:07la mesure qu'ils avaient prise, très spectaculaire,
06:09qui est en miroir de ce que font les Russes,
06:11d'aller chercher des combattants, y compris dans les prisons.
06:15Alors c'est des petites peines, ce ne sont pas les très grands criminels,
06:17mais enfin on leur offre d'aller combattre.
06:193 000 détenus ukrainiens sont d'accord.
06:22Oui, c'est vrai que les Russes avaient même mobilisé des serial killers, des violeurs, etc.
06:26Donc là on est sur des petits larcins, on est sur des personnes.
06:28Il y avait le cas fameux extrême d'une espèce de cannibale qui a défrayé la chronique,
06:32même en Russie, sur les réseaux russes.
06:33Oui, et en plus il y en a certains qui ont été libérés à l'issue de leurs services en
06:38Ukraine,
06:38et qui ont recommencé à faire des crimes derrière.
06:40Ils ont vraiment libéré n'importe qui, même s'il y a eu 40 000 prisonniers qui sont morts,
06:43d'après les ONG russes.
06:45Néanmoins, les Ukrainiens, ils ont besoin de monde partout.
06:47S'il y a des patriotes qui ont envie de défendre leur pays,
06:49qui sont en prison pour trafic de drogue ou des choses qui sont graves,
06:54qui méritent la prison, mais qui ne les empêchent pas de se battre,
06:56aujourd'hui c'est tout à fait pertinent de pouvoir les libérer,
06:59en tout cas plus que des pauvres boulangers ou des pompistes
07:02qui n'ont pas forcément envie de se battre.
07:03L'ampleur des pertes côté russe, écoutez ça, côté fédération de Russie,
07:08écoutez ces témoignages, ce sont des Tchétchènes,
07:11puisque les Tchétchènes ont été aussi envoyés en renfort côté russe,
07:15face à la région de Kharkiv.
07:19Alors, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là,
07:25on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là,
07:34on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est
07:42là,
07:43on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est
07:51là,
07:52on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est
07:59là,
07:59on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est là, on est
07:59là,
08:03Comment interprétez-vous d'avoir le fait que des tchétchènes soient là ?
08:05Les tchétchènes, ils sont partout. On a même des patches iraniens. Ils font des mélanges également religieux.
08:11C'est-à-dire qu'on voit des iraniens qui arrivent parfois, donc des mercenaires, qui viennent avec les tchétchènes.
08:14Et ils ne savent pas communiquer entre eux. On a des gens du Bangladesh. Ils ne savent pas de quel
08:19côté est le front.
08:20Il n'y a personne. Ils ne parlent pas anglais. Donc ils sont là et on leur explique le front
08:23et de ce côté-là.
08:24Donc on a quand même beaucoup d'images. On a beaucoup plus d'images de désespoir comme ça du côté
08:29russe.
08:30Il y en a certainement du côté ukrainien. Les pires sont dramatiques du côté ukrainien.
08:33Mais celles qu'on peut mesurer sont vraiment, vraiment beaucoup plus intenses du côté russe.
08:37Parce qu'aussi, ils ont cette politique de la chair à canon et d'envoyer des gens comme ça en
08:42grand nombre.
08:42Et ce qui est étonnant dans ces vidéos, c'est qu'il n'y a pas de soutien.
08:45Quand vous avez des blessés du côté ukrainien, vous avez très rapidement des quads.
08:48Alors oui, ce n'est pas des blindés. Ce n'est pas ce qu'on aimerait voir chez eux.
08:51C'est des 4x4 ou alors simplement des ambulances qui vont sur le terrain.
08:55Du côté russe, on a des gars qui traînent leurs camarades, parfois sur des centaines de mètres,
09:00et puis qui agonisent. Ils n'ont pas de véhicule pour venir les escorter et les sortir.
09:03Et ça, c'est peut-être la différence marquante.
09:05C'est que le manque de véhicules côté russe commence à être plus criant que du côté ukrainien,
09:09en tout cas de ce qui transparaît en nos int.
09:11Il semble que les Russes renouvellent.
09:14En fait, l'armée russe fait à peu près ce que faisait par exemple Wagner.
09:18Ils ont recyclé beaucoup de combattants, dit-on même d'Afrique.
09:21Les combattants d'Afrique seraient rapatriés maintenant.
09:23Ils prennent tout ce qu'ils peuvent, y compris les Arméniens.
09:25C'est une des raisons pour lesquelles la Russie a laissé tomber l'Arménie.
09:27C'est qu'ils voulaient absolument récupérer des troupes qui étaient à cet endroit-là.
09:30Mais y compris les troupes qui ne sont pas engagées, les troupes de défense de Moscou.
09:34La première brigade de tanks qui est censée défendre Moscou contre les chars de l'OTAN,
09:39au cas où on les attaquera, ce qui n'arrivera pas,
09:41ils les ont retirées, soi-disant cette grande crainte de l'OTAN.
09:44Ils ont retiré leurs armes qui étaient faites à l'OTAN pour les envoyer en Ukraine.
09:47Ils ont pris des gens qui étaient embarqués sur des bateaux sur la flotte du Pacifique.
09:52Et ils en ont fait des servants sur des chars alors qu'ils ne savaient pas se servir de ces
09:57chars.
09:57Quelques semaines avant, il y a des prisonniers qui témoignent de ce genre de choses-là.
10:01Et il n'y a aucun doute sur le fait que la Russie a du mal à continuer à encaisser
10:05autant de pertes.
10:06Parce que néanmoins, malgré le fait qu'ils cherchent à récupérer du monde,
10:10ce n'est pas pour créer une masse de manœuvres, c'est pour continuer ce sort de...
10:12Ça devrait être un rouleau compresseur, mais en réalité c'est une machine à broyer des soldats russes.
10:17Pendant que nous parlons, nous arrive en direct un certain nombre de précisions
10:21sur ce qui est visiblement la nouvelle de la soirée.
10:23C'est ce mur de drones, cette muraille de drones que les pays de l'OTAN annoncent face à la
10:28Russie.
10:29Ce qui dit, de leur point de vue, l'ampleur de la menace.
10:32On parle là de la Norvège, de la Pologne, des Pays-Balques.
10:36Il s'agit d'une chose complètement nouvelle, une muraille de drones s'étendant de la Norvège à la Pologne.
10:40L'objectif est d'employer des drones et d'autres technologies pour protéger nos frontières.
10:44C'est le ministre de l'Intérieur de Lituanie qui parle.
10:47Et d'autres précisions nous arrivent.
10:49Infrastructures physiques, systèmes de surveillance, drones, autres technologies
10:53qui permettraient de se protéger contre les provocations de pays hostiles
10:55et d'empêcher la contrebande.
10:58C'est la faute d'orthographe qui vous fait sursauter la rigueur de Xavier Tittleman.
11:03C'est très bien.
11:04Il ne donne pas pour l'instant de calendrier pour ce projet.
11:07Mais évidemment, il y a quelque chose de très spectaculaire dans ce mur qui serait constitué.
11:13Alors, il y a d'autres pays qui ont des murs.
11:15Notamment, d'habitude, des pays désertiques.
11:16Il faut voir, par exemple, ce qu'on a fourni avec Airbus Defense & Space,
11:20des pays comme les Émirats, l'Arabie Saoudite.
11:21Il y a beaucoup de pays qui sont protégés par nos systèmes.
11:23On a des pays africains également qui utilisent les drones français,
11:26les drones de l'air, avec une grande efficacité pour surveiller des grandes, grandes zones.
11:31Là, on est quand même sur des endroits, effectivement, qui sont désertiques.
11:33Donc, on ne peut pas forcément faire de patrouilles à pied.
11:36Donc, il y a des radars au sol qui permettent de voir ce qui va se passer dans la profondeur.
11:40Dans plusieurs dizaines de kilomètres, on voit les véhicules qui sont en mouvement.
11:43Mais c'est vrai que cette combinaison, telle qu'il l'annonce aujourd'hui,
11:46de coordonner à la fois des équipements au sol, du matériel au sol,
11:49des drones qui seraient en permanence pour avoir une surveillance H24,
11:52c'est vrai que c'est quelque chose qui va être relativement inédit.
11:55Ça veut dire du matériel sur le terrain, ça veut aussi dire ce qu'on appelle le C2.
11:58Donc, c'est le centre de commandement et de coordination des opérations
12:01sur lequel il va forcément y avoir un besoin de se renforcer,
12:04pourquoi pas avec l'OTAN qui serait impliquée.
12:06En termes d'interception, parce qu'on comprend, il y a toute une fonction préventive.
12:10Il y a d'ailleurs des hommes, je crois que c'est en Estonie,
12:12il y a 300 soldats français qui sont là, et une dimension préventive.
12:15Mais en termes vraiment d'interception réelle,
12:17est-ce que des drones, une muraille de drones peut arrêter,
12:19par exemple, des missiles ou des hélicoptères ?
12:22Alors, les drones, a priori, on sait plutôt sur des drones d'observation,
12:25ou alors qu'ils vont faire du bombardement,
12:26ils peuvent emporter des missiles anti-char, Hellfire, par exemple,
12:29en fonction du modèle qui va être fourni.
12:31Après, les drones, s'ils détectent quelque chose qui arrive,
12:33ou les radars qu'ils vont détecter, par exemple, des avions de chasse ennemis,
12:36ils vont pouvoir faire décoller la chasse,
12:38ils vont pouvoir mobiliser les brigades.
12:39Vous savez que l'Allemagne est en train de créer une brigade
12:41qui serait directement hébergée en continu dans les Pays-Baltes.
12:45La France est présente avec ses avions de chasse,
12:47c'est notre rôle de renforcement des frontières de l'OTAN,
12:49avec nos alliés européens.
12:51Donc, logiquement, ce n'est pas ces drones qui vont faire toutes les interceptions.
12:54Néanmoins, il y a certains drones, par exemple,
12:56on peut penser au système parade,
12:57qui est d'ailleurs expérimenté pour les Jeux Olympiques,
13:00dans lequel on a des drones intercepteurs de drones.
13:02Et là, c'est une sorte de drone avec une sorte de filet de pêche à l'avant
13:04qui va aller capturer les drones ennemis
13:07qui pourraient s'aventurer sur le stade de France demain,
13:10mais qui pourraient aussi essayer de passer la frontière.
13:12– Les destructions, par rapport à quel équipement le drone est-il de taille ?
13:17On se rappelle qu'il n'y a pas si longtemps,
13:18c'est quelques heures ou quelques jours,
13:20les Polonais ont dit, la prochaine fois,
13:22on pourrait abattre des missiles russes
13:24s'ils passent trop près de chez nous ou chez nous.
13:27– Il serait temps.
13:28Mais tout type de drone qui violerait l'espace-érien de l'OTAN,
13:31s'il vient de l'autre côté de la frontière,
13:32forcément, c'est une violation de la souveraineté d'un pays européen
13:35et il a droit de l'abattre.
13:37Mais de la même manière que les Turcs ont abattu un Sukhoi 24
13:39qui avait passé 30 secondes dans leur espace aérien,
13:41ou que les Russes auraient la légitimité
13:43à abattre nos avions si on violait leur espace aérien.
13:46La différence, c'est que les Russes
13:47testent nos frontières, vont sur nos frontières,
13:49violent les espaces aériens,
13:51qu'il y a des missiles russes qui tombent en Roumanie
13:53ou qui violent les espaces aériens de la Pologne,
13:54donc il est légitime de les intercepter.
13:56Je ne savais pas que cette doctrine avait évolué du côté polonais,
13:59qu'enfin ils s'autorisent à abattre les missiles.
14:01C'est leur visage pour l'instant.
14:03C'est pas toute la même chose.
14:06La provocation russe, elle est déjà là,
14:08puisque les Russes ont retiré, dans certains endroits,
14:12c'est la rivière Narva qui fait la frontière avec l'Estonie,
14:16et ils ont retiré les bouées,
14:18ce qui paraît être un acte, disons, de provocation extrême,
14:20puisque là c'est la frontière.
14:22Mais on a l'impression que parce que c'est une frontière navale,
14:24ce serait moins grave.
14:26Imposer un flou sur une frontière,
14:29ça implique qu'ils peuvent prétendre qu'ils sont 10 mètres plus loin,
14:32ou 10 mètres...
14:32Alors c'est pas grave 10 mètres quand on en réfléchit,
14:34mais il faut simplement être ferme.
14:36Et cette fermeté qu'on est en train de ne pas avoir face aux Russes
14:39quand ils font ce genre de choses-là,
14:40il faut imposer une frontière, la faire respecter,
14:43parce qu'on est sur les frontières de l'Europe,
14:44et qu'ils cherchent à grappiller et à vérifier notre faiblesse.
14:47On a été tellement faible que la Russie s'est permis,
14:50après la Georgie, d'attaquer l'Ukraine,
14:52si on n'avait pas été faible depuis le début,
14:53on n'en serait pas là aujourd'hui.
14:54Et ça, c'est des gestes qui impliquent une ouverture
14:57pour les laisser faire plus loin.
14:59Et c'est la même chose que les attaques
15:00avec le brouillage de GPS sur la Baltique
15:02et tous les autres qu'on subit.
15:03Tester l'adversaire, parce que ce qu'ils font là,
15:05c'est-à-dire qu'il y a une espèce de décret
15:06ou de projet de décret pour revoir les frontières
15:09qui a été publiée, puis retirée de publication.
15:12C'est exactement ça.
15:13Mais se permettre sur le site web officiel de la Douma,
15:16si je ne dis pas de bêtises,
15:17de publier un décret comme quoi ils vont modifier
15:18les frontières maritimes au détriment de la Finlande
15:21et des Pays-Bas.
15:22C'est-à-dire que la Russie se dit aujourd'hui,
15:24ben voilà, on va changer nos frontières,
15:25notamment vers l'île de Göteborg,
15:27pour approfondir, pour rallonger l'espace maritime
15:30qui appartient au territoire russe.
15:32Et nous, il y a eu à peine quelques réactions,
15:35quelques articles dans la presse,
15:36mais on n'a pas un politicien occidental,
15:38en tout cas d'Europe de l'Ouest,
15:39qui a très clairement dit que c'était un vrai problème.
15:41Oui, les pays concernés disent qu'on ne va pas se laisser faire,
15:44mais quel est notre soutien ?
15:45S'il y a un navire russe qui commence à mouiller des câbles
15:49pour aller vérifier en dessous,
15:51pour faire de l'exploitation pétrolière,
15:52est-ce qu'on le coule ?
15:54Est-ce qu'on se permet ?
15:55Mais il faut être ferme.
15:56Il faut leur dire très clairement,
15:57toute violation de notre espace maritime,
15:59ce sera la guerre.
16:00Le danger des marges grises,
16:02il faut rappeler que nous sommes dans une Union européenne,
16:04l'Union européenne,
16:05qui en principe est le réservoir du droit,
16:10garant du droit,
16:11où un pays, la Turquie,
16:13occupe depuis des décennies une partie de Chypre
16:15de manière complètement illégale,
16:16il n'y a pas de réaction.
16:17Personne n'ose mordre la Turquie.
16:19Évidemment, on se dit que de la même façon,
16:21si demain, la Russie envahissait une île lituanienne
16:25ou une île finlandaise,
16:27est-ce que vraiment les pays de l'OTAN
16:28entreraient en guerre pour ça ?
16:29Je pense qu'aujourd'hui,
16:30il ne faut pas se poser la question.
16:31Le simple fait de se poser la question
16:33laisse l'opportunité aux Russes de tenter
16:35et de tester et de voir ce que ça donne.
16:37On va le voir d'ailleurs tout à l'heure pour Taïwan.
16:38Taïwan, idem, les Chinois sont à ce point menaçants,
16:41ils provoquent et ils testent.
16:44Ils testent sur l'ADIS.
16:45C'est encore une notion un petit peu différente.
16:48Ce n'est pas directement l'espace aérien taïwanais,
16:50c'est la zone d'identification obligatoire
16:52d'après les Taïwanais.
16:53Donc ce n'est pas encore la violation de l'espace aérien,
16:55de la souveraineté territoriale de Taïwan,
16:57mais néanmoins ça avance.
16:58Mais c'est exactement la même chose.
17:00Et encore une fois, je pense que
17:01c'est parce qu'on n'est pas ferme.
17:03Si à chaque fois que les Russes parlent de guerre nucléaire,
17:06on donnait 50 missiles de croisière
17:08et 10 000 obus à l'Ukraine,
17:10eh bien les Russes vont arrêter d'en parler.
17:11Il faut être ferme systématiquement dans tous les domaines
17:13parce que c'est la seule façon d'éviter une escalade
17:15et la Troisième Guerre mondiale.
17:16Quand on parle de provocation
17:17et ce jeu permanent de la Russie
17:19qui dit mais non, c'est pas tout à fait ça,
17:20vous nous avez mal compris.
17:21Écoutez comment Peskov, porte-parole du Kremlin,
17:24joue sur cette corde-là.
17:26Il n'y a rien de politique ici,
17:31même si la situation politique a beaucoup changé depuis.
17:34Vous pouvez voir à quel point les tensions se sont intensifiées
17:37et quel est le niveau de confrontation,
17:39en particulier dans la région de la Baltique.
17:44Bien entendu, cela exige de nos organes d'État
17:47qu'ils prennent des mesures pour garantir la sécurité.
17:53Cette déclaration est typique.
17:54On imagine ce qui se passerait à la frontière française
17:56si on retirait des bornes de frontières
17:58ou des bornes maritimes
17:59et puis on dit non, non, mais c'est pas politique.
18:01C'est pas politique.
18:02C'est pas politique.
18:03En fait, il faut arrêter de les écouter.
18:05Avant, c'était menteur comme un arracheur de dents.
18:07Maintenant, c'était menteur comme un politicien russe.
18:09Jusqu'à la veille de l'invasion, ils disaient qu'ils n'invairaient pas l'Ukraine.
18:12Maintenant, ils disent...
18:12Et le pire, c'est que parfois, il y a des traces qui restent.
18:15Donc, quand ils disent
18:16on va annuler la reconnaissance de l'indépendance de l'Ukraine et des pays baltes,
18:21c'est la Douma.
18:22C'est le parti présidentiel russe du président Poutine
18:26qui a commencé à travailler sur ces sujets.
18:28Et puis finalement, ils disent
18:29non, mais en fait, c'était pas exprès.
18:30Et puis vous nous avez mal compris.
18:32Parce qu'ils attendent de voir notre réaction.
18:34Il faut réagir.
18:35On ne réagit pas.
18:36Et on continue à les laisser dire n'importe quoi.
18:38Et on continue à analyser leurs discours.
18:40Comme s'ils étaient encore crédibles.
18:42Le jeu du malentendu arrange beaucoup de gens.
18:44C'est ce que dit le président Zelensky cette semaine dans le New York Times
18:47quand il dit
18:47beaucoup d'occidentaux veulent toujours laisser la porte entre-ouverte aux occidentaux.
18:51Ils font semblant de ne pas comprendre.
18:53Peskov fait semblant que ça n'est pas politique.
18:55Mais il y a aussi beaucoup d'occidentaux qui en réponse font semblant de ne pas comprendre.
18:58Mais parce qu'on a peur...
19:00Il y a une partie des occidentaux qui sont soit noyautés par les Russes,
19:03soit qui ont peur en se disant que la fermeté implique de la fermeté en face.
19:08Mais on l'a bien vu avec la Turquie.
19:09Quand la Turquie a abattu un avion russe, la réponse russe, ça a été de se reculer et de respecter
19:14les frontières turques.
19:15Il y a un moment, il faut aussi comprendre que face à un discours de fermeté, il faut être ferme
19:18nous aussi.
19:19On a les moyens militaires d'être fermes.
19:22Il faut les engager.
19:24C'est ça qui évitera une escalade.
19:26Si on continue à reculer, si on continue à se poser des questions,
19:29quand les États-Unis enlèvent l'ambiguïté stratégique,
19:32en disant que de toute façon, il n'y aura jamais de soutien à l'Ukraine, il n'y aura
19:34pas d'hommes sur place,
19:35c'est ça qui provoque cette ambiguïté qui fait gagner les Russes.
19:39Lisez ce que dit Zelensky, c'est la déclaration de New York Times.
19:41Tout le monde garde la porte légèrement entre-ouverte avec la Russie.
19:45Légèrement entre-ouverte, pas aussi ouverte qu'après 2014,
19:48donc après l'invasion de la Crimée, lorsqu'il y a eu une grosse erreur,
19:51mais chacun des dirigeants les a laissés entre-ouvertes.
19:53Pas tous, mais beaucoup.
19:54Mais il y en a...
19:55Et on peut dire que le président français a fait énormément d'efforts
19:58pour garder une porte ouverte, pour espérer des négociations.
20:01Finalement, on a été ridiculisé par Poutine, la Terre entière se moquait de nous.
20:05Aujourd'hui, on a un discours de fermeté et j'en suis fier.
20:07Donc, si les autres pays, aujourd'hui, adoptaient ce même discours de fermeté,
20:12si l'Ukraine avait des perspectives stratégiques avec une certitude
20:15d'avoir des armements sur le long terme que la Russie ne peut pas suivre,
20:18puisqu'encore une fois, notre industrie est infiniment supérieure
20:21à ce que peut produire la Russie,
20:23eh bien, la Russie laisserait tomber.
20:24Mais comme aujourd'hui, il n'y a pas de certitude sur
20:27est-ce que l'Ukraine sera soutenue en 2026,
20:29à quel niveau, à quel volume, combien de chars, combien d'avions vont arriver,
20:32eh bien, ils continuent.
20:33Donc, c'est notre incertitude stratégique aujourd'hui.
20:35Trop longtemps, on a laissé la porte ouverte à Poutine.
20:39Et aujourd'hui, effectivement, je pense qu'il faut que l'ensemble de l'Europe
20:42et des pays, les États-Unis, tous ceux qui soutiennent l'Ukraine,
20:45s'alignent sur la position française, polonaise et vals.
20:47Vous allez beaucoup en Ukraine. Est-ce qu'il y a une division en Ukraine,
20:50même entre une partie des Ukrainiens qui pensent qu'il ne faudra jamais négocier
20:55tant qu'il n'y a pas le dernier centimètre carré reconquis militairement,
20:58y compris la Crimée, et notamment le gouvernement,
21:00qu'il faut le rappeler, avait déjà imaginé traiter avec les Russes ?
21:03En fait, ça, c'est la difficulté entre l'affichage diplomatique.
21:08En affichage diplomatique, tout le monde veut aller jusqu'au bout reconquérir
21:11la totalité du territoire ukrainien, légitimement reconnu.
21:14La réalité du terrain, quand vous en parlez avec des militaires,
21:16ils se disent « oui, très bien, c'est ça qu'on affiche,
21:18mais personne, je ne crois pas, en la capacité ukrainienne de reconquérir le Donbass,
21:23par exemple. Le Sud, oui. La Crimée, oui.
21:26Le Donbass, il y a une continuité territoriale qui fait que ce sera encore beaucoup plus dur. »
21:30Les gens, ouvertement, n'en parlent pas. Dans les médias, personne ne vous dira
21:33« oui, c'est bon, on est prêt à abandonner le Donbass ».
21:35La réalité du terrain fait qu'aujourd'hui, il y a une réelle politique.
21:37Il faut, par contre, être en situation de négocier au moment où on est en position de force.
21:42Avoir un million d'hommes, avoir des armes, avoir une vision stratégique sur plusieurs années
21:45comme quoi ils ont la capacité de tenir tête à la Russie,
21:48ça, c'est une position qui permettra de négocier. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
21:51Les Ukrainiens montrent, vous souhaitez la Crimée,
21:53qui est évidemment un des nerfs de la guerre,
21:55montrent leur volonté de continuer le combat pleinement.
21:58C'est ce bombardement très réussi, de leur point de vue, qui a été réalisé en Crimée.
22:03Expliquez-nous là pourquoi c'est un moment important.
22:05Notamment, ils ont frappé des radars, n'est-ce pas ?
22:07Alors, ils ont frappé énormément de choses.
22:08La Crimée est un environnement dans lequel les Ukrainiens tapent maintenant
22:11depuis quasiment un an et demi.
22:13Avec beaucoup d'efficacité, d'abord parce qu'il y a des missiles de croisière français et britanniques
22:17qui ont été fournis, mais maintenant parce qu'ils ont reçu des fameux attaques MS.
22:20L'intérêt du attaque MS, c'est que vous pouvez le tirer depuis le sol.
22:23C'est un missile sol-sol à 300 km de portée,
22:25donc toute la Crimée est à portée.
22:27Le missile français, il faut le tirer depuis un avion,
22:29donc vous mettez un avion en danger, c'est beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre.
22:32Là, ils ont une précision qui est suffisante pour être capable de taper sur des bateaux.
22:37Donc ils ont coulé un navire avec des missiles tirés directement depuis le sol ukrainien.
22:42Ils ont détruit des radars et ils ont détruit également des postes de commandement.
22:46On a également, avec ces missiles attaques MS,
22:49on a un Sukhoi-25, un avion de chasse qui a été abattu, qui a été détruit au sol.
22:52Et on a même, dans le Blast Donetsk, encore une fois, le système S-400,
22:57le système à 1,2 milliard de dollars, l'ensemble de défense aérien,
23:02qui avait la meilleure réputation du monde, qui a été détruit.
23:04Et on a encore deux lanceurs et un radar qui ont été détruits.
23:08Donc l'arrivée de ces missiles attaques MS pour l'Ukraine est vraiment,
23:12vraiment un game changer sur le long terme.
23:14Parce qu'encore une fois, sur le front, c'est là qu'il y a les difficultés,
23:18parce que c'est là qu'on n'a pas soutenu les Ukrainiens à la hauteur de ce qu'ils
23:20avaient besoin.
23:20Est-ce qu'ils peuvent caresser l'espoir de rendre aveugle la défense russe ?
23:25C'est déjà le cas aujourd'hui.
23:26On se souvient qu'ils ont réussi à abattre deux avions radar, les A-50.
23:30Ça veut dire que, petit à petit, le ciel est en train de se débarrasser des avions russes.
23:35Quand les avions russes s'engagent, ils ne savent pas ce qu'il y a face à eux.
23:37Ils ne savent pas s'il y a des moyens de guerre électronique,
23:39si les Ukrainiens ont eux-mêmes des systèmes de défense aérien qui vont être capables de les abattre.
23:43Mais ça prépare aussi l'arrivée des F-16.
23:45Quand les F-16 seront là, moins il y aura de défense aérienne en face,
23:48plus ils seront libres d'agir.
23:50On revient à ce que disait Zelensky sur la porte un peu entre-ouverte, etc.
23:54Est-ce que là, il y a une part de dosage de la part des Américains en particulier
23:57qui laisse un peu, comme on donne un chien, on laisse du fil,
24:01mais pas trop quand même parce qu'on ne veut pas aller jusqu'au bout.
24:04Et plus l'adversaire se la laisse va dans les deux sens.
24:08Alors, je pense qu'à partir du moment où les Américains ou n'importe quel pays
24:11donnent une autorisation, ils ne reviennent pas en arrière.
24:14Les Etats-Unis ont permis aux Ukrainiens d'utiliser leur défense aérienne,
24:18y compris au-dessus du territoire russe.
24:19Les Ukrainiens ont abattu des avions de chasse au-dessus du territoire russe
24:22avec des missiles patriotes, avec une grande efficacité.
24:25Donc maintenant, la vraie question, c'est, les Britanniques ont plus ou moins ouvert la porte
24:29pour du bombardement dans la profondeur, y compris sur le territoire russe,
24:32ce qui est structurant, ce qui est fondamental, notamment pour se défendre face à Kharkiv.
24:36Maintenant, les autres pays, s'ils acceptent de le faire également, ce sera intéressant.
24:39– Mais du point de vue des Ukrainiens, on les comprend, ils sont étonnés de voir cette espèce de progression.
24:45Pourquoi pas tout donner tout de suite ? Est-ce que c'est un calcul de la part des Américains
24:49?
24:49– Non, je pense que c'est encore une fois notre crainte d'avoir des lignes rouges,
24:51de s'imposer, de s'auto-imposer des lignes rouges, alors qu'on n'impose aucune ligne rouge à la
24:56Russie.
24:56Si on disait dès le début, si vous récupérez du matériel iranien,
25:00nous on fournira à peu près le même volume, vous allez voir qu'ils ne vont pas le faire.
25:03Parce que notre système, si on le fournissait à l'Ukraine, il a une efficacité infiniment supérieure au système iranien.
25:09Donc tant qu'il n'y a pas de parité, tant que les Russes récupéreront du matériel qui va à
25:14plus de 300 km,
25:15alors que nous on réduit la portée de nos missiles à 300 km.
25:18Donc tant qu'il n'y aura pas cet équilibre avec le droit de taper sur le territoire russe,
25:22comme les Russes se permettent de taper sur le territoire ukrainien, il y aura toujours cette difficulté.
25:27Oui, on laisse petit à petit avancer.
25:29Oui, on a fini par donner des équipements de mêlée.
25:31Oui, les avions de chasse arrivent bientôt.
25:33Si on l'avait fait dès le début, et si aujourd'hui on ne se mettait plus de barrières,
25:36il est clair que ce serait très profitable.
25:38On l'apprend à l'instant, puisqu'on parle de l'effort américain, des efforts supplémentaires.
25:44Washington accorde 275 millions de dollars supplémentaires, regardez la liste.
25:49Alors ce sont les munitions pour les 1.34 I-Mars, les obus d'artillerie, les missiles guidés, les armes
25:54anti-chars.
25:55Toujours cette stratégie due quand même un peu plus maintenant.
25:58C'est un flux, alors c'est étonnant parce que ça se fait en supplément des 61 milliards qui ont
26:02déjà été votés.
26:03Donc c'est plutôt une bonne nouvelle parce que c'est inattendu.
26:06Quel est le délai pour que ça arrive ? Ça soit une autre question.
26:08Mais dans tous les cas, ça veut dire que le flux va continuer au moins jusqu'à la fin de
26:12l'année.
26:12Le flux, les 61 milliards permettait de garantir que les Ukrainiens tiendraient jusqu'à la fin de l'année.
26:17On voit à quelle vitesse ils arrivent à détruire des systèmes russes de haute qualité, irremplaçables.
26:22Les S-400 qui sont détruits, les systèmes de défense, les avions de chasse, ils ne peuvent pas les remplacer
26:27au rythme où ils sont détruits.
26:29Et ça, c'est vraiment une perspective stratégique et intéressante.
26:32C'est que la Russie ne pourra pas maintenir le rythme de la guerre qu'elle fait aujourd'hui si
26:36elle n'a plus d'avions de chasse et si elle n'a plus une capacité d'avoir de défense
26:39aérienne.
26:39Pour les Russes en face, c'est un énorme enjeu. Ils sont très sensibles à ça parce que là, ils
26:43vont prendre des coups.
26:44Ils prennent d'ailleurs des coups. Écoutez de quelle façon Lavrov, ministre des Affaires étrangères, en prend acte.
26:51Pendant très longtemps, ils ont déclaré qu'ils n'encourageraient pas l'utilisation d'armes occidentales contre des cibles en
26:56Russie.
26:57Puis ils ont dit qu'ils ne l'autoriseraient pas. Puis ils ont conseillé de ne pas l'utiliser encore
27:01une fois.
27:02Mais en fait, ils nous font la guerre et des armes américaines ont déjà été utilisées sur divers objets en
27:08dehors de la zone de conflit.
27:09Le fait que les Américains essayent de faire des déclarations rassurantes pour leur opinion publique ou pour les membres de
27:15l'OTAN,
27:17ou de montrer que la décision n'a pas encore été prise, tout cela, à mon avis, c'est de
27:21la poudre aux yeux.
27:25Xavier Tittleman, d'abord factuellement, quand il dit déjà des armes américaines ont été utilisées à l'intérieur de la
27:29Russie, est-ce que c'est vrai ?
27:30En tout cas, en défense aérienne, les missiles aériens, des défenses aériennes patriotes ont intercepté les avions de chasse et
27:35les hélicoptères au-dessus du territoire russe.
27:37Il n'y a aucun doute, ils l'ont revendiqué. Les Russes sont accusés. Les Ukrainiens ont dit oui. Et
27:41puis finalement, c'est passé. Donc il n'y a aucun problème.
27:44Quel est le potentiel ici ? Il y a un certain nombre de zones, notamment, je crois, Rostov-sur-le
27:48-Don, qui est une zone très importante du point de vue du commandement de Marmerus.
27:52On se dit que le potentiel de bombardement est considérable.
27:55Alors si les Ukrainiens avaient le droit d'aller jusqu'à Rostov, c'est-à-dire là on est à
27:57300 km, on est juste derrière la frontière ukrainienne,
28:00c'est là qu'il y a le commandement, la coordination de toutes les opérations russes sur l'Ukraine.
28:04Évidemment, si l'état-major était décapité du jour au lendemain, ce serait intéressant.
28:08On voit ici, n'est-ce pas ?
28:09C'est tout au sud, à côté de la mer d'Azov. Mais ça voudrait dire aussi qu'il ne
28:13faut pas les avertir.
28:14Si jamais les Américains autorisent à utiliser ces missiles de croisière ou ces missiles balistiques pour aller aussi loin que
28:19sur Rostov,
28:20évidemment, il faut le faire un jour où il y a une réunion avec 10 généraux et tout l'état
28:24-major.
28:24Et puis voilà, on a donné l'autorisation.
28:26Vous pointez cette chose très intéressante qu'en réalité les Américains ont un tel degré de connaissances
28:32qu'ils peuvent même parfois jouer un peu double jeu, c'est-à-dire donner des armes aux Ukrainiens
28:36mais en même temps avertir les Russes pour dire « faites-en sorte qu'il n'y ait pas trop
28:40de vos gens là ».
28:41Non, mais au final, quand on avait fourni par exemple la première utilisation des missiles français, Scalp,
28:46ça a été sur l'état-major de la marine dans la Crimée,
28:49on a tué l'amiral et c'était une excellente réussite parce que le renseignement, il l'avait néanmoins.
28:55Les Ukrainiens ont aussi leur service de renseignement, on sait qu'ils ont des partisans,
28:59on sait que quand ils ont détruit un île ou Chine qui était en vol de croisière, ils savaient qui
29:03était à bord.
29:04Les Ukrainiens ont fourni la liste des personnes qui étaient à bord,
29:06ce n'est pas les Américains qui leur fournissent ce genre d'éléments.
29:08La supériorité américaine de renseignement est-elle à ce point grande ?
29:12Quand l'hélicoptère de Raisi est tombé l'autre jour, selon certaines informations,
29:17les Iraniens auraient demandé aux Américains de l'aide pour le repérer ?
29:21Alors, ce n'est pas étonnant, mais c'est peut-être aussi les systèmes de chaleur.
29:24Quand on a une couverture mondiale, comme c'est le cas des États-Unis,
29:28on a aussi des systèmes de détection des incendies.
29:30Et si vous avez un feu qui peut être lié à un hélicoptère qui va tomber,
29:34ça va faire un départ d'incendie.
29:36Et la NASA, en permanence, voit les incendies partout dans le monde
29:38avec un système qui s'appelle FIRMS, on peut les voir sur Internet.
29:41Donc les Américains seraient les seuls au monde à savoir,
29:43à n'importe quel endroit du monde, s'il y a un feu de forêt, disons, eux, savent où il
29:48est.
29:48Ils savent où il est, et c'est très utilisé en Ukraine pour suivre justement la ligne de front.
29:51Mais ça permet aussi de voir les départs de missiles.
29:54Un missile balistique, seul, seul, qu'elle soit sa taille, les Américains le voient partir.
29:58Sur la suprématie américaine, ce que vous racontez est fascinant.
30:01On comprend pourquoi, à quel point les Américains ici ont une avance, pour l'instant en tout cas.
30:06À mon grand regret, parce qu'on n'a pas investi pendant très longtemps
30:08et qu'on achète leur matériel plutôt que de développer le nôtre.
30:11Mais néanmoins, aujourd'hui, les Américains sont une hyperpuissance,
30:14comme on le disait en 1991.
30:15Ce n'est pas juste une superpuissance, ils sont seuls.
30:18Militairement, ils ont une avance technologique qui est très très importante.
30:20La Russie n'est plus une menace technologiquement.
30:22La Chine pourrait l'être dans quelques années, mais aujourd'hui, elle est quand même très en retard.
30:26Quand on voit des avions comme le B-21, le F-35, j'en suis pas fan,
30:30mais il y a quand même des éléments technologiques qui sont intéressants à bord de cet appareil.
30:33Et globalement, on sait qu'ils ont 5, 10, 15 ans d'avance sur la plupart des autres.
30:38Ils n'exportent pas tout leur matériel.
30:40Leur matériel, ils le gardent pour eux aussi quand il est trop sensible.
30:42Mais c'est aussi le signe qu'ils sont capables, en gros,
30:46de mettre à mal tout dispositif militaire ennemi, quel que soit l'ennemi.
30:49Ah, vous dites, on peut le regretter, on peut aussi s'en féliciter.
30:52Mieux vaut que ce soit les Américains du point de vue des démocraties libérales que la Chine demain.
30:56Mais oui, évidemment, ça reste quand même notre bloc,
30:58même si j'aime pas la soumission aux États-Unis,
31:00même s'ils nous font des coups dans le dos entre l'Australie et le renseignement.
31:03Il vaut mieux que ce soit les Américains que la Chine.
31:05Néanmoins, j'aimerais qu'on ait la même fermeté avec LinkedIn et Google qu'avec TikTok.
31:10Cela étant, là, en termes de concurrence, on va parler dans quelques instants de la Chine,
31:15il y aura un gagnant et un perdant.
31:16Pour l'instant, les Américains sont là.
31:19Beaucoup pensent qu'ils ne toléreront jamais que les Chinois les rattraperont.
31:22Mais est-ce qu'ils auront le choix le jour où économiquement les Chinois les rattraperont ?
31:26Aujourd'hui, c'est vrai que les États-Unis ont repris un avantage.
31:29Économiquement, ils ont repris un petit peu d'avance sur la Chine.
31:32Mais sur le long terme, c'est quand même le bloc qui compte.
31:34Et la Chine a quand même le chic pour se faire des ennemis.
31:38Des pays qui étaient assez neutres, voire favorables, comme le Vietnam, comme les Philippines,
31:41sont clairement passés sur le bloc américain.
31:44Des pays comme la Mongolie également, qui sont quand même enclavés entre la Russie et la Chine,
31:48ont annulé le parcours du pipeline qui devait relier.
31:52Donc il y a quand même beaucoup de pays qui sont en train de basculer,
31:54parce qu'ils ne veulent pas être coincés, entre cette nouvelle superpuissance locale.
31:58Et donc entre l'axe Japon, Corée du Sud, Philippines, tout cet axe autour finalement de la zone,
32:04je pense qu'il est quand même suffisamment puissant avec les États-Unis pour être capable de contenir la Chine.
32:08On revient à la Chine dans un instant, mais d'abord le bras de fer sur le sol de l
32:11'Europe même,
32:12c'est Vladimir Poutine qui est en Biélorussie.
32:14Il est là avec son allié soumis, son vassal, Loukachenko, qui dépend de lui à bien des égards.
32:22C'est le pays dans lequel la Russie a déployé des armes tactiques.
32:27Et pour l'instant, il y a là une prolifération nucléaire qui inquiète.
32:32Oui, surtout qu'il y avait des accords, les accords qui ont été respectés.
32:35Le seul accord, l'OTAN, pouvait accepter n'importe quel nouveau membre.
32:38Il n'y a jamais eu d'accord pour empêcher à l'OTAN de s'étendre.
32:41Par contre, les armes nucléaires ne devaient pas dépasser la frontière du bloc de l'Ouest,
32:45c'est-à-dire que les armes nucléaires américaines, par exemple,
32:47elles sont toujours en Allemagne de l'Ouest.
32:49Elles ne peuvent pas aller de l'autre côté, même dans les entraînements.
32:52Ils ne peuvent pas passer cette frontière.
32:53Donc c'est une dissymétrie qui fait qu'aujourd'hui,
32:57est-ce qu'il faudrait se poser cette question de nous aussi fournir des armes nucléaires tactiques
33:02à des pays comme la Pologne qui le demandent ?
33:04Ou les pays baltes.
33:04Ou les pays baltes.
33:05À partir du moment où ces pays sont face à la Biélorussie,
33:08qui elle, va maintenant avoir des armes nucléaires tactiques,
33:11pourquoi est-ce que les pays alliés des États-Unis, de l'OTAN,
33:15qui sont menacés très clairement par cette avancée russe,
33:18pourquoi est-ce qu'ils ne pourraient pas eux aussi avoir la capacité de se défendre ?
33:20Écoutez Vladimir Poutine, dans ce contexte, on retrouve ce jeu d'ambiguïté
33:24qu'il y avait tout à l'heure avec Peskov concernant la Baltique,
33:27mais cette fois concernant le nucléaire.
33:32En ce qui concerne le respect des normes et des engagements de la Russie dans ce domaine,
33:38nous respectons pleinement nos engagements dans le domaine des armes nucléaires.
33:44Nous n'avons rien volé.
33:47Il n'y a rien d'inhabituel si l'on compare avec l'OTAN par exemple.
33:56Tout est planifié et routinier.
33:59Nous ne provoquons pas d'escalade.
34:01Mais comme on l'a dit, tout doit être mis au point.
34:05Dans ce domaine, nous ne pouvons tolérer aucun échec,
34:07aucune erreur ni aucune action non coordonnée.
34:11La coordination, c'est la raison des exercices dont vous m'avez parlé.
34:17On n'a pas besoin de déployer des armes nucléaires tactiques
34:20ou quelque soit stratégique pour un exercice.
34:22On peut utiliser des maquettes, on peut utiliser des systèmes théoriques avec les portées,
34:26mais il n'y a pas besoin d'avoir l'arme nucléaire.
34:27Le simple fait de le faire, le simple fait de déployer des armes nucléaires plus proches de l'OTAN,
34:32c'était la crise des missiles de Cuba, c'était les crises avec la Turquie, avec les SS-20.
34:37Encore une fois, s'ils se permettent de faire ça, faisons des exercices avec des armes nucléaires sur les frontières
34:43de la Russie.
34:43Si on ne le fait pas, ils vont continuer, puis petit à petit, il y aura une permanence avec les
34:47armes nucléaires sur le sol biélorusse.
34:48Peut-être que c'est les biélorusses qui pourront les utiliser.
34:50Là, on est sur des missiles balistiques sol-sol, avec à peu près, de mémoire, ces 350 km de portée.
34:55Donc on est sur des équipements qui peuvent toucher Kiev demain.
34:58On n'a pas besoin d'avoir les armes stratégiques à très longue portée.
35:01Elles ont une valeur tactique en termes de puissance,
35:04mais par contre, si c'était pour viser un grand centre urbain comme Kiev, évidemment, ça a une valeur stratégique.
35:08Le réarmement, alors, il y a le réarmement à très haut niveau.
35:12Là, on est sur de l'ordre d'armes, on est dans des programmes qui valent des milliards.
35:15Mais il y a ce réarmement beaucoup moins coûteux et tellement prometteur pour tous les belligérants, d'ailleurs, qui est
35:20le robot.
35:22Et là-dessus, c'est intéressant de vous entendre, parce que c'est une de vos spécialités.
35:25Des collègues de fonds ont lieu, ont été lancés par le gouvernement ukrainien.
35:30Des escouades de robots sauveront la vie de nos militaires et de nos civils.
35:33Ils deviendront des engins logistiques, des dépanneuses, des poseurs de mines, des démineurs,
35:37et ainsi que des robots autodestructeurs.
35:39Ils se battront aux côtés du peuple.
35:41Et pour le peuple, on a l'impression que l'Ukraine est une sorte de laboratoire de la guerre future.
35:46Mais pour les deux camps, en l'occurrence.
35:47Les Russes aussi avaient tenté de déployer des sortes de gros robots en Syrie.
35:51Ils les employaient maintenant en Ukraine.
35:53Les Ukrainiens, ils ont beaucoup progressé.
35:55Moi, j'ai visité des usines dans lesquelles on développait...
35:57Enfin, les Ukrainiens développent des robots avec soit des mitrailleuses dessus, soit en mode évacuation.
36:02Il y en a d'autres qui sont beaucoup plus gros, qui permettent aussi de traverser même des rivières.
36:07Donc, on est quand même sur une systématisation de l'usage des robots.
36:11Ce soit une logistique, plutôt que de porter une mitrailleuse 12-7 qui fait, je ne sais pas combien, une
36:15dizaine de kilos,
36:16il y a le robot qui nous accompagne.
36:18Donc, dans toutes les missions qui étaient dangereuses, fastidieuses, qui nécessitaient des hommes,
36:22évidemment, la robotisation du champ de bataille, elle s'accélère dans les airs, dans le naval, mais aussi dans le
36:27terrestre.
36:27Avec une difficulté particulière dans le terrestre, c'est la difficulté de communication.
36:32Dès que vous passez derrière une colline, dès que vous êtes en zone urbaine, vous ne captez plus.
36:36Ce qui n'est pas du tout le cas, par exemple, dans les airs.
36:38Et ça, c'est peut-être la limite aujourd'hui.
36:40Les retours d'expérience que j'en ai sont bons pour l'usage des drones terrestres.
36:44Par contre, il y a la difficulté de pouvoir les maîtriser au-delà de la portée visuelle.
36:50Cette image-là, j'imagine, c'est une image de synthèse.
36:52Ce qu'on voit là, ce n'est pas une vraie...
36:54Tout est possible avec les Ukrainiens.
36:56Ils ont déjà fait des murs où il y avait des centaines de drones réels en vol.
37:00Vous savez, quand on va sur les champs de manœuvre en Ukraine,
37:02il y a réellement des dizaines de drones en permanence qui volent au-dessus de nous.
37:06Je n'ai pas été sur la ligne de front, contrairement à Cyril Lamorski, par exemple.
37:09Et on voit réellement qu'il y a des dizaines de drones partout.
37:13Et le bruit, ça vrombit en permanence.
37:15Et ils me disent que c'est exactement comme ça sur le terrain.
37:17Donc, avoir 50 drones terrestres...
37:20Il y en avait un peu plus, Simon.
37:21Peut-être que c'était du Photoshop.
37:24Mais effectivement, c'est quelque chose qui reste du réaliste, étant donné la volume.
37:28Je rappelle qu'ils produisent quand même aujourd'hui quasiment 150 000 drones kamikazes aériens chaque mois.
37:33Donc, produire quelques centaines de drones, les mettre de côté pour une photo, c'est possible.
37:37Regardez, et vous commenterez ensuite, ce petit film ukrainien.
37:40C'est là où on voit, ils sont plus que 50, quand même, il me semble.
37:43Ça doit être des images de synthèse.
37:44Regardez ce petit film ukrainien de présentation.
38:06C'est celui que j'ai vu.
38:07C'est l'usine que j'ai été visitée.
38:09Je ne savais pas qu'il était déjà opérationnel.
38:11C'est les mêmes ingénieurs qui ont développé les drones R18, qui sont des gros bombardiers, qui sont très très
38:16craints par les Russes.
38:17C'est un R34, 3,40 m d'envergure.
38:20Donc, c'est des systèmes qui sont particulièrement efficaces.
38:21A l'époque où j'y étais, c'était l'année dernière, quand j'étais dans cette usine, ils étaient
38:25en train de calibrer le fonctionnement de la mitrailleuse qui était sur le toit.
38:29Effectivement, c'est la même base sur laquelle on va changer les modules pour faire de l'évacuation de blessés,
38:33pour faire du tir ou pour faire du largage de mines, voire de la logistique.
38:37Tout va très vite. On rappelle cette vérité un peu cruelle que le progrès technique est souvent lié aux guerres.
38:44En réalité, le GPS est d'origine militaire. Enfin, tant de technologies, en réalité, qui sont nées dans les guerres.
38:50De l'airbag à l'aviation, du laser, tout est militaire, même Internet.
38:54Donc, tout ça, au début, vient de l'armée. Il y a une accélération de l'armée.
38:57Il y a des pays qui investissent énormément. Les États-Unis, par exemple, en recherche avec la DARPA.
39:02Ils sont très très bons. Et puis, il y a des pays qui n'ont pas le choix.
39:05Au moment où la guerre arrive, ils sont obligés d'investir également beaucoup dans l'innovation et de l'innovation
39:10pas chère.
39:11Et c'est ça, la nouveauté dans cette guerre. C'est que jusqu'à maintenant, il faut dépenser des centaines
39:14de milliards pour passer un cap.
39:16Aujourd'hui, on a aussi une capacité en intégrant des technologies qui ne sont pas chères.
39:20Je pense à l'imprimante 3D, à l'intelligence artificielle.
39:23Tout ça fait que les Ukrainiens passent des caps qui ne leur coûtent pas cher.
39:27Et on voit, par exemple, qu'il y a des systèmes d'innovation.
39:30Brave 1, c'est leur agence d'innovation de défense locale.
39:33Pour à peine quelques millions d'euros, ils ont lancé des centaines de projets, y compris dans la digitalisation du
39:38champ de bataille,
39:38qui aujourd'hui permettent à l'Ukraine de tenir, à défaut de gagner pour l'instant.
39:42On parlait du front asiatique tout à l'heure.
39:45Rendons-nous sur le front asiatique, si on part pour la région de Taïwan.
39:49La simulation qu'on va voir est extrêmement parlante sur le degré d'agressivité que la Chine est en train
39:54de montrer à l'égard de Taïwan.
39:56C'est une simulation. On voit tous les projectiles qui sont tirés en théorie, en synthèse.
40:02Enfin, quand on se met à la place des Taïwanais, ils pourraient les attendre si ils cherchent à être indépendants.
40:07Bien sûr.
40:27Le président, le nouveau président des Taïwanais, Lai Ching-té, s'est exprimé, il a tenu un discours très cohérent
40:35sur la volonté de liberté.
40:37des Taïwanais, c'est une élection qui a eu lieu dans quelques instants, je le rappelle, sur ce plateau.
40:41Le représentant de Taïwan en France va nous rejoindre, François Chichou Ngou.
40:45Réaction de Pékin extrêmement violente, ce sont ces images de provocation.
40:48Mais Taïwan, de facto, est un État indépendant, avec sa propre politique étrangère, avec sa propre armée,
40:57et qui n'a aucune raison aujourd'hui de réintégrer la Chine, quand on voit les mauvais exemples de Hong
41:01Kong, par exemple.
41:02Donc oui, à partir du moment où ce pays veut rester indépendant, vous avez la Chine qui veut rétablir,
41:08soi-disant, son ordre et son impérialisme, en l'occurrence, parce que Taïwan n'a jamais été chinoise.
41:13Donc on est sur une situation où ils cherchent à faire peur, et ils ont les moyens de faire peur.
41:16Mais il ne faut pas oublier que Taïwan n'est pas un petit pays.
41:19Militairement, ils ont énormément de matériel, ils ont d'ailleurs des Mirage 2000, ils ont d'autres types d'avions
41:23de chasse,
41:23ils ont des F-16 et des dérivés du F-16 créés localement.
41:27Et ils sont même en train de développer des armes stratégiques.
41:30On pense par exemple à des missiles hypersoniques.
41:32Et un missile hypersonique lancé par Taïwan, par exemple sur le barrage des Trois Gorges,
41:36ça vaut toutes les bombes atomiques.
41:37Donc il faut comprendre qu'il y a, oui, une dissuasion chinoise, il y a une force chinoise, il y
41:41a une puissance,
41:42mais la dissuasion taïwanaise, elle existe et elle est puissante également.
41:45– Sommes-nous aveugles ? Peu plus tard dans l'émission, je l'ai dit à la représentante de Taïwan,
41:50il y a aussi la représentante des Ouïghours qui s'exprimera plus tard dans notre émission de 22h,
41:54qui rappelle le génocide subi par les Ouïghours.
41:58M. Xi Jinping s'est rendu en Europe, on n'a pas entendu beaucoup de dirigeants européens extrêmement courageux sur
42:03le sujet.
42:04– Je suis toujours frappé par ça, ce deux poids, deux mesures.
42:07Néanmoins, même si on n'en parle pas tellement, on est quand même la zone du monde qui en parle
42:11le plus.
42:12– Moi ce qui me frappe, c'est que les Émirats, l'Arabie Saoudite vont boycotter l'Europe sur la
42:19moindre petite chose,
42:20mais par contre, massacrer, détruire des milliers de mosquées en Chine,
42:23ça ne leur empêche absolument pas de leur acheter du matériel, de passer des partenariats stratégiques,
42:27de leur fournir du pétrole, c'est comme si c'était l'Europe qui devait être la seule exemplaire
42:31à se tirer une balle dans le pied commercialement en insistant.
42:34Donc oui, il faut soutenir les Ouïghours, mais il faut aussi que les autres pays du monde s'alignent sur
42:37notre position,
42:38parce qu'il n'y a pas de raison qu'on soit les seuls à rappeler à la Chine la
42:41réalité du terrain
42:42et que ce n'est pas acceptable d'avoir des génocides aujourd'hui.
42:45– Écoutez, les Lituaniens, eux, sont les plus clairs.
42:47Contrairement à tant d'Européens qui continuent à être un peu ambigus,
42:50qui cajolent les Chinois, clarté totale de la Lituanie,
42:53c'est son ministre étrangère, Landbergis, qui était mon invité,
42:56qui dit que c'est une grave erreur de croire qu'on va pouvoir, en étant gentil avec les Chinois,
43:02faire la paix concernant l'Ukraine notamment. Écoutez.
43:06– Lorsqu'il s'agit de demander à la Chine de mettre la pression sur la Russie,
43:13je me remémore toujours le fait qu'il n'y a pas de repas gratuit.
43:20La Chine exigera toujours un prix si la Chine s'implique dans les solutions géopolitiques européennes.
43:29– Et nous devons être prêts, nous devons savoir est-ce qu'une partie de notre défense,
43:36de notre sécurité, c'est parce qu'on a cette union transatlantique.
43:41C'est là qu'une grande part de notre sécurité provient.
43:45Est-ce qu'on veut, est-ce qu'on comprend clairement qu'en demandant à la Chine
43:50de résoudre un conflit en Ukraine,
43:52est-ce qu'on comprend bien qu'en fait, on est en train de remettre les clés de notre sécurité
43:59à la Chine
43:59en ne résolvant pas la situation nous-mène, en n'aidant pas nécessairement assez l'Ukraine,
44:05on demande à la Chine de faire cela.
44:07Et pour moi, c'est une approche extrêmement dangereuse.
44:10– Est-ce que ça vous plaît, cette clarté ukrainienne ?
44:13– Oui, alors au moins, là il n'y a pas de doute, il n'y a pas d'ambiguïté
44:15stratégique.
44:16La Chine se prépare à être agressive, la Chine fait des choses anormales et illégales
44:21et contraires aux droits, donc on prend des mesures adaptées.
44:24C'est triste que ce soit un des, malheureusement, petits pays d'Europe
44:26qui soit le seul à avoir cette position.
44:28– L'Occident, face à la Russie et à la Chine,
44:31ces deux géants qui sont des enfants, en quelque sorte, du communisme pour la Chine,
44:35toujours communistes, rejoignez-nous, Stéphane Courtois, un des plus...
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