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  • il y a 5 heures
Condamnée en appel pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen a annoncé se pourvoir en cassation et candidater une quatrième fois à l'élection présidentielle ce mardi. La cheffe de file de l'extrême droite est attendue dans la Sarthe aux côtés de Jordan Bardella dans la matinée pour lancer sa campagne.

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Transcription
00:00Marion Maréchal est avec nous, bonsoir, mais avant ça quand même on a besoin de l'éclairage de Vincent Vantiguem
00:06parce que la véritable feuilleton judiciaire que nous vivons depuis hier, on a appris dans un communiqué
00:11que la cour de cassation pourrait se prononcer au plus tard début avril 2027, rappelons que le premier tour c
00:17'est le 18 avril,
00:18le premier tour de la présidentielle, ça veut dire que ce jour-là, à cette période-là, début avril,
00:23la cour de cassation pourrait rejeter le pourvoi et donc Marine Le Pen serait définitivement condamnée ?
00:28Oui, c'est ce qu'on comprend dans ce communiqué de la cour de cassation qui vient un peu invalider,
00:32je ne vais pas dire la stratégie, mais en tout cas ce que les avocats de Marine Le Pen ont
00:37indiqué hier
00:37sur l'antenne même de BFM, Rodolphe Bosslu et Sandra Chirac-Colari qui étaient avec Maxime Switek hier soir
00:44et qui expliquaient bien que le pourvoi en cassation, maintenant il n'y a plus de caractère urgent
00:48et qu'il faudrait sans doute attendre 12 à 18 mois pour le voir examiner,
00:51bien non, la cour de cassation dit aujourd'hui qu'on va aller plus vite, comme elle l'avait d
00:54'ailleurs indiqué en début d'année,
00:55un examen avec une décision au plus tard, avant le premier tour, donc début du mois d'avril,
01:02les mêmes options sont sur la table, si jamais la cour de cassation rejette le pourvoi déposé par Marine Le
01:07Pen,
01:08effectivement sa condamnation deviendra définitive et viendra alors le temps de l'équiper d'un bracelet électronique.
01:13Est-ce qu'on aura le temps entre une décision début avril et un premier tour le 18 avril ?
01:18Ça semble un petit peu compliqué, il y aura d'autres débats en ce moment-là.
01:21Et puis il y a l'autre option, si la cour de cassation casse l'arrêt qui a été rendu
01:26hier par la cour d'appel,
01:27eh bien on leur donnera un nouveau procès et à ce moment-là elle redevient totalement présumée innocente.
01:32Un procès qui n'aura pas lieu dans la foulée.
01:34Un procès qui n'aura pas lieu dans la foulée si jamais elle est élue, si elle n'est pas
01:37élue, on pourra très bien avoir son procès.
01:38Avant de me tourner vers vous Marion Maréchal, la campagne, Marie Chantret, ce matin il y avait des gens avec
01:45des casseroles.
01:45On a entendu condamnés, condamnés, condamnés, donc elle prend le risque, moi aussi Marine Le Pen, de retrouver ça à
01:52chaque meeting, à chaque moment.
01:54Empêchée, pas par un bracelet électronique de faire campagne, mais empêchée peut-être par des manifestants.
01:59Dès hier soir, quand on a appris ce déplacement sur les réseaux sociaux, ont circulé des appels justement lancés par
02:05des partis politiques et des militants.
02:07En l'occurrence, la France Insoumise et les écologistes qui étaient présents ce matin à La Flèche, qui ont obligé
02:12d'ailleurs la candidate et Jordan Bardella à écourter ce déplacement et à aller, je mets de gros guillemets, se
02:18réfugier dans la mairie de La Flèche.
02:20Julien Sanchez, justement le patron de la campagne du RN, disait tout à l'heure sur notre antenne et notre
02:26plateau que le préfet, le préfet de la Sarthe, avait sous-estimé ses appels à manifester et que les forces
02:32de l'ordre n'étaient pas assez nombreuses sur place.
02:34Mais en effet, c'est le risque que prend aujourd'hui Marine Le Pen candidate en se maintenant de déplacement
02:40parfois contrarié des appels à manifester très régulièrement à chaque fois qu'elle se déplace.
02:45Donc, pari politique, mais aussi, on vient de le voir avec Vincent, pari judiciaire, puisque la Cour de cassation n
02:51'a pas l'intention de céder aux pressions de Marine Le Pen et de ses avocats.
02:56Peut-être que Marine Le Pen en a fait un peu trop hier ?
02:59Non, pas un pari. Respect de l'état de droit, respect de la décision de justice, de la part du
03:04justiciable qui n'a pas plus de droits, mais n'en a pas moins.
03:06Or, la justice a décidé que Marine Le Pen avait le droit d'être candidate, donc elle fait valoir ce
03:10droit.
03:10La justice prévoit qu'elle peut se pourvoir en cassation, donc elle fait valoir ce droit.
03:14Maintenant, moi, je vous le dis, je m'étonne, mais j'interpelle quand même sur ce récent communiqué de la
03:22Cour de cassation,
03:22qui annonce donc qu'il prendra une décision d'ici maximum la fin d'avril, ce qui démontre bien que
03:28nous sommes dans un calendrier politique
03:29et qu'en réalité, contrairement à ce qu'on nous dit, Marine Le Pen n'est pas une justiciable comme
03:32les autres.
03:32Parce que si Marine Le Pen était une justiciable comme les autres, rien n'aurait indiqué que la Cour de
03:36cassation se prononce avant 12 à 18 mois,
03:41ce qui est le délai classique de la Cour de cassation.
03:43On va écouter Jean-Philippe Tanguy, pardon, priori, on revient tout de suite.
03:45Une autre campagne qui prend l'eau et qui n'intéresse personne.
03:48Par contre, mais j'aimerais bien avoir une vie prise.
03:50Ça ne vous met pas des bâtons dans les roues quand même ?
03:52Ça ne vous met pas des bâtons dans les roues, le fait que la Cour de cassation compte se prononcer
03:56avant le début de la campagne ?
03:57Absolument pas. Tout est normal et vous allez vous prendre un poteau et vous allez vous faire très mal.
04:02Alors on a besoin de vous pour justement que la campagne se passe bien et qu'on est des bas
04:05de qualité.
04:06Comment vous avez réagi ?
04:07Comment vous avez réagi ?
04:13Oui, donc, il n'a pas l'air entendu Jean-Philippe Tanguy.
04:15Cré d'humour de Jean-Philippe Tanguy vis-à-vis de Milan Argelas, notre journaliste.
04:20Pardon, je vous ai interrompu dans votre raisonnement.
04:21Non, je vous en prie, mais je vais au bout de mon raisonnement.
04:22Le raisonnement, c'est que pour moi, il y a donc un calendrier politique puisque nous ne sommes pas dans
04:25les délais classiques de la Cour de cassation.
04:27Alors, on nous oppose le fait que la Cour de cassation avait dit à l'époque qu'elle se prononcerait
04:31rapidement,
04:32mais quand il y avait un caractère d'urgence, c'est-à-dire l'inégibilité prononcée de Marine Le Pen
04:36est provisoire,
04:37ce qui n'est plus le cas en espèce, donc il n'y a plus de caractère d'urgence.
04:39Et donc, moi, je vais vous dire, c'est mon avis très personnel, là je parle en mon nom exclusivement,
04:43puisque ce calendrier est politique, puisque Marine Le Pen n'est pas traitée comme une justiciable classique,
04:49puisque la Cour de cassation marque la volonté de vouloir potentiellement interférer dans cette campagne
04:54en ne donnant plus les moyens à Marine Le Pen de pouvoir exercer cette campagne normalement,
04:59puisqu'elle pourrait, dans ce cas-là, avoir un bracelet,
05:01moi, je considère qu'elle doit aller au bout de cette campagne, quoi qu'il arrive,
05:04c'est-à-dire même avec un bracelet électronique.
05:06Vous avez dit, on nous oppose, vous êtes dans le camp de Marine Le Pen.
05:10Quel rôle vous avez joué de fond ?
05:11Je ne fais pas de surprise en vous disant que je suis un soutien et un allié de Marine Le
05:15Pen.
05:15J'ai des candidats qui étaient sur des listes communes avec le Rassemblement national
05:17et l'UDR d'Éric Chioti, dernière direction.
05:19Vous allez rejoindre le R pour la campagne ?
05:21Identité et liberté.
05:23Exactement, donc je suis un allié, je suis un soutien, sans aucune ambiguïté depuis maintenant des mois.
05:28Nous avons déjà eu des listes communes par le passé et je serai évidemment active.
05:31Quel rôle voulez-vous jouer ? Vous voulez jouer un rôle particulier dans cette campagne ?
05:35Écoutez, de fait, aujourd'hui, qu'est-ce qui est indiqué par les sondages ?
05:39C'est une photographie, c'est que le camp national est très haut, historiquement haut,
05:44mais que pour arriver à une victoire au second tour, il faut faire 50 plus 1.
05:47Donc il y a encore des électeurs à aller chercher et donc je vais contribuer à aller chercher ces électeurs,
05:51peut-être davantage, si je puis dire, de ceux qui sont aujourd'hui encore,
05:55pour ce qu'il en reste, chez Éric Zemmour ou chez Bruno Retailleau,
05:57parce que je pense que nous partageons l'essentiel.
05:59Et moi, le message que j'ai envie de leur faire passer, c'est de leur dire que
06:02plutôt que leurs idées soient enfermées dans une impasse électorale
06:05ou qu'elles puissent prendre les risques d'être diluées dans la Macronie,
06:07qu'elles se joignent à nous parce qu'avec nous, elles seront non seulement représentées, défendues,
06:11mais potentiellement au pouvoir.
06:12Marion Maréchal, je suis saisie, même si vous dites que vous parlez en votre nom,
06:16vous dénonciez et vous appropriez ce terme de calendrier politique.
06:21La critique de la justice, de cette justice politique, c'était la tonalité après la première instance.
06:27Force est de constater que vous avez vu que vous et vos troupes,
06:30et Marine Le Pen elle-même, s'est revenue un peu en boomerang.
06:33Ça vous a été fortement reproché par les avocats généraux, notamment lors des réquisitions.
06:37Est-ce que reprendre finalement cette sémantique-là n'est pas un risque
06:41dans lequel vous pouvez tomber à nouveau ?
06:43Vous savez, comment expliquer une accélération inédite du calendrier de la Cour de cassation
06:47autrement que pour cette raison-là ?
06:49Il n'y a aucune raison objective que la Cour de cassation ne respecte pas les délais habituelles.
06:54Une fois de plus, nous ne sommes plus dans la même configuration que celle de l'exécution provisoire
06:57qui avait un caractère d'urgence.
06:58Maintenant, moi je vous le dis, une fois de plus, on a le droit de critiquer des décisions de justice
07:02et de ne pas être d'accord.
07:03Je vous donne un exemple sur cette affaire très claire.
07:05En première instance, il a été dit que Marine Le Pen devait être inéligible
07:08parce que sa candidature, je cite, risquait de créer un grave trouble public à l'ordre démocratique.
07:14Ce n'est pas une petite phrase, ça quand même.
07:15Eh bien, l'appel a totalement effacé ça.
07:17Et l'appel a considéré que non, sa candidature finalement ne représentait pas un trouble grave à l'ordre démocratique.
07:23L'appel a sans doute la liberté.
07:24Il fallait laisser la liberté et le choix aux électeurs.
07:26Et donc, exactement.
07:27Donc, manifestement, une Cour de justice peut se tromper.
07:30Il peut y avoir des interprétations différentes.
07:32Et donc, rien n'indique que Marine Le Pen ne parviendra pas à prouver définitivement son innocence
07:37sur le plan du droit devant la Cour de cassation
07:39puisque déjà entre deux décisions de justice, il y a eu une inflexion, une réduction très importante.
07:43Mais c'est pour ça, en fait, que la Cour de cassation accélère son calendrier, en fait.
07:46Parce que dans un premier temps, après le jugement de première instance,
07:49Marine Le Pen elle-même avait réclamé une accélération
07:51pour que ce soit purgé avant le premier tour de la présidentielle.
07:55Sinon, elle n'aurait pas pu se présenter.
07:56C'est pour ça que la Cour d'appel s'est mise en marche rapidement.
07:59Et c'est dans ce cadre-là que la Cour de cassation a indiqué
08:02oui, il faut purger ce dossier avant la présidentielle
08:05parce qu'il y a un débat sur l'inéligibilité.
08:07On ne peut pas dire d'un côté, quand je suis inéligible, il faut que ça aille vite
08:10et maintenant que je ne le suis plus, il faut redevenir normal.
08:11Vous ne pouvez pas écarter le caractère quand même un peu pernicieux
08:14de cette annonce de la Cour de cassation
08:15parce que la Cour de cassation, dans ce cas-là,
08:18va avoir créé une incertitude, justement, sur cette campagne
08:21et créer une incertitude sur cette candidature
08:23qu'il ne devrait pas y avoir puisqu'elle a l'occasion de pouvoir se présenter.
08:26Et de fait, le côté pernicieux, c'est de ne pas donner une date précise.
08:29Donc ils sont en train de nous expliquer qu'ils prendront une décision au maximum en avril,
08:33c'est-à-dire n'importe quand pendant la campagne.
08:35Excusez-moi, ça n'est pas sérieux.
08:35On écoute Marine Le Pen qui est en train de sortir.
08:38Qu'est-ce que vous répondez au bloc central, notamment,
08:41qui vous accuse de prendre en otage cette campagne ?
08:44Comment vous avez réagi, madame ?
08:46Qu'est-ce qui s'est dit là-dessus, sur ce qu'a annoncé la Cour de cassation
08:48lors du Conseil national ?
08:49Don't acte.
08:51Mais encore, qu'est-ce que ça veut dire, don't acte ?
08:54Attention, la voiture d'avril.
08:56Le poteau, la voiture, il y a tout.
08:58Tu vois, je prends acte.
09:01Pas de commentaire supplémentaire de Marine Le Pen.
09:05Elle a dit ce qu'elle avait à dire.
09:06Place à la campagne, maintenant.
09:08Si on quitte le terrain judiciaire pour aller sur le terrain politique,
09:11est-ce que Marine Le Pen est une meilleure candidate que Jordan Bardella, selon vous ?
09:14Moi, je pense que Marine Le Pen est une très bonne candidate.
09:17Elle est d'ailleurs reconnue par...
09:17Non, la question est, est-ce qu'elle est meilleure que Jordan Bardella ?
09:20Ce qui est terrible, c'est qu'on a le sentiment que lorsqu'on donne des qualités à Marine Le
09:25Pen,
09:25ce serait une manière en miroir de relever les défauts de Jordan Bardella.
09:28Mais ce n'est pas le cas.
09:28Ils ont tous les deux des qualités, des parcours différents.
09:30Mais c'est un argument de vos adversaires.
09:32Manuel Bompard dit, en fait, c'est une forme de défiance, il a dit Jordan Bardella,
09:35d'avoir maintenu coûte que coûte sa candidature.
09:37Vous ne faisiez pas confiance à Jordan Bardella ?
09:39Jordan Bardella a été le premier, d'ailleurs, dans cette campagne,
09:42à dire et redire que Marine Le Pen était la candidate légitime du camp national.
09:46Et la réalité, d'ailleurs, quand on regarde les photographies des différents sondages qui ont été faits,
09:50c'est qu'ils étaient peu ou prou, selon les configurations qui n'étaient pas toujours testées de la même
09:53manière,
09:53d'ailleurs, dans le même étiage.
09:55Voilà, donc je pense que la confiance des Français est envers eux
09:57et envers le Rassemblement national au sens large et ses alliés, elle est massive.
10:01D'accord, mais notre sondage, et là, que nous publions ce soir,
10:04montrent quand même qu'il y a un tiers des électeurs du Rassemblement national
10:09qui auraient finalement préféré que Marine Le Pen ne se présente pas.
10:14Et quand on va plus dans le détail, Jordan Bardella, finalement, est devant Marine Le Pen.
10:19C'est-à-dire qu'ils commencent à s'habituer à la candidature Bardella.
10:21Il va falloir faire un travail, là.
10:22Non, mais je vais vous dire, une fois de plus, quand on regarde les photographies,
10:25il y a très, très peu d'écart entre les candidats.
10:26Et maintenant, la campagne commence.
10:27Voilà, donc tout est à faire.
10:28Rien n'est jamais acquis, ça, vous avez raison de le dire.
10:30Ce n'est pas parce qu'on est très haut dans une photographie
10:33que nécessairement, ce sera le résultat final.
10:35Et une fois de plus, pour gagner la présidentielle.
10:39Oui, enfin, parce qu'on a beaucoup ce débat.
10:41Mais enfin, on a quand même la chance, nous, au sein du camp national,
10:43d'avoir eu deux candidats potentiels qui étaient quand même de grande qualité
10:47et envers lesquels les Français avaient quand même une large confiance.
10:50Ce n'est pas le cas de nos adversaires.
10:51Il y en a qui ont même parfois une difficulté à avoir un seul bon candidat.
10:54Donc, je pense qu'on ne va pas se plaindre de ça.
10:55Maintenant, ce qui est vrai, c'est qu'il faut transformer l'essai et faire 50 plus 1.
10:58Donc, il y a des électeurs à aller chercher.
10:59Mais en revanche, moi, ce que je dis aux électeurs,
11:01c'est qu'il y a quand même trois hypothèses très claires qui se dessinent devant nous.
11:03Lesquelles ?
11:04L'hypothèse numéro 1, c'est la continuité de la Macronie avec le duo Édouard-Philippe Attal
11:09qui recycleront l'intégralité de la Macronie et des LR centristes.
11:12L'hypothèse numéro 2, pardon, mais c'est tout droit et à toute balle
11:16vers le risque de guerre civile avec Jean-Luc Mélenchon
11:19et son concept de Nouvelle-France.
11:22Et troisième option, c'est une nouvelle génération politique
11:24avec un projet de rupture qui n'est tenu par personne
11:27et qui est incarné par la Cour nationale.
11:29Jean-Anne Bardella a incarné une nouvelle génération, le renouvellement.
11:32Marine Le Pen, c'est sa quatrième candidature.
11:34On ne peut pas dire qu'elle incarne le renouvellement.
11:36Si, elle incarne évidemment une nouvelle génération
11:38qui n'a jamais été aux affaires et qui a, malgré tout,
11:41je pense qu'on pourra lui accorder ça,
11:43vu loin et beaucoup de choses depuis longtemps,
11:45là où beaucoup ont été naïfs, aveugles, voire incompétents.
11:48Donc si, de fait, elle incarne cette nouvelle génération
11:50qui pourrait changer complètement la donne
11:53et c'est comme ça qu'elle sera perçue.
11:54Et juste, je me permets juste un dernier sujet,
11:56parce que ça me paraît très important,
11:57vous parliez du rôle que je pourrais jouer dans la campagne.
11:59Ça, c'est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur.
12:00Moi, je considère qu'il y a trois tours, en fait, dans cette campagne.
12:02Il y a les présidentielles, il y a les législatives et il y a l'Europe.
12:06Et ce n'est pas un petit sujet,
12:07parce qu'il faut savoir que l'élection italienne
12:09va se jouer au même moment que l'élection française.
12:12Imaginez le scénario extrêmement enthousiasmant
12:14que nous pourrions vivre si Marine Le Pen l'emportait,
12:16si Georgia Belloni était reconduite.
12:18Nous aurions l'opportunité historique de construire un couple franco-italien
12:23cohérent, notamment sur la question de l'immigration,
12:26et pouvoir ainsi infléchir de manière inédite et historique
12:29les politiques européennes au Conseil européen.
12:31Et ça, vous voyez, c'est quelque chose qui me motive.
12:33Madame Mélonie qui avait régularisé 500 000 personnes.
12:35Mais c'est totalement faux.
12:37C'est répété en boucle depuis un an.
12:39Madame Mélonie n'a jamais régularisé 500 personnes.
12:41Jamais.
12:42C'est faux.
12:42C'est faux.
12:43C'est totalement faux.
12:44D'ailleurs, l'immigration de travail...
12:45On peut revenir en tout cas sur ces promesses de campagne.
12:48L'immigration, on peut regarder tous les chiffres factuellement...
12:50Face à la réalité économique du pays.
12:51Non, mais tous les chiffres factuellement démontrent que l'immigration,
12:54à la fois illégale, d'ailleurs illégale,
12:56a baissé en Italie parce qu'elle avait donné un potentiel de visa de travail
13:00avec des conditions tellement strictes
13:02qu'en réalité, ce potentiel est très très loin d'être atteint.
13:04Parce qu'un exemple,
13:06elle n'accorde pas de visa de travail à des pays
13:08qui ne s'engagent pas à reprendre leur clandestin.
13:10Voyez-vous, c'est en France, on n'aurait pas de travailleurs algériens, par exemple.
13:13Donc évidemment, les conséquences se font tout de suite voir.
13:15Donc moi, nous avons commencé à changer l'Europe.
13:18Si nous avions devant les mains Marine Le Pen et Georgia Meloni
13:20au Conseil européen ensemble, nous ferions des étincelles.
13:22Vous avez toujours ce problème.
13:23Parce que vous, vous défendez l'union des droites.
13:25C'est votre combat.
13:26Marine Le Pen, votre tante,
13:28elle ne cesse de dire je ne suis ni de droite ni de gauche.
13:31Donc vous avez quand même une différence d'approche.
13:35Comment vous allez la convaincre d'aller vers votre ligne ?
13:38Puisque vous dites que c'est ma ligne qui permettrait
13:40de gagner ce fameux second tour.
13:42Rappelons que Marine Le Pen a toujours échoué au second tour.
13:45sur une espèce de plafond de verre.
13:47Et Jordan Bardella était beaucoup plus ouvert
13:49et beaucoup plus ouvert à cette main tendue,
13:51à cette union des droites.
13:53Au-delà des sujets doctrinaux, de postures
13:56ou d'éléments de langage ou de vocabulaire,
13:59moi, je regarde les actes.
14:00Marine Le Pen, elle a été celle qui a tendu la main
14:03et a rassemblé ces dernières années.
14:04Elle nous a rassemblés, nous, en l'occurrence, mon mouvement.
14:06Elle a accueilli quand même rien de moins
14:07que l'ancien patron de LR,
14:09pour quelqu'un qui serait contre l'union des droites.
14:10Ce n'est quand même pas un petit sujet.
14:12Elle a de fait, aux dernières élections municipales,
14:14laissé l'intégralité des candidats qui le souhaitaient
14:16tendre la main au LR à l'entre-deux-tours
14:19pour faire battre la gauche,
14:20ce que les LR ont refusé.
14:21Mais ce n'est pas Marine Le Pen qui a empêché ce rassemblement.
14:24Donc, je veux dire, cette volonté de rassemblement,
14:26elle existe et elle est déjà en cours.
14:28Est-ce qu'il faut, par exemple, dire à Bruno Retailleau,
14:32au lieu de rejoindre Edboard Philippe,
14:34dans quelques mois, rejoignez-nous ?
14:35Moi, je le dis très ouvertement.
14:37Je le dis très ouvertement parce que la réalité,
14:39c'est que moi, je ne remets pas en cause
14:40la sincérité de Bruno Retailleau,
14:42mais la réalité de son choix politique
14:44de s'allier à la Macronie,
14:46c'est que ses résultats ont été déplorables
14:49en matière de lutte contre l'immigration clandestine.
14:52Parce que, précisément, il était allié à des gens
14:54qui ne pouvaient pas lui permettre
14:55de mettre en place vraiment les idées
14:57auxquelles il est censé croire.
14:58Or, avec nous, de fait,
15:00il aurait une coalition cohérente
15:02dans laquelle il pourrait défendre ce qui lui tient à cœur.
15:04Et le rôle que vous aurez dans cette campagne,
15:06que l'on ne comprend pas véritablement,
15:08mais vous allez avoir un rôle,
15:10vous allez conseiller à Marine Le Pen
15:11de faire ce rapprochement.
15:13La victoire peut aussi passer par là, selon vous ?
15:16Croyez-vous vraiment que si demain,
15:18Bruno Retailleau, je ne sais pas, en novembre,
15:21après avoir joué la course aux petits chevaux des sondages,
15:23se posait la question de savoir
15:24s'il devait rejoindre Marine Le Pen ou Edouard Philippe,
15:27et qu'il disait finalement,
15:28je fais le choix historique de rejoindre le camp national,
15:30vous croyez que Marine Le Pen refuserait ?
15:31Mais jamais de la vie.
15:33Maintenant, la balle est dans leur camp,
15:34parce que la réalité de cette main tendue,
15:36elle a été démontrée à très nombreuses reprises par le passé.
15:38Vous dites ce soir que Marine Le Pen accepterait de s'allier,
15:40finalement, comme avec Éric Ciotti en son temps ?
15:43Mais j'en suis absolument convaincue.
15:44J'en suis absolument convaincue.
15:45Alors, sur un programme cohérent, évidemment,
15:47il faudrait qu'on discute des idées.
15:48Après avoir été ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron,
15:51elle pourrait revenir sur...
15:52Pour récupérer, finalement, des alliés d'Emmanuel Macron.
15:55Moi, je suis convaincue que s'il y a un projet de rassemblement cohérent
16:00et qu'il y a des gages qui sont donnés de sincérité et de construction à l'avenir,
16:04je suis convaincue que Marine Le Pen ne serait pas un obstacle à ce rassemblement.
16:07Ça me paraît être une absolue évidence.
16:09Maintenant, je veux dire, on n'en prend pas le chemin,
16:10parce que, de fait, à l'heure où nous parlons,
16:13encore aux dernières législatives,
16:14les LR ont fait le choix de s'allier avec Horizon et avec la Macronie,
16:18et qu'à l'heure où nous parlons aux sénatoriales,
16:20il y a encore des listes communes entre les LR et la Macronie.
16:24Admettons que ça se passe, ça ne garantit pas...
16:25Vous nous retarivez le président des LR quand il fait des alliances avec la Macronie aux sénatoriales.
16:28Mais ça ne garantit pas, c'est-à-dire que les électeurs suivent et fassent la même chose.
16:30Ça peut être un ralliement solitaire à ce moment-là.
16:33Rien ne garantit rien, si vous voulez.
16:35Mais à un moment donné, il me semble quand même
16:37que quand on incarne une coalition et une équipe,
16:40on a plus de chances de parler à un maximum de Français
16:42que lorsque l'on est tout seul.
16:43Et je crois que, vous parliez de mon rôle,
16:45l'une des plus-values que je peux apporter, c'est que moi je porte aussi une sensibilité
16:47dans cette coalition particulière.
16:49Et donc je parle à des gens qui se reconnaissent peut-être davantage
16:52sur certains points dans la ligne que je porte
16:55et qui ont la garantie ainsi que leur ligne sera représentée dans cette coalition,
16:58influera dans cette coalition et aura demain des représentants dans les institutions.
17:01Si on revient juste sur sa décision de se maintenir
17:05et d'aller à cette présidentielle,
17:07il y a aussi depuis plusieurs heures, plusieurs jours, des propos,
17:10le fameux placard à archives qui ressortent
17:13sur la probité, sur l'exemplarité, sur des élus condamnés.
17:16Ça, c'est des mots qu'a tenus Marine Le Pen.
17:19On peut l'écouter directement ?
17:20On peut l'écouter.
17:21Merci Marie Chantré, on va l'écouter, cette archive.
17:23Allons-y.
17:24Est-ce qu'il faudra un casier vierge désormais
17:27pour être candidat du Rassemblement national ?
17:29Mais c'est toujours la politique que nous avons suivie.
17:31Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire
17:34est pour moi une règle numéro une
17:37lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République.
17:39Si Marine Le Pen est condamnée ?
17:43Si, avec des si, un appel.
17:45L'appel vous rend plus blanc que blanc.
17:48Très bien, et si l'appel confirme la première sanction
17:52et qu'il y a des législatives en 2027
17:54ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen,
17:56ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée.
17:58C'est ce que vous venez de dire.
17:58Mais l'appel ne confirmera pas
18:00puisque Marine Le Pen est totalement innocente.
18:02Mais vous venez d'édicter une position de principe
18:04qui est de dire s'il y a condamnation,
18:06il n'y a pas de candidature.
18:06Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord.
18:08Mais évidemment que ça vaut pour tout le monde.
18:10Mais Marine Le Pen est innocente.
18:12Oui, mais il y a quand même le scénario de la condamnation.
18:15Je vais vous dire, moi, je n'ai jamais voulu d'ailleurs
18:17rentrer dans ce débat du casier judiciaire vierge
18:19parce qu'il faut comprendre de quoi on parle.
18:22Moi, je vais vous dire, vous avez quelqu'un devant vous
18:23qui a été condamné en première instance.
18:25Alors, j'ai fait appel, donc je suis encore innocente.
18:26Vous savez pourquoi j'ai été condamnée ?
18:27J'ai été condamnée parce qu'à l'époque,
18:29j'ai dit de l'IESH, l'Institut des Frères Musulmans,
18:32qu'il était une école islamiste.
18:33Il se trouve qu'entre-temps, cette école a été fermée,
18:36précisément pour ses accointances avec les Frères Musulmans,
18:38et que le juge a quand même trouvé bien
18:39de me condamner pour avoir dit,
18:41après la fermeture de cette école,
18:43qu'il était anormal, que j'ai pu dire que c'était des islamistes.
18:46Donc vous n'étiez pas condamnée pour diffamation ?
18:48Exactement.
18:48Ce n'est pas la même chose qu'elle est condamnée
18:49pour détournement de son public.
18:50Oui, mais d'accord, mais ça commence et ça s'arrête où ?
18:52Parce que la réalité de cette affaire, une fois de plus,
18:54c'est que...
18:55Non, si, je suis désolée, parce que de fait,
18:57on n'est pas...
18:57C'est important de le rappeler,
18:59Marine Le Pen ne s'est pas mis de l'argent dans les poches,
19:00il n'y a pas d'enrichissement personnel,
19:02il n'y a pas de corruption,
19:03on est sur un débat sur le périmètre...
19:04Il y a du détournement, le jugement il est clair,
19:07il y a juste détournement.
19:08C'est un sujet, c'est un sujet en fait,
19:10de périmètre de travail des assistants parlementaires.
19:12Mais qui a été reconnu comme étant une infraction.
19:16Et par ailleurs, Jordan Mandela a raison de le rappeler d'ailleurs,
19:19jusqu'à que la cassation se soit, comment dire, décidée,
19:23Marine Le Pen reste innocente,
19:24et une fois de plus, il a été démontré qu'entre la première instance et l'appel,
19:28la peine avait déjà été réduite.
19:29Donc on peut espérer que le droit...
19:31Pas la culpabilité.
19:32Que le droit, que le droit...
19:34Oui, d'accord.
19:34Mais enfin, ce que je veux dire,
19:35c'est que si déjà on est capable de passer de juge
19:36qui explique que sa candidature serait un trouble à l'ordre démocratique
19:39et les suivants qui disent que ce ne serait plus le cas,
19:41bon, c'est que manifestement, il y a une marge d'interprétation.
19:43Donc on comprenne bien votre position.
19:44Si jamais la cour de cassation, début avril,
19:46ne casse pas le procès, enfin l'arrêt,
19:51et donc ne redemande pas un procès,
19:52Marine Le Pen sera donc condamnée définitivement,
19:54et ça ne vous choquera pas qu'elle se présente condamnée à l'élection présidentielle ?
19:59Non, parce que ça c'est mon avis personnel,
20:00parce que je considérais que ce calendrier était politique.
20:02Et puis surtout, je vais vous dire, au-delà de ce sujet...
20:05Ça sera compliqué quand même de demander ensuite,
20:07une fois au pouvoir,
20:10zéro, zéro laxisme,
20:11de tolérance zéro,
20:13plus de répression,
20:14incarner l'autorité, incarner l'ordre.
20:16Enfin, pardon.
20:19Une présidente condamnée peut-elle incarner l'autorité ?
20:21Qui, on a face à nous,
20:23excusez-moi,
20:24on a face à nous des gens qui appellent à l'insurrection populaire
20:26en cas de victoire de Marine Le Pen ?
20:27Qui mettent le, je vais dire, le dawa, le chaos à l'Assemblée nationale
20:31quand des textes parlementaires ne leur plaisent pas ?
20:33Des, comment dire, des élus de la République
20:35qui sont aujourd'hui...
20:36Excusez-moi, non mais parce que, moi je veux bien...
20:38Non mais vous vous échappez...
20:38Non, je ne m'échappe pas du tout !
20:39Une présidente condamnée peut être la garante des institutions,
20:43et notamment des institutions judiciaires.
20:44Je vous dis que quand on voit aujourd'hui le dossier
20:46qui touche à Marine Le Pen,
20:47dans lequel il n'y a ni corruption,
20:48ni enrichissement personnel,
20:49et un débat, comment dire, d'ordre presque administratif...
20:54parce que ça a été tranché.
20:55Mais moi je conteste la manière dont les juges ont décidé de cette décision.
20:59Sauf qu'on est dans un état de droit avec une décision de justice,
21:02une cassation, une possibilité d'une condamnation potentielle,
21:06définitive,
21:07pour quelqu'un qui peut être élu président de la République.
21:09Enfin, c'est...
21:10Sauf que moi...
21:10Aujourd'hui, on ne peut pas être fonctionnaire
21:12si on a un casier judiciaire.
21:13Et là, on aurait une personne
21:14qui irait à l'Élysée avec un casier judiciaire.
21:16Moi, ce que je vois...
21:17Enfin, Marion Maréchal,
21:18vous êtes élue de la République.
21:19Oui, oui, oui, mais moi ce que je vois, si vous voulez,
21:20c'est que Marine Le Pen, aujourd'hui,
21:21est la mieux placée, me semble-t-il,
21:23pour répondre à deux dangers qui nous menacent,
21:25qui sont celui, finalement,
21:26de la continuation de ceux qui nous ont mis dans le mur aujourd'hui,
21:28et d'un homme qui menace rien de moins, si vous voulez,
21:31que la paix civile dans notre pays.
21:33Non, mais d'accord.
21:33Non, mais excusez-moi.
21:34Mais ça, c'est les Français qui trancheront.
21:35Oui, mais exactement.
21:36Par rapport au programme.
21:37Mais oui, c'est exactement ça.
21:38Laissez les Français trancher.
21:39Sauf que je...
21:39C'est pas vous, sur ce plateau de télévision,
21:40qui pouvez dire,
21:40est-ce que Marine Le Pen est digne d'être chef de l'État ?
21:43On vous pose la question.
21:44Mais je vous réponds.
21:45C'est pas ça.
21:45Moi, je me fie simplement un scénario judiciaire.
21:48Ce sont les Français qui décideront si Marine Le Pen
21:51est digne d'être chef de l'État ou pas.
21:53D'accord.
21:53C'est quand même la chose la plus saine qui soit.
21:55Si les Français sont d'accord avec vous,
21:57eh bien, ils n'iront pas à Maléry Le Pen.
21:59S'ils ont confiance en elle,
22:00malgré son casier judiciaire possible,
22:02eh bien, ils iront chef de l'État.
22:04Et il me semble, excusez-moi,
22:06que quand on revient à ce qu'a pu dire le général de Gaulle,
22:08qui s'y connaît un petit peu en Vème République
22:10et qui expliquait que le juge suprême,
22:12le juge suprême, c'est le peuple.
22:13C'est pas la Cour de cassation.
22:14C'est pas le Conseil constitutionnel.
22:15Ce serait bien que certains s'en rappellent,
22:17notamment dans la magistrature.
22:18Merci, Marion Maj.
22:19Merci d'avoir été avec nous.
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