00:00Je vais axer la conférence sur deux piliers.
00:03Donc, comme je disais, le premier, c'est basé sur mes études en recherche,
00:09pas médicale, mais biologie, neurobiologie.
00:14Donc, tout ce qui est croissance d'un neurone, ça, je l'ai vu.
00:20L'expression génétique par rapport à des endorphines.
00:26Et l'autre pilier, c'est mon vécu de sportif de haut niveau en natation.
00:35Donc, entraînement, entraînement, entraînement.
00:38Ça, ça va être intéressant pour la partie récupération suite à un accident.
00:45Et puis, par extrapolation, comment on maintient, on va dire, les effets de l'âge le plus lointain possible.
00:55Et comme disaient des proches, l'idéal, c'est de mourir en pleine santé.
00:59J'ai vécu un AVC.
01:00J'ai fait un, on va dire, j'ai subi un AVC parce que c'est quand même quelque chose
01:06que l'on subit.
01:07On ne le choisit pas.
01:08Et c'est ce qu'il y a de, quelque part, de plus terrible dans, comme dans tout, accident.
01:14Puisque l'AVC, c'est un accident vasculaire cérébral.
01:18Donc, comme le disent les médecins, c'est comme une crise cardiaque, mais au niveau du cerveau.
01:24Il y a deux types d'AVC.
01:26Il y a l'AVC ischémique et l'AVC hémorragique.
01:31Bon, hémorragique, il y a un vaisseau qui pète.
01:33Et le sang lui-même va venir tuer les neurones, enfin les détruire.
01:38D'où le manque, la détérioration de certaines fonctions.
01:44Puisque, selon là où ça tape, on va avoir soit une perte visuelle, si c'est le lobe occipital,
01:52soit des problèmes d'équilibre, si c'est au niveau du cerveau.
01:57Selon les zones, il va y avoir une dégradation de la fonction, une perte complète.
02:02J'avais l'infirmier dans le box au niveau des urgences qui regardait la machine qui indique la pression artérielle.
02:10C'était ma pression artérielle.
02:12Et puis, je le voyais, il faisait une roule de tête.
02:15Et je regarde et je lui dis, elle est aussi haute que ça.
02:17Et puis, il me fait...
02:20Alors, je lui dis, vous pouvez me la montrer quand même.
02:22Alors, il tourne l'appareil, c'était rendu à 22.
02:2522, alors que normalement, on est à 12,8.
02:2912, c'est la pression qui est envoyée quand le corps se contracte.
02:34C'est la pression la plus élevée, donc 12.
02:37Et 8, c'est quand il se remplit.
02:40Voilà, c'est la pression la plus basse.
02:4322, là, on est déjà dans du gros stress.
02:46Donc, c'était lié à l'organisme qui réagit suite à ce que je vivais.
02:51Moi, c'était...
02:54Alors, je suis rentré, je suis un des rares cas à être rentré à l'hôpital pour un AVC, un
03:00AIT.
03:02Puisque j'avais la paralysie, j'avais toute la moitié du corps qui était paralysé.
03:06Et puis, quelques minutes après, hop, ça revenait.
03:10Et puis, ça se reparalysait.
03:12Et puis, ça revenait.
03:13Comme s'il y avait un petit bouchon qui bloquait un endroit.
03:17Il faut savoir qu'il y a...
03:18Alors là, on revient dans le domaine neuro,
03:21mais c'est en rapport avec la complexité de l'être humain.
03:24Il faut savoir qu'on a 10 fois plus de neurones dans notre cortex cérébral
03:31que d'habitants sur Terre.
03:33On est 8 milliards, il y a 80 milliards de neurones.
03:38Donc, ça...
03:39Et on ne connaît pas tous les gens qui habitent sur Terre.
03:42Enfin, moi, j'ai un carnet d'adresses qui n'est pas...
03:45Voilà.
03:46Donc, ça vous donne une idée de la complexité de l'organisme.
03:52À partir de là, pour en venir à l'AVC,
03:57donc, je ne vais pas entrer dans les détails sur mon AVC à moi.
04:00Ce qui est important, c'est comment on récupère après
04:03des expériences sur des gens qui étaient droitiers
04:06et qui sont devenus gauchers.
04:08Et là, on voit clairement le cortex cérébral qui se réadapte
04:13au niveau de l'activité nerveuse.
04:15Ça prend un certain temps, mais ça fonctionne.
04:19Et quand je suis arrivé en...
04:21Donc, là, j'attaque la partie reconstruction.
04:24Quand je suis arrivé en clinique de réadaptation,
04:28la première chose qu'on vous demande,
04:30quand vous avez un AVC qui vous coupe en deux,
04:33du point de vue locomoteur,
04:35on vous demande, vous êtes droitier ou vous êtes gaucher ?
04:38Parce que quand vous êtes droitier,
04:40que vous êtes...
04:41Ben, mon cas, moi.
04:42Moi, je suis droitier et c'est le côté gauche qui est paralysé.
04:46Ah, d'accord.
04:47C'était pas le côté droit.
04:48Voilà.
04:49C'est le côté gauche.
04:50Ben, un droitier...
04:51C'est chouette.
04:52C'est pas le sujet.
04:52Ben oui.
04:53Il va pas chercher à...
04:56Voilà.
04:58L'effort est différent.
05:01Je connaissais quelqu'un qui est...
05:06Bon, elle, c'était la petite...
05:09Elle, elle avait subi une agression.
05:12Et on l'avait laissée pour morte.
05:15Et elle avait eu un problème,
05:16tellement ça avait été violent,
05:19un problème neuro au niveau de la chaîne locomotrice également.
05:24Et elle, c'était le côté droit.
05:27Elle était droitière.
05:29Et c'est le côté droit qui était paralysé.
05:32Et donc, elle a dû tout réapprendre.
05:34Côté gauche.
05:35Elle a dû tout basculer.
05:36Tous les repères qu'elle avait,
05:37il a fallu les basculer.
05:38Elle était jeune.
05:39Oui, elle avait la trentaine, même pas.
05:43Oui, en plus.
05:45Enfin, bon, voilà.
05:47Pour vous dire que,
05:48en clinique de réadaptation fonctionnelle,
05:51on croise des gens.
05:52C'est une...
05:53Voilà, on voit de tout.
05:54Il y a des gens qui se sont laissés pour mort
05:56suite à des agressions.
05:59Et puis, voilà, des gens,
06:00comme j'ai vu des petits papilles,
06:03qui...
06:03Bon, c'était bon vivant.
06:04Et puis, à un moment donné,
06:06le corps, il y stoppe.
06:08Donc, là aussi, il y a une usure
06:09par le comportement que l'on a.
06:12En plus, il y a des époques
06:14où on ne savait pas tout.
06:16Maintenant, on va chercher plus loin.
06:19Il y a des protocoles
06:20où on va vraiment...
06:21Parce que moi, le premier,
06:23quand on m'a dit
06:24qu'on n'a pas encore les résultats
06:25sur les mutations
06:26de tel ou tel gène,
06:27je me dis, mais...
06:28Et il me dit, oui, on va chercher quand même
06:30pour voir s'il n'y a pas un problème
06:31au niveau des systèmes
06:32qui vous permettent
06:33de compenser les hémorragies.
06:36On pourrait parler aussi d'épigénétique.
06:39Oui.
06:39Parce que là...
06:41Ce n'est pas du marbre.
06:44L'ADN, il est...
06:47On a un certain ADN quand on est
06:48et on a un ADN qui est modifié
06:51à la fin de notre vie.
06:52D'accord.
06:53Par rapport...
06:55En fait, ça interagit.
06:59Je vais la faire très vite.
07:01Il y a...
07:02Justement, on nous a appris
07:04donc en fin des années 80
07:07que l'ADN a été parfois
07:11empaqueté autour de grosses molécules,
07:13des histones.
07:16Et on se demande à quoi ça sert.
07:19Et en fait, c'est pour empaqueté
07:21parce que le problème,
07:22quand un ADN dans chaque cellule,
07:24c'est deux mètres.
07:26Et une cellule, c'est microscopique.
07:28Donc, il faut des solutions
07:30pour empaqueter tout ça.
07:32Mais quand c'est empaqueté,
07:34ça ne peut pas s'exprimer.
07:35C'est-à-dire que les autres molécules,
07:38les protéines qui viennent lire l'ADN
07:41et qui vont extirper un ARN messager
07:43pour faire une autre protéine,
07:45donc ça peut être une hormone,
07:47ça peut être une protéine constitutive,
07:49ça peut être des tas de choses,
07:52l'ADN, c'est les bouquins
07:54qu'il y a dans une bibliothèque
07:55qui vont dire, tiens,
07:57on va prendre ce bouquin,
07:59comment on fait telle recette ?
08:01Hop, on va faire...
08:02La personne qui va lire la recette,
08:04c'est l'ARN messager.
08:06Et la recette, c'est une protéine.
08:09Et en fait, on s'aperçoit
08:12que l'ADN, c'est un peu cette bibliothèque
08:16où on va, en fonction du milieu
08:19de ce que l'on fait,
08:20de la vie qu'on mène,
08:22on va ouvrir tel ou tel bouquin
08:24pour s'adapter.
08:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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