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  • il y a 28 minutes
Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique par la cour d'appel de Paris dans l'affaire dite des assistants parlementaires européens, à l'époque où le parti s'appelait encore le Front national. Elle a aussi écopé de 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis. Une peine d'inéligibilité déjà effectuée.
Dans la foulée de cette décision de justice, elle a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 lors d'un entretien accordé au journal de 20 heures de TF1.

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Transcription
00:00Brasset électronique, quand, comment ça va se passer, combien de temps,
00:07comment concrètement les choses vont se dérouler ces prochaines semaines pour elle ?
00:10Alors déjà quand, puisque c'est la première question, à quelle date pourrait-elle être équipée
00:14si elle ne forme pas de pourvoi en cassation, si elle reconnaît donc sa culpabilité,
00:17elle accepte de porter ce brasset.
00:19Elle a dix jours pour se pourvoir en cassation.
00:21Elle a dix jours pour se pourvoir en cassation, tout comme le parquet général,
00:24et si elle ne le fait pas, le juge d'application des peines, lui, a quatre mois pour la convoquer
00:27et lui indiquer les modalités d'équipement de ce bracelet électronique.
00:31Il le fera sans doute avant.
00:33Il faut voir aussi qu'on est en pleine, ça va être le début des vacances et des vacations judiciaires,
00:38donc il risque d'y avoir aussi un délai par rapport à ça.
00:41Ensuite, le juge d'application des peines, ça va être celui de son département où elle est domiciliée,
00:47donc dans les Hauts-de-Seine, donc le dossier doit déjà partir sans doute à Nanterre.
00:50Et puis il va fixer d'abord les conditions techniques, comment équiper son logement d'un boîtier
00:54pour vérifier qu'elle s'y trouve bien quand elle doit s'y trouver.
00:58Et définir les horaires, les aménagements possibles, c'est-à-dire entre 9h et 18h, vous pouvez travailler,
01:03mais ensuite vous devez être à domicile, vous devez être chez vous, et on va le vérifier avec ce bracelet.
01:06Avec toute une série de demandes qu'elle peut formuler de dérogations.
01:10J'ai un meeting dans deux jours dans tel département, est-ce que je peux m'y rendre ?
01:13Parce que je ne serai pas rentré à l'heure.
01:15Le juge d'application dit oui ou non.
01:17Et puis la dernière question à se poser, c'est la durée.
01:19On a dit un an, c'est-à-dire une peine de prison ferme sous bracelet.
01:22Puisque c'est une peine de prison ferme, elle aura un numéro d'écrou, elle sera considérée comme une personne
01:26détenue,
01:26puisque c'est ce qu'elle sera, un an.
01:28Mais évidemment, elle va pouvoir bénéficier, si elle se comporte bien, de crédit de réduction de peine, environ six mois.
01:34Ce n'est pas automatique, mais s'il n'y a pas de souci, cette peine d'un an, elle
01:37va approximativement diminuer pour aboutir à six mois.
01:41Donc six mois, ça nous renvoie au mois de janvier ?
01:43Oui, il reste à savoir quand est-ce qu'il sera posé.
01:46Et puis on peut aussi demander des aménagements, c'est-à-dire au bout de trois mois,
01:49on peut demander une libération conditionnelle pour se le faire retirer.
01:51On peut demander la transformation de plusieurs jours de bracelet sous forme de jours amendes.
01:55Il y a plein de possibilités d'aménagements possibles.
01:58Donc, Maître Jean-Yves Leborgne, bonsoir.
02:00Quel est le meilleur scénario, j'allais dire, pour Marine Le Pen ?
02:03À partir de quand, si tout se passe bien pour elle, pourrait-elle faire campagne sans bracelet ?
02:09À mon avis, la durée de port du bracelet minimum, il n'y a pas de certitude, ce serait trois
02:17mois.
02:17Pourquoi trois mois ? Soyons simples, douze mois, c'est la peine prononcée.
02:21Trois mois de remise de peine automatique, on est à neuf mois.
02:24Au bout de trois mois, il n'en reste plus que six.
02:27Et lorsqu'il ne reste plus que six mois, il est possible de convertir l'exécution de la peine sous
02:33bracelet
02:34en une autre obligation qui n'est en rien pénalisante.
02:38De telle sorte que les trois mois sont envisageables.
02:41Je veux dire, moi, je ne crois pas beaucoup au fait que Marine Le Pen est posée comme condition,
02:48en tout cas, ce n'est pas ce que j'ai entendu, j'ai peut-être mal écouté ou mal
02:51lu mon journal, je ne sais pas,
02:53mais qu'elle ait dit, avec un bracelet, je ne ferai pas campagne.
02:56Elle a expliqué que c'était difficile, voire presque impossible, de faire une campagne électorale avec un bracelet,
03:03ce qu'on peut comprendre et c'est en quoi elle a en fait tout à fait raison.
03:06Mais la question n'est pas suffisamment lourde et grave à mes yeux pour qu'elle puisse en faire, j
03:13'allais dire,
03:13le prétexte de son désistement.
03:16Elle est la candidate naturelle du Rassemblement national.
03:19Je voulais quand même mettre le banc avec ce qu'elle a dit, s'il s'agit de m'autoriser
03:23à être candidate,
03:24mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ce ne
03:28sera pas possible.
03:29C'est assez clair ?
03:30Oui, c'est clair si on veut, parce que s'il s'agit de m'empêcher de mener une campagne
03:34librement, qu'est-ce que ça veut dire ?
03:36Si c'est trois mois de bracelet qui commence grosso modo courant août pour se terminer courant novembre,
03:41je pense que cet empêchement sera assez relatif.
03:45Ce qu'elle dit, c'est que ce n'est pas un empêchement moral, elle dit que c'est un
03:48empêchement technique.
03:49Voilà.
03:49Ce qui est vrai, c'est que politiquement, elle n'est pas dans la même situation que Jordan Bardella.
03:52Jordan Bardella, il n'a pas évidemment de problème de notoriété,
03:54mais il a un problème effectivement de devoir conquérir une forme de présidentialité.
03:59Marine Le Pen, même si c'est trois premiers mois, même si elle est moins présente médiatiquement,
04:03ça ne lui fera pas défaut pour la campagne présidentielle qu'elle a à mener.
04:06Ça ne lui fera pas défaut.
04:07Est-ce que vous partagez ce point de vue, Hubert Coudurier, journaliste et auteur de le mystère Marine Le Pen
04:12aux éditions Plon,
04:13si vraiment elle porte le bracelet, admettons, dans le meilleur des scénarios ?
04:17Vincent Vantiguem, oui, pardon, vous avez une information ?
04:19Juste une information, puisque Marine Le Pen est en train de donner son interview à TF1,
04:22elle vient d'annoncer, on est en train de débattre de ce délai,
04:25mais elle vient d'annoncer qu'elle formait un pourvoi en cassation.
04:28J'aurais été sûr.
04:29Donc on peut arrêter le débat sur le délai, puisque c'est une information très importante.
04:32Arrêtons-nous un instant là-dessus.
04:34Parce que c'est une information très importante.
04:34Donc, pardon Hubert Coudurier, mais un instant quand même,
04:37pour analyser juridiquement ce que ça veut dire avec nos spécialistes.
04:41Ça veut dire que la peine à laquelle elle a été condamnée aujourd'hui est suspendue
04:45jusqu'à ce que son pourvoi soit examiné par la Cour de cassation,
04:48ce qui interviendra avant la fin de l'année, donc vraisemblablement en décembre ou janvier.
04:51Attendez, ça justement, tout est là.
04:54Vous avez raison de dire que le pourvoi en cassation suspend la peine,
04:58elle n'existe plus jusqu'à un éventuel rejet du pourvoi.
05:02Mais quand ce pourvoi sera-t-il rejeté ?
05:04Alors, la durée d'examen d'un pourvoi, je dirais, habituelle,
05:08c'est grosso modo 18 mois.
05:10Ça peut varier d'un mois ou deux.
05:11Ça, c'est l'ordinaire des choses.
05:13C'est l'affaire qui ne présente pas de caractère particulier.
05:16Mais on se rappelle que le premier président de la Cour de cassation
05:20avait dit que s'il y avait un pourvoi pour ne pas bloquer,
05:26en quelque sorte, la situation électorale de la France en 2027,
05:30l'arrêt serait rendu.
05:32Moi, j'ai en mémoire, avant la fin de l'année 2026,
05:35j'entendais tout à l'heure que d'autres parlaient de...
05:37On parle du début de l'année 2027.
05:39Mais je pense que c'est un pari extraordinaire.
05:42Ça, c'était dans le cas de figure,
05:44où ce n'était pas elle qui se pourvoyait en cassation,
05:47mais c'était effectivement le ministère public.
05:50Et là, ce qui est intéressant, c'est qu'elle refuse,
05:54elle ne veut pas concourir avec cette culpabilité au-dessus de sa tête.
05:58Et elle le justifie.
06:00Il peut faut dire les mots.
06:01Je n'ai pas hésité, je veux aller au bout des voies de recours.
06:04Elle dit également, en fait, qu'elle réfute l'analyse de la Cour d'appel
06:09sur ce qu'on appelle l'article 432.15,
06:12l'article qui définit le détournement de fonds publics.
06:14Elle a été condamnée sur la base de cette infraction.
06:17Il y a un problème technique.
06:18Vous avez raison, mais il y a un problème technique.
06:21Si d'aventure Marine Le Pen est candidate,
06:25qu'elle a formé un pourvoi, puisqu'elle dit qu'elle va le faire,
06:27et que ce pourvoi n'est pas tranché...
06:31Et alors, attendez, attendez, attendez, elle annonce donc à l'instant
06:35qu'elle est candidate à l'élection présidentielle.
06:39J'ajoute donc que si elle est candidate et si elle est élue...
06:44Oui, elle l'est.
06:45Si elle était élue, le pourvoi en cassation,
06:48à supposer qu'il n'ait pas encore été tranché au moment de son élection,
06:53serait sans effet, puisque l'application de la peine
06:58serait reportée à la fin du mandat.
07:02C'est un pari, c'est un pari risqué.
07:05Est-ce qu'elle aurait l'immunité présidentielle ?
07:07Alors, attendez, attendez.
07:08Je ferai donc campagne sans bracelet électronique,
07:12parce que quand on se pourvoi en cassation,
07:15ça suspend l'exécution de la peine.
07:18Et donc, jusqu'à l'élection, elle ne portera pas...
07:22Alors, pas jusqu'à l'élection, jusqu'à la décision de la Cour de cassation
07:25qui va confirmer aujourd'hui la décision qui a été rendue
07:28ou qui va l'infirmer.
07:29Mais si elle confirme...
07:30Et ça peut tomber quand, alors ?
07:31Eh bien, on l'a dit, au mois de janvier ou février,
07:33c'est-à-dire que l'examen se sera...
07:35Mais oui, mais c'est ma question, pardon.
07:38Si sa peine est confirmée en cassation,
07:41alors là, qu'est-ce qui se passe ?
07:42Elle sera équipée d'un bracelet électronique,
07:43non pas au mois de septembre.
07:44On en faisait l'hypothèse il y a quelques instants,
07:46mais peut-être à la fin du mois de juillet.
07:47Donc, pardon, mais le pari est extrêmement risqué
07:49parce qu'elle aurait pu potentiellement se débarrasser
07:53du bracelet en novembre, si je suis vos raisonnements.
07:56Et là, elle décide de se dire,
07:58potentiellement, je prends le risque de reporter
08:00un peu plus ce risque.
08:02Voyez-vous, la justice est placée dans une situation
08:04assez extraordinaire.
08:05Ou bien elle rend son arrêt sur le pauvre en cassation,
08:09on va dire, dans six mois ou sept mois,
08:11enfin, de manière à invalider.
08:14Parce que, quand je dis invalider,
08:16c'est que la plupart des pourvois sont rejetés.
08:18Ceux qui sont admis sont en quantité très limitée.
08:21Ou bien la justice décide de prendre le temps
08:25qu'elle prend habituellement,
08:27c'est-à-dire, grosso modo, 18 mois,
08:29et on passe l'élection présidentielle.
08:31Dans le premier cas, on dit qu'on se sera précipité
08:34pour la bloquer.
08:35Dans le second, qu'on aura pris son temps
08:37pour lui laisser la voie libre.
08:38– Ce que je peux vous dire, c'est les informations
08:41de ce point de vue, les avocats qui vont se charger
08:44de ce dossier-là disent vouloir jouer la montre.
08:48– Bien sûr.
08:49– Donc, les déclarations du premier président
08:52de la Cour de cassation, qui ont été faites au micro
08:56de Laurent Neumann, je crois, il y a quelque temps,
08:58qui disaient qu'on ferait œuvre de célérité
09:01pour examiner ce recours en cassation,
09:05eh bien, Mme Le Pen estime que ses propos
09:09ne sont peut-être pas, dans ce cas-là,
09:12où c'est elle qui fait cassation,
09:13eh bien, ne sont peut-être pas applicables.
09:15– Hubert Coudurier.
09:15– Ce qui est sûr, c'est qu'ils veulent jouer,
09:17c'est l'expression.
09:18On veut jouer la montre.
09:19– On s'y perd un peu, là.
09:21Moi, je crois que, de toute façon, pour elle,
09:24c'est quand même une divine surprise.
09:26Les juges ont botté en touche,
09:28mais ils ont retenu l'interprétation,
09:30ou plutôt la réserve d'interprétation
09:32du conseiller constitutionnel,
09:33qui voulait laisser la liberté de choix.
09:35Aux électeurs.
09:36Et puis, ils lui ont dit,
09:36si vous voulez vous présenter, allez-y.
09:39Elle, elle est orgueilleuse.
09:40Elle a peut-être un petit inconvénient,
09:42c'est qu'elle est juriste aussi.
09:43Elle aurait voulu être avocate.
09:45Et finalement, je ne suis pas certain.
09:46– Elle était avocate.
09:47– Elle était avocate.
09:48– Elle a été, oui.
09:48– Et je crois que, parfois,
09:51elle prend des initiatives
09:52qui peuvent se retourner contre elle.
09:53Notamment quand elle a fait appel.
09:56Après avoir été condamnée en première instance,
09:58elle a voulu un appel rapide.
10:00Ils sont partis sur une stratégie trumpiste,
10:02qui n'a pas duré longtemps,
10:03parce qu'ils sont rentrés assez vite dans le rang.
10:06Mais elle a voulu avoir un appel rapide.
10:09Et ce n'était peut-être pas la meilleure solution.
10:11Enfin, on en est aujourd'hui dans une situation
10:13où le bracelet n'est pas, franchement,
10:17un empêchement autre que technique.
10:20En plus, elle, elle est connue.
10:22Elle n'a pas non plus besoin de faire tous les meetings.
10:25Elle peut en déléguer certains.
10:26– Ah, vous pensez réellement qu'elle n'ira pas, donc ?
10:29– Ah, si, si, si.
10:30Je pense qu'elle va y aller.
10:31De toute façon, on l'a suffisamment…
10:33– Il n'y a plus de questions de passage jusqu'en janvier.
10:34– On l'a suffisamment enterré au cours des dernières mois.
10:38– Non, mais rien ne dit que la Cour de cassation
10:40rende son arrêt en début d'année.
10:42Mais rien ne le dit.
10:43– Rien ne le dit, mais donc c'est possible aussi.
10:46– Attendez, attendez, attendez.
10:48Hubert Coudurier ?
10:49– On l'a tellement enterré depuis des mois
10:52que c'est un soulagement pour elle
10:53de savoir qu'elle peut y aller.
10:55Et c'est quand même pas rien.
10:56Et donc, elle va y aller.
10:58Elle va aménager les choses en fonction de la loi.
11:01Mais c'est aussi une manière pour elle
11:03de faire en sorte qu'elle reprenne la main.
11:06Parce que là, on commençait à observer
11:07un certain nombre de divergences entre elle et Jordan Bardella
11:10qui avant s'exprimait en privé
11:12mais qui commençait à l'être publiquement.
11:15Il est temps que la rivière retrouve son lit,
11:17qu'elle réaffirme qu'elle est la patronne
11:19et que c'est elle qui mène la danse.
11:21– Elle n'a pas tellement aimé, Jean-Yves Camus,
11:23que Jordan Bardella prenne un peu d'importance
11:27ces dernières semaines ?
11:28Elle ne voulait pas que ce soit lui ?
11:29– Il faut quand même rappeler que si ça avait été lui,
11:34la responsabilité en aurait incombé à Marine Le Pen
11:37qui a laissé à Jordan Bardella la présidence du parti
11:41pour se concentrer sur l'action du groupe parlementaire.
11:45C'est bien elle qui lui a donné, si je veux dire,
11:47les clés de la voiture.
11:50Après, qu'elle préfère effectivement jouer,
11:55encore une fois, la présidentielle,
11:59sans doute pour la dernière fois,
12:02mais qu'elle ait envie d'y aller,
12:03ça me semble ne pas faire de doute.
12:05Ceci étant, même si jamais elle n'a pas très envie
12:10que ce soit Jordan Bardella qui y aille,
12:12il faudra quand même pour vaincre que ce parti montre
12:16un minimum d'unité dans la campagne,
12:18parce qu'il ne peut pas gagner s'il se contente
12:21de son électorat socle.
12:23C'est-à-dire que cet électorat socle,
12:25qui est principalement celui habitué à Marine Le Pen,
12:28il doit aussi s'agrandir, s'élargir,
12:31avec les voies que précisément Jordan Bardella
12:34peut prendre dans les catégories socioprofessionnelles
12:37et les diverses tranches d'âge,
12:40où son orientation propre,
12:43notamment son libéralisme,
12:45ce que certains appellent son pragmatisme,
12:47lui donne la contente.
12:48Et est-ce que vous pensez que cette condamnation
12:50peut l'empêcher justement d'élargir ce socle ?
12:53Encore une fois, pour le premier tour,
12:55je n'en suis pas persuadé.
12:57Pour le second tour,
12:58et les choses sont encore compliquées
13:00par le timing du rendu de l'arrêt de la Cour de cassation,
13:06entre les deux tours,
13:07ça peut être compliqué.
13:08De toute façon, on a déjà vu,
13:09avec les premières réactions qui sont tombées
13:11de la part de ses opposants,
13:13aussi bien ceux du bloc central que de la gauche,
13:16que cette campagne se ferait sur le thème de...
13:22Olivier Sport disait,
13:24vous avez dit,
13:24ma propre tête haute depuis plusieurs décennies,
13:27et vous êtes condamné en première instance et en appel.
13:29Grosso modo, vous êtes indigne d'occuper la charge suprême.
13:32Mais ça, j'allais dire, c'est de bonne guerre.
13:33Si la campagne se résume à ça,
13:37ce sera un angle d'attaque contre Marine Le Pen
13:39assez faible, à mon avis.
13:41Et attendez, il n'y a pas condamnation, là.
13:43Elle est suspendue à la Cour de cassation.
13:46Alors si, elle a été deux fois condamnée,
13:48mais elle redevient présumée innocente.
13:51Mais il faut s'arrêter une seconde sur ce pouvoir en cassation
13:53et ce que ça veut dire,
13:54parce que que peut décider la Cour de cassation ?
13:57Elle peut évidemment confirmer la décision
13:58qui a été rendue aujourd'hui.
13:59On le voit, ce serait donc Marine Le Pen équipée d'un bracelet
14:02au mois de janvier ou au mois de février
14:04à la un ou deux mois du premier tour de la présidentielle.
14:07Il peut aussi infirmer l'arrêt qui a été rendu aujourd'hui,
14:09ordonner un nouveau procès.
14:11Que fait-on à ce moment-là ?
14:12Et si Marine Le Pen est équipée d'un bracelet électronique
14:14au mois de janvier,
14:16qu'est-ce qui se passe le 18 avril ?
14:18Et puis, si elle vient à être élue ?
14:20Aujourd'hui, la Constitution interdit
14:21que le président de la République soit entravé.
14:23Il faudrait lui retirer le bracelet avant son investiture
14:25pour lui remettre potentiellement à la fin de son mandat.
14:27Voilà toutes les questions qui vont se poser
14:29avec ce pourvoi en cassation qu'elle annonce ce soir.
14:31C'est quand même très risqué, ce pari.
14:34C'est extrêmement risqué.
14:35Mais je pense que le plus risqué, c'est le timing.
14:38Parce que la justice a, je dirais,
14:41rendu une décision équilibrée et raisonnable,
14:44permettant sa candidature.
14:46Est-ce que la Cour de cassation,
14:48qui a parfaitement compris,
14:50d'ailleurs ça s'étalera dans la presse dans les jours qui viennent,
14:52que le pourvoi en cassation était finalement une ruse technique
14:56pour faire en sorte que l'élection présidentielle
15:00soit antérieure au caractère définitif de la condamnation ?
15:04Est-ce que cette instrumentalisation
15:07de la chambre criminelle de la Cour de cassation
15:09ne va pas créer un léger agacement
15:12qui entraînerait justement que le délai habituel de 18 mois
15:16ne soit pas respecté en disant
15:18au fond, ce pourvoi dont nous sommes saisis,
15:21c'est un truc pour rendre à néant
15:24la décision de nos collègues de la Cour d'appel ?
15:27Eh bien, on va rendre notre arrêt plus tôt.
15:29C'est tout ce qu'on ne sait pas.
15:30C'est tout ce qu'on ne sait pas,
15:32parce que jusqu'à présent, on s'est quand même beaucoup trompé.
15:34Donc, il faut être très, très prudent.
15:36Alors, elle se pourvoit en cassation.
15:39Elle reste candidate à l'Élysée.
15:42Elle confirme que Jordan Bardella
15:44sera bien Premier ministre si elle gagne en 2027.
15:47Et à l'instant, vous aviez une information...
15:48Oui, on voit qu'il y a déjà un site
15:50qui est mis en ligne, marinelepen.com,
15:52pour la France, la Renaissance.
15:54Donc, la candidature est à peine lancée.
15:56Et comme il disait, tout était prêt dans la carton
15:58pour l'un ou pour l'autre.
15:59Tout était prêt pour le plan A et pour le plan B ?
16:00Absolument.
16:02Donc, je récapitule.
16:03La Renaissance, rappelez-vous quand même
16:04le parti du Président de la République
16:05qui s'appelle comment ?
16:06La Renaissance.
16:07Alors, comment analyser ça ?
16:09C'est pour la Renaissance de la France,
16:11dit ce site-là.
16:11Pour la France, la Renaissance,
16:12on voit qu'il y a une volonté,
16:13ce qui a été fait par Jordan Dombella
16:15et Marine Le Pen,
16:16de faire une campagne politiquement d'espoir.
16:18Là où certains sont décrits
16:20comme promettant le sang et les larmes,
16:21c'est ce qui est mis en avant
16:21par le Rassemblement national ce soir.
16:23Et même la Renaissance, pour elle,
16:25à son titre de personne,
16:26elle a commencé à être enterrée
16:27pendant des mois et des mois
16:28et avoir aujourd'hui l'hypothèse
16:31de pouvoir se présenter
16:31à cette élection présidentielle.
16:32Je ferai campagne sans bracelet électronique.
16:37On rappelle pour les téléspectateurs
16:38qui nous rejoignent
16:40qu'elle est à nouveau présumée innocente,
16:44que l'exécution de sa peine
16:46est suspendue dans l'attente
16:49de l'arrêt de la cour de cassation,
16:52qui peut rendre sa décision,
16:54ça peut être à partir du mois de janvier,
16:56ça peut être un petit peu plus tard.
16:58Que se passe-t-il donc ?
17:00Parce qu'effectivement, c'est complexe.
17:02Donc on va essayer de bien s'arrêter dessus.
17:04Si elle rend sa décision en janvier
17:06et qu'elle confirme ce qu'a dit la cour d'appel,
17:09là, elle portera le bracelet électronique.
17:12Donc là, Paris perdu.
17:15Si, en revanche, la cour de cassation infirme,
17:19là, elle aura tout gagné.
17:20En revanche, si la cour de cassation...
17:22Elle n'aura pas forcément tout gagné.
17:23Ou elle aura gagné un délai
17:24parce qu'il y aura sans doute un autre procès.
17:27Sachant que, ce qu'il faut bien préciser aussi,
17:29et elle l'a dit dans son intervention sur TF1,
17:32on conteste ce qui nous est reproché,
17:34ce fameux article 432.15 sur le détournement de fonds publics.
17:38C'est un article qui s'applique normalement
17:40aux personnes dépositaires de l'autorité publique,
17:42aux personnes chargées d'une mission de service public,
17:44mais non pas aux personnes investies d'un mandat électif.
17:47Il manque ça dans ce texte.
17:48Et c'est là-dessus que le débat va se porter
17:50sur un débat très technique.
17:51Elle est sûre d'elle,
17:52en dépit d'un premier échec lors de procès en première instance,
17:57et en dépit d'un échec devant la cour d'appel sur cette question juridique.
18:00Donc, en matière pénale, le pourvoi est suspensif.
18:04Donc, tant que le pourvoi en cassation dure,
18:06la condamnation n'existe pas, première chose.
18:09Et deuxième chose,
18:12les défenseurs de Mme Le Pen
18:15vont faire durer, évidemment, la procédure
18:18pour que cette procédure n'intervienne qu'après l'élection.
18:22– Ça, je me demande bien comment on fait ça.
18:23– Vous avez raison, Yves.
18:24C'est très probablement ce qu'il y a derrière
18:26l'intention de ce pourvoi.
18:29Mais je trouve que d'un point de vue judiciaire,
18:31je me mets un instant dans la position du juge.
18:34J'ai le sentiment qu'on me manipule.
18:37J'ai le sentiment que les arguments juridiques
18:39que l'on sort, les difficultés procédurales
18:42dont on va me saisir,
18:44n'ont au fond aucun intérêt,
18:46sauf celui de gagner du temps
18:47et de permettre de neutraliser la décision de justice.
18:51C'est presque une provocation
18:53à ce que la cour de cassation
18:56se précipite exceptionnellement.
18:58– Et donc, pour donner sa décision
19:02avant l'élection présidentielle,
19:04et je vous fais répéter, pardon,
19:05mais si elle rend sa décision après l'élection,
19:08là, elle est…
19:09– Allez tranquille, là, c'est l'immunité.
19:12– Quelle que soit cette décision,
19:13l'immunité dure le temps du mandat,
19:17qu'il soit de 5 ans, qu'il soit de 10 ans,
19:20puisque tout est envisageable,
19:22étant entendu que rien n'est perdu,
19:25si j'ose dire,
19:26puisque la prescription de la peine
19:28est suspendue pendant la durée du mandat présidentiel.
19:32– Guillaume Daré, vous avez plus d'informations
19:34sur le lancement de sa campagne.
19:35– Oui, en fait, c'est l'entourage, effectivement,
19:37du Rassemblement national de Marine Le Pen
19:38et de Jordan Bardella,
19:40qui donne des précisions,
19:41les premiers éléments d'une campagne qui se lance.
19:43On voyait à l'instant le site, effectivement,
19:45de campagne pour la France,
19:47la Renaissance,
19:48et dès ce soir, on nous indique
19:49que Marine Le Pen et Jordan Bardella
19:51vont retourner au siège pendant une an de travail,
19:52et ils seront en déplacement ensemble,
19:55demain, sur le marché de la Flèche,
19:57dans la Sardes,
19:57dont le maire est un maire Rassemblement national
19:59qui a été récemment élu cette année.
20:01Demain, dans la matinée,
20:02il vont donc s'afficher ensemble,
20:04la candidate et celui qui,
20:06il n'avait jamais dit l'inverse,
20:07mais qui revient officiellement candidat
20:09à Matignon et pas à autre chose.
20:11Déplacement commun,
20:12Jordan Bardella, Marine Le Pen,
20:13demain, et puis dans l'après-midi,
20:15il vient de nous indiquer
20:15qu'ils réuniront ensuite
20:16les instances du Rassemblement national.
20:18Clairement, la campagne du Rassemblement national
20:20est lancée
20:20et la candidate s'appelle Marine Le Pen.
20:21On a presque l'impression, Jean-Yves Camus,
20:23que ça y est, ils ont tourné la page,
20:24les choses rentrent dans l'ordre.
20:26Marine Le Pen qui reprend sa campagne
20:27avec, à ses côtés, Jordan Bardella,
20:30comme si rien ne s'était réellement passé.
20:32Oui, alors ça, c'est un pari un petit peu risqué
20:33parce que, de toute manière,
20:35il y a aussi un cas de figure
20:36qu'il faut envisager,
20:37c'est que la Cour de cassation
20:38rende effectivement sa décision
20:42après l'élection présidentielle
20:44et à ce moment-là,
20:46Marine Le Pen se trouverait
20:47dans la position
20:49de représenter notre pays
20:50dans toutes les instances internationales,
20:52avec tout de même une image
20:54qui sera un petit peu entachée
20:56par cette espèce d'astuce juridique
20:59qui fait qu'effectivement,
21:01elle pourra exercer la plaidétude
21:03de ses fonctions,
21:04mais qu'il y aura quand même
21:04un nouveau round judiciaire
21:06une fois que le mandat sera terminé.
21:08Je ne suis pas sûr que ce soit,
21:10pour sa propre image
21:11autour d'une table de négociation,
21:13un énorme avantage
21:15parce que l'écho de cette affaire
21:17résonne quand même bien au-delà
21:19de notre pays.
21:20Quand je vois l'intérêt
21:21que la presse étrangère
21:22au-delà même du continent européen
21:23porte à ce qui se passe aujourd'hui,
21:25c'est assez impressionnant.
21:27Donc, il y a une part de Paris.
21:29Honnêtement, moi, je trouve
21:31qu'il aurait été assez raisonnable
21:35de voir avec le juge
21:36d'application des peines
21:37ce qu'il était possible,
21:39j'allais dire,
21:39de gratter, passez-moi l'expression,
21:42pour pouvoir faire une campagne
21:43à peu près normale.
21:45C'est ce qu'elle espère faire.
21:47Elle fait ce pari-là
21:48de se dire
21:49la Cour de cassation
21:50rendra son arrêt dans longtemps
21:52et je pourrais donc
21:53mener ma campagne.
21:53Il ne faut pas oublier une chose,
21:55c'est la culpabilité.
21:57C'est la culpabilité.
21:57Si elle accepte
21:59l'arrêt de la Cour d'appel,
22:01ça veut dire qu'elle reconnaît
22:02sa culpabilité.
22:03Et elle ne veut pas.
22:04Et ça, devant les électeurs,
22:05enfin, c'est le pari qu'elle fait,
22:06moi, je ne sais pas
22:07mon opinion.
22:09Évidemment,
22:09c'est le pari qu'elle fait,
22:10qu'elle ne peut pas,
22:11compte tenu probablement
22:12les discours qu'elle tient
22:15sur, notamment,
22:16la délinquance,
22:17sur, elle a quand même
22:18des discours qui sont très durs
22:19vis-à-vis de la justice
22:21et vis-à-vis,
22:22enfin, des juges,
22:23des magistrats,
22:23et vis-à-vis, eh bien,
22:25d'un climat
22:26qu'elle estime être
22:27un climat de délinquance.
22:29Elle veut être en conformité
22:31avec son discours
22:33face aux électeurs.
22:34Donc, c'est le pari,
22:35enfin, c'est le...
22:36Elle veut...
22:37Pour elle, c'est très important.
22:38Parce qu'il y a cette idée,
22:39Marie Chantret vient de nous rejoindre.
22:40Bonsoir Marie.
22:41Il y a cette idée
22:42qu'elle veut rester
22:45exemplaire, entre guillemets.
22:46Et si elle accepte
22:48la décision de la Cour d'appel
22:49aujourd'hui,
22:50c'est reconnaître
22:50qu'elle est coupable.
22:51Et ça, pour elle,
22:51ce n'était pas possible.
22:52Non, absolument.
22:53Après, effectivement,
22:54il plane quand même
22:56une forme de flou
22:58en pourvoyant en cassation.
23:00Et la question lui est posée
23:01par Gilles Boulot ce soir.
23:02Si la cassation
23:03et la Cour
23:04décident de ne pas aller
23:05dans votre sens,
23:06qu'est-ce qu'il se passe ?
23:07Et elle répond,
23:09ce Sibylin,
23:10nous verrons.
23:11Nous verrons bien.
23:12Parce que la cassation
23:13et la Cour de cassation
23:14ont promis d'aller vite.
23:15Donc nous devrions être fixés
23:17à la fin d'année,
23:18début 2027.
23:20Et elle rajoute,
23:21les Français
23:21en seront juges.
23:23On a vu ce soir
23:24un exercice médiatique
23:25très intéressant
23:26d'une Marine Le Pen
23:27au ton extrêmement posé.
23:30qui donc va
23:31à cette candidature.
23:33La question lui est posée
23:34de Jordan Bardella aussi
23:35quand même,
23:35qui s'était préparé.
23:37Mais elle le dit,
23:38nous sommes très complémentaires
23:40et ce n'est pas
23:40une histoire d'ambition.
23:42Ça va bien,
23:42nous nous battons
23:43pour la France.
23:44Est-ce qu'on y croit
23:45vraiment à ça ?
23:46On verra ça demain,
23:47notamment sur une photo
23:48qu'ils vont nous offrir.
23:49Parce qu'on avait des doutes
23:50sur un éventuel déplacement,
23:52ça aura lieu
23:52dès demain à la flèche.
23:54Vous en parliez à 11h
23:55et on les verra
23:56donc ensemble.
23:57Vous le savez,
23:58on vous l'a révélé
23:59un peu plus tôt
23:59dans la soirée.
24:00Marine Le Pen
24:01et Jordan Bardella
24:02se sont entretenus
24:02en tête à tête
24:03assez tôt
24:04dans l'après-midi
24:05où Marine Le Pen
24:06lui a fait part
24:07après cette entretenue
24:08avec ses avocats
24:08de sa décision
24:10d'y aller donc.
24:12Ça a été pris
24:12très rapidement.
24:14Maintenant,
24:15il va falloir voir
24:16comment Jordan Bardella
24:17réagit.
24:18Mais on voit quand même
24:19un ambitieux
24:19mais un ambitieux
24:21loyal.
24:22Encore une fois,
24:23je ne le vois pas
24:24changer d'attitude
24:25et considérer
24:26que sa place
24:27a été volée.
24:28je ne pense pas
24:29une seconde
24:30même s'il y aura
24:32peut-être des mots
24:33des sorties.
24:34Mais l'attitude générale
24:36sera tous derrière
24:37Marine Le Pen
24:38et Jordan.
24:39est-ce qu'il y a une seconde ?

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