00:00– La journée, ça a été très compliqué.
00:04Après, c'est des choses que vous ne voyez pas dans la vie de tous les jours.
00:07On avait l'impression qu'on était quasiment en guerre.
00:09Vous voyez des pompiers, vous voyez les gendarmes passer,
00:12vous voyez des hélicoptères dans tous les sens,
00:14vous voyez de la fumée, vous voyez les gens courir.
00:18Donc, moralement, c'est quelque chose de compliqué.
00:21Ce n'est pas quelque chose qu'on voit tout le temps dans une vie de tous les jours.
00:23Donc, là, actuellement, ce qui s'est passé,
00:27c'est que tout y est sur tête a été évacué.
00:30Le problème, c'est que j'ai fait partir toute ma famille,
00:33mes parents, mes enfants, j'ai fait partir toute ma famille sur Perpignan.
00:38J'ai mis du temps avant de partir de I parce que je n'avais pas envie de partir.
00:41Parce qu'on a nos biens là-bas, on a nos maisons là-bas,
00:44on a nos amis là-bas.
00:45Ça a été compliqué, mais finalement, j'ai dû partir.
00:49Là, je suis à Perpignan et de Perpignan, je vois la fumée,
00:53je vois le ciel rouge de I sur tête.
00:56Donc, là, c'est une journée très compliquée.
00:58– On rappelle, Perpignan, c'est à une trentaine de kilomètres de l'île sur tête.
01:02Ça vous donne un petit peu l'ampleur de ce nuage de fumée
01:07et de cet incendie qui, ce soir encore, est hors de contrôle
01:11et de cette guerre, ce sont les mots, je répète,
01:13du préfet, la guerre des pompiers, ce soir,
01:15pour essayer d'éteindre cet incendie.
01:17Ça a démarré hier soir, Hamid.
01:19Racontez-nous, vous avez été réveillé pendant la nuit,
01:21vous avez entendu les pompiers, le balai des Canadaires aussi peut-être ?
01:26– Ça a commencé en début de soirée.
01:30Donc, au bout d'un moment, on a entendu les pompiers.
01:33Donc, on s'est dit, c'est quelque chose de banal.
01:35Finalement, on voyait de la fumée, mais c'était très, très loin.
01:38Mais on ne pensait pas que ça allait arriver aussi vite à nous.
01:42On regardait de la télé, on essayait de s'informer qu'est-ce qui se passait.
01:45Mais à la fin, on s'est dit, c'est juste un feu parmi plein d'autres.
01:49Finalement, c'était le début d'un cauchemar.
01:52Parce que là, c'est compliqué quand même.
01:53– Donc là, toute la journée, vous avez vu, justement, ces flammes progresser.
01:58Vous dites, j'ai hésité avant de quitter ma maison.
02:01Je crois que vous êtes habitant de l'île Sortette depuis des années.
02:05Vous dites, vous n'aviez jamais vu ça.
02:06Et c'était compliqué pour vous, finalement, d'abandonner votre maison.
02:11– Bien oui, notre vie, elle est là-bas.
02:13On a nos biens là-bas, on a tout là-bas.
02:17Moi, j'ai 41 ans, donc ça fait 41 ans que j'habite à l'île Sortette.
02:21J'ai un commerce sur l'île Sortette, donc j'ai toute ma vie là-bas.
02:25Et finalement, on ne veut pas tout laisser derrière nous et partir.
02:30Mais on s'est senti, comme vous dites, c'est la guerre.
02:33C'est la guerre, vous voyez tout le monde partir avec des valises,
02:36vous voyez de la fumée, vous voyez de la gendarmerie, vous voyez les pompiers.
02:41Et là, je suis à Surperpignan, c'est de la famille.
02:44Toute la famille est proche et tout le monde est devant BFM,
02:47en train de se renseigner, tout le monde est sur les téléphones,
02:49en train d'avoir des informations, savoir l'évolution.
02:52Et ça n'a pas l'air d'être dans le positif.
02:54– Pour l'instant, en tout cas, effectivement, ce feu est toujours en cours.
02:57Vous arrivez à avoir des nouvelles de ce qui se passe là-bas ?
03:00Vous avez des gens encore qui sont, alors pas à l'île Sortette,
03:03puisque la ville est en cours d'évacuation,
03:05mais des contacts peut-être qui vous informent sur l'avancée des flammes ?
03:09– J'ai des contacts, j'ai des vidéos,
03:12et malheureusement, je vois des voitures qui ont cramé.
03:16Je vois que dans le centre-ville, vers derrière,
03:19où c'est qu'il y a les jardins, ça a pris feu.
03:22Vers les fontaines, ça a pris feu.
03:24Donc le feu est rentré à Y-sour-tête.
03:27Et il y a des vidéos, elles font peur quand même.
03:29– Sous-titrage ST' 501
Commentaires