00:00en direct également de cette marche. Alors nous évoquions l'excuse de minorité parce que c'est vrai que les
00:07cinq jeunes,
00:09certains les ont appelés les cinq barbares, ceux qui sont mis en cause dans ce lynchage mortel de Louis.
00:15L'excuse de minorité, Éric Revelle, est-ce véritablement une excuse ? Doit-on faire preuve de davantage de mensuétude
00:23?
00:23Je parle de la prison, je parle des peines, je parle de tout ce contexte judiciaire autour des mineurs.
00:29Est-ce qu'aujourd'hui quand on voit ça, c'est une excuse la minorité ?
00:33Alors je vais reprendre le terme, je crois que c'est la tante de Louis ou la mère de Louis
00:37qui a dit,
00:39et ça résume et ça répond à votre question Charles, qui a dit,
00:42ils ont tué comme des adultes, ils doivent être jugés comme des adultes.
00:47C'est un point essentiel. La barbarie, je rappelle que ce pauvre Louis qui est agonisé sur un chantier,
00:54a été tabassé à mort et ils ne l'ont visé qu'à la tête.
00:59Ils savaient ce qu'ils faisaient.
01:00Ils étaient là pour tuer. Ils sont venus le filmer dans son agonie.
01:03Ils ont mis ces images sur les réseaux sociaux.
01:07Donc, ils ont tué comme des adultes barbares.
01:09À mon sens, ils doivent être jugés comme des adultes barbares.
01:13Prisons.
01:14Voilà. Donc ça veut dire prison.
01:16Mais ce qui était très intéressant dans le direct qu'on vient d'écouter, me semble-t-il,
01:20c'était le fond sonore.
01:22Le fond sonore d'une colère populaire qui ne cesse de monter.
01:27Vous entendiez ces gens qui devaient crier « Justice pour Louis ».
01:31Donc en fait, cette colère, elle est exprimée à ce niveau-là tout à fait nouvelle.
01:36Comme l'est nouvelle, le fait que les victimes, je le rappelle, prennent la parole.
01:40Donc, si le pouvoir ne prend pas conscience qu'après l'affaire Liana, qu'après l'affaire Louis
01:46et tant d'autres prénoms qu'on pourrait égrener, la colère du peuple monte
01:51et les Français sont, j'en pense, je pense vraiment à bout,
01:58eh bien, ils n'ont rien compris.
01:59Cette colère-là populaire, elle doit avoir des réponses judiciaires.
02:03Réponses judiciaires, majorité pénale, 16 ans.
02:06– Mais attendez, et puis je rajoute la banalité, mais qu'il faut rappeler,
02:09parce que les banalités sont là, ou les lapalissades sont là pour être rappelées,
02:12c'est qu'un jeune de 15 ans aujourd'hui n'est pas un jeune de 15 ans de 1945
02:16avec l'ordonnance sur les minorités.
02:20– Éric Revelle, pardon, mais ce qu'on peut entendre,
02:23c'est que la prison est aussi une fabrique à délinquants.
02:27Aujourd'hui, les détenus, vous faisiez une analogie avec il y a 30 ans ou 20 ans,
02:32aujourd'hui les détenus ne sont plus les mêmes qu'il y a 30 ans ou 20 ans.
02:36– Un jeune, aussi barbare soit-il, pardonnez-moi,
02:41est-ce que l'envoyer en prison dans une véritable fausse au lion,
02:45c'est aussi, selon vous, un petit peu aggraver son cas ?
02:49– Je vais vous répondre Charles, je comprends la précaution que vous mettez
02:53en disant la prison est un accélérateur de délinquance,
02:56mais qu'est-ce qu'on peut atteindre comme niveau de délinquance supérieur
02:59à la barbarie avec laquelle ces gens, ces jeunes ont assassiné Louis ?
03:03Donc ce sont des délinquants barbares déjà.
03:06Moi, la question que je me pose,
03:08s'ils n'ont pas une peine extrêmement longue,
03:11voire une vraie perpétuité,
03:13c'est qu'est-ce qu'on fait de ces gens
03:14qui ont tué en s'amusant,
03:16qui ont massacré en s'amusant un garçon de 17 ans,
03:19qu'est-ce qu'on en fait dans la société qui est la nôtre aujourd'hui ?
03:22– C'est ça la vraie question.
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