- il y a 12 heures
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00:00Robert Pires, j'aimerais que nous évoquions quand même le match d'il y a 27 ans.
00:03Jacques Vendroux, j'ai extrait plusieurs sons d'une interview que vous avez réalisé avec Laurent Blanc cette semaine.
00:11Hier matin et Laurent Blanc...
00:13Je me suis réveillé hier matin et j'ai dit que ce n'est pas normal que Laurent Blanc ne
00:16soit pas sur l'antenne d'Europe 1
00:17par rapport au match France-Paraguay.
00:19Donc j'ai appelé Laurent Blanc, il m'a dit rappelle-moi.
00:23Je l'ai rappelé.
00:24Très bonne idée, mon Jacques.
00:25Voilà, c'est tout.
00:26Je te félicite.
00:26Ce n'est pas normal.
00:27Et parce que Laurent Blanc, pardon Jacques, je le rappelle, c'est lui qui est à la 114ème minute, inscrit
00:32le but en or.
00:33Et je vous propose d'écouter peut-être Laurent Blanc lorsqu'il évoque ce but.
00:40Jacques, écoutons Laurent Blanc qui raconte le but, son but à la 114ème minute.
00:45Robert a une qualité de dribble importante sur le côté droit, je me rappelle.
00:52Il a centré dans la surface de réparation.
00:54J'ai vite compris que David Trességué ne pourrait pas concrétiser lui-même puisqu'il était dos au but.
00:59Et je savais que David était un joueur très bon dans la surface de réparation et qu'il avait une
01:03intelligence qui lui permettrait,
01:05s'il me voyait dans l'espace, de me mettre la balle.
01:08Et c'est ce qu'il a fait parfaitement.
01:10Et moi, je me retrouve face au gardien.
01:12Donc, sans pratiquement de joueur paraguay entre moi et le gardien.
01:15La première chose que je me suis mis dans la tête, une fraction de seconde, c'est de dire, bon,
01:19mais Laurent, n'essaye pas de tirer en force, essaye de cadrer surtout.
01:24Et enfin, il rentre dans le but.
01:26Et c'est vrai, Robert Pires, que vous êtes directement impliqué.
01:30Alors, vous allez me dire que non, mais si, parce que vous n'êtes pas passeur décisif.
01:35Mais c'est vous qui voyez David Trességué dans la surface de réparation.
01:38Racontez-nous ce but, parce que c'est vous qui êtes le déclencheur quand même.
01:42Disons que la passe D, elle est pour David.
01:44Et on l'a entendu, c'est que Laurent l'explique bien.
01:48Après, je joue un peu le rôle de ce que je faisais, que ce soit à gauche ou à droite.
01:53C'est-à-dire, et c'est ce que me demande Aimé Jaquet quand je rentre sur la pelouse de
01:58Bollard.
02:00Après, je récupère le ballon aux 20 mètres.
02:03Et en fait, je ne sais pas pourquoi, c'est pour ça que parfois le football, il est fait d
02:07'instinct.
02:08C'est-à-dire que je récupère le ballon.
02:09Et là, au lieu de rentrer dans l'entonnoir, je décide de me décaler un tout petit peu et de
02:16me déporter sur la droite.
02:17Et en même temps, je regarde où sont placés mes partenaires.
02:22Et là, je vois que David, en fait, il est seul.
02:24Et c'est pour ça que quand je me décale, je fais un centre un peu en cloche pour que
02:29personne n'intercepte le ballon.
02:31Point de pénalty, à peu près.
02:32Point de pénalty.
02:32Bon, le ballon arrive sur la tête de David.
02:34Après, David, il fait le reste parce qu'en fait, c'est un enchaînement et c'est cette combinaison qui
02:40nous permet de passer.
02:41Alors là, je vous pose des questions peut-être trop précises.
02:44Je vous écoute.
02:45Mais quand vous centrez, c'est pour que David Trézégué conclue de la tête ou c'est parce que vous
02:50voyez qu'il peut y avoir une combinaison avec Laurent Blanc derrière et la déviation ?
02:55Très honnêtement pour vous, c'est qu'à partir du moment où j'adresse le centre pour David, c'est
02:59juste pour lui.
03:00Ok.
03:01Et après, il fait ce qu'il veut.
03:03Après, il fait ce qu'il veut.
03:03Mais en fait, mon idée, c'était de lui mettre sur la poitrine.
03:07Poitrine et après, il enchaîne parce que c'est un attaquant.
03:08C'est ça.
03:09Et dans ce domaine-là...
03:10Il en a mis des tonnes.
03:11Il en a mis beaucoup.
03:12Que ce soit en match, mais aussi, je peux vous le garantir, à l'entraînement.
03:15Donc, voilà.
03:16L'objectif, c'était vraiment de...
03:18C'était la cible.
03:19Après, une fois qu'il a le ballon, c'est lui qui décide et il fait ce qu'il veut.
03:22Mais c'est vrai qu'il a cet instinct de buteur, mais aussi de passeur.
03:26C'est-à-dire que quand il voit qu'arrive lancé Laurent Blanc,
03:30lui, il estime que le mieux, c'est de lui donner, de lui distribuer.
03:35Et puis après, c'est justement à Laurent Blanc de finir le travail.
03:38Bon.
03:38Et Laurent Blanc, interviewé par Jacques Vendroux hier pour Europe 1.
03:42Je le rappelle parce que moi, j'ai écouté l'interview en intégralité,
03:46qu'on a découpé effectivement.
03:47Mais l'interview est passionnante.
03:49Jacques, merci infiniment.
03:50Et Laurent Blanc...
03:52Qu'est-ce qu'il se passe ?
03:52Hein ?
03:53Qu'est-ce qu'il se passe ?
03:53Je m'ouvre à vous, mon cher Jacques.
03:58J'aimerais bien entendre Jacques.
04:00Eh bien oui, je vous en prie.
04:02Non mais Jacques, expliquez-moi un petit peu parce que Laurent Blanc a désobéi
04:06à Lilian Thuram et Marcel Dessailly.
04:09Parce que Didier Deschamps à la mi-temps a dit quand même aux défenseurs de l'équipe de France
04:14« Les gars, n'allez pas à l'abordage, ne faites pas les fous.
04:19Vous les défenseurs, vous restez derrière parce qu'en contre, ils sont très très rapides. »
04:24Jacques et Laurent Blanc vous le dit.
04:27Non mais Jacques Vendroux...
04:29Mais non mais comme vous l'avez dit.
04:31Ah bon, alors écoutons Laurent Blanc.
04:33Laurent Blanc a désobéi à Lilian Thuram et Marcel Dessailly.
04:42Moi, à un moment donné, je me suis dit bon, on va essayer de mettre un petit peu sa qualité
04:47de jeu de tête
04:48sur un centre, à droite, à gauche ou sur un corner.
04:50Donc je vais quand même monter un petit peu, un petit peu plus.
04:53Et je laisse mes deux compères, Lilian Thuram et Marcel Dessailly.
04:57Il n'y avait pas de joueurs paragoyens, donc ça ne risquait rien.
05:00Mais ils disaient mais Laurent, on revient parce qu'il faut qu'on assure notre solidité défensive.
05:04Et je leur ai dit, il n'y a pas de joueurs paragoyens.
05:07Qu'est-ce que vous voulez assurer de quoi que ce soit ?
05:08Donc je leur ai dit, écoutez, vous savez quoi, marquez-vous, marquez-vous l'un et l'autre.
05:12Comme ça, tout va bien.
05:14Et puis nous, on va aller voir un petit peu ce qui se passe dans la surface de réparation.
05:18Voilà, vous voyez Jacques Vendroux, c'est vrai que Laurent Blanc a donc désobéi.
05:23Il n'a pas désobéi, c'est-à-dire que c'est vrai qu'il fallait rester soudé, solide sur
05:29le plan défensif
05:30pour ne pas prendre un but en compte.
05:32Et comme disait Laurent Blanc hier dans l'interview, il a dit, tout le monde me demandait de rester,
05:37Fabien, Didier, enfin toute la bande, et surtout il ne fallait pas que je monte pour essayer de marquer,
05:43il fallait que je reste à mon poste.
05:45Parce qu'il y avait des attaquants qui pouvaient éventuellement venir contrer une contre-attaque de l'équipe du Paraguay,
05:51sauf qu'il n'y avait pas d'attaquants, ils étaient tous en défense.
05:54Alors il y a Laurent qui disait, mais ça ne sert à rien que je reste, il n'y a
05:58personne à marquer.
05:59Je ne vais pas rester avec vous pour le plaisir de rester avec vous.
06:02Ce qui est vrai.
06:02C'était ce qui était.
06:03Bon, il faut savoir aussi, je suis content de le dire, moi je la connais bien cette équipe,
06:08il y avait un esprit extraordinaire.
06:10Bien sûr, une solidarité.
06:11Et donc, s'ils ont gagné, c'est parce que d'abord ils étaient forts, et deuxièmement, on peut le
06:17dire, longtemps, à vie.
06:19C'est-à-dire que c'est une équipe qui était solidaire, sympa, et dans cette difficulté de France-Paraguay,
06:26il ne fallait pas lâcher, il ne fallait pas les faire la moindre erreur.
06:30Il y avait une solidarité incroyable dans cette équipe de 88.
06:34Thierry Henry frappe le poteau en première mi-temps, c'est ce qui sauve un petit peu le Paraguay.
06:38Parlez-nous de Robert Pires, parlez-nous de Chilavert, parce que vous avez tenté plusieurs frappes durant ce match.
06:45Je me rappelle d'une frappe à 25 mètres, qui était plutôt pas mal.
06:49Assez molle.
06:50Bon, je ne me permettrai pas, mais...
06:52Oui, je vous le dis, il n'y a pas de problème.
06:55Est-ce que c'était dur de faire face à lui, vous, qui étiez sur le terrain ?
06:58Oui, bien sûr, mais de toute façon, on le savait, et mais Jacquet, dans son discours d'avant-match,
07:05nous avait averti que c'était en face de nous, et qu'on allait trouver un grand gardien.
07:10Donc, parce que c'est un grand gardien, parce qu'il a une non-vergure qui est importante quand il
07:13se déploie.
07:15D'ailleurs, sur le but qu'on marque, il a failli la toucher, donc c'est pour ça que ce
07:19n'était pas facile, déjà, de trouver la faille.
07:22Et, de toute façon, on l'a dit tout à l'heure, c'est que, pour eux, l'objectif du
07:26sélectionneur et des joueurs,
07:27c'était de nous amener au tir au but.
07:29Parce qu'ils savaient pertinemment qu'ils avaient de grandes chances de nous battre dans cette séance de tir au
07:35but.
07:35Donc, Schiller Avert, très bon gardien, et c'est vrai qu'il nous a fait un petit peu peur, et
07:41on a eu du mal à trouver l'ouverture.
07:42Je ne veux pas faire de football fiction, mais si vous alliez au tir au but, est-ce que ça
07:47aura été compliqué ?
07:49Psychologiquement, j'entends.
07:50Parce qu'il avait les gants, il était chaud, le fil Avert.
07:53Très honnêtement, je pense qu'on ne serait pas passé.
07:55Il n'y aurait pas eu le France-Brésil, en finale.
07:57Oui, parce qu'il y a cet aspect psychologique qui rentre en jeu.
08:03Les gens, en fait, c'est ça qui est marrant, c'est qu'on peut...
08:05En fait, les gens ne comprennent pas qu'on puisse louper un pénalty.
08:08Parce qu'on dit qu'on est à 9 mètres, ce n'est pas possible.
08:11Ce qu'on dit, c'est qu'un pénalty loupé est un pénalty mal tiré, c'est ce qu'on
08:14dit.
08:14Oui, mais parce qu'en fait, la différence, c'est que les gens, c'est ça l'avantage qu'on
08:19a, c'est que nous, on sait ce qui se passe à ce moment-là.
08:23On sait, les gens ne peuvent pas ressentir la pression que l'on a quand il faut tirer.
08:28C'est exactement ce que dit Didier Deschamps, sur la différence, sur le fait que ça ne sert à rien
08:32de s'entraîner à tirer des pénalty, parce que le contexte en match est totalement différent.
08:36Ça n'a rien à voir.
08:37À l'entraînement, il n'y a personne.
08:39En match, là, t'es en huitième de finale.
08:41Un stade entier qui retient son souffle.
08:42T'es chez toi.
08:43Même si t'es chez toi, justement, parfois, c'est compliqué.
08:45On était à Bollard.
08:46Même ça, au tir au but, c'est compliqué.
08:49Chilavert avait un ascendant sur vous.
08:51Oui.
08:51Je pense que psychologiquement, il avait un ascendant sur nous.
08:54Alors, même si ce qui est paradoxal, c'est que le match d'après, on gagne au tir au but
08:58à domicile.
08:59Voilà.
08:59Mais parce que, voilà...
09:01Contre l'Italie.
09:02C'était pas Guignuca.
09:03Bon, c'est pas Chilavert.
09:04Non, mais bien sûr.
09:05Mais ce que je veux dire, c'est que parce que c'est un Italien qui a tiré sur la
09:08transversale et qui nous permet d'aller en demi.
09:11Mais ce que je veux dire, c'est qu'une séance de tir au but, croyez-moi, c'est très,
09:15très compliqué à négocier.
09:16Luigi Di Biagio.
09:18Voilà.
09:18Exactement.
09:19Celui qui tire sur la transversale.
09:22Jacques Vendroux.
09:23Oui.
09:23Barthez, ce jour-là, il fallait lui expliquer quelques règles, je crois.
09:27Non, ce qui est très marrant, c'est que quand...
09:29Je ne sais pas si vous vous souvenez de Robert Pires.
09:32Robert est au courant.
09:33Enfin, je veux dire, il l'a vécu mieux que moi.
09:36Il se trouve que Laurent marque et que Fabien reste dans ses buts.
09:41Et c'est quelqu'un qui va lui dire, maintenant, on est qualifié.
09:43Mais on est qualifié de quoi ?
09:44Il n'avait pas compris.
09:45Il n'avait pas compris l'histoire du but en or.
09:47Et donc, après, il s'est lâché, il a été embrassé de tout le monde.
09:50Mais il faut dire aussi, je le dis avec beaucoup d'affection, Fabien est quelqu'un de très attachant.
09:55Bien sûr.
09:56Et il est un peu lunaire.
09:57Il y a un côté lunaire.
09:58Il y a un côté décontracté.
09:59Chez tous les génies, il y a un côté lunaire.
10:01Et Fabien était le meilleur gardien du monde, effectivement.
10:04Qui, là ?
10:04De Fabien Barthez.
10:05Ah bon, d'accord.
10:06Voilà, et effectivement...
10:07Non, je pensais, vous parliez de moi.
10:08Mais aussi, effectivement, oui.
10:10Oui, oui, tout à fait.
10:11Je pensais qu'il allait être cité.
10:12Ben oui, normalement.
10:13Ah, pardon.
10:14Et encore, je vous coupe, mais vous n'avez pas vu sa préparation avant la séance de tir au but
10:17face à l'Italie.
10:19Alors, apparemment...
10:19A lunaire.
10:20Lunaire.
10:20Avec Philippe Bergerot, c'est ça ?
10:22Oui, exactement.
10:22Oui, parce que...
10:24Je crois qu'il est blessé.
10:25Non, non, non, c'est qu'en fait...
10:26Philippe Bergerot lui donne des notes sur qui tire où, généralement.
10:30Mais il est dans son monde, il n'y a que lui, il ne faut même pas lui parler.
10:36Et c'est sa façon et c'était son mode de fonctionnement.
10:40Bon, on vous retrouve.
10:42Merci infiniment, c'était un honneur pour nous tous d'être avec vous.
10:46Merci beaucoup à tous.
10:47Ce soir, 23h ?
10:4823h, 23h.
10:49Et attention, attention.
10:52Les conditions météorologiques sont très, très, très, très mauvaises.
10:56Le match peut être éventuellement...
10:59Je ne dis pas, ce n'est pas une information exclusive.
11:01Mais il y a des bruits actuellement aux Etats-Unis
11:03en disant que le match pourrait éventuellement être décalé
11:06à cause des orages.
11:07Attention.
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