00:00La petite histoire du box-office rencontre la grande.
00:02Ça commence par une défaite, voire une capitulation.
00:05Et puis, petit à petit, la résistance s'organise jusqu'au succès glorieux.
00:09C'est l'histoire, évidemment, que raconte la bataille de Gaulle.
00:10C'est aussi l'histoire de ce film au box-office qui a été lancé, on s'en souvient, le
00:153 juin avec son premier volet
00:16et qui n'a pas rencontré le succès espéré.
00:19Quelques 380 000 entrées, c'est beaucoup, mais c'est peu au regard de l'ambition et du budget du
00:22film.
00:23Donc, un lancement timide.
00:24La deuxième semaine était pire encore.
00:26Et enfin, en troisième semaine, alors aidé peut-être aussi par la canicule qui poussait les spectateurs français
00:31à chercher la fraîcheur des salles et puis la fête du cinéma qui permet d'aller voir des films bon
00:34marché.
00:35Aidé surtout par un formidable bouche à oreille où on s'est dit, petit à petit, ce film vaut le
00:39coup.
00:39Allez le voir autour de soi.
00:41Bien voilà que le premier volet du diptyque a décollé.
00:43Il frôle désormais les 2 millions d'entrées et c'est loin d'être terminé.
00:46Tandis que le second, en parallèle, dont la sortie a été avancée au 26 juin dernier, fait un démarrage du
00:51tonnerre.
00:52Alors, comment vous l'expliquez ce succès, Paul ?
00:54Bon, je laisse évidemment les chroniques ciné à ceux qui savent véritablement le faire.
00:59À ma toute petite mesure, j'estime que le film le mérite.
01:01Il est porté par un casting français exceptionnel et à bien des égards assez audacieux.
01:05C'est une super production qui n'a rien à envier au fast hollywoodien de ses fresques historiques de légende.
01:10Mais surtout, je pense que, et là on parle de politique, que le film vient réveiller une fierté patriote
01:15que l'on avait peu vu porter au cinéma et qui fait un bien fou.
01:18Il laisse peu de place, il faut bien le dire, à la nuance.
01:20Les méchants sont très méchants et les gentils sont des héros tout droit sortis d'un roman d'aventure.
01:25C'est pourtant notre histoire qui défile et non un roman.
01:28On y voit la détermination du général de Gaulle.
01:31La gloire de Leclerc, le second volet du diptyque, est un film entier à sa gloire.
01:36L'insolente ténacité du général Koenig qui permet à tous ceux qui traversent le pont de Birakem,
01:40sans savoir très bien ce que ce nom signifie,
01:42de donner enfin une réalité historique à ce nom glorieux.
01:45Et puis le film rencontre de surcroît des préoccupations qui sont un peu dans l'air du temps,
01:50des préoccupations politiques.
01:51La place d'abord de la France dans les grandes puissances
01:54et la juste distance à trouver avec les Etats-Unis.
01:56En définitive, le vrai méchant du film, ça n'est pas Hitler, on ne le voit pas.
01:59C'est à peine Pétain qu'on voit peu.
02:00C'est Roosevelt qui veut vassaliser la France,
02:03écarter de Gaulle au profit du général Giraud
02:06et découper l'Europe continentale en zone sous contrôle militaire américain
02:09avec une monnaie de singe et des préfets de polichinelle formés aux Etats-Unis.
02:13Donc on retrouve aussi dans le film,
02:15en plus de cette inquiétude sur la place de la France écrasée entre les empires
02:18qui rencontrent une préoccupation fort contemporaine,
02:20on trouve aussi une inquiétude sur les partis politiques.
02:24On voit Jean Moulin essayer d'exercer une pression sur eux
02:27pour leur faire avaliser la création du Conseil national de la résistance.
02:30Est-ce qu'il faut faire avec ou sans les partis politiques
02:32à l'heure où il semble si peu se soucier de l'intérêt et de la grandeur de la nation
02:37?
02:37Là aussi, on sent que cette préoccupation rencontre particulièrement le public français aujourd'hui.
02:41Si on doit résumer, c'est un film qui nous rend fiers
02:43et c'est donc ça le ressort de son succès.
02:45Oui, et j'irais même plus loin,
02:46il y a quelque chose de puifolé dans cette épopée gaullienne
02:50et dans son traitement par Antonin Baudry au cinéma.
02:53Le général de Gaulle de la France libre est le porteur au fond du dernier panache.
02:56Vous savez, c'est le nom d'un des spectacles précisément du Puy du Fou.
02:58La France y est glorieuse, un peu trop sûre d'elle
03:01et même arrogante malgré les circonstances,
03:03mais déterminée, héroïque,
03:04mue par une conscience d'elle-même
03:06qui semble tout droit sortie de sa longue histoire.
03:08C'est la France éternelle, réconciliée avec elle-même.
03:11D'ailleurs, notez que les deux héros du film,
03:12le général de Gaulle et le général Leclerc,
03:14Philippe de Haute-Cloque,
03:15sont deux officiers catholiques
03:17issus de la vieille aristocratie d'Ancien Régime,
03:19Philippe de Haute-Cloque, Leclerc,
03:20et même un Maurassien fervent monarchiste.
03:22Le film n'insiste pas beaucoup là-dessus,
03:24mais enfin, c'est la réalité historique.
03:25Et de Gaulle, lui, convoque Jeanne d'Arc devant les Anglais
03:28pour expliquer sa destinée.
03:29Il faut croire que ça plaît aux gens
03:30quand un film nous donne enfin un peu envie de nous aimer nous-mêmes.
03:33C'était...
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