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  • il y a 13 minutes
En 2006, Amélie Mauresmo entre dans l'histoire en remportant Wimbledon, le titre le plus prestigieux du tennis.

À travers des images d'archives inédites et des témoignages, ce documentaire retrace son parcours, les obstacles qu'elle a surmontés et la détermination qui l'a menée jusqu'au plus grand sacre de sa carrière.

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Sport
Transcription
00:17C'est le Graal, peut-être, d'une certaine façon.
00:41Le sait-elle vraiment, Amélie Moresmo, à cet instant-là, qu'en cette veille de Wimbledon 2006, elle est à
00:48l'aube du plus grand exploit de sa carrière.
00:51Ce moment respire la tranquillité d'esprit. Une simple sortie d'un cours d'entraînement d'Aorangie Park, au fin
00:57fond du club de Wimbledon.
01:00Deux semaines plus tard, cette jeune femme deviendra la première française depuis Suzanne Lenglen, titrée sur le gazon le plus
01:06célèbre du monde.
01:07Cette année 2006 est l'apogée de sa carrière.
01:11Je suis numéro un mondial à ce moment-là, donc tête de série numéro un.
01:15J'ai gagné le Masters juste en fin d'année 2005.
01:19J'ai gagné en Australie, donc je suis quand même dans une phase où je suis plutôt soulagée, plutôt sereine
01:27et plutôt confiante dans mes forces.
01:30Elle gagne Melbourne, elle gagne l'Open de Coubertin, il me semble, elle gagne l'Open d'Anvers.
01:36Elle enchaîne, elle enchaîne et elle joue un tennis extraordinaire.
01:38Donc même si elle n'est pas très bien jouée à Roland-Garros parce qu'il y a quand même
01:41beaucoup d'émotions là-bas et que c'était toujours un petit peu tendu,
01:45elle faisait partie des meilleures joueuses du monde.
01:48À dix ans d'intervalle, les souvenirs restent les mêmes chez l'entraîneur et l'entraînée.
01:53Éliminée en huitième de finale de Roland-Garros, Amélie Moresmo file directement sur un gazon bien particulier.
01:59J'avais tapé sur les cours de l'ambassade, effectivement. C'était peut-être la première année que je faisais
02:04ça.
02:04Ce n'est pas arrivé souvent. Donc effectivement, la possibilité de taper assez tôt sur herbe.
02:12La suite de la préparation se déroule à Isbourn.
02:16La semaine qui précède, je perds au premier tour à Isbourn sur Nade de Chie.
02:21Donc, petit doute forcément à ce moment-là. Je vais plus loin en double.
02:26Je me demande si on ne gagne pas le double avec Kusnetsova cette année-là à Isbourn.
02:30Et en parallèle, tous les jours, c'est deux heures d'entraînement en simple.
02:33L'objectif étant quand même Wimbledon, ce n'était pas très grave.
02:37On a eu une semaine d'entraînement pleine. Comme chaque semaine d'entraînement avant un grand chelem, c'est toujours
02:43un peu tendu.
02:44Ces joueuses-là, elles n'aiment pas perdre, forcément. Normalement, elles doivent aller au bout du tournoi.
02:51Donc voilà, c'était un petit peu tendu dans cette semaine de préparation, mais elle a quand même pu bien
02:55s'entraîner.
03:00Amélie Moresmo arrive donc à Wimbledon en tant que patronne du circuit.
03:04Une patronne en recherche de sensations sur air.
03:08Le début de la quinzaine londonienne est si arrosée qu'elle doit attendre jusqu'au mercredi pour lancer son tournoi.
03:15Inutile pour les spectateurs de chercher pour autant la meilleure joueuse du monde sur un grand cours.
03:19Elle est ailleurs.
03:20Il me semble que c'était sur le numéro 2, le cimetière.
03:25L'ancien cours numéro 2, ainsi baptisé, pour avoir vu bon nombre d'anciens champions de Wimbledon s'y casser
03:31les dents.
03:32Le plus illustre, Pete Samprasse, 4 ans plus tôt, pour son tout dernier match dans le temple du tennis.
03:45Une superstition qui n'existe pas dans l'équipe de la française au moment de fouler ce cours particulier.
03:57Je crois que j'attaque le tournoi contre une qualifiée.
04:00Abramovic, voilà. Je crois qu'elle est repartie en vélo d'ailleurs.
04:04Dès ses premiers coups de raquette, dans cette édition 2006, le plan de jeu de Moresmo est limpide.
04:10Tout pour l'attaque.
04:12Illustration parfaite avec ce premier jeu où elle enchaîne 3 services volés en 4 points.
04:19Elle avait déjà démontré les années précédentes qu'elle pouvait aller vers l'avant,
04:23qu'elle avait un slice du fond de cours pour pouvoir monter, une très bonne volée, un bon enchaînement service
04:28volé.
04:29Donc oui, forcément, avec la conscience qu'elle avait emmagasinée en ayant gagné l'Australie et le Masters,
04:35là, il fallait y aller, démontrer que sur cette surface-là, avec ce jeu-là, elle pouvait le faire.
04:41Pour moi, le tennis que je dois jouer, ce que je dois faire sur le cours, c'est très clair.
04:51Game, Miss Moresmo, un gimmick, répété à l'envie.
04:55Son adversaire, une croate, Ivana Abramovic, issue des qualifications et 192e mondiale.
05:00Elle vit là l'unique match de sa carrière en grand chelème, un cauchemar de 39 minutes.
05:05Je crois que j'attaque 6-0, 6-0, je gagne mon premier tour.
05:08Et là, tout de suite, les bonnes sensations.
05:10Donc là, ça te remet tout de suite dans une dynamique vraiment positive, etc.
05:19Cette promenade de santé, ou cakewalk pour les Anglais, attire les regards.
05:23Des curieux à l'entraînement, des médias et des fans qui l'attendent patiemment.
05:29Ce début de tournoi semble idyllique.
05:33La seule problématique qu'il y a dans ce début de tournoi, c'est qu'Amélie a une petite déchirure
05:37à la cuisse.
05:39Et on ne connaît pas la gravité.
05:40Pour jouer, ça ne la gênait pas.
05:42Mais elle sentait.
05:43Elle disait, je sens une petite douleur, mais je peux jouer, je peux courir, ce n'est pas un problème.
05:48Donc on fait des soins tous les jours.
05:50Alors l'inquiétude, c'est qu'on ne sait pas si au fur et à mesure du tournoi, ça va
05:55s'augmenter, ça va la gêner.
05:58Chaque match devient un test.
06:00Pour le deuxième, Amélie Moresmo retrouve un cours à la hauteur de sa valeur, le center court.
06:06Face à elle, une jeune Australienne de 22 ans, Samantha Stosur.
06:14Elle joue Sam Stosur, le central, elle fait plutôt un bon match.
06:26Parce que Sam Stosur, même si elle n'avait jamais perdu contre elle, c'est quand même une Australienne.
06:31C'est quand même une fille qui a un gros service et qui a démontré qu'elle pouvait faire des
06:34très grands matchs.
06:35Donc voilà, c'était le premier déjà match où il fallait vraiment faire attention.
06:41Très sérieuse et appliquée, elle peaufine ses passings.
06:45Rever long de ligne, sa signature pour commencer, puis coup droit court croisé.
06:49Tout est en place, le ton est donné pour breaker dès le premier jeu du match.
06:55La numéro 1 mondiale ne sous-estime pas celle qui gagnera 5 ans plus tard l'US Open.
07:01En juin 2006, Stosur ne pointe qu'au 50e rang mondial.
07:04Ce deuxième tour permet à Moresmo d'affiner son jeu.
07:08L'adversité est quand même un cran en dessous.
07:11La Française est l'une des rares à adapter son style à la surface.
07:16Prendre le filet d'assaut, c'est l'essence de son jeu sur herbe.
07:19Ailleurs, c'est différent.
07:21Mais à Wimbledon, ça paye.
07:35Je sais que quand elle jouait bien, alors là, elle avait un tennis extraordinaire.
07:39Mais le problème, c'est que ces joueuses-là, comme tous les tops, en fait, ils commencent à bien jouer
07:44quand ils ont gagné 2-3 matchs, 3-4 matchs.
07:47Et là, ils montent en puissance.
07:48Les premiers tours sont toujours difficiles à aborder et à négocier.
07:53Donc voilà, là, on est toujours un petit peu dans l'expectative.
07:55Il faut voir comment le ton va se lance.
07:57Durant le grand chlème anglais, les joueuses ont l'habitude de vivre avec leur équipe
08:00dans des maisons proches du club.
08:02Amélie Moresmo et son staff n'y dérogent pas.
08:05Chacun son rôle.
08:06On n'était pas très proche du village.
08:08La maison, elle était surtout très proche, une minute à pied, vraiment du stade.
08:13Ça, tout est fait pour qu'Amélie soit le mieux possible.
08:16On avait Michel Franco qui était avec nous dans la maison.
08:19Son kiné, qui faisait très bien la cuisine aussi.
08:22En début de semaine, on allait, on faisait les courses en voiture.
08:26Et puis on ramenait à la maison.
08:28Souvent, Miche cuisinait.
08:30Il n'en pouvait plus, le pauvre, au bout de 15 jours de cuisiner.
08:34Il cuisinait, voilà.
08:35Je crois que la veille de match, c'était les bolognaises.
08:37Mais surtout, c'était pendant le mondial.
08:41Tous les soirs de match, on était entre 10 et 15 à la maison tous les soirs.
08:45On vivait au rythme de Wimbledon la journée.
08:48Et puis au rythme du mondial, de la Coupe du Monde le soir.
08:53Donc c'était vraiment top, quoi.
08:55Son troisième tour a lieu le samedi 1er juillet 2006.
08:57Le même jour qu'un certain France-Brésil, quart de finale de Coupe du Monde.
09:01Quand elle est programmée en dernier, on se dit, waouh, j'espère que ça ne va pas tomber pendant le
09:06match.
09:06Parce que forcément, on a envie de voir ce match-là qui était le match de cette Coupe du Monde.
09:15La numéro 1 est donc programmée sur le numéro 1 en dernier match.
09:20Son adversaire est encore une Australienne plus expérimentée que Stosur.
09:25Nicole Pratt, 33 ans.
09:31Au tour précédent, alors qu'elle est issue des qualifications elle aussi,
09:35Pratt élimine une Française déjà, Tatiana Golovin.
09:47Il est 18h30 lorsque débute la rencontre.
09:50L'enjeu, une place en deuxième semaine, ce que Pratt n'a connu qu'une fois en 43 participations en
09:55grand chelème.
09:59Amélie Moresmo ne souhaite pas s'éterniser sur le cours.
10:02Un autre match, elle attend.
10:03Le meilleur moyen de ne pas le rater, c'est donc de proposer le meilleur tennis possible.
10:13Certes, son adversaire est en dehors du top 100, mais l'actuelle meilleure joueuse du monde est en total contrôle.
10:25Sous le soleil couchant de Wimbledon, la Française est éblouissante quand son adversaire ne fait que défendre, un peu comme
10:33elle peut.
10:47Nicole Pratt avait battu une seule fois Amélie Moresmo en cinq affrontements,
10:51mais c'était en 1995, dans un petit tournoi en Australie, face alors à une jeune adolescente de 16 ans.
11:006-1 dans la première manche, 6-2 dans le deuxième, le revers des merveilles et de sortie.
11:13Bien préparé par son staff avec Alexia Dechaume, Michel Franco ou encore Xavier Moreau qui épaule Loïc Courteau,
11:20Amélie Moresmo fait une démonstration de 59 minutes.
11:29Elle conclut par un ace, pile à temps, pour soutenir les Bleus.
11:38Bon, ben, ça s'est bien goupillé, on a pu jeter ça en regardant le match, c'était top.
11:47Amélie Moresmo est en deuxième semaine d'un grand chelème pour la 17e fois sur les 18 derniers qu'elle
11:53a disputé.
11:54En ce manique mandé, elle retrouve la seule qui l'en a privée.
11:58Anna Ivanovic, ce n'était pas une spécialiste de gazon, mais si je me souviens bien, elle avait déjà battu
12:04Amélie à Roland-Garros.
12:05Elle l'avait battu cette année, donc au début de l'année à Sydney.
12:10Donc voilà, on savait que c'était une joueuse qui avait un énorme potentiel.
12:15La Serbe, futur numéro un mondial et lauréate de Roland-Garros deux ans plus tard, n'en est qu'au
12:21début de son ascension.
12:23C'est seulement son deuxième Wimbledon.
12:26Un an plus tôt déjà, son parcours avait pris fin face à une française, Marie Pierce.
12:33Même si ce n'est pas une spécialiste de gazon, il fallait passer ce tour-là, il fallait démontrer qu
12:38'Amélie, sur cette surface-là, elle était plus forte.
12:41Ce qu'elle a réussi à très bien faire, donc ça, c'était vraiment un premier match référence, on va
12:45dire.
12:47Ce premier test face à la 22e mondiale, qui ira jusqu'en demi un an plus tard, est passé avec
12:53beaucoup d'autorité et un soupçon de réussite.
13:02Et toujours cette impression de légèreté, de confiance, comme si rien ne pouvait la faire dévier dans ce temple du
13:08tennis qui admire l'une des dernières attaquantes, l'une des dernières volleyeuses.
13:146-3-6-4, toujours au 15-7 perdu et en moyenne 4 jeux abandonnés par match durant ses 4
13:19premiers tours.
13:19Le parcours quasi parfait, la voilà en quart de finale.
13:24Moi, je regarde toujours le tableau, mais je ne me projette pas non plus trop, c'est match par match,
13:29parce qu'on sait que la difficulté, tout ce qui peut arriver dans un grand chelem,
13:33que ce soit en train de blessures, d'émotions, de joueuses qui gagnent, peut-être des têtes des séries qui
13:38peuvent perdre avant, donc voilà, il faut être, c'est au jour par jour.
13:50Le quart de finale sur Miskina, c'était mon match tendu, la quinzaine. Il y en avait souvent un, souvent
13:57un peu plus tôt, mais genre deuxième, troisième tour, là c'était en quart.
14:04Miskina, pareil, c'était une joueuse qui relançait très très bien, qui était très rapide sur le cours, il fallait
14:11s'en méfier, elle ne servait pas très très bien.
14:13Ce n'était pas une spécialiste, encore une fois, proprement dit, du gazon, mais par contre, voilà, c'était une
14:18cliente et il fallait vraiment passer ce cap-là.
14:21Anastasia Miskina, tête de série numéro 9 et gagnante surprise de Roland-Garros en 2004.
14:27Un air de revanche. Un an plus tôt, la Russe cédait déjà face à Moresmo, au même stade du tournoi.
14:33Et le scénario du match tend à se reproduire.
14:37Un premier set à sens unique, où la Française, fidèle à ses principes, multiplie les enchaînements vers l'avant, avec
14:43maîtrise et flamboyance.
14:46Le gazon a beau avoir été ralenti quatre ans plus tôt, le jeu offensif est toujours récompensé.
14:51C'est celui qu'elle doit développer à Wimbledon.
14:54Quand elle oublie ce principe, elle devient vulnérable, à l'image de la deuxième manche.
14:59Miskina ne propose pas beaucoup plus, mais récolte les erreurs.
15:03Je me torpille un peu toute seule.
15:05La numéro 1 mondiale, Perla, le premier set de son parcours, à elle de trouver les solutions.
15:12Elle s'en sortait souvent toutes seules.
15:17D'abord parce que dans les grands chelems, on était assez loin.
15:21Donc parler, ce n'est pas comme maintenant.
15:23D'ailleurs, ce n'est pas autorisé.
15:24Donc pour parler et qu'elle entende, il fallait qu'on parle fort pour qu'il y avait du bruit.
15:27C'est vrai que j'avais une grosse autonomie pendant les matchs grâce à Loïc, d'ailleurs, qui avait toujours
15:32voulu que je sois vraiment indépendante et que je puisse trouver les solutions toute seule pendant les matchs, peu importe
15:38ce qui allait se passer.
15:39Donc, ouais, c'est plus des encouragements, en fait, plus qu'autre chose, quoi.
15:42Je n'ai pas de souvenirs d'un conseil tactique précis tout d'un coup qui a fait un changement.
15:48Peut-être de la pousser à monter un peu au filet avec des signes.
15:53Anastasia Miskinan ne le sait pas encore, mais à 4 jours de ses 25 ans, elle dispute le dernier match
15:58de sa carrière à Wimbledon.
16:00Elle s'offre le plus beau point du match, maigre consolation dans une dernière manche sur laquelle elle n'a
16:06plus de prise.
16:08A 3-2, elle cède son service et laisse filer son adversaire.
16:14Mouresmo jouait un peu à l'envers.
16:16Heureusement, il y a ce revers, ce coup de raquette magique qui la guide vers une nouvelle demi-finale à
16:22Wimbledon, le jour de son 27e anniversaire.
16:26Ah, moi, je suis tendu tous les matchs.
16:29Non, mais je suis autant tendu.
16:30A la limite, je suis même moins tendu en fin de tournoi qu'en début de tournoi.
16:32Forcément, parce que quand on entraîne une joueuse de ce calibre, encore une fois, les objectifs sont très élevés.
16:38Donc, début de tournoi, vous perdez au premier tour, au second tour, mais votre tête, elle peut rouler deux jours
16:43après.
16:49Le revoilà, ce dernier carré à Wimbledon, ce plafond de verre sur lequel elle a buté par trois fois déjà,
16:55dont deux, face à Serena Williams.
17:01Ça bête, moi, c'était, je vais dire plutôt Serena Williams, en tout cas à Wimbledon.
17:07En 2006, blessée au genou, l'Américaine est absente, mais une autre ancienne gagnante se dresse.
17:16Là, elle jouait Maria Sharapova, qui était quand même, elle avait gagné le tournoi.
17:22Donc là, on commence à avoir une vraie spécialiste de gazon, donc deux spécialistes qui se jouent, une qui avait
17:27gagné le tournoi.
17:28Le tournoi n'est pas encore Amélie, donc ouais, là, c'était chaud.
17:32Au moment d'entrer sur ce center court, Amélie Moresmo n'a jamais perdu face à Maria Sharapova.
17:39Le Wimbledon, c'est quand même une, t'as tout ce qui va avec, quoi.
17:45T'as toute la tradition, tout le poids de l'histoire, ce center court, il est.
17:49Honnêtement, tu rentres sur le cours comme sur aucun autre au monde.
17:55T'as des vibes, t'as un truc qui est là, t'as un truc qui se passe.
17:59Et on a, je sais même pas comment l'expliquer, je sais même pas comment le décrire, c'est autre
18:04chose.
18:06C'est le temple, c'est le temple.
18:12Ce match est une vraie opposition de style.
18:14La Russe de 19 ans est déjà la joueuse puissante qui agresse, mais qui peut se faire contrer.
18:19Voici comment.
18:21En finesse, en intelligence, comme savait très bien le faire Amélie, elle avait le jeu vraiment pour ça, un jeu
18:29de contes où elle pouvait se servir, notamment de son revers slicé pour, ma charbovette est grande.
18:36Donc la faire jouer bas, beaucoup de slice pour qu'elle puisse descendre et puis l'empêcher de développer sa
18:41puissance en allant au filet le plus souvent possible, ce qu'elle a réussi à faire.
18:47Pendant un 7 et demi, Amélie Moresmo est sur un nuage, 6-3-3-1 en sa faveur.
18:53Sa première finale à Wimbledon est à portée d'une raquette qu'elle manie à la perfection, au point même
18:59d'épater ceux qui la connaissent le mieux.
19:17C'est une cliente, c'est-à-dire que battre Miskina, on va dire que c'était peut-être normal.
19:24Ivanovic aussi, son gazon, battre Sharapova, ça relevait normalement son gazon vraiment d'une très belle terre.
19:32Dans ce dernier carré de Wimbledon qui met aux prises, les 4 premières du classement mondial, Sharapova, numéro 4, fait
19:39figure d'outsider, bien qu'elle soit la seule à avoir déjà triomphé au All England Club.
19:44Quand elle pose le pied sur le gazon du center court, les émotions ressurgissent, les sensations reviennent à un moment
19:51ou à un autre.
19:52Il lui faut attendre d'être mené d'un set et d'un break pour réussir à enfin garder la
19:57française au fond du cours.
19:58Et à ce petit jeu-là, la russe a peu d'égal.
20:10Ce droit de gauche impitoyable lui offre ses deux premières balles de 7.
20:17Elle convertira la quatrième pour empocher un cinquième jeu de rang.
20:22Une manche partout, tout est relancé.
20:27Mais en 2006, Amélie Moresmo a des certitudes.
20:29Sa victoire au Masters puis à l'Open d'Australie ont fait d'elle une joueuse consciente de ses forces,
20:35confiante.
20:36Alors elle repart de l'avant vers l'avant.
20:40Le bonheur simple est à ce prix.
21:13C'est un kiff qu'elle soit en finale.
21:15C'est un kiff qu'elle batte Sharapova, ouais.
21:17Mais le kiff, il dure...
21:20Il dure dix minutes.
21:22Après, tout de suite, l'objectif, c'est la finale, quoi.
21:25Là, ça y est, c'est la finale.
21:27Finale de Wimbledon.
21:28Il fallait gagner Wimbledon.
21:39La nuit qui précède, je ne dors quasiment pas.
21:42Ouais, là, c'était tendu.
21:43C'était chaud, elle n'avait pas beaucoup dormi.
21:45Moi non plus, d'ailleurs.
21:46Je ne suis pas bien, je suis stressée.
21:48Je fais le match, alors qu'en Australie, ça ne m'était pas du tout arrivé.
21:50Il y avait de la fatigue, il y avait de l'émotion, il y avait de la tension, parce que
21:53c'était la finale.
21:54Et je dis à Loïc, ça ne va pas, il faut qu'on...
21:56Ça ne va pas, quoi.
21:57Il nous dit, viens, on va parler.
22:00On essaye de trouver les bons mots, de la rassurer, de dédermatiser.
22:03Déjà, l'important dans ces moments-là, c'est que moi, je sorte, j'utilise ce que j'ai à
22:06dire.
22:07Ils connaissaient évidemment très bien à ce moment-là, ça faisait quatre ans qu'on bossait ensemble.
22:11Elle me tend, en fait.
22:11Comme je sens qu'elle est tendue, il y a de la tension qui arrive.
22:15Et il ne faut absolument pas que je lui montre, cette tension.
22:17Mais à l'intérieur, il y a la petite clochette qui fait...
22:25Ce samedi, 8 juillet, est une journée extraordinaire dans la vie d'Amélie Moresmo,
22:30qu'elle va pourtant tenter de rendre normale.
22:33La finale était à 2h ou quelque chose comme ça.
22:36Donc, comme d'hab, je pense qu'on tapait pour manger vers midi.
22:41On a dû taper vers 11h, 11h, 11h30.
22:44Manger, vestiaire, et puis attente du match.
22:46Attente un peu...
22:48Il n'y a plus que nous deux avec Justine dans les vestiaires.
22:51Justine Hénin, Ardenne à l'époque, la rivale qui abandonne en finale de l'Open d'Australie au mois de
22:56janvier.
22:57De cet événement naît une certaine rancœur.
23:02C'était sa première victoire en grand chelem, mais elle n'a pas pu profiter.
23:06Elle n'a pas pu kiffer de ce moment où elle lève les bras parce qu'elle serre la main
23:10de son adversaire parce qu'elle a gagné.
23:13Donc là, moi j'avais les boules.
23:15Je pense qu'Amélie les avait aussi, mais moi j'avais vraiment les boules.
23:18Moi j'ai voulu savoir sur le terrain, comme on avait vu tout de suite après ce qui s'était
23:23passé en gros,
23:24ce qu'elle avait exactement.
23:26Et puis après on n'a pas reparlé de ça.
23:29Je suis à l'aise par rapport à ça.
23:32Pour moi c'est rangé dans un tiroir parce que si j'avais des choses à me reprocher, je le
23:37vivrais sans doute plus mal que ça.
23:39Vous vous parlez de lui ?
23:41Je parle à peine.
23:43Qu'on ne se parle plus beaucoup ?
23:44Oui.
23:45C'est la vie, ça c'est comme ça.
23:49Je ne prête pas trop attention à ça.
23:53Même des années après, la plaie n'est pas totalement refermée.
23:56Ce qui s'était passé à Melbourne, on avait quand même altéré les relations.
24:01Autant on s'entendait très bien et tout, autant là, wow !
24:05Je crois qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde, on va prendre un peu de distance.
24:14Les retrouvailles ont donc pour théâtre le center court de Wimbledon et ce long couloir qui amène à la finale.
24:21Le passé est laissé derrière, place au sport.
24:25Dès le vendredi, on avait effectivement tout analysé, pris toutes les stats,
24:30parlé déjà en profondeur de ce qui allait se passer par rapport à Justine,
24:36par rapport à ces zones de service, ces zones de retour.
24:39Ces points faibles, ce que moi j'avais en tête, si ça ne marchait pas, un plan B.
24:45J'écoute toujours ce ressenti.
24:47Je la laisse parler toujours en premier.
24:49Et puis ensuite, j'essaie de lui amener un petit peu ce que je pense,
24:54ce que je vois des matchs qu'elles ont déjà joués ensemble par rapport à la surface.
24:58Mais d'essayer quand même d'affiner ce qu'elle ressent
25:02pour qu'elle soit certaine quand elle va rentrer sur le terrain de son plan de jeu.
25:07Dans cette édition 2006, une autre Française a crevé l'écran,
25:11Séverine Beltrame, qui passe des qualifications au quart de finale.
25:15Sur le cours numéro 1, une certaine Belge met fin à son compte de fées.
25:20Mieux que personne ou presque, elle sait ce qu'Erin propose.
25:23Justine Hénin, elle met beaucoup de pression parce que c'est une joueuse qui est capable de bien servir, de
25:27volayer.
25:28Elle a un revers qui est fabuleux aussi.
25:30Les fameux revers à humains de cette génération étaient sympas.
25:33Beaucoup de pression avec son slice, chip and charge, en coup droit aussi.
25:39Au final, ça restait quand même jouable.
25:41On pouvait avoir des échanges.
25:44C'est un jeu complet, mais pas non plus trop percutant.
25:51Le chemin des championnes, ce Walk of Champions si particulier à Wimbledon, touche à sa fin.
25:58Un cérémonial empli de tradition.
26:21La finale a déjà commencé devant cette entrée, sans un regard, l'une pour l'autre.
26:26Pour moi, c'était important à ce moment-là de rentrer sur le cours d'abord.
26:29Je me rends compte aujourd'hui que c'est vraiment des trucs perso et qui n'ont finalement aucune importance.
26:35Mais pour moi, à ce moment-là, c'était aussi d'une façon de m'imposer, d'être là, d
26:41'être présente et de ne pas justement me laisser marcher dessus.
26:47Il est 14 heures.
26:49Le center court te laisse entrer quelques rares rayons de soleil.
26:52Pour Amélie Moresmo, c'est une première.
26:54La première, Justine Hénin, elle, a déjà disputé et perdu une finale ici, 5 ans plus tôt, face à Venus
26:59Williams, sa toute première finale en grand chelem à 19 ans.
27:14Amélie Moresmo choisit d'engager la première pour faire la course en tête.
27:21Mais son adversaire a l'expérience de ce rendez-vous à nul autre pareil.
27:25Cela joue peut-être dans son début de match, Tony Truant.
27:32Elle commence mieux.
27:35Je ne commence pas si mal, mais je n'arrive pas.
27:37Elle retourne bien, elle me lit bien.
27:40Je n'arrive pas à mettre en place mon jeu de service volé.
27:43Elle aborde mieux ce match-là.
27:49Je subis son jeu et ce n'est pas l'événement.
27:52C'est que je me laisse bouffler par elle.
27:56Depuis quelques temps, elle mettait en place un jeu vraiment très agressif.
27:59Elle essayait de frapper de plus en plus fort, etc.
28:01D'une certaine façon, je me laisse peut-être même surprendre par ça.
28:06La Belge, numéro 3 mondial, break d'entrée avec autorité.
28:10Elle en impose en prenant le filet la première, privant la française de son plan A.
28:16Et puis, il y a ce que l'on ne voit pas.
28:22Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que sur ce match, au troisième jeu,
28:26claque, je sens un petit coup de couteau dans l'adducteur.
28:29Je n'en ai jamais, rarement parlé.
28:31Mais je pense l'adrénaline du moment, la détermination du moment fait que non, non, ce n'est pas là.
28:39Donc, est-ce que peut-être le mouvement, quand même, à ce moment-là est un peu altéré ?
28:44C'est possible ?
28:44Je ne le sais pas.
28:46Elle n'en parle pas, surtout pas, parce que là, c'est l'essence centrale qui commence à montrer sa
28:50cuisse, etc.
28:51Par contre, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas, je sens qu'elle est tendue.
28:55Je ne le sens pas, le match.
28:57Je ne le sens pas.
28:58Et je n'y pense même pas.
29:00C'est après, juste après, le soir.
29:03Il y a un truc qui ne va pas.
29:05Il faut 7 centimètres de déchirure.
29:07À l'adulteur.
29:09Cette finale est la dernière en date entre deux joueuses avec un revers à une main.
29:13Dans la première manche, c'est celui de la Belge, qui est le mieux réglé.
29:19Justine Hennin surfe sur une confiance sans précédent.
29:22Elle vient de remporter Roland-Garros pour la troisième fois.
29:24Et grande première pour elle, ce titre a été suivi d'un autre immédiatement sur le gazon d'Isbourn.
29:3017 victoires de rang, aucun 7 perdu, ni à Roland-Garros, ni à Wimbledon.
29:34Et la série se poursuit.
29:366-2 en 31 minutes.
29:38Justine, c'était très explosive.
29:41Très rapide.
29:42Elle avait une balle qui allait très vite.
29:45Il fallait qu'Amelie puisse prendre le filet le plus souvent possible.
29:49Et essayer justement d'enlever de la confiance à Justine pour qu'elle doute.
29:54Parce que Justine, c'était une fille qui jouait vraiment très bien, très très forte.
29:59Mais quand elle commençait à douter, à se tendre un petit peu,
30:02là, elle commençait à donner quelques points.
30:05Et là, c'était là qu'il fallait appuyer sur le champion.
30:11Le début du deuxième set est primordial.
30:13La française le sait.
30:16Au second, quand je prends le lead à ce moment-là, tu vois, hop,
30:21là, je me sens plus en contrôle.
30:23Je n'arrivais pas trop à bien retourner, à lire son service,
30:26à l'embêter sur ses jeux de service.
30:28Et là, c'est un message important pour moi.
30:33Parce que toute la quinzaine, dès que j'ai pu breaker, j'étais en contrôle.
30:36À partir du moment où elle break au second,
30:39bon, déjà, on n'est plus dans la spirale négative.
30:43Et il faut juste qu'elle confirme ce break.
30:45Voilà, qu'elle ne repère pas son service pour qu'elle confirme,
30:48qu'elle reprenne un petit peu d'avance au second
30:50et que la confiance change de temps.
30:52C'est ce qui se passe.
30:56Du moment où j'inverse la tendance au second,
30:59là, ça se présente autrement.
31:00Ce n'est pas gagné.
31:01Il reste du chemin, beaucoup de chemin même,
31:03quand elle se procure une balle de 4-0,
31:06que la Belge sauve magnifiquement.
31:10Entre les deux jeunes femmes,
31:12c'est la troisième grande finale.
31:14Il y a eu Melbourne, bien sûr.
31:16Il y a aussi eu cette finale à Athènes en 2004,
31:18quand Justine Hénin prive Amélie Moresmo de la médaille d'or olympique.
31:23Ce match, pour le titre à Wimbledon,
31:25a donc des allures de belle,
31:27avec un esthétisme indéniable
31:29entre les deux joueuses les plus complètes de l'époque.
31:35Le double break,
31:36Amélie Moresmo se rapproche encore
31:38sur le service suivant de sa rivale
31:40par la grâce de deux coups de pattes somptueux.
31:47Mais au jeu des occasions manquées,
31:49la Française voit Justine Hénin revenir,
31:52débraquer,
31:53se rapprocher.
31:55A 4-3,
31:56il n'y a plus de service d'avance.
31:59Deux passings de coups de droit plus tard,
32:00pas forcément son coup fort pourtant,
32:02et voilà le numéro 1 mondial en position de revenir.
32:05Un 7 parti.
32:13Et j'arrive à récupérer le truc justement
32:15parce que je ne suis pas dans l'enjeu.
32:17Donc là, je trouve un peu des meilleures zones de service,
32:20je propose des choses différentes aussi.
32:23Avec cette volonté,
32:24malgré tout évidente,
32:25de venir chercher les points au filet,
32:27toujours,
32:28comme un mantra.
32:30Un ace,
32:31pour terminer ce deuxième 7,
32:33le premier perdu en grand chelem par Justine Hénin,
32:35depuis la fameuse finale en Australie,
32:376 mois plus tôt.
32:44Il est 15h30,
32:46c'est le début de la dernière manche.
32:51Amélie Mouresmo
32:51est dans une dynamique
32:53forcément plus positive.
33:06Dès le troisième jeu du 7,
33:07un revers anodin de Justine Hénin
33:09ne passe pas le filet.
33:11Amélie Mouresmo
33:12est pour la première fois devant au score.
33:15Il lui a fallu attendre
33:16plus d'une heure et demie.
33:18Au troisième,
33:19je pense qu'on est sur des rails aussi.
33:21On est tellement programmés
33:22à certains moments
33:23pour ce moment-là,
33:24voilà ce que je dois faire,
33:25voilà.
33:26Si je suis devant,
33:28ce qu'il faut que je continue à faire.
33:32Ce si précieux service d'avance
33:34qu'il faut défendre,
33:35coûte que coûte,
33:36et pourquoi pas en ajouter un autre.
33:38Si elle marque ce point,
33:39la Française fait un très grand pas
33:41vers le titre.
33:43Justine Hénin,
33:43évidemment,
33:44en a bien conscience également.
33:47Courageusement,
33:48la Belge vient éviter
33:49ce double break au filet.
33:53Là où Hénin lutte
33:54sur ses mises en jeu,
33:55Mouresmo est intraitable
33:56dans ce dernier acte.
33:57Aucune occasion de break
33:59concédée à son adversaire
34:00et démontée
34:01d'un pas décidé.
34:19Sur l'ensemble de la finale,
34:21la Française est venue
34:22plus de 40 fois
34:23jouer au moins une volée.
34:26Impressionnant.
34:28Il ne reste qu'un jeu,
34:30un seul changement de côté.
34:42Sur la chaise,
34:43voilà, 5K,
34:44je garde ma routine
34:47et je me lève,
34:48donc applaudissement
34:50et après le silence.
34:51Le silence du central
34:53de Moulin
34:53qui attend un truc.
34:54Center Court
34:55qui attend un truc.
35:00Le premier point,
35:02si important,
35:06un éis.
35:10Le suivant,
35:11un service volé
35:12mal négocié
35:13mais bien géré
35:14intérieurement.
35:16pareil,
35:16je me parlais
35:17beaucoup.
35:17Je me parlais,
35:18je me suis parlé
35:18tout le match,
35:19tout le match,
35:19tout le match.
35:20Des fois,
35:20on voit peut-être
35:21que je me parle
35:22avant de servir,
35:23machin.
35:24Garde ton jeu,
35:24t'es agressif,
35:26joue ton jeu d'attaque,
35:27machin.
35:28pour rester sur le jeu.
35:30Pas se faire avoir
35:32par l'enjeu.
35:34Je ne l'ai pas dit,
35:35tiens,
35:35si tu te retrouves
35:35à 5K au troisième service,
35:37fais ce que tu fais de mieux.
35:38Elle le savait.
35:39Elle le savait
35:40parce qu'elle avait déjà
35:40gagné des gros tournois
35:41et qu'elle sait que,
35:43en fait,
35:43on prend toujours
35:44ses meilleurs coups
35:45dans les moments importants.
35:46Donc,
35:47c'était inné pour elle.
35:48Elle le savait.
35:48Mais à ce moment-là,
35:49Amélie,
35:50quand elle est dans sa routine
35:51et qu'elle sait
35:51ce qu'elle doit faire,
35:52il n'y a pas besoin
35:52de lui rappeler.
35:54Elle est lancée
35:55et là,
35:55quand elle est lancée,
35:56waouh.
35:58En servant deux ace,
36:00la française s'offre
36:01une temporaire
36:02légèreté d'esprit
36:05qu'une hésitation,
36:07un mauvais jugement
36:09fait disparaître.
36:15Mais qu'importe,
36:17elle connaît la marche
36:17à suivre,
36:19conserver sa ligne directrice,
36:21suivre à nouveau
36:21son service au filet,
36:23poser,
36:24la voler.
36:28Je fais cette volée
36:29de revers long de la ligne
36:31et là,
36:32je vais chercher les balles
36:33et c'est plus pareil.
36:34Tu as le bras
36:35qui tremble.
36:36Le carré me semblait
36:37tout petit,
36:38le filet tellement haut.
36:40C'est le point
36:41le plus dur,
36:42certainement,
36:43que j'ai eu à jouer
36:43dans ma carrière.
36:44Je suis tendu,
36:45je regarde à côté,
36:47je souffle,
36:48j'essaye de ne pas trop
36:50penser qu'elle vale gagner.
36:55et je rate la première.
37:00Je la sens pas tendue
37:03avant de servir,
37:04mais dans la configuration
37:05du point,
37:06là, je la vois,
37:07qui remet la balle,
37:08qui pousse la balle,
37:09qui l'armet,
37:10qui attend la faute
37:11de Justine.
37:12et donc,
37:13c'est chaud.
37:16C'est chaud.
37:18C'était vraiment dur.
37:19Le revers,
37:19il part comme ça,
37:21je fais un chip pourri,
37:23puis elle finit par rater.
37:43La célébration est iconique,
37:47à genoux,
37:48sur ce gazon mythique.
37:57C'est l'émotion de la fin.
37:59C'est ça,
38:00c'est fini, quoi.
38:03C'est vraiment ce truc-là
38:04qui reste.
38:06Il y a la libération,
38:07parce que là,
38:08elle l'a gagnée.
38:09Elle l'a vraiment gagnée.
38:11Elle a gagné une balle de match.
38:12Gagner la balle de match,
38:13c'est pouvoir lever les bras.
38:15C'est tout qui se mélange,
38:16je pense,
38:17à ce moment-là.
38:17C'est un soulagement,
38:19c'est une joie immense,
38:22un bonheur incroyable.
38:25C'est une plénitude,
38:26une plénitude, peut-être.
38:28Une plénitude
38:29qu'il est temps de partager.
38:32Je suis montée, ouais.
38:33Je suis montée
38:34sur le petit truc
38:35pour aller à la boxe
38:36et voir,
38:37tout le monde est partagé.
38:39Et après, elle monte, ouais.
38:41Il me semble que je lui ai dit,
38:42ça y est, là,
38:43tu l'as vraiment fait.
38:47On veut toujours en profiter plus,
38:49mais je pense que j'ai plané
38:51longtemps après, quand même.
38:52Ladies and gentlemen,
38:53the runner-up,
38:54Justine Enam Ardek.
39:08And the 2006 Wimbledon
39:10Ladies Singles Champion,
39:12Amélie Maresmo.
39:30I had a great two weeks.
39:31I mean,
39:33I really definitely wanted
39:35this win today,
39:37this trophy,
39:37and I don't want anybody
39:40to talk about my nerves anymore,
39:42you know.
39:48Amélie Maresmo,
39:50autrefois réputée à tort,
39:51fragile mentalement,
39:52la numéro un mondiale
39:54sans grand chelème.
39:55À cet instant,
39:56tout le monde s'incline
39:58devant la plus grande championne
39:59dans l'histoire du tennis français,
40:01l'égale de Suzanne Lenglen,
40:03qui triomphait pour la dernière fois
40:04à Wimbledon,
40:0581 ans plus tôt.
40:08Amélie Maresmo
40:10est tout en haut.
40:16C'est le sommet atteint.
40:18C'est le Graal, peut-être,
40:21d'une certaine façon.
40:35Sous-titrage Société Radio-Canada
40:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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