Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 minutes
Sergueï Jirnov, ex-officier supérieur du KGB et auteur du livre "Les Auxiliaires du mensonge", était l'invité du Face-à-Face de ce jeudi 2 juillet sur BFMTV et RMC. Il a été interrogé notamment sur l'appel d'un soldat russe à se rebeller si les conditions des soldats russes ne s'améliorent pas, sur les risques d'ingérences russes lors de la prochaine élection présidentielle en France ou encore sur les frappes russes survenues dans la nuit du 1er au 2 juillet en Ukraine.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour, c'est Ergueil Girneuf.
00:05Bonjour Marie.
00:06Et merci d'avoir accepté notre invitation ce matin.
00:08Les téléspectateurs de BFM vous connaissent bien désormais.
00:10Ex-officier supérieur du KGB, expert en relations internationales
00:14et auteur récemment des auxiliaires du mensonge.
00:18Trump, Epstein, Poutine, un ex-commandant du KGB, décrypte Poutine justement.
00:24On a besoin de vous ce matin pour votre connaissance de la Russie, de ses secrets
00:28et comprendre aussi la nouvelle stratégie de Vladimir Poutine.
00:32Si d'ailleurs, elle est nouvelle, la nuit a été redoutée en Ukraine, à Kiev plus particulièrement.
00:37D'ailleurs, on l'a appris, Zelensky était en déplacement en Irlande.
00:41Il est revenu en urgence dans son pays suite à un briefing de ses services de renseignement.
00:46Et donc, cette nuit, à nouveau meurtrière, notamment sur la capitale Kiev.
00:50Des bombardements entendus, des tirs de missiles, de drones également.
00:54Bilan provisoire, 9 morts.
00:56Et ces images aussi, Sergei Girnov, ces images de la guerre, de cette population obligée de fuir dans les abris
01:03des métros bondés
01:04pour tenter de se protéger justement de ses missiles.
01:07La vengeance de Poutine est en marche ?
01:10La vengeance de Poutine était en marche.
01:13Et particulièrement cette nuit, parce que Zelensky justement était en Irlande
01:17pour la réunion de changement de présidence dans l'Union Européenne.
01:22Et donc, en fait, c'est l'Irlande qui prônait sa présidence.
01:25Zelensky était donc en fait dans ce lieu hautement stratégique et important.
01:30Il a eu beaucoup de rencontres.
01:33Et donc, du coup, Poutine, à mon avis, il a employé plus de moyens précisément pour ça.
01:37Il a profité, vous dites, de cette occasion peut-être.
01:41Ah non, c'est une vengeance.
01:42C'est une vengeance.
01:43C'est pas profité, il l'a fait exprès.
01:45Il l'a fait exprès parce que, vous savez, la Russie a les moyens de varier ses frappes.
01:51Et on sait que parfois les nuits, c'est une centaine de drones sur les civils en Ukraine.
01:55Parfois c'est 700, parfois c'est jusqu'à 1000.
01:58Et donc là, c'était une attaque particulièrement importante sur la ville de Kiev,
02:03mais aussi sur Kharkiv, aussi sur Dnipro, sur Zaporizhia, sur plusieurs autres villes ukrainiennes.
02:08– Oeil pour oeil, dent pour dent, pardonnez-moi cette expression,
02:11mais l'Ukraine, on le sait, on va y revenir, a entamé aussi une forme de campagne de 40 jours,
02:17de frappe massive et qui fonctionne, puisqu'elle touche des sites stratégiques rustes
02:21et les conséquences sont en cascade, notamment des pénuries de carburant.
02:28Plus il est accoulé, plus Poutine est dangereux.
02:31C'est les observateurs qui le disent, certains en tout cas.
02:34Est-ce que vous êtes d'accord avec cette affirmation ?
02:36– Je le croyais aussi, je le croyais aussi, mais finalement, regardez,
02:40avec le temps, moi personnellement j'ai changé d'avis.
02:43Parce qu'on disait, si l'Ukraine prenait une arme occidentale,
02:50d'abord l'artillerie, puis après les missiles, puis après les chars,
02:53puis après les avions, puis après les missiles de croisière, etc.
02:57à chaque fois, c'est une ligne rouge.
02:59Et on craignait que Poutine réponde à cette ligne rouge d'une manière assez importante.
03:05Et en réalité, il ne s'est rien passé.
03:07Et en fait, les Ukrainiens actuellement, côté ukrainien,
03:11ont dit qu'on n'a plus peur de toucher la Russie au plus profond de ses capacités.
03:16– Et ça se prouve d'ailleurs dans les frappes récentes.
03:18– C'est récent, ça va de plus en plus loin, de plus en plus profondément,
03:21c'est ce que vous nous dites encore ce matin.
03:23– Ça, c'est quelque chose.
03:24Et aujourd'hui, c'est passé apparemment,
03:26ce ne sont pas les Ukrainiens qui le disent, ce sont les Russes qui le disent.
03:29Donc, côté russe, on dit que les Ukrainiens ou les Américains
03:33qui ont peut-être essayé le nouveau missile FP9 ukrainien,
03:39c'est un missile balistique de production uniquement ukrainienne.
03:43Et donc, il y aurait un missile comme ça qui aurait été abattu
03:47dans le ciel de la ville de Moscou.
03:49– Oui, parce que ce que l'on apprend aussi également,
03:51Kiev, l'Ukraine plus largement, peut-elle réussir son pari ?
03:55On parlait de cette campagne de 40 jours,
03:58parce qu'elle n'est pas en reste dans ses frappes.
04:00On se remémore, c'était il y a quelques semaines,
04:03mais Kiev a réussi notamment à toucher des raffineries
04:06situées aussi loin que Tyumen en Sibérie,
04:09à près de 1900 kilomètres du front.
04:11C'est ça aussi la force aujourd'hui de l'Ukraine.
04:14Sa capacité à aller toucher de plus en plus loin en Russie.
04:17– La force de l'Ukraine, c'est de produire son propre armement.
04:21L'Ukraine produit actuellement 50% de ses besoins militaires.
04:24L'Ukraine, cette année, va produire 10 millions de drones.
04:2810 millions de drones militaires.
04:30– Toujours aidés par les Européens.
04:32– Bien évidemment.
04:33– Même si les Américains également ont un peu serré la vis,
04:36mais cette aide est indispensable.
04:38– Ah oui, tout à fait.
04:39D'ailleurs, Zelensky a souligné hier, dans la réunion,
04:42pour l'Union européenne, mais aussi pour un certain nombre de parties,
04:46y compris par exemple pour la Suède,
04:48qui a pris la troisième place dans l'aide à l'Ukraine,
04:51avec 9 milliards déjà livrés et 4 milliards qui arrivent.
04:55L'Allemagne qui occupe la première place avec 11 milliards d'euros de l'aide,
05:00et puis la Norvège avec 10 milliards ou 8 milliards.
05:03Et l'Ukraine produit ses propres drones.
05:05Maintenant, l'Ukraine produit plus de drones.
05:08L'Ukraine envoie plus de drones sur la Russie que la Russie.
05:11Vous savez, on a dépassé ces seuils.
05:14Et l'Ukraine déjà a causé de tels dégâts en Russie
05:20que 83 régions de Russie, maintenant, ont des pénuries d'essence.
05:26– Et on y vient, Sergei Virneuf, vous,
05:29l'ex-supérieur officier du KGB,
05:33qui avait côtoyé dans son temps Poutine,
05:36qui connaissait aussi la philosophie russe.
05:39On a vu ces images, ces images de la population russe,
05:44faire durant des heures et des heures,
05:46et encore aujourd'hui, faire la queue pour avoir du carburant,
05:49cette colère qui monte.
05:51On parlera aussi de la colère des militaires.
05:53Là aussi, c'est assez inédit,
05:55dans un pays où la propagande joue un rôle majeur.
06:01Poutine peut-il faire face à la colère de sa population
06:03quand on voit ce qui est en train de se passer,
06:05de ces images qui font le tour du monde ?
06:07– Poutine, moi, je suis persuadé que Poutine ne changea pas d'avis.
06:11Ça veut dire que c'est une personne obtue.
06:15Je rappelle toujours cette histoire de son entrée à l'académie
06:20des renseignements militaires, à l'école d'Andropov, en 1984.
06:23D'ailleurs, on est entré la même année.
06:25Et en 1985, on ne l'a pas retenu pour le service de renseignement à Moscou
06:30parce qu'on lui a dit que c'est quelqu'un de dangereux,
06:32qui peut prendre des décisions qui sont dangereuses pour lui et pour le service.
06:36Le service de l'espionnage n'a pas voulu de lui,
06:38il l'a renvoyé à Leningrad.
06:39Et donc, Poutine, c'est quelqu'un qui est différent, par exemple, de Trump.
06:44Trump, à un moment donné, a décidé d'arrêter sa guerre contre l'Iran,
06:48même si on le critiquait, même si on lui a dit qu'il a tout perdu,
06:52c'est une paix honteuse, etc.
06:54– Sans doute encouragé par son opinion publique aussi,
06:57et son propre pan qui commençait à le lâcher.
06:59Poutine, vous dites, en l'espèce, est très différent
07:02parce qu'il n'est pas sensible au mouvement de son opinion,
07:06au mouvement de sa population.
07:07– Dans les opinions publiques, actuellement, il y a des sondages…
07:09Bon, vous savez, la sociologie en Russie,
07:11c'est quelque chose qui est très difficile d'avoir.
07:13Mais on dit, il y a plusieurs sources qui l'ont affirmé,
07:18que 80% des Russes, actuellement, ne veulent plus de cette guerre.
07:22Cette semaine, il y a une information qui a été publiée,
07:26il y a 133 000 demandes sur le réseau Yandex,
07:31sur le moteur de recherche russe Yandex,
07:33quand est-ce que cette guerre va terminer ?
07:36Et donc, les Russes, en en en marrent.
07:38Mais maintenant que la guerre est venue en Russie,
07:41maintenant qu'ils rencontrent les pénuries, eux, avec l'essence,
07:45et l'essence en Russie, c'est quelque chose qui est très important.
07:48– Pour le troisième exportateur mondial,
07:50Serge Erginov, de pétrole,
07:52avec des mesures qui ont été prises,
07:54du rationnement, l'interdiction d'exporter,
07:57et sans doute appel à des pays comme l'Inde
08:00pour tenter, justement, de pallier à ce manque de carburant.
08:03– C'est exactement ça.
08:04– On l'a vu, encore une fois, j'en reviens à ces images
08:06qui sont assez folles, qui font le tour du monde.
08:09Ça, vous dites, du point de vue, dans la psyché de Vladimir Poutine,
08:13ça n'a aucune espèce d'incidence ?
08:15– Non, ça n'a aucune espèce d'incidence,
08:17il suffit de le regarder, comment il l'a fermé,
08:19vous savez, dimanche dernier, il a fait trois apparitions,
08:22il a donné une interview à Pavel Zarubin,
08:24son correspondant préféré.
08:26– Avec des questions toujours très grinçantes,
08:28avec beaucoup d'ironie, évidemment.
08:30– Mais, vous savez, six minutes de cette interview
08:33ont été coupées du site de Kremlin.
08:36– Parce que ?
08:36– Parce que Poutine a dit qu'il n'y avait aucun accord
08:40à Anchorage avec Donald Trump.
08:42Et il y a quelqu'un au Kremlin qui a coupé ça.
08:45Mais pour les importations d'essence,
08:49c'est effectivement quelque chose d'abominable pour la Russie.
08:51– Avec, dans la sémantique de Poutine, j'y reviens,
08:55reconnaître des problèmes.
08:56Oui, nous avons des problèmes, nous les reconnaissons,
08:58nous y répondons.
08:58Mais nous assurerons sans aucun doute
09:00la sécurité du pays et de nos citoyens,
09:02reconnaissant aussi des pénuries.
09:04Là aussi, d'un point de vue du vocabulaire,
09:07il y a quand même une évolution.
09:09– Il y a une évolution, parce qu'il ne peut plus nier.
09:12Parce que toute la Russie est dans les queues pour l'essence.
09:1680 régions sont concernées,
09:17il y a des régions où il n'y en a plus du tout.
09:19Les gens commencent à se battre.
09:20Bientôt, ils vont commencer à se tirer dessus.
09:23Donc, Poutine ne pouvait pas ne pas répondre.
09:25Mais en revanche, il a dit, rien de critique.
09:27Il a dit, Novak, mon vice-premier ministre,
09:30il règle ça, tout va bien.
09:32Novak a dit, un point de pénurie,
09:33c'est juste un tout petit peu,
09:35parce que c'est l'été.
09:36– Un épisode.
09:37– Un épisode parmi tant d'autres.
09:38Mais est-ce que vous pensez que la population russe,
09:40aujourd'hui, peut se retourner contre son président,
09:43où on est dans des fantasmes d'occidentaux,
09:45qui regardons ça, finalement, avec nos propres lunettes
09:48et nos propres fantasmes ?
09:49– Non, je crois que la population russe, surtout,
09:52ne va pas se retourner,
09:53parce qu'elle veut la paix par idéologie.
09:56Mais en revanche, les questions de la vie de tous les jours,
09:59on a vu ça au Kazakhstan.
10:00Vous savez, juste avant l'attaque de Poutine contre l'Ukraine,
10:04en janvier 2022, le 1er janvier 2022,
10:07au Kazakhstan, ils ont augmenté, le 1er janvier,
10:09vous savez, les gens ont fêté le jour de l'an,
10:11ils se réveillent, ils apprennent que le gouvernement
10:14a augmenté de quelques centimes le prix de gaz au Kazakhstan.
10:18Ça a donné une révolte au Kazakhstan,
10:22révolte armée, il y a eu des tirs, il y a eu des morts,
10:25il y a eu même des forces armées d'ODKB,
10:29cette fameuse organisation poutinienne
10:32entre certaines des anciennes républiques soviétiques.
10:35Et donc, ça nous montre que,
10:38pour une question de vie de tous les jours,
10:40les gens peuvent se révolter.
10:41Et donc ça, Poutine est obligé de le savoir.
10:45– Ça fait partie du champ des possibles.
10:46On parle de la population, j'évoquais aussi son armée.
10:49Une vidéo est devenue virale en seulement quelques heures,
10:53déjà visionnée des millions de fois.
10:55On y voit un ex-soldat russe
10:57ayant participé au combat en Ukraine,
10:59qui alerte le président,
11:01qui affirme que l'armée va se retourner
11:03et retourner les armes contre le Kremlin,
11:06face caméra encore une fois.
11:08Là, encore une fois, on est dans l'inédit.
11:12Peut-être que jamais des militaires
11:14n'avaient osé publiquement prendre la parole comme ça
11:16et montrer à nominem son président.
11:19– On n'est pas dans l'inédit.
11:20– On n'est pas dans l'inédit.
11:21– On n'est pas dans l'inédit,
11:22parce que je vous rappelle qu'il y avait
11:23Général Evachov, qui est le 31 janvier 2022,
11:27trois semaines avant le début de la guerre,
11:29a exorcé Poutine,
11:31exhorter Poutine de ne pas le faire.
11:33– Mais quatre ans plus tard,
11:34là, on a complètement changé.
11:36– Cette guerre, actuellement,
11:38Poutine est six mois plus
11:40que Staline a mis dans sa guerre contre Hitler.
11:43Et Staline était à Berlin,
11:45Poutine n'arrive pas à conquérir Donbass.
11:48Et donc, bien évidemment,
11:49il y a autre chose,
11:50ça veut dire qu'il y a les critiques dans la société.
11:52Et donc, cet appel de ce militaire,
11:54d'ailleurs, il n'est pas un rebelle,
11:57c'est comme Prigogine,
11:59je vous rappelle,
12:00trois ans et il y a trois ans,
12:02jour pour jour, quasiment,
12:04Prigogine a fait aussi son putsch.
12:06– Après, sa marche, en effet,
12:08avortée,
12:08qui avait fait trembler,
12:09là aussi,
12:11le Kremlin.
12:11et vous faites bien de le rappeler,
12:13mais juste,
12:14beaucoup de Russes,
12:15notamment chez les familles de militaires,
12:18dénoncent les conditions d'enrôlement
12:20de ces jeunes Russes,
12:21la plupart du temps,
12:22ou pour beaucoup d'entre eux,
12:23pas assez formés,
12:24les conditions aussi d'exfiltration
12:27lorsqu'ils sont blessés.
12:28Les autorités du Kremlin
12:30sont conscientes des critiques des militaires,
12:32et donc,
12:33je ne sais pas si nos téléspectateurs
12:34sont en compte au courant,
12:35mais des cahiers de doléances
12:36ont été ouverts
12:37pour qu'ils puissent alimenter,
12:39faire remonter leurs critiques
12:40auprès des autorités,
12:41mais ces cahiers ont été piratés
12:44et certains sont rendus publics.
12:46Et là, encore une fois,
12:47les critiques en interne
12:48sont d'une violence rare.
12:50Encore une fois, vous dites,
12:51ça, Poutine,
12:52ça ne peut pas le faire vaciller ?
12:53– Parce que,
12:55si vous regardez très attentivement
12:56ces cahiers de doléances,
12:58personne ne dit,
12:59cette guerre, c'est un crime,
13:00il faut arrêter cette guerre.
13:02Non, ils disent,
13:03nous sommes prêts
13:04à continuer cette guerre,
13:05mais il nous faut des conditions,
13:08des bonnes conditions
13:09pour mener la guerre.
13:10Ce militaire,
13:11il n'a pas critiqué Poutine,
13:12il n'a pas dit,
13:13t'es un criminel,
13:16mais un blogueur,
13:17un autre blogueur,
13:18l'a dit à sa place.
13:20Mais les militaires
13:21sont très prudents
13:22par rapport à ça.
13:23En fait,
13:24ce Pavel Lunef,
13:25déjà,
13:25il a changé d'avis,
13:27il a publié,
13:28sa femme a publié
13:30une intervention,
13:31hier,
13:32en disant,
13:32tout va bien,
13:33il soutient notre cher président,
13:34Vladimir Vladimirovitch,
13:36Poutine,
13:36etc.
13:37Sans doute,
13:37a-t-il entre-temps reçu,
13:38peut-être,
13:39quelques remontrances,
13:40voire menaces.
13:41Il a été arrêté.
13:41Oui, effectivement.
13:42Il s'est arrêté pour un jour,
13:43il attend d'ailleurs le jugement.
13:46On ne l'a pas transféré à Moscou,
13:47il a été jugé à Voronezh.
13:49Et c'est sa dernière phrase
13:51qui est la phrase mortelle,
13:53parce qu'il a dit
13:53l'armée peut tourner les armes
13:56contre Poutine.
13:57Ça, la Russie l'a connu.
13:58La Russie l'a connu en 1916-1917,
14:01ça a donné la révolution d'octobre.
14:03Et de ce point de vue-là,
14:04peut-être cette réaction
14:05enchaîne de Poutine lui-même
14:07sur sa sécurité.
14:09Là, encore une fois,
14:09vous connaissez ça par cœur.
14:11D'ailleurs, j'en permets
14:12de revenir sur le bilan.
14:14À Kiev, cette nuit,
14:15on est à 13 morts.
14:16J'évoquais 9 tout à l'heure.
14:17Le bilan augmente
14:18au fil des minutes.
14:20Juste sur sa conception
14:22de la sécurité,
14:23c'est l'un des hommes
14:24les plus protégés de la planète.
14:25On apprend ces dernières heures
14:27qu'une partie de ces villas
14:28ont été, du moins,
14:31peut-être rasées.
14:31En tout cas,
14:32ont disparu des cartes.
14:33Est-ce pour améliorer
14:35sa sécurité ?
14:36En tout cas, on s'interroge.
14:37Sur ces yachts également,
14:38François Clémenceau
14:39l'évoquait sur notre
14:39plateau tout à l'heure
14:40qui sont déplacés.
14:42C'est quoi ?
14:43C'est une paranoïa
14:45poutinesque
14:45ou il y a vraiment
14:46des risques autour
14:47de sa personne lui-même ?
14:49C'est la paranoïa
14:50parce que Poutine
14:51est paranoïaque.
14:52Ça, c'est prouvé.
14:53Tous les gens
14:53qui le connaissent
14:54le disent
14:55et le confirment.
14:56D'ailleurs,
14:57ça s'était gravé
14:58pendant la crise
14:59de la Covid.
15:00Mais en même temps,
15:01effectivement,
15:02ces yachts,
15:03on a parlé de sa campagne,
15:04sa prépare
15:05de nos prétendues campagnes
15:06parce que je vous rappelle
15:07quand même que Kabaïva
15:07n'est pas marié
15:08avec Poutine.
15:08Poutine est officiellement
15:11solitaire,
15:12célibataire.
15:13Oui, on ne lui connaît pas
15:14de compagne
15:14ou d'épouse officielle,
15:15c'est ça ?
15:16Non.
15:17Mais en revanche,
15:18effectivement,
15:18il y a deux yachts
15:19qui se déplacent en Turquie.
15:21Mais je vous rappelle aussi
15:21que la Turquie,
15:22c'est un pays de l'OTAN.
15:23C'est très intéressant.
15:26Qu'est-ce que ces yachts
15:27vont faire ?
15:28Il y a peut-être
15:29des pourpalais.
15:30Pays de l'OTAN,
15:31l'OTAN à nouveau menacée,
15:33ce chiffon rouge
15:34à nouveau agité,
15:36là encore une fois,
15:37par le maître du Kremlin.
15:39On est dans la grammaire
15:40de la dissuasion uniquement
15:41ou vous pensez,
15:42là encore une fois,
15:43qu'il puisse aller plus loin ?
15:44À mon avis,
15:45il peut aller plus loin
15:46parce que là,
15:47récemment,
15:48ce qu'il vient de faire,
15:49il a fermé
15:49sept postes frontières
15:51avec trois pays de l'OTAN,
15:52c'est-à-dire la Finlande
15:53et les deux pays baltes,
15:55Lettonie et Lettonie.
15:56Et donc,
15:58en réalité,
15:58il n'y avait déjà quasiment
15:59pas de trafic
16:00sur ces postes,
16:01mais le fait
16:02d'avoir fermé ces postes,
16:04le fait d'avoir hier
16:05une réunion opérationnelle
16:09avec deux conseils de sécurité
16:11sur les questions
16:11de Kaliningrad,
16:12vous savez,
16:13cet esclave russe
16:14qui est une enclave
16:16dans l'Union européenne,
16:18ça pose beaucoup
16:19de questions.
16:20Et en fait,
16:21la logique est très simple.
16:22Poutine considère
16:23que les Européens
16:24et les Ukrainiens,
16:25c'est le même front.
16:26Et donc,
16:26ouvrir une deuxième brèche
16:27quelque part en Europe,
16:28ça veut dire
16:29que les Européens
16:29vont dire
16:30ça se passe chez nous,
16:31maintenant,
16:31on ne veut plus donner
16:32des armes à l'Ukraine.
16:33C'est ça,
16:33le calcul de Poutine.
16:35Le calcul est sa stratégie
16:36et dans le même temps,
16:37il le dit,
16:37nous sommes prêts,
16:39nous attendons,
16:39une fois les événements
16:40terminés,
16:41notamment dans la phase chaude
16:42sur le dossier iranien,
16:43nous attendons
16:44des négociateurs américains.
16:46Alors qu'il y a
16:47moins de 15 jours
16:48et on sait que Poutine
16:49et le président américain
16:51se parlent régulièrement
16:52tentant de le...
16:54Comment qualifier ?
16:55En tout cas,
16:56de nuancer
16:56ces attaques
16:57contre l'Ukraine.
16:58Ça n'a aucun effet ?
17:00Aucun effet
17:00parce que c'est du blabla.
17:01Ça,
17:02c'est du blabla pour Trump.
17:04Zelensky...
17:05Du blabla,
17:05de la diplomatie, non ?
17:06On peut appeler ça comme ça ?
17:07Ou ça ne sert vraiment
17:08absolument à rien ?
17:09C'est du blabla
17:10parce que Poutine,
17:11vous savez,
17:12il ne veut pas négocier
17:13avec Zelensky.
17:14Zelensky,
17:14depuis deux mois,
17:16propose des pourparlers
17:17à plusieurs reprises
17:18à chaque fois qu'il peut,
17:20il propose des pourparlers
17:21et il propose
17:21d'arrêter la guerre.
17:22Poutine ne veut pas ça
17:24et Poutine veut négocier
17:25avec Trump
17:26et non pas avec l'Ukraine.
17:27Directement,
17:28en effet,
17:28et on verra
17:29si un jour cela arrive.
17:31Dernière question
17:32très rapide.
17:33On a appris hier
17:33les dates de l'élection
17:34présidentielle française
17:36de 2027.
17:37Elles se tiendront
17:38le 18
17:39et le 2 mai prochains.
17:41La crainte
17:41des ingérences étrangères,
17:43plus précisément
17:44russes.
17:44On sait que la Russie
17:45a œuvré
17:46par le passé.
17:47Est-ce que vous pensez
17:48que ça fait partie aussi
17:49de la stratégie de Poutine
17:50d'influer sur ces élections
17:52et ce scrutin ?
17:52Je le pense
17:53parce que ça a eu déjà lieu.
17:55Donc,
17:55la dernière élection,
17:56tout le monde reconnaît ça.
17:58On a des doutes
17:59sur l'élection américaine
18:00mais sur l'élection française,
18:02on n'a pas de doutes.
18:03Sergueil Girneau,
18:03merci infiniment
18:04d'avoir été notre invité
18:05ce matin.
18:06Il est 8h47
18:07et vous êtes toujours bien
18:08sur BFM TV et RMC.
18:10Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations