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  • il y a 2 jours
« Nous sommes face à la pire tragédie qu’a pu connaître le Venezuela. » Sur au moins une dizaine de kilomètres, des bâtiments détruits après le double séisme qui a frappé le pays, le 24 juin 2026. Sur place, la situation est inquiétante, alors que les recherches s’organisent pour retrouver des survivants ou des corps parmi les 50 000 disparus, selon l’ONU. « Les gens qui ont des proches sous terre font eux-mêmes les recherches. Ils sont même en train de fabriquer eux-mêmes des outils pour chercher avec ce qu’ils trouvent », raconte Anne Vigna, envoyée spéciale du « Monde » dans le pays meurtri par cette catastrophe naturelle.

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Transcription
00:00On est face à la pire tragédie qu'a pu connaître le Venezuela.
00:04Cette zone de la Guerra est complètement dévastée.
00:07Advinia est journaliste.
00:08Pour Le Monde, elle s'est rendue au Venezuela,
00:11quatre jours après le double séisme qui a frappé le pays le 28 juin.
00:14Le 30 juin, un dernier bilan comptait plus de 1900 morts
00:17et plus de 10 000 blessés, selon le président de l'Assemblée nationale vénézuélien.
00:22Elle nous raconte l'état de la zone zéro,
00:25la zone la plus touchée par la catastrophe.
00:27Cette zone de la Guerra, elle dure pendant 10 kilomètres au moins.
00:31Soit les immeubles sont par terre et ce sont des montagnes de gravats de 10 à 15 mètres de haut,
00:38ou alors ils sont inutilisables parce qu'ils sont trop dangereux,
00:42ils penchent, les structures ont été cassées, toute la ville est détruite.
00:46La NASA a estimé, à l'aide de données radars d'un satellite, lundi 29 juin,
00:51que près de 59 000 édifices pourraient être endommagés ou détruits.
00:55Et dans les décombres, ils sont nombreux à chercher leurs proches.
00:58Près de 50 000 personnes sont toujours disparues, selon l'ONU.
01:01C'est vraiment les gens qui ont des proches sous terre,
01:05qui eux-mêmes font les recherches.
01:07Ils sont même en train de fabriquer eux-mêmes des outils pour chercher avec ce qu'ils trouvent,
01:11c'est-à-dire des bouts de fer, ils font des pelles et des pioches.
01:16Il n'y a pas vraiment d'organisation,
01:17si ce n'est qu'ils tournent en se reposant de temps en temps,
01:20parce qu'il fait très chaud en plus.
01:22Mais ils sont plus ou moins organisés par immeuble, en gros.
01:25Sur place, des abris de fortune ont été érigés en poste de secours.
01:28Et l'aide arrive de plusieurs pays.
01:30C'est vraiment improvisé avec une bâche pour se protéger du soleil.
01:35Et en fait, c'est des gens qui viennent d'autres États du Venezuela,
01:39qui sont venus en renfort.
01:41Des infirmiers qui ont eux-mêmes pris des médicaments.
01:45Il y a des gens qui sont venus de Colombie aussi,
01:47avec comme ça leur coffre plein d'aide.
01:49Mais c'est un peu les seules aides que recevaient les gens,
01:53pour notamment avoir de l'eau potable.
01:55Ici, à La Guérra, un restaurant McDo a même été récupéré par les secours.
01:59L'hôpital et plusieurs centres de santé ont été grandement endommagés par les secousses.
02:03C'est un des rares bâtiments qui n'est pas tombé.
02:05Donc ce McDonald's est utilisé en bas.
02:08C'est une zone que les pompiers ont transformée en poste de secours.
02:13Ils soignent aussi des animaux là.
02:15Et puis, en haut, c'est une zone où ils utilisent les toilettes et les douches,
02:19parce que c'est un des rares endroits où il y a des toilettes et des douches, justement, dans cette
02:23zone-là.
02:24Une semaine après la catastrophe, les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisent.
02:28Et chez de nombreux Vénézuéliens, la colère monte aussi.
02:31Ils considèrent qu'ils ne sont pas du tout aidés par les autorités de leur pays.
02:35Ils disent que l'aide qu'ils reçoivent, ce sont des gens qui viennent comme ça de Caracas,
02:41qui est à 25 kilomètres de là.
02:42On voit pourtant beaucoup de militaires, de policiers, de pompiers vénézuéliens qui sont là
02:47et qui parfois participent aux recherches, mais ils considèrent que c'est insuffisant.
02:53Mais ces recherches restent dangereuses pour la population sur place.
02:57Plusieurs ONG et l'ONU alertent sur les risques d'épidémie.
03:00En La Guaïra, le pays le plus difficile, les effets de la nourriture sont élevés,
03:06les services basiques ont brûlé, et la connectivité a été largement sévérée.
03:12Les tensions de communauté sont élevées, et l'accès à l'assistance reste constaté.
03:18Le problème, c'est que les gens, pour l'instant, ne veulent pas quitter la zone zéro,
03:23parce qu'ils ont peur que les autorités les empêchent ensuite de revenir,
03:26et que si jamais un de leurs proches sort de terre,
03:31ils veulent être là pour pouvoir reconnaître le corps, etc.
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