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  • il y a 2 semaines
L'ancien Premier ministre François Bayrou était l'invité de La Grande interview Europe 1-CNews ce mardi matin. Au micro de Laurence Ferrari, il s'indigne du projet de loi sur la fin de vie qui sera voté une dernière fois par les députés ce mardi à l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:00Je vais poser deux questions d'actualité. La première, elle porte sur le texte qui sera voté aujourd'hui à
00:04l'Assemblée Nationale sur l'euthanasie, la loi fin de vie.
00:07Ils ont finalisé, les députés, ce texte. Il y a beaucoup de clauses qui sont considérées comme les plus permissives
00:14d'Europe.
00:15Est-ce que ce texte, en tant que député, vous l'auriez voté, François Bayreau ?
00:19Non, je ne l'aurais pas voté. Pourquoi ?
00:22C'est un immense problème de conscience parce que dans tous les pays où ce genre de texte est peut
00:31-être moins encore engageant que chez nous,
00:35dans tous les pays où ce texte a été voté, ça a fait tâche d'huile.
00:40À partir du moment, et c'est pour ça que c'est très difficile et douloureux,
00:44parce qu'il y a des gens qui, eux, pour leur propre destin, pensent que ça serait mieux d'avoir
00:51cette issue.
00:52Mais à partir du moment où on dit « la mort est un soin »,
00:57nous qui avons construit notre société sur « normalement, je ne te laisserai pas seul, je ne te laisserai pas
01:04malade et je ne te laisserai pas souffrir »,
01:06à partir du moment où on introduit l'idée qu'il existe un soin, en fait,
01:12qui est pour mettre un terme à tout ça et qui est la mort,
01:16partout ça fait tâche d'huile parce que ça s'introduit, ça s'immisce dans la conscience générale.
01:24Et ça se multiplie.
01:27Oui, notamment sur les populations les plus vulnérables.
01:29C'est exactement ce que je voulais dire.
01:31Ça se multiplie pour qui ?
01:33Pas pour les gens qui sont avantagés, qui ont les moyens, qui ont des relations de la famille.
01:40C'est pour les autres que ça vient.
01:42Je n'ai jamais oublié une lettre qui m'a bouleversé.
01:47C'est une maman qui m'écrivait parce qu'elle avait une petite fille trisomique.
01:58Et elle me disait « Mais quand je ne serai plus là, avec cette loi, elle est tellement gentille,
02:07elle veut tellement faire plaisir à tout le monde qu'on lui expliquera que c'est pour rejoindre sa maman
02:13et que je ne dis pas que ça se passera, je ne dis pas que c'est dans les intentions
02:18de ceux qui rédigent la loi. »
02:20Mais il y a ce risque.
02:21« Mais en tout cas, je sais une chose, c'est que tous les médecins qui travaillent dans ces admirables
02:27services de soie palliative,
02:29dans les établissements dédiés à cela, Jeanne Garnier par exemple,
02:33tous ceux-là disent « Il ne faut pas faire ça. Donnez-nous les moyens de soulager la douleur. »
02:41On a constaté une chose très simple.
02:43Parmi tous les gens qui sont en soins palliatifs et qui voulaient avant qu'on leur applique cette fin de
02:50vie,
02:51parmi tous ceux-là, il n'y en a plus que 2 ou 3% s'ils sont soulagés de
02:56la douleur, qui veulent continuer.
02:59Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des personnes, j'en connais, et j'ai
03:03parlé beaucoup avec elles,
03:04qui disent « Mais moi, j'ai une maladie très lourde, dégénérative, comment je fais le jour où je ne
03:12pourrai plus bouger ? »
03:14Eh bien, c'est cette question-là qui, à mon avis, se traite les yeux dans les yeux avec les
03:21médecins.
03:21On est là pour aider, comme ça se fait tous les jours, alors que la loi n'existe pas.
03:27C'est pour ça que vous aviez scindé.
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