00:00Je vais poser deux questions d'actualité. La première, elle porte sur le texte qui sera voté aujourd'hui à
00:04l'Assemblée Nationale sur l'euthanasie, la loi fin de vie.
00:07Ils ont finalisé, les députés, ce texte. Il y a beaucoup de clauses qui sont considérées comme les plus permissives
00:14d'Europe.
00:15Est-ce que ce texte, en tant que député, vous l'auriez voté, François Bayreau ?
00:19Non, je ne l'aurais pas voté. Pourquoi ?
00:22C'est un immense problème de conscience parce que dans tous les pays où ce genre de texte est peut
00:31-être moins encore engageant que chez nous,
00:35dans tous les pays où ce texte a été voté, ça a fait tâche d'huile.
00:40À partir du moment, et c'est pour ça que c'est très difficile et douloureux,
00:44parce qu'il y a des gens qui, eux, pour leur propre destin, pensent que ça serait mieux d'avoir
00:51cette issue.
00:52Mais à partir du moment où on dit « la mort est un soin »,
00:57nous qui avons construit notre société sur « normalement, je ne te laisserai pas seul, je ne te laisserai pas
01:04malade et je ne te laisserai pas souffrir »,
01:06à partir du moment où on introduit l'idée qu'il existe un soin, en fait,
01:12qui est pour mettre un terme à tout ça et qui est la mort,
01:16partout ça fait tâche d'huile parce que ça s'introduit, ça s'immisce dans la conscience générale.
01:24Et ça se multiplie.
01:27Oui, notamment sur les populations les plus vulnérables.
01:29C'est exactement ce que je voulais dire.
01:31Ça se multiplie pour qui ?
01:33Pas pour les gens qui sont avantagés, qui ont les moyens, qui ont des relations de la famille.
01:40C'est pour les autres que ça vient.
01:42Je n'ai jamais oublié une lettre qui m'a bouleversé.
01:47C'est une maman qui m'écrivait parce qu'elle avait une petite fille trisomique.
01:58Et elle me disait « Mais quand je ne serai plus là, avec cette loi, elle est tellement gentille,
02:07elle veut tellement faire plaisir à tout le monde qu'on lui expliquera que c'est pour rejoindre sa maman
02:13et que je ne dis pas que ça se passera, je ne dis pas que c'est dans les intentions
02:18de ceux qui rédigent la loi. »
02:20Mais il y a ce risque.
02:21« Mais en tout cas, je sais une chose, c'est que tous les médecins qui travaillent dans ces admirables
02:27services de soie palliative,
02:29dans les établissements dédiés à cela, Jeanne Garnier par exemple,
02:33tous ceux-là disent « Il ne faut pas faire ça. Donnez-nous les moyens de soulager la douleur. »
02:41On a constaté une chose très simple.
02:43Parmi tous les gens qui sont en soins palliatifs et qui voulaient avant qu'on leur applique cette fin de
02:50vie,
02:51parmi tous ceux-là, il n'y en a plus que 2 ou 3% s'ils sont soulagés de
02:56la douleur, qui veulent continuer.
02:59Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des personnes, j'en connais, et j'ai
03:03parlé beaucoup avec elles,
03:04qui disent « Mais moi, j'ai une maladie très lourde, dégénérative, comment je fais le jour où je ne
03:12pourrai plus bouger ? »
03:14Eh bien, c'est cette question-là qui, à mon avis, se traite les yeux dans les yeux avec les
03:21médecins.
03:21On est là pour aider, comme ça se fait tous les jours, alors que la loi n'existe pas.
03:27C'est pour ça que vous aviez scindé.
Commentaires