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  • il y a 13 heures
Kiev poursuit ses frappes sur les infrastructures militaires et d'hydrocarbures russes pour tenter d'affaiblir l'effort de guerre de Moscou.

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Transcription
00:00Alors justement, on a ce que dit Lounine et on a aussi, Lisa Hadef, le commissaire russe aux droits humains,
00:04qui est une instance qui est sous contrôle du Kremlin, on le dit tout de suite, comme ça c'est
00:07réglé,
00:08qui a ouvert une plateforme pour que les militaires et leurs familles déposent leurs plaintes, leurs appels à l'aide.
00:12Encore une fois, on parle des familles de militaires.
00:13Sauf qu'il y a un média russe qui a pu profiter d'une brèche de sécurité, qui a pu
00:17consulter ses témoignages et qui les a diffusés.
00:19Oui, au total, il y a 9476 écrits de soldats russes, parmi lesquels il y a des témoignages bouleversants,
00:25comme celui de ce soldat, vous allez le voir, qui a été blessé au front, qui a réclamé à passer
00:30devant des spécialistes
00:31pour déterminer la gravité de sa blessure handicapante.
00:34On m'a dit, je vais parler au commandant, mais cela coûtera 1700 euros.
00:37Je lui ai transféré cette somme le jour même, comme il l'avait exigé, pour que l'on me laisse
00:40dans l'unité
00:41et que l'on ne m'envoie pas au combat, pardon.
00:44Mais ce soldat blessé, qui a payé, a quand même été inscrit sur l'hélice pour être renvoyé au front,
00:49malgré son état de santé alarmant.
00:50Ils m'ont trompé, j'en ai conclu qu'il fallait quitter l'unité militaire sans autorisation pour sauver ma
00:55vie.
00:55Je suis partie le lendemain.
00:56Je vous demande, écrit-il, instamment d'examiner toute ma situation.
01:00Je n'ai pas passé de commission médicale militaire pour ma blessure.
01:03Je n'ai pas bénéficié de rééducation, ni de traitement.
01:06Certains soldats, arbitrairement considérés comme lâches, sont torturés.
01:10L'un d'entre eux décrit dans sa lettre une scène qui s'est déroulée sous ses yeux.
01:13Ne me tuez pas, criait-il à son commandant, suppliant.
01:16Ils lui ont tiré dans les genoux, les épaules, la gorge.
01:18On l'entendait seulement s'étouffer dans son sang.
01:20D'autres soldats sont aussi déclarés, je cite,
01:23« absents sans autorisation par la police militaire » alors qu'ils sont en fait hospitalisés.
01:27Ils sont donc extraits de l'hôpital et renvoyés au front sans examen préalable.
01:31Même des médecins sont forcés à aller au combat, comme le raconte cette femme.
01:35Mon mari, engagé pour sa spécialité de chirurgien traumatologue,
01:38a été au final enrôlé comme simple soldat, opérateur de lance-grenade.
01:42Et les familles de soldats utilisent aussi cette plateforme ?
01:45Oui, et elles utilisent cette plateforme pour y dénoncer notamment une dissimulation des morts.
01:49trop souvent enregistrée par l'armée sous le statut de portée disparue
01:53pour masquer l'ampleur des pertes et minimiser les défaites.
01:56Tout le groupe de mon fils parti au combat est porté disparu.
01:59Je vous en supplie, aidez-moi à le retrouver.
02:01A-t-il été blessé ? A-t-il été fait prisonnier ou tué ?
02:04Il laisse trois enfants, qu'on nous rende au moins son corps pour minimiser les défaites,
02:09voire pour empêcher les versements financiers qui sont dus aux familles en cas de décès.
02:13« Je crains que ce statut ne dissimule un crime », dit une femme,
02:16« que mon mari ait été délibérément privé de sa décoration et de tous les avantages
02:19qui lui étaient dus, ainsi qu'à moi ».
02:22Ces lettres nous apprennent aussi que des commandants volent les cartes bancaires,
02:25ils exigent les mots de passe et empochent donc eux-mêmes les primes en cas de disparition.
02:29disparition évidemment déclarées par eux-mêmes.
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