00:00Vous nous dites, François, ce matin, que là, le Kremlin, il a trouvé le prétexte idéal pour saboter carrément le processus de paix.
00:08Oui, parce que jusqu'à présent, en tout cas, les Russes n'ont publié aucune preuve de ce qu'ils avancent depuis presque 48 heures,
00:16à savoir cette fameuse attaque de 91 drones ukrainiens à longue portée sur la dacha présidentielle de Vladimir Poutine à Valdaï.
00:24Vous voyez où se trouve Valdaï, exactement à mi-chemin entre Moscou et Saint-Pétersbourg.
00:28Et surtout, Valdaï, vous êtes à 900 kilomètres de la frontière ukrainienne la plus proche.
00:34Donc oui, ça nécessite effectivement, si jamais ce tir avait eu lieu, une préparation, une logistique, en tout cas un savoir-faire.
00:42Mais s'il n'y a pas de preuves, ça ne veut pas dire pour autant qu'il n'y a pas de mobile côté ukrainien.
00:47Parce que c'est vrai, les Ukrainiens, ça fait depuis le début de la guerre qu'ils cherchent absolument à affaiblir Vladimir Poutine.
00:54Ils le considèrent comme l'agresseur, ils le considèrent comme l'auteur des plus gros crimes de guerre commis sur leur territoire.
01:03Et il faut rappeler que déjà, au mois de mai 2023, il y avait déjà eu deux drones ukrainiens d'abattus au-dessus du Kremlin.
01:12Autrement dit, il y avait une vraie volonté de pouvoir viser le siège du pouvoir russe.
01:15Le 30 mai 2023, une autre attaque de 25 drones qui avaient visé la capitale Moscou.
01:23Et puis de son côté, c'est vrai, on pourrait se dire, les Ukrainiens veulent des représailles contre Moscou.
01:29Pourquoi ? Parce que le palais présidentiel ukrainien, oui, a déjà été visé par les Russes.
01:35Et là, on pourrait se dire, eh bien, c'est une façon pour Vladimir Zelensky de se venger.
01:40Il y avait eu cette attaque, c'était le 7 septembre dernier.
01:43Vous vous en souvenez, je vous avais montré la carte, les missiles russes étaient tombés sur le siège du gouvernement
01:49qui se trouve à quelques dizaines de mètres seulement du palais présidentiel de Zelensky.
01:53Alors, vous dites ce matin que la Russie avait intérêt à accuser, a intérêt en tout cas à accuser l'Ukraine d'une telle extrémité. Pourquoi ?
02:01Oui, c'est la dernière question qu'on se pose. Il n'y a pas de preuves, il y a peut-être un mobile.
02:05Mais en tout cas, qui a intérêt, certainement pas l'Ukraine, à faire ça maintenant ?
02:09Pourquoi ? Parce qu'en ce moment, vous le voyez, les discussions de paix, notamment en Floride,
02:13elles profitent davantage à l'Ukraine. Ce n'est pas le moment de saboter ce processus par une action totalement inconsidérée.
02:20Lorsque vous avez un alignement entre l'Ukraine, les Européens, les Américains,
02:24et que visiblement la partie la plus difficile à convaincre, c'est la Russie,
02:29vous ne tirez pas sur une ambulance à ce moment-là.
02:32Donc, est-ce que Trump va se laisser duper par ce langage russe sur le thème ?
02:37Eh bien, on abandonne tout, puisque Zelensky ne veut pas la paix.
02:40La preuve, c'est qu'il cherche à me tuer. Je n'en suis pas certain.
02:42Je pense qu'il y aura probablement des images que possèdent les États-Unis, les Européens,
02:48l'OTAN, sur ce qui s'est vraiment passé à Valdaï.
02:51Mais si jamais les Russes, en représailles, visent Zelensky dans les heures qui viennent,
02:57alors là, oui, ce serait catastrophique pour la paix,
03:00parce qu'on repartirait complètement à zéro au début de la guerre, en fait, il y a quasiment quatre ans.
03:06La paix n'est pas encore proche. Merci beaucoup, François Clémenceau.
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