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00:25Comment s'était formée cette rue flottante ?
00:29Quel marin, avec l'aide de quels architectes, l'avait construite dans le Haut-Atlantique, à la surface de la
00:35mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres ?
00:40Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elle prenait une teinte grise de France,
00:46ses toiles d'ardoises, de tuiles, ses humbles boutiques immuables, et ce clocher très ajouré,
00:52et ceux-ci qui ne contenaient que de l'eau marine et voulaient sans doute être un jardin clos de
00:57murs garnis de tessons de bouteilles,
00:59par-dessus lesquels sautait parfois un poisson.
01:05Comment cela tenait-il debout sans même être balotté par les vagues ?
01:32Et cet enfant de douze ans, si seul, qui passait en sabot d'un pas sûr dans la rue liquide,
01:36comme si elle marchait sur la terre ferme, comment se faisait-il ?
01:41Nous dirons les choses au fur et à mesure que nous les verrons et que nous les saurons.
01:47Et ce qui doit rester obscur le sera malgré nous.
02:02À l'approche d'un navire, avant même qu'il fût perceptible à l'horizon,
02:06l'enfant était pris d'un grand sommeil, et le village disparaissait complètement sous les flots.
02:12Et c'est ainsi que nul marin, même au bout d'une longue vue,
02:15n'avait jamais aperçu le village, ni même soupçonné son existence.
02:34L'enfant se croyait la seule petite fille au monde.
02:38Savait-elle seulement qu'elle était une petite fille.
02:42Elle n'était pas très jolie à cause de ses dents un peu écartées,
02:46de son nez un peu trop retroussé, mais elle avait la peau très blanche,
02:50avec quelques taches de douceur, je veux dire de rousseur.
02:54Et sa petite personne, commandée par des yeux gris,
02:59modestes mais très lumineux,
03:01vous faisait passer dans le corps, jusqu'à l'âme,
03:04une grande surprise qui arrivait du fond des temps.
03:11Dans la rue, la seule rue de cette petite ville,
03:14l'enfant regardait parfois à droite et à gauche,
03:16comme si elle eût attendu de quelqu'un un léger salut de la main ou de la tête,
03:20un signe amical.
03:23Simple impression qu'elle donnait,
03:25sans le savoir, puisque rien ne pouvait venir,
03:28ni personne dans ce village perdu,
03:30et toujours prêt à s'évanouir.
03:43Sous-titrage Société Radio-Canada
04:08De quoi vivait-elle ?
04:11De la pêche, nous ne le pensons pas.
04:13Elle trouvait des aliments dans l'armoire et le garde-manger de la cuisine,
04:17et même de la viande tous les deux ou trois jours.
04:19Il y avait aussi pour elle des pommes de terre,
04:22quelques autres légumes, des œufs de temps en temps.
04:25Les provisions naissaient spontanément dans les armoires,
04:28et quand l'enfant prenait de la confiture dans un pot,
04:30il n'en demeurait pas moins inentamé,
04:33comme si les choses avaient été ainsi un jour,
04:35et qu'elles dussent en rester là éternellement.
04:48Sois-titrage Société Radio-Canada
04:48Maman !
05:37Le matin, une demi-livre de pain frais enveloppée dans du papier
05:41attendait l'enfant sur le comptoir de marbre de la boulangerie
05:44derrière lequel elle n'avait jamais vu personne,
05:46même pas une main ni un doigt.
05:48Poussant le pain vers elle.
05:50Elle était debout de bonne heure, levait le rideau de métal des boutiques.
05:54Ici, on lisait Estaminet et là, Forgeron ou Boulangerie Moderne Mercerie.
05:59Ouvrait les volets de toutes les maisons,
06:01les accrochait avec soin à cause du vent marin
06:04et, suivant le temps, laissait ou non les fenêtres fermer.
06:08Dans quelques cuisines, elle allumait du feu
06:11afin que la fumée s'éleva de trois ou quatre toits.
06:15Une heure avant le coucher du soleil,
06:17elle commençait à fermer les volets avec simplicité
06:20et elle abaissait les rideaux de taux non mudés.
06:29L'enfant s'acquittait de ses tâches,
06:32mue par quelque instinct, par une inspiration quotidienne
06:34qui la forçait à veiller à tout.
06:37Dans la belle saison, elle laissait un tapis à une fenêtre
06:40ou du linge asséché, comme s'il fallait à tout prix
06:43que le village eût l'air habité et le plus ressemblant possible.
06:48Et toute l'année, elle devait prendre soin du drapeau de la mairie,
06:52s'y exposer.
07:13La nuit, elle s'éclairait de bougies,
07:15ou cousait à la lumière de la lampe.
07:17On trouvait aussi l'électricité dans plusieurs maisons de la ville
07:21et l'enfant tournait les commutateurs avec grâce et naturel.
07:29Une fois, elle fit au heurtoir d'une porte
07:32un nœud de crêpe noire.
07:35Elle trouvait que cela faisait bien.
07:37Et cela resta deux jours,
07:39puis elle le cacha.
07:54Une autre fois, la voilà qui se met à battre du tambour,
07:57le tambour du village,
07:58comme pour annoncer quelques nouvelles.
08:00Et elle avait une violente envie de crier quelque chose
08:03qu'on eût entendu d'un bout à l'autre de la mer.
08:05Mais sa gorge se serrait.
08:08Nul son n'en sortait.
08:09Elle fit un effort si tragique
08:11que son visage et son cou en devinrent presque noirs,
08:15comme ceux des noyés.
08:29Sous-titrage Société Radio-Canada
08:47Puis il fallut ranger le tambour à sa place habituelle,
08:50dans le coin gauche,
08:52au fond de la grande salle de la mairie.
08:55L'enfant accédait au clocher par un escalier en colimaçon,
08:59aux marches usées par des milliers de pieds jamais vus.
09:03Le clocher qui devait bien avoir 500 marches,
09:05pensait l'enfant.
09:06Il en avait 92.
09:08Laissez voir le ciel le plus qu'il pouvait
09:10entre ses briques jaunes.
09:12Et il fallait contenter l'horloge à poids
09:14en la remontant à la manivelle
09:15pour qu'elle sonna vraiment les heures,
09:17jour et nuit.
09:31La crypte,
09:33les hôtels,
09:35les saints de pierre donnant des ordres tacites,
09:39toutes ces chaises à peine chuchotantes
09:41qui attendaient bien alignées des êtres de tous les âges,
09:45ces hôtels dont l'or avait vieilli
09:47et désiraient vieillir encore.
09:52Tout cela attirait et éloignait l'enfant
09:56qui n'entrait jamais dans la haute maison,
09:58se contentant d'entrouvrir parfois la porte capitonnée
10:01aux heures de désœuvrement
10:02pour jeter un regard rapide à l'intérieur
10:05en retenant son souffle.
10:07de l'or avec la royaume du ciel.
10:13De la poignée de Dieu,
10:13salut !
10:14De la poignée de Dieu
10:16et Dieu de la mort,
10:18de le ciel et de la terre
10:19sont remplies de la gloire.
10:22Au salut de tous les cieux,
10:26félicite soit ce qu'il leur a
10:28dans le ciel.
10:30Au salut de tous les cieux.
10:49Dans une malle de sa chambre se trouvaient des papiers de famille,
10:53quelques cartes postales de Dakar, Rio de Janeiro, Hong Kong,
10:58signé Charles ou C. Lievance et adressé à Stenward, nord.
11:04L'enfant de la haute mer ignorait ce qu'étaient ces pays lointains,
11:08et ce Charles et ce Stenward.
11:11Elle conservait aussi dans une armoire un album de photographie.
11:15L'une d'elles représentait une enfant qui ressemblait beaucoup à la fillette de l'océan,
11:20et souvent celle-ci la contemplait avec humilité.
11:24C'était toujours l'image qui lui paraissait avoir raison, être dans le vrai.
11:30Elle tenait un cerceau à la main.
11:32L'enfant n'avait cherché un pareil dans toutes les maisons du village,
11:36et un jour elle pensait avoir trouvé.
11:37C'était un cercle de fer d'un tonneau.
11:40Mais à peine eut-elle essayé de courir avec lui dans la rue marine,
11:44que le cerceau gagna le large.
11:47Dans l'autre photographie, la petite fille se montrait avec un homme revêtu d'un costume de matelot,
11:53et une femme osseuse et endimanchée.
11:56L'enfant de la haute mer, qui n'avait jamais vu d'homme ni de femme,
12:00s'était longtemps demandé ce que voulaient ces gens,
12:03et même au plus fort de la nuit,
12:05quand la lucidité vous arrive, parfois tout d'un coup,
12:09avec la violence de la foudre.
12:32Tous les matins, elle allait à l'école communale,
12:35avec un grand cartable,
12:36enfermant des cahiers, une grammaire, une arithmétique,
12:39une histoire de France, une géographie.
12:42Elle avait aussi de Gaston Bonnier,
12:44membre de l'Institut, professeur à la Sorbonne,
12:46et Georges de Laillance, lauréat de l'Académie des sciences,
12:49une petite flore contenant les plantes les plus communes,
12:52ainsi que les plantes utiles et nuisibles,
12:55avec 898 figures.
12:59Elle lisait la préface.
13:01Pendant toute la belle saison,
13:04rien n'est plus aisé que de se procurer en grande quantité
13:08les plantes des champs et des bois.
13:12Et l'histoire, la géographie, les pays, les grands hommes,
13:17les montagnes, les fleuves et les frontières,
13:19comment s'expliquer tout cela,
13:20pour qui n'a que la rue vide d'une petite ville
13:23au plus solitaire de l'océan.
13:26Mais l'océan même, celui qu'elle voyait sur les cartes,
13:30elle ne savait pas se trouver dessus,
13:32bien qu'elle l'eût pensé un jour une seconde,
13:35mais elle avait chassé l'idée comme folle et dangereuse.
13:41Par moments, elle écoutait avec une soumission absolue,
13:46écrivait quelques mots, écoutait encore,
13:48se remettait à écrire comme sous la dictée d'une invisible maîtresse.
13:53Puis, l'enfant ouvrait une grammaire
13:56et restait longuement penchée,
13:58retenant son souffle sur la page 60
14:01et l'exercice 168 qu'elle affectionnait.
14:06La grammaire semblait y prendre la parole
14:09pour s'adresser directement à la fillette de la haute mer.
14:13Êtes-vous, pensez-vous, parlez-vous, voulez-vous,
14:18faut-il s'adresser, se passe-t-il, accuse-t-on,
14:22êtes-vous capable, êtes-vous coupable,
14:25est-il question ?
14:26Tenez-vous ce cadeau ?
14:28Oh, vous plaignez-vous ?
14:29Remplacez les tirets par le pronom interrogatif convenable
14:33avec ou sans préposition.
15:03Parfois, l'enfant éprouvait un peu de la question.
15:04C'est un désir très insistant d'écrire certaines phrases
15:07et elle le faisait avec une grande application.
15:10En voici quelques-unes entre beaucoup d'autres.
15:14Partageons ceci, voulez-vous ?
15:17Écoutez-moi bien, asseyez-vous,
15:19ne bougez pas, je vous en supplie.
15:22Si j'avais seulement un peu de neige,
15:24des hautes montagnes,
15:26la journée passerait plus vite.
15:29Écume, écume autour de moi,
15:31ne finiras-tu pas par devenir quelque chose de dur ?
15:35Pour faire une ronde,
15:37il faut au moins être trois.
15:40C'était deux ombres sans tête
15:42qui s'en allaient sur la route poussiéreuse.
15:45La nuit, le jour, le jour, la nuit,
15:48les nuages et les poissons volants.
15:51J'ai cru entendre un bruit,
15:54mais c'était le bruit de la mer.
15:57Ou bien elle écrivait une lettre
15:59où elle donnait des nouvelles
16:00de sa petite ville et d'elle-même.
16:02Cela ne s'adressait à personne
16:03et elle n'embrassait personne en la terminant
16:05et sur l'enveloppe, il n'y avait pas de nom.
16:10Et la lettre finit.
16:12Elle la jetait à la mer,
16:13non pour s'en débarrasser,
16:15mais parce que cela devait être ainsi.
16:17Et peut-être à la façon des navigateurs en perdition
16:21qui livrent au flot leur dernier message
16:23dans une bouteille désespérée.
16:28Le temps ne passait pas sur la ville sautante.
16:31L'enfant avait toujours douze ans.
16:35Et c'est en vain qu'elle bombait son petit orse
16:38devant l'armoire à glace de sa chambre.
16:40Un jour, l'as de ressemblée
16:42avec ses nattes et son front très dégagé
16:44à la photographie qu'elle gardait dans son album,
16:46elle s'irrita contre elle-même et son portrait
16:48et répandit violemment ses cheveux sur ses épaules,
16:50espérant que son âge en serait bouleversé.
16:53Peut-être même la mer tout autour
16:55en subirait-elle quelques changements
16:57et verrait-elle en sortir
16:58de grandes chèvres à la barbe écumante
17:00qui s'approcherait pour voir.
17:04Mais l'océan demeurait vide
17:06et elle ne recevait d'autres visites
17:08que celles des étoiles filantes.
17:26Un jour,
17:28il y eut comme une distraction du destin,
17:31une fêlure dans sa volonté.
17:44Un vrai petit cargo tout fumant,
17:47têtu comme un bouledogue
17:49et tenant bien la mer,
17:50quoiqu'il fût peu chargé.
17:52Une belle bande rouge éclatait au soleil
17:54sous la ligne de flottaison.
18:05Le cargo passa dans la rue marine du village
18:08sans que les maisons disparussent sous les flots
18:11ni que la fillette fût prise de sommeil.
18:14Il était midi juste.
18:16Le cargo fit entendre sa sirène,
18:18mais cette voix ne se mêla pas
18:20à celle du clocher.
18:21Chacun gardait son indépendance.
18:28L'enfant, percevant pour la première fois
18:30un bruit qui lui venait des hommes,
18:32se précipita à la fenêtre
18:33et cria de toutes ses forces
18:34« Au secours ! »
18:37« Au secours ! »
18:39« Au secours ! »
18:40Et elle lança son tablier d'écolière
18:42dans la direction du navire.
18:44L'homme de bar ne tourna même pas la tête.
18:46« Au secours ! »
18:48« Au secours ! »
18:50Et un matelot qui faisait sortir
18:52de la fumée de sa bouche
18:53passa sur le pont comme si de rien n'était.
18:58Les autres continuèrent de laver leur linge
19:01tandis que de chaque côté de l'étrave
19:03des dauphins s'écartaient
19:05pour céder la place au cargo qui se hâtait.
19:14La fillette descendue très vite dans la rue
19:16se coucha sur les traces du navire
19:18et embrassa si longuement son sillage
19:20que celui-ci n'était plus quand elle se releva
19:22qu'un bout de mer sans mémoire et vierge.
19:31En rentrant à la maison,
19:32l'enfant fut stupéfaite d'avoir crié au secours.
19:35Elle comprit alors seulement le sens profond de ces mots
19:38et ce sens l'effraya.
19:40Les hommes n'entendaient-ils pas sa voix ?
19:42Ou étaient-ils sourds et aveugles, ces marins ?
19:44Ou plus cruels que les profondeurs de la mer ?
19:52Alors, une vague vint la chercher
19:55qui s'était toujours tenue à quelques distances du village
19:59dans une visible réserve.
20:01C'était une vague énorme
20:02et qui se répandait beaucoup plus loin que les autres
20:05de chaque côté d'elle-même.
20:07Dans le haut,
20:08elle portait deux yeux d'écume parfaitement imités.
20:11On eût dit qu'elle comprenait certaines choses
20:13et ne les approuvait pas toutes.
20:15Bien qu'elle se formât et se défie
20:18des centaines de fois par jour,
20:20jamais elle n'oubliait de se munir
20:22à la même place
20:24de ces deux yeux bien constitués.
20:28Parfois, quand quelque chose l'intéressait,
20:30on pouvait la surprendre
20:31qu'il restait près d'une minute
20:32la crête en l'air,
20:34oubliant sa qualité de vague
20:36et qu'il lui fallait se recommencer
20:38toutes les sept secondes.
20:41Il y avait longtemps que cette vague
20:43aurait voulu faire quelque chose pour l'enfant,
20:45mais elle ne savait quoi.
20:47Elle vit s'éloigner le cargo
20:49et compris l'angoisse de celle qui restait.
20:52N'y tenant plus,
20:54elle l'emmena non loin de là,
20:56sans mot dire,
20:57et comme par la main.
20:59Après s'être agenouillée devant elle
21:01à la manière des vagues
21:02et avec le plus grand respect,
21:04elle l'enroula au fond d'elle-même,
21:06la garda un très long moment
21:07en tâchant de la confisquer
21:11avec la collaboration de la mort.
21:14Et la fillette s'empêchait de respirer
21:17pour seconder la vague
21:19dans son grave projet.
21:23N'arrivant pas à ses fins,
21:24elle la lança en l'air
21:25jusqu'à ce que l'enfant
21:26ne fût pas plus grosse
21:27qu'une hirondelle marine.
21:28Elle la prit et la reprit comme une balle
21:30et elle retombait parmi les flocons
21:31aussi gros que les œufs d'autruches.
21:34Enfin, voyant que rien n'y faisait,
21:37qu'elle ne parviendrait pas
21:38à lui donner la mort,
21:40la vague ramena l'enfant chez elle
21:42dans un immense murmure
21:44de larmes et d'excuses.
21:51Et la fillette,
21:52qui n'avait pas une égratignure,
21:54dut recommencer d'ouvrir
21:55et de fermer les volets
21:57sans espoir
21:58et de disparaître momentanément
22:00dans la mer
22:01dès que le mât d'un navire
22:03pointait à l'horizon.
22:28Sous-titrage Société Radio-Canada
22:49Marins qui rêvaient en haute mer
22:51les coudes appuyés sur la lice,
22:53craignaient de penser longtemps
22:55dans le noir de la nuit
22:56à un visage aimé.
22:57Vous risqueriez de donner naissance
22:59dans des lieux essentiellement désertiques
23:01à un être doué
23:03de toute la sensibilité humaine
23:05et qui ne peut pas vivre
23:07ni mourir ni aimer
23:08et souffre pourtant
23:09comme s'il vivait, aimait
23:11et se trouvait toujours
23:13sur le point de mourir.
23:14Un être infiniment déshérité
23:16dans les solitudes aquatiques
23:18comme cet enfant de l'océan.
23:20Né un jour du cerveau
23:22de Charles Lievance
23:23de Stenward,
23:25matelot de pont
23:26du Quatre-Mâts-le-Hardy
23:27qui avait perdu sa fille
23:29âgée de douze ans
23:30pendant un de ses voyages
23:31et une nuit
23:33par cinquante-cinq degrés
23:34de latitude nord
23:35et trente-cinq
23:36de longitude ouest
23:37pensa longuement à elle
23:39avec une force terrible
23:41pour le grand malheur
23:43de cet enfant.
23:57Sous-titrage Société Radio-Canada
24:41de Stenward
24:44de Stenward
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