- il y a 2 mois
Le général Loïc Mizon, gouverneur militaire de Paris, est l'invité de BFM2. Il s'exprime sur le défilé XXL du 14-juillet au micro de Lucas Brousse.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonjour Loïc Mizan. Bonjour Lucas. Merci beaucoup d'être avec nous sur BFM2. Vous êtes le gouverneur militaire de Paris.
00:07C'est vous qui chapeautez le célèbre défilé du 14 juillet 2026, un défilé percuté cette année par la canicule.
00:14Alors on ne sait pas si cette canicule va se poursuivre jusqu'au 14 juillet, mais dans ce cas-là,
00:21que prévoyez-vous ?
00:22Le défilé du canicule... Merci d'abord de votre invitation, je suis très heureux d'être sur votre antenne.
00:28Le défilé du 14 juillet, c'est un peu comme une opération militaire.
00:32Une opération militaire, elle se prépare, elle s'organise, elle se planifie de manière assez précise.
00:39Et d'ailleurs, on pourra peut-être en reparler.
00:42Dans ce cadre-là, on prépare ce qu'on appelle des plans de contingence, c'est-à-dire qu'on
00:48met en œuvre des scénarios,
00:50on dit, what if, s'il se passait ça, que devrions-nous faire ? Je vous donne un exemple.
00:55Il pleut à Torrent le 14 juillet.
00:58Ce qui est déjà arrivé dans le passé.
00:59Ce qui est déjà arrivé. Est-ce qu'on maintient le défilé aérien ou pas ?
01:02Oui, pour les avions. Oui, pour les hélicoptères. Non, pour les avions. Non, pour les hélicoptères.
01:07La canicule, c'est exactement pareil.
01:10Et donc, nous avons... Nous sommes en train de travailler sur augmentation du nombre de litres d'eau
01:17pour les militaires, adaptation des horaires de répétition.
01:22Vous savez que nos soldats s'entraînent, se préparent.
01:25Et donc, on va probablement les faire s'entraîner aux heures les moins chaudes de la journée.
01:30Donc, voilà le genre de choses que nous sommes capables de faire dans une opération militaire
01:34et que nous faisons au 14 juillet.
01:35Donc, pas d'annulation ou de report comme on a pu l'entendre.
01:39Alors, le 14 juillet, c'est la fête nationale et elle a lieu le 14 juillet.
01:44C'est bien dit.
01:45Cette année, en 2026, donc, c'est un défilé militaire placé sous la thématique du réveil stratégique de l'Europe.
01:53Doit-on s'attendre à un défilé historique ?
01:56Alors, je pense que chaque année, le défilé est un peu historique
01:59parce que chaque année, nous cherchons à montrer à nos concitoyens
02:03quel est l'état de l'art, comme on dit, entre guillemets,
02:06de l'état des forces armées françaises.
02:08Et donc, c'est important d'avoir en compte, à l'esprit,
02:13que le défilé militaire, il s'inscrit bien pleinement dans l'instant où il se passe.
02:18Et donc, nous avons souhaité, cette année, mettre en valeur trois points majeurs.
02:22Le premier point majeur, c'est la crédibilité opérationnelle de l'armée française.
02:27Si vous comparez sur YouTube, par exemple, des images du défilé d'il y a dix ans et celui d
02:34'aujourd'hui,
02:35vous verrez que l'armée française a profondément changé.
02:39Alors, c'est de montrer comment la France a investi dans l'armée, c'est ça ?
02:41Exactement.
02:42Le président de la République a souhaité faire un effort en matière de dépenses militaires.
02:50Il a demandé à nos concitoyens de l'effort.
02:51Et donc, nous voulons montrer que l'armée, telle qu'elle est en 2026,
02:56elle est déterminée, elle est apte à répondre aux missions du président.
03:00Et elle a surtout un visage profondément renouvelé.
03:03Crédibilité opérationnelle.
03:04Le deuxième axe, c'est le partenariat stratégique.
03:08Nous aurons, le président de la République a invité une quarantaine de pays.
03:12Il y en a, à l'heure où je vous parle, plus d'une trentaine qui ont répondu positivement.
03:16Et donc, nous aurons, mais là aussi, comme ça s'est fait de nombreuses fois dans le passé,
03:22j'ai en tête le 80e anniversaire de la victoire de 1944.
03:27J'ai en tête le 100e anniversaire de la victoire de la Première Guerre mondiale.
03:33J'ai en tête le fait que nous avons des élèves officiers étrangers dans nos écoles de formation.
03:37Donc, nous avons des beaucoup, beaucoup de pays alliés qui vont défiler à nos côtés.
03:43Et c'est une grande fierté pour nous.
03:44Et enfin, le dernier acte, c'est montrer à quel point ce lien entre les Français et leur armée est
03:52fort.
03:52C'est la mise en avant de la cohésion nationale.
03:54Et cela, nous allons le montrer grâce au défilé de deux blocs de réservistes
03:59qui vont défiler en étant réservistes, militaires, à temps choisis.
04:04Vous parliez de la présence d'une quarantaine de dirigeants de pays.
04:09On sait qu'il s'agit des pays de la coalition des volontaires.
04:13Et ce n'est pas rien en ces derniers temps.
04:16On sait que cette année, c'est le dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que président.
04:21Il a voulu donc pour cela un défilé XXL.
04:24C'est pour impressionner qui ?
04:27– Alors, je ne crois pas qu'il s'agit d'impressionner qui que ce soit.
04:31Il s'agit de montrer à nos concitoyens qu'ils peuvent compter sur leur armée.
04:35Que l'armée de 2026 n'est pas la même que l'armée de 2020, que l'armée de 1990.
04:41Et qu'aujourd'hui, compte tenu d'un contexte géopolitique
04:47dont on voit bien que le droit international recule,
04:52que le recours à la force est érigé en quasi premier principe d'action.
04:57Nous souhaitons, par ce défilé, montrer qu'une autre voie est possible,
05:02celle d'une France, puissance d'équilibre, puissance stabilisatrice
05:07et agrégatrice de coalition.
05:09– Alors, ces derniers jours, on a également entendu de nombreuses rumeurs.
05:12Certains annoncent 10 000 soldats ukrainiens sur les Champs-Elysées.
05:16On a aussi le défilé aérien qui s'ouvrira avec deux avions ukrainiens.
05:20On vous a vu sur les réseaux sociaux démentir ces informations.
05:24Comment on explique ces fausses informations ?
05:26– Alors non, il n'y aura pas d'avions ukrainiens qui se voleront.
05:29Il y a deux Mirages qui seront pilotés par des camarades pilotes français
05:34et qui ont comme copilotes des élèves officiers ukrainiens en formation.
05:39Je rappelle que le président de la République, il y a deux ou trois ans,
05:42avait annoncé que nous allions former des pilotes ukrainiens.
05:45Et donc, c'est pour eux un peu la fin de leur formation.
05:48Évidemment que non, il n'y aura pas 10 000 soldats ukrainiens.
05:51Il y aura évidemment des milliers de soldats français,
05:56de l'armée française, de l'armée de terre, de la marine,
05:59de l'armée de l'air et de l'espace,
06:01mais aussi nos camarades des forces de sécurité intérieure.
06:04Je rappelle que le continuum de sécurité et de défense,
06:07c'est-à-dire le lien entre l'action extérieure de la France
06:10et la sécurité des Français sur le sol national est important.
06:13Et donc, nos camarades de la police, de la gendarmerie,
06:17des pompiers, de la douane, des agents pénicentiaires
06:20seront, comme chaque année, présents à nos côtés.
06:23Donc, comment je l'explique ?
06:25Je l'explique, je pense, par le caractère aujourd'hui
06:29très violent de la compétition internationale,
06:32où aujourd'hui, c'est le Premier ministre actuel
06:36qui l'avait dit en ouverture d'un forum stratégique.
06:39Il avait dit, nous ne sommes pas en guerre,
06:42mais nous ne sommes plus réellement en paix,
06:44et nous sommes entre les deux.
06:46Et donc, il ne faut avoir ni fébrilité, ni insouciance.
06:49Et donc, c'est exactement ça.
06:51Aucune insouciance, aucune fébrilité.
06:53Je le disais, donc, le dernier d'Emmanuel Macron cette année.
06:56Que s'est-il dit entre vous ?
06:58On sait donc que c'est vous qui l'organisez à ce défilé militaire.
07:02C'est le cas, pareil, à Marseille, par exemple, la deuxième ville de France.
07:05Comment ça se passe entre un gouverneur militaire et un président de la République ?
07:10Alors, d'abord, je vous annonce un scoop.
07:13Il y aura, en 2027, un défilé du 14 juillet devant un président de la République.
07:20Donc, il y a une forme de permanence de l'État.
07:23Et les armées sont là pour présenter au chef de l'État,
07:27chef des armées, le défilé à l'instant T.
07:30Donc, c'est important de retenir ça.
07:33Donc, dès le 15 juillet 2026, nous allons préparer le défilé du 14 juillet 2027.
07:38Ceci étant dit, la préparation du défilé du 14 juillet est un processus qui est itératif,
07:45qui est assez long, puisque le défilé que nous allons présenter aux Français
07:48dans quelques jours maintenant a commencé à être préparé dès le 15 juillet l'année dernière.
07:53C'est-à-dire, dès le 15 juillet, on fait le point, on fait un premier bilan,
07:57ce qu'on appelle un retour d'expérience à chaud, un rétexte à chaud.
08:00On dit, voilà, qu'est-ce qui a bien marché ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
08:04Qu'est-ce qu'on aurait dû faire de mieux ?
08:05Et on liste un certain nombre de tâches.
08:07Ensuite, on met en place des groupes de travail.
08:10Et régulièrement, je vais vers le chef d'État-major des armées, le général Mendon,
08:15et je lui dis, voilà où nous en sommes.
08:17Lui, il me donne ses orientations.
08:19Ensuite, il y a une validation auprès de la ministre des armées, Mme Vautrin,
08:23et à la fin, le chef d'État-major particulier du Président de la République
08:26présente la copie au Président de la République,
08:28qui la valide ou pas, qui l'amende ou pas.
08:30Et donc, vous voyez, c'est un processus qui est tout à fait itératif,
08:34au sens où il se nourrit toute l'année des réflexions, des apports et du travail
08:38de l'ensemble des échelons,
08:40tout ça étant évidemment, à la fin, validé par le chef de l'État.
08:43Et donc, cette année, on vous a dit de mettre l'accent spécifiquement pour son dernier...
08:47Ce que je vous ai dit, crédibilité opérationnelle,
08:50partenariat stratégique et cohésion nationale.
08:52On sait que le défilé à Paris est très coûteux.
08:55Celui de 2026 va-t-il être plus cher que les défilés précédents ?
08:59Alors, je ne crois pas, parce que...
09:02Alors oui, un peu plus cher, parce qu'il y a des engins en plus, etc.
09:06Mais je crois que, compte tenu du fait que défilé sur les Champs-Elysées,
09:13sont vraiment une mise en œuvre concrète de ce qu'est une opération militaire.
09:19Et donc, pour nous, c'est de l'entraînement, en fait, d'une certaine manière.
09:23Donc, ce n'est pas de l'argent jeté par les fenêtres,
09:25c'est vraiment de l'entraînement.
09:27Parce que, je peux vous dire que,
09:30faire en sorte qu'à la seconde près, à la minute près,
09:33on ait des gens qui marchent à pied assez lentement, un peu plus vite,
09:38des chevaux, des motos, des véhicules, des hélicoptères et des avions,
09:43tout ça, exactement au moment où on a souhaité le faire,
09:46eh bien, je peux vous dire que c'est une planification,
09:49c'est vraiment quelque chose de très minutieux, de très rigoureux,
09:52et donc, ça nous permet, d'une certaine manière, de nous entraîner.
09:55Et je pense aussi à nos camarades, notamment de la circulation,
09:59de ceux qui organisent les déplacements du lieu de stationnement
10:02jusqu'aux Champs-Elysées,
10:04où, là, ils font exactement le même métier
10:06que s'ils étaient dans une opération militaire
10:09de déploiement d'une division française,
10:11à qui ils devraient, frères, franchir des villes,
10:13franchir des autoroutes, franchir des ponts.
10:16Et donc, nous sommes vraiment, en fait, au cœur d'un entraînement.
10:19Mais cet entraînement, on est évidemment très enthousiastes de le faire,
10:22parce que c'est le jour de la fête nationale,
10:24et tous les militaires qui sont là sont évidemment très enthousiastes
10:27à se montrer sous leur meilleur jour à leurs concitoyens.
10:30Et à vous entendre, ce défilé s'annonce bien.
10:32Oui, je le souhaite.
10:34En tout cas, à l'heure où je vous parle,
10:36il n'y a rien qui me ferait dire qu'il ne s'annonce pas bien.
10:41Oui, mais un mot avant de se quitter sur cet ordre mondial,
10:46vous le disiez, bouleversé, bafoué par certaines personnalités politiques.
10:51On a Vladimir Poutine aux portes de l'Europe,
10:54Donald Trump avec cette guerre au Moyen-Orient.
10:57Vous, comment vous observez tout cela ?
10:59Alors, je ne mettrais pas sur le même plan le chef de l'État,
11:04d'une nation avec laquelle nous sommes alliés depuis 250 ans maintenant,
11:10et nous fêtons cette année les 250 ans de l'indépendance américaine.
11:14Avec la PAF.
11:14J'ai servi plusieurs années aux États-Unis,
11:17et donc il est évidemment impossible pour moi de mettre sur le même plan
11:22le président des États-Unis, leader du monde libre,
11:26et l'actuel chef de l'État russe qui a attaqué l'Ukraine
11:30et qui a remis la guerre au cœur de l'Europe.
11:35Ceci étant dit, je pense que la position de la France,
11:39la position des alliés de la France, la position de l'Union européenne,
11:43la position de l'organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'OTAN,
11:46qui est une position qui souhaite remettre le droit international,
11:51remettre les principes de négociation au cœur du système international,
11:56mais cela appuyer sur une force importante,
12:01selon la citation du président de la République le 13 juillet dernier,
12:04pour être libre, il faut être fort, et pour être fort, il faut être craint.
12:10Et donc c'est exactement ça que nous souhaitons montrer à nos camarades.
12:13Merci beaucoup Loïc Mison d'avoir été avec nous.
12:16Voilà, ce défilé du 14 juillet à Paris, on l'attend avec beaucoup d'impatience,
12:20et on sait qu'il y aura un accent aussi mis sur la Marine nationale,
12:24un hommage à la Marine nationale.
12:25Absolument, nous fêtons les 400 ans de la Marine nationale,
12:28et donc le dernier tableau sera, il y aura une belle évocation
12:32avec le baguette de l'Anne-Bioué, la musique de la Marine nationale,
12:36pour mettre en valeur nos camarades marins de la Marine nationale.
12:42La Marine nationale présente à Toulon, notamment,
12:45avec le Charles de Gaulle et les marins pompiers également.
12:48Exactement, qui défileront aussi.
12:50Qui seront présents à Paris.
12:51Dans le cadre des 400 ans de la Marine.
12:53Cette année, les marins pompiers de Marseille défileront.
12:56Qui interviennent dans la cité faussienne pour secourir les habitants.
12:59C'est une spécificité, tout comme Paris d'ailleurs.
13:02Exactement, il y a deux corps de pompiers militaires,
13:04à Paris pour l'armée de terre, et à Marseille pour la Marine nationale.
13:08Merci beaucoup Loïc Mizan, je rappelle que vous êtes le gouverneur militaire de Paris.
13:12Merci d'avoir accepté notre invitation.
13:14A bientôt, l'actualité se poursuit dans un instant sur BFM2.
Commentaires