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  • il y a 2 jours
Il pratique la boxe française. D'où, peut-être, son style de puncheur en politique qui vaut à Romain Eskenazi d'être porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée.

Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
Clément Méric, dans un entretien en tête à tête de 13 minutes, interroge un parlementaire sur les personnalités, les évènements - historiques ou personnels - qui l'ont conduit à choisir la vie publique.
Car on ne naît pas politique, on le devient !

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Transcription
00:00Mon invité pratique la boxe française, d'où peut-être son style de puncher en politique qui lui vaut d
00:06'être porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée.
00:22Bonjour Romain Eskenazi.
00:23Bonjour.
00:23Alors les députés ont une vie en dehors de la politique, ils ont même des passions, heureusement pour eux.
00:29En ce qui vous concerne, on a pu en avoir un aperçu, c'était au campus du Parti Socialiste l
00:33'été dernier, à Blois.
00:49Alors c'était lors de la soirée de clôture du campus socialiste, soirée baptisée Léon Boum.
00:54Tout à fait.
00:55J'aime bien le titre.
00:56Et alors le DJ derrière les platines, c'était vous.
00:58C'était moi, pour la première heure seulement, ma mission c'était de remplir la piste, je pense que j
01:02'ai plutôt bien réussi ma mission, puis j'ai laissé les platines aux professionnels.
01:05C'était mon job étudiant en fait, de 16 à 21, 22 ans.
01:08J'ai fait régulièrement des soirs étudiants, des anniversaires, des mariages.
01:11Ça faisait très longtemps que je n'avais pas mixé, ils m'ont fait ce cadeau de me laisser les
01:14platines, c'était très sympa.
01:15Est-ce que vous avez réussi à amener Olivier Faure, François Hollande sur la piste ce soir-là ?
01:18Alors Hollande n'était pas là, mais oui, Faure, Vallaud, j'ai réussi à faire danser les socialistes ensemble.
01:22Par exemple, les trois Théo, vous vous rendez compte, les trois Théo étaient réunis sur la piste.
01:25Alors Théo, peut-être pour les...
01:26Texte d'orientation, c'est les courants internes du Parti Socialiste.
01:29D'accord. Et vous avez un nom de scène en tant que DJ ?
01:31Alors c'était DJ Esken, comme je m'appelle Eskenazi, c'était ça, ouais.
01:34D'accord. La musique, elle a tenu une place importante dans votre vie. D'abord parce qu'en plus de
01:40mixer, vous jouez de la batterie.
01:41Oui, tout à fait.
01:42J'ai découvert ça. Et puis parce qu'en parallèle de votre engagement politique à Montmorency, pardon, vous avez monté
01:47un café-concert.
01:49C'était une autre façon pour vous de s'engager dans votre ville, ce café-concert ?
01:53C'était ma première expérience professionnelle. Moi, je suis fils d'entrepreneur et du coup, j'avais un petit peu
01:59cette fibre de création d'entreprise.
02:01Après ma licence de sciences politiques à la fac de Saint-Denis, j'ai été élu adjoint au maire très
02:04jeune, à 21 ans.
02:05Et je suis tout de suite allé voir ma banque en disant, bon, je vais gagner 1 000 euros par
02:08mois pendant 6 ans, je veux tout de suite un tiers.
02:10Donc ils m'ont donné 20 000 euros tout de suite. Et donc un emprunt sur 6 ans.
02:13Et j'ai pu investir du coup dans une ancienne concession automobile, réunir des associés, des actionnaires.
02:18Et on a mis 2 ans à transformer ce garage en café-concert. On est resté ouvert 2 ans.
02:23Ça marchait très bien, on a eu pas mal de problèmes avec le bâtiment, donc j'ai dû arrêter l
02:26'activité.
02:26Le problème de mise aux normes qui était à vos frais ?
02:29Exactement.
02:29J'avais découvert ce que c'est que d'être chef d'entreprise.
02:32Exactement. Là, pour le coup, vraiment, je pensais qu'on mettait un bar et une scène. En 2 semaines, on
02:36aurait pu ouvrir.
02:36Mais ah non, les marches font 17, la norme c'est 16, il faut tout casser, mettre une armes type
02:403, un élévateur, créer des places de parking.
02:43Donc j'ai pu exploiter que la moitié du bâtiment.
02:45Donc c'était une belle expérience, mais ce qui marchait très bien. Il y avait beaucoup de clients, mais malheureusement
02:48on a dû arrêter.
02:49C'est une histoire qui est née en fait au lycée, j'ai découvert, c'est ça ?
02:51Ouais, c'est ça. En fait, on était avec quelques amis, on se disait, il n'y a rien dans
02:54notre ville.
02:55Montmorency, c'est une ville de 22 000 habitants.
02:57Et il n'y avait rien, tous les bars à 20h étaient fermés, il n'y avait rien pour écouter
03:00de la musique live.
03:00Moi, j'ai toujours beaucoup aimé la musique live, j'avais un groupe au lycée, etc.
03:04Et du coup, effectivement, on avait trois concerts par semaine, donc c'était une activité assez importante.
03:08Et c'était vraiment sympa, je ne regrette absolument pas ces années, même si j'ai fini de payer mes
03:13dettes il y a quelques mois.
03:13Vous voyez, alors que j'ai fermé en 2012.
03:15Mais non, non, c'était une catastrophe financière, mais une très belle expérience commerciale, humaine et culturelle.
03:20Alors, la politique, elle est entrée dans votre vie en deux temps.
03:23Le premier marqueur politique, c'est quand vous aviez 16 ans, le 21 avril 2002.
03:27Jean-Marie Le Pen qui se qualifie pour le second tour de la présidentielle.
03:30Qu'est-ce que vous ressentez ce jour-là ?
03:34Moi, je suis issu d'un couple, disons, mixte.
03:37Mon père et ses parents sont arrivés d'Égypte dans les années 50.
03:41Il est juif et ma mère est chrétienne en France depuis très très longtemps.
03:45Et du coup, c'est un peu un mélange.
03:47Et ma mère, du coup, ses enfants, on porte un nom juif.
03:49Et quand elle a vu que quelqu'un condamné pour négationnisme, antisémitisme,
03:53qui avait quelques sympathies pour le régime de Pétain,
03:56allait peut-être arriver comme président de la République, elle était tétanisée.
03:59Elle a eu très peur.
04:00Et du coup, je me suis dit, le jour où moi, je pourrais m'engager pour lutter contre ces idées,
04:05pour lutter contre ce personnage, eh bien, je le ferais.
04:07Effectivement, trois ans plus tard, j'ai pris ma carte au Parti Socialiste.
04:10C'était ma première manif à 16 ans.
04:11Du coup, vous vous rappelez des manifs entre les deux tours de la présidentielle en 2002.
04:15Et alors, le deuxième moment qui a été déterminant dans votre engagement politique remonte à vos années de fac.
04:20Vous étiez en master de sciences politiques.
04:22Alors, vous découvrez ce discours qui a été prononcé à la tribune de l'Assemblée le 17 septembre 1981.
04:28Monsieur le Président, mesdames, messieurs les députés,
04:36j'ai l'honneur, au nom du gouvernement de la République,
04:41de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France.
04:48Alors, c'est assez fréquent chez les hommes et les femmes politiques de citer Robert Badinter en référence.
04:53Mais, quand même, ce n'est pas votre génération.
04:54En général, c'est plutôt la génération d'avant qui fait référence à Badinter.
04:59Pourquoi lui, vous, à ce moment-là ?
05:02Je suis en licence 2, plus précisément.
05:04J'ai 19 ans et j'ai à étudier ce discours dans le cadre de mes études.
05:07Et je l'ai trouvé absolument brillant.
05:09Quand j'étais jeune, j'avais plutôt tendance à penser que la gauche, c'était plutôt le cœur, les valeurs.
05:13Et la droite, c'était le raisonnement, la rationalité.
05:16Et j'ai trouvé que, finalement, ce discours mêlait les deux.
05:18C'est qu'à la fois, il y avait la puissance des valeurs humanistes
05:21et, en même temps, la force d'un raisonnement rationnel absolument implacable.
05:24Et je me suis dit, c'est à la fois l'intelligence et les valeurs.
05:27Il faut que j'ai ma carte dans le même parti politique que ce monsieur.
05:29Et donc, c'est ce qui vous a convaincu de vous engager au Parti Socialiste.
05:33Et cet engagement, il s'est traduit très concrètement dans votre ville de Montmorency,
05:38puisqu'à 21 ans, vous êtes devenu adjoint au maire en charge de la jeunesse, je crois.
05:42Et de la vie des quartiers, c'est-à-dire à la fois la création et l'animation de conseils
05:46de quartier.
05:47Il y a trois quartiers à Montmorency, donc on a créé trois conseils de quartier.
05:49Et la politique jeunesse pour essayer, notamment, d'avoir un peu plus de coordination
05:53entre tous les acteurs qui agissent localement sur la jeunesse, la ville, le département, les associations.
05:57On vous voit, à l'époque, adjoint au maire, très jeune adjoint.
05:59Comment on gère de telles responsabilités à 21 ans ?
06:02Eh bien, effectivement, j'ai été très jeune.
06:06Le vendredi soir, mes copains m'appelaient à 22 ans.
06:09« Allez, viens, tu me retrouves dans un bar. »
06:11Je dis « Ben non, là, je suis en train de décider où le spectacle des 12-14 ans
06:14va se faire à la Caisse des écoles de Montmorency. »
06:16Donc, je suis en réunion le vendredi jusqu'à 23 heures.
06:18Donc, c'est vrai que très tôt, j'ai été le soir et le week-end mobilisé par cet engagement,
06:22en plus de mon activité de café-concert.
06:24Donc, c'est vrai que j'ai eu un emploi du temps très dense, très jeune.
06:27Alors, la suite de votre parcours politique a été un peu plus compliquée, on va dire,
06:31parce que vous avez enchaîné les défaites électorales,
06:32aux départementales, aux régionales, aux municipales et même aux législatives,
06:36d'abord comme suppléant en 2017, puis comme candidat en 2022.
06:40Alors là, ça s'est joué à pas grand-chose, 200 voix d'écart, je crois.
06:43En 2022 ?
06:43En 2022.
06:44Oui, 200 voix sur 26 000, oui, tout à fait.
06:46Il n'y a pas un moment où vous vous êtes dit « la politique, c'est peut-être pas
06:49fait pour moi,
06:49à force d'enchaîner ces revers électoraux ? »
06:52Non, en fait, sur cette circonscription-là, la ville est très difficile,
06:55le canton est ingagnable, mais voilà, je me disais que aussi le fait d'occuper le terrain,
07:01de montrer de gagner en crédibilité, de connaître de plus en plus de personnes à chaque campagne,
07:05vous savez, je retenais ce dicton de Nelson Mandela,
07:08« je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends »,
07:10et très concrètement, à chaque défaite électorale, j'ai progressé,
07:13j'ai rencontré plus de monde, je me suis amélioré dans mes prises de parole,
07:15mes documents de campagne, jusqu'à effectivement cette victoire de 2024,
07:19mais c'était à 39 ans, la huitième fois que j'avais mon nom sur un bulletin de vote.
07:23– Donc vous êtes élu après la dissolution de 2024,
07:26et alors là, vous découvrez l'avis de député,
07:29dans une émission radio, vous avez expliqué,
07:31« je suis payé 2,31 euros de l'heure, je rentre chez moi,
07:34il est à peu près minuit tous les soirs de la semaine,
07:36mon fils a pris ma carte de visite avec la photo,
07:39en me disant, je la garde parce que comme ça, ça me rappelle la tête de papa ».
07:44Alors, d'abord, 2,31 euros de l'heure, avec mes collègues,
07:46on a cherché à comprendre comment vous avez pu arriver.
07:48– Non, je pense que j'ai fait une erreur de calcul.
07:50– Les calculs ne sont pas bons, Romain Eskenazy, parce que…
07:52– Je pense que j'ai fait une erreur de calcul.
07:54En fait, je ne sais plus sur quelle base je me suis basé pour calculer ça,
07:57mais en tout cas, on n'est pas beaucoup au-dessus du SMIC, ça c'est sûr,
08:00mais on n'est pas à 2,31 euros.
08:01– 2,31 euros, ça fait 85 heures de travail par jour,
08:047 jours sur 7 pour un député qui gagne 5953 euros par mois.
08:08– Je me souviens que je ne vais pas être très réveillé sur Sud Radio, c'est une matinale.
08:11Donc non, non, je me souviens que le calcul est très mauvais, je m'en excuse.
08:14– Mais qu'est-ce que vous vouliez dire à travers ça ?
08:16– Non, ce que je veux dire, c'est qu'il y a une réelle défiance des citoyens
08:20vis-à-vis des politiques, en particulier vis-à-vis des élus nationaux.
08:23Les gens, généralement, aiment leur maire, c'est un élu de proximité,
08:25à portée de claque, comme on dit, et qui fait des choses extrêmement concrètes.
08:29Nous, on est arrivés, il n'y avait pas de cinéma, on est reparti, il y avait un cinéma.
08:31On est arrivés, il y avait le même tarif pour tout le monde à l'école de musique,
08:34on a mis des tarifs différenciés en fonction des revenus.
08:36On a pu voir des gamines du quartier populaire d'à côté qui s'inscrivent au violon.
08:39Donc on arrive vraiment concrètement à changer la vie des gens.
08:42Les élus nationaux, ils semblent beaucoup plus éloignés.
08:44C'est à nous de refaire un pas vers les citoyens, vers les habitants,
08:47en rendant des comptes, en travaillant pour eux,
08:49en votant des lois qui améliorent leur vie du quotidien.
08:52Mais il faut aussi désacraliser un certain nombre de choses.
08:54On imagine les députés totalement déconnectés,
08:56qui gagnent 15 000 euros par mois avec voiture, avec chauffeur.
08:59Ce n'est pas tout à fait la réalité.
09:01On travaille beaucoup.
09:02Mais ça veut dire quoi ?
09:03C'est-à-dire que c'est un gras ?
09:03Ça vous agace comme ça, le regard que les gens peuvent porter sur les députés en général ?
09:08Ça ne m'agace pas, mais il me semble qu'il y a une vertu pédagogique
09:10qui a expliqué la réalité.
09:12Effectivement, souvent quand je décris ma semaine,
09:15en disant que là, il y a un soir où j'ai une séance de nuit,
09:17je rentre chez moi à une heure du matin,
09:18le lendemain, il y a une réunion associative,
09:20le lendemain, il y a un truc en mairie,
09:21et que finalement, j'ai eu un soir par semaine chez moi,
09:23et que sur deux jours de week-end, il y a un jour et demi où je ne suis pas
09:25là.
09:25Voilà, ça me paraît important d'expliquer la réalité de l'engagement
09:29et du sacrifice que représente la défense de l'intérêt général.
09:32C'est un sacrifice qui est dur pour vous au quotidien,
09:34par rapport à votre famille, vos enfants ?
09:37Ouais, en fait, c'est le seul point négatif.
09:39Les insultes sur les réseaux sociaux, je m'y suis fait,
09:41les horaires extrêmement larges aussi,
09:43le fait qu'on travaille beaucoup pour parfois aboutir à pas grand-chose,
09:46quand on travaille trois semaines pour améliorer un budget,
09:48que ça finit en 49-3,
09:49on se demande un petit peu à quoi on sert.
09:51Mais vraiment, le plus dur, c'est ça,
09:53c'est de ne pas pouvoir passer assez de temps avec mes enfants et mes proches.
09:57Alors, parmi tous les combats que vous menez à l'Assemblée,
09:59il y a la lutte contre la concurrence déloyale
10:01des plateformes de commerce en ligne, par exemple Chine.
10:05Et alors, à ce sujet, vous avez présidé une mission d'information
10:07sur les contrôles des produits importés via ces plateformes,
10:10et vous avez convoqué plusieurs fois les dirigeants de Chine,
10:12ils ne sont jamais venus.
10:14Est-ce que ça ne fait pas relativiser un peu le pouvoir des députés ?
10:20– Si, tout à fait.
10:21D'ailleurs, on nous prête souvent beaucoup de pouvoir.
10:23Moi, je suis souvent en train d'expliquer
10:25qu'on est le pouvoir législatif,
10:26qu'on a du contrôle sur rien.
10:28On ne dirige aucun fonctionnaire,
10:29on ne dépense aucun budget.
10:31Le seul pouvoir qu'on a, c'est de voter la loi.
10:33Effectivement, moi, je les ai convoqués pour ma mission,
10:35ils ne sont pas venus,
10:36et on est passé à l'étape au-dessus.
10:38Donc, c'est la présidente de la commission développement durable,
10:40d'où est su ma mission,
10:41qui les ont convoqués.
10:431 500 euros d'amende s'ils ne venaient pas.
10:45Ils ont préféré payer l'amende
10:46que d'être soumis aux questions de 80 députés
10:47sur leurs pratiques commerciales.
10:49– Vous n'êtes pas grand-chose face à eux, finalement.
10:52– Non, mais en tout cas, vraiment,
10:53cette affaire et cette mission d'information
10:55étaient un énorme révélateur pour moi.
10:57J'ai toujours considéré que l'état de droit,
10:58c'était une chance,
10:59c'était un moyen de nous protéger,
11:00de protéger les entreprises, les consommateurs.
11:02Aujourd'hui, je réalise que l'état de droit,
11:03c'est une vraie opportunité de business
11:06pour ces plateformes,
11:06Chine, Témuel et Express,
11:08pour déverser par millions,
11:0912 millions par jour en Europe,
11:10des produits qu'on n'aurait ni le droit de vendre,
11:12ni le droit de fabriquer en France,
11:13parce qu'ils sont dangereux
11:14et qu'ils respectent à peu près aucune
11:15de nos normes techniques, environnementales.
11:18– Il n'y a pas des leçons à en tirer, quand même,
11:20de ce qui est, pour vous, un peu un échec ?
11:21– Si, si, si.
11:23La leçon, c'est qu'en tout cas,
11:24s'agissant des droits de douane,
11:25c'est une compétence exclusive de l'Union européenne,
11:27c'est que finalement, effectivement,
11:28l'état français a peu de pouvoir.
11:30Vous savez que le gouvernement a fait deux procès à Chine
11:32parce qu'il a vendu des poupées pédopornographiques
11:34et des armes.
11:34L'état et le gouvernement a perdu ces deux procès
11:36contre cette entreprise étrangère.
11:38Ça prouve bien qu'il y a des choses à changer dans la loi
11:40pour adapter notre loi à ces pratiques commerciales.
11:42– On va parler juste, en quelques mots,
11:44de votre façon de faire de la politique.
11:45Vous dites que vous aimez débattre,
11:47en particulier, avec des adversaires qui sont bons.
11:50Il n'y a pas un côté un peu maso ?
11:52– Non, pas du tout.
11:53Moi, j'ai fait pas mal de sports individuels,
11:55la boxe française, le tennis.
11:56Et très franchement, plus votre adversaire est bon,
11:58plus vous êtes bon.
11:58Quand vous avez des adversaires qui ne savent pas faire les coups,
12:01qui sont maladroits,
12:02vous l'êtes finalement vous aussi un petit peu,
12:03c'est un peu perturbant.
12:04Quand vous avez quelqu'un en face de vous qui est vraiment bon,
12:07eh bien, ça vous pousse à être meilleur.
12:08Et moi, j'aime la confrontation du moment qu'elle est dans le respect.
12:11J'ai jamais fait d'attaque personnelle, individuelle,
12:14auprès de mes concurrents, adversaires.
12:16Vous savez, en boxe française, on se salue,
12:17et ensuite, on frappe.
12:18Mais on peut frapper très fort, jamais dans le dos,
12:20jamais sous la ceinture, mais on frappe très fort.
12:22Une fois que c'est fini, on se salue à nouveau.
12:24Et effectivement, c'est une confrontation d'idées,
12:25un débat que je trouve intéressant.
12:27Il n'y a rien de plus ennuyeux que de débattre
12:28avec quelqu'un qui est d'accord avec vous, surtout.
12:30– Allez, on va conclure l'émission avec notre quiz
12:32de la politique et moi.
12:33Vous allez donc devoir compléter les phrases
12:35que je vais vous proposer.
12:36– Très bien.
12:36– La cigarette et moi ?
12:37– J'ai réussi à arrêter.
12:39Le jour de mes 40 ans, il y a un mois,
12:40je suis passé à la vapette et pour l'instant, ça tient.
12:42– Un bon coup de savate de temps en temps.
12:45Vous en avez parlé, la boxe française.
12:47– Ça fait pas de mal.
12:48Le fait de prendre quelques coups
12:49ou d'en donner quelques-uns,
12:51ça remélise des en place et ça permet de se défouler,
12:53donc c'est très bien.
12:53– Ça fait combien d'années que vous pratiquez ?
12:55– J'en ai fait trois ans au lycée.
12:56Là, j'ai repris depuis une douzaine d'années,
12:57donc je dois avoir 15 ans de pratique.
13:03Enfin, devenir maire de Montmorency un jour.
13:05– C'est pas une ambition absolue
13:07de devenir un jour maire de ma ville.
13:09J'aime beaucoup ma ville, j'y habite toujours,
13:10j'y ai grandi, mes enfants y grandissent,
13:12mais c'est pas une ambition politique particulière.
13:14J'ai l'impression que j'ai donné localement
13:15pour ma ville déjà, sans avoir été maire forcément.
13:17– Merci beaucoup Romain Eskenazi
13:18d'être venu dans La Politique et moi.
13:20– Merci à vous.
13:35– Sous-titrage ST' 501
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