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Originally from YouTube: Au cœur de la Conférence humanitaire de Paris : de l’aéroport de Goma à la diplomatie mondiale
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00:00Bonjour et bienvenue à tous. Merci de nous retrouver encore une fois sur les plateformes du Média IGIE.
00:06Aujourd'hui, nous faisons le point sur les dernières évolutions dans la région des Grands Lacs.
00:10Le 30 octobre dernier, Paris a organisé une conférence humanitaire qui a réuni différents acteurs régionaux.
00:17Au cours de cette émission, nous allons essayer d'analyser en profondeur les différents points soulignés lors de cette rencontre.
00:24Dans les studios aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Tite Gattavazi, journaliste et analyste politique,
00:30qui va essayer de nous faire comprendre clairement ce qui se passe.
00:35Bonjour Tite.
00:36Bonjour Bertrand.
00:38Tite, récemment le 30 octobre dernier, Paris a organisé une conférence humanitaire sur la région des Grands Lacs.
00:47Pouvez-vous nous parler de cette conférence et nous dire qu'est-ce qu'elle vient ajouter aux différents processus
00:52actuels ?
00:53C'est une conférence humanitaire, co-organisée par la France et le Togo.
01:00Le Togo qui a statut de médiateur pour le compte de l'Union africaine.
01:08Et donc, Paris estime qu'il faut un volet humanitaire pour venir en aide aux sinistrés de l'Est de
01:19la République démocratique du Congo,
01:21que Tite Gattavazi continue de bombarder et donc qu'il y a encore des déplacements de la population, sans plus,
01:29sans moins.
01:30Ce n'est pas un processus en plus de Doha ou de Washington.
01:36Non, c'est une conférence humanitaire qui mobilise les pays, les agences des Nations Unies, les organisations non gouvernementales.
01:52On fait des promesses de dons pendant la conférence.
01:59Je crois qu'elle a recueilli un milliard point cinq.
02:03Et donc, ces promesses vont se traduire en argent liquide ou en équivalent.
02:13Les pays peuvent donner du matériel et donc, voilà, c'est un cadre strict humanitaire et pas du tout politique,
02:21diplomatique
02:22ou toute autre forme d'interprétation qu'on puisse lui donner pour dire que ça vient chevaucher ni avec Doha
02:30ni avec Washington.
02:32Tite, au cours de cette conférence, un point a fait beaucoup parler de lui.
02:36– L'ouverture de l'aéroport de Goma, est-ce que vous voyez maintenant où nous parlons si cette initiative
02:45est-elle possible ?
02:46– Le président Macron a évoqué l'ouverture de l'aéroport de Goma pour, dit-il, acheminer l'aide humanitaire.
02:57– Mais l'aéroport de Goma, pour ceux qui ne le savent pas, avant janvier de cette année,
03:07quand l'AFCM 23 s'empare de la ville de Goma, l'aéroport de Goma était devenu un camp militaire.
03:19Où tu avais les FARDC, les militaires de la SADEC, les Burundais, les mercenaires, les OASALENDO, les FDLR.
03:30Et avec du matériel, des équipements militaires ultra sophistiqués.
03:39– Donc, depuis la prise de Goma par l'AFCM 23, fin janvier, l'aéroport est impraticable, pour deux raisons,
03:51rapidement.
03:53– C'est truffé de matériel militaire, dont des mines antipersonnelles.
03:59Vous ne pouvez pas atterrir avec un avion futur militaire sur la piste de Goma.
04:11Avant de quitter l'aéroport, les FARDC ont pris le soin de détruire la tour de contrôle.
04:17Donc, il n'y a personne qui puisse aiguiller le pilote pour qu'il atterrisse à Goma.
04:24Et donc, au jour d'aujourd'hui, il y a besoin préalablement à l'utilisation de l'aéroport
04:32qui est les experts en déménage et qui arrive et qui nettoie cet aéroport.
04:38– Alors, dans ce cas, il y a deux questions.
04:41La première question, vous avez dit que, mais c'est comme ça,
04:44l'aéroport de Goma est entre les mains de l'AFCM 23 depuis fin janvier.
04:49Pourquoi la France parle de cet aéroport aujourd'hui ?
04:52Et pourquoi privilégie-t-elle cet aéroport au détriment d'autres moyens qui peuvent être utilisés ?
05:01– C'est… allez, on ne va pas être méchant avec le président Macron.
05:06Il est à l'initiative parce que la France a une expertise dans l'action humanitaire.
05:15Il y a des grands noms en France.
05:18Quand on parle de Bernard Kouchner, on voit l'action humanitaire.
05:23Bernard Kouchner est à la naissance des médecins sans frontières, des médecins du monde.
05:30Il y a des organisations qui ont l'expertise et qui ont été sur plusieurs champs de bataille.
05:40Je n'en ai cité que deux. Il y en a beaucoup.
05:44Donc, citer l'aéroport de Goma, on peut croire que c'est vraiment pour acheminer l'aide humanitaire.
06:00Mais au-delà de ça, parce que les interprétations à Paris, ça a vraiment occupé beaucoup de gens.
06:10J'ai lu ici et là, chacun y allant de son interprétation.
06:15La première et la plus importante, c'est ce que Kinshasa dit depuis Lwanda, Doha et Washington.
06:29Kinshasa parle de la reprise de l'autorité de l'État sur toute l'étendue du territoire.
06:38Ça veut dire, en peu de mots, que Kinshasa veut que la FCM 23 lui remette les territoires sous son
06:50contrôle, y compris l'aéroport de Goma.
06:53Voilà.
06:56La deuxième explication que j'ai, c'est qu'autour de la table, vous avez 70 délégations.
07:05Il y a le président congolais qui est à côté du président Macron.
07:11Il a avalé quand même beaucoup de coulèvres sur le plan diplomatique.
07:16Il ne faut pas trop le froisser.
07:21Il y a quelques intérêts, il faut le ménager.
07:25Et alors, comme il est omnibulé par sa formule de retour de l'autorité de l'État,
07:35si on demande l'utilisation de l'aéroport, ce sera en accord avec le gouvernement congolais.
07:46Parce que, hein ?
07:48Et donc, ça, c'est pour faire plaisir à Chisekedi, quitte à marcher sur la faisabilité.
07:59Hein ?
08:00La faisabilité n'est pas le problème qui se pose.
08:06Chisekedi avait besoin que le président français du haut de cette tribune puisse déclarer qu'il demande,
08:16et il n'a pas exigé, parce que c'est vraiment une demande,
08:19qui demande la réouverture de l'aéroport pour des besoins humanitaires.
08:23Voilà.
08:23C'est ces deux explications que je trouve, même si la mise en pratique est difficile, si pas impossible,
08:34en l'état actuel des choses, d'après l'explication que je viens de donner.
08:38D'où vient ma prochaine question ?
08:40Est-ce que voyez-vous ces différentes décisions et ces revendications qu'on prend,
08:45en l'absence des véritables maîtres des lieux, parce qu'ils n'étaient pas invités ?
08:51Voyez-vous cela possible ?
08:54Il ne faut pas donner à la conférence humanitaire de Paris le pouvoir qu'elle n'a pas.
09:06Une conférence comme celle-là, il y en a des dizaines et des dizaines aux quatre coins du monde,
09:15une conférence comme celle-là n'a pas le pouvoir de décision.
09:21La seule décision qui puisse être prise là-bas, c'est qu'il y a un membre participant, un pays
09:28ou quoi,
09:29qui dit « Moi, je donne telle somme d'argent pour l'action humanitaire. »
09:37C'est la seule décision qui peut être prise là-bas.
09:43C'est des dons.
09:47La conférence n'a pas, il n'y a pas d'autre, j'ai dit tantôt qu'il ne faut
09:56pas croire qu'on superpose une nouvelle démarche sur Doha.
10:02Non, pas du tout.
10:04Ça n'a rien à voir avec Washington.
10:06C'est le cadre strict humanitaire.
10:11Mais là, si on extrapole, pourquoi aujourd'hui ?
10:17Pourquoi parler de l'aéroport de Goma quand on sait qu'il y a encore des engins militaires là-bas,
10:24un avion peut exploser sur place ?
10:27Pourquoi ne pas inviter les autorités de fait qui administrent maintenant de Bounagana à Bukavu ?
10:40Pourquoi ne pas les inviter ?
10:42Tout ça, c'est des questions qu'on peut se poser et qui ne peuvent pas avoir de réponse claire,
10:54mais en définitive qui peuvent d'ailleurs être secondaires.
10:59Alors automatiquement, si selon vous cette ouverture de l'aéroport n'est pas possible,
11:05comment est-ce que cette aide va être acheminée ?
11:09Si avec la voie aérienne ça se saurait, la voie terrestre est praticable.
11:19Je rappelle quand même qu'après la prise de Goma,
11:25trois chefs d'état-major de la SADEC sont venus saluer,
11:31faire une visite de courtoisie au général Makienga.
11:34On avait vu des images.
11:37Et ils voulaient que les militaires de la SADEC rentrent dans leur pays
11:44en passant par l'aéroport de Goma.
11:46Donc on va convoyer des avions qui vont venir les chercher.
11:50C'était impraticable.
11:51Ils ont constaté que ça n'était pas faisable pour les raisons que je viens d'évoquer.
11:58Depuis fin janvier, personne ne s'est aventuré à venir déminer l'aéroport de Goma.
12:05Quand vous vous promenez aux alentours aujourd'hui, les herbes ont poussé à l'aéroport.
12:10Donc, on ne peut pas.
12:12– Mais alors, Paris préconise l'ouverture de l'aéroport de Goma.
12:18Mais les autorités actuelles dans l'est à Goma, par exemple,
12:23eux préconisent d'autres priorités, par exemple l'ouverture de banques.
12:27Que pouvez-vous dire ?
12:28– Voilà, ça c'est la réouverture de banques.
12:33La libération des Tutsis congolais qu'on a enlevés, mis en prison dans des conditions inimaginables
12:45parce que Tutsi, le respect du cessez-le-feu.
12:55Ça, c'est dans la déclaration de principe de fin juillet de cette année
13:02entre le gouvernement congolais et l'AFCM 23.
13:05Ils ont appelé ça des mesures de reprise de confiance.
13:10– À ce jour-ci, Doha est bloquée.
13:20C'est parce que Kinshasa, une fois l'accord de principe signé,
13:27en intimant l'ordre au parti,
13:31d'observer un cessez-le-feu immédiat,
13:34dans les heures qui ont suivi, Kinshasa a violé le cessez-le-feu.
13:38La délégation de l'AFCM 23 a mis entre les mains de la médiation
13:45la liste de plus de 700 Tutsis congolais
13:51incarcérés à Makala, Ndolo, à la Demiap
13:55et probablement dans des cachots non identifiés.
14:00À ce jour, Kinshasa n'a toujours pas répondu favorablement à ça.
14:06La délégation de l'AFCM 23 a expliqué
14:09que la fermeture des banques pénalisait
14:12le citoyen qui vit à Goma
14:16et qui n'a pas demandé à participer à quoi que ce soit
14:21et qui veut avoir une vie normale.
14:26Kinshasa n'a toujours pas accédé à cette demande.
14:30Et donc, ça n'était pas le lieu à Paris
14:36de parler de réouverture des banques,
14:39de parler de cessez-le-feu.
14:41Non, non.
14:41Ça, c'était interférer avec doigt.
14:44Donc, à Paris, on ne pouvait pas.
14:46La seule chose audible à Paris, c'était cet aéroport
14:53qui, en toute proportion gardée,
14:57servirait de lieu de cheminement de l'aide humanitaire.
15:02Mais les autres questions relèvent des discussions qu'il y a à doigt.
15:08Mais à leur titre, là vient une question.
15:10Mais à quoi joue Kinshasa ?
15:12Parce que nous avons beaucoup de cas
15:14où il semble paraître qu'ils veulent parvenir à un accord.
15:21Ils font des négociations, ils vont dans des conférences,
15:24ils signent.
15:25Mais à la dernière minute, nous voyons autre chose.
15:28Ils signent cessez-le-feu et nous entendons des bombardements.
15:31Oui, oui.
15:32Mais à quoi joue Kinshasa ?
15:35Kinshasa joue à un jeu dangereux comme dirait un éducateur.
15:41Ça n'est pas la première fois.
15:43On a vu les allers-retours, les attermoiements depuis Luanda.
15:50Le dernier sommet du 15 décembre de l'année dernière
15:55a été saboté par le président Tshisekedi lui-même.
16:00Je crois que les deux délégations sous la médiation angolaise
16:05avaient négocié pied à pied.
16:08Jusqu'à tard dans la nuit, à deux heures du matin,
16:12on est censé dormir, mais elles étaient en train de finaliser le document.
16:16Et au dernier moment, la ministre Kaikwamba, pour ne pas la citer,
16:22reçoit l'ordre du président de la République de ne pas signer.
16:27Il dit, désolé, je n'ai plus le droit de signer.
16:32On a assisté à cette régiversation à Doha.
16:41Aujourd'hui, c'est une délégation qui n'a pas de compétence pour parler de ça.
16:46Elle retourne à Kinshasa.
16:48On change de personnel jusqu'au jour où on a dû dépêcher
16:53le ministre de l'Intérieur, Jacquemain Chabani.
16:55Mais on a entendu à Washington, au dernier moment,
17:04au moment où on allait signer, entre le Rwanda et le Congo,
17:09sur l'accord intégration économique, projet de développement.
17:14Dernière minute, stop, ne signez pas.
17:19Ça, c'est ce que fait le président Tshisekedi.
17:23Et au-dessus de ça, il y a une rhétorique.
17:29Le discours de haine continue.
17:32Pas plus tard qu'il y a deux, trois jours,
17:34le ministre Mouya a parlé encore de Pantin.
17:41La marginalisation des Tutsis-Congolais, ça continue.
17:46La rhétorique victimaire, ça continue.
17:52Toutes les propositions qui arrivent sur la table de Tshisekedi,
17:58il dit oui, sans hésiter.
18:02Dans les heures qui suivent, il dit non.
18:06Il ne faut pas le faire.
18:07Il trouve un prétexte pour reporter sans donner de calendrier.
18:13Je prends l'exemple du travail effectué par la conférence des églises catholiques,
18:21en partenariat avec les églises protestantes,
18:26qui a élaboré un document sur ce qu'ils appellent le dialogue inclusif,
18:33qu'ils ont soumis prioritairement au chef de l'État.
18:36Il a dit, bingo, je n'attendais que vous pour obtenir ce cadre qui est très important,
18:43qui va réconcilier les fils du pays.
18:46Mais depuis qu'on lui a remis le document,
18:50il multiplie des prétextes,
18:52un coup en avant, un coup à gauche, un coup à droite, voilà.
18:55Les évêques sont fatigués.
19:00Quand vous entendez des partenaires impliqués dans la crise des Grands Lacs,
19:13commencez à se lasser des positions de Kinshasa
19:20où on ne sait plus, c'est rouge, c'est bleu, c'est vert, c'est blanc, c'est chocolat,
19:25c'est gris, c'est gris clair,
19:27c'est tout le temps comme ça.
19:30Donc, ce qui se passe aujourd'hui,
19:34qui est visible,
19:38c'est que, que ce soit à Luanda,
19:42que ce soit à Doha, à Paris, à Bruxelles,
19:46ou à Washington,
19:49on a déjà vu et pratiqué
19:52le double discours de Tshisekedi.
19:55Ça, c'est déjà acté.
19:58C'est vraiment des pirouettes.
20:01Et au sommet de l'État,
20:03pratiquer les pirouettes
20:05ne portait pas toujours chance
20:07ni au président,
20:09ni à son système,
20:10ni à sa diplomatie.
20:11Et donc, Tshisekedi joue à ça
20:13depuis qu'on a commencé.
20:17On peut, on peut,
20:19on peut retracer Comta,
20:21acte après acte.
20:23Nairobi,
20:25ça ne va pas.
20:26On obtient
20:27East African Force.
20:29Ils menacent le général Kenya.
20:32Et pourtant, ils avaient obtenu
20:33six mois de répit.
20:36Et regardez,
20:37je parlais de Luanda.
20:39Luanda, quand même,
20:40il y a eu sept sommets
20:41des ministres d'affaires étrangères.
20:44Et maintenant,
20:45on est à Doha,
20:47on est à Washington.
20:48C'est toujours
20:49et systématiquement,
20:52Tshisekedi
20:52qui donne l'ordre.
20:54Contraire à ce qu'il venait
20:56de donner la veille.
20:58Mais alors, Tite,
21:01c'est comme si
21:02le monde entier
21:04est en train de fournir
21:06des efforts pour ramener
21:07une paix durable
21:08dans l'est de la RDC.
21:10Sauf son propre gouvernement.
21:13Mais selon
21:14votre analyse politique,
21:16quelle est la suite
21:17à donner
21:18à ces différents processus
21:20ou à la situation
21:21dans la région
21:22des Grands Lacs
21:22du moment
21:23où Kinshasa
21:24continuera
21:25ces pirouettes
21:27comme vous les appelez ?
21:29C'est une très bonne question.
21:34Quel est l'intérêt
21:35pour Kinshasa ?
21:36Le prolongement
21:37de l'explication,
21:38c'est quoi ?
21:40Tshisekedi
21:41est pris
21:42dans son propre jeu
21:44et pris
21:46dans le tourbillon
21:47de ses propres contradictions.
21:50Tshisekedi
21:51veut plaire
21:52à son auditoire.
21:55Il a érigé
21:57le tribalisme
21:58au niveau institutionnel.
22:01Je parlais
22:02de la Cinco.
22:04Ils sont en désaccord.
22:06Je peux parler
22:07du procès Kabila
22:09qui est une aberration
22:10judiciaire.
22:11Je peux parler
22:12des emprisonnements
22:13des opposants.
22:15Je peux parler
22:16du contentieux
22:17au sein
22:18de l'Union Sacrée.
22:21Est-ce que Kamere
22:22aujourd'hui
22:23est membre
22:23ou non
22:24de l'Union Sacrée ?
22:25La question se pose.
22:25Je peux parler
22:26de Bahatil Kwebo.
22:28Je peux continuer
22:29la liste
22:31comme ça.
22:32Donc,
22:33le fan club
22:34de Tshisekedi
22:36est réduit
22:37comme peau
22:38de chagrin
22:39à quelques
22:45amis et frères
22:47de l'UDPS
22:48ou ceux
22:48venus
22:49de la diaspora.
22:50Et Tshisekedi
22:51s'adresse
22:52à ce
22:53petit noyau.
22:57En s'adressant
22:58à ce petit noyau,
23:00il n'a pas
23:01réussi
23:02à obtenir
23:05un consensus
23:05national
23:06autour de sa personne
23:08et donc
23:09même
23:10sa propre légitimité
23:12est remise
23:12en cause.
23:15Tshisekedi
23:17a,
23:19je dis bien,
23:21il a
23:21personnellement
23:22et pour
23:24sa famille
23:25biologique
23:26de gros
23:27intérêts
23:28financiers.
23:31Ce n'est pas
23:32faire
23:33insulte
23:34que de dire
23:35que son régime
23:37est caractérisé
23:37par une corruption
23:38à outrance.
23:40Ce n'est pas
23:41faux de dire
23:42que le détournement,
23:44on le lit
23:44tous les jours
23:46sur les réseaux sociaux.
23:49Il y a un procès
23:51ou deux
23:52en Belgique
23:54contre
23:55les membres
23:57de sa famille,
23:59son épouse
24:00incluse,
24:02ses enfants,
24:03ses frères,
24:04ses beaux-frères,
24:05voilà,
24:06le petit noyau familial
24:08pour
24:09exploitation
24:10illégale
24:11des minéraux
24:14dans le loup
24:14là-bas.
24:15Donc,
24:16voilà,
24:17ce gros intérêt
24:19où il pioche
24:20comme ça
24:21dans la caisse
24:22parce qu'on doit
24:23acheter des armes,
24:24parce qu'on doit
24:24aller corrompre
24:25des cabinets
24:26aux quatre coins
24:27du monde
24:27pour porter
24:29son discours,
24:31il ne veut pas
24:34expliquer ça
24:35aux Congolais.
24:36Donc,
24:36il lui faut
24:37trouver
24:37des boucs émissaires.
24:39Les boucs émissaires
24:40sont les
24:40Tutsis
24:41Congolais
24:41et le Rwanda.
24:42Ce discours
24:43a vieilli.
24:46Comme un vieux
24:47disque,
24:48nous,
24:48on est de la génération
24:49où il y avait
24:49les 45 tours.
24:51Quand ça
24:52coince,
24:53vous enlevez.
24:55Donc,
24:56il a
24:57un discours
24:59qui est rayé.
25:01À la fois
25:02en interne,
25:03ça ne passe pas,
25:04c'est pour ça
25:04que nous assistons
25:05à des initiatives
25:07politiques
25:07qui ne vont pas
25:08dans son sens
25:10et il se met
25:11à persécuter
25:11tout le monde
25:12et puis,
25:13à l'international,
25:14ce n'est plus
25:15la peine
25:15qu'on parle
25:17d'une quelconque
25:19crédibilité
25:21à la fois
25:22du président
25:22de sa diplomatie
25:24et de sa communication.
25:26Ok, Titi.
25:26Si nous essayons
25:28d'avancer
25:29vers la fin,
25:31alors,
25:31où nous parlons,
25:32nous avons
25:32le processus
25:34de Doha,
25:34nous avons
25:35le processus
25:35de Washington.
25:37Quel est
25:38le processus
25:39dont vous êtes
25:40en train
25:40de donner
25:41beaucoup plus
25:41de chance
25:43aujourd'hui
25:44pour une paix
25:45durable
25:45dans la région
25:46des Grands Lacs
25:47et selon vous,
25:49quelle est
25:50la continuité
25:50des événements
25:51très prochains ?
25:53Ah, maintenant,
25:55j'aurais aimé...
26:01Les deux processus
26:05connaissent
26:06un obstacle
26:07majeur.
26:09C'est
26:10la mauvaise foi
26:12du président
26:12de Ségédi.
26:14Que ce soit
26:14Doha,
26:15que ce soit
26:15Washington.
26:16Washington,
26:17je viens de rappeler
26:18qu'au dernier moment,
26:20il a opposé
26:21son veto
26:21en disant
26:22à son ministre
26:23de ne pas signer.
26:25Doha,
26:26il joue
26:29vraiment
26:33contre
26:34le processus
26:35de Doha.
26:36J'ai dit
26:37tantôt
26:37que la déclaration
26:39de principe,
26:42dans son esprit,
26:45voulait
26:45au moins
26:46que les deux
26:46délégations
26:47puissent
26:48un temps
26:49soit peu
26:49se faire confiance.
26:50La déclaration
26:52de principe
26:54exigeait
26:54cesser
26:55le fait
26:55immédiat.
26:57C'est
26:57qu'il a violé
26:57dans les heures
26:58qui suivaient.
26:59Ça,
26:59ce n'est pas
27:00pour encourager
27:01le retour
27:02de la confiance.
27:04La liste
27:06des Tutsis
27:07congolais,
27:07remise
27:08d'ailleurs
27:09au CICR,
27:10n'a toujours
27:11pas reçu
27:12de réponse.
27:13La déclaration
27:14a été signée
27:16fin juillet.
27:18Nous sommes
27:19début novembre.
27:20La réouverture
27:21des banques
27:22ne pointe
27:24pas
27:24à l'horizon.
27:26Le discours
27:27de haine
27:27n'a pas
27:28pris de ride
27:29dans la bouche
27:30même
27:30de Tshisekedi.
27:35Quelle chance
27:37donner
27:37ni à Doha
27:39ni à Washington
27:40quand vous avez
27:41un président
27:42de la République
27:45qui...
27:48Vous vous souvenez
27:49de la conférence
27:51Union européenne
27:52en Afrique
27:52à Bruxelles
27:53où il a juré
27:55devant
27:56la terre entière
27:58jamais de ma vie
28:00il n'a été question
28:01dans ma bouche
28:02d'une intention
28:03belliqueuse quelconque.
28:06Celui qui le pense
28:08et celui qui ose le dire
28:09c'est sa faute.
28:10Moi,
28:11je vous jure
28:12et je vous demande
28:13de me croire.
28:17Après,
28:17les Congolais
28:18se sont amusés
28:19à coller
28:20des morceaux
28:21sur TikTok
28:22de ces discours
28:24belliqueux.
28:26Donc,
28:27dire ça
28:28à un parterre
28:29où il y a
28:29des chefs d'État,
28:30des ministres,
28:33des organisations
28:35internationales
28:35et qui
28:37savent
28:38ce qu'il a dit.
28:40Il faut quand même
28:41mettre
28:46il arrive
28:48au cœur
28:49en Égypte
28:50hier.
28:52Vous savez quoi ?
28:54Je connais moi
28:55les intentions
28:56du président
28:57rwandais.
28:58Il a des intentions
29:01belliqueuses
29:01qui ont changé
29:02de camp.
29:02C'est maintenant
29:03le président
29:04rwandais
29:04et même
29:05qu'il veut annexer
29:06une partie
29:07de notre territoire.
29:08Il revient
29:09à la fameuse
29:11théorie
29:11de balkanisation.
29:13On pensait
29:14que tout ça
29:16s'était calmé
29:18depuis qu'il en parle
29:20Rwanda,
29:22Doha,
29:22Washington.
29:23Il a changé
29:24de registre.
29:25Non.
29:26Non,
29:27pas du tout.
29:28Donc,
29:28quand il déclare ça
29:30au cœur
29:33et qu'à Washington
29:35on est en train
29:36de dire
29:37d'ici
29:38quelques jours
29:40les deux chefs
29:41d'État
29:41vont se retrouver
29:42là-bas
29:43pour
29:44signer
29:45l'accord
29:46définitif.
29:47Tu peux te demander
29:48mais est-ce qu'on
29:49mettra ça
29:50en œuvre
29:51avec un discours
29:52comme ça ?
29:53Même pas d'un conseiller
29:55où on peut dire
29:55qu'il a dérapé
29:56ou qu'il n'avait pas
29:57mandat pour le dire
29:58ou un ministre.
30:00Un ministre
30:00on peut rattraper.
30:02Le chef
30:03de l'État
30:03a dit
30:05qui va oser
30:06le contredire
30:07en interne.
30:08Il a fini de dire.
30:13Quelle chance
30:14on peut donner
30:15quand on a ?
30:17Pas plus tard
30:18qu'hier.
30:19Et pourtant
30:20après le cœur
30:21il est allé à Doha
30:24même si
30:25c'est pour une
30:26conférence
30:27mais il va rencontrer
30:28les autorités
30:29qatari.
30:30Les autorités
30:31qatari
30:32ont
30:32la médiation
30:34entre les mains
30:34et ils ont vu
30:35sa déclaration
30:37au cœur.
30:40Comme dirait
30:41Francis Cabrel
30:42est-ce que ce monde
30:43est sérieux ?
30:44Est-ce que nous avons
30:45un président sérieux
30:47à la tête
30:47de la République
30:48démocratique du Congo ?
30:49Est-ce que nous avons
30:50un président crédible
30:51à la tête
30:52de la République
30:53démocratique du Congo ?
30:54Est-ce que nous avons
30:55un partenaire fiable
30:56en discutant
30:58avec le président
30:59congolais ?
31:01On peut poser
31:0310 000 questions
31:04la réponse
31:04sera toujours
31:06la même.
31:10Il n'y a pas.
31:11Il n'y a pas
31:12de chance
31:13il n'y a pas
31:14d'espoir
31:16et ça
31:17ça donne
31:18plutôt
31:19des nuages
31:21à l'horizon
31:22et quand
31:23tu as des nuages
31:24ça veut dire
31:24que
31:25la météo
31:27n'est pas clémente
31:28la pluie menace
31:29et quand la pluie menace
31:30tu fais quoi ?
31:31Ou tu te couvres
31:32ou tu restes à l'intérieur.
31:33Et donc
31:35moi je vois
31:36un gros brouillard
31:37où il y a vraiment
31:39de l'orage
31:40et tout ce qui va avec
31:43avec risque
31:45de verglas
31:47et donc
31:47de faire une sortie
31:49de route
31:50assez brutale.
31:52Mais alors
31:52Tite
31:53si vous me permettez
31:53comme dernière question
31:55avec une administration
31:57comme ça
31:58pour ne pas dire
31:59un président
31:59comme ça
32:00quel avenir
32:01pour le Congo ?
32:03Écoute
32:03les Congolais
32:04le disent
32:0510 fois
32:07500 fois
32:08par jour
32:10ils disent
32:12nous sommes
32:13les enfants
32:13de qui ?
32:15Comment ?
32:16Qu'est-ce que nous avons
32:17fait pour mériter ça ?
32:19C'est les Congolais
32:20qui le disent.
32:20Je vous ai donné
32:21au moins
32:23un tableau
32:24où il y a
32:26les partis
32:27les grands leaders
32:30Kabira
32:31Katumbi
32:32Kamere
32:33Bahati Lukwebo
32:35qui est-ce que j'oublie
32:36Delice Senga
32:38tous
32:39tous
32:41en désaccord
32:42avec le président
32:42Tshisekedi.
32:45C'est vraiment
32:46ces gens-là
32:47qui ne réfléchissent pas
32:48qui sont à côté
32:49de la plaque
32:50où le problème
32:51est chez Tshisekedi.
32:53Je parlais
32:55de ceux-là
32:56qui aujourd'hui
33:00portent
33:00la tempérance
33:02la sagesse
33:04et le désintéressement.
33:07Les gens d'église
33:08ils sont traités
33:10par
33:11les hommes de Tshisekedi
33:12des politiciens
33:14en soutane.
33:17Qu'est-ce qui vous reste
33:18quand vous avez
33:19la classe politique
33:20pas avec vous ?
33:22La Cinco
33:24et l'église
33:25protestante
33:25qui quand même
33:27portent
33:27tous les malheurs
33:28du pays
33:29à bout de bras
33:30c'est eux qui tiennent
33:30les écoles
33:31c'est eux qui tiennent
33:32la santé
33:33qui réhabilitent
33:35quelques routes
33:36ici ou là
33:37pendant que la classe politique
33:38est dans le Djalelo.
33:42Qu'est-ce qui reste ?
33:44Sans parler
33:45des problèmes
33:46de l'Est
33:48il a abandonné
33:49les Tours
33:50et les Côtes d'Éco
33:51qui sont alliés
33:52au FRDC
33:53il n'en parle pas
33:54non
33:57le seul endroit
33:59sur lequel
34:00il a une fixation
34:01c'est Goma
34:02depuis
34:03Bounagana
34:04jusqu'à Bukav
34:04aujourd'hui
34:05les Congolais
34:06sont en sécurité
34:06et ils le disent
34:09vous allez vous en prendre
34:11à ceux-là
34:11qui ont sécurisé
34:13la population
34:14qui défendent
34:15la population
34:16qui protègent
34:16ça va lui être
34:18très difficile
34:19vous allez
34:21multiplier
34:22comme ça
34:23des pirouettes
34:24avec
34:24tous les partenaires
34:26y compris
34:27celui qui était
34:28vraiment
34:29un ami
34:30très très très très cher
34:31comme dirait
34:32mes amis togolais
34:33la Belgique
34:36vous avez
34:37des signaux
34:39l'ancien
34:40conseiller spécial
34:43de Mobutu
34:44a écrit
34:44un très bon bouquet
34:47les derniers jours
34:48de Mobutu
34:49ainsi sonne le glas
34:50dans lequel
34:52il reprochait
34:54au défunt
34:55maréchal
34:56de n'avoir pas
34:58lu
34:59les signes
35:00du temps
35:00et il reprenait
35:02comme ça
35:02les faux pas
35:04les erreurs
35:05les fautes stratégiques
35:08les retournements
35:09aujourd'hui
35:10on va faire ça
35:11non non non
35:11j'ai changé d'avis
35:14et
35:15moi mon sentiment
35:17c'est celui-là
35:18je reviens
35:21dans mes réflexions
35:23dans mes écrits
35:24dans mes interventions
35:26à cette cécité
35:28au déni
35:29qui habite
35:31le président
35:32Tshiseki
35:33dit
35:33aujourd'hui
35:33pour des intérêts
35:35bassement
35:36mercantiles
35:37il peut bouffer
35:38l'argent
35:39et
35:39servir le pays
35:41il y a de quoi
35:43servir tout le monde
35:44et pas s'accaparer
35:46de tout
35:48brutaliser les autres
35:49les persécuter
35:49et croire
35:50qu'il sera
35:51lui aussi en paix
35:52ça me paraît
35:54incompatible
35:56en tout cas
35:57Tite
35:57merci beaucoup
35:58pour votre
35:59temps
36:00et vos explications
36:01merci beaucoup
36:02et vous êtes encore
36:03le très bienvenu
36:04à bientôt
36:04merci
36:04merci beaucoup
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