« Marc Bloch est pour nous ce testament permanent »
Revivez les moments forts de la cérémonie d'entrée au Panthéon de Marc et Simonne Bloch présidée par Emmanuel Macron ce mardi 23 juin 2026. Le chef de l'État a rendu un hommage solennel à l'historien cofondateur de l'École des Annales, résistant fusillé par la Gestapo en juin 1944. Dans son discours, le président de la République a célébré un « héritage intellectuel et républicain », érigeant la méthode scientifique de Marc Bloch en antidote contre le révisionnisme. Fustigeant « l'esprit de défaite » et rappelant les ravages de l'antisémitisme sous Vichy, Emmanuel Macron a salué le courage d'un grand résistant et de son épouse Simonne. Une cérémonie marquée par le récit de l'acteur Jacques Gamblin et la lecture des citations militaires du soldat Bloch.
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Revivez les moments forts de la cérémonie d'entrée au Panthéon de Marc et Simonne Bloch présidée par Emmanuel Macron ce mardi 23 juin 2026. Le chef de l'État a rendu un hommage solennel à l'historien cofondateur de l'École des Annales, résistant fusillé par la Gestapo en juin 1944. Dans son discours, le président de la République a célébré un « héritage intellectuel et républicain », érigeant la méthode scientifique de Marc Bloch en antidote contre le révisionnisme. Fustigeant « l'esprit de défaite » et rappelant les ravages de l'antisémitisme sous Vichy, Emmanuel Macron a salué le courage d'un grand résistant et de son épouse Simonne. Une cérémonie marquée par le récit de l'acteur Jacques Gamblin et la lecture des citations militaires du soldat Bloch.
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00:00:00C'est parti !
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00:13:34à faire front avec courage face à la peur face à la mort au cri des camarades qui tombent aux
00:13:44ordres qui arrivent trop tard à l'angoisse quotidienne mais il voit aussi circuler les
00:13:55rumeurs les fausses nouvelles ces mensonges qu'un pays finit parfois par se raconter à lui-même
00:14:04l'historien comprend alors une chose les victoires comme les défaites ne sont pas
00:14:12seulement militaires elles sont morales alors plus que jamais la vérité sera sa quête et son combat
00:14:36oh
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00:14:41oh
00:15:06En 1914, Marc Bloch a 28 ans.
00:15:12Il part à la guerre, les tranchées, la boue, la peur.
00:15:20Il n'oubliera jamais ce que les sociétés font à ceux qui les servent.
00:15:42Même là, il observe, il note, il analyse, comme s'il ne pouvait pas cesser d'être historien.
00:15:52Blessé, il écrit ses souvenirs du front.
00:15:55Il réfléchit déjà à ce que la guerre fait à la mémoire, à ce qu'elle déforme, à ce qu
00:16:03'elle efface.
00:16:03Sous-titrage MFP.
00:16:39Puis vient 1939.
00:16:42Marc Bloch a 54 ans.
00:16:44On le dit trop vieux.
00:16:46Il se porte volontaire quand même.
00:16:49Il raconte la débâcle de l'intérieur.
00:16:52L'armée qui se défait comme une chose mal cousue.
00:17:22Sous-titrage MFP.
00:17:51Sous-titrage MFP.
00:18:04La France se rend en six semaines.
00:18:07Ce n'est pas cette fois qu'il mourra pour la République.
00:18:31Avant le soldat, il y a eu un enfant.
00:18:36Avant le combat, il y a eu une éducation.
00:18:40Car cet engagement pour la République, c'est son héritage.
00:18:45Et celui de Simone et de leurs enfants.
00:18:50Chez Lee Bloch, la France se transmet d'une génération à l'autre.
00:18:56Dans l'adversité, dans les injustices qui lui seront faites,
00:19:01Mark Bloch restera fidèle à ses valeurs.
00:19:05Il se souvient.
00:19:08Peut-être les personnes qui s'opposeront à mon témoignage
00:19:12chercheront-elles à le ruiner en me traitant de Métèque.
00:19:15Je leur répondrai sans plus que mon arrière-grand-père fût soldat en 93,
00:19:21que mon père, en 1870, servit dans Strasbourg assiégé,
00:19:26que mes deux oncles et lui quittèrent volontairement
00:19:29leur Alsace natale après son annexion au Deuxième Reich,
00:19:34que j'ai été élevée dans le culte de ces traditions patriotiques.
00:19:55Mark Bloch est né en 1886 dans une famille juive alsacienne,
00:20:02des Optans, comme on dit.
00:20:05Quand l'Alsace passe sous domination allemande,
00:20:08ils choisissent.
00:20:10Ce sera la France, sa République,
00:20:13ses esprits libres.
00:20:17Ce geste-là, Mark Bloch l'a dans le corps.
00:20:21La France n'est pas une évidence,
00:20:24c'est une volonté,
00:20:25un engagement de tous les jours.
00:20:29Il naît aussi
00:20:30dans une famille
00:20:32où le savoir est une manière de vivre.
00:20:34Son grand-père dirige une école,
00:20:37son père, Gustave Bloch,
00:20:40est professeur d'histoire à l'école normale supérieure,
00:20:44puis à la Sorbonne.
00:20:46J'ai dû à mon père le meilleur de ma formation d'historien.
00:20:50Ses leçons commençaient dès l'enfance
00:20:53et qui depuis n'avaient jamais cessé
00:20:55m'ont marquées d'une empreinte que je voudrais ineffaçable.
00:21:00Il marche dans ses pas-là,
00:21:03ceux de son grand-père,
00:21:05de son père,
00:21:07à sa manière.
00:21:10Il étudie au lycée Louis-le-Grand,
00:21:13puis est admis à l'école normale supérieure.
00:21:16Professeur d'histoire,
00:21:18universitaire,
00:21:19plus loin encore,
00:21:21il s'intéresse
00:21:21à tout ce qui permet de comprendre
00:21:24comment les sociétés se font
00:21:26et se défont.
00:21:29Il lit Durkheim,
00:21:31Alpwax,
00:21:32Bergson.
00:21:33Il se dit
00:21:35historien le matin,
00:21:38philosophe le soir.
00:21:42Bientôt,
00:21:44il ne sera plus seul.
00:21:46En 1919,
00:21:47il épouse Simone.
00:21:49Ensemble,
00:21:50ils bâtissent plus qu'un foyer,
00:21:53une manière d'être au monde,
00:21:55à la France.
00:21:57D'abord à Strasbourg,
00:21:58où Marc Bloch enseigne à l'université
00:22:00pendant 15 ans,
00:22:01puis à Paris,
00:22:03à la Sorbonne,
00:22:05dès 1936.
00:22:24Ce qui différencie Marc Bloch,
00:22:27c'est que pour lui,
00:22:28l'histoire est plus qu'une accumulation de dates
00:22:32et de faits.
00:22:33C'est une invitation perpétuelle
00:22:35à poser des questions,
00:22:37à chercher la vérité
00:22:40au passé,
00:22:42au présent,
00:22:42au futur.
00:22:44Il appelle ça
00:22:46métier d'historien.
00:22:49Ce mot compte,
00:22:51il change tout.
00:22:53Métier.
00:22:55Quelque chose qui s'exerce,
00:22:57qui oblige
00:22:58et qui inspire encore aujourd'hui.
00:23:01J'aimerais que parmi les historiens
00:23:04de profession,
00:23:05les jeunes en particulier,
00:23:07s'habituassent à réfléchir
00:23:08sur ces hésitations,
00:23:10ces perpétuels repentirs
00:23:12de notre métier.
00:23:15Je n'ai personnellement
00:23:16aucun respect pour l'âge.
00:23:18Je crois aux jeunes.
00:23:20Je crois que les vieux
00:23:22ou demi-vieux
00:23:23ont très besoin des jeunes.
00:23:31J'étudie à l'université.
00:23:34Marc Bloch m'a appris
00:23:35à me méfier
00:23:36des belles certitudes,
00:23:38à commencer par les miennes.
00:23:40Une belle idée ne vaut rien
00:23:41si elle ne résiste pas aux preuves.
00:23:45Chez lui,
00:23:46l'histoire commence toujours
00:23:47par une exigence.
00:23:49Comme il l'écrit lui-même,
00:23:51une affirmation n'a le droit
00:23:53de se produire
00:23:54qu'à la condition
00:23:55de pouvoir être vérifiée.
00:24:00Je prépare une thèse d'histoire
00:24:02et quand on commence une thèse,
00:24:04on croit qu'il faut déjà savoir.
00:24:06Marc Bloch m'a appris l'inverse.
00:24:08Chercher,
00:24:09c'est accepter des idées.
00:24:11Lui-même écrivait
00:24:12« Les causes,
00:24:13en histoire pas plus qu'ailleurs,
00:24:15ne se postulent pas,
00:24:16elles se cherchent ».
00:24:20Je suis sociologue
00:24:22et chez Marc Bloch,
00:24:23je retrouve quelque chose
00:24:24de précieux.
00:24:25Cette conviction,
00:24:27comme il l'écrit lui-même,
00:24:28que pour bien comprendre
00:24:29son chez-soi
00:24:30et en saisir
00:24:31jusqu'aux originalités,
00:24:33le mieux est quelquefois
00:24:34de se résigner
00:24:35à en sortir.
00:24:36Il faut comparer,
00:24:38déplacer son regard,
00:24:40accepter l'étrangeté
00:24:41pour mieux comprendre
00:24:42le monde.
00:24:46Moi,
00:24:47je suis lycéenne.
00:24:48J'ai découvert Marc Bloch
00:24:49grâce à l'annonce
00:24:50de son entrée au Panthéon.
00:24:52Avant,
00:24:53je pensais que l'histoire,
00:24:54c'était simplement
00:24:54une suite de dates
00:24:55qu'il fallait apprendre par cœur.
00:24:57Et puis un jour,
00:24:58je suis tombée
00:24:59sur cette phrase
00:24:59de Marc Bloch.
00:25:00« L'histoire,
00:25:01c'est la science
00:25:02des hommes dans le temps ».
00:25:04Grâce à lui,
00:25:05j'ai compris que l'histoire
00:25:06ne parlait surtout des gens
00:25:08et c'est le plus important.
00:25:12J'enseigne l'histoire
00:25:13dans le secondaire
00:25:14et souvent,
00:25:15dans ma classe,
00:25:16je pense à une phrase
00:25:17de Marc Bloch.
00:25:19« L'historien
00:25:20a passé longtemps
00:25:21pour une manière
00:25:22de juge des enfers,
00:25:24chargé de distribuer
00:25:25aux héros morts
00:25:26l'éloge
00:25:27ou le blâme.
00:25:28Mais l'histoire,
00:25:29ce n'est pas ça,
00:25:30cela.
00:25:31C'est ce que j'essaie
00:25:32de transmettre
00:25:33à mes élèves. »
00:25:37C'est Marc Bloch
00:25:38qui m'a donné
00:25:39envie de devenir
00:25:40chercheuse en histoire.
00:25:41Cette phrase
00:25:42résonne souvent en moi.
00:25:44L'ignorance du passé
00:25:46ne se borne pas
00:25:47à nuire
00:25:47à la connaissance
00:25:48du présent.
00:25:49Elle compromet
00:25:50dans le présent
00:25:52l'action même.
00:25:54La responsabilité
00:25:55de l'historien
00:25:56et de l'historienne
00:25:57porte autant
00:25:58sur le passé
00:25:59que sur le présent.
00:26:21Marc Bloch
00:26:23ne veut pas seulement
00:26:25transmettre l'histoire,
00:26:27il veut la transformer.
00:26:29avec Lucien Fèvre,
00:26:31rencontré à Strasbourg,
00:26:33naît l'une des amitiés
00:26:34intellectuelles
00:26:35les plus fécondes
00:26:36de leur génération.
00:26:38Ensemble,
00:26:39ils refusent une histoire
00:26:41enfermée dans le passé.
00:26:43Alors,
00:26:43ils écrivent
00:26:44un manifeste
00:26:46aux accents
00:26:47de déclarations de guerre
00:26:49aux vieilles écritures
00:26:50de l'histoire.
00:26:52Tandis qu'aux documents
00:26:53du passé,
00:26:54les historiens
00:26:55appliquent
00:26:56leur bonne vieille méthode,
00:26:58des hommes
00:26:58de plus en plus nombreux
00:26:59consacrent leur activité
00:27:01à l'étude
00:27:02des sociétés contemporaines.
00:27:05C'est contre ces schismes
00:27:06redoutables
00:27:06que nous entendons
00:27:07nous élever,
00:27:09non pas à coups
00:27:10d'articles,
00:27:10de méthodes,
00:27:11de dissertations théoriques,
00:27:13par l'exemple
00:27:15et par le fait.
00:27:18L'avenir de l'histoire
00:27:19économique
00:27:19est à ce prix
00:27:20et aussi
00:27:21la juste intelligence
00:27:23des faits
00:27:23qui demain
00:27:24seront l'histoire.
00:27:40En 1929,
00:27:43Marc Bloch
00:27:44et Lucien Fèvre
00:27:45font une revue
00:27:46qui va révolutionner
00:27:47l'histoire,
00:27:48les annales
00:27:49d'histoire économique
00:27:50et sociale.
00:27:52Une autre manière
00:27:53d'écrire l'histoire
00:27:54est en train de naître.
00:27:56Depuis des siècles,
00:27:58ce qui entre dans l'histoire
00:27:59ce sont
00:28:00les rois,
00:28:01les batailles,
00:28:03les traités
00:28:03signés
00:28:04entre hommes de pouvoir.
00:28:06Marc Bloch
00:28:07dit non,
00:28:08ou plutôt,
00:28:10pas seulement.
00:28:11Comme Jaurès avant lui
00:28:13dans Histoire socialiste
00:28:14de la Révolution française,
00:28:17il est convaincu
00:28:18que l'histoire
00:28:18appartient
00:28:19aux sociétés entières,
00:28:22aux paysans,
00:28:23aux marchands,
00:28:25aux femmes
00:28:26qui travaillent,
00:28:28aux enfants
00:28:29qui meurent trop tôt.
00:28:32L'histoire,
00:28:33c'est la vie des hommes
00:28:34dans le temps long.
00:28:37Pour lui,
00:28:39l'historien
00:28:40n'a rien
00:28:41d'un homme libre.
00:28:43Du passé,
00:28:44il sait seulement
00:28:44ce que ce passé même
00:28:46veut bien lui confier.
00:28:48Alors,
00:28:48il passe son temps
00:28:49à chercher
00:28:50partout,
00:28:52sans relâche.
00:28:53Il lit les économistes,
00:28:55les sociologues,
00:28:57les géographes.
00:28:58Il compare
00:29:00les archives,
00:29:01les langues,
00:29:03les paysages.
00:29:06Un champ labouré,
00:29:07une coutume oubliée,
00:29:09une légende populaire
00:29:10peuvent parfois
00:29:12en dire autant
00:29:12qu'un traité
00:29:14signé par un roi.
00:29:17Et il écrit
00:29:18des rois thomaturges
00:29:20à la société féodale
00:29:23jusqu'à l'étrange défaite.
00:29:26Il cherche
00:29:27ce qui lie
00:29:28les hommes entre eux,
00:29:30les croyances
00:29:31qu'ils partagent,
00:29:33les dépendances
00:29:34qui les attachent
00:29:35d'un siècle à l'autre,
00:29:38d'un pays à l'autre.
00:29:41Et au cœur
00:29:42de cette vie
00:29:43de labeur
00:29:43et de recherche,
00:29:45il y a Simone.
00:29:48Les manuscrits
00:29:49relus,
00:29:49recopiés,
00:29:50annotés.
00:29:52À ses côtés,
00:29:53elle veille
00:29:54sur la rigueur
00:29:55du chercheur,
00:29:56sur ce refus
00:29:58des vérités
00:29:58trop simples,
00:30:00celles qui
00:30:00transforment
00:30:01le passé
00:30:02en destiné,
00:30:03en fatalité.
00:30:07Marc Bloch
00:30:09regarde
00:30:10chaque époque
00:30:10du passé
00:30:11comme un présent
00:30:12en train de se faire.
00:30:15Pour lui,
00:30:15l'histoire est par essence
00:30:16science du changement
00:30:18où rien n'est jamais
00:30:20écrit d'avance.
00:30:22Partout,
00:30:23de tout temps,
00:30:25du Moyen-Âge
00:30:26à son siècle,
00:30:28de la France
00:30:29à l'Europe.
00:30:31Chez Marc Bloch,
00:30:33cette exigence
00:30:34a un nom.
00:30:36dit l'excit
00:30:37veritatem.
00:30:39Il a chéri
00:30:40la vérité,
00:30:42une éthique
00:30:43de la vigilance
00:30:44plus encore
00:30:45qu'une devise,
00:30:47celle qui fera
00:30:48de lui
00:30:48un des plus grands
00:30:49historiens
00:30:50du XXe siècle.
00:31:03Mais en octobre 1940,
00:31:05la France bascule
00:31:07et sa vie
00:31:09avec.
00:31:09Le régime de Vichy
00:31:10promulgue le statut
00:31:12des Juifs.
00:31:14Son appartement
00:31:15est réquisitionné,
00:31:16sa bibliothèque
00:31:17envoyée en Allemagne.
00:31:20face à l'antisémitisme,
00:31:23il refuse
00:31:23qu'on parle
00:31:24à sa place.
00:31:26Lui qui n'a jamais
00:31:27cru que les origines
00:31:28déterminent à elle seule
00:31:30un homme
00:31:31et son histoire.
00:31:33Je suis juif,
00:31:35sinon par la religion
00:31:36que je ne pratique point
00:31:38non plus que nul autre,
00:31:39du moins par la naissance.
00:31:42Je n'en tire ni orgueil
00:31:44ni honte,
00:31:45étant, je l'espère,
00:31:46assez bon historien
00:31:48pour n'ignorer point
00:31:50que les prédispositions
00:31:51raciales sont un mythe
00:31:52et la notion même
00:31:54de race pure
00:31:55une absurdité
00:31:57particulièrement flagrante.
00:32:00Je ne revendique
00:32:01jamais mon origine
00:32:02que dans un cas,
00:32:05en face d'un antisémite.
00:32:11Alors,
00:32:12reste une question.
00:32:15Que faire
00:32:17lorsque le pays
00:32:18qu'on aime
00:32:20renonce
00:32:21à ce qu'il est ?
00:32:49Sous-titrage Société Radio-Canada
00:33:08Sous-titrage Société Radio-Canada
00:33:25Marc Bloch
00:33:26se sent d'abord français,
00:33:29pas historien d'abord,
00:33:31pas juif d'abord,
00:33:32français.
00:33:34Il sait ce qu'il risque,
00:33:37que cette fois,
00:33:38il pourrait ne pas revenir,
00:33:40mourir pour cette idée
00:33:41de la France
00:33:42qu'il accompagne
00:33:43depuis l'enfance,
00:33:45qu'il a servi
00:33:46dans ses combats,
00:33:47dans ses livres,
00:33:48dans sa vie.
00:33:50Il s'appelle Narbonne,
00:33:53parfois chevreuse
00:33:55ou bien
00:33:56Blanchard.
00:33:59Plusieurs noms
00:34:00pour un seul homme.
00:34:01Ses mains
00:34:01qui ont tenu
00:34:02des stylos,
00:34:04tourné des pages,
00:34:06rempli des carnets
00:34:07à la lumière
00:34:08des bibliothèques,
00:34:10plie maintenant
00:34:11des tracts,
00:34:14transporte des messages,
00:34:17coordonne des réseaux.
00:34:19Il entre dans le mouvement
00:34:21de résistance
00:34:22franc-tireur
00:34:24et en devient
00:34:25l'un des responsables.
00:34:27Puis dans les mouvements
00:34:28unis de résistance,
00:34:30son savoir
00:34:31devient un mode d'action.
00:34:351944
00:34:37commencera pour la plupart
00:34:38d'entre nous
00:34:38dans les soucis.
00:34:41Mais je crois vraiment
00:34:42que plus véridiquement
00:34:43que jamais,
00:34:44on peut,
00:34:45à condition de s'élever
00:34:46au-dessus des hasards
00:34:47individuels,
00:34:49se dire avec assurance
00:34:50« Bonne année ».
00:34:53Tous ceux qui l'auront mérité
00:34:55ne verront pas
00:34:56la grande récompense.
00:34:57Elle n'en sera pas moins
00:34:59celle qu'ils ont souhaitée
00:35:00et préparée.
00:35:12Le 8 mars 1944,
00:35:16Marc Bloch est arrêté
00:35:18par la Gestapo
00:35:19à Lyon.
00:35:22Pont de la Boucle.
00:35:24Klaus Barbie
00:35:25dirige les opérations.
00:35:29On le menotte,
00:35:31on l'emmène,
00:35:34on le passe à la torture,
00:35:36encore et encore.
00:35:40Les coups répétés,
00:35:44les poignets brisés,
00:35:48la baignoire,
00:35:49sept fois.
00:35:53Une double pneumonie
00:35:54s'ajoute aux contusions.
00:35:57Le corps cède peu à peu.
00:35:59Lui,
00:36:00non.
00:36:02on raconte
00:36:03que dans sa cellule,
00:36:07l'historien
00:36:08demeure.
00:36:09Il parle encore
00:36:10d'histoire,
00:36:11des hommes,
00:36:13des questions.
00:36:14Jusqu'au bout,
00:36:15le métier d'historien
00:36:17l'habite.
00:36:20Pour la France,
00:36:22pour les siens.
00:36:25la France demeurera,
00:36:27quoi qu'il arrive,
00:36:29la patrie
00:36:29dont je ne saurais déraciner
00:36:30mon cœur.
00:36:32J'y suis née,
00:36:34j'ai bu aux sources
00:36:35de sa culture,
00:36:37j'ai fait mien
00:36:37son passé,
00:36:39je ne respire bien
00:36:40que sous son ciel.
00:36:42et je me suis efforcée
00:36:44à mon tour
00:36:45de la défendre
00:36:46de mon mieux.
00:36:49Il s'y efforcera
00:36:50jusqu'à la fin
00:36:53et au cœur de tout,
00:36:58Simone,
00:37:00toujours.
00:37:03Toujours.
00:37:05Toujours.
00:37:52Abonnez-vous !
00:38:16Abonnez-vous !
00:38:44Mon amour hélas, mon cher amour
00:38:47Me faudra-t-il partir cette année
00:38:50Pour le long voyage sans retour
00:38:52Et te laisser seul, mon aimé
00:38:56Mon amour hélas, mon pauvre amour
00:38:59La route, parfois, fut mal aisée
00:39:03Le fardeau par moments nous fut lourd
00:39:05Mais nous étions deux
00:39:07Oh mon aimé
00:39:12Mon amour hélas, mon cher amour
00:39:21Faudra-t-il partir cette année
00:39:27Pour le grand voyage sans retour
00:39:33Et te laisser seul, mon aimé
00:39:40Mon amour hélas, mon pauvre amour
00:39:48La route, parfois, fut mal aisée
00:39:55Le fardeau par moments nous fut lourd
00:40:02Mais nous étions deux
00:40:05Oh mon aimé
00:40:10Mon amour hélas, mon tendre amour
00:40:13Après la joie que tu m'as donnée
00:40:15Ne m'enveuille pas si ce beau jour
00:40:17Finit avant le soir
00:40:21Mon aimé
00:40:23Mon amour hélas, mon seul amour
00:40:26Quand pour moi l'heure sera sonné
00:40:28Que tout mortel entend à son tour
00:40:31Tiens-toi bien près de moi, mon aimé
00:40:36Tiens-toi
00:40:37Près de moi, mon amour
00:40:42Ta joue
00:40:44Contre la mienne appuyée
00:40:49Et souris-moi
00:40:52Très doucement pour
00:40:56Que je m'endorme heureux
00:41:00Pour m'en aimer
00:41:05Je m'endorme heureux
00:41:06Par la mienne appuyée
00:41:08De l'en aimer
00:41:08La route, parfois, d'en aimer
00:41:12La route, parfois, à la route
00:41:14Par la route
00:41:18Un amour hélas, mon amour
00:41:22Arrêtez
00:41:23La route, parfois, à la route
00:41:25Je m'en aimer
00:41:25Par la route, parfois, parfois
00:41:29Je m'en aimer
00:41:31Par la route
00:41:33Montluc, Lyon. 16 juin 1944. Marc Bloch est là. On appelle son nom sans prévenir. Avec 29 autres résistants. Le
00:41:53jour décline.
00:42:01C'est parti.
00:42:41C'est parti.
00:43:11C'est parti.
00:43:27J'ai peur.
00:43:30Tu n'as pas à avoir peur.
00:43:57Tu n'as pas à avoir peur.
00:43:59Tu n'as pas à avoir peur.
00:44:39Tu n'as pas à avoir peur.
00:45:06Tu n'as pas à avoir peur.
00:45:15Tu n'as pas à avoir peur.
00:46:13Tu n'as pas à avoir peur.
00:46:15Si il a été possible de s'en procurer le texte, donner lecture de mes cinq citations.
00:46:47Tu n'as pas à avoir peur.
00:46:52Tu n'as pas à avoir peur.
00:46:57Tu n'as pas à avoir peur.
00:47:02Tu n'as pas à avoir peur.
00:47:08Tu n'as pas à avoir peur.
00:47:12Tu n'as pas à avoir peur.
00:47:18Tu n'as pas à avoir peur.
00:47:51Tu n'as pas à avoir peur.
00:48:00Tu n'as pas à avoir peur.
00:48:12Tu n'as pas à avoir peur.
00:48:14Tu n'as pas à avoir peur.
00:48:17Tu n'as pas à avoir peur.
00:48:52...
00:49:22...
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00:49:25...
00:49:27...
00:49:28...
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00:49:49...
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00:49:51...
00:49:52...
00:50:04...
00:50:04...
00:50:05...
00:50:06...
00:50:06...
00:50:07...
00:50:07...
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00:51:01...
00:51:01...
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00:51:32...
00:51:32...
00:51:32...
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