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  • il y a 9 heures
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit : Philippe Baptiste,ministre du l'Enseignement supérieur et de la Recherche et de l'Espace.

Avec :
- Rémi Clément pour Challenges,
- Hervé Gattegno pour Radio Classique,
- Elsa Mondin-Gava pour LCP,
- Hugo au perchoir pour Twitch.

Face à vous : Bernard Benhamou, secrétaire général de l'Institut de la souveraineté numérique.

Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.

En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.

Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.

Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.

Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.

Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.

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Transcription
00:00:00La France touchée de plein fouet par une canicule d'ores et déjà historique.
00:00:0454 départements sont en vigilance rouge depuis des années.
00:00:07Les chercheurs, les climatologues alertent sur les conséquences du changement climatique.
00:00:11Les alertes ont été prises assez au sérieux.
00:00:13Tous les gouvernements qui se sont succédés ont-ils laissé passer le temps ?
00:00:16Dans l'immédiat et dans l'urgence, il faut prendre des décisions pour éviter que ces épisodes climatiques
00:00:20ne se transforment en galères pour tous ceux qui travaillent et aussi en pleine période d'examen pour les étudiants.
00:00:25Faut-il climatiser les amphithéâtres ? L'État en a-t-il les moyens ?
00:00:28Combien d'années cela prendrait ?
00:00:29Des enjeux de société et donc politique.
00:00:32Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est l'invité de LCP, l'Indicé Politique.
00:00:54Bonsoir et merci d'être avec nous et d'être fidèles au rendez-vous de l'Indicé Politique.
00:00:57Tous les lundis soir, en direct ce soir.
00:00:59Bonsoir Philippe Baptiste, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur.
00:01:03À mes côtés ce soir, pour vous interroger, Hervé Gattegnaud pour Radio Classique.
00:01:06Bonsoir Hervé.
00:01:07Bonsoir Rémi.
00:01:08Rémi Clément pour Challenge.
00:01:09Bonsoir Elsa.
00:01:10Elsa Monagava pour LCP.
00:01:12Bonsoir Hugo.
00:01:13Hugo Couturier.
00:01:13Hugo au Perchoir avec la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale, là aussi en direct,
00:01:18pour interpeller le ministre.
00:01:19Questions, réactions, vous nous direz tout cela.
00:01:21Puis en fin d'émission, nous recevrons face à vous un spécialiste de l'intelligence artificielle,
00:01:26Bernard Benhamou, secrétaire général de l'Institut de la Souveraineté numérique.
00:01:29Le gouvernement veut mettre en place un enseignement spécifique sur l'IA dès la classe de seconde.
00:01:33Ce sont les futurs étudiants, justement.
00:01:35Vous nous direz s'il y aura des poursuites à l'université.
00:01:39Il est beaucoup question, par ailleurs, en ce moment, des candidats du bac qui passent leur oros.
00:01:43À partir d'aujourd'hui, il y a aussi les futurs étudiants.
00:01:46Certains ont dû être décalés, ces oros, à cause des températures.
00:01:49Dans les amphithéâtres universitaires ou dans les salles d'examen également, le thermomètre monte.
00:01:53La grosse période d'examen est passée, mais elle n'est pas terminée.
00:01:57À ce jour, Philippe Baptiste, est-ce qu'il y a des établissements qui ont dû fermer ou réduire leur
00:02:01activité ?
00:02:02Non.
00:02:02Alors, des établissements d'enseignement supérieur, des universités ou des grandes écoles qui auraient fermé,
00:02:06non, ce n'est pas le cas.
00:02:07Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
00:02:09Comme vous l'avez parfaitement dit, l'essentiel des examens, des partiels, sont derrière nous.
00:02:14Donc, on a eu, entre guillemets, de la chance parce que c'est passé, cette vague de chaleur arrive après.
00:02:19Il y a encore un certain nombre d'oros ou quelques écrits à droite à gauche,
00:02:23mais on est sur des petits nombres et c'est des situations qu'on regarde au cas par cas.
00:02:27Il n'y a pas de décalage, forcément, à l'heure qu'il est…
00:02:29Non, non, non, on n'est pas du tout dans la même situation.
00:02:32Alors, aussi parce qu'on est dans un mode de fonctionnement qui est aussi beaucoup plus déconcentré
00:02:36que dans le monde de l'éducation nationale.
00:02:38Ce n'est pas un examen, le même examen pour tout le monde, aux mêmes dates.
00:02:41Donc, on a évidemment beaucoup plus de flexibilité.
00:02:43Et ce qui permet de s'adapter très facilement, en fait, aux situations locales.
00:02:46Parce qu'en fait, la vérité, c'est que cette vague caniculaire, d'abord,
00:02:49elle n'est pas homogène sur toute la France, même si elle touche, évidemment…
00:02:51De plus en plus de départements, c'est quasiment toute la France.
00:02:53Bien sûr, beaucoup de départements.
00:02:55Mais après, les bâtiments sont plus ou moins bien préparés.
00:02:57Ça dépend, justement, des investissements qui ont été faits avant…
00:02:59C'est pour ça.
00:03:00Alors, ça, c'est intéressant parce que, justement, on a l'impression qu'il n'y a pas de problème
00:03:02dans les universités
00:03:03parce que les étudiants ne sont plus vraiment…
00:03:05Mais ce n'est pas forcément des bâtiments modernes non plus.
00:03:08Il y a parfois des vieux bâtiments.
00:03:09Non, mais bien sûr.
00:03:10Et puis, à côté de ça, on a les enseignants-chercheurs et les chercheurs
00:03:13qui sont dans les laboratoires et dans les universités
00:03:15qui, eux aussi, peuvent se trouver en difficulté avec la vague caniculaire.
00:03:19Et évidemment, il y a des dispositifs qui sont mis en place, du télétravail.
00:03:22Voilà, évidemment, qui sont des dispositifs génériques qu'on met en place partout.
00:03:27Mais la question, au-delà du fait qu'on a eu de la chance, entre guillemets,
00:03:31parce que la vague est arrivée après les partiels,
00:03:34la question de fond, elle n'est pas là.
00:03:35La question de fond, c'est la question, effectivement, du réchauffement climatique.
00:03:40Je rappelle qu'il y a toujours des partis politiques
00:03:42qui, aujourd'hui, ont des doutes sur le réchauffement climatique.
00:03:44Donc, il est quand même toujours intéressant de questionner un peu tout ça
00:03:47quand je vois qu'il y a des partis d'extrême droite
00:03:48qui questionnent la réalité du réchauffement climatique.
00:03:52Vous pensez à qui, précisément ?
00:03:53Il suffit d'écouter aujourd'hui.
00:03:56Donc, aujourd'hui, évidemment que le réchauffement climatique, il est là.
00:04:00Les scientifiques, depuis plusieurs décennies, l'ont mis en avant,
00:04:03l'ont démontré au travers d'analyses statistiques, au travers de modèles.
00:04:07Les raisons sont des raisons essentiellement anthropiques.
00:04:10C'est-à-dire que c'est la place de l'homme, aujourd'hui,
00:04:11qui génère ce réchauffement climatique.
00:04:14Et derrière, on voit en particulier, c'est l'augmentation du CO2
00:04:17ou des gaz à effet de serre.
00:04:19Il y en a d'autres, évidemment.
00:04:20Il n'y a pas que le CO2, mais enfin, le CO2 à tout premier titre.
00:04:23Et donc, il faut travailler sur ces causes.
00:04:25C'est le premier élément.
00:04:26Mais il faut avoir en tête que réduire notre production de CO2,
00:04:29d'abord, c'est un effort qui doit se faire au niveau mondial.
00:04:31La France pèse 1% des émissions.
00:04:33Donc, ça veut dire que, globalement, aujourd'hui,
00:04:36même si on fait des efforts drastiques en France,
00:04:37si à côté de ça, ce n'est pas accompagné à côté, ça ne marche pas.
00:04:40Donc, c'est bien un effort collectif.
00:04:41Et pardon, je suis un peu long, mais juste parce que c'est important.
00:04:44Il faut bien comprendre ce point-là.
00:04:46C'est-à-dire qu'on a besoin de travailler là-dessus,
00:04:48mais que l'impact des réductions de production de CO2,
00:04:52si on arrive à réduire la production de CO2,
00:04:54et on en est encore très loin,
00:04:56n'aura d'effet, en fait, sur le système Terre que bien plus tard.
00:05:00Donc, de toute façon, même si on est très optimiste
00:05:03sur notre capacité à réduire nos émissions,
00:05:05donc à basculer vers de l'électrique décarbonée
00:05:08partout dans le monde, etc.,
00:05:10malgré tout, on va avoir un climat qui se réchauffe.
00:05:14Et donc, des épisodes comme celui-là,
00:05:16eh bien, ils vont se reproduire.
00:05:18Et il faut être prêt, et donc, il faut aussi s'adapter.
00:05:20– Je le disais tout à l'heure,
00:05:21les scientifiques ont alerté depuis des années.
00:05:22– Bien sûr, des décennies.
00:05:23– Ils n'ont pas été assez écoutés par les politiques ?
00:05:26– Non, je crois qu'ils ont été...
00:05:27Non, non, je pense qu'ils ont été écoutés,
00:05:29et je pense qu'ils ont été écoutés ces dix dernières années,
00:05:32mais déjà avant.
00:05:33Il faut dire les choses aussi avec honnêteté.
00:05:35Ils ont été écoutés,
00:05:36et on s'est préparés à ça.
00:05:39Et puis, surtout, on a beaucoup travaillé sur la décarbonation.
00:05:42Des actions qui sont des actions,
00:05:44comme je le disais précédemment,
00:05:45certes de long terme,
00:05:46mais qui sont absolument indispensables
00:05:48si on veut travailler pour le climat
00:05:50de nos enfants ou de nos petits-enfants.
00:05:51Donc, ces questions-là sont absolument centrales.
00:05:54Il y a eu d'énormes efforts qui ont été faits
00:05:56aujourd'hui en France, en Europe.
00:05:58– Non, parce que le sentiment qui prédomine,
00:05:59c'est que tout le monde découvre qu'il y a une canicule.
00:06:01– Non, bien sûr que non.
00:06:02Je pense que des épisodes...
00:06:03Mais vous savez, aujourd'hui,
00:06:04alors évidemment, il y a beaucoup d'émotions
00:06:05autour de cette canicule,
00:06:06et c'est bien normal, évidemment,
00:06:08mais c'est la canicule aujourd'hui.
00:06:10Ça peut être demain des inondations,
00:06:12des changements du trait de côte,
00:06:13ça peut être des ouragans,
00:06:16c'est des épisodes climatiques
00:06:17qui sont des épisodes climatiques extrêmes,
00:06:19parce que notre système est déréglé,
00:06:22et il y a beaucoup d'énergie dans l'atmosphère
00:06:23qui doit se...
00:06:24– Mais il n'y a pas de décalage, d'après vous,
00:06:26entre le discours des scientifiques
00:06:27et les décisions des politiques ?
00:06:28– Non, je crois qu'après,
00:06:29on peut toujours se demander
00:06:30si on est allé assez loin et assez vite.
00:06:31Bien sûr, et c'est totalement légitime,
00:06:34mais je crois qu'aujourd'hui,
00:06:34il y a eu des vrais efforts d'adaptation
00:06:36qui ont été faits,
00:06:37en particulier dans la construction,
00:06:38des efforts de rénovation,
00:06:39là je parle des universités,
00:06:41des organismes de recherche, etc.
00:06:42Les bâtiments qui ont été construits
00:06:44ces dernières années
00:06:45sont des bâtiments qui sont modernes
00:06:46et dans lesquels, justement,
00:06:47on a des climatisations passives, etc.
00:06:50Et puis des rénovations
00:06:51qui ont été importantes,
00:06:52qui ont été faites.
00:06:52Est-ce que tout le parc immobilier
00:06:53a été rénové ?
00:06:54Non, on a encore beaucoup de travail à faire,
00:06:56mais derrière,
00:06:57il faut avoir conscience du fait
00:06:58que ce sont des milliards d'euros
00:06:59d'investissements
00:07:00uniquement pour mon ministère.
00:07:02On a beaucoup d'argent.
00:07:03– Alors justement,
00:07:04vous disiez que le climat
00:07:05est amené à se réchauffer,
00:07:06qu'on le veuille ou non.
00:07:07Est-ce que pour lutter
00:07:08contre ce réchauffement,
00:07:09pour s'adapter,
00:07:09il faut climatiser les universités ?
00:07:12– Je pense que la climatisation,
00:07:13alors la meilleure des climatisations,
00:07:15c'est la climatisation naturelle,
00:07:17c'est-à-dire concevoir des bâtiments
00:07:18qui sont très bien isolés,
00:07:20qui sont ventilés naturellement
00:07:22et avec de la climatisation naturelle.
00:07:25Ça, évidemment,
00:07:26c'est ce qu'il y a de mieux.
00:07:27La plupart du temps,
00:07:28quand on fait de la rénovation,
00:07:29on a du mal à faire ça.
00:07:31Et donc effectivement,
00:07:32à un moment ou à un autre,
00:07:33il faut rentrer dans une logique.
00:07:34On n'a peut-être pas besoin
00:07:35de tout climatiser partout,
00:07:37mais on aura besoin,
00:07:38je pense,
00:07:38dans des endroits qui sont
00:07:39dans des endroits clés,
00:07:41effectivement importants,
00:07:42d'être capables justement…
00:07:43– C'est quoi les endroits clés ?
00:07:44– Des endroits, par exemple,
00:07:45où vous avez des gens
00:07:45qui sont là à temps plein,
00:07:47ou des étudiants…
00:07:47– Les chercheurs, par exemple.
00:07:48– Par exemple.
00:07:49– Ou des endroits
00:07:49où les étudiants, par exemple,
00:07:50vont se retrouver,
00:07:51les grands amphithéâtres,
00:07:52où vous avez tous les étudiants.
00:07:53Enfin, il y a des endroits,
00:07:54voilà,
00:07:54tout n'a pas la même criticité,
00:07:56mais derrière,
00:07:57je pense que c'est un travail
00:07:57à mener université par université.
00:07:59– Et il faudra passer
00:08:01par la climatisation des universités,
00:08:03donc ?
00:08:03– Apparemment, excusez-moi.
00:08:04– Il faudra passer
00:08:04par la climatisation des universités.
00:08:06– Oui, alors,
00:08:06et encore une fois,
00:08:08c'est variable,
00:08:08la situation n'est pas la même
00:08:10en Bretagne et à Nice.
00:08:12– Est-ce que vous êtes en train,
00:08:14justement,
00:08:14pour anticiper, préparer,
00:08:15faire la liste des universités,
00:08:17des bâtiments
00:08:17qui nécessiteraient cette climatisation,
00:08:19combien ça coûte,
00:08:20le chiffrer pour qu'on ne vous dise
00:08:21pas l'année prochaine ?
00:08:22Rien n'a été préparé ?
00:08:24– Non, non, bien sûr,
00:08:24mais d'abord,
00:08:25les choses sont travaillées
00:08:27et il y a des plans de rénovation,
00:08:29qui sont préparées
00:08:30par les équipes,
00:08:31par les présidents de l'université
00:08:32et par leurs équipes,
00:08:33chaque année.
00:08:34Et c'est vrai
00:08:35pour tous les établissements,
00:08:36c'est vrai pour les écoles,
00:08:37etc.
00:08:37Donc, c'est pensé,
00:08:38c'est réfléchi,
00:08:39derrière, aujourd'hui,
00:08:40c'est un des plus gros
00:08:41patrimoines immobiliers
00:08:42de l'État,
00:08:43les universités.
00:08:44– Et ça coûte très cher, là.
00:08:45– Les rénovations
00:08:46dont on parle là,
00:08:47c'est de l'ordre
00:08:48de plusieurs milliards d'euros,
00:08:503 ou 4 milliards d'euros
00:08:51d'investissement
00:08:52et c'est des choses
00:08:52qui sont échelonnées,
00:08:54qui sont pensées,
00:08:54qui sont réfléchies.
00:08:55– 3 ou 4 milliards d'euros,
00:08:56ce n'est pas seulement
00:08:56pour la climatisation.
00:08:57– Non, non, bien sûr.
00:08:58– Mais ça en fait partie.
00:08:59– Est-ce que vous craignez
00:09:00qu'à la fin,
00:09:01on ait une université
00:09:02avec des amphithéâtres
00:09:03non climatisés,
00:09:04surchauffés
00:09:05et puis des écoles privées
00:09:06avec la climatisation,
00:09:07que ça fasse un peu
00:09:08un enseignement supérieur
00:09:09à deux vitesses
00:09:10sur cette question ?
00:09:11– Non, je pense que
00:09:12la vitesse de l'enseignement
00:09:13supérieur ne se mesure pas
00:09:14à la climatisation.
00:09:16Maintenant,
00:09:16si votre question derrière
00:09:17est peut-être,
00:09:18non pas sur la climatisation,
00:09:19mais est-ce que
00:09:20l'enseignement supérieur
00:09:21aujourd'hui en France
00:09:22est uniforme
00:09:23et est-ce que c'est
00:09:23les mêmes formations
00:09:24partout sur tous les territoires ?
00:09:26La réponse est non.
00:09:26Et c'est vrai pour la climatisation,
00:09:28mais c'est vrai simplement
00:09:29aussi pour l'accès.
00:09:30Et c'est peut-être
00:09:31plus important encore,
00:09:32c'est aujourd'hui
00:09:32quand vous êtes un jeune
00:09:33et que vous êtes bachelier
00:09:34et que vous vous dessinez
00:09:35vers l'enseignement supérieur,
00:09:37c'est plus simple
00:09:38d'habiter dans le 7e arrondissement
00:09:39qu'habiter à Bar-le-Duc.
00:09:40Et ça, il faut le dire,
00:09:41c'est la vérité.
00:09:42– Mais au-delà de ça,
00:09:43comme le disait Elsa,
00:09:44il y a des grandes écoles privées
00:09:46par exemple
00:09:46qui ont des moyens,
00:09:47des beaux bâtiments
00:09:48qui sont climatisés
00:09:50parfois ou souvent
00:09:51et les universités
00:09:52qui attendent d'être climatisées.
00:09:54Est-ce qu'il n'y a pas
00:09:54justement des étudiants
00:09:56à deux vitesses ?
00:09:56– Je vous encourage
00:09:57à aller visiter
00:09:58plus souvent des universités.
00:09:59Il y a beaucoup d'universités
00:10:01qui sont aujourd'hui
00:10:02en très très bon état.
00:10:03– Il n'y a pas
00:10:03d'enseignement supérieur
00:10:04à deux vitesses ?
00:10:04– J'étais vendredi,
00:10:05il y a des bâtiments
00:10:06qui sont évidemment différents
00:10:07les uns des autres,
00:10:08mais dire qu'aujourd'hui
00:10:09toutes les universités
00:10:10sont en mauvais état immobilier,
00:10:11ah non, vraiment pas.
00:10:12J'étais vendredi dernier
00:10:13à l'école normale
00:10:15de Paris-Saclay.
00:10:16Donc bâtiment qui est tout neuf,
00:10:18qui est absolument magnifique.
00:10:19J'étais à Condorcet
00:10:20deux jours avant
00:10:21dans le nord de Paris
00:10:22où on va faire
00:10:23des sciences humaines et sociales.
00:10:24C'est un endroit extraordinaire.
00:10:25Tout le plateau de Saclay
00:10:26est tout neuf.
00:10:26– Et Nanterre par exemple ?
00:10:28– Nanterre a besoin
00:10:29de rénovation,
00:10:29mais il y a des plans
00:10:30de rénovation qui sont en cours.
00:10:32Non, il y a énormément d'argent.
00:10:35Les plans campus
00:10:35qui ont été lancés
00:10:36par Valérie Pécresse
00:10:37il y a longtemps,
00:10:38aujourd'hui,
00:10:38continuent à se dérouler.
00:10:39Donc il y a eu
00:10:40de gros investissements.
00:10:41Ça ne veut pas dire
00:10:42que c'est bien partout.
00:10:43Ça ne veut pas dire
00:10:43que c'est bien partout.
00:10:44Vous trouverez toujours
00:10:45des campus
00:10:46ou des morceaux de campus
00:10:47qui sont en très mauvais état
00:10:48et dans lesquels
00:10:49les conditions de travail
00:10:49sont difficiles.
00:10:50Ça c'est vrai.
00:10:51Mais on y travaille progressivement.
00:10:52C'est un effort de longue haleine.
00:10:53– Très rapidement,
00:10:54ça représente combien de pourcentage ?
00:10:55Parce que là,
00:10:56on peut parler d'investissement,
00:10:57mais en gros,
00:10:57combien de pourcentage
00:10:58des universités
00:10:59sont climatisées,
00:11:00en tout cas suffisamment
00:11:01en bonne condition
00:11:02pour les élèves ?
00:11:03Ça représente combien
00:11:03sur le parc ?
00:11:03– Alors le nombre
00:11:04de mètres carrés
00:11:05qui sont climatisés,
00:11:05je n'ai pas de chiffres.
00:11:08La vérité,
00:11:09c'est qu'on a des épisodes
00:11:10aujourd'hui
00:11:10qui sont des épisodes
00:11:11d'épic.
00:11:13La plupart du temps,
00:11:14on n'a pas ces besoins
00:11:15massivement,
00:11:16en tout cas pas
00:11:17sur tout le territoire.
00:11:18Donc il faut aussi,
00:11:20évidemment,
00:11:21il y a l'actualité du moment
00:11:22et il y a la difficulté
00:11:23du moment
00:11:23qui tombent
00:11:24en dehors des périodes
00:11:25d'examen
00:11:25et à la fin des cours,
00:11:26les étudiants aujourd'hui
00:11:27sont en stage.
00:11:28– Ouf !
00:11:29– Non mais,
00:11:30normalement,
00:11:30les vagues climatiques,
00:11:31on ne les aura pas
00:11:31au mois d'avril.
00:11:33– Peut-être dans quelques années.
00:11:34– En mai,
00:11:35on en a eu.
00:11:36Donc peut-être quand on a eu...
00:11:37– Hervé ?
00:11:37– Précisément,
00:11:38la climatisation,
00:11:39en ce moment,
00:11:40tout le monde en rêve,
00:11:41tout le monde voudrait
00:11:42y avoir recours
00:11:43et en même temps,
00:11:44culturellement,
00:11:45dans notre pays,
00:11:46à l'inverse par exemple
00:11:46des États-Unis,
00:11:47on a expliqué pendant très longtemps
00:11:49que la climatisation,
00:11:50c'était mauvais.
00:11:51Aujourd'hui encore,
00:11:51les écologistes disent
00:11:53que la climatisation,
00:11:54c'est rafraîchir l'intérieur
00:11:57au risque de réchauffer
00:11:58l'extérieur.
00:11:59Est-ce que ce n'est pas
00:12:01un symptôme de plus
00:12:03de notre...
00:12:05notre inadaptation
00:12:06face à ces phénomènes ?
00:12:08Est-ce qu'on sait vraiment
00:12:08sur quel pied danser ?
00:12:09– Alors,
00:12:10si on fait un...
00:12:11si on essaye de regarder
00:12:12les avantages
00:12:14et les inconvénients.
00:12:15Donc d'abord,
00:12:15on voit bien que
00:12:16avec la multiplication
00:12:17de ces événements
00:12:19de vagues de chaleur,
00:12:21on va avoir besoin,
00:12:22si on veut continuer
00:12:22à travailler,
00:12:23à enseigner,
00:12:24à apprendre,
00:12:25on va avoir besoin
00:12:25d'avoir des lieux,
00:12:27des îlots de fraîcheur.
00:12:29Maintenant,
00:12:29quel est l'effet ?
00:12:30Alors,
00:12:30la climatisation,
00:12:31la bonne nouvelle,
00:12:32c'est qu'on a aujourd'hui
00:12:32en France une énergie
00:12:33qui est très largement décarbonée
00:12:35avec à la fois
00:12:36un parc nucléaire
00:12:37qui est évidemment
00:12:38très stable
00:12:39et très largement décarbonée
00:12:40et puis à côté de ça,
00:12:41des énergies renouvelables,
00:12:43en particulier du photovoltaïque
00:12:44qui continue à s'installer
00:12:45en France
00:12:46et qui en été,
00:12:47justement,
00:12:48tourne à plein régime.
00:12:49Et donc,
00:12:50tout ça,
00:12:50c'est des sources d'énergie
00:12:51qui sont très décarbonées,
00:12:52rien à voir
00:12:53à ce qu'on peut avoir
00:12:54partout ailleurs
00:12:55en Europe
00:12:55ou dans le monde.
00:12:56et donc,
00:12:57quand vous utilisez
00:12:58votre climatiseur,
00:12:59vous produisez peu de CO2.
00:13:00Donc,
00:13:01de ce point de vue-là,
00:13:01maintenant,
00:13:02il faut quand même le fabriquer,
00:13:03donc il y a un peu de CO2.
00:13:04Donc,
00:13:05du point de vue électrique,
00:13:06quelque part,
00:13:06vous ne produisez pas de CO2.
00:13:08Maintenant,
00:13:08évidemment,
00:13:09il y a des effets.
00:13:10C'est-à-dire que si vous mettez
00:13:11beaucoup de climatisation
00:13:12dans les villes,
00:13:13dans les centres-villes,
00:13:14vous avez après l'apparition
00:13:15d'îlots de chaleur
00:13:16qui peuvent poser des problèmes
00:13:18qui sont bien modélisés
00:13:20et bien connus
00:13:21dans un certain nombre
00:13:21d'endroits en Asie
00:13:23et aux Etats-Unis.
00:13:26Je ne sais pas quel est
00:13:27le taux d'équipement en France
00:13:28de climatiseur,
00:13:29mais il est très, très, très bas.
00:13:31Il n'a rien à voir
00:13:31avec l'Amérique du Nord,
00:13:32rien à voir avec...
00:13:33Non, mais si ça devenait ça,
00:13:34il y aurait un vrai problème
00:13:35écologique, cependant.
00:13:36Oui, oui, mais enfin...
00:13:37Oui, c'est vrai.
00:13:39C'est-à-dire que les écolos,
00:13:39ils n'ont pas totalement tort.
00:13:40Mais vous savez,
00:13:41le monde est complexe.
00:13:42Donc, moi, je pense que,
00:13:44effectivement,
00:13:44c'est une solution.
00:13:45Il faut l'utiliser, évidemment.
00:13:47Et après,
00:13:47il faut l'utiliser avec bon sens
00:13:49et je pense que c'est bien
00:13:49ce qu'on est en train
00:13:50de dire aujourd'hui.
00:13:51Est-ce que c'est un enjeu
00:13:52pour la recherche
00:13:52qui est dans votre périmètre
00:13:54d'aller vers une climatisation
00:13:58plus écologique encore ?
00:13:59Alors, ça, c'est vraiment
00:14:00de l'ingénierie.
00:14:01Enfin, je vous mentirais
00:14:03si on vous disait
00:14:03qu'on travaillait
00:14:04sur les climatiseurs de demain.
00:14:05C'est quand même
00:14:06beaucoup des enjeux
00:14:07qui sont aujourd'hui
00:14:08faits aujourd'hui
00:14:09par les industriels.
00:14:12On est très en aval.
00:14:13Mais par contre,
00:14:14il y a beaucoup de travail
00:14:15qui est fait, évidemment,
00:14:16sur le réchauffement climatique,
00:14:18aussi sur l'impact.
00:14:19Quand on parlait
00:14:19de ces îlots de chaleur,
00:14:22la modélisation des villes
00:14:23et savoir comment,
00:14:24justement,
00:14:25à partir d'un modèle numérique
00:14:26d'une ville,
00:14:27on est capable
00:14:28d'essayer d'améliorer
00:14:29la vie des citoyens
00:14:30en regardant
00:14:31où est-ce qu'on fait des parcs,
00:14:32où est-ce qu'on fait
00:14:32de la végétalisation,
00:14:34où est-ce que, justement,
00:14:34on essaye de ne pas trop climatiser
00:14:35pour éviter des pics de chaleur,
00:14:37etc.
00:14:38De quelles couleurs
00:14:38on fait les toits, etc.
00:14:39Tout ça est modélisé
00:14:40aujourd'hui numériquement
00:14:41par des équipes
00:14:42très pluridisciplinaires
00:14:43où on a à la fois
00:14:44des mathématiciens,
00:14:45des informaticiens,
00:14:46des gens qui s'occupent
00:14:47d'écologie et d'environnement
00:14:48et qui travaillent ensemble
00:14:49là-dessus.
00:14:50Donc, c'est vraiment
00:14:50des sujets qui sont
00:14:51des sujets d'actualité
00:14:52et qui sont travaillés
00:14:53dans les universités,
00:14:54dans les organismes de recherche.
00:14:55La prochaine rentrée universitaire
00:14:57se prépare en tout cas
00:14:57dès maintenant.
00:14:58Pour les jeunes
00:14:58qui vont entrer
00:14:59dans l'enseignement supérieur,
00:15:00ça passe par Parcoursup.
00:15:02Première chose,
00:15:02est-ce que vous attendez
00:15:03à partir de septembre prochain
00:15:05à une augmentation
00:15:06du nombre d'étudiants ?
00:15:08Alors, oui.
00:15:09Oui, oui.
00:15:09On est toujours
00:15:10dans une vague démographique
00:15:12qui continue à croître
00:15:13et encore pour plusieurs années.
00:15:16Pourquoi ?
00:15:17C'est un mélange
00:15:17de différents phénomènes.
00:15:19D'abord, évidemment,
00:15:19on a un peu de retard
00:15:21par rapport à la déprise
00:15:22démographique
00:15:23qu'on voit aujourd'hui
00:15:24dans l'enseignement scolaire,
00:15:25évidemment.
00:15:26Et puis, d'autre part,
00:15:27on a d'autres phénomènes
00:15:28qui sont des phénomènes
00:15:29plus conjoncturels.
00:15:30On constate
00:15:31un allongement
00:15:33de la durée d'études,
00:15:34d'une part.
00:15:35Et puis, parfois aussi,
00:15:37des questionnements
00:15:38dès que la conjoncture économique
00:15:39est un peu moins bonne.
00:15:40On voit aussi
00:15:40qu'il y a des étudiants
00:15:41qui ont tendance
00:15:42à prolonger aussi leurs études.
00:15:43Donc, plus d'étudiants
00:15:45du fait de tout ça ?
00:15:46Oui, et en pratique...
00:15:46Combien d'étudiants ça fait ?
00:15:47On est à 3 millions
00:15:48à peu près aujourd'hui.
00:15:49Et aujourd'hui,
00:15:501 million d'étudiants
00:15:51qui étaient sur la plateforme
00:15:52Parcoursup.
00:15:53Donc, c'est quand même
00:15:54beaucoup.
00:15:55C'est énormément de...
00:15:56Est-ce que vous diriez
00:15:57que la rentrée prochaine,
00:15:58ce sera l'une des plus chargées ?
00:16:00C'est une rentrée
00:16:01qui sera chargée,
00:16:02en particulier
00:16:03pour le premier cycle,
00:16:04évidemment.
00:16:05Pour ceux qui arrivent, quoi.
00:16:05Et alors,
00:16:06elle est chargée,
00:16:06mais pas de manière uniforme.
00:16:08C'est-à-dire qu'il y a des...
00:16:09Parce que ce que je vous ai donné,
00:16:10c'est une vision nationale.
00:16:11Évidemment,
00:16:12il faut la décliner localement.
00:16:13Et donc ?
00:16:13Vous avez des territoires
00:16:14qui sont déjà un peu
00:16:15en déprise démographique
00:16:16et puis d'autres
00:16:17qui sont en pleine croissance.
00:16:18L'Île-de-France,
00:16:18il y a une pression
00:16:19qui est extrêmement forte.
00:16:20C'est notre enjeu majeur,
00:16:21en particulier sur Parcoursup.
00:16:23Donc, un afflux d'étudiants
00:16:24en Île-de-France.
00:16:24Oui,
00:16:25beaucoup d'étudiants
00:16:26qui sont attirés
00:16:26à la fois par les universités
00:16:29de Paris,
00:16:30mais aussi
00:16:31les très belles universités
00:16:33qui sont en Île-de-France.
00:16:34Et puis d'autres territoires
00:16:41et donc, évidemment,
00:16:42la situation n'est pas du tout homogène
00:16:44et il faut qu'on soit
00:16:44très attentif à ça.
00:16:45La tension,
00:16:46elle est maximale
00:16:46en Île-de-France.
00:16:48Justement,
00:16:49vous l'avez dit,
00:16:49un million de lycéens
00:16:51sur Parcoursup.
00:16:52Est-ce qu'il y aura
00:16:52assez de place
00:16:53pour tout le monde
00:16:54à la fin ?
00:16:54Alors,
00:16:55ce n'est pas un million de lycéens
00:16:58parce qu'en fait,
00:16:58dans le million,
00:16:59vous avez à la fois
00:17:02des lycéens
00:17:03qui sont en train
00:17:03de passer leur baccalauréat.
00:17:04Et ceux qui font Parcoursup
00:17:05au long de leur carrière.
00:17:07les gens qui reprennent
00:17:09leurs études
00:17:09et puis aussi
00:17:10beaucoup de réorientation.
00:17:11On a presque 200 000 réorientations,
00:17:13c'est-à-dire des jeunes
00:17:13qui, à un moment donné,
00:17:15ont commencé un parcours
00:17:16et puis qui changent d'avis.
00:17:18Et c'est souvent,
00:17:19là aussi,
00:17:20alors évidemment,
00:17:20ce serait plus simple
00:17:20s'ils trouvaient directement
00:17:23leur choix du premier coup
00:17:24et puis ça nous économiserait
00:17:25de l'argent.
00:17:25En même temps,
00:17:26je voudrais quand même
00:17:27valoriser ces parcours
00:17:28parce que d'abord,
00:17:29très souvent,
00:17:29ces gens qui se réinscrivent
00:17:30et qui changent,
00:17:31après, ils réussissent.
00:17:32Et aujourd'hui,
00:17:33on ne peut que constater
00:17:35que c'est un phénomène
00:17:36qui est en augmentation.
00:17:36Est-ce qu'il y aura assez de place
00:17:37pour tout le monde ?
00:17:38Tout le monde aura de la place.
00:17:40Écoutez,
00:17:40à ce stade,
00:17:41on a 85,5%
00:17:44de lycéens
00:17:45qui ont une proposition.
00:17:46C'est à peu près,
00:17:48vraiment au dixième de point près,
00:17:50les mêmes chiffres
00:17:50qu'à la même époque
00:17:51que l'an dernier,
00:17:52avec beaucoup plus de lycéens
00:17:54sur la plateforme.
00:17:55Donc ça veut dire
00:17:56qu'aujourd'hui,
00:17:56globalement,
00:17:57ça fonctionne.
00:17:58L'an dernier,
00:17:59on a terminé la campagne,
00:18:01si je peux appeler ça
00:18:02une campagne,
00:18:02à la fin du mois de septembre,
00:18:04avec 38 personnes,
00:18:0538,
00:18:06sur un peu moins
00:18:07d'un million l'an dernier,
00:18:08donc 38
00:18:09qui voulaient continuer
00:18:10leurs études
00:18:11et pour lesquelles
00:18:11on n'avait pas trouvé
00:18:12de solution.
00:18:13Donc ça veut dire,
00:18:14moi, mon message,
00:18:15il est simple,
00:18:15c'est que tous les jeunes
00:18:16qui veulent poursuivre
00:18:17leurs études,
00:18:18enfin qui veulent
00:18:19commencer leurs études
00:18:20ou les reprendre
00:18:21et qui n'ont pas de solution
00:18:23et qui le demandent,
00:18:24on les accompagnera
00:18:26et on leur trouvera
00:18:27des solutions.
00:18:28Quitte s'ils veulent Paris
00:18:29à se retrouver
00:18:30dans le Grand Est.
00:18:31Non,
00:18:31ça c'est,
00:18:32enfin en général,
00:18:32on est très raisonnable,
00:18:34alors on est très raisonnable,
00:18:35vous savez,
00:18:35c'est un travail
00:18:36de très longue haleine,
00:18:37c'est pendant...
00:18:38Parce que c'est là
00:18:38où il y a de la place,
00:18:39j'imagine.
00:18:39Oui,
00:18:39alors mais on trouve
00:18:40des places,
00:18:41on n'est pas non plus
00:18:41parce que ça coûte cher
00:18:42de faire ses études
00:18:43loin de chez soi,
00:18:44donc on essaye aussi
00:18:44de tenir compte
00:18:45de ce que veut le jeune.
00:18:46Mais ça coûte peut-être
00:18:47moins cher dans le Grand Est
00:18:48qu'en Ile-de-France.
00:18:48Oui,
00:18:48mais enfin,
00:18:49quand vous êtes,
00:18:58je vais le dire
00:18:59parce que je veux
00:18:59rendre hommage
00:19:00aux gens qui le font,
00:19:01c'est à la fois
00:19:02des profs du lycée,
00:19:06des personnes du rectorat
00:19:08et puis des maîtres
00:19:10de conférences
00:19:10ou des professeurs
00:19:11des universités
00:19:12qui se réunissent
00:19:13dans chaque académie
00:19:15et qui regardent
00:19:16dossier par dossier
00:19:18les jeunes
00:19:18qui n'ont pas de solution
00:19:19et qui trouvent des solutions
00:19:20un par un aux jeunes
00:19:21en les appelant,
00:19:23en discutant avec eux
00:19:23et ça pendant tout l'été.
00:19:25Et comment vous expliquez...
00:19:25Donc merci à eux
00:19:26parce que ça,
00:19:26c'est servir la République,
00:19:27c'est servir les jeunes.
00:19:27Comment vous expliquez
00:19:28qu'aujourd'hui,
00:19:29pour de nombreux élèves
00:19:30et pour leurs parents,
00:19:31Parcoursup,
00:19:32ce soit l'angoisse absolue ?
00:19:34Alors,
00:19:34bien sûr,
00:19:35je comprends.
00:19:36Je pense qu'il y a deux choses.
00:19:37Il y a la question
00:19:38de la plateforme numérique.
00:19:39Est-ce que la plateforme numérique
00:19:40aujourd'hui fonctionne ?
00:19:41Honnêtement,
00:19:42enfin,
00:19:43oui,
00:19:43elle fonctionne.
00:19:44Elle va beaucoup plus vite
00:19:45qu'avant.
00:19:46Elle est assez efficace.
00:19:48C'est une source d'information
00:19:48absolument incroyable,
00:19:50etc.
00:19:51Après,
00:19:52il y a une deuxième question
00:19:53qui est beaucoup plus complexe.
00:19:54Ça ne veut pas dire
00:19:55qu'il ne faut pas la changer.
00:19:56On peut la changer.
00:19:57On peut la modifier.
00:19:58On peut encore l'améliorer.
00:19:59Moi,
00:20:00je suis très ouvert là-dessus.
00:20:01Après,
00:20:01il y a une autre question
00:20:02qui est beaucoup plus complexe.
00:20:03C'est comment on travaille
00:20:06sur l'orientation ?
00:20:08Parce qu'en fait,
00:20:09j'ai envie de dire,
00:20:09quelque chose soit le système
00:20:10que vous mettiez en place.
00:20:11Ce qui est abyssal,
00:20:12c'est que vous arrivez
00:20:13à la fin de votre lycée.
00:20:14Alors,
00:20:14soit vous avez bien travaillé
00:20:15avant votre projet.
00:20:17Vous savez ce que vous voulez faire
00:20:18et vous êtes prêts.
00:20:19Mais la plupart du temps,
00:20:20les jeunes,
00:20:21en fait,
00:20:21ne sont pas prêts.
00:20:22Enfin,
00:20:22ils ne sont pas prêts.
00:20:23Ils ont peut-être,
00:20:24au mieux,
00:20:25ils ont plusieurs projets
00:20:26et ils hésitent.
00:20:27Mais ça,
00:20:27c'est le choix.
00:20:30mais c'est déjà vachement bien
00:20:31parce que ça veut dire
00:20:31que vous avez plusieurs projets.
00:20:33Mais il y a aussi
00:20:34énormément de jeunes
00:20:34qui n'ont pas de projet.
00:20:36Et c'est ça qui est stressant
00:20:37et qui est abyssal.
00:20:38Et puis après,
00:20:39il y a toujours aussi,
00:20:40évidemment,
00:20:41sur un million de jeunes,
00:20:42vous trouverez toujours
00:20:43des cas qui vont être compliqués
00:20:44ou peut-être que le dossier
00:20:45a été mal évalué
00:20:47à tel endroit
00:20:47et à tel autre.
00:20:48Dans des cas de stress intense,
00:20:49ça existe aussi.
00:20:50Est-ce que vous savez
00:20:50que certaines grandes entreprises
00:20:51ou certaines parents
00:20:52prennent même des coachs
00:20:54pour savoir comment s'inscrire,
00:20:56quels sont les bons choix
00:20:56à faire,
00:20:57quels sont les pièges ?
00:20:58Est-ce qu'il n'y a pas
00:20:58une inégalité
00:20:59entre des familles
00:21:00qui peuvent se permettre
00:21:01d'avoir des conseils
00:21:02de Parcoursup ?
00:21:03En tout cas,
00:21:04moi,
00:21:04je vous déconseille très fortement
00:21:05à quiconque
00:21:06d'aller chercher
00:21:07des coachs privés
00:21:08pour Parcoursup
00:21:09qui vous aident,
00:21:10soi-disant,
00:21:11à avoir une stratégie,
00:21:12etc.
00:21:13Il y a peut-être
00:21:14des gens très bien
00:21:15qui font ça,
00:21:15mais globalement,
00:21:16il n'y a pas de stratégie,
00:21:18les vœux que vous posez,
00:21:19etc.
00:21:20Par contre,
00:21:21ce qui est fondamental,
00:21:22c'est que l'école
00:21:23et les professeurs,
00:21:25enfin l'école,
00:21:26pardon,
00:21:26le lycée,
00:21:27les professeurs du lycée,
00:21:29aussi les psy-ébènes,
00:21:30c'est-à-dire les gens
00:21:30qui font l'orientation,
00:21:32etc.,
00:21:32travaillent avec les jeunes
00:21:33et ils le font aujourd'hui
00:21:35et vraiment,
00:21:36ce sont eux
00:21:37qui sont la source
00:21:37d'information.
00:21:40Donc juste les coachs
00:21:42aussi,
00:21:43les jeunes,
00:21:43enfin plutôt la génération
00:21:45d'après qui va arriver là,
00:21:47c'est qu'il faut en discuter
00:21:48avec tout le monde,
00:21:48avec vos proches.
00:21:49D'accord,
00:21:49mais Philippe-Baptiste,
00:21:50ce que vous avez dit là
00:21:51tout à l'heure,
00:21:51c'est coach d'orientation
00:21:52égale grosse méfiance.
00:21:54Il y a probablement
00:21:55des choses très bien,
00:21:56mais moi,
00:21:57en tout cas,
00:21:57ce que je veux,
00:21:58c'est avoir des systèmes
00:21:58qui permettent d'aider
00:21:59les jeunes à travers les profs,
00:22:01à travers les proches aussi,
00:22:02pour les aider à s'orienter.
00:22:04Et puis c'est aussi...
00:22:04se tournent vers ce genre de système,
00:22:06c'est qu'il y a un vide.
00:22:06Bien sûr,
00:22:07c'est aussi parce que...
00:22:08Mais c'est parce qu'il y a aussi
00:22:09de l'angoisse de l'orientation
00:22:10et je peux le comprendre.
00:22:11Il y a marché
00:22:12pour ces coachs.
00:22:12Bien sûr,
00:22:13mais alors,
00:22:14et on a aussi,
00:22:16j'en profite pour faire
00:22:17un petit peu de publicité,
00:22:18un système qui s'appelle
00:22:19Mon Projet Sup
00:22:20qui permet justement aux jeunes
00:22:23de travailler sur l'orientation.
00:22:24C'est un outil,
00:22:25pour le coup,
00:22:25c'est un outil numérique
00:22:26et ça ne peut pas être
00:22:27le seul outil,
00:22:27mais c'est un outil
00:22:29qui permet,
00:22:29où il y a un peu
00:22:30d'intelligence artificielle,
00:22:31puisque vous avez dit
00:22:31qu'on parlerait
00:22:32d'intelligence artificielle,
00:22:33qui permet aussi aux jeunes,
00:22:37à travers des questions,
00:22:38à travers un dialogue
00:22:39avec la machine,
00:22:40d'essayer de proposer
00:22:42des solutions,
00:22:43de proposer des pistes.
00:22:43Rémi,
00:22:44votre marché,
00:22:45celui de l'enseignement
00:22:46supérieur privé,
00:22:47avec votre projet de loi,
00:22:48qu'est-ce que vous cherchez
00:22:49exactement ?
00:22:49A me rayer certaines formations
00:22:51dites bidons
00:22:52ou avec des faux diplômes ?
00:22:54Comment...
00:22:54Moi, je cherche la qualité.
00:22:56Je suis...
00:22:57L'enseignement supérieur privé,
00:22:58c'est une réalité
00:22:59aujourd'hui en France.
00:23:00C'est 25% des jeunes
00:23:01un jeune sur quatre,
00:23:02il est dans l'enseignement
00:23:03supérieur privé.
00:23:05Moi, ça ne me pose
00:23:05aucune difficulté.
00:23:07Je suis...
00:23:07Il y a de superbes formations publiques,
00:23:10il y a aussi
00:23:10de très bonnes formations privées.
00:23:12Je n'ai pas de problème
00:23:13avec l'un ou avec l'autre.
00:23:14Par contre,
00:23:15ce que je veux,
00:23:16c'est pouvoir garantir
00:23:17à tous les jeunes
00:23:18qui vont demain
00:23:19dans l'enseignement supérieur privé
00:23:21que c'est un enseignement
00:23:22de qualité.
00:23:23Donc, il va falloir des critères.
00:23:24Et ça, aujourd'hui,
00:23:27si je n'ai pas
00:23:27une évolution du droit,
00:23:28je ne suis pas capable
00:23:29de faire ça.
00:23:30C'est-à-dire que moi,
00:23:30je ne peux pas,
00:23:31aujourd'hui,
00:23:32à un moment ou un autre,
00:23:33faire le minimum
00:23:34de régulation
00:23:35qui permette de garantir...
00:23:36Clairement, attendez,
00:23:37le minimum de régulation,
00:23:38c'est-à-dire quoi ?
00:23:38Fermer des établissements ?
00:23:39Alors, ce n'est pas forcément
00:23:40fermer des établissements
00:23:41parce qu'il y a la liberté
00:23:43aussi de l'installation,
00:23:44etc.
00:23:44Alors, c'est quoi ?
00:23:46C'est simplement être capable
00:23:47de dire
00:23:47toutes les formations
00:23:48qui sont sur Parcoursup,
00:23:49toutes les formations
00:23:50qui bénéficient
00:23:51d'un euro d'argent public,
00:23:53y compris à travers
00:23:54l'apprentissage, etc.,
00:23:56sont des formations
00:23:57qui sont des formations
00:23:58qui sont...
00:24:00qui ont été vues
00:24:02et...
00:24:02Honnêtes, quoi.
00:24:03...qui sont des établissements
00:24:05qui sont de qualité.
00:24:06Sinon...
00:24:06Et on ne fait pas
00:24:07une usine à gage,
00:24:08on fait quelque chose de simple.
00:24:09Sinon, ces établissements-là
00:24:10ne seront pas sur Parcoursup.
00:24:13Et ils n'auront pas
00:24:14un euro d'argent public.
00:24:15Et ça, c'est quand même
00:24:16très important parce que...
00:24:17Mais vous savez, en fait,
00:24:19ce qu'on constate aujourd'hui,
00:24:20il y a eu quelques cas
00:24:21qui sont des cas problématiques
00:24:22que vous avez tous vus
00:24:23dans la presse.
00:24:25Bien sûr, je pense que ça constitue
00:24:27une minorité de cas.
00:24:29Mais cette minorité de cas,
00:24:31d'abord, elle insécurise
00:24:32les familles.
00:24:32Puis on parle quand même
00:24:33de milliers,
00:24:33voire de plusieurs milliers
00:24:34de jeunes
00:24:35qu'on est en train
00:24:36de recaser à la petite cuillère
00:24:37suite à la fermeture
00:24:38de tel ou tel établissement.
00:24:40Pardon, mais...
00:24:41C'est quand même un vrai problème.
00:24:43Et puis, c'est une vraie angoisse
00:24:44aussi pour les parents
00:24:45qui se demandent
00:24:45si en payant des frais
00:24:47qui sont parfois très élevés...
00:24:48Si, excusez-moi,
00:24:49je reprends le mot,
00:24:49mais c'est une arnaque, quoi.
00:24:51Exactement.
00:24:52Donc, il faut vraiment
00:24:52qu'on travaille là-dessus.
00:24:53C'est absolument indispensable.
00:24:54Il faut une loi pour ça.
00:24:56Justement.
00:24:56Et sans renoncer à l'apprentissage,
00:24:57qui est vraiment un truc
00:24:58qui est juste clé
00:24:59et qui a été une grande évolution
00:25:01des deux quinquennats.
00:25:02Donc, il faut vraiment
00:25:03faire les deux.
00:25:04Justement, le projet de loi
00:25:05que vous portez
00:25:06a été adopté par les sénateurs,
00:25:07mais il n'a toujours pas
00:25:08été inscrit par le gouvernement
00:25:09à l'ordre du jour
00:25:09de l'Assemblée nationale.
00:25:10Ça veut dire que pour Sébastien Lecornu,
00:25:12ce n'est pas vraiment une priorité ?
00:25:13Non, je crois que c'est une priorité.
00:25:14Le problème n'est pas là.
00:25:16Il n'y a pas de...
00:25:17Enfin, ce qui bloque,
00:25:18c'est l'agenda.
00:25:18L'agenda parlementaire,
00:25:19comme vous le savez,
00:25:20il est légèrement contraint
00:25:21et un petit peu chargé.
00:25:22Vous avez quand même l'espoir
00:25:23que ce soit adopté
00:25:23avant la fin de la session ?
00:25:24Oui, oui, oui.
00:25:25Mais est-ce que ça sera en vue ?
00:25:26Non, non, mais je suis résolument...
00:25:28Mais ça veut dire
00:25:28que ce sera en place
00:25:29pour la rentrée prochaine ?
00:25:29Je suis résolument optimiste.
00:25:30Alors, ça prendra du temps.
00:25:31La mise en place définitive,
00:25:33il y aura des étapes progressives.
00:25:34Je ne vais pas rentrer
00:25:34dans la technique,
00:25:35mais comme vous pouvez imaginer,
00:25:36quand on parle de 25% des formations,
00:25:38donc 25% des établissements
00:25:39qui doivent être,
00:25:40quelque part, évalués,
00:25:41même si c'est une évaluation
00:25:42qui est simple,
00:25:43on ne fait pas non plus
00:25:43une usine à gade.
00:25:44Le but du jeu,
00:25:45c'est de faire quelque chose
00:25:45de simple.
00:25:46Ça nécessite quand même
00:25:47un peu de temps.
00:25:47Ce ne sera pas frais
00:25:48du jour au lendemain.
00:25:49Mais est-ce que ce sera
00:25:49l'année prochaine ?
00:25:50Ce sera bon ?
00:25:51Il y aura déjà
00:25:52des vrais progrès
00:25:53qui auront été faits.
00:25:54Quand vous dites
00:25:54une évaluation,
00:25:55qui l'a fait, cette évaluation ?
00:25:56C'est le Haut Conseil
00:25:57de l'Enseignement supérieur
00:25:58de la Recherche
00:25:59qui sera en charge
00:26:00de cette évaluation
00:26:01en s'associant, évidemment,
00:26:02les personnes compétentes.
00:26:03Parce que s'il y a un problème
00:26:04d'ordre du jour,
00:26:04c'est qu'il y a peut-être
00:26:05un problème de coïncidence, Hervé.
00:26:08En tout cas, vous,
00:26:09vous-même,
00:26:12en abordant ce débat,
00:26:13vous aviez dit
00:26:13qu'il y avait une nécessité
00:26:15de faire le ménage.
00:26:16Là, vous venez de nous répéter
00:26:17que pour vous,
00:26:18c'était une priorité.
00:26:19Donc, le fait que ce soit
00:26:20toujours pas inscrit,
00:26:22c'est vraiment...
00:26:23Non, je pense que ça va...
00:26:25C'est vraiment un retard
00:26:27ou il y a un arbitrage
00:26:28que vous n'avez pas gagné ?
00:26:29Non, vous voyez,
00:26:30ça a été inscrit au Sénat,
00:26:31ce sera inscrit à l'Assemblée
00:26:32un peu plus tard.
00:26:33Vous savez,
00:26:34le calendrier parlementaire,
00:26:35il est compliqué
00:26:35et puis il évolue tout le temps.
00:26:37Donc, voilà,
00:26:38il faut qu'on trouve
00:26:38une ou deux journées
00:26:39de débat à l'Assemblée.
00:26:39Mais vous me dites
00:26:39que ce soir,
00:26:40l'année prochaine pour Parcoursup,
00:26:43ce sera déjà...
00:26:43Il y aura déjà, bien sûr.
00:26:45Oui.
00:26:46L'an dernier,
00:26:47vous aviez lancé un appel
00:26:48aux chercheurs américains
00:26:49à venir étudier en France
00:26:51pour échapper
00:26:53aux coupes budgétaires
00:26:54de l'administration Trump
00:26:55dans leur pays
00:26:56et à certaines formes
00:26:57de censure
00:26:58dans certains programmes
00:26:59d'enseignement aux Etats-Unis.
00:27:01Est-ce que vous en tirez un bilan ?
00:27:02Est-ce que vous pouvez nous dire
00:27:03combien d'étudiants américains
00:27:05sont venus étudier en France
00:27:06et éventuellement dans quel...
00:27:07Ou d'enseignants.
00:27:08Ou d'enseignants.
00:27:09Ou d'enseignants, bien sûr.
00:27:10Et dans quelle filière principalement ?
00:27:12Alors là,
00:27:13on parle essentiellement
00:27:14des chercheurs,
00:27:14enfin chercheurs
00:27:15ou des enseignants-chercheurs
00:27:16qu'on a cherché à tirer.
00:27:18Le bilan,
00:27:19en fait,
00:27:19quand on a lancé ce programme,
00:27:22c'est vrai que c'est en réaction
00:27:23à la fois des coupes budgétaires
00:27:25mais aussi des reculs
00:27:26qui sont très forts
00:27:27sur des libertés académiques,
00:27:30des renoncements
00:27:30à des programmes
00:27:31sur le climat.
00:27:33Des formes de censure,
00:27:34très clairement.
00:27:35Mais voilà,
00:27:35avec des bases de données
00:27:37historiques sur le climat
00:27:38qui ont été débranchées
00:27:39du jour au lendemain.
00:27:40Alors c'est un bon moyen
00:27:41pour éviter de mesurer.
00:27:42Le mieux,
00:27:42c'est de casser le thermomètre
00:27:43comme ça.
00:27:43Donc combien d'enseignants-chercheurs
00:27:44sont venus en France ?
00:27:45En fait,
00:27:46on a une soixantaine aujourd'hui
00:27:47de...
00:27:47Donc ça veut dire
00:27:48à peu près en gros...
00:27:49Parce qu'il a fallu en gros
00:27:50les six premiers mois
00:27:50pour mettre en oeuvre...
00:27:53Parce qu'en fait,
00:27:53on parle de gens
00:27:53qui traversent l'Atlantique,
00:27:55qui déménagent
00:27:55avec leur famille,
00:27:56etc.
00:27:56Donc ça,
00:27:57ça a pris un peu de temps.
00:27:58Mais on en a à peu près
00:27:58maintenant une dizaine
00:27:59par mois qui viennent.
00:28:00C'est à peu près
00:28:01les objectifs.
00:28:02Ça continue ?
00:28:03Ah oui,
00:28:03ça continue
00:28:04et ça va continuer.
00:28:05Et la grande...
00:28:07Enfin,
00:28:07ce que je peux...
00:28:07Le truc le plus frappant,
00:28:09c'est la qualité extraordinaire
00:28:11des gens qu'on recrute.
00:28:13C'est...
00:28:14Parce que quand on a lancé
00:28:14le programme,
00:28:15on ne savait pas trop.
00:28:16J'ai peur,
00:28:17malheureusement,
00:28:17que le meilleur avocat
00:28:18pour nous
00:28:19ne soit le président
00:28:21des États-Unis.
00:28:21Mais la qualité des gens
00:28:23qu'on recrute
00:28:24est absolument exceptionnelle.
00:28:26c'est à la fois
00:28:27l'ancien numéro 2
00:28:28de la NASA,
00:28:30c'est des gens
00:28:30qui sont des spécialistes
00:28:31du climat,
00:28:32mais aussi des gens
00:28:33qui font de la physique,
00:28:34des informaticiens.
00:28:35Enfin, vraiment,
00:28:36ça brasse extrêmement large.
00:28:38On a beaucoup focalisé
00:28:39sur des priorités
00:28:40qui sont les grandes priorités
00:28:41stratégiques du pays.
00:28:42Donc, l'énergie,
00:28:44le numérique,
00:28:45le climat,
00:28:46la santé.
00:28:47Le programme va être prolongé ?
00:28:48Et le programme va continuer,
00:28:49évidemment.
00:28:50Ça a été annoncé initialement
00:28:51par le président de la République
00:28:52pour une centaine
00:28:53de millions d'euros.
00:28:54On est encore loin
00:28:55d'avoir fait ça.
00:28:56C'est à la fois très, très bien.
00:28:58Je voudrais aussi
00:28:59rester modeste.
00:29:00On n'est pas en train
00:29:01de parler de quelques dizaines
00:29:03de gens
00:29:03qui ont recruté par mois
00:29:04dans le système
00:29:05de l'enseignement supérieur
00:29:06et de la recherche
00:29:06où on a beaucoup
00:29:08de chercheurs,
00:29:09beaucoup d'enseignants-chercheurs
00:29:10qui sont en place aujourd'hui.
00:29:12Donc, c'est pas
00:29:13un conversement radical.
00:29:14de Français
00:29:14qui partent à l'étranger.
00:29:15C'est très bien.
00:29:15Et je voudrais aussi dire
00:29:16que ce n'est pas non plus
00:29:17la première fois
00:29:18qu'on recrute des Nord-américains.
00:29:19Je veux dire,
00:29:20au CNRS,
00:29:21vous avez plus de la moitié
00:29:23des gens qui sont recrutés,
00:29:24qui ont fait leur thèse
00:29:25en dehors des Nord-de-France.
00:29:26Ça, c'est ce qu'il y a des Français
00:29:27qui partent aux Etats-Unis.
00:29:28Ça continue ?
00:29:28Bien sûr.
00:29:29Mais moi, ça ne m'inquiète pas.
00:29:31Ça ne m'a jamais inquiété.
00:29:31Parce qu'en fait,
00:29:32je pense que vous savez,
00:29:33ce qui serait inquiétant,
00:29:34c'est si un jour,
00:29:35on se rendait compte
00:29:35que les gens quittaient le pays
00:29:37et que personne ne venait.
00:29:38Ça, ce serait très inquiétant.
00:29:39Mais en fait,
00:29:40c'est le mouvement des cerveaux.
00:29:41Et vous ne concevez pas
00:29:42la recherche ou l'enseignement supérieur
00:29:44uniquement dans votre pays.
00:29:45Ce n'est pas national,
00:29:46c'est international.
00:29:47Rémi ?
00:29:48La semaine dernière,
00:29:49l'Université Paris-Cité
00:29:50avait retiré son doctorat
00:29:51au physicien Etienne Klein
00:29:52en raison de plagiat.
00:29:55Est-ce que c'est une décision
00:29:55que vous soutenez ?
00:29:57Moi, je n'ai pas à la soutenir
00:29:58ou pas à la soutenir.
00:29:59C'est une décision
00:30:01qui a été prise
00:30:02par un conseil disciplinaire
00:30:04de l'Université.
00:30:06J'étais comme beaucoup de gens,
00:30:08je pense,
00:30:09peut-être de vos auditeurs aussi,
00:30:11j'ai beaucoup écouté Etienne Klein,
00:30:15vulgarisateur extraordinaire.
00:30:16Extraordinaire,
00:30:17qui a une capacité
00:30:18à faire passer des messages,
00:30:21une compréhension
00:30:22des phénomènes les plus complexes,
00:30:23un immense talent
00:30:24de ce point de vue-là.
00:30:25Et donc, je dois dire
00:30:26que comme beaucoup,
00:30:27j'étais assez peiné
00:30:30de constater ça
00:30:32et puis de constater aussi
00:30:34que quelque part,
00:30:36avec ce talent et avec ça,
00:30:38on attendait aussi une exigence,
00:30:40évidemment,
00:30:42et ce qu'on voit là
00:30:43est quand même assez triste.
00:30:44Il faut une tolérance zéro
00:30:45face au plagiat.
00:30:46En tout cas,
00:30:48quelque part,
00:30:49le plagiat,
00:30:49bien sûr,
00:30:50le plagiat pur,
00:30:51ça ne peut pas être autorisé.
00:30:53Après, reprendre des sources,
00:30:55réutiliser des sources,
00:30:56ça fait partie du travail
00:30:57du chercheur,
00:30:58évidemment.
00:30:58Et on ne construit pas
00:30:59sur rien,
00:31:00on construit sur l'histoire,
00:31:01on construit sur ce qui se fait
00:31:03autour de nous
00:31:03et derrière nous,
00:31:04en permanence.
00:31:05C'est ça, la recherche.
00:31:06L'année dernière,
00:31:07rien à voir à votre sujet,
00:31:08l'année dernière,
00:31:08182 millions d'euros
00:31:09ont été annulés,
00:31:11182 millions d'euros
00:31:12de crédits ont été annulés
00:31:13sur la recherche spéciale,
00:31:15la recherche scientifique
00:31:15et spatiale.
00:31:16Vous,
00:31:17en tant qu'ancien président
00:31:18du CNES,
00:31:18ça ne vous dérange pas ?
00:31:22Tout euro annulé
00:31:23me dérange,
00:31:24évidemment.
00:31:26Pourquoi ?
00:31:27Parce qu'en fait,
00:31:28la recherche,
00:31:28pourquoi c'est important,
00:31:29la recherche ?
00:31:30Je vais répondre spécifiquement
00:31:31à votre question.
00:31:32Pourquoi c'est important,
00:31:33la recherche ?
00:31:33Parce que quand vous faites
00:31:34de la recherche,
00:31:35non seulement vous travaillez
00:31:36pour comprendre le monde,
00:31:37et ça c'est vrai
00:31:38en sciences humaines et sociales,
00:31:40en astrophysique
00:31:40ou en chimie théorique,
00:31:42mais aussi,
00:31:44vous construisez
00:31:46de la technologie,
00:31:47vous construisez
00:31:49des outils
00:31:50qui vont permettre
00:31:50d'innover
00:31:51et de créer
00:31:53les usines,
00:31:53les emplois,
00:31:54les produits de demain.
00:31:55Alors, ok, d'accord,
00:31:55mais sur le CNES ?
00:31:56Non, mais attendez,
00:31:57c'est juste fondamental.
00:31:58Sur le Centre national
00:31:59des dispositifs spatiales ?
00:32:00Après, sur le CNES,
00:32:01en fait, simplement,
00:32:02alors, il faut revenir
00:32:04à l'ensemble
00:32:05de l'équilibre budgétaire
00:32:06du CNES,
00:32:07qui avait augmenté au début,
00:32:08qui a été un peu réduit là,
00:32:10et puis il y a eu
00:32:10des transferts aussi
00:32:11entre ce qu'on a fait au CNES
00:32:13et puis ce qu'on a fait
00:32:14au sein de l'Agence spatiale européenne.
00:32:16À la fin,
00:32:16le spatial,
00:32:17c'est une priorité du pays,
00:32:19ça a été réaffirmé
00:32:20par le Président de la République,
00:32:21des crédits budgétaires
00:32:22qui sont globalement
00:32:23en hausse,
00:32:24très significatives
00:32:25quand on prend
00:32:26l'ensemble de l'enveloppe.
00:32:27Vous n'avez rien pu faire
00:32:27pour vous y opposer ?
00:32:28Vous n'éviez pas l'oreille ?
00:32:29Oui, vous savez,
00:32:30les discussions budgétaires,
00:32:31ce n'est pas l'oreille.
00:32:32C'est un peu à 2 millions d'euros.
00:32:33Vous savez,
00:32:33oui, oui,
00:32:34mais il faut voir ça aussi
00:32:35à l'aune aussi
00:32:36du budget global
00:32:37de chaque établissement.
00:32:38Donc, évidemment,
00:32:39moi, je suis très attentif
00:32:41au budget du CNES.
00:32:42Ça ne se reproduira pas.
00:32:42Moi, je connais,
00:32:43je connais en plus
00:32:44les équipes du CNES,
00:32:45je connais leur engagement
00:32:46et leur passion,
00:32:47non seulement pour le spatial,
00:32:47Est-ce que vous pouvez leur dire
00:32:48ce soir
00:32:48que ça ne se reproduira pas ?
00:32:50Comment pourrais-je leur dire ça ?
00:32:52Il ne faut plus couper dans...
00:32:53Vous savez comme moi,
00:32:54à la chaîne parlementaire,
00:33:00en l'occurrence.
00:33:01Donc, on verra ça
00:33:02au moment où le budget
00:33:03sera voté.
00:33:04On va accélérer
00:33:05parce qu'on a beaucoup
00:33:05de sujets à faire.
00:33:06Je peux leur dire
00:33:06qu'effectivement,
00:33:07je défendrai le budget spatial
00:33:08comme je défendrai
00:33:09le budget de la recherche
00:33:10avec passion.
00:33:11En tout cas,
00:33:12il faut qu'on avance
00:33:12parce qu'on a beaucoup
00:33:13de questions
00:33:13et on a très, très peu de temps.
00:33:15Il y a un mois,
00:33:15ont été lancés
00:33:16les repas à 1 euro
00:33:17dans les restaurants universitaires.
00:33:18C'est un succès, j'imagine.
00:33:20Est-ce que ça a augmenté
00:33:21la fréquentation
00:33:22dans les restos universitaires ?
00:33:23Oui, ça a très significativement
00:33:24augmenté la fréquentation.
00:33:25En moyenne,
00:33:26on doit être à peu près
00:33:27à 12% de fréquentation en plus.
00:33:29Date, date,
00:33:30parce que...
00:33:31Oui, c'était au mois de mai.
00:33:32Voilà, c'est ça.
00:33:32C'est-à-dire qu'il faut
00:33:32que les fréquentations...
00:33:34Par rapport au mai
00:33:35de l'année dernière.
00:33:36Voilà, ne sont pas les mêmes
00:33:36de mois en mois.
00:33:37Et donc, le pic est devant nous
00:33:40parce qu'en fait,
00:33:41on sait qu'en fait,
00:33:42le gros,
00:33:43ça commence à partir
00:33:44du mois de septembre,
00:33:45donc de septembre à avril,
00:33:46c'est là.
00:33:47Et donc, voilà,
00:33:48on sait que c'est un énorme travail
00:33:49pour les équipes
00:33:51dans les restaurants universitaires,
00:33:52les équipes du Proust et du CNUS.
00:33:53Est-ce que vous aurez les moyens
00:33:55de financer ce dispositif ?
00:33:58Oui.
00:33:58Moyens financiers,
00:33:59il semble que l'État
00:34:01cherche de l'argent.
00:34:02Moyens humains,
00:34:03il faut embaucher des gens.
00:34:04On voit des files d'attente
00:34:06d'étudiants.
00:34:07Alors, les files d'attente
00:34:07d'étudiants, malheureusement,
00:34:08ne sont pas nouvelles.
00:34:10C'est-à-dire que...
00:34:11Mais là, ça ne fait qu'augmenter.
00:34:12Bien sûr, et ça augmente.
00:34:13Donc, le but du jeu, évidemment,
00:34:14c'est de ne pas augmenter les files
00:34:16et c'est de servir plus de repas
00:34:18et pas d'avoir...
00:34:18Donc, pour ça, vous avez des moyens
00:34:20logistiques et humains.
00:34:22Bien sûr, dès l'année 2026,
00:34:24où il y a plus de 50 millions d'euros
00:34:25qui ont déjà été mis sur la table.
00:34:28Et pour la rentrée, par exemple.
00:34:29Certaines emplois.
00:34:29Et après, pour 2027,
00:34:31donc pour l'année budgétaire suivante.
00:34:33Alors là aussi,
00:34:33le budget n'est pas bouclé,
00:34:35mais les ordres de grandeur
00:34:36dont on est en train de parler,
00:34:37c'est à peu près 120,
00:34:38130 millions d'euros
00:34:39qu'il faudra mettre sur la table
00:34:40pour l'année pleine.
00:34:41Et puis derrière,
00:34:42c'est aussi des recrutements.
00:34:43Mais vous savez, là aussi...
00:34:44Beaucoup de recrutements ?
00:34:46L'ordre de grandeur,
00:34:47c'est la centaine,
00:34:48mais après...
00:34:49Beaucoup ?
00:34:52Après, il faut regarder au cas par cas,
00:34:54parce que vous savez,
00:34:55les investissements,
00:34:56ça peut être...
00:34:57Quand vous voulez augmenter
00:34:57la capacité d'un CRUS,
00:34:59ça peut être effectivement
00:35:00recruter des gens,
00:35:01mais ça peut être acheter une machine,
00:35:02ça peut être ouvrir le CRUS
00:35:03le soir alors qu'il était...
00:35:05Enfin, le restaurant universitaire
00:35:06le soir alors qu'il était fermé,
00:35:07etc.
00:35:08Donc c'est vraiment au cas par cas.
00:35:09Et là aussi,
00:35:09on regarde région par région.
00:35:11LV ?
00:35:11Les conclusions des assises,
00:35:12du financement des universités
00:35:14ont été rendues publiques ?
00:35:16Non.
00:35:16Non.
00:35:16Enfin, oui, mais allez-y.
00:35:18Assez largement rendues publiques
00:35:20la semaine dernière.
00:35:22Une de leurs préconisations,
00:35:25c'est d'arriver jusqu'à 10%
00:35:28du budget des universités
00:35:29qui viendraient des droits d'inscription.
00:35:31Tout le monde a traduit cela aussitôt
00:35:33par la perspective d'une augmentation
00:35:35des droits d'inscription.
00:35:37Vous avez dit que ce ne serait pas le cas
00:35:39à la rentrée.
00:35:40Sur le fond,
00:35:40est-ce que cette augmentation
00:35:42des droits d'inscription
00:35:43est inéluctable ou pas ?
00:35:45Et est-ce qu'à terme,
00:35:46l'État peut continuer
00:35:47à financer correctement
00:35:48ces universités ?
00:35:50Alors, je pense que ça,
00:35:51c'est effectivement,
00:35:51c'est la vraie question.
00:35:53Première chose,
00:35:53est-ce que c'est inéluctable
00:35:54que les droits d'inscription augmentent ?
00:35:55La première chose
00:35:56que je vais dire,
00:35:56si vous voulez bien,
00:35:57c'est déjà de dire
00:35:58que pour la rentrée prochaine,
00:36:00comme je l'ai déjà dit,
00:36:01je pense une cinquantaine de fois,
00:36:02mais je vais le redire
00:36:03une cinquantaine de fois,
00:36:04ça n'augmentera pas.
00:36:05D'accord, mais à terme.
00:36:06C'est important parce que...
00:36:07Très bien, mais à terme,
00:36:09puisque là,
00:36:09on voit sur l'avenir.
00:36:10À terme,
00:36:11moi, ce que je considère aujourd'hui,
00:36:12c'est qu'on a besoin
00:36:13de réinvestir dans les universités.
00:36:15Donc ?
00:36:15On a besoin de réinvestir.
00:36:17Donc ?
00:36:17Pour réinvestir dans les universités,
00:36:19vous avez deux options.
00:36:20La première option,
00:36:21c'est d'augmenter l'effort de l'État
00:36:25pour les universités.
00:36:27Option 1.
00:36:28L'option 2,
00:36:28c'est de dire effectivement,
00:36:30il faut faire contribuer
00:36:32les étudiants
00:36:33à une petite fraction,
00:36:35enfin plus qu'aujourd'hui,
00:36:36au coût de la formation.
00:36:38Je pense que ce débat,
00:36:40il doit avoir lieu.
00:36:41Oui, d'accord.
00:36:42Mais non, mais pardon,
00:36:42mais il doit avoir lieu.
00:36:43J'entends.
00:36:44C'est déjà un changement.
00:36:45Ben oui, mais ce débat
00:36:46doit avoir lieu.
00:36:47Donc ça veut dire que l'augmentation
00:36:47des droits d'inscription
00:36:48n'est pas un tabou.
00:36:49Comme il ne vous a sans doute pas échappé
00:36:50que ce n'est probablement pas moi
00:36:53qui mettrai en place ces mesures-là.
00:36:55Non, mais on a...
00:36:56Ce débat doit avoir lieu.
00:36:57Je pense que ça doit être l'objet,
00:36:59un des objets
00:37:00de la campagne présidentielle.
00:37:02Je pense que cette question
00:37:03doit être débattue.
00:37:04Et je pense qu'elle est normale.
00:37:05Ce n'est pas un tabou
00:37:05d'augmenter les droits d'inscription.
00:37:07Pour moi, ce n'est pas un tabou
00:37:08à titre personnel.
00:37:09Encore une fois,
00:37:09on ne peut pas le faire là.
00:37:11Pour moi, ce n'est pas un tabou.
00:37:12Par contre, ce qui serait un tabou
00:37:13pour moi,
00:37:14c'est que cette augmentation
00:37:15des droits contribue
00:37:17à exclure du système
00:37:18un certain nombre de jeunes.
00:37:19Donc, vous compensez au fait comment ?
00:37:21Mais ça veut dire que très concrètement,
00:37:23je crois que si des droits
00:37:24à un moment ou à un autre
00:37:25doivent être débattus,
00:37:26pour moi, personnellement,
00:37:28il me semble que ces droits
00:37:29déjà ne devraient pas concerner
00:37:30tous ceux qui sont aujourd'hui boursiers
00:37:32et qu'il faut garder...
00:37:33Donc, ce serait en fonction
00:37:33des revenus ?
00:37:35Et probablement,
00:37:36regarder des systèmes
00:37:36qui sont déjà en place
00:37:38dans un certain nombre
00:37:39de grandes écoles,
00:37:40à Centrale ou à Sciences Po.
00:37:41C'est-à-dire en fonction
00:37:41des revenus des parents
00:37:42ou des étudiants ?
00:37:42En fonction des revenus des ménages,
00:37:43effectivement,
00:37:44avoir des contributions relatives.
00:37:46Je pense que c'est des choses
00:37:46qui pourraient être regardées,
00:37:48mais je pense qu'il faut
00:37:49qu'il y ait un débat sur le sujet.
00:37:50Mais c'est votre avis en tout cas.
00:37:51Et c'est un débat privant,
00:37:52je le sais bien.
00:37:52On a entendu votre avis.
00:37:53Elsa ?
00:37:54Alors, eux,
00:37:54leurs frais d'inscription
00:37:56vont augmenter
00:37:57à la rentrée à l'université,
00:38:03ce que des étudiants disent.
00:38:04Finalement, c'est trop cher,
00:38:053 000 euros, la licence.
00:38:06Et regardez ce qui se passe
00:38:07dans les grands pays anglo-saxons.
00:38:09Je n'ai pas l'impression
00:38:10que ça leur ait posé
00:38:10de grandes difficultés
00:38:11d'avoir des frais d'inscription
00:38:13qui, eux, pour le coup,
00:38:14sont souvent exorbitants
00:38:16parce qu'on n'est pas en train
00:38:16de parler de 1 000 ou de 1 000 euros.
00:38:21On est en train de parler...
00:38:22Ça fait même partie du prestige.
00:38:24Exactement.
00:38:25Donc, de ce point de vue-là,
00:38:27à mon avis,
00:38:27ce débat n'existe pas vraiment.
00:38:29La vraie question,
00:38:30nous, ce qu'on dit,
00:38:31d'abord, les droits
00:38:32n'augmentent pas,
00:38:33pour les étudiants internationaux
00:38:34parce que c'est les tarifs
00:38:35qui avaient déjà été décidés
00:38:36en 2019
00:38:37et qui étaient, on va dire,
00:38:38mal appliqués.
00:38:39Donc, la réforme qui vient là,
00:38:41c'est une réforme
00:38:41qui, d'abord, a pour objet
00:38:43qui réaffirme le fait
00:38:44qu'on veut accueillir massivement
00:38:45des étudiants internationaux,
00:38:48européens et non communautaires
00:38:50parce qu'on en a besoin.
00:38:51Et ça, c'est quand même
00:38:52un point politique qui est important.
00:38:53C'est-à-dire qu'on n'est pas du tout
00:38:55dans une logique de fermeture du pays,
00:38:57mais bien d'ouverture.
00:38:58Par contre, on dit,
00:38:59il y a des filières
00:38:59qui sont prioritaires
00:39:00parce qu'on en a besoin
00:39:01et il faut que les étudiants
00:39:03payent une contribution
00:39:04qui n'est qu'à un tiers du coût réel.
00:39:06Un tiers, un tiers.
00:39:07Ça veut dire que les deux tiers
00:39:08sont encore payés
00:39:09par, aujourd'hui,
00:39:10nos concitoyens.
00:39:11Pour la première fois,
00:39:12des études pointent
00:39:12le décrochage des jeunes diplômés
00:39:14Bac plus 5
00:39:14au moment d'entrée
00:39:16sur le marché de l'emploi.
00:39:17C'est passé de 75%
00:39:18de taux d'insertion à 65%.
00:39:20Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:39:21C'est l'IA ?
00:39:22Alors, je pense qu'il y a
00:39:23différents phénomènes
00:39:23qui sont en cours aujourd'hui.
00:39:25On peut mettre en avant
00:39:26les questions autour de l'IA.
00:39:28Ça peut être aussi
00:39:29la conjoncture économique
00:39:30qui, souvent, comme vous le savez,
00:39:32frappe souvent d'abord
00:39:33les tout jeunes diplômés
00:39:35et peut ralentir
00:39:36leur niveau d'insertion.
00:39:37Donc, je pense qu'il faut
00:39:38regarder dans la durée,
00:39:39pas simplement regarder
00:39:40un chiffre.
00:39:41Il y a une inquiétude quand même ?
00:39:42Il faut vraiment regarder
00:39:42dans la durée.
00:39:43Il y a une vigilance,
00:39:44en tout cas,
00:39:44une vigilance importante
00:39:45sur le sujet.
00:39:48Hugo ?
00:39:48Oui, monsieur le ministre,
00:39:50il y a une question de Stéphane
00:39:51qui dit
00:39:51« Je suis mentor
00:39:52pour des apprentis ingénieurs
00:39:53en informatique »
00:39:54et souvent, j'entends parler
00:39:55d'apprentis qui,
00:39:56à la fin de leur cursus,
00:39:57ne sont pas pris par leur boîte
00:39:58pour des raisons bancales
00:39:59voire fausses.
00:40:00Ce qui démotive les apprentis,
00:40:01ne faudrait-il pas renforcer
00:40:02la contrainte d'embauche
00:40:03ou au moins la justification
00:40:05de non-embauche ?
00:40:07Alors, moi,
00:40:08honnêtement, non.
00:40:09Je pense que ça,
00:40:10pardon de dire les choses
00:40:11brutalement,
00:40:12mais je pense que
00:40:12si vous êtes une entreprise
00:40:14et qu'on vous dit
00:40:14quand vous prenez un apprenti,
00:40:16vous êtes obligé
00:40:16de l'embaucher
00:40:17ou vous êtes obligé
00:40:18d'expliquer
00:40:19pourquoi vous ne voulez pas
00:40:20l'embaucher à la fin,
00:40:21c'est le meilleur moyen
00:40:22pour être sûr et certain
00:40:23qu'il n'y aura jamais d'apprentis.
00:40:24Moi, l'apprentissage,
00:40:25globalement,
00:40:25ça marche très très bien
00:40:26aujourd'hui.
00:40:27C'est quand même
00:40:27un des grands succès
00:40:28des dernières années.
00:40:29Il faut continuer,
00:40:30il faut laisser de la liberté
00:40:31aux différents acteurs
00:40:32et c'est du gagnant-gagnant.
00:40:33Oui, Baptiste,
00:40:34on va parler de la Corse maintenant
00:40:35parce que ça vient en débat
00:40:36à l'Assemblée nationale
00:40:36demain à Hervé.
00:40:37L'Assemblée nationale
00:40:38va examiner le texte
00:40:40sur l'autonomie
00:40:41du statut de la Corse.
00:40:43Dans ce texte,
00:40:44il y a une reconnaissance
00:40:47d'une communauté insulaire
00:40:50historique, linguistique
00:40:51et culturelle de la Corse.
00:40:53Quelles conséquences
00:40:54ça entraîne
00:40:55sur, par exemple,
00:40:57l'université de Corté ?
00:40:58Est-ce que ça implique
00:40:59des changements
00:41:00pour cette université
00:41:02et sur le contenu
00:41:02des enseignements ?
00:41:03Déjà, c'est une très belle université.
00:41:06Alors, la spécificité
00:41:09de l'université,
00:41:10c'est qu'aujourd'hui,
00:41:11contrairement à l'éducation nationale
00:41:12où l'éducation nationale
00:41:14fixe des programmes
00:41:15et vous dit en gros
00:41:16tel niveau, tel machin,
00:41:18c'est tel syllabus
00:41:19et puis c'est tendeur, etc.
00:41:20Aujourd'hui,
00:41:21toutes nos universités
00:41:22sont autonomes
00:41:23et sont, en fait,
00:41:25même la maquette des cours,
00:41:27en fait,
00:41:27c'est leur responsabilité.
00:41:28Donc là, ça ne change rien ?
00:41:29C'est ce que vous voulez dire ?
00:41:29Donc, il y a déjà
00:41:29un niveau d'autonomie
00:41:30qui est déjà extraordinairement
00:41:32élevé aujourd'hui
00:41:33et donc, je pense que
00:41:34ça ne pourrait être
00:41:35que renforcé.
00:41:36Il y a déjà une culture corse
00:41:37qui est très forte.
00:41:37Est-ce que ça peut aller
00:41:38jusqu'à l'enseignement
00:41:39à 100% en Corse ?
00:41:41Alors, aujourd'hui,
00:41:44vous me prenez un peu
00:41:45au dépourvu sur cette question,
00:41:46mais il me semble
00:41:47qu'à l'université de Corse,
00:41:49aujourd'hui,
00:41:49l'essentiel des enseignements
00:41:51est fait en français.
00:41:52Oui, c'est ça, en français.
00:41:53Il est fait en français aujourd'hui.
00:41:54Il y a évidemment aussi...
00:41:55Mais est-ce que, justement,
00:41:56c'est une porte ouverte
00:41:56à l'enseignement en Corse à 100% ?
00:41:58Il y a des cours de langue corse
00:42:00qui existent.
00:42:01Et après, évidemment,
00:42:03la question, c'est
00:42:03comment est-ce qu'on peut
00:42:04trouver des équilibres ?
00:42:05Vous savez, Jean-Michel Blanquer
00:42:06dans l'éducation nationale
00:42:07dit que c'est une dérive
00:42:08communautariste.
00:42:09Il a peur, justement,
00:42:10que l'enseignement se fasse
00:42:11en Corse.
00:42:12Oui, mais vous savez...
00:42:12En l'en Corse.
00:42:13Alors, d'abord,
00:42:13ce n'est pas exactement
00:42:14le même sujet
00:42:15entre l'éducation nationale
00:42:16et l'enseignement supérieur.
00:42:17Peut-être, mais n'empêche,
00:42:18ça pose une question de fond.
00:42:19Je rappelle que l'enseignement supérieur,
00:42:20on parle à des adultes
00:42:21qui sont déjà formés,
00:42:22qui sont...
00:42:23Ça pose une question de fond.
00:42:24Bien sûr.
00:42:24Sur la pertinence à la récule vie.
00:42:25Mais, vous savez, à côté de ça,
00:42:26moi, je plaide aussi
00:42:27pour avoir des cours en anglais
00:42:28en permanence
00:42:29pour être attractif
00:42:29à l'international.
00:42:30Donc, à un moment,
00:42:31il faut qu'il y ait
00:42:32une forme de cohérence, je pense.
00:42:33Là, ça peut rester
00:42:33des diplômes nationaux
00:42:34dans ce cadre-là ?
00:42:36Alors, là,
00:42:37il faudrait vraiment
00:42:38regarder spécifiquement
00:42:39le texte.
00:42:40Vous m'excusez,
00:42:41mais vous me poussez
00:42:41dans un retranchement technique.
00:42:43Je ne sais pas répondre
00:42:43à votre question.
00:42:44Elsa.
00:42:44Le Premier ministre
00:42:45a demandé de façon assez inattendue,
00:42:47mais a énormément communiqué
00:42:49derrière des tests anti-drogue
00:42:50à tous les membres
00:42:51de son gouvernement.
00:42:52Est-ce que vous l'avez passé ?
00:42:53Quel est le résultat ?
00:42:56Je ne l'ai pas encore passé.
00:42:58Je m'y plierai sans difficulté,
00:43:01évidemment.
00:43:02Je pense qu'il faut quand même rappeler
00:43:03que la drogue est devenue
00:43:05un fléau.
00:43:06C'est illégal.
00:43:07Donc, lutter contre la drogue
00:43:09en donnant l'exemple,
00:43:10c'est indispensable.
00:43:11Et puis, je voudrais aussi dire
00:43:12qu'on a quand même aujourd'hui
00:43:13les grands cadres
00:43:15de nos ministères,
00:43:16les ministres,
00:43:17les cabinets,
00:43:17ont accès à des informations
00:43:19qui sont des informations
00:43:22confidentielles,
00:43:22confidentielles défense,
00:43:23secrets défense,
00:43:24et qui, derrière,
00:43:25à un moment ou un autre,
00:43:26il n'est quand même pas illégitime
00:43:27de vérifier qu'il n'y a pas
00:43:28des fragilités.
00:43:29Donc, vous dites que c'est normal.
00:43:30Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
00:43:31Il faut généraliser les tests aussi,
00:43:32par exemple, à l'université ?
00:43:33Chez les étudiants,
00:43:34les enseignants ?
00:43:35Alors, il me semble que
00:43:37chez les étudiants
00:43:37et chez les enseignants,
00:43:38ça me poserait problème.
00:43:40Moi, il me semble que
00:43:40ça doit être lié peut-être.
00:43:42Enfin, si on devait réfléchir
00:43:43à des généralisations,
00:43:44il me semble que la piste
00:43:45de réfléchir justement
00:43:46au type d'accès,
00:43:47par exemple,
00:43:47aux informations
00:43:48ou au type de responsabilité
00:43:50stécifique
00:43:50pourrait être une piste.
00:43:51Mais pour les enseignants,
00:43:52les étudiants,
00:43:53vous n'imaginez pas un...
00:43:54Non, je ne l'imagine pas, non.
00:43:56Il y a de la consommation
00:43:57de drogue à l'université.
00:43:58Est-ce qu'il y a du trafic ?
00:44:00On sait que le narcotrafic,
00:44:01la lutte contre la drogue,
00:44:02c'est aussi une des priorités
00:44:03du gouvernement.
00:44:04Vous savez, du narcotrafic,
00:44:05il y en a malheureusement partout.
00:44:06Mais est-ce que les universités
00:44:07sont des lieux de trafic ?
00:44:08Il y en a évidemment,
00:44:08mais il y a évidemment
00:44:09du trafic au sein des universités,
00:44:11mais comme,
00:44:12mais partout,
00:44:13aujourd'hui,
00:44:13c'est vrai.
00:44:13Pas plus qu'ailleurs.
00:44:14Mais aujourd'hui,
00:44:15c'est vrai dans des entreprises,
00:44:18c'est vrai dans des lieux publics.
00:44:19La question,
00:44:19c'est juste,
00:44:19est-ce que c'est plus qu'ailleurs ?
00:44:20Je vous dis ça
00:44:21parce qu'on peut imaginer
00:44:22qu'un public jeune
00:44:23consomme plus de drogue.
00:44:24Alors,
00:44:25on a posé la question,
00:44:27mais les statistiques
00:44:27ne sont pas très crédibles.
00:44:29Non, il n'y a pas
00:44:29de statistiques claires
00:44:30sur le sujet.
00:44:32Mais vous avez cette vigilance
00:44:33sur cette question.
00:44:33Bien sûr qu'on est vigilants
00:44:34et je pense que tout le monde,
00:44:36tous les présidents d'universités,
00:44:37tous les directeurs d'écoles
00:44:38sont vigilants sur ces questions
00:44:40parce que d'abord,
00:44:41on sait très bien
00:44:41les dérives.
00:44:43Derrière,
00:44:43c'est quand même des réseaux
00:44:44de criminalité organisée
00:44:45qui reposent là-dessus,
00:44:47qui déstructurent notre société
00:44:48et puis qui nuisent aussi
00:44:49fondamentalement aux étudiants
00:44:50et éventuellement
00:44:51qui sont consommateurs.
00:44:52Rémi.
00:44:53Ça y est,
00:44:54la campagne présidentielle
00:44:55est lancée,
00:44:56mais pour l'instant,
00:44:57l'enseignement supérieur
00:44:57reste le grand absent
00:44:58des programmes des candidats.
00:44:59Est-ce que vous,
00:45:00vous auriez une idée,
00:45:01une idée de programme
00:45:02à leur conseiller ?
00:45:03Déjà,
00:45:04je vous remercie
00:45:04de mettre ce sujet.
00:45:06Je crois effectivement
00:45:07que la recherche,
00:45:09l'innovation d'une part
00:45:11et puis l'enseignement supérieur
00:45:12doit être l'un des sujets
00:45:14de la campagne.
00:45:14On a des questions
00:45:15qui sont des questions clés
00:45:16et je vais juste les poser.
00:45:18Il y en a une
00:45:18qu'on a abordée,
00:45:19c'est la question
00:45:20du financement.
00:45:21Comment est-ce qu'on finance ?
00:45:22On a besoin de rajouter
00:45:23plusieurs milliards
00:45:24dans le système.
00:45:24Comment on les finance ?
00:45:26Argent public,
00:45:26argent privé ?
00:45:27Point d'interrogation.
00:45:29Deuxièmement,
00:45:30aujourd'hui,
00:45:30on est dans un système
00:45:31très hypocrite
00:45:32avec un baccalauréat
00:45:34dont les taux de succès
00:45:35ont très largement augmenté
00:45:37ces dernières années
00:45:38et aujourd'hui,
00:45:39on dit aux étudiants
00:45:41vous avez le bac,
00:45:42vous avez le droit
00:45:43d'aller à l'université,
00:45:44c'est automatique.
00:45:44Et donc,
00:45:45on a des commissions
00:45:46qui vont chercher
00:45:46des étudiants,
00:45:47qui les placent
00:45:48dans les universités,
00:45:48etc.
00:45:50Parfois,
00:45:50avec des taux d'échec
00:45:51qui sont retentissants.
00:45:52Ce système hypocrite,
00:45:54je voudrais rappeler,
00:45:55je vais juste donner
00:45:55un chiffre,
00:45:56un bachelier professionnel
00:45:57qui commence une licence,
00:45:59taux de succès,
00:46:015% en 4 ans.
00:46:02Donc,
00:46:03c'est votre idée
00:46:03pour la présidentielle ?
00:46:04Je dis juste
00:46:05que cette question,
00:46:06non,
00:46:06ce n'est pas le barré,
00:46:07c'est de dire en gros
00:46:08cette question,
00:46:09qui est la question derrière
00:46:10de ce qu'est le baccalauréat
00:46:11et comment le baccalauréat
00:46:13derrière vous emmène
00:46:14vers les études,
00:46:15c'est important.
00:46:16Et puis,
00:46:16troisième sujet,
00:46:17c'est la question
00:46:18de la gouvernance aussi
00:46:19de nos établissements.
00:46:19Pour moi,
00:46:20c'est trois sujets clés.
00:46:21C'est-à-dire ?
00:46:21Parce qu'ils ont déjà
00:46:22de l'autonomie.
00:46:22Ils ont de l'autonomie,
00:46:23il faut probablement
00:46:24aller plus loin dans l'autonomie
00:46:25et puis il faut aussi réfléchir
00:46:27à la manière
00:46:27dont sont composés aujourd'hui.
00:46:29Plus loin dans l'autonomie,
00:46:29ça veut dire quoi ?
00:46:30Des établissements indépendants ?
00:46:32C'est des établissements
00:46:33qui bénéficient
00:46:33d'une grande indépendance.
00:46:34Ils ont déjà
00:46:35une grande indépendance.
00:46:35C'est pour ça.
00:46:36Pas sur tous les sujets,
00:46:37en particulier les sujets
00:46:38de ressources humaines
00:46:39où ils ne sont pas indépendants.
00:46:39Une nouvelle loi précaisse.
00:46:40Et puis,
00:46:41il y a aussi,
00:46:41et je pense qu'il y a aussi
00:46:43des questions autour
00:46:43de la place des personnalités qualifiées,
00:46:46la place de la société civile,
00:46:47la place aussi des régions,
00:46:49des élus.
00:46:49Il faut plus de société civile
00:46:51dans les universités.
00:46:52Moi,
00:46:52je crois que c'est une question
00:46:53qui est intéressante.
00:46:54Et en tout cas,
00:46:54ces trois sujets
00:46:55que j'ai mentionnés rapidement
00:46:56me semblent être des objets
00:46:58qui sont importants.
00:46:59Et on peut avoir
00:47:00des avis variés,
00:47:01mais il faut en parler.
00:47:01Vous avez été le conseiller
00:47:03d'Edouard Philippe à Matignon.
00:47:04Vous allez le soutenir
00:47:04pour la présidentielle ?
00:47:05J'ai une très grande admiration
00:47:06pour Edouard Philippe.
00:47:08Effectivement,
00:47:08j'ai travaillé avec lui
00:47:10pendant quelques années.
00:47:12J'ai vu toutes les qualités
00:47:14de l'homme
00:47:14et aussi l'intérêt qu'il avait.
00:47:16Mais vous savez,
00:47:16moi, je suis...
00:47:17Donc, vous pourriez le soutenir
00:47:18pour la présidentielle ?
00:47:19Mais vous savez,
00:47:19aujourd'hui,
00:47:19j'ai énormément de sujets
00:47:22que je veux porter
00:47:23pour l'instant pour mon ministère
00:47:25et je suis focalisé
00:47:26sur ces sujets-là.
00:47:27Oui, très rapidement,
00:47:28pour revenir sur la drogue,
00:47:30sur le cannabis,
00:47:30est-ce qu'il ne faudrait pas
00:47:31aller vers une dépénalisation,
00:47:33vers une légalisation ?
00:47:34Le CESE dit qu'il faut aller
00:47:35vers une légalisation encadrée.
00:47:37Un rapport parlementaire
00:47:38dit la même chose.
00:47:40Est-ce qu'il ne faudrait pas
00:47:40aller vers la dépénalisation ?
00:47:42En tout cas,
00:47:43à titre personnel,
00:47:44je ne suis pas favorable
00:47:44à une dépénalisation du cannabis.
00:47:46Une fois que vous avez
00:47:47dépénalisé le cannabis,
00:47:48est-ce que vous allez dépénaliser
00:47:49ou est-ce que vous vous arrêtez ?
00:47:50Je pense qu'il faut avoir
00:47:50une position extrêmement claire
00:47:51et extrêmement ferme aujourd'hui
00:47:53en luttant contre les drogues
00:47:54et en luttant contre les addictions
00:47:55de manière extrêmement claire
00:47:57et sans fléchir.
00:47:58Du coup, on interdit le tabac ?
00:48:00Alors, on n'est pas
00:48:02dans une interdiction du tabac,
00:48:03on est dans une augmentation du coup.
00:48:04Et pourquoi pas l'alcool ?
00:48:05Hervé.
00:48:06Un projet est en cours d'examen
00:48:08pour interdire les réseaux sociaux
00:48:10aux mineurs de moins de 15 ans.
00:48:12Le président de la République
00:48:13a dit plusieurs fois publiquement
00:48:15que lui, il souhaiterait
00:48:16aller jusqu'à une interdiction
00:48:17aux mineurs de moins de 16 ans.
00:48:19Est-ce que finalement,
00:48:20il n'y a pas une contradiction
00:48:21entre ce message
00:48:22qu'on voudrait envoyer
00:48:23à la jeunesse,
00:48:24ce message de dissuasion
00:48:26d'aller vers toujours plus d'écrans
00:48:28et la nécessaire adaptation
00:48:30de la jeunesse française
00:48:31à l'utilisation de ces instruments,
00:48:34des intelligences artificielles
00:48:36et de tout ce que produit
00:48:38l'informatique ?
00:48:39Pardon, mais quand vous vous intéressez
00:48:42ou quand vous vous connectez
00:48:44sur TikTok
00:48:44et que vous regardez
00:48:45des vidéos de chat,
00:48:46vous ne formez pas
00:48:46à l'intelligence artificielle.
00:48:48Certes.
00:48:48Je veux dire, c'est...
00:48:49Donc...
00:48:49Mais vous pouvez faire
00:48:50autre chose aussi.
00:48:51Vous pouvez...
00:48:51Alors, il y a...
00:48:53Oui, il existe des usages vertueux
00:48:56des réseaux sociaux.
00:48:56Et donc, pourquoi on les interdierait ?
00:48:58Il en existe aussi massivement
00:49:00des pas vertueux.
00:49:01Mais donc, si vous les interdisez,
00:49:02vous interdisez les usages vertueux aussi ?
00:49:04Oui, oui.
00:49:04Mais enfin, je pense qu'avant tout,
00:49:06aujourd'hui, on voit très bien
00:49:07que quelque part,
00:49:08ils ont un effet déstructurant,
00:49:10déstructurant pour les jeunes
00:49:11qui sont en formation aujourd'hui.
00:49:13Et c'est fondamental, je crois,
00:49:15de leur donner un temps
00:49:16où ils sont capables
00:49:17de se construire
00:49:18en utilisant des outils
00:49:19qui ne sont pas dans l'immédiateté,
00:49:21mais dans la réflexion
00:49:22pour construire une réflexion critique.
00:49:25Et donc, moi, je suis très favorable,
00:49:26effectivement, à cette introduction.
00:49:27Et si c'est jusqu'à 16 ans,
00:49:28jusqu'à 16 ans.
00:49:29Sur l'intelligence artificielle,
00:49:31le ministre de l'Éducation
00:49:32a dit module au lycée.
00:49:33Est-ce que vous dites
00:49:33module aussi obligatoire
00:49:35dans l'enseignement supérieur ?
00:49:36Alors, on n'a pas attendu.
00:49:38Enfin, dans l'enseignement supérieur,
00:49:40je crois qu'il a parfaitement raison.
00:49:41Il faut former à cette question.
00:49:44Et la formation,
00:49:44elle doit être double,
00:49:45en particulier pour le supérieur.
00:49:47La première,
00:49:48c'est comprendre
00:49:48ce que sont ces outils.
00:49:49Ce ne sont pas des...
00:49:50Ce n'est pas de la magie noire.
00:49:52Ce n'est pas des boîtes qui...
00:49:53Voilà.
00:49:53C'est comprendre
00:49:54ce que sont ces outils.
00:49:55Derrière, il y a des mathématiques,
00:49:56il y a des stats.
00:49:57Mais c'est pour qui,
00:49:58ces formations ?
00:49:59Il faut, justement,
00:50:00que ces formations soient adaptées
00:50:02à tous les parcours.
00:50:03Et donc...
00:50:04C'est-à-dire les littéraires,
00:50:04les scientifiques...
00:50:05Exactement.
00:50:05Et vous savez,
00:50:06moi, je suis allé...
00:50:07L'an dernier,
00:50:07j'étais dans un lycée.
00:50:08J'avais des jeunes...
00:50:09Je suis allé faire donner
00:50:10un cours d'intelligence artificielle.
00:50:11Il se trouve que c'est...
00:50:12Enfin, ce n'est pas loin
00:50:12de mes disciplines de recherche.
00:50:14Et je suis allé donner
00:50:15des cours d'intelligence artificielle
00:50:16à des jeunes
00:50:17qui étaient en seconde
00:50:18et en première.
00:50:18Vous n'avez pas besoin
00:50:19d'être un chercheur
00:50:21en mathématiques
00:50:22pour comprendre ces outils.
00:50:23Et puis, le deuxième sujet,
00:50:25au-delà de la compréhension
00:50:26de ce que sont ces outils,
00:50:27vous devez aussi discuter
00:50:30avec les jeunes
00:50:30dans leur formation
00:50:31sur l'impact de l'IA
00:50:33sur leur métier.
00:50:34Et ça, ce n'est pas facile
00:50:35parce que c'est abyssal.
00:50:37On va continuer ce débat.
00:50:38Merci, Hugo,
00:50:39d'être venu sur le plateau de LCP
00:50:41comme tous les nains d'histoire.
00:50:41Vous avez laissé votre place,
00:50:42justement,
00:50:43à celui qui va débattre
00:50:44de l'intelligence artificielle
00:50:45face à vous.
00:50:47On va accueillir tout de suite
00:50:48Bernard Benhamou,
00:50:49bonsoir.
00:50:50Bonsoir.
00:50:51Je vous laisse saluer le ministre.
00:50:52Je vous laisse saluer le ministre.
00:50:53Bonsoir.
00:50:54Merci d'être avec nous.
00:50:55Je vous laisse vous installer aussi.
00:50:56Vous êtes secrétaire général
00:50:57de l'Institut de la souveraineté numérique.
00:51:00Souveraineté,
00:51:01le mot est dit
00:51:02parce que quand on parle
00:51:03d'intelligence artificielle,
00:51:04il est question aussi
00:51:05de question de souveraineté.
00:51:06Absolument.
00:51:07Je suis ravi et heureux
00:51:08que ces sujets soient abordés
00:51:10aujourd'hui
00:51:10et de manière générale
00:51:11ces derniers temps.
00:51:12On aura remarqué
00:51:13qu'il y a eu une accélération brutale
00:51:15avec le débat autour d'entropie
00:51:16et du modèle
00:51:17qui a été bloqué à l'international.
00:51:19Je ferai un petit point
00:51:20d'histoire personnelle
00:51:22sachant effectivement
00:51:23que le mot souveraineté numérique,
00:51:25nous l'avons inventé
00:51:26avec un collègue
00:51:27qui était à l'époque
00:51:27au cabinet du Premier ministre
00:51:28quand j'étais effectivement...
00:51:30Quel Premier ministre ?
00:51:30Parce qu'il y en a eu.
00:51:31C'était une nointe à l'époque.
00:51:33On parle de 2006.
00:51:34D'accord.
00:51:34Vous allez deviner.
00:51:35Non.
00:51:36Attendez, il faut que je recherche.
00:51:37Hervé ?
00:51:37Je ne trouve pas.
00:51:38Non, je ne trouve pas.
00:51:39Vous dites-nous.
00:51:39Ça ne va pas faire un.
00:51:39Ah d'accord, ok.
00:51:40Bon, ben dites-nous.
00:51:41Il se trouve qu'à l'époque,
00:51:43j'étais le Sherpa,
00:51:44donc de l'ambassadeur
00:51:44pour le sommet des Nations Unies
00:51:46sur la gouvernance de l'Internet
00:51:48et que nous avons fini
00:51:49les travaux en 2006
00:51:51en écrivant un article
00:51:52pour la revue politique étrangère
00:51:53où on disait
00:51:54les États auront à se préoccuper
00:51:55d'une notion nouvelle
00:51:56qui s'appellera
00:51:57la souveraineté numérique.
00:51:58Je ne cache pas qu'à l'époque,
00:51:59c'était de la pure science-fiction
00:52:00pour la plupart des gens
00:52:01qui étaient effectivement
00:52:02étrangers au secteur.
00:52:03Aujourd'hui,
00:52:04et je parlais d'Anthropic
00:52:05qui a soulevé un débat,
00:52:07y compris même
00:52:08auprès de nombreux candidats
00:52:09à l'élection présidentielle,
00:52:10ce qui, en toute sincérité,
00:52:10m'a même surpris.
00:52:11De tous les candidats, d'ailleurs.
00:52:13Je n'osais le dire,
00:52:14enfin, de tous les déclarés.
00:52:15Oui.
00:52:16Il y en aura beaucoup d'autres.
00:52:17Voilà.
00:52:17Ma question là-dessus,
00:52:19c'est l'État français
00:52:21a souvent été observé
00:52:22comme ayant été ambigu
00:52:23par rapport à ces questions.
00:52:25C'est-à-dire, d'un côté,
00:52:26on a un discours très clair
00:52:27sur la nécessité
00:52:28de renforcer notre souveraineté,
00:52:31en particulier numérique,
00:52:32et de l'autre côté,
00:52:33on a des choix technologiques
00:52:35au sein de la Santé,
00:52:37le ministère de la Santé,
00:52:38avec la plateforme
00:52:39des données de santé
00:52:39qui était hébergée par Microsoft,
00:52:40jusqu'à une période récente.
00:52:43Palantir, la DGSI,
00:52:44c'est tout récent.
00:52:45Alors même, effectivement,
00:52:46que la fin a été annoncée
00:52:47il y a quelques jours
00:52:47par le président de l'État.
00:52:51Polytechnique,
00:52:51qui, effectivement,
00:52:52a quitté son attachement
00:52:55entre guillemets à Microsoft,
00:52:56là encore,
00:52:56après moult broncas
00:52:58dans ces domaines.
00:52:59Ma question était,
00:53:00n'est-il pas tant
00:53:01qu'il y ait une doctrine
00:53:02générale de l'État
00:53:04sur l'hébergement
00:53:05des données stratégiques,
00:53:06pas uniquement
00:53:07des données sensibles,
00:53:08par des acteurs européens
00:53:10et plus par des acteurs
00:53:11américains ou chinois,
00:53:12dans certains cas ?
00:53:13Je vous en prie.
00:53:13Alors, question un peu technique,
00:53:15réponse un peu technique.
00:53:16S'il ne s'agissait que des données,
00:53:18ce serait simple.
00:53:19La réponse serait oui.
00:53:21Aucun problème.
00:53:22On héberge obligatoirement,
00:53:24en France,
00:53:24en Europe,
00:53:25les données.
00:53:26malheureusement,
00:53:27derrière,
00:53:28avant même de parler d'IA,
00:53:30il y a ce qu'on appelle
00:53:30le cloud,
00:53:31ça veut dire que derrière,
00:53:32vous avez non seulement
00:53:33les données,
00:53:33mais vous avez aussi
00:53:35les logiciels
00:53:35et les capacités de calcul.
00:53:38Et aujourd'hui,
00:53:39l'offre souveraine européenne
00:53:42dans ces sujets-là,
00:53:44sur un certain nombre,
00:53:45elle a beaucoup progressé.
00:53:47Elle commence.
00:53:47Elle a beaucoup progressé.
00:53:48Elle n'est pas toujours
00:53:49au niveau sur tous les sujets.
00:53:51Et donc, évidemment,
00:53:52la question,
00:53:52c'est la question,
00:53:53et vous l'avez très bien dit,
00:53:54c'est la question
00:53:54de la poule et l'œuf,
00:53:55pardon.
00:53:56Exactement,
00:53:56j'allais vous le dire.
00:53:57Évidemment,
00:53:57si vous ne faites rien
00:53:58et si vous attendez,
00:53:59il ne va rien passer.
00:54:00Si on confie
00:54:01les contrats stratégiques
00:54:02à des contrats américains.
00:54:03Et d'un autre côté,
00:54:04si vous vous engagez
00:54:05trop brutalement
00:54:06dans une solution
00:54:07qui ne fonctionne pas,
00:54:08vous pouvez mettre en danger
00:54:09votre programme.
00:54:10Vous savez,
00:54:11j'ai piloté des programmes
00:54:11industriels aussi
00:54:12dans d'autres vies
00:54:13et donc,
00:54:13j'ai eu à répondre
00:54:14très exactement
00:54:15à ces questions.
00:54:16Très exactement
00:54:17à ces questions.
00:54:17Et donc,
00:54:18c'est des choix
00:54:19qui sont compliqués.
00:54:20Et donc,
00:54:20est-ce qu'il faut avoir
00:54:21une doctrine unique,
00:54:22etc.
00:54:22Je crois que ce n'est pas possible
00:54:23en tout cas à ce niveau
00:54:24de détail.
00:54:25Par contre,
00:54:25il faut aller effectivement
00:54:26dès que c'est possible
00:54:27et dès qu'on est capable
00:54:28de le faire
00:54:29sans perdre
00:54:30un élément fondamental,
00:54:31etc.
00:54:31Il faut basculer
00:54:32en souverain,
00:54:33c'est essentiel.
00:54:34Maintenant,
00:54:34il y a le match de l'IA
00:54:35qui se joue aujourd'hui
00:54:36et qui est un peu différent
00:54:37de celui-là,
00:54:38qui est un peu différent
00:54:39de celui-là
00:54:40où on a des choses
00:54:41à faire valoir.
00:54:42On a des mathématiciens
00:54:44qui sont excellents.
00:54:45On a des informaticiens,
00:54:47des algorithmiens,
00:54:48des ingénieurs
00:54:48qui sont au top.
00:54:49Et donc,
00:54:50voilà.
00:54:51Pardon.
00:54:52Vous citez souvent
00:54:53Philippe Aguillon,
00:54:54le prix Nobel d'économie,
00:54:55qui a eu l'occasion
00:54:56de déclarer récemment,
00:54:57je cite,
00:54:58au nom de la concurrence
00:54:59au sein de l'UE,
00:55:00il n'y a pas de politique
00:55:01industrielle en Europe.
00:55:02N'est-il pas temps
00:55:03de faire évoluer
00:55:04les doctrines européennes
00:55:05sur la concurrence
00:55:06et de réhabiliter
00:55:07le terme souvent décrié
00:55:08de politique industrielle
00:55:10et faire en sorte
00:55:11que certains mécanismes
00:55:12qui existent aux Etats-Unis
00:55:13depuis des dizaines d'années
00:55:14comme le Small Business Act
00:55:15ou l'équivalent
00:55:17des mécanismes
00:55:18américains
00:55:19qui s'appellerait
00:55:19le European by Act
00:55:20puisse être mis en oeuvre ?
00:55:22Est-ce qu'il n'est pas temps
00:55:23d'avoir une vraie doctrine
00:55:24française et européenne
00:55:26de politique industrielle
00:55:27sur ces sujets ?
00:55:28Écoutez,
00:55:28à titre exceptionnel,
00:55:29je vais répondre sobrement
00:55:30oui.
00:55:30Eh bien voilà.
00:55:32Mais encore.
00:55:33Oui, bien sûr.
00:55:34Évidemment.
00:55:35C'est notre fragilité européenne
00:55:39aujourd'hui.
00:55:40Effectivement,
00:55:41le culte,
00:55:41une Europe
00:55:42qui s'est beaucoup construite
00:55:43sur cette idée
00:55:44d'un libre marché
00:55:45qui permettrait de résoudre
00:55:46d'un seul coup,
00:55:47d'un seul,
00:55:47tous les problèmes.
00:55:48Et on voit bien
00:55:49que quelque part,
00:55:50on ne peut que constater
00:55:51les limites de ça.
00:55:52C'est l'exercice.
00:55:53Pour ça,
00:55:53aujourd'hui,
00:55:54évidemment,
00:55:55il faut mettre d'accord
00:55:55des acteurs européens
00:55:56et des pays européens
00:55:57qui n'ont pas forcément
00:55:58cette vision-là.
00:56:00Je peux vous en parler
00:56:00pour le spatial par exemple.
00:56:02Cette question
00:56:03est exactement
00:56:04la question centrale.
00:56:05Comment est-ce qu'on peut
00:56:06développer une industrie spatiale
00:56:07si à côté de ça,
00:56:08les deux tiers des pays européens
00:56:09des qui peuvent
00:56:10vont acheter des équipements
00:56:11qui sont des équipements américains ?
00:56:13Évidemment,
00:56:13ça ne marche pas.
00:56:14Donc,
00:56:14il faut être capable
00:56:15de faire du bail européen.
00:56:16C'est vrai pour le spatial,
00:56:18c'est vrai pour le numérique.
00:56:19Voilà.
00:56:20Et maintenant,
00:56:20la France,
00:56:20toute seule en Europe,
00:56:22ne fait pas la politique européenne.
00:56:23Donc,
00:56:23ça veut dire qu'il faut
00:56:23construire des alliances
00:56:24et il faut pousser le sujet.
00:56:26Et c'est précisément
00:56:27l'objet de ma prochaine question.
00:56:29Êtes-vous optimiste ?
00:56:30Alors,
00:56:30je reprends pour l'actualité.
00:56:32Le président Macron
00:56:33a eu l'occasion
00:56:34de négocier
00:56:35et de débattre
00:56:35avec mon homologue,
00:56:36le chancelier Merz,
00:56:38d'une possible mise en œuvre
00:56:39d'un endettement commun européen,
00:56:43dans son excellent rapport
00:56:44sur la compétitivité européenne.
00:56:46Et pour la première fois,
00:56:47à ma connaissance,
00:56:49Merz a été contredit en Allemagne
00:56:51par le patron
00:56:51de la Banque centrale allemande
00:56:52qui a dit
00:56:53que l'urgence est telle
00:56:54qu'il faudrait effectivement
00:56:56aller vers cet endettement commun.
00:56:57Ce qui est une chose exceptionnelle
00:56:59vu le peu d'appétence
00:57:01qu'ont les Allemands
00:57:01pour la dette.
00:57:02Historiquement,
00:57:03on le sait.
00:57:04Quel est votre sentiment
00:57:05à la dette d'aujourd'hui
00:57:06sur la possibilité
00:57:07de mettre en œuvre
00:57:07cet élément central
00:57:08du rapport Draghi,
00:57:09c'est-à-dire effectivement
00:57:10des Eurobonds
00:57:11à hauteur,
00:57:12lui le promet à hauteur,
00:57:13enfin le souhaite,
00:57:14à hauteur de 800 milliards par an
00:57:16sur plusieurs années,
00:57:18ce qui représenterait
00:57:195% de la richesse européenne.
00:57:20Quel est à l'heure actuelle
00:57:21votre état de réflexion
00:57:24et d'action dans ces domaines ?
00:57:24Alors, vous comprendrez aisément
00:57:25que je ne vais pas commenter
00:57:26les discussions
00:57:28entre le chancelier
00:57:29et le...
00:57:30Et le premier président.
00:57:31Voilà.
00:57:32Non, même pas le président,
00:57:33je pensais avant tout
00:57:35au patron de la Banque centrale allemande.
00:57:37Donc, voilà.
00:57:38Maintenant, la question,
00:57:39c'est est-ce que le rapport Draghi
00:57:42est finalement assez simple ?
00:57:43Il parle d'autonomie européenne,
00:57:44il parle de capacité
00:57:45d'investissement collective,
00:57:47il parle de projets industriels
00:57:48où on est capable
00:57:49de se mettre ensemble
00:57:49sur ces différents sujets.
00:57:51Si on regarde,
00:57:52le rapport Draghi est là
00:57:54depuis...
00:57:542024.
00:57:55Oui, c'est ça,
00:57:56un peu plus de...
00:57:57Voilà.
00:57:59Est-ce qu'on peut dire
00:57:59qu'on a beaucoup avancé
00:58:01collectivement sur le sujet ?
00:58:02La réponse,
00:58:03c'est que les débats ont progressé.
00:58:05Je pense que, malheureusement,
00:58:07la guerre en Ukraine
00:58:07a fait beaucoup
00:58:08pour faire progresser ces débats.
00:58:10Mais on est encore très loin.
00:58:12Et la mise en œuvre reste à faire.
00:58:14Et donc, il faut vraiment
00:58:15qu'on arrive à avancer.
00:58:16Mais ce qu'on est en train de jouer
00:58:18à travers l'innovation,
00:58:19c'est l'avenir de notre pays.
00:58:21On est en train de jouer notre peau.
00:58:22Le mot de la fin.
00:58:22C'est-à-dire que...
00:58:23Voilà.
00:58:24Non, le mot de la fin.
00:58:25Je m'en voudrais de faire
00:58:26une conclusion à la place du ministre.
00:58:27Il va conclure, le ministre,
00:58:28assurez-vous.
00:58:29Non, simplement,
00:58:30il est clair qu'aujourd'hui,
00:58:31le mot souveraineté numérique
00:58:33est rentré dans le débat public.
00:58:35La vraie question, pour vous,
00:58:37quel est le point,
00:58:38quel est l'élément clé
00:58:39qui permettrait effectivement
00:58:40d'aller plus loin ?
00:58:41L'un des points que nous recommandons
00:58:42dans le rapport que nous avons fait
00:58:43justement sur l'IA en Europe,
00:58:45c'est évidemment cet endettement européen,
00:58:47des mécanismes d'aide aux entreprises,
00:58:49dont les PME,
00:58:50et aussi,
00:58:51et on en revient à la mission
00:58:52de votre ministère,
00:58:54c'est-à-dire accompagner
00:58:55à la fois les citoyens
00:58:56et les étudiants
00:58:57et les scolaires
00:58:58autour, effectivement,
00:58:58des questions d'IA,
00:59:00de risques éthiques,
00:59:02d'environnement de l'IA,
00:59:04y compris même
00:59:04sur leurs enjeux sociaux
00:59:06pour les temps à venir.
00:59:07Alors, il y a plein de risques
00:59:08autour de l'IA.
00:59:09Oui.
00:59:09Mais moi, je connais bien
00:59:11notre ADN européen,
00:59:12enfin, comme tout le monde,
00:59:13mais il y a des risques.
00:59:16Si on se focalise trop sur les risques,
00:59:17on va faire des régulations extraordinaires
00:59:19et à la fin, on ne fera rien.
00:59:20Donc, oui, il y a des risques.
00:59:22Je veux dire, bien sûr,
00:59:23il faut faire attention à ça,
00:59:24mais il faut aussi créer un champion.
00:59:26Aujourd'hui, on a un champion européen.
00:59:27Plusieurs, pourquoi pas ?
00:59:29Mais aujourd'hui, on y a.
00:59:30Aujourd'hui, on a Mistral.
00:59:31C'est un super champion.
00:59:32Il faudrait qu'il y en ait d'autres.
00:59:33Il faut y aller, il faut avancer.
00:59:34Il ne faut pas y avoir un monopole.
00:59:35Il faut faire un champion européen.
00:59:36Bien sûr.
00:59:36On a une opportunité aujourd'hui
00:59:38qui est une opportunité en or.
00:59:39C'est maintenant,
00:59:40et ce n'est pas dans deux ans,
00:59:42ce n'est pas dans trois ans
00:59:42qu'il faudra investir.
00:59:43Et c'est maintenant,
00:59:44en tant qu'Européen,
00:59:45qu'il faut développer ce champion.
00:59:46Merci Bernard Benhamou
00:59:47d'être venu sur le plateau
00:59:48de l'Indice et Politique.
00:59:48Demain, ce sera la panthéonisation
00:59:50de Marc Bloch,
00:59:51historien résistant,
00:59:52arrêté par les nazis en 1944,
00:59:54exécuté par la Gestapo,
00:59:55auteur notamment de l'étrange défaite
00:59:57sur la débâcle française en 1940.
01:00:00Pour vous, quel symbole c'est Marc Bloch ?
01:00:03Universitaire, je le dis encore.
01:00:05C'est d'abord une vie extraordinaire,
01:00:08un homme extraordinaire,
01:00:09et puis c'est l'historien,
01:00:10parce que c'est un historien
01:00:12qui a changé la façon
01:00:13de penser l'histoire.
01:00:15C'est-à-dire que non seulement
01:00:16ça a été un historien exemplaire,
01:00:18mais il a révolutionné sa discipline.
01:00:21Et encore aujourd'hui,
01:00:24ce qu'il a pensé,
01:00:25les annales, etc.,
01:00:26ça a changé la manière
01:00:27de faire de l'histoire.
01:00:29Ça, c'est la première chose.
01:00:30Après, c'est évidemment,
01:00:31c'est le résistant,
01:00:32c'est un homme qui a su dire non,
01:00:33c'est un homme qui a su aussi s'engager,
01:00:36c'est un homme qui a été aussi capable,
01:00:37dans l'étrange défaite, par exemple,
01:00:40de critiquer le monde dans lequel il vivait,
01:00:42de critiquer, mais dans un sens constructif,
01:00:44c'est-à-dire qu'il avait un regard
01:00:45sur la manière dont on éduquait,
01:00:47la manière dont fonctionnait l'université,
01:00:49qui était parfois dure,
01:00:50et en même temps,
01:00:51toujours avec une volonté
01:00:53de faire avancer,
01:00:54de faire bouger les choses.
01:00:55Et puis évidemment,
01:00:56le discours,
01:00:56et encore une fois,
01:00:57j'en reviens à l'étrange défaite,
01:00:59c'est aussi un discours
01:01:01qui résonne tout particulièrement
01:01:02aujourd'hui, évidemment.
01:01:03C'est quoi l'étrange défaite aujourd'hui ?
01:01:05L'étrange défaite aujourd'hui,
01:01:06c'est parfois un sentiment
01:01:08d'impuissance collective
01:01:09qui nous prend
01:01:09et dont on doit sortir
01:01:10parce que nous organisons
01:01:13notre propre impuissance
01:01:14en la pensant.
01:01:15Donc, il faut aussi
01:01:16se projeter vers l'avenir.
01:01:18Merci Philippe Baptiste
01:01:20d'être venu sur le plateau
01:01:20de l'Indice et Politique.
01:01:21Demain, donc, événement,
01:01:23la panthéonisation de Marc Bloch
01:01:25par Emmanuel Macron
01:01:26demain soir.
01:01:27Merci encore.
01:01:28Bonne soirée sur LCP
01:01:29et rendez-vous lundi prochain
01:01:30pour un nouveau numéro
01:01:31de l'Indice et Politique.
01:01:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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