- il y a 3 mois
Adversaire de la France, l'Irak est un incroyable pays de football aux mille et une vies.
Du tragique règne de Uday Hussein sur la fédération au triomphe de la Coupe d'Asie en 2007 au milieu des massacres, en passant par une passion unique pour un sport omniprésent dans la vie politique : le Beautiful Game est peut-être l'une des rares choses ayant uni les Irakiens au cours des dernières décennies
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Pour ceux voulant me suivre :
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--- TIMELINE ---
00:00 Introduction
02:26 Des clubs historiquement détenus par des ministères, police, transports, université, port...
04:03 Le règne noir d'Uday Hussein sur le football irakien (kidnapping, torture...)
05:00 Interview avec Abbas Obeid, ancien capitaine de l'Irak sous Uday Hussein
06:31 Les folies d'Uday : emprisonner les joueurs et les libérer pour protéger ses vaches du choléra
08:08 Le succès épique de la Coupe d'Asie en 2007 au milieu de la guerre
09:30 Aymed Hussein, la filiation avec Younis Mahmoud
10:19 Une passion exceptionnelle pour le football
11:33 Les destins incroyables de plusieurs joueurs
13:48 Les performances du Cap-Vert et de l'Egypte
15:00 Conclusion
Du tragique règne de Uday Hussein sur la fédération au triomphe de la Coupe d'Asie en 2007 au milieu des massacres, en passant par une passion unique pour un sport omniprésent dans la vie politique : le Beautiful Game est peut-être l'une des rares choses ayant uni les Irakiens au cours des dernières décennies
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00:00 Introduction
02:26 Des clubs historiquement détenus par des ministères, police, transports, université, port...
04:03 Le règne noir d'Uday Hussein sur le football irakien (kidnapping, torture...)
05:00 Interview avec Abbas Obeid, ancien capitaine de l'Irak sous Uday Hussein
06:31 Les folies d'Uday : emprisonner les joueurs et les libérer pour protéger ses vaches du choléra
08:08 Le succès épique de la Coupe d'Asie en 2007 au milieu de la guerre
09:30 Aymed Hussein, la filiation avec Younis Mahmoud
10:19 Une passion exceptionnelle pour le football
11:33 Les destins incroyables de plusieurs joueurs
13:48 Les performances du Cap-Vert et de l'Egypte
15:00 Conclusion
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SportTranscription
00:00Bonjour à tous et bienvenue.
00:01Beaucoup de belles histoires à raconter aujourd'hui.
00:04La première victoire de l'Egypte en Coupe du Monde, évidemment,
00:07mais également le nul du Cap Vert face à l'Uruguay,
00:09qui lui permet de croire à une qualification en 16e de finale.
00:12Mais avant d'évoquer ces destins-là,
00:14on va parler de l'Irak, adversaire de l'équipe de France ce soir.
00:17Je ne vais pas vous faire un roman autour de l'équipe actuelle,
00:20de la composition des joueurs, non, non, non.
00:22On va parler de choses beaucoup plus sociétales et culturelles,
00:24parce que souvent on entend « tel pays est une contrée de football ».
00:28Cette expression, elle colle parfaitement à l'Irak.
00:31Le problème, c'est qu'on a l'image d'un pays morcelé
00:33par des décennies de guerres successives et répétées,
00:37oubliant, nonobstant, également cette civilisation antique
00:40qu'a tant apporté à l'humanité depuis, évidemment, la Mésopotamie.
00:43D'ailleurs, le surnom de l'équipe nationale,
00:45ce sont les lions de la Mésopotamie.
00:47Et moi, ça fait à peu près une dizaine d'années
00:48que je suis régulièrement le football irakien,
00:51j'ai fait quantité de papiers.
00:52Le premier, c'était avec Claude Niaqpa,
00:54un joueur français qui a évolué justement dans le championnat irakien.
00:57A l'époque, il y avait encore beaucoup d'insécurité,
01:00les guerres des milices n'étaient toujours pas finies.
01:02Il avait signé dans un club à Bassora.
01:04Bassora, c'est l'ancienne Venise du Moyen-Orient.
01:06C'est une ville également connue pour ses exportations pétrolières.
01:10Et au milieu de tout cela, et de tous les préjets qu'on peut avoir,
01:13il m'expliquait évidemment son appréhension avant de signer, etc.
01:16Puis, accueil exceptionnel à l'aéroport de Bagdad,
01:19on lui met, vous savez, le collier de fleurs, etc.
01:21Les caméras de partout me disent « j'ai l'impression que je suis à Bora Bora ».
01:24Et en fait, il est traité rapidement comme une star,
01:26parce qu'on est donc après l'invasion américaine,
01:29l'invasion américaine de 2003.
01:30Je crois que quand Claude Signe, on est dans les années 2010, 2012, 2013.
01:34Et à ce moment-là, en fait, le championnat irakien recommence sa structure normale,
01:37parce que pendant des années, ça avait été des tournois régionaux.
01:40Et donc, en fait, les clubs qui ont quand même un petit peu de l'argent,
01:42surtout que ça paye en cage, comme il disait,
01:43ils te montent la valise, claques.
01:45Et en fait, il y a quand même une certaine modernité,
01:46notamment dans les grandes villes, même si ça s'est appauvri, bien sûr.
01:49Mais en fait, il veut l'attirer justement quelques joueurs étrangers.
01:51Et Claude Yacpa, qui avait joué en Écosse, qui avait joué en Angleterre,
01:54légende notamment de Luton Town, il arrive là-bas.
01:57Et il me dit la première chose qu'on me demande.
01:58C'est pas « tu es chiite, tu es sunnite ou tu es chrétien ? »
02:02« Tu es du Barça ou tu es du Réal ? »
02:04C'est-à-dire que la première question,
02:05et la question à laquelle il a le plus répondu durant son séjour en Irak,
02:08c'est pas sur sa religion, comme on aurait pu l'imaginer,
02:10mais c'est sur un autre type de religion, footballistique,
02:13le classico espagnol.
02:14Et ça, quelque part, ça définit un petit peu ce qu'est l'Irak.
02:17Un contré littéralement mordu de football,
02:19qui a attendu 40 ans pour voir son équipe nationale retourner en Coupe du Monde.
02:26Mais pérégrination avec l'Irak,
02:28elles ont surtout composé ce livre-là,
02:30« The Beautiful Game », « Footguer et politique ».
02:32Il y a 6 chapitres sur l'Irak,
02:33parce que j'étais avec cette sélection,
02:34lors de leur qualification à la Coupe du Monde 2022.
02:37Alors, ce n'est pas allé au bout.
02:38J'étais au Bahreïn, j'ai passé deux jours avec la sélection,
02:40et notamment avec un défenseur que vous pouvez peut-être voir
02:43contre l'équipe de France, sous la CA.
02:44On a parlé de son enfance, etc.
02:46Parce que lui a grandi dans un petit village chrétien du nord de l'Irak,
02:49et lui, à la base, il ne parle pas l'arabe,
02:51il parle un dérivé de l'araméen.
02:53Il m'a expliqué tout l'exode, évidemment, l'exil familial.
02:56Et en fait, c'est forcément ça, cette équipe d'Irak,
02:58et le football irakien en général,
02:59entre toute sa diaspora,
03:01qui a été faite, construite,
03:02de par toutes ses guerres successives,
03:04et les millions d'Irakiens déplacés aussi en interne dans le pays,
03:07forcément, ça a aussi morcelé le football national.
03:10Parce que, historiquement,
03:12ça appartient à des entités presque publiques.
03:14Vous prenez par exemple Al-Mina.
03:15Al-Mina, le club de Basara,
03:17à la base, c'est le port, tout simplement.
03:19Vous prenez Al-Shorta à Bagdad,
03:21comme on va dire l'un des gros clubs.
03:22C'est le club de la police.
03:23Al-Talaba, également à Bagdad.
03:25C'est le club des étudiants.
03:26Al-Zara, c'est un des clubs les plus titrés, je crois.
03:28Ça a été fait par le ministère des Transports à l'époque.
03:30Et Al-Koua Al-Jawiyah,
03:31je dois peut-être mal le prononcer,
03:32eux, c'était les forces de l'air qui détenaient ce club-là.
03:35Donc, en fait, on avait à la fois
03:36des services directement des ministères,
03:38mais on avait également de grandes compagnies pétrolières autes
03:41qui détenaient ces clubs-là.
03:42Bien sûr, il y avait une domination des équipes de Bagdad,
03:44mais pas que.
03:45Et d'ailleurs, on remarquera que pendant la guerre,
03:47et le fait que Bagdad, c'était impossible presque d'avoir
03:49des joueurs forts, etc.,
03:50après l'invasion américaine,
03:52c'est notamment les équipes du Nord,
03:53principalement autour de Erbil,
03:54qui avaient réussi un petit peu à se démarquer.
03:56Mais on a toujours eu un championnat assez fort économiquement,
03:58qui a été marqué malheureusement dans les années 80
04:01par la présidence totémique de Huday Hussein,
04:03le fils aîné de Saddam,
04:04à la tête de la fédération de football,
04:06également du comité olympique,
04:07et de l'union des journalistes,
04:09parce que ce dernier se disait le doyen des journalistes.
04:11Huday Hussein,
04:12le loup de Bagdad,
04:14de Tikrit,
04:14là d'où vient le clan de Saddam,
04:17c'était particulier parce qu'il avait fondé également Al-Rachid.
04:19Et en fait, il y avait une star de l'époque irakienne
04:21qui ne voulait pas spécialement signer Al-Rachid.
04:23Les hommes d'Huday sont partis le voir,
04:25l'ont kidnappé,
04:26l'ont battu,
04:27pour le convaincre de signer.
04:29Et le sous-jour était tellement fort
04:30qu'en 89,
04:31le national de Montevideo
04:32fait une offre incroyable,
04:33je crois un million de dollars,
04:34et il sera déclaré intransférable
04:36parce que trésor national,
04:38pour vous montrer un peu cette importance-là.
04:40Et donc, évidemment,
04:41c'était politique,
04:41avec le fils aîné de Saddam,
04:43dont on est obligé de parler,
04:44parce que j'ai eu le plaisir d'interroger
04:46notamment un ancien capitaine
04:47et vice-capitaine Abbas Obeid,
04:48qui était un numéro 10 à l'époque,
04:50dans les années 80 irakiennes.
04:51Donc je vous mets ça,
04:52c'était lorsque j'étais au Bahreïn.
04:53Et vous allez voir ce qui se passait justement
04:54lorsque l'équipe, malheureusement,
04:56ne gagnait pas.
04:59Donc, c'était sympa
05:01de jouer au national de l'équipe,
05:03mais...
05:04beaucoup de fois,
05:05on a joué à la repression.
05:06Oui, c'était terrible.
05:08C'est vrai.
05:09Tout le monde a joué de lui.
05:11Je veux dire,
05:12tous les joueurs,
05:13on a joué à la pensée
05:14et on a pensé à la punition.
05:15C'était terrible.
05:17Une fois,
05:18j'ai joué à Gilles.
05:21Après la World Cup,
05:23on a joué à la fin,
05:23on a gagné à la fin.
05:24en Kazakhstan et en Bagdad.
05:27On a joué directement
05:28du stadeau
05:28à la gym.
05:31On a joué à la fin.
05:33On a joué à trois jours.
05:34Et on a joué à la fin.
05:38comment je peux expliquer
05:40l'émotion ?
05:41Il y a des joueurs,
05:42quand vous invitez
05:43à jouer au national de l'équipe,
05:45certains de eux,
05:45ils ne veulent pas jouer.
05:47Parce qu'ils ne veulent pas jouer.
05:48Ils sont en pression.
05:50et on a joué à la fin.
05:52Et, vous savez,
05:53si vous pensez à la punition,
05:55vous avez perdu la fin,
05:57vous avez perdu la joie,
05:58vous avez perdu la joie.
05:59Vous avez perdu la joie.
06:05Vous avez perdu la joie.
06:16Mais il est fou.
06:18Tout le monde le connaît.
06:19Même les gens
06:21qui sont près de votre jour,
06:23ils le connaissent.
06:24Il est fou.
06:25Donc,
06:25il n'y a rien de demander.
06:27Il n'y a rien de demander.
06:31Il n'y a rien de demander.
06:41Il n'y a pas à la mort.
06:42Parce qu'une fois,
06:43on lui a tiré je ne sais pas
06:43combien de balles.
06:44Son corps était criblé de balles.
06:45Mais même la mort ne le voulait pas.
06:47Oudai,
06:47c'était particulier
06:48puisque lorsque les Américains
06:49ont fait un jeu de cartes,
06:51en fait,
06:52pour désigner presque les hommes
06:53à abattre du Parti Basse irakien,
06:56lui,
06:56c'était l'as de cœur.
06:57C'est très ironique
06:58pour quelqu'un qui,
06:58évidemment,
06:59en était dépourvu.
07:00Dans tous les cas,
07:01Oudai et la sélection,
07:02ça a été très compliqué.
07:03Ça a été malheureusement
07:04des tortures,
07:05comme vous l'avez vu,
07:06également des séjours en prison.
07:07et parfois des choses absolument
07:09dignes de science-fiction.
07:11C'est un match face à la Corée du Sud.
07:13Il met un énorme coup de pression
07:14à la mi-temps.
07:15Vous ne gagnez pas,
07:16vous allez voir ce que vous allez voir.
07:17Les joueurs étaient pétrifiés,
07:18ils ne gagnent pas.
07:19Ils sont partis du stade.
07:20Ils ne sont pas allés en prison cette fois.
07:22Ils sont allés dans un barraquement
07:23que Oudai avait
07:24parce qu'en fait,
07:24il avait des mini-zoux chez lui.
07:26Et il avait notamment apporté
07:27beaucoup d'animaux d'Europe
07:29et d'autres pays.
07:30Il a mis la sélection
07:31de beaucoup de joueurs
07:32dans des barraquements comme ceux-là.
07:34Aucune nouvelle pour les familles.
07:35Certains pensaient qu'il était mort.
07:3717 jours plus tard,
07:39les joueurs seront libérés.
07:40Alors, ils n'ont pas été frappés cette fois,
07:42tout juste dans des conditions
07:43avec les animaux.
07:45Pourquoi ils ont été libérés ?
07:46D'après vous ?
07:47Ça faisait longtemps.
07:48Non, non.
07:48C'est tout simplement
07:49qu'il y avait une crise de choléra
07:50qui avait débuté
07:51au sein de la sélection
07:52à cause des conditions.
07:53Et qu'en fait,
07:54Oudai avait peur
07:54que cela contamine les vaches
07:55qu'il avait importées des Pays-Bas.
07:57C'est pour vous montrer
07:58l'état du football irakien
08:00à cette époque
08:00qui aurait pu être d'or
08:02et également une apogée.
08:03Et finalement,
08:04et c'est ça
08:04qui est le plus fou
08:05et le plus ironique
08:06et on le remarque dans le football,
08:07c'est que bien souvent,
08:09lorsqu'il y a la guerre,
08:09lorsqu'il y a plein de choses,
08:10il y a des épopées incroyables.
08:12Rappelez-vous
08:12de la quasi-qualification
08:14à la Coupe du Monde
08:14de la Syrie
08:14pour le mondial 2018.
08:16Rappelez-vous
08:16que la première qualification
08:18du Yémen unifié
08:19pour la Coupe d'Asie,
08:20c'est en pleine guerre.
08:20D'ailleurs,
08:20elles viennent encore
08:21de se qualifier
08:22pour la deuxième fois
08:22un grand bravo à eux.
08:24Et l'Irak,
08:24qui n'avait jamais gagné
08:25la Coupe d'Asie,
08:27l'a gagné en 2007,
08:28dans les pires années
08:29presque de la guerre,
08:30puisque l'invasion américaine
08:30de 2003,
08:32désastre absolu,
08:33émergence de groupes djihadistes
08:34et surtout de milices communautaires
08:36et ont donc littéralement
08:38se tué dans les rues de Bagdad
08:39si on était chiite
08:40ou si on était sunnite.
08:42Et c'est au milieu de tout ça,
08:42au milieu du chaos,
08:44au milieu d'une organisation
08:45invraisemblable et improbable,
08:46au milieu des décès,
08:47des tragédies des joueurs.
08:48On rappelle que notamment
08:49Neshatakram,
08:50le maestro,
08:51deux membres de sa famille
08:52seront kidnappés
08:53pendant cette Coupe d'Asie,
08:54que je crois que le gardien
08:55perd son beau-frère,
08:56qu'un autre joueur
08:57également perd quelqu'un,
08:58que le préparateur physique
08:59de l'équipe,
09:00avant d'aller se rendre
09:01en Thaïlande
09:01pour disputer cette Coupe
09:02notamment,
09:03retourne à Bagdad
09:04puisque sa femme va accoucher,
09:06magnifique,
09:06deux jours plus tard,
09:07à la sortie d'une agence de voyage
09:09où il doit prendre son biais
09:10pour rejoindre l'équipe
09:11qui va disputer cette Coupe d'Asie,
09:13attente à piéger à la bombe,
09:14il meurt,
09:15l'équipe partira sans son préparateur physique
09:17et plein d'autres choses
09:17pour gagner un trophée
09:19qui a mené à unir les Irakiens
09:20et qui a presque arrêté la guerre.
09:22Je dis presque
09:22parce que malheureusement,
09:23suite à la qualification finale,
09:25des attentats suicides
09:26firent d'innombrables morts.
09:28C'était ça l'Irak,
09:29avec la tête victorieuse
09:30de Yunir Smarmoud,
09:31le capitaine
09:32qui est aujourd'hui
09:32président de la fédération
09:33et qui voit quelque part
09:34une association filiale,
09:37une transmission
09:37avec Haïmane Hussein,
09:39le buteur
09:39dont l'histoire a été connue,
09:41dont le papa,
09:42soldat,
09:42a été assassiné par Al-Qaïda,
09:44l'homme qu'il a découvert également
09:45assassiné par Al-Qaïda,
09:47dont le frère aîné
09:47a été kidnappé
09:48par l'État islamique,
09:49dont le village lui-même
09:50avait été pris
09:51par l'État islamique,
09:52sa famille,
09:53comme des millions d'Irakiens,
09:55a dû être déplacée
09:56au niveau interne.
09:57Lui est allé à Bagdad,
09:58a fait vivre la famille
09:59avec son maigre salaire
10:00de footballeur
10:01et va potentiellement mener
10:02les Irakiens
10:03face à l'équipe de France
10:05après avoir marqué
10:05le but décisif
10:06face à la Bolivie
10:07pour qualifier les Lyons
10:07à la Coupe du Monde
10:08et avoir déjà marqué ce but
10:09pour qualifier les mêmes Lyons,
10:11les Lyons-Saux j'ai envie de dire,
10:12aux Jeux Olympiques à l'époque.
10:14Si ça, c'est pas
10:14les Beautiful Games,
10:15je ne sais pas ce que c'est.
10:19Mais je n'ai pas envie
10:20de m'attarder
10:20sur ces tragédies-là.
10:21Elles sont évidemment
10:22partie intégrante
10:23de l'Irak
10:24et de l'histoire moderne
10:25de ce magnifique pays.
10:27Mais il y a bien plus que ça.
10:28Bagdad,
10:28si je ne dis pas de bêtises,
10:30contient une des plus
10:31vieilles universités au monde.
10:32Il y a tellement de choses
10:33au niveau culturel,
10:34au niveau sociétal,
10:35au niveau historique
10:36dans ce pays.
10:36Et le football en fait partie.
10:38Comme me le disait
10:39le sélectionneur du 23 à l'époque,
10:41le football irakien,
10:41il est dans toutes les maisons
10:42et c'est une réalité.
10:44C'est-à-dire que pour le derby
10:44de Bassora,
10:45comme il disait Clonniakpa,
10:464-5 heures avant,
10:47le stade,
10:48il était déjà plein.
10:49C'est quelque chose,
10:49la qualification,
10:50elle a représenté
10:51mais c'est inimaginable.
10:53Le fait,
10:53à un moment donné,
10:53quand l'Irak a pu rejouer
10:54à domicile,
10:55notamment dans son grand stade
10:56de Bassora,
10:57c'était un événement
10:57plus que national.
10:59Lorsque le Real Madrid
10:59a ouvert des académies en Irak,
11:01ce que j'avais couvert,
11:02c'était reçu directement
11:03par le Premier ministre.
11:04Le football fait partie
11:06de la politique irakienne.
11:07Il y a une passion,
11:08il y a une frénésie,
11:09dans les deux côtés évidemment,
11:10qui est complètement dingue.
11:11Après, vous allez me dire,
11:12c'est le cas dans plein
11:13de pays arabes,
11:13en effet.
11:14Mais le problème,
11:15c'est que l'Irak a rarement gagné.
11:16Donc en fait,
11:17la moindre victoire importante,
11:18la moindre qualification,
11:20génère une passion
11:20encore plus grande.
11:22Et des gens qui ont
11:22tellement souffert,
11:23qui ont aussi ce déracinement,
11:24qui sont aux quatre coins du globe,
11:26ils vont justement
11:26se réunir quelque part
11:27avec les lions,
11:28qui faisaient vraiment
11:29ce symbole d'union.
11:30A l'époque,
11:31lorsque j'étais avec l'équipe nationale,
11:32il y avait Justin Miram,
11:33peut-être que vous le connaissez,
11:34il a joué un MLS.
11:35Si je ne dis pas de bêtises,
11:36il est né vers Détroit.
11:37Et en fait,
11:38Détroit,
11:38ça a été presque
11:39une commune d'accueil,
11:40j'ai envie de dire,
11:41énormément de chaldéens,
11:42donc communautés chrétiennes irakiennes.
11:44Ses parents étaient chaldéens.
11:46Lui-même, d'ailleurs,
11:47va se marier
11:47avec une irakienne chaldéenne.
11:50Et Justin Miram,
11:51il joue tranquille,
11:52il est quand même très bon.
11:53Et l'Irak l'appelle.
11:54Il n'avait jamais mis
11:55les pieds en Irak.
11:56Et ses parents lui disent,
11:57mais attends,
11:57il y a Daesh,
11:58il y a tout,
11:58tu vas voir une cible dans le dos.
12:00Et en fait,
12:00il va découvrir
12:01le pays de ses parents
12:02à travers la sélection nationale.
12:04Alors,
12:04ce n'était pas le seul chrétien
12:05de la sélection,
12:05il y avait le team manager,
12:06il y avait Sulaqa également.
12:07Donc,
12:07il y a eu des visites organisées
12:09également avec le diocèse irakien
12:10et plein de choses et tout.
12:11Parce que c'est aussi
12:12un pays multiconfessionnel,
12:13il ne faut pas l'oublier.
12:15Et ça se passe très très bien
12:16et c'était une légende.
12:16Moi,
12:16je me rappelle,
12:17j'étais en tribune,
12:17c'était contre le Bahreïn.
12:18Parce qu'à l'époque,
12:19c'était le joueur un peu plus excitant.
12:20C'était un mec
12:21avec beaucoup de technique,
12:22etc.
12:23C'était quelque chose.
12:24Tous les gens criaient
12:24« Justin, Justin, Justin, Justin ! »
12:26C'était littéralement fou.
12:27C'est presque le Justin
12:28le plus connu dioc,
12:29j'ai envie de dire.
12:30Et donc,
12:30on était à l'hôtel
12:31la veille de match.
12:31C'est aussi pour ça
12:32que j'ai pu le faire,
12:33notamment ce livre
12:34et plein d'autres choses.
12:35C'est que j'ai eu la chance
12:35avec certaines personnes
12:36de parler.
12:37En fait,
12:37on a pris un café,
12:38un thé,
12:38on a parlé pendant des heures
12:39avec tout le monde.
12:40Parce que j'ai eu la chance
12:40qu'il parlait anglais.
12:42Lui,
12:42il était au téléphone
12:43avec sa femme
12:43pendant une heure et demie.
12:44C'était très drôle
12:44après on parlait
12:45de choses et d'autres.
12:46Et en fait,
12:46il y avait cette simplicité.
12:47C'est sûr que c'était mieux
12:48que le chef presque
12:49ensuite qui est venu
12:49qui sentait le whisky
12:50à dix mètres.
12:51C'était mieux.
12:51C'est encore la différence
12:52entre les officiels
12:52et les joueurs.
12:54Et c'est des histoires folles.
12:55Ziad Yacine,
12:56par exemple.
12:57Lui,
12:57il avait joué
12:57pour l'équipe nationale jeune.
12:58Son frère ensuite
12:59a joué pour l'équipe d'Irak.
13:00Lui,
13:01il était revenu au pays
13:01à l'époque.
13:02Et lui,
13:02il m'explique
13:03ce qu'il est venu
13:03en 2004-2005.
13:04Un moment donné,
13:05il part en taxi
13:05à l'entraînement.
13:06Il se fait contrôler
13:07par des blindes américains.
13:08Ils le sortent,
13:09ils le mettent par terre
13:09et ils lui mettent le fusil.
13:11Ils mettent la mitraillesse
13:12que vous voulez dans le dos.
13:13Football player,
13:14football player !
13:15Il monte les crampons,
13:16etc.
13:16Et tout.
13:17Si on l'avait tué,
13:18ça aurait fait quoi ?
13:18Ça aurait fait un Irakin de moins,
13:20un Irakin de plus ?
13:21Ça aurait rien changé.
13:22Vraiment,
13:22il est resté en vie
13:23et une gentillesse.
13:24Il m'a raconté ça,
13:25mais tranquille pas
13:26pour se mettre en héros
13:27et tout.
13:27Il ne voulait pas en faire
13:29un cas personnel.
13:30C'est pour ça
13:30que j'aime autant aussi
13:31des fois le football
13:32dont on ne parle pas forcément
13:33parce qu'il y a des échanges
13:35à tous les niveaux
13:35et j'apprends beaucoup
13:36sur le reste du monde.
13:38Et également,
13:38ça te remet les pieds sur terre
13:39quand des fois on se plaint.
13:41Des fois j'ai envie de me dire,
13:41je me rappelle toutes ces histoires,
13:42ces joueurs Irakiens
13:43et je me dis,
13:43ouais,
13:44qui t'es en fait pour te plaindre ?
13:47Tout ça,
13:48je l'ai donc retranscrit
13:49dans The Beautiful Game
13:50que vous pouvez toujours acheter.
13:51Il y en a encore
13:51quelques exemplaires
13:52sur la FNAC,
13:52sur Amazon,
13:53ou également dans les coffrets
13:54sur le site de l'éditeur.
13:55je vous ai mis les liens
13:55parce que,
13:56en fait c'est ça,
13:57c'est ce mélange
13:57entre le foot,
13:58la guerre,
13:59la politique,
14:00mais aussi des destins humains.
14:01C'est ce que j'essaye de faire
14:02depuis un moment.
14:03Et en parlant de ces destins humains,
14:05comment ne pas évoquer le Cap Vert ?
14:06Match nul incroyable
14:07face à l'Uruguay.
14:08Alors,
14:08c'est des erreurs individuelles
14:09encore qui ont plombé l'Uruguay,
14:10mais ça fait un moment
14:12qu'on disait,
14:12attention,
14:13la Célesté risque de se planter.
14:15Par contre,
14:15pour le Cap Vert,
14:16ils ont leur destin
14:17presque entre les mains.
14:18Il suffit de gagner
14:19face à l'Arabie Saoudite.
14:20Alors,
14:20ça ne va pas être si facile que ça.
14:21On sait que l'Arabie Saoudite
14:22en a pris 4 face à l'Espagne.
14:23Elle est décevant depuis un moment.
14:24Il va y avoir presque,
14:25on va dire,
14:26une pression
14:26parce que là,
14:27le Cap Vert est venu,
14:28voilà,
14:28s'ils prennent un point,
14:29c'était déjà magnifique.
14:30Et là,
14:30ils ont la possibilité
14:30de se qualifier
14:31avec un groupe très expérimenté.
14:32Quelle histoire.
14:33Pareil pour l'Egypte,
14:34qui était là,
14:35à la Coupe du Monde.
14:35Je crois que c'était en 1934,
14:36si je ne dis pas de bêtises.
14:37Ils n'avaient jamais gagné un match.
14:38Je crois que c'était
14:39la 9e tentative,
14:40cette fois,
14:40leur 9e rencontre officielle
14:41en Coupe du Monde.
14:42Et ça y est,
14:43ils gagnent,
14:43alors qu'ils perdent 1-0
14:44face à la Nouvelle-Zélande,
14:45qui était plus coriace que prévu,
14:46notamment offensivement.
14:47Mais les failles béantes
14:48en défense des Kiwis
14:49ont été fatales.
14:50Et les coéquipiers de Mohamed Salah
14:51en ont profité
14:52pour potentiellement assurer
14:53une qualification
14:53pour les 16e de finale.
14:54Un vrai pays de football,
14:55le Cil-Egypte,
14:56dont on ne parle pas forcément assez.
14:58Et c'est tout le travail
14:58que j'essaye de faire
14:59et que je vous remercie
15:00parce qu'il y a de plus en plus
15:01nombreux à suivre cette chaîne.
15:02Je terminerai avec cette vidéo.
15:04L'Irak risque évidemment
15:04d'être court face à la France,
15:06mais l'essentiel,
15:06il est parfois ailleurs.
15:07Il y a ce qui se passe sur le terrain.
15:08Il y a tout ce que le football
15:09est capable de représenter
15:10pour une société,
15:11pour tant de gens.
15:12Et pour tout cela,
15:13je le rappelle,
15:14Beautiful Game,
15:15toujours disponible 6 ans après,
15:16toujours d'actualité.
15:17Également les autres livres,
15:18l'autre Coupe du Monde et tout ça.
15:19J'ai mis des liens
15:19en commentaire et en description
15:20parce que c'est ça aussi.
15:21Je n'ai pas les moyens
15:22de faire des documentaires
15:23ou que sais-je encore,
15:23mais de lire.
15:24Et peut-être qu'en lisant,
15:25vous allez peut-être pouvoir vous évader
15:26comme lorsque vous étiez enfant
15:27en voyant bien
15:28qu'un ballon
15:29peut impacter le destin
15:30de millions de gens
15:31à travers le monde.
15:32Sur ce,
15:33keep the faith.
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