- il y a 2 jours
Ce nouveau Banquet animé par Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot est consacré à une légende - qui fait l'objet d'un biopic dont tout le monde parle : le général de Gaulle. Sauveur de la France, père des institutions, à la fois Jeanne d'Arc et Louis XI, n'est-il pas devenu, plus encore qu'une référence politique, une sorte de mythe culturel ?
Pour en discuter, Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot reçoivent :
- Jean-Luc Barré, écrivain, historien, éditeur, auteur de De Gaulle, une vie (Grasset), une monumentale biographie dont le 3e tome paraîtra en 2027,
- Titiou Lecoq, journaliste, écrivaine et essayiste féministe, auteure de Les Grandes Oubliées(Éditions de l'Iconoclaste),
- Nicolas Domenach, journaliste politique, auteur de « Néron à l'Élysée » (Albin Michel),
- Julian Jackson, historien britannique, professeur émérite d'histoire française, auteur de la biographie (De Gaulle, une certaine idée de la France, Seuil) sur laquelle s'appuie le biopic d'Antonin Baudry.
Parce qu'il manquait une émission qui prenne la culture au sérieux sans se prendre au sérieux. Parce que comprendre le monde, c'est aussi comprendre les récits qui le façonnent. Parce qu'il est temps de réconcilier le savant et le populaire. « Le banquet » est une émission qui parle de la culture savante de manière populaire et de la culture populaire de manière savante. Un temps long, une respiration, un espace de réflexion, dans un monde saturé d'informations et de débats immédiats. Aux manettes : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot, tous deux journalistes et écrivains, dressent une table singulière où se croisent idées, oeuvres, figures et imaginaires.
Deux fois par mois, « Le banquet » s'attaque à un grand thème culturel, éclairé à la fois par l'histoire des idées, la sociologie, la politique, et la pop culture. Dans un esprit résolument humaniste, mais jamais élitiste, l'émission fait dialoguer Platon et Netflix, Molière et Marvel, Barthes et les réseaux sociaux.
C'est vendredi, installez-vous à table, la discussion peut commencer.
Présenté par : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot
Pour en discuter, Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot reçoivent :
- Jean-Luc Barré, écrivain, historien, éditeur, auteur de De Gaulle, une vie (Grasset), une monumentale biographie dont le 3e tome paraîtra en 2027,
- Titiou Lecoq, journaliste, écrivaine et essayiste féministe, auteure de Les Grandes Oubliées(Éditions de l'Iconoclaste),
- Nicolas Domenach, journaliste politique, auteur de « Néron à l'Élysée » (Albin Michel),
- Julian Jackson, historien britannique, professeur émérite d'histoire française, auteur de la biographie (De Gaulle, une certaine idée de la France, Seuil) sur laquelle s'appuie le biopic d'Antonin Baudry.
Parce qu'il manquait une émission qui prenne la culture au sérieux sans se prendre au sérieux. Parce que comprendre le monde, c'est aussi comprendre les récits qui le façonnent. Parce qu'il est temps de réconcilier le savant et le populaire. « Le banquet » est une émission qui parle de la culture savante de manière populaire et de la culture populaire de manière savante. Un temps long, une respiration, un espace de réflexion, dans un monde saturé d'informations et de débats immédiats. Aux manettes : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot, tous deux journalistes et écrivains, dressent une table singulière où se croisent idées, oeuvres, figures et imaginaires.
Deux fois par mois, « Le banquet » s'attaque à un grand thème culturel, éclairé à la fois par l'histoire des idées, la sociologie, la politique, et la pop culture. Dans un esprit résolument humaniste, mais jamais élitiste, l'émission fait dialoguer Platon et Netflix, Molière et Marvel, Barthes et les réseaux sociaux.
C'est vendredi, installez-vous à table, la discussion peut commencer.
Présenté par : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot
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NewsTranscription
00:00Bonjour à tous, bonjour Christophe.
00:02Bonjour Anna.
00:03Je suis ravie de vous retrouver.
00:04Aujourd'hui on va consacrer notre banquet à une légende.
00:07Le général de Gaulle, sauveur de la France, père des institutions,
00:11à la fois Jeanne d'Arc et Louis XI,
00:13n'est-il pas devenu, plus encore qu'une référence politique,
00:16en fait une sorte de mythe culturel ?
00:19De Gaulle n'appartient pas à l'histoire de France,
00:21il appartient à la légende de la France, écrivait Malraux.
00:25Tous les hommes politiques se réclament de lui
00:27et ces jours-ci arrivent dans les salles.
00:28D'ailleurs, un biopic en deux parties et au budget colossal.
00:32Cette mythologie en dit au moins aussi long sur De Gaulle que sur nous-mêmes,
00:35vous ne croyez pas Christophe ?
00:36On va tout de suite voir ce qu'en pensent nos invités.
00:59Jean-Luc Barré, bonjour.
01:00Bonjour.
01:01Vous êtes écrivain, historien, éditeur, président des éditions Plon,
01:05directeur de la collection Bouquins.
01:07Vous avez entrepris une monumentale biographie de De Gaulle.
01:10Le premier tome a été couronné du prix Renaud Daud-Lessé
01:14et du grand prix de la biographie politique.
01:16Le deuxième tome est paru cet automne
01:18et le troisième est attendu pour 2027, année de la présidentielle.
01:22Titu Lecoq, bonjour.
01:24Vous êtes journaliste, écrivaine et essayiste féministe.
01:27Vous avez notamment montré
01:29comment les femmes ont été les grandes oubliées.
01:32C'est le titre du livre Phénomène,
01:34puis de la BD que vous avez publiée aux éditions de l'Iconoclast
01:37avec ce sous-titre
01:39« Pourquoi l'histoire a effacé les femmes ? »
01:42Alors on a pensé, Titu Lecoq,
01:43que votre regard sur une figure de pouvoir
01:45aussi puissamment masculine que De Gaulle serait précieux.
01:48On voudra que vous nous expliquiez pourquoi vous rigolez pas.
01:52Nicolas Domaque, bonjour.
01:54Bonjour.
01:55Vous êtes un journaliste politique que l'on ne présente plus.
01:58Votre dernier livre sur Emmanuel Macron
02:00écrit avec Maurice Safran,
02:02« Néron à l'Elysée, chez Albain Michel ».
02:04Vous avez vu passer beaucoup de politiques
02:07qui ont été tentées de se prendre pour De Gaulle
02:09depuis 50 ans que vous observez de très près
02:12la vie politique française.
02:13Vous allez tout nous raconter.
02:15Julanne Jackson, bonjour.
02:17Vous êtes historien britannique,
02:19professeur émérite d'histoire française.
02:21Le film dont tout le monde parle,
02:23« La bataille de Gaulle » d'Antonin Baudry,
02:25est une adaptation de votre biographie
02:27devenue une référence de Gaulle,
02:29« Une certaine idée de la France »
02:31parue au seuil.
02:32Bienvenue à tous les quatre.
02:34Et on est très heureux, avec Christophe,
02:35de vous accueillir au Poinçon.
02:37Pour commencer, un voyage dans le temps,
02:39parce qu'on aime bien les voyages dans le temps
02:40dans cette émission.
02:41Nous sommes, évidemment, le 18 juin 1940.
02:45Un général pratiquement inconnu
02:48prend un micro sur la BBC à Londres.
02:51Personne ou presque ne l'entend ce soir-là.
02:53Il faut le préciser,
02:54l'appel du 18 juin n'a pas été enregistré.
02:57Ce que nous allons entendre,
02:58c'est la version conservée,
03:00celle du 22 juin, légèrement remaniée.
03:02Mais tout commence là.
03:03Moi, général de Gaulle,
03:06j'invite tous les militaires français
03:09des armées de terre, de mer et de l'air.
03:12J'invite les ingénieurs
03:14et les ouvriers français spécialistes de l'armement
03:17qui se trouvent en territoire britannique
03:20ou qui pourraient y parvenir
03:22à se réunir à moi.
03:24J'invite les chefs, les soldats,
03:27les marins, les aviateurs,
03:29des forces françaises de terre,
03:33de mer, de l'air.
03:34Où qu'ils se trouvent actuellement
03:36à se mettre en rapport avec moi.
03:40J'invite tous les français
03:41qui veulent rester libres
03:43à m'écouter et à me suivre.
03:47Vive la France !
03:49Libre dans l'honneur
03:51et dans l'indépendant.
03:55Alors, ils parlent dans l'Ide ou presque.
03:57Pas de légitimité officielle,
03:59pas d'armée, pas de territoire.
04:01Ils font juste cette voix
04:02qui résonne dans la nuit.
04:04Jean-Luc Barré,
04:05la vraie naissance du mythe,
04:06elle est là,
04:07dans cette incarnation de l'espoir
04:08partant plus que troublée.
04:10Oui, parce que c'est le 18 juin,
04:13c'est effectivement un moment
04:14où il crée quelque chose
04:17qui n'existe plus,
04:18c'est-à-dire recrée une France
04:19qui n'existe plus,
04:20en tout cas telle qu'elle a été
04:22jusqu'à la défaite.
04:24Personne ne l'attend.
04:26Les Anglais l'accueillent,
04:27mais enfin,
04:29toute la négociation autour de la...
04:31Dans la journée du 18 juin,
04:32il y a quand même
04:33une certaine négociation
04:34parce que les Anglais
04:34n'ont pas forcément intérêt
04:36à ce qu'ils disent trop de choses
04:37quand le gouvernement de Vichy
04:38à l'époque,
04:39puisque le gouvernement de Vichy
04:39est toujours...
04:40Enfin, les Anglais espèrent quand même
04:42qu'il y aura une possibilité
04:43d'accommodement.
04:44C'est le défi absolu,
04:46c'est-à-dire, c'est l'idée que...
04:47C'est une leçon pour aujourd'hui d'ailleurs,
04:49c'est qu'alors que tout s'effondre,
04:51il y a encore un espoir,
04:52il y a surtout la France, voilà.
04:54L'idée que la France
04:55ne peut pas mourir,
04:56ne peut pas disparaître.
04:57Et il est le seul, finalement,
04:58à porter ce discours-là,
05:01d'abord parce que c'est un discours
05:02qu'il porte en lui depuis très longtemps.
05:04Il n'arrive pas le 18 juin par accident.
05:06Il a déjà préparé, d'une certaine manière,
05:08cette idée dans le fil de l'épée
05:09qu'on aurait recours forcément
05:11à un homme providentiel.
05:14C'est lié aussi au fait
05:15que dans les semaines qui ont précédé,
05:16il a vu s'effondrer son pays
05:19et le refus a mûri en lui
05:21d'une capitulation,
05:22d'un armistice
05:23qu'il va considérer comme une trahison.
05:25Donc au fond,
05:26ce n'est pas un acte improvisé le 18 juin,
05:27mais c'est évidemment
05:29un défi inouï dans l'histoire,
05:31mais comme d'autres avant lui,
05:32comme Jeanne d'Arc et d'autres
05:33auxquels il se référait,
05:34d'ailleurs,
05:34ont pu en lancer aussi à leur tour.
05:36Alors, il y a un autre moment fondateur,
05:38Julien Jackson,
05:39c'est l'Algérie.
05:40quand De Gaulle prend contre son camp
05:42cette décision de l'autodétermination ?
05:44Oui, en fait,
05:45je suis tout à fait d'accord
05:46avec ce qui vient d'être dit.
05:49J'ajouterai juste une petite chose
05:51parce que je trouve que vous avez
05:53très bien résumé la situation.
05:54L'intelligence de l'appel du 18 juin,
05:57c'est un appel à la fois à l'émotion.
05:59Il ne faut pas se désespérer de la France,
06:02mais également,
06:02c'est un discours d'une grande intelligence
06:05qui donne des raisons
06:07pour ne pas désespérer.
06:09Donc, il ne dit pas simplement
06:10qu'il ne faut pas désespérer.
06:11Il dit que ça va être une guerre mondiale.
06:14Il y a un empire britannique,
06:17un empire français,
06:19il y a l'économie américaine.
06:20Et donc, déjà, il voit,
06:22il donne des raisons.
06:23Et donc, je pense que ça,
06:24c'est très important pour ce discours.
06:26Algérie, c'est tout à fait différent
06:27parce que là,
06:28il revient au pouvoir
06:30au milieu de cette guerre civile,
06:33on pourrait presque dire.
06:35Et là, je pense qu'au début,
06:37en 1940,
06:38il sait exactement ce qu'il veut,
06:40ce qui est remarquable, je trouve.
06:41Mais en 1958,
06:43quand il revient,
06:43je ne pense pas
06:44qu'il sait exactement ce qu'il veut.
06:46C'est-à-dire,
06:47il a plusieurs possibilités pour l'Algérie.
06:50Il sait qu'il veut revenir au pouvoir.
06:52Il sait qu'il veut changer de régime.
06:55Il pense que c'est l'occasion pour lui
06:58de se défaire de cette 4e République
07:02qui est peut-être moins mauvaise
07:03qu'on le dit,
07:04mais pour De Gaulle,
07:05c'était vraiment le régime des partis,
07:06etc.
07:07Donc, c'était sa vision
07:08d'une nouvelle constitution.
07:10Mais sur l'Algérie,
07:11c'est très différent de 1940
07:12parce que tout est possible.
07:15Je pense qu'il savait,
07:16il était contre l'idée
07:18de l'Algérie française intégrale,
07:20c'est-à-dire l'Algérie
07:21qui devient contre la Bretagne,
07:22par exemple.
07:23Et je pense qu'en 1958,
07:25il n'était pas encore convaincu
07:26de l'importance,
07:27de l'inactivité de l'indépendance.
07:31Mais à part ça,
07:32il y avait beaucoup de possibilités.
07:33Donc, je trouve que les deux moments
07:34qui sont deux moments fondateurs
07:36sont dans un sens très différent.
07:38Nicolas Domnac,
07:40est-ce que De Gaulle serait devenu
07:41De Gaulle sans la guerre ?
07:43Question courte.
07:44Vous n'aviez pas y échappé.
07:46Vous avez une seconde pour répondre.
07:49Vous avez comparé ces deux moments,
07:53l'Algérie et l'appel du 18 juin,
07:55mais c'est sans rapport.
07:58Dans la liturgie gaullienne,
08:00l'appel du 18 juin,
08:02c'est le texte sacré.
08:03On se met à genoux
08:04et puis on met la croix de Lorraine.
08:07On a oublié la croix de Lorraine.
08:08Vous avez raison, Nicolas.
08:09Bien sûr.
08:10C'est bien, heureusement que...
08:11D'ailleurs, il me semble que Churchill disait
08:13« Tout le monde porte sa croix. »
08:15Moi, la pire, c'était la croix de Lorraine.
08:17Non, mais c'est un culte.
08:19Tandis que l'Algérie,
08:21c'est un texte politique.
08:22Il fera le contraire, d'ailleurs,
08:24de ce qu'il a dit.
08:25Tandis que là,
08:26on adore l'appel du 18 juin.
08:29On dit qu'on se retrouve
08:30dans ce qu'on a de mieux.
08:32Enfin, ou ce qu'on espère qu'on a de mieux.
08:34Tandis qu'Algérie,
08:35on se dispute.
08:36Voilà.
08:37Encore aujourd'hui.
08:38Voilà.
08:38Donc, la guerre fondatrice.
08:40Bien sûr.
08:41J'ai une autre question
08:42qui n'est pas plus simple.
08:43Est-ce qu'il aurait eu ce destin
08:44de grand homme,
08:45Gérald De Gaulle,
08:46s'il n'avait pas eu ce physique hors normes ?
08:48Un homme d'1m96
08:50à une époque
08:50où la taille moyenne d'un Français
08:52était d'1m68.
08:53Et cette gueule.
08:54Il avait la gueule de la France.
08:56Et puis il y a autre chose,
08:57c'est...
08:58La gueule de la France, exactement.
08:59Non, mais il y a autre chose,
09:00c'est le nom.
09:01Le nom.
09:02D'ailleurs, je crois
09:03qu'à un moment donné,
09:05en Angleterre,
09:05on pensait que le nom de De Gaulle
09:07était presque une invention
09:08des services secrets.
09:09C'est-à-dire qu'il s'appelle De Gaulle.
09:12Enfin, je veux dire,
09:12il porte l'ancien nom de la France.
09:13Ça fait beaucoup de prédestination.
09:15Des résistants à un empire.
09:16Oui, absolument.
09:17Quand Romain Garry
09:20a cherché un nom de plume,
09:22après, quand il a entendu
09:23le nom de De Gaulle,
09:24il a dit,
09:24pourquoi tu n'as pas pensé à ça ?
09:26C'était trop tard.
09:27Ça avait été déjà pris.
09:29Il a fallu émis la jarre, après.
09:30Et le physique, c'est vrai.
09:31Et le BBC recevait des enveloppes,
09:33en fait.
09:34Souvent, c'était Gaulle
09:35avec un L, par exemple,
09:37parce qu'on ne savait pas
09:38comment ça s'écrivait.
09:39Non, mais le physique,
09:39effectivement,
09:40il y a quelque chose d'immense,
09:41évidemment,
09:41tout le monde connaît son physique.
09:43Mais ça participe,
09:44en effet,
09:45de quelque chose
09:46de gigantesque
09:47et de quasi anormal.
09:48Enfin, je veux dire,
09:48voilà,
09:49il y a quelque chose
09:49qui dépasse,
09:50il y a une démesure
09:51dans le physique
09:52qui rejoint la démesure,
09:53effectivement,
09:54du caractère
09:55et de la vision.
09:56Parce que c'est essentiel
09:57de penser à la vision.
09:58Moi, je ne suis pas tout à fait
09:58d'accord sur l'Algérie
09:59parce que je pense
10:00que sur l'Algérie,
10:01il avait très tôt,
10:02il était plutôt
10:03anti-colonialiste
10:06dans les choix
10:06qu'il a faits
10:07à la sortie de Saint-Cyr.
10:08On le voit très nettement
10:09dans ce qu'il a dit
10:09au Liban ou ailleurs.
10:11Après, il y a des adaptations.
10:12Mais il n'a jamais été favorable
10:13au système colonial,
10:14comme Clémenceau,
10:15d'ailleurs,
10:15et comme Charles Maurras.
10:16Mais enfin,
10:16on peut incarner la grandeur
10:17en mesurant 1m40,
10:18comme Napoléon.
10:19C'est vrai que c'est...
10:20Pourquoi il faut
10:21que vous ramessiez
10:21la suite ?
10:23Vous avez raison,
10:28il est anormal,
10:29il est bizarre,
10:29il est très grand,
10:30il a le grand nez, etc.
10:32Et en fait,
10:32quand il était jeune,
10:33je pense qu'il n'était pas
10:34très bien dans sa peau.
10:35Il trouvait que le corps
10:36n'était pas facile à manier.
10:38Avec le temps,
10:39il a réussi à apprivoiser le corps.
10:41Donc, il a pu utiliser...
10:43Quand il fait, par exemple,
10:44comme ça,
10:44ça, c'est un geste imaginatif.
10:46C'est un très grand comédien
10:48et un comédien
10:49qui joue avec son corps,
10:51qui est au début compliqué.
10:53Il dit un jour à Louis Jox
10:55que nous, les géants,
10:56on est toujours en train
10:57de renverser les tables,
10:59les foyers sont trop petits, etc.
11:00Et à 15 ans,
11:01il s'imaginait déjà,
11:02en général,
11:02sauvant la France.
11:03Est-ce que c'est vrai ?
11:04Ou ça fait partie de la légende ?
11:05Non, c'est écrit
11:06dans une composition d'histoire
11:08à ce moment-là.
11:08Mais vous savez,
11:08dans cette génération,
11:10la génération de De Gaulle,
11:11tout le monde pensait
11:11qu'il fallait sauver la France
11:12puisque c'était l'idée
11:13de la revanche, etc.
11:15Mais lui...
11:15Mais dire que ce n'était pas
11:16hors normes, comme...
11:17Non, ce qui était hors normes,
11:18c'est déjà
11:18le général de De Gaulle.
11:20Mais dans son idée,
11:21lui qui dirigeait déjà
11:22des batailles,
11:23de soldats de plomb, etc.
11:24Il était déjà,
11:25quelque part, un général.
11:26Et puis, il y a
11:27la construction de soi,
11:28très tôt.
11:29Ce qui a quelque chose
11:30d'assez génial,
11:31si je ne vais pas employer
11:31ce mot tout le temps,
11:32le concernant,
11:32mais c'est la création
11:34du personnage, quand même.
11:35Parce qu'au fond,
11:36ce personnage de De Gaulle
11:37qu'il crée,
11:37ce n'est pas tout à fait lui.
11:38C'est pour ça, d'ailleurs,
11:39qu'il parlera de lui
11:40à la troisième personne.
11:40C'est un autre personnage.
11:42Et comme vous le disiez
11:43très justement...
11:44Oui, un peu, oui.
11:45Il faut pouvoir se le permettre.
11:47Mais c'est une forme
11:48d'humilité en même temps
11:49parce qu'il y a Charles.
11:50Malraux a très bien expliqué ça.
11:52Il y a Charles
11:52et il y a De Gaulle.
11:53Au fond, De Gaulle a compris
11:55qu'un grand homme d'État,
11:56c'est quelqu'un
11:56qui ne s'appartient pas.
11:57C'est une leçon à retenir
11:59pour ceux qui briguent aujourd'hui.
12:00Qui briguent cette fonction
12:01de grand homme d'État, n'est-ce pas ?
12:02S'ils ne pouvaient pas s'appartenir,
12:04c'est merveilleux.
12:04Il a eu pensé avant
12:05comment être un chef.
12:07On oublie...
12:07Il ne faut pas oublier
12:08que De Gaulle est un militaire,
12:10mais également
12:10De Gaulle est un intellectuel.
12:11Il a écrit quatre livres
12:13avant 40
12:14et dans le deuxième livre,
12:16il a réfléchi
12:17ce qu'il fait un chef.
12:19Et donc, il s'est déjà écrit,
12:21si vous voulez,
12:22que le scénario en avance.
12:23Alors, Antonin Baudry,
12:24qui a adapté votre livre
12:25sur grand écran,
12:26il voit des similitudes
12:27entre De Gaulle et Don Quichotte.
12:28Est-ce que vous les voyez
12:29aussi, ces similitudes ?
12:30Oui et non.
12:31Mais je pense qu'il y a,
12:33dans la conversation
12:34entre Malraux et De Gaulle,
12:37les chaînes qu'on a bas,
12:38vous savez,
12:38c'est un livre
12:39que Malraux a écrit
12:40pour une visite à De Gaulle
12:42après sa démission.
12:43Il y a un moment
12:44où Malraux parle de l'Espagne
12:46et De Gaulle dit
12:46« Ah oui, l'Espagne,
12:47pourquoi pas Don Quichotte ? »
12:49Je pense qu'il voyait…
12:51Mais il y a un peu
12:51de Cyrano de Bergerac.
12:52Oui, mais il y a toujours
12:53en De Gaulle
12:54un brin de folie géniale
12:58qui est nécessaire
12:59pour être un grand homme.
13:00Mais la folie seule
13:02ne marche pas.
13:03Et d'héroïsme.
13:04Comme là,
13:05pour le coup,
13:05Don Quichotte,
13:06de prendre l'héroïsme
13:07en son sens.
13:08Oui, mais c'est la part
13:09de l'imaginaire,
13:11presque de la fabulation.
13:12Et de la littérature.
13:13Et de la littérature.
13:14Si tu le coq,
13:15dans l'imaginaire gaullien,
13:16il y a…
13:17Eh bien oui, quand même,
13:18parce que là,
13:18on en parle depuis tout à l'heure,
13:19l'imaginaire gaullien.
13:20Il y a la verticalité,
13:21la virilité,
13:23la puissance solitaire.
13:24C'est quand même
13:25un imaginaire
13:26très, très, très masculin,
13:28non ?
13:29Oui, mais comme beaucoup
13:30dans toute l'histoire de France,
13:32on parlait de Napoléon,
13:33évidemment.
13:34On a ces imaginaires
13:35qui sont masculins.
13:36Après, ce qui est intéressant,
13:37c'est de se demander,
13:40en contrepoint,
13:40ça serait quoi ?
13:41Un pouvoir incarné par une femme.
13:43Et ce n'est pas forcément
13:44du tout un pouvoir doux
13:45ni quoi que ce soit.
13:46Mais c'est vrai
13:46qu'on a peu de modèles
13:47dans l'histoire de France.
13:49En gros,
13:49quand on demande aux gens
13:50à citer des femmes
13:51dans l'histoire de France,
13:52on va avoir Jeanne d'Arc,
13:53qui n'a pas très bien fini,
13:54Marie-Antoinette.
13:55Pas très bien non plus.
13:56Pas très bien non plus.
13:58Et pour les plus pointus,
13:59Catherine de Médicis,
14:00mais tout le monde se dit
14:01que c'était une sorcière.
14:02Donc voilà,
14:02on n'est pas sur des modèles.
14:04Ce qui est positif,
14:04d'ailleurs.
14:05La figure de la sorcière.
14:07Justement,
14:07on a revu d'ailleurs
14:08Catherine de Médicis maintenant.
14:10Donc oui,
14:11c'est une figure,
14:11évidemment,
14:12très au masculin
14:13et très classique
14:14dans l'histoire de France.
14:15Mais on a seulement
14:15six femmes compagnons
14:16de la Libération
14:17sur 1038.
14:19Il y en a six.
14:20Et ce qui est intéressant
14:21là-dedans,
14:21en fait,
14:22c'est un ordre
14:23qui est créé
14:23par le général de Gaulle
14:24sur les 1038.
14:26Donc on a six femmes.
14:28Il y en a plusieurs
14:28qui l'ont eu
14:29en plus à titre posthume.
14:31Moi,
14:31ce qui m'intéressait,
14:32c'était de voir
14:33que dans les six,
14:34il y en a une que j'adore
14:35qui s'appelle
14:36Émilienne Moreau-Evrard,
14:37qui était une figure,
14:38elle, pour le coup,
14:39qui a vraiment été oubliée.
14:40C'est-à-dire
14:40qu'elle a été très célèbre.
14:41Émilienne Moreau-Evrard,
14:42elle avait résisté
14:43aux Allemands
14:44pendant la Première Guerre mondiale.
14:45C'était déjà une héroïne.
14:47Il y avait eu un film
14:47hollywoodien sur elle,
14:48etc.
14:49Elle recommence
14:50pendant la Deuxième Guerre mondiale.
14:51Elle se bat.
14:52Elle va à Londres.
14:53Elle rejoint le général.
14:54Et c'est une star.
14:56Et elle, pour le coup,
14:57elle a été effacée
14:58de nos mémoires.
14:58C'est-à-dire qu'on la connaissait
14:59dans les années 50.
15:00On ne la connaît plus du tout.
15:02À Paris,
15:02on a renommé une esplanade
15:04d'esplanade
15:04Émilienne Moreau-Evrard.
15:05Personne, en passant,
15:06ne sait qui c'est.
15:07Alors qu'évidemment,
15:08quand on passe
15:09Avenue du Général de Gaulle
15:10ou Place Voltaire,
15:11tout le monde peut dire
15:12« Ah ben,
15:12je vais raconter à mes enfants
15:13qu'il était Voltaire. »
15:14Bon, Émilienne, non.
15:15L'oubli est réparé.
15:17Grâce à vous.
15:18Mais non, mais justement,
15:18du coup, ça suffit pas.
15:20Il faudrait qu'elle soit
15:20un peu enseignée à l'école.
15:22Il faut que les gens
15:22lisent votre livre.
15:23Voilà.
15:24Ben voilà.
15:24Bref.
15:26Nicolas Domnac,
15:27avec cette constitution
15:28qui a été taillée
15:28par De Gaulle,
15:30pour De Gaulle,
15:31est-ce qu'en fait,
15:31on n'est pas condamné
15:32à chercher,
15:32même inconsciemment,
15:34un chef qui ressemble
15:35à De Gaulle ?
15:36C'est pas de sa faute.
15:38J'ai pas dit
15:38que c'était de sa faute.
15:39Non, mais on a un culte
15:40du chef,
15:41en France,
15:42qui remonte à avant.
15:44C'est vrai qu'il l'a incarné,
15:45qu'il l'a dépassé.
15:46En même temps,
15:47pardon,
15:47je fais une parenthèse.
15:49Tout ce qu'on a dit
15:50d'admirable
15:50sur un homme admirable
15:51et pour lequel
15:52j'ai une révérence.
15:54À la fois Cyrano,
15:54Jeanne d'Arc,
15:55Tintin, tout.
15:55Et j'étais de ces milliers
15:56de Français
15:56qui en mai 68
15:57ont défilé dans la rue
15:59en disant
15:59adieu de Gaulle,
16:00adieu de Gaulle.
16:01C'est-à-dire que le vieux,
16:01il nous a pompé l'air,
16:02pardon,
16:03de la trivialité.
16:03Et vous avez pris aujourd'hui ?
16:04Non, et aujourd'hui,
16:07je regarde ça.
16:08Jean-Luc Barreva,
16:09vous tapez.
16:09Non, mais j'essaye de comprendre
16:11ce qui a fait
16:12qu'au bout d'un moment,
16:14cet homme qui a été exceptionnel
16:16et qui, effectivement,
16:17nous a permis
16:18de marcher droit
16:19à un moment,
16:20de sauver la France,
16:21comme on dit,
16:21pourquoi à un moment,
16:22on n'a plus pu
16:23le supporter du tout ?
16:24Alors, c'est vrai,
16:26est-ce qu'on recherche
16:26toujours un sauveur ?
16:27Sans doute,
16:28mais celui-là,
16:29ce sauveur,
16:30il ne faut pas oublier
16:30qu'à un moment,
16:32on s'en est débarrassé
16:33et qu'il a d'ailleurs
16:34compris les partis
16:35dans un moment historique.
16:37Oui, mais il nous a laissé
16:38à la Ve République
16:38et au fond,
16:39cette Ve République,
16:40elle a en quelque sorte
16:41institutionnalisé
16:42cet imaginaire-là
16:43du grand homme,
16:44seul, au-dessus des partis,
16:46ni de droite,
16:46ni de gauche.
16:48Non, mais ça,
16:48c'est juste.
16:49C'est juste,
16:50mais est-ce qu'il faut
16:51s'en plaindre ?
16:51Moi, je ne m'en plains pas.
16:52Le problème,
16:53c'est que les successeurs
16:54ne sont pas à la hauteur.
16:56C'est ça la difficulté ?
16:58Et puis le régime précédent,
16:59enfin, on oublie,
17:00moi, je veux bien
17:00que la IVe République
17:01ait un bon bilan,
17:02mais enfin,
17:02un bilan désastreux
17:03du point de vue institutionnel.
17:05Il y a eu deux guerres coloniales
17:06qui n'ont pas été réglées
17:07à cause de l'incapacité
17:08des pouvoirs à s'entendre.
17:10Donc, il faut voir
17:11de quoi on hérite en 1958.
17:13C'est un régime
17:14qui est à bout de souffle.
17:15On a connu,
17:16il y a un an
17:17ou un an et demi,
17:18une dissolution
17:19de deux gouvernements successifs.
17:20On a trouvé ça
17:21absolument hallucinant.
17:22Ça a duré pendant 12 ans.
17:23Je pense que de Gaulle
17:24avait compris une chose,
17:25c'est qu'il fallait
17:26un régime qui soit
17:27à la fois républicain
17:28et monarchique.
17:29Voilà.
17:29Et il a réussi
17:30à concilier ça.
17:31– Est-ce que ça ne nous emprisonne
17:32pas un peu, justement ?
17:33Est-ce que ça ne nous condamne pas,
17:34finalement,
17:35à être orphelins
17:36d'une figure,
17:38même si ça remonte
17:38à avant de Gaulle,
17:39finalement ?
17:40Est-ce que cette cinquième,
17:41finalement,
17:42ne nous a pas figés
17:43dans une sorte de fantasme
17:45adolescent, presque ?
17:46Elle oblige les hommes d'État
17:47à se dépasser.
17:48Ce n'est pas une mauvaise chose
17:49de se dépasser tant.
17:50Quand on est un créateur,
17:51on se dépasse
17:51et un homme politique
17:52peut se dépasser.
17:53– Qui tue le coq ?
17:53– Je suis très sur l'école
17:55et qu'est-ce qu'on apprend à l'école.
17:56Il y a une phrase
17:56que tout le monde apprend à l'école
17:57qui est le général de Gaulle
17:58a accordé le droit de vote aux femmes.
18:01– Tardivement.
18:02– Voilà, tardivement.
18:03On est un des derniers pays d'Europe.
18:04– Tardivement.
18:05– Mais la manière dont c'est raconté
18:07et je trouve que c'est très révélateur
18:08de cette question du grand homme
18:10sur qui tout repose
18:11et qui prend les décisions.
18:12Il y a une autre manière
18:13de raconter cette histoire.
18:14Il y a des militantes féministes
18:16qui ont passé leur vie.
18:17Par exemple,
18:18Hubertine Auclair
18:18qui est morte en 1914,
18:20qui avait passé sa vie
18:21à se battre pour le droit de vote
18:22des femmes.
18:22Il y en a eu énormément comme ça
18:24et en fait,
18:25on pourrait raconter
18:26que c'est une lutte sociale,
18:28que des femmes se sont organisées,
18:30elles se sont battues,
18:30elles ont réussi
18:31après cette lutte
18:32à obtenir ce droit.
18:34La manière dont on nous l'enseigne
18:35à l'école,
18:36il y a quelque chose de
18:37oui, le grand homme
18:38nous l'a gentiment
18:40parce qu'elle s'était bien pâtue
18:41pendant la guerre.
18:42Non, ce n'est pas du tout ça.
18:43Il y a vraiment une autre manière
18:44de voir aussi cette histoire
18:45qui permet de sortir
18:47du côté très individualisé
18:49de l'histoire
18:49et de voir aussi
18:50qu'il y a des mouvements sociaux
18:51et des luttes
18:52qui sont collectives.
18:53Ce qui est important,
18:54c'est le moment où c'est accordé
18:55parce que si je prends le cas
18:56de la peine de mort par exemple,
18:57la peine de mort,
18:58pour ne pas parler
18:59que du général de Gaulle,
18:59la peine de mort,
19:00c'est un combat
19:01qu'avait mené
19:01beaucoup de gens avant
19:02et c'est François Mitterrand
19:03qui a décidé
19:04qu'il y aurait
19:04abrogation de la peine de mort.
19:06Donc c'est le moment
19:06où on le décide
19:07et pourquoi on le décide
19:07si tard.
19:08Alors moi je pense
19:08que c'est la lutte
19:09qui est important.
19:09Oui, les deux sont importants.
19:11Non mais vous avez raison.
19:12Je suis 100% d'accord avec vous.
19:14Je déteste cette phrase
19:16accordée aux droits de femmes.
19:17C'était inévitable
19:19en 1944.
19:20C'était inévitable.
19:21Il n'y avait que les vieux barbus
19:23du parti radical
19:24qui ont été contre.
19:26Et les sénateurs.
19:27Et les sénateurs.
19:29Et qui ont bloqué
19:30pendant notre guerre.
19:31De Gaulle était pour moi
19:32un génie politique,
19:33un grand homme.
19:34Ça va.
19:34Je suis d'accord.
19:35je le crois en fait.
19:37Mais au même temps
19:38il ne faut pas
19:39sur-estimer
19:39les capacités
19:40d'un grand homme.
19:41L'indépence de l'Algérie
19:43était inévitable.
19:46L'union et De Gaulle
19:48le génie de De Gaulle
19:50c'était de mettre
19:51de donner un discours
19:53comme quoi c'était inévitable.
19:54De montrer pourquoi
19:55il fallait le faire.
19:56Mais il n'avait pas de choix.
19:59Et par exemple
20:00le rapprochement
20:01Et pourquoi ça n'a pas été fait
20:01avant lui alors ?
20:02Excusez-moi.
20:03Non parce que
20:03ce n'était pas fait
20:04en fait il a pris
20:05autant de temps
20:06à le faire
20:07avec toutes les institutions
20:08de la République
20:08que la quatrième.
20:10La guerre d'Algérie
20:11a commencé en 54.
20:12Il est revenu au pouvoir
20:13en 58.
20:14Il a donné
20:15entre guillemets
20:17encore donné
20:18accordé
20:18l'indépendance
20:20aux Algériens
20:20en 52.
20:21C'est les Algériens
20:22qui ont pris
20:23leur indépendance.
20:24La France a été forcée.
20:26Mais le génie de De Gaulle
20:27ce n'était pas de donner
20:28parce qu'il n'avait pas de choix.
20:30C'était de mettre
20:31en scène.
20:33La différence
20:33par exemple
20:34avec les Américains
20:35à la fin de la guerre
20:36de Vietnam
20:37c'était vécu
20:38comme un traumatisme
20:39comme une défaite
20:40ce qui était le cas.
20:41En France
20:42c'était une défaite
20:43mais c'était vécu
20:44comme une espèce
20:44de réussite
20:45à cause de la génie
20:47politique
20:47et rhétorique.
20:49Par exemple
20:50nous avons chez nous
20:51un Premier ministre
20:52nul en Angleterre
20:53et qu'est-ce qu'il manque
20:55il n'a pas
20:56de rhétorique
20:57et le rhétorique
20:58dans la politique
20:59est essentiel.
21:00Pour la suite
21:01de la Constitution
21:02on veut dire
21:03la gauche
21:04a une responsabilité
21:05énorme
21:05parce que
21:07François Mitterrand
21:08après avoir dénoncé
21:08le coup d'État
21:09permanent
21:09s'est glissé
21:10dans les chaussons
21:11armoriées
21:12de la Ve République
21:13et du Général de Gaulle
21:14sans rien changer
21:15surtout
21:16et sans chercher
21:16à contrebalancer
21:18des pouvoirs
21:18ou à repenser
21:19ses pouvoirs.
21:19Ou ce côté prison
21:20dont on parlait.
21:22Donc on n'est pas
21:23sortis de ça.
21:23Je ne suis pas d'accord
21:24avec vous
21:25c'est que
21:25tout de même
21:26on a changé
21:27beaucoup de choses
21:27depuis 1958
21:28et pas en bien
21:29c'est ça le problème.
21:30Aujourd'hui
21:31on vit d'ailleurs
21:31une situation
21:32assez curieuse
21:32mais qui est assez logique
21:34finalement
21:34qui veut qu'on a
21:35un Premier ministre
21:36qui gouverne
21:36et un Président
21:37qui préside
21:38ce qui fait d'ailleurs
21:38qu'il se promène
21:39beaucoup à travers le monde
21:40puisqu'il préside
21:41c'est l'esprit
21:42de la Ve République
21:42mais entre temps
21:44on a établi
21:45le quinquennat
21:46qui est une erreur
21:47politique évidente.
21:48Le quinquennat
21:48paraît plus long
21:49que le septennat.
21:50Le septennat
21:50au moins
21:50il y avait
21:51une cohabitation possible
21:52une respiration
21:52etc.
21:53Donc on a bricolé
21:54les institutions
21:55on a changé les choses
21:56en termes de cumul
21:57des mandats
21:57c'est bien que vous êtes député
21:58vous ne pouvez pas être maire
21:59etc.
21:59Enfin des choses
22:00qui sont évidemment aberrantes
22:02comme s'il fallait
22:02tout le temps
22:03modifier quelque chose
22:04moi je ne suis pas contre
22:05au fond
22:05il faut simplement
22:06les incarner
22:06les institutions
22:07et si on les incarne
22:08on n'est pas dans une prison
22:09comme Christophe dit.
22:10On parlait du talent
22:11du général de Gaulle
22:12pour la maîtrise du verbe
22:14pour savoir raconter
22:15et se raconter
22:16c'est quand même aussi ça
22:17qu'a fait de Gaulle
22:18c'est ce qui lui a permis
22:19de faire ce qui est
22:20des tours de passe-passe
22:21y compris.
22:22Non c'est un homme de style
22:23c'est un écrivain
22:23non des tours de passe-passe
22:24J'étais sûr que vous aviez
22:26bon
22:26Jean-Luc Marais
22:27je le savais
22:28Je ne suis absolument pas d'accord
22:29avec tout ce qui a été dit
22:30mais ce n'est pas grave
22:30ce n'est pas le débat.
22:31Le verbe
22:31Le verbe
22:32c'est-à-dire le sens du verbe
22:33mais écoutez
22:34le 18 juin 40
22:35si on n'a pas le sens du verbe
22:37effectivement on ne peut pas dire
22:38ce qu'il dit
22:38les mots sont évidemment choisis
22:40il y a une vision
22:41mais il y a aussi un style
22:41on a affaire à un écrivain
22:43et un écrivain
22:44qui connaît la puissance du verbe
22:45dans l'action politique
22:46et ça
22:47si on n'a pas cela
22:48effectivement
22:49c'est difficile de faire passer
22:50certains messages
22:51donc il a forgé ça
22:53il a son style
22:53il a son vocabulaire
22:55il a
22:56C'est un moyen aussi
22:57d'être en rapport
22:58avec le pays
22:59charnellement
23:00et puis
23:00de façon visionnaire
23:02quand il dit
23:02tous les français
23:03réclament des privilèges
23:04c'est leur façon
23:05de se montrer égalitaire
23:07c'est génial
23:09je veux dire
23:09c'est exactement ce qu'on est
23:10Il a fait beaucoup de chance
23:11également de Gaulle
23:14je pense que les français
23:15sont trop obsédés
23:16par le texte des constitutions
23:18c'est-à-dire
23:19dans les années 60
23:20la France avait
23:22une croissance économique
23:24inouïe
23:25pour beaucoup de raisons
23:26qui n'avaient rien à voir
23:27un très peu à voir
23:27avec de Gaulle
23:28donc il a profité
23:29de cette situation
23:30et à partir de
23:31en fait
23:32pendant cette année
23:33de jusqu'à d'Estaing
23:34le choc pétrolier
23:35etc
23:35la situation économique
23:36s'est dégradée
23:37et le fond du problème
23:39c'est pas pour moi
23:41constitutionnel
23:41c'est économique
23:42et social
23:43Mais j'aimerais
23:43qu'on reste sur le verbe
23:45quelques instants
23:45parce que Christophe
23:46nous a préparé
23:47un petit florilège
23:49de ce qu'aujourd'hui
23:49on appellerait
23:50des punchlines
23:51de Général de Gaulle
23:52Oui c'est ça
23:52vous l'avez dit
23:53le côté
23:54si au fond
23:55il a réussi
23:55à gouverner
23:57par les institutions
23:57il a aussi
23:58gouverné par le verbe
23:59de Gaulle
24:00c'est un écrivain
24:01je pense au fil
24:02de l'épée
24:031932
24:03je ne sais plus
24:04si c'est très lu
24:06aujourd'hui
24:06où se dessine déjà
24:07une conception
24:09particulière
24:09de la politique
24:10les hommes
24:11ne se passent point
24:12au fond
24:13d'être dirigés
24:15non plus
24:15que de manger
24:16boire et dormir
24:17ces animaux politiques
24:18ont besoin
24:19d'organisation
24:20c'est à dire
24:21d'ordre
24:21et de chef
24:23rien qu'avec
24:24cette phrase
24:25on a un aperçu
24:25le style de Gaulle
24:27tout en cadence
24:27en gravité
24:28mais surtout
24:28en image concrète
24:29une sorte de mystique
24:31dit-il encore
24:32dans le fil de l'épée
24:33c'est partout répandu
24:34qui non seulement
24:35tente à maudire la guerre
24:37mais incline à la croire
24:38périmée
24:38tant on voudrait
24:39qu'elle le fût
24:40c'est à chaque fois
24:41beaucoup d'emphase
24:42l'intime et le politique
24:43qui se mélangent
24:44ainsi dans ce discours
24:46de l'hôtel de ville
24:46le 25 août 1944
24:48très connu
24:49Paris-Paris
24:50outragé
24:51Paris brisé
24:51Paris martyrisé
24:53mais Paris libéré
24:54ou bien
24:55donc là c'est la figure
24:56de la personnification
24:57ou bien
24:58vive Montréal
24:59vive le Québec
24:59vive le Québec libre
25:00vive le Canada français
25:02et vive la France
25:03en fait il y a tout
25:04on englobe
25:04côté très cosmique
25:05mais aussi le discours
25:07à l'ironie
25:07chez de Gaulle
25:08pourquoi voulez-vous
25:09qu'à 67 ans
25:11je commence
25:11une carrière
25:12de dictateur
25:13ça c'est le 19 mai
25:1458
25:15de même
25:15la très belle expression
25:17sur le carteron
25:18de généraux en retraite
25:20où il rabaisse
25:21finalement les poutchis
25:21juste en utilisant
25:23les mots de vocabulaire
25:25qu'il faut
25:26évoquant l'ironie
25:27puisque vous en avez parlé
25:28sans en parler
25:29je ne résiste pas
25:30à évoquer le
25:30je vous ai compris
25:31le 4 juin 58
25:33discours du forum d'Alger
25:34même si peu de gens
25:35alors avaient compris
25:37l'ironie
25:38de Gaulle
25:39c'est aussi
25:39des mots
25:40et notamment un mot
25:41qui reste
25:42et qui claque
25:43mais qui va se retourner
25:45contre lui
25:45comme un boomerang
25:46c'est la fameuse
25:48Chianli
25:48qui nous est d'ailleurs
25:50rapportée par Pompidou
25:51on n'a pas finalement
25:52de Gaulle
25:53disant ce nom là
25:54à l'issue de la réunion
25:55du 19 mai 68
25:57un mot passionnant
25:58Chianli
25:58est-ce que vous en connaissez
25:59l'origine ?
26:00Chianli
26:01alors c'est rablaisien
26:02c'est scatologique
26:04Chianli
26:05et c'est dans Gargantua
26:07celui qui chie en lit
26:08avant de désigner
26:09un bout de chemise
26:10mal propre
26:11qui sort de la culotte
26:11d'un enfant
26:12puis un masque de carnaval
26:15et par extension
26:16la mascarade
26:17la procession des ordonnées
26:18le désordre
26:18ce qui fait la force
26:19de cette expression
26:20c'est son côté un peu
26:22suranné
26:22un peu ancien
26:23comme le
26:25abracadabrantesque
26:25de Chirac plus tard
26:26ou la poudre
26:27de Perlin Pimpin
26:28d'Emmanuel Macron
26:29ça capte l'attention
26:30parce que c'est un peu
26:31étrange comme mot
26:32donc on le retient
26:32et ça va devenir
26:33un objet politique
26:34au fond ce mot
26:35qui se retourne avec
26:36alors vous l'avez peut-être
26:37Nicolas prononcé
26:38la Chianli
26:39c'est lui
26:41voilà
26:42et il y en a d'autres
26:43encore tout aussi
26:44imagés et surprenants
26:45ça c'est pour
26:46Titsou Lecoq
26:47je voudrais vous faire
26:47réagir là-dessus
26:48les traités
26:49voyez-vous
26:49sont comme les jeunes filles
26:51et les roses
26:51ça dure ce que ça dure
26:52c'est vous
26:53le 2 juillet
26:54c'est quand même
26:55aussi un vieux côté
26:57macho
26:57quand même
26:59quand même
26:59oui oui
27:01peu de surprise là-dessus
27:02voilà
27:03mais ça va mieux
27:04en le disant
27:05il est un homme
27:06de son temps
27:07quand même
27:07voilà
27:07ça c'est toujours
27:08ce qu'on dit
27:09c'est toujours
27:10non mais c'est important
27:11de le dire
27:12c'est absurde
27:13de juger quelqu'un
27:14à partir de
27:15le concept actuel
27:16enfin le deuxième sexe
27:1848
27:18c'est vrai
27:19oui
27:19mais ça c'est
27:20oui
27:20il est un homme
27:21et Simon de Beauvoir
27:22est une femme
27:23de son temps
27:25ou hors de temps
27:26et puis une dernière
27:27je ne vais pas mal
27:28rassurez-vous
27:30un jour
27:30je ne manquerai pas
27:31de mourir
27:32on est le 4 février 65
27:35voilà
27:35et je voudrais
27:35qu'on l'écoute
27:37par la bouche
27:38j'allais dire du cheval
27:39si on ose dire
27:40De Gaulle dans le texte
27:41et dans le son
27:41c'est maintenant
27:42la ménagère
27:44elle veut avoir
27:45un aspirateur
27:46elle veut avoir
27:46un frigidaire
27:48française
27:49français
27:51aidez-moi
27:52elle veut avoir
27:52une machine à laver
27:54et même
27:55si c'est possible
27:56qu'on ait une auto
27:57je vous ai compris
27:59en même temps
28:00elle ne veut pas
28:01que son mari
28:02s'en aille
28:02embaucher
28:03de toute part
28:04que les garçons
28:05mettent les pieds
28:05sur la table
28:06et que les filles
28:07ne rentrent pas la nuit
28:08et bien voilà
28:09Nicolas Domnac
28:10on ne veut pas
28:11que les filles
28:11ne rentrent pas la nuit
28:12exactement
28:13mais quand vous dites
28:14je ne sais plus
28:15qui a dit ça
28:15il était de son temps
28:16pas seulement
28:17il est d'au-delà
28:18d'autres temps
28:19je veux dire
28:20quand il dit
28:20la vie
28:21ce n'est pas le travail
28:22le travail ça rend fou
28:23je veux dire
28:24il nous interpelle directement
28:25sur nos débats
28:26du jour
28:27ou bien quand il dit
28:28l'autorité ne va pas
28:29sans prestige
28:30et le prestige
28:31sans éloignement
28:31c'est une leçon
28:32de gouvernance
28:33qui est de tous les temps
28:34sur le président normal
28:35ou anormal
28:36mais bien sûr
28:37quand on voit
28:39ces images là
28:40c'est toujours saisissant
28:41quand on voit
28:42de Gaulle
28:43je pense qu'il était
28:44à la fois
28:45le premier homme politique
28:46à être créé
28:47par la radio
28:48et deuxièmement
28:49le premier homme politique
28:51à savoir jouer
28:52à la télévision
28:54pensez
28:54son ton comporant
28:55britannique
28:56Harold Macmillan
28:57toujours très figé
28:58à la télévision
28:59il ne savait pas
29:00quoi faire exactement
29:01de Gaulle a rapidement
29:02compris comment
29:03être comédien
29:04à la télévision
29:04donc il y a le verbe
29:05mais il y a le jeu
29:06aussi
29:07il y a le grand acteur
29:08de théâtre
29:08il y a le grand acteur
29:09de façon
29:09dans sa jeunesse
29:10dans son adolescence
29:11il jouait des pièces
29:12de théâtre en famille
29:13et c'est pour ça
29:14qu'il s'identifie
29:14à un personnage
29:15qu'il crée
29:15vous parlez d'Emmanuel Macron
29:17là ?
29:18pas il s'identifie
29:19pas assez
29:19on va en parler
29:20je vous promets
29:21Nicolas Domnach
29:22je vous le promets
29:25alors dans cette émission
29:27vous l'avez compris
29:27on aime bien les archives
29:28on vous propose
29:29un petit flashback
29:30un autre
29:30on est le 23 septembre 1944
29:33Paris est libéré
29:34depuis moins d'un mois
29:35et de Gaulle
29:36ne va pas s'adresser
29:37aux français
29:37mais à la France
29:39le général de Gaulle
29:40va parler à la France
29:49le palais de Chaillot
29:50est trop petit
29:51aucun palais
29:52aucun stade
29:53ne serait assez grand
29:55mais Paris tout entier
29:56l'écoute et l'entend
29:57groupé autour
29:58des haut-parleurs
29:59qui vont porter
29:59la voix désormais
30:00familière à la ville
30:01tout entière
30:02au pays
30:03et au monde
30:05tous les soldats
30:07de France
30:08font partie
30:09un pied grande
30:10de l'armée française
30:11laquelle
30:12n'appartient
30:13qu'à la France
30:14et doit être
30:16comme la France
30:17une et indivisible
30:21alors n'importe quel autocrate
30:23rêverait
30:24d'un tel engouement
30:25et pourtant
30:25c'est la démocratie française
30:27c'est Paris libéré
30:28c'est De Gaulle
30:29Jean-Luc Barré
30:30vous écrivez que De Gaulle
30:31ne faisait pas
30:31une carrière politique
30:32mais qu'il se construisait
30:33un destin
30:34quelle est la différence ?
30:36la différence
30:37c'est ce que nous vivons
30:37depuis assez longtemps
30:39dans ce pays
30:40où on n'a que des gens
30:41qui font des carrières politiques
30:42il y a un moment
30:42où le destin
30:43ça consiste à avoir
30:44d'abord une vision
30:45de l'intérêt collectif
30:46de l'intérêt national
30:47on va faire ça pour son pays
30:48on a une certaine idée
30:49des choses
30:50une certaine idée
30:50de la France
30:51du monde etc
30:52c'est aussi
30:53une capacité
30:54encore une fois
30:55à créer un personnage
30:57je pense
30:58à s'identifier
30:59à travers un personnage
31:00mais c'est aussi
31:01les grands moments
31:01de l'histoire
31:02dans lesquels
31:02ces hommes-là
31:03ou ces femmes-là
31:04sont présents
31:06je pense qu'il n'y a pas
31:07de grand destin
31:08sans grande histoire
31:09l'histoire ordinaire
31:10ne fait pas évidemment
31:11un grand destin
31:12mais chez de Gaulle
31:12il y avait l'idée
31:13de sa destinée
31:15cette conviction intime
31:16qu'il avait un destin
31:18donc il l'a eu
31:18dès l'âge de 15 ans
31:19mais surtout
31:20il a attendu
31:21les moments évidemment
31:22importants
31:23ou les moments
31:23où il pensait
31:24qu'on aurait besoin de lui
31:25c'est en 40
31:25c'est en 58 également
31:28et donc
31:29c'est pas dans des temps ordinaires
31:30c'est dans des temps héroïques
31:31c'est ce qu'il appelle
31:32le jeu divin du héros
31:33c'est-à-dire
31:33à un moment donné
31:34effectivement on peut être appelé
31:35ou ne pas être appelé
31:36d'ailleurs il aurait pu
31:37ne pas être appelé en 40
31:38mais ne doutez pas
31:39qu'il le serait
31:40vu la situation
31:41Julian Jackson
31:41vous publiez
31:42De Gaulle
31:43la France et le monde
31:4430 ans d'histoire
31:44par la caricature
31:46chez Gallimard
31:46il y a de nombreux dessins
31:48et caricatures de De Gaulle
31:49on va en regarder certaines
31:51quel regard
31:52les étrangers
31:53et notamment
31:53les britanniques
31:55portent-ils sur la figure
31:56du général
31:57sachant que son destin
31:58on le sait
31:58c'est construit
31:59avec celui de Churchill
32:00ce qui était très fascinant
32:02pour ce livre
32:02qui a été fait
32:03j'ai fait avec un collègue
32:05à Glan
32:06à Sorbonne
32:07et notre idée
32:08c'était de prendre
32:08que des caricatures étrangères
32:10et pour les britanniques
32:11ce qui est fascinant
32:12c'est justement
32:13la fascination
32:14des britanniques
32:15pour De Gaulle
32:15souvent on me pose la question
32:17vous un britannique
32:17pourquoi vous faites
32:18travail sur De Gaulle
32:19mais en fait
32:19les britanniques sont
32:21obsédés c'est trop fort
32:22mais fascinés par De Gaulle
32:23les français sont fascinés
32:24par Churchill
32:24et donc au début
32:30les caricaturistes
32:31cherchaient De Gaulle
32:32cherchaient De Gaulle
32:33parce qu'ils n'avaient pas d'image
32:34et donc les premiers caricatures
32:35il fallait inventer
32:37quelqu'un qui n'était pas De Gaulle
32:38avec le temps
32:39on voit le vrai
32:40entre guillemets
32:41De Gaulle apparaître
32:41une chose qui était fascinante
32:43pendant la guerre
32:44c'est que
32:45pendant les périodes
32:46où De Gaulle avait
32:47beaucoup de difficultés
32:48c'est moins qu'on puisse dire
32:50avec Churchill
32:51et Roosevelt
32:52c'était plutôt
32:53l'opinion publique
32:55britannique et américaine
32:56qui était plus
32:57pro-gaulliste
32:58que les gouvernements
32:59et ça se voyait
33:00dans les caricatures
33:01ce qui m'a frappé
33:02dans votre livre
33:02dans le choix des caricatures
33:03c'est le nez
33:04vous en parliez
33:05la gueule de la France
33:06c'est Cyrano
33:07d'ailleurs
33:08on le compare à Cyrano
33:11le nez
33:12c'est un nez de famille
33:14on peut faire n'importe quoi
33:15avec le nez
33:17le nez
33:20le nez
33:20fonctionne
33:22mille fois
33:22en fait
33:23c'est super
33:24Nicolas Domnac
33:25il y a un paradoxe français
33:26les français sont des
33:27Gaulois réfractaires
33:28c'est le mot d'Emmanuel Macron
33:30et pourtant
33:30ils ont un désir profond
33:32d'autorité
33:32c'est le fameux
33:33peuple régicide
33:34qui cherche un roi
33:35on n'en sortira pas
33:36je crois pas
33:37en tout cas
33:38on se traîne ça
33:39à la fois
33:40le désir de roi
33:41et la volonté
33:42de lui couper la tête
33:43maintenant tous les 5 ans
33:44à peu près
33:44et puis dès que c'est fait
33:46on a envie de récidiver
33:47donc ça sera pareil
33:49mais dans tout ce qu'on dit
33:50on oublie à quel point
33:51il nous était insupportable
33:52de Gaulle
33:53les années 60
33:54non mais j'ai l'impression
33:55que tout ça
33:56ça revient
33:57ça revient
33:58les années 68
33:58non mais
33:59non c'est pas seulement
34:00mai 68
34:00sur l'autoritarisme
34:02oui c'est l'autoritarisme
34:03c'était le côté monarchique
34:05la rubrique qui avait
34:06le plus de succès
34:07dans le canard enchaîné
34:08c'était la cour
34:08je veux dire
34:09parce que c'était insupportable
34:10le pouvoir qui était
34:11organisé autour de lui
34:12donc attention
34:13on va dire
34:14c'était formidable
34:15je regrette fortement
34:18qu'il n'y ait plus de dessin
34:19qu'il n'y ait plus de transcendance
34:21qu'on soit aussi médiocre
34:23mais enfin
34:25je ne vais pas oublier
34:26quand même
34:26à quel point
34:26il nous empêchait de respirer
34:28alors je vais rester sur lui
34:28nuance quand même
34:29après on va revenir
34:30sur mai 68 quand même
34:31peut-être insupportable
34:33mais si vous êtes mai 68
34:34sur ce plateau
34:35Nicolas Domingue
34:35les électeurs ont été quand même
34:37ce n'était pas mai 68
34:38les électeurs
34:40majoritairement
34:41ils l'ont renvoyé
34:42non non non
34:42oui oui oui
34:43décidément
34:44ça vous dit beaucoup de choses
34:45aujourd'hui
34:45mais non simplement
34:47il y a eu quand même
34:47des référendums
34:48on a oublié ça aujourd'hui
34:50quand un président de la république
34:51fait 20% des voix
34:52au premier tour
34:52on trouve ça génial
34:53lui a 45-46%
34:56des voix
34:56au premier tour
34:57de la présidentielle
34:58il trouvait ça insupportable
34:59à tel point
34:59qu'il a failli renoncer
35:00à se présenter au second
35:01et il avait mis son mandat en jeu
35:02oui absolument
35:03et en 69
35:04il crée les conditions
35:06d'un départ éventuel
35:07et contrairement à d'autres
35:08il perd une élection
35:09il se retire
35:10il ne faut pas oublier
35:10l'importance
35:11de l'antigolisme en France
35:14non non
35:15l'antigolisme
35:16c'est presque hérité
35:17des anglais
35:17c'est la seule chose
35:19qui motivait Mitterrand
35:20dans toute sa vie
35:21c'était l'antigolisme
35:22et l'antigolisme
35:23et la férocité
35:25d'un certain antigolisme
35:26c'était remarquable
35:28justement
35:28Charles de Gaulle
35:29c'est quand même l'invincible
35:30il était aussi détesté
35:31qu'aimait
35:32oui mais il échappe
35:33à
35:33cet attentat
35:35au petit clamard
35:35et à ce moment-là
35:36on connaît l'histoire
35:37la déesse est prise
35:38dans un guet-apens
35:40les balles pleuvent
35:41et miraculeusement
35:42tous les passagers
35:43vont sortir indemne
35:44mais qu'est-ce que ça a changé
35:46pour lui
35:46cet attentat ?
35:47ça a changé
35:48le fait que
35:49la décision
35:50en effet
35:50la question de savoir
35:51s'il y aurait
35:52un président élu
35:54au suffrage universel
35:55est en partie né
35:56de ce moment-là
35:57ça fait partie aussi
35:58des prises de conscience
35:59de De Gaulle
35:59mais ce qu'on oublie de dire
36:01c'est que finalement
36:02cet homme que tout le monde
36:02en sens aujourd'hui
36:03pour de bonnes et de mauvaises raisons
36:04c'est aussi un homme seul
36:07c'est un homme seul
36:07dès 58
36:08il a contre lui
36:09la majorité des organes de presse
36:11y compris à droite
36:13au Figaro
36:14c'est Raymond Aron
36:14qui est extrêmement critique
36:16je ne parle pas de l'Express
36:16je ne parle pas de l'Obs
36:18le nouvel observateur
36:20de l'époque
36:21le monde
36:22alors là le monde
36:23il avait donné d'ailleurs
36:25un nom au patron du monde
36:26qui s'appelait
36:27Hubert Boeve-Merry
36:27il l'appelait
36:28Monsieur Faux-que-ça-Rate
36:30Faux-que-ça-Rate
36:30toujours
36:31faut que ça marche pas
36:32donc il était très seul
36:33il était très seul
36:34et il avait une famille politique
36:36mais il a construit cela
36:37dans la solitude
36:38depuis 40 au fond
36:39alors titule
36:40quand je me tourne vers vous
36:41pour mai 68
36:42puisqu'on a entendu
36:42Nicolas Domnac
36:43on était ensemble
36:44c'est pour ça
36:47c'est dans le landau
36:48j'ai bien compris
36:50vous étiez ensemble
36:51en 68
36:52mais 68
36:53dans quelle mesure
36:54ça n'a pas créé
36:55un nouveau mythe
36:55qui vient aussi
36:56contrecarrer
36:57en partie le mythe gaullien
36:58parce qu'on a
36:59le mythe du désir
37:00le mythe du sexe libre
37:01aussi
37:02il y a face
37:02au couple à l'ancienne
37:04incarné par
37:05Charles et Yvonne
37:06et Yvonne
37:08oui il y a un rapport
37:09à un moment
37:10mais c'est
37:11Nicolas
37:11je la raconte
37:12l'un mais deux
37:13et moi j'ai aussi
37:14été élevée comme ça
37:15chez moi
37:15qui était
37:16on étouffait en fait
37:17on étouffait
37:18et il y avait une morale
37:19notamment une morale sexuelle
37:20qui était quand même
37:21très pesante
37:22et effectivement
37:23il y a au moment de 68
37:24et ça commence avant
37:25et ça va suivre
37:26pour les mouvements féministes
37:27avec justement
37:28pour les femmes
37:29la question de l'avortement
37:30de la contraception
37:31et de se dire
37:31on a le droit
37:32à une sexualité différente
37:33on a le droit
37:34à autre chose
37:35alors c'est un homme
37:35de son temps
37:36mais à un moment
37:36le temps le dépasse
37:38véritablement
37:38et il est en décalage
37:40avec les aspirations
37:41qui sont en train
37:42d'émerger à ce moment là
37:42mais pour les femmes
37:43juste pour les femmes
37:45je vais faire une petite publicité
37:46pour une amie
37:47qui vient de faire un livre
37:48sur des lettres à De Gaulle
37:50Chantal Morel
37:51elle a puissé
37:52dans les archives
37:53des lettres écrites
37:54à De Gaulle
37:55après sa démission
37:56et également des lettres
37:56écrites à sa femme
37:57après sa mort
37:59et ce qui est fascinant
38:00c'est le rapport émotionnel
38:03qu'on trouve dans ces lettres
38:05mais souvent
38:06beaucoup de femmes
38:07en fait
38:08qui ont une relation
38:10compliquée et profonde
38:11et c'est très émouvant
38:13de voir ces gens
38:14qui prennent leur plume
38:15qui n'ont pas
38:16normalement l'habitude
38:17d'écrire
38:17mais qui veulent raconter
38:19leur histoire personnelle
38:21avec De Gaulle
38:21et très souvent des femmes
38:23c'est fascinant
38:41grande féministe américaine
38:42Betty Friedman
38:43qui va faire tout un livre
38:44pour dire
38:45bah en fait non
38:45on est toutes en dépression
38:47ça ne va pas du tout
38:48et le frigo ne suffit pas
38:49à être heureuse
38:49il y avait une pensée sociale
38:51du gaullisme
38:51qui a été massacrée
38:52par les gaullistes eux-mêmes
38:53par les paupéliens
38:55enfin bon
38:56ils étaient gaullistes
38:56c'est pas la même chose
38:58ils se revendiquaient comme tel
38:59la participation
39:00ils l'ont assassiné
39:01et avant donc
39:02c'était pourtant une ambition
39:05et en attendant
39:06on peut tous constater
39:07sur ce plateau
39:07qu'il y a une révérence
39:08devant De Gaulle
39:09et que c'est un passage obligé
39:10pour chaque homme
39:11chaque femme politique
39:13qui prétend briguer
39:14quoi que ce soit
39:14dans notre pays
39:15il faut s'incliner devant
39:16et la stature
39:17et la statue
39:18au sens figuré
39:20mais aussi au sens propre
39:21on regarde
39:55tous les présidents
39:56tous les politiques
39:58tous partis confondus
39:59s'en réclament
40:00alors Nicolas Domnac
40:01oui
40:02je reviens sur vos 50 ans
40:04de vie politique
40:04dans les yeux
40:05dans l'esprit
40:05dans le cœur
40:06mais quels sont ceux
40:07qui se sont
40:08le plus
40:09ou le mieux
40:10identifiés
40:11à De Gaulle
40:11à vos yeux
40:12le mieux
40:12pour moi le pire
40:14je vais commencer par le pire
40:15vous répondez jamais
40:16à mes questions
40:17Nicolas Domnac
40:18les discours du 1er mai
40:20de Jordan Bardella
40:21et de Madame Le Pen
40:23qui rendent hommage
40:24à Charles De Gaulle
40:25alors que
40:26les fondateurs
40:27une partie des fondateurs
40:28de ce parti
40:29ont voulu assassiner De Gaulle
40:30ça me laisse
40:31complètement pantois
40:33je veux dire
40:34là vraiment
40:34il y a des hommages
40:35qui se trouvent
40:36quand même
40:37pour le moins
40:38déplacés
40:39parce qu'ils ne sont pas
40:39accompagnés
40:40d'une autocritique
40:41ou en tout cas
40:42ils ne rendent pas
40:43les arbres
40:43de façon très très claire
40:45mais on peut prendre
40:46des tas d'autres exemples
40:47je veux dire
40:48François Ruffin
40:49il rend hommage
40:50à qui ?
40:51au général De Gaulle
40:52pourquoi ?
40:52parce qu'il avait le sens
40:53de l'économie
40:54et qu'il payait
40:54sa facture d'électricité
40:56chacun prend son morceau
40:57c'est boutique couverte
40:58son morceau de la croix
40:59chacun prend son morceau
41:00de la croix
41:00mais ça dispense
41:02effectivement
41:02de se poser des questions
41:04sur ce qu'est le gaullisme
41:05c'est absolument sidérant
41:06ils prennent tous
41:06et vous allez voir
41:07ça va être de pire en pire
41:08comme nous n'avons plus
41:09de grandes figures
41:09de l'amant de l'honneur
41:10on est dans un temps de guerre
41:12ça joue aussi beaucoup
41:13c'est à dire la citation
41:14qu'on a citée tout à l'heure
41:16sur la guerre qui revient
41:18appelle ce genre de figure aussi
41:19vous n'avez pas parlé
41:20de Dominique de Villepin
41:21en 2003 ?
41:22moi je pense une chose
41:23c'est que le gaullisme
41:24il n'y a pas de doctrine gaulliste
41:26le gaullisme
41:27c'est comme un amour
41:28il y a des preuves de gaullisme
41:29et je pense que le fait
41:31que Chirac par exemple
41:32je ne parle pas de Dominique de Villepin
41:33parce que l'homme
41:33qui vraiment a voulu
41:34a refusé la guerre en Irak
41:35c'est Jacques Chirac
41:37quoi que dise Dominique de Villepin
41:38après quoi ?
41:39donc on balaye Dominique de Villepin
41:40non je ne balaye pas
41:40Dominique de Villepin
41:41je dis simplement que
41:44ça venait de très loin
41:45chez Chirac
41:45le refus de cette guerre là
41:47il connaissait trop
41:48le monde arabe etc
41:49le fait de refuser
41:50de s'aligner sur les Etats-Unis
41:51à ce moment là
41:52prouve que Chirac
41:52à ce moment là
41:53a été gaulliste
41:54il n'a pas toujours été
41:55je sais bien
41:57mais il était plus pompidolien
41:59pour le coup que gaulliste
42:00mais il y a des preuves
42:01à un moment donné
42:01il y a des attitudes
42:02qui prouvent qu'on est gaulliste
42:04c'est une exigence le gaullisme
42:05ce n'est pas une facilité
42:06et c'est évidemment
42:07pourquoi aujourd'hui
42:08c'est devenu une espèce
42:08de trompe-l'oeil le gaullisme
42:09tout le monde s'en sert
42:10Titule Coq
42:11est-ce que vous avez repéré
42:12parmi tous ceux
42:13qui s'en réclament
42:14du général de Gaulle
42:14des femmes ?
42:17on vient d'en citer une
42:19Marine Le Pen
42:19effectivement
42:23je pense qu'il y a aussi
42:24quelque chose
42:24c'est facile
42:25c'est la figure
42:26qui fédère sur l'histoire de France
42:28et qui fédère plus facilement
42:29que Napoléon
42:30qui va être plus clivant
42:32de Gaulle
42:32on peut y aller
42:33il y en a d'autres
42:33ça va être compliqué
42:34vers Sargent et Torix
42:35maintenant c'est le roman national
42:36c'est fini
42:37on n'y touche pas
42:38et bien de Gaulle
42:38c'est parfait
42:39c'est bon
42:39ce qui est intéressant
42:40c'est que c'est une figure
42:41de Gaulle
42:42qui n'appartient ni à la droite
42:43ni à la gauche
42:43parce que souvent
42:43les figures historiques
42:46il y a un clan
42:47et un camp
42:47qui s'en emparent
42:48et ensuite
42:48c'est difficile
42:49de le faire bouger
42:50c'est plutôt une figure de droite
42:51pendant très longtemps
42:52oui mais regardez
42:54aujourd'hui
42:54la gauche s'en empare
42:55tout autant
42:56c'est un discours facile
42:57d'identifier de Gaulle
42:58à la droite
42:59je veux dire
42:59on parlait de la participation
43:00à une époque
43:01c'est pas ça que vous avez dit
43:03sur le plan des mœurs
43:05quand même
43:05enfin je veux dire
43:06il y a quand même
43:06un grand conservatisme
43:08on ne peut pas dire
43:09que ce soit
43:10je crois que la pilule
43:11a été accordée
43:12alors on va dire
43:13que c'est un accord
43:14du temps du général de Gaulle
43:15enfin c'est du temps
43:16du général de Gaulle
43:16est-ce qu'on peut identifier
43:18de Gaulle au conservatisme
43:19ça me paraît hallucinant
43:20quand on sait quand même
43:21ce qu'a été
43:22à la libération
43:23pas lui seul d'ailleurs
43:24c'est un gouvernement
43:25ce qu'on a entendu là
43:26n'était pas
43:27un grand progressisme
43:29c'est un homme de sonat
43:30de sonat
43:30voilà
43:33il y avait un autre discours
43:34qui était
43:34de sonat quand même
43:34si être conservateur
43:35c'est être de sonat
43:36effectivement
43:36on n'en sortira pas
43:37mais il y a des intuitions
43:39il y a des visions
43:39sur ce qu'il a fait
43:41en termes de justice sociale
43:42etc
43:42pas lui seul d'ailleurs
43:43dans les gouvernements
43:44de libération
43:44qui prouve qu'il y avait
43:45une vision
43:46vous savez c'est un homme
43:47qui avait une formule
43:48tout à l'heure
43:48Christophe aurait pu citer
43:49cette formule
43:50à laquelle je me réfère
43:51tout le temps
43:52disons les possédants
43:53sont possédés
43:54par ce qu'ils possèdent
43:55et bien tout est dit
43:56c'est à dire
43:56c'est un homme
43:57qui était contre la bourgeoisie
43:58contre les valeurs
43:59de la bourgeoisie
44:00contre
44:01et qui était une espèce
44:02d'aristocrate
44:02très proche du peuple
44:03au fond
44:04le rapport au peuple
44:05est très intéressant
44:06chez De Gaulle
44:06dès l'instant
44:07qu'il n'a pas l'accord
44:08du peuple
44:08il s'en va
44:09on connaissait
44:10beaucoup de présidents
44:11de la république
44:11qui s'en vont
44:11dès qu'ils n'ont pas
44:12l'accord du peuple
44:13donc c'est fondateur
44:14chez lui
44:14il fait des référendums
44:16on n'en fait plus aujourd'hui
44:16il n'y a plus aucun référendum
44:18parce qu'on a peur
44:18des référendums
44:19et la présidence de la république
44:20c'est
44:20vous êtes d'accord avec moi
44:22vous n'êtes pas d'accord avec moi
44:23je me retire
44:24ça c'est la démocratie absolue
44:25mais justement
44:25vous qui avez passé
44:26tant d'années avec lui
44:27si on peut dire
44:28est-ce que c'est
44:29hélas non
44:30au moins en pensée
44:31et par l'écriture
44:33toutes ces références
44:34et toutes ces invocations
44:35de De Gaulle
44:36ça vous amuse
44:37ça vous agace
44:37les deux à la fois
44:39ah non mais ça m'agace profondément
44:40parce que je pense
44:41qu'il y a une imposture absolue
44:42tout le monde
44:43tous sont des imposteurs
44:44non mais ça se mérite
44:45le gaullisme
44:45il y a eu par exemple
44:46un débat
44:46qui continue d'ailleurs
44:48sur le fait
44:49que le premier ministre actuel
44:50cherche un compromis
44:51avec la gauche
44:52sur certaines actions
44:53mais la cinquième république
44:55s'est fondée
44:56sur un compromis
44:57avec la gauche
44:58sans Guy Mollet
44:59sans les socialistes
44:59De Gaulle ne serait pas
45:00revenu au pouvoir
45:01légalement
45:02comme il l'a fait
45:02la cinquième république
45:03la constitution aussi
45:05a été préparée
45:06en partie par la gauche
45:07donc ce qui m'agace
45:08aujourd'hui
45:09c'est que
45:09les partis traditionnels
45:11la droite notamment
45:11et aussi la gauche malheureusement
45:13sont en train de se radicaliser
45:14et de s'enfermer
45:15derrière leurs frontières
45:16pour de pas en bouger
45:18en disant
45:18mais on va pas se compromettre
45:19avec la gauche
45:19on va pas se compromettre
45:20avec la droite
45:20ça c'est pas du gaullisme
45:22mais le parti du gaulliste
45:23a quand même
45:23une grande responsabilité
45:24dans la déliquescence du gaullisme
45:26enfin dans la déliquescence politique
45:27et pas
45:28parce qu'ils en ont fait
45:30un pragmatisme
45:30au mieux
45:31je veux dire
45:31mais ce sont
45:32vraiment
45:33l'héritage
45:33a été galvaudé
45:35totalement
45:36ce qu'un carnet
45:37n'a pas toujours été
45:38à l'automne
45:39votre tome 3
45:41va s'intituler
45:41le dernier souverain
45:42est-ce que ça veut dire
45:43qu'il n'y aura plus jamais
45:44d'hommes comme lui
45:45ou qu'il faut arrêter
45:46de croire à l'homme providentiel ?
45:47Ah non mais je crois
45:48qu'il faut continuer
45:49d'y croire
45:49je pense que
45:50si les circonstances
45:51s'y prêtent
45:52s'il y a des événements
45:52majeurs qui arrivent
45:53peut-être que oui
45:54c'est le dernier en date
45:55ce que j'aurais pu dire
45:56c'est le dernier souverain
45:57en date
45:57c'est le dernier sans doute
45:58qui a conçu en effet
45:59son rôle comme celui
46:00en termes de souveraineté nationale
46:02mais aussi d'exercice
46:03souverain de la fonction
46:04Christophe
46:05à propos d'hommes providentiels
46:06vous avez préparé
46:07un petit questionnaire
46:08à nos invités
46:09en guise d'avertissement
46:10souvenez-vous
46:11attention
46:11attention
46:12il ne faut pas trop invoquer
46:14les hommes présidentiels
46:17parce que voilà
46:18ces grandes figures
46:19cachent aussi
46:20des ambiguïtés
46:21donc un petit quiz
46:22très facile
46:23c'est juste pour les évoquer
46:24première figure
46:25je m'impose
46:26dans une France
46:27fragilisée
46:28par dix années de révolution
46:29général victorieux
46:30en Italie
46:31puis en Égypte
46:31je promets de rétablir
46:32l'ordre
46:33et de stabiliser le pays
46:34je continue normalement
46:35dans les émissions
46:35c'est déjà
46:36on n'a pas les besoins
46:37je réforme durablement
46:39les institutions
46:39Napoléon
46:41Napoléon Bonaparte
46:42évidemment
46:42d'un côté bien sûr
46:44il centralise l'administration
46:45il crée les préfets
46:46il fonde la Banque de France
46:47il signe le Concordat
46:48il promulgue le Code civil
46:49mais il instaure
46:50un régime très autoritaire
46:52censure
46:52police politique
46:53limitation des libertés
46:54via les guerres colossales
46:57qu'il entreprend
46:57il provoque
46:58trois à six millions
47:00de morts en Europe
47:00il laisse une France
47:01exsangue
47:02et occupée
47:03deuxième exemple
47:05homme politique
47:06et chef militaire
47:07je me présente
47:08comme le défenseur du peuple
47:09face à une élite
47:10sénatoriale divisée
47:11en franchissant
47:12le Rubicon
47:13donc là normalement
47:14tout le monde dit
47:15Jules César
47:16mais le plateau
47:17est un peu
47:17vous avez scotché là
47:19voilà Jules César
47:20réforme administrative
47:21politique
47:22calendrier julien
47:23réorganisation administrative
47:24extension de la citoyenneté
47:26mais
47:27dictateur à vie
47:28en 44 avant notre ère
47:30concentre tous les pouvoirs
47:31et affaiblit
47:32finalement
47:32les institutions
47:34républicaines
47:35et puis après son assassinat
47:37nouvelle vague
47:38de guerre civile
47:38donc finalement
47:39affaiblissement
47:40des institutions
47:40qui l'avaient concentrées
47:42on part sur un autre continent
47:43je mène un combat
47:45contre la domination
47:45coloniale
47:46en prenant la non-violence
47:47et la désobéissance civile
47:49merci beaucoup Titu
47:50donc Gandhi
47:52mobilisation de masse
47:53non-violente
47:54on adore
47:55la marche du sel
47:55on adore
47:56en 1930
47:57mais malheureusement
47:58l'indépendance de l'Inde
48:00en 47
48:00va s'accompagner
48:01de violences massives
48:02alors c'est pas forcément
48:03sa faute
48:04un million de morts
48:05mais aujourd'hui
48:06on retrouve
48:07on ressort
48:07des positions
48:08et des écrits
48:09de Gandhi
48:10qui font débat
48:10des termes péjoratifs
48:12à l'égard de population africaine
48:14dans ses premiers écrits
48:15et puis au fond
48:16on lui reproche
48:17une chose
48:17qu'il aurait dû faire
48:18c'est-à-dire mettre en question
48:19beaucoup plus massivement
48:20le système des castes
48:22jusqu'à sa vie sexuelle
48:23parce qu'on n'en a pas parlé
48:24là pour De Gaulle
48:25mais chez Gandhi
48:27sexuelle un peu étrange
48:28mais je m'arrêterai là
48:29ou son prétendu dénuement
48:31qui aurait fait dire
48:32à l'un de ses assistants
48:33j'aime beaucoup cette phrase
48:34il faut beaucoup d'argent
48:36pour maintenir Gandhi
48:37dans la pauvreté
48:38et enfin
48:39une femme quand même
48:41sans formation militaire
48:42affirmant être guidée
48:43par une mission divine
48:44j'interviens
48:45dans un moment critique
48:46de la guerre de Cent Ans
48:48Jeanne d'Arc
48:49Jeanne d'Arc quand même
48:49oui votre pudeur
48:51vous ne voulez pas
48:52déchouard
48:53Jeanne d'Arc
48:54donc évidemment
48:55rôle clé à Orléans
48:56dans le sacre de Charles VII
48:57condamné au bûcher
48:58qui devient une figure mythique
49:00alors là
49:00qui elle aussi se prête
49:01à tous les habillages
49:03héroïne nationale
49:04sainte catholique
49:04symbole de résistance
49:05à à peu près tout
49:06mais récupérée
49:08par tous les camps
49:09ce qui fait que son image
49:10s'est totalement brouillée
49:11on en a fait un totem
49:13on en a fait même un cliché
49:14alors on peut dire aussi
49:15que ce n'est pas sa faute
49:17mais celle de nos fantasmes
49:19de Providence
49:20donc ne faisons pas
49:21de ces hommes et de ces femmes
49:23des saints ou des saintes
49:25de toute façon
49:25comme disait une autre icône
49:27Nelson Mandela
49:28un saint est un pêcheur
49:30qui cherche à s'améliorer
49:32Jean-Luc Barré
49:33voulait justement parler
49:34de la vie sexuelle
49:34non non
49:37je n'ai pas dit ça
49:39il y a un personnage
49:42non mais c'est vrai
49:43il y a un couple aussi
49:44il y a un couple
49:45oui mais il y a
49:46elle a joué un rôle
49:46elle a joué un rôle
49:47elle a pesé sur
49:50pas toujours d'ailleurs
49:50parce qu'il ne l'a pas
49:51écouté toujours
49:52mais elle avait un rôle politique
49:53elle lui a conseillé
49:54un certain nombre de choses
49:54c'était tout
49:55sauf une potiche
49:56c'était d'abord
49:56c'était une histoire d'amour
49:58parce que l'un et l'autre
49:59avaient choisi finalement
50:00cette relation
50:01alors que leur famille
50:02essaie de leur imposer
50:03d'autres mariages
50:04ce qui les a unis aussi
50:06c'est l'histoire de leur fille
50:07parce qu'il y a eu
50:08un drame familial épouvantable
50:10ce qui fait que Yvonne
50:11s'est beaucoup concentrée aussi
50:12sur l'éducation
50:13de cette petite fille
50:14qui était trisomique
50:15et qui est morte
50:15extrêmement jeune
50:17après le général
50:18je pense qu'il y a eu
50:19et pu y avoir
50:20quelques moments
50:22de disons
50:23quelques relations annexes
50:25on croyait qu'il se prenait
50:26pour un saint
50:27non je pense qu'il y a eu
50:28une relation
50:29avec Elisabeth de Miribel
50:30moi ma conviction
50:31c'est qu'en tout cas
50:32il y a un mystère
50:32Miribel
50:33je ne sais pas que
50:34Julien Jackson en pense
50:35mais je pense qu'il y a un moment
50:36qu'en pense l'Angleterre
50:42reprenez-vous
50:44vous rougissez
50:45reprenez-vous
50:46non non
50:48je n'ai aucune idée
50:49la vie familiale
50:51il y avait deux choses
50:52très importantes
50:52le premier c'est
50:53il était ancré
50:55avec sa femme
50:57dans un mariage
50:58qui donnait
50:59une certaine stabilité
51:00qui est très important
51:01il pouvait
51:02se retirer à Colombay
51:04pour trouver
51:05une vie normale
51:06en fait
51:06normale entre guillemets
51:07mais normale
51:08deuxième chose
51:09l'importance de sa fille
51:10il aurait été
51:11tout à fait normal
51:12pour beaucoup de couples
51:13de cette époque
51:13de donner
51:14de mettre cette fille
51:15dans une institution
51:16et ils l'ont gardé à l'Amérique
51:16mais ils n'ont pas
51:17ils l'ont gardé
51:18on a cette impression
51:19quelquefois
51:19de De Gaulle
51:20comme quelqu'un
51:21d'inhumain
51:22quelquefois
51:23c'est l'image
51:24quelquefois
51:24de cette raideur
51:26intransigeant
51:26mais il y a
51:27cet autre côté
51:29quelquefois
51:30des gens
51:31qui ne connaissaient pas
51:31très bien
51:32en vue
51:33en famille
51:34je pense que c'est
51:35encore Louis Jox
51:36qui raconte
51:37qu'à Alger
51:38il avait laissé
51:39des papiers
51:40chez De Gaulle
51:41il a eu un entretien
51:42il est parti
51:43c'était pendant la guerre
51:44je ne veux dire
51:44après
51:44et donc il est rentré
51:47et là il voit
51:48un personnage transformé
51:50en train de jouer
51:50avec l'enfant
51:52mais il y a
51:53la pudeur
51:54en fait
51:54mais également
51:55quelque chose
51:56qui l'humanisait
51:57je trouve ça
51:58très important
51:59donc vous ne voulez pas
52:00qu'on parle de la secrétaire
52:01à Londres
52:03ça c'est les potins
52:06de barré
52:07j'ai pas entendu la phrase
52:10les potins de barré
52:11ah les potins de barré
52:11mais rassurez-vous
52:12j'en ai trouvé aussi
52:13je suis dans votre livre
52:14ça va
52:14on va bien
52:15on est à égalité
52:16la certaine idée
52:18de soi-même
52:19du général De Gaulle
52:20la certaine idée
52:21de la France aussi
52:22on va l'écouter
52:23le 13 décembre 65
52:24soir du deuxième tour
52:26de la première élection
52:27présidentielle
52:28au suffrage universel
52:30je me fais en effet
52:31de la France
52:31une certaine idée
52:33je veux dire par là
52:35qu'à mon sens
52:36elle est quelque chose
52:38de très grand
52:40de très particulier
52:42c'est du reste
52:43je le pense
52:44ressenti
52:44par le monde entier
52:47il y a même là
52:48quelque chose
52:49d'extraordinaire
52:51dans nos malheurs
52:52on s'en aperçoit
52:53tout de suite
52:55et quand nous sommes
52:56heureux
52:57prospère
52:58glorieux
52:58et fort
52:59on s'en aperçoit
53:01tout aussi
53:01dans la mesure
53:02où les gens
53:03nous regardent
53:04avec envie
53:07c'est vrai
53:08la France
53:09est une chose
53:10à mes yeux
53:13très considérable
53:15très valable
53:16et
53:18elle doit avoir
53:20dans le monde
53:21quel qu'il soit
53:22à toute époque
53:23naturellement
53:24d'après les circonstances
53:26elle doit avoir
53:27un rôle
53:27à elle
53:29il faut que la France
53:30joue son rôle
53:31c'est exact
53:32et pour qu'elle joue
53:33son rôle
53:34il faut qu'elle soit
53:35la France
53:37il a dit
53:37c'est ma raison
53:38d'être
53:39un homme
53:39en campagne électorale
53:40qui avoue
53:41qu'il s'est confondu
53:42toute sa vie
53:43avec la France
53:44Jean-Luc Barry
53:45vous avez écrit
53:45que de Gaulle avait
53:46je cite
53:47je vous cite
53:48une dramatisation
53:49de soi
53:49qui se confond
53:50avec le drame
53:50de la France
53:52cette idée
53:52de soi
53:53elle est une force
53:54ou elle est une faiblesse
53:55ou elle est les deux
53:56moi je pense
53:56qu'il n'y a pas
53:57d'idée de soi
53:57je pense qu'il y a
53:58l'idée d'un personnage
53:59qui a
54:00encore une fois
54:01il a mythifié
54:02ce personnage
54:02il a mythifié
54:03dans ses mémoires
54:04etc
54:04d'ailleurs dans ses mémoires
54:05ce qui est très frappant
54:06c'est qu'il dit très peu
54:08je
54:08moi j'ai travaillé
54:09sur les repentirs
54:10de ses mémoires
54:10tout ce qui était
54:11d'ailleurs l'aveu
54:12d'un sentiment
54:12le mot chagrin
54:13qui revenait tout le temps
54:14il l'enlevait
54:14etc
54:15donc tout ce qu'il peut
54:16enlever de sa personne
54:19dans la formule
54:20la plus simple
54:21d'une personne
54:21au profit du personnage
54:23il le fait
54:24donc il a conscience
54:24d'une chose
54:25c'est que
54:25vous parliez de destin
54:26tout à l'heure
54:27un grand destin historique
54:28c'est un destin dramatique
54:30ou en tout cas
54:30qu'on dramatise
54:31à la hauteur
54:31du drame historique lui-même
54:33dans une période banale
54:34il n'y a pas de
54:35la question ne se pose pas
54:36donc il a eu
54:37ce génie
54:38ou en tout cas
54:38cette intuition
54:40de comprendre
54:41qu'en effet
54:41les grandes périodes
54:42de l'histoire
54:42appelaient
54:43peut-être pas
54:44des hommes providentiels
54:44mais en tout cas
54:45des hommes qui seraient
54:46à la hauteur
54:46ou des femmes
54:47qui seraient à la hauteur
54:47de l'histoire
54:48titio le coq
54:49on va rebondir
54:50si une femme
54:51se comportait
54:52comme de Gaulle
54:52le silence
54:53la hauteur
54:54la solitude revendiquée
54:55est-ce qu'on la jugerait
54:57de la même manière ?
54:59non mais alors
54:59en plus c'est très
55:00enfin il y a une connotation
55:01derrière de
55:02je suis un homme
55:03hétérosexuel
55:03et je parle de la femme
55:04en la mettant au féminin
55:06et il y a clairement
55:07un rapport derrière
55:08voilà
55:09qui s'établit
55:10qui évidemment
55:11serait compliqué
55:12en mettant une femme
55:12à la place
55:13en prenant l'exemple
55:14évidemment on est toujours
55:15sur Jeanne d'Arc
55:16mais c'est Michèle Perrault
55:18l'histerienne
55:18qui m'avait appris ça
55:19c'est qu'il y a une règle
55:20en histoire
55:20c'est quand tout est perdu
55:22quand vraiment
55:23on se dit
55:23bon bah là
55:24de toute façon
55:24c'est la mouise
55:25pourquoi pas essayer une femme
55:27c'est le seul moment
55:28où ça devient envisageable
55:29c'est quand vraiment
55:30on se dit
55:30on va catastrophe pour catastrophe
55:31pourquoi pas essayer une femme
55:32donc ça pourrait être ma part
55:33donc une entreprise en faillite
55:35on se dit
55:35pourquoi pas nommer
55:36une femme PDG
55:37enfin voilà
55:37donc oui pourquoi pas
55:39alors je ne sais pas
55:40j'attends voir les candidates
55:41conjuguer le pouvoir au féminin
55:43est un problème d'imaginaire
55:44qu'on a pour l'instant
55:46en général notre société est structurée
55:47pour associer le pouvoir au masculin
55:49et on associe plutôt
55:51la féminité
55:52à tout ce qui est le don
55:53les femmes elles sont là pour donner
55:55elles donnent la vie
55:55elles donnent leur lait etc
55:57et cette idée de don
55:58et de sacrifice
55:59et de gratuité
56:00ne va pas avec le fait de diriger
56:02et d'être devant
56:03et voilà
56:04d'être un chef
56:05Nicolas
56:05non mais c'est vrai
56:07il y a une exception
56:08c'est Marine Le Pen
56:09on peut le regretter
56:10mais c'est la seule
56:11comme j'ai évité le sujet
56:12j'ai sauté par-dessus l'obstacle
56:14exactement
56:15parce que sinon
56:16tous les présidentiables
56:18qu'on regarde comme tels
56:20sont des hommes
56:21à part Marine Le Pen
56:22dont on dit qu'elle aura
56:24d'ailleurs beaucoup plus de chance
56:25d'être élue
56:25que si c'était Jordan Bardella
56:27et donc ça nous interpelle
56:28sur cette conception du pouvoir
56:31mais cela étant
56:32quand on entend Charles de Gaulle
56:34cette rhétorique
56:35et qu'on écoute celle d'aujourd'hui
56:37le contraste est terrible
56:38oui mais il y a eu des femmes
56:39il y a eu des femmes
56:40il y a eu des grandes femmes
56:41il y a eu des grandes femmes
56:42je parle de la France
56:45Nicolas Domnac
56:46est-ce que se prendre pour de Gaulle
56:47c'est une nécessité
56:48pour devenir président
56:49de la République en France
56:50c'est notre
56:51ça dépend ce que vous voulez dire
56:52par se prendre pour de Gaulle
56:53vous pouvez le faire
56:54de façon caricaturale
56:55ou dire
56:55parler de la France
56:56quand vous voyez
56:57le discours politique
56:58depuis quelques années
56:59c'est tellement asséché
57:01sans imaginaire
57:02sans incarnation
57:03sans force
57:04sans déceint
57:05vous dites que
57:06ça va venir à un moment
57:07je pense moi
57:08parce que c'est pas possible
57:09qu'on aille vers
57:10une nouvelle campagne présidentielle
57:11inexistante
57:12parce que 2022
57:13déjà c'était nullissime
57:14donc vous dites que là
57:15il va y avoir
57:16un discours porté
57:17par que quelqu'un
57:18va surgir à un moment
57:19c'est pas possible autrement
57:20il ne faut surtout pas
57:21chercher à imiter de Gaulle
57:22ça n'a pas de sens
57:23tout le monde n'est pas de Gaulle
57:24je dirais en fait
57:25il est un personnage historique
57:28inimitable
57:29merci à tous
57:30alors avant de se quitter
57:31je remontre vos livres
57:33Nicolas Domnac
57:34ça s'appelle Néron
57:35elle est lise avec Maurice Safran
57:36chez Albin Michel
57:38Jean-Luc Barrère
57:39de Gaulle
57:40une vie chez Grasset
57:41tome 1 et 2
57:41déjà en librairie
57:42le tome 3
57:43arrivera donc en 2027
57:45Julanne Jackson
57:45de Gaulle
57:46la France
57:47et le monde
57:4830 ans d'histoire
57:49par la caricature
57:50chez Gallimard
57:50avec Alia Haglant
57:51et Titou Le Coq
57:53les grandes oubliées
57:54pourquoi l'histoire
57:55a effacé les femmes
57:57aux éditions
57:57de l'Iconoclast
57:59merci à tous
58:01d'avoir été avec nous
58:02merci cher Christophe
58:04merci à vous
58:05au revoir
58:05à tous
58:06à très bientôt
58:07sur la CP
58:08allez
58:08ciao
58:09ciao
58:09ciao
58:10ciao
58:11ciao
58:24ciao
58:25ciao
58:25ciao
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