00:00sur Europe 1.
00:007h-9h, Europe 1 matin.
00:02Face à votre première signature Europe 1 du vendredi.
00:05Bonjour Catherine Ney.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Catherine, il sera dit dans les livres d'histoire
00:10que l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
00:12a été signé à Versailles le 17 juin 2026
00:15à 22h30.
00:17Metteur en scène, Emmanuel Macron.
00:19Et oui, mais s'inventer un rôle dans le dossier
00:22Iran-Etats-Unis
00:24commence en réalité à l'été
00:262019 au G7
00:27qui se passe à Biarritz. Trump s'est
00:29retiré de l'accord conclu entre
00:31Téhéran, Obama et la communauté internationale
00:33pour ralentir leur marche vers la bombe.
00:36Pire même, il a décrété
00:37un embargo total sur le pétrole
00:39iranien. Alors à Paris, Jean-Yves
00:41Le Drian vient de recevoir son homologue
00:43iranien, Zarif. Fais-le venir
00:45à Biarritz, lui dit Emmanuel Macron.
00:47Qui se fait ? Qui s'imagine en dealmaker
00:49ce qui peut plaire à Trump ?
00:51Deux heures de tête à tête avec lui
00:53où il lui dit, je t'amène les Iraniens,
00:55ils sont prêts à négocier. Lui ne doute
00:57de rien, surtout pas de sa force de persuasion
00:59et de son charme. Sauf qu'il n'y aura
01:00pas de poignée de main, parce que le ministre
01:02Zarif n'a pas de mandat pour ça.
01:05Mais quinze jours plus tard,
01:08infatigable, rebelote,
01:09Emmanuel Macron retente
01:10le coup à l'ONU où il va faire la navette
01:12entre le président Rouhani
01:14et Trump dans leurs hôtels respectifs
01:17car ils misent sur un coup
01:18de fil entre les deux. Mais Rouhani
01:21n'ayant pas le feu vert du guide,
01:23et bien ça ne marche pas.
01:24Et à l'automne, rebelote encore,
01:27Macron envoie le Drian
01:29à Washington, il a imaginé
01:30un nouveau deal, ça serait une rencontre
01:32avec les Iraniens, où l'on parlerait
01:34nucléaire, stabilité régionale,
01:36lever des sanctions, et Trump
01:38était prêt à signer, mais c'est son conseiller
01:40Bolton qui l'en dissuade,
01:42il sera d'ailleurs viré plus tard,
01:44et Rouhani lui exigeait d'abord
01:46une signature de Trump,
01:48donc ça n'a pas marché. En janvier
01:502020, le général iranien
01:52Soleimani est assassiné par une frappe
01:55américaine, fin de l'histoire,
01:57mais au moins Macron, lui,
01:59il y avait cru.
01:59Alors on revient en 2026
02:01à Evian, au début de semaine,
02:02lors de son point presse,
02:03Donald Trump s'en est vanté.
02:05Ah oui, c'est moi qui l'ai fait
02:06assassiner, dit-il, dans son point
02:08de presse interminable,
02:09où les mots sortaient de sa bouche
02:11comme un robinet qui coule,
02:12et tout ça sans boire.
02:13Mais faute d'être pour quelque chose
02:15dans l'accord entre Trump et l'Iran,
02:17au moins que les choses se passent
02:18chez nous, à Versailles.
02:20Et l'invitation à dîner,
02:21ce n'était pas prévu au départ,
02:22ça c'est un coup de génie
02:24d'Emmanuel Macron.
02:25Versailles, ce n'est pas du plaqué or,
02:27comme dit Trump.
02:28Et puis il y a l'histoire en plus,
02:29et avec un grand tâche,
02:31parce que le traité de Versailles
02:32de 1783,
02:34Louis XVI offrait sa liberté
02:36à l'Amérique.
02:37Les insurgés battaient les Anglais
02:39grâce à la flotte française,
02:40et à 10 000 volontaires,
02:42trop heureux d'aller se battre
02:43pour la liberté,
02:44et la France devenait
02:45la puissance prééminente en Europe.
02:47Oui, sacré coup de pub
02:48pour Emmanuel Macron,
02:49sacré coup de main aussi
02:50à Donald Trump.
02:51Surtout parce qu'à 22h30,
02:53on l'a vu en direct,
02:54signer l'accord,
02:55en réalité c'est une trêve
02:57de 60 jours.
02:58Les invités du dîner
02:59l'ont ovationné,
03:00mais on les a déjà vus
03:01à Vivian,
03:02tous ces dirigeants du G7,
03:04qui se confondaient en courbettes
03:05devant celui
03:06qui leur lançait,
03:07c'est moi le boss,
03:08et il arrivait avec une heure de retard.
03:10C'est un très bon accord,
03:11s'est réjoui Emmanuel Macron,
03:13puisqu'il le dit.
03:14Et bien retour à Washington,
03:15plus Trump peut plaider,
03:17le G7 était derrière moi,
03:18en ajoutant,
03:19mais la bourse a remonté,
03:20la preuve par l'argent,
03:21toujours avec lui.
03:22En réalité,
03:23c'est une capitulation.
03:25Trump signe l'accord
03:26parce qu'il a la sagesse
03:27d'arrêter une guerre ruineuse
03:29et qui ne peut être gagnée
03:30par les armes.
03:31Entre temps,
03:31il a lâché tout le monde,
03:33Israël,
03:33le Liban,
03:34les monarchies arabes,
03:35qui ont compris
03:36que les bases américaines
03:37n'étaient pas des parapluies
03:38pour elles,
03:38mais faisaient au contraire
03:39d'elles des cibles,
03:40qui auraient pu penser
03:41qu'elles sollicitent
03:42l'Ukraine pour les protéger.
03:44Un bon accord,
03:45mais comme le souligne
03:46Emmanuel Macron,
03:47le lendemain de la fête
03:48et les lampions éteints,
03:50je ne crois pas
03:50que cette guerre
03:51soit totalement terminée.
03:53Effectivement,
03:53signature Europe 1,
03:54Catherine Ney,
03:55merci beaucoup Catherine.
03:56Dans un instant,
03:57sur Europe 1,
03:58Eugénie Bastier,
03:59Pascal Praud
03:59et la revue de presse
04:00d'Olivier Delagarde.
04:01Sous-titrage Société Radio-Canada
04:02Sous-titrage Société Radio-Canada