00:00J'ai commencé à réfléchir sur une pièce, je voulais jouer un vampire, c'était en 2007,
00:07donc je chantais depuis 2003, et je sentais bien qu'il fallait se renouveler, surprendre les gens,
00:14ça fait partie des principes de ce métier, et comme j'avais une fascination pour les vampires,
00:21que j'ai toujours un peu d'ailleurs, j'avais écrit deux chansons de déclaration d'amour à un vampire,
00:30et déclaration d'amour à un vampire 2, et en fait, au fur et à mesure est venue l'idée
00:36de faire une pièce
00:36avec un vampire comme personnage principal, et je ne sais pas pourquoi, bon, je l'ai imaginé sud-africain,
00:45parce qu'effectivement, j'étais allé en Afrique du Sud pour les études, j'étais allé dans la région du
00:50Cap,
00:52précisément dans la ville de Stenenbosch, et la société sud-africaine a quelque chose de très très fascinant,
00:59de très particulier, et l'Afrique du Sud est un pays très particulier, très étonnant, très envoûtant,
01:05très magnétique, c'est un pays qui m'a longtemps fasciné, depuis tout jeune,
01:12et finalement, on va dire, j'ai réuni mes centres d'intérêt dans un monologue,
01:16où il y avait de la chanson, l'Afrique du Sud, les vampires, et en toile de fond, évidemment,
01:25la question de l'altérité. Un vampire est une intelligence non-humaine,
01:30il a l'apparence d'un humain, mais il ne pense pas comme un humain, les humains, ce sont sa
01:35proie.
01:35Et là, j'ai voulu mettre en scène la destinée d'un vampire, un métis, dans la région du Cap,
01:43qui est bisexuel, et qui vit finalement dans un hôtel qui est un peu comme une sorte d'enclave
01:49où les vampires ont leurs propres règles, qui se fichent éperdument de l'apartheid,
01:54qui se fichent éperdument de la sérégation raciale,
01:59et c'est presque une enclave de liberté, d'une certaine façon,
02:03Praetorius Malan, puisque c'est de lui dont on parle, c'est son nom,
02:06Praetorius Malan est probablement, potentiellement, il est extrêmement libre.
02:11Mais en fait, les spectateurs découvriront que la liberté, elle a un prix,
02:17et qu'il est extrêmement tourmenté.
02:19Alors il y a de l'humour, il y a de l'humour très noir, grinçant,
02:22c'est une pièce qui a été interdite longtemps, au moins de 18 ans,
02:26elle est interdite actuellement au moins de 16 ans.
02:29C'est une pièce que j'ai jouée en France, en Belgique, en Allemagne.
02:36Quand j'ai commencé, je l'ai faite au Musée des vampires, en région parisienne,
02:40à Porte des Lilas.
02:42Le directeur, c'est Jacques Sirgent, qui est un spécialiste d'ailleurs des vampires.
02:51Et c'était très étonnant à l'époque.
02:53La pièce était beaucoup moins rodée qu'elle ne l'est maintenant.
02:57Et il y avait, oui, il y a eu Jean Guidoni qui est venu, le chanteur, applaudir.
03:03Il y avait son pianiste, Fabrice Ravel Chapuis, qui était venu.
03:06Il y avait Alain Pozzoli, un grand spécialiste français des vampires,
03:12qui a écrit sur les vampires.
03:15Peu à son âme, il y avait la chanteuse Simone Tassimo, qui était là.
03:19Mais, encore une fois, la pièce, je n'avais peut-être pas tout le vécu non plus qu'il fallait
03:24pour porter ce personnage.
03:26Mais, comme ça, il a continué d'infuser en moi.
03:30J'ai continué de le mettre en valeur d'année en année, à côté d'autres spectacles.
03:37Et là, c'est vraiment une joie de faire ce spectacle à Avignon.
03:40C'est beaucoup de pression, évidemment.
03:43C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de pression.
03:47Et c'est une grande joie de le faire aux têtes de l'Incongru.
03:51Il va y avoir à mes côtés le comédien Indy,
03:54qui m'avait déjà accompagné à Avignon l'année dernière.
03:57Le temps d'une, j'avais fait une représentation l'année dernière.
04:00C'était des lectures.
04:01Ça n'avait rien à voir avec ce spectacle-là.
04:04Et Indy avait participé à ces lectures.
04:06Et puis, il y aura également Charlotte Grenard,
04:09qui joue la comtesse Elisabeth Bathory.
04:14Alors, ils n'interviennent pas systématiquement.
04:16Ça dépendra des soirs.
04:18Ça dépendra des représentations.
04:21Mais, en tout cas, je ne suis pas livré à moi-même dans cette aventure.
04:25L'équipe du Tête de l'Incongru est super.
04:28Je pense à Pascal Piston, à son équipe.
04:32Et voilà ce que je peux dire sur cette pièce.
04:37qui, je crois, fera écho à beaucoup de gens.
04:40À une époque, on se pose beaucoup de questions sur l'autre,
04:43avec un grand A,
04:44sur les altérités,
04:46sur le vivre ensemble,
04:49sur qui sommes-nous.
04:51Voilà.
04:55Et peut-être que Praetorius Maland, c'est un peu moins.
05:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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