- il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, a créé la polémique à propos du droit démocratique à siffler la Marseillaise.
00:05Alors en fait, tout est parti d'un entretien qu'il a accordé au quotidien à l'opinion.
00:09Voilà ce qu'il déclare, Bali Bagayoko, c'était avant-hier mardi,
00:13siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l'international,
00:17c'est un droit à la réplique populaire, écrit l'édile, et il poursuit,
00:21parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades,
00:24ils sont citoyens d'ici, mais aussi de là-bas.
00:28Depuis, ses propos ont beaucoup fait réagir.
00:31Écoutez notamment deux réactions, Maude Bréjon qui est la porte-parole du gouvernement,
00:35et ensuite Alma Dufour, députée France Insoumise.
00:37On a vu un certain nombre de propos de M. Bagayoko allant dans ce sens,
00:44remettant en cause les fondements même de notre République.
00:50Ce n'est pas un dérapage, c'est une stratégie politique.
00:54C'est une stratégie de conflictualité et une stratégie de sédition vis-à-vis de nos valeurs républicaines.
01:02De sédition ?
01:03Oui.
01:03Il faut savoir si on est Charlie ou si on n'est pas Charlie.
01:05Je veux dire, est-ce qu'on a le droit de critiquer, de blasphémer même ?
01:08Je ne vois pas le rapport.
01:09Le rapport, c'est qu'en fait, c'est sacré la Marseillaise, parce que ça représente l'identité nationale.
01:13Est-ce que pour des raisons politiques, des raisons de critique de l'action d'un État,
01:17on peut estimer que des gens ont le droit de siffler la Marseillaise ?
01:20Moi, ce n'est pas mon cas, je n'ai jamais sifflé la Marseillaise.
01:22Comme je dis, je la chante à tous les meetings, et tous les membres de la France Insoumise,
01:25y compris Bali Bagayoko, la chantent et l'ont chanté il y a dix jours.
01:29Après, je pense que des gens ont le droit légitime de critiquer la politique de l'État français.
01:33Et aujourd'hui, sur son compte X, c'est-à-dire sur le réseau social Twitter, ex-Twitter,
01:38Bali Bagayoko a apporté des précisions.
01:41Expliquer n'est pas approuvé, et il s'insurge, stop à l'instrumentalisation.
01:45Une fois de plus, certains responsables politiques et médias choisissent la polémique plutôt que le débat de fond.
01:51Chercher à comprendre pourquoi, dans certaines circonstances exceptionnelles à Marseillaise et siffler,
01:55relèvent de l'analyse, de la réflexion, pas de l'incitation.
01:59Voilà ce qu'écrit le maire de Saint-Denis, aujourd'hui, pour se préciser et expliquer.
02:03Guilhem Carillon, bonsoir.
02:05Vous êtes vice-président délégué de l'UDR.
02:07L'UDR, c'est le parti d'Éric Ciotti.
02:09Vous êtes convaincu par l'explication de texte du maire de Saint-Denis ?
02:13Non, pas vraiment.
02:14Je trouve ça navrant de vouloir saper tout ce qui crée du lien, en fait, dans la communauté nationale.
02:20Benjamin Morel le sait, la constitution de 1958 prévoit quelques symboles qui relient les Français,
02:25qui créent de l'unité.
02:26Il y a notre langue, le français, il y a l'emblème qui est le drapeau tricolore,
02:30il y a la devise, liberté, égalité, fraternité, et puis il y a la Marseillaise qui est notre île nationale.
02:36Appeler à siffler la Marseillaise, inciter à siffler la Marseillaise, c'est encore une fois...
02:42Alors justement, il s'en défend, il dit « je n'ai pas incité ». En gros, j'ai expliqué.
02:48J'ai expliqué pourquoi certains sifflent la Marseillaise, et on peut le comprendre.
02:54Il parle d'un droit à la réplique populaire.
02:58Moi, je trouve ça triste. Je suis parti d'une génération qui a grandi avec une équipe de France qui
03:01ne chantait pas la Marseillaise.
03:02Et d'ailleurs, c'était souvent reproché aux joueurs de l'équipe de France.
03:05Et je ne sais pas si ça a expliqué les mauvais résultats de la fin des années 2000, début des
03:09années 2010.
03:10Mais en tout cas, il n'y avait pas un engouement très fort de la comité nationale derrière cette équipe.
03:13Aujourd'hui, depuis l'idée des champs qui est arrivée en 2012,
03:16les joueurs chantent la Marseillaise, les joueurs mouillent le maillot,
03:18les joueurs sont fiers de représenter la France.
03:21Et je pense que c'est aussi ça qui crée l'unité.
03:23Et on a un pays qui est tellement divisé, qui est tellement fracturé,
03:26que vouloir encore souffler sur les braises de la division, je trouve ça navrant.
03:30Et c'est aussi triste pour les habitants de Saint-Denis,
03:32qui s'attendaient sûrement à avoir un maire qui change les choses,
03:35notamment sur la question du trafic de drogue,
03:37qui pourrit la vie des gens à Saint-Denis, sur la question de l'insécurité.
03:40Ben non, ils préfèrent aller sur les plateaux de télévision,
03:43créer des polémiques stériles,
03:45créer des polémiques stériles,
03:46et encore une fois, diviser les Français au lieu de les rassembler.
03:48Nous sommes avec une conseillère municipale de Saint-Denis,
03:50Révolution permanente à Saint-Denis, Pierre-Fitte, Elsa Marseille,
03:52vous êtes aussi avocate, bonsoir.
03:54Bonsoir.
03:54– Qu'est-ce que vous répondez aux critiques
03:56face à ce qui tombe à bras raccourcis sur M. le maire Balibagayoko ?
04:00On ne doit pas siffler la marseillaise.
04:02– Oui, mais en fait, le problème, c'est que le débat est un petit peu mal posé,
04:05si vous voulez.
04:06Moi, je suis effaré de voir qu'à nouveau,
04:09il y a une polémique nationale de cette ampleur,
04:11et je pense que la réalité, c'est que dans ce pays,
04:12il y a un vrai problème avec la liberté d'opinion,
04:15puisque si vous n'êtes pas d'accord avec la droite ou l'extrême droite,
04:17ça finit en polémique nationale, en boucle sur les plateaux télé.
04:20Si vous n'êtes pas d'accord avec la politique du gouvernement sur la Palestine,
04:22ça finit en procès, et j'en profite pour dire que dans une semaine,
04:25Anas Kazib, le porte-parole de notre organisation,
04:27sera jugé pour son soutien à la Palestine.
04:29Et si vous êtes de gauche et que vous organisez un concert antiraciste,
04:31comme c'est le cas de la France Insoumise,
04:32il est interdit par la préfecture pour des motifs de plus en plus loufoques et fallacieux.
04:37Donc la réalité, c'est que tout ça, ça fait système,
04:39ça participe d'un même durcissement répressif du régime,
04:42et d'un même musèlement du débat public,
04:44quand les idées, elles appartiennent à la gauche.
04:46Parce que quand c'est la droite qui déverse ses positions en permanence,
04:50qui, du matin au soir, sont sur les plateaux télé,
04:53il n'y a aucun problème.
04:54M. Carayon, c'est une annexe du Rassemblement National,
04:57il appartient à une tradition politique
04:58qui a les propos les plus outranciers,
05:01qui tous les deux mois doit faire le ménage,
05:02c'est ses collaborateurs.
05:04– Quel propos outranciers, pardon, madame ?
05:05– Moi, je vous parle de collaborateurs, par exemple,
05:07comme celle de Lisette Paulet, Vincent Claudin,
05:10qui explique, qui revendique l'eugénisme
05:11et qui fait l'archologie du Troisième Reich.
05:13– Restons sur le fait de siffler la Marseillaise.
05:15– Oui, mais ce que je vous dis là-dedans,
05:17c'est que c'est complètement déformé de dire...
05:18– Mais ne vous répondez pas à la question.
05:19– Vous pourriez la siffler, la Marseillaise, vous ?
05:21– Moi, je ne siffle pas à la Marseillaise,
05:23ce n'est pas le problème,
05:24j'appartiens à une autre tradition politique,
05:25ça, je ne m'en cache pas.
05:26– Vous ne reconnaissez pas la Marseillaise et le drapeau français.
05:30– À la tradition de l'internationalisme du mouvement ouvrier
05:33qui, effectivement, considère que les travailleurs français
05:35ont plus d'intérêt avec les travailleurs du monde entier
05:37qu'avec M. Carayon.
05:38Mais la question, ce n'est pas tellement ça.
05:39La question, c'est de savoir si cette tradition
05:41qui existe depuis deux siècles,
05:42elle a le droit de citer en France oui ou non.
05:44Et c'est pour ça que ce que je vous dis,
05:45c'est que la position de M. Bali Bagayoko,
05:47il n'a jamais appelé à siffler la Marseillaise,
05:49ce n'est pas le problème.
05:50– Il a apporté trop pédaler.
05:51– Non, mais ce n'est pas le problème.
05:52– Je pense qu'il a accompli qu'il avait une bêtise.
05:53– Non, mais ce n'est pas la discussion.
05:55La question, c'est de savoir
05:56est-ce que c'est possible d'avoir une diversité d'opinions
05:59dans ce pays, alors que chaque fois qu'on n'est pas d'accord
06:02avec l'extrême droite ou la droite,
06:03ça se finit en polémique nationale.
06:05– Oui, mais la réalité, c'est que vous voyez bien
06:07la manière dont le débat est posé.
06:08Ça devient une polémique d'une ampleur considérable,
06:10complètement déformée.
06:11Et la réalité, c'est que bien sûr, ça fait système
06:13avec toutes les violations de la liberté d'expression
06:16qui existent en France.
06:17Et je terminerai sur ça.
06:18La France, c'est un des pays les plus condamnés
06:20par la Cour européenne des droits de l'homme
06:21pour la violation de la liberté d'expression.
06:23Donc pour moi, c'est l'expression
06:24de cette offensive autoritaire-là plus globale.
06:26– Amandine Attalaya, est-ce que Bali Bagayoko
06:28ne se met pas en porte-à-faux avec Jean-Luc Mélenchon ?
06:31Parce que dans les meetings de Mélenchon,
06:32désormais, on chante, alors l'international souvent,
06:35mais aussi la Marseillaise.
06:37D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon dit
06:38la Marseillaise, c'est un chant révolutionnaire,
06:40donc on doit finalement se l'approprier.
06:42Le bleu, blanc, rouge, ce sont les couleurs révolutionnaires.
06:44Donc est-ce que Bali Bagayoko n'a pas fait une gaffe ?
06:48Et d'ailleurs, c'est peut-être pour ça aussi
06:49qu'il est obligé de publier un long texte sur ses réseaux sociaux
06:51pour expliquer qu'il n'a pas incité,
06:53mais qu'il expliquait qu'il était plus un sociologue finalement
06:55qu'un lanceur de contestation.
06:59– C'est difficile à savoir,
07:00mais je crois que Bali Bagayoko a une forme de liberté quand même
07:03pour lancer assez régulièrement des polémiques.
07:06Il l'avait déjà fait en disant
07:08qu'il y aurait peut-être des insurrections populaires
07:10si le Rassemblement national était élu.
07:12Là aussi, il avait fait comme s'il se reprenait derrière
07:15en disant « mais non, il y aura des formes de réaction ».
07:18Et en fait, c'est souvent une stratégie en deux temps,
07:20c'est-à-dire qu'on balance quelque chose d'énorme…
07:22– Donc ce ne sont pas des gaffes, c'est une stratégie,
07:24c'est ce que dit Maude Bréjean d'ailleurs.
07:25– Il me semble, parce que ça fait longtemps,
07:27et Bali Bagayoko est une tête de pont pour ça,
07:30que la France insoumise essaie de créer
07:33quelque chose de radical et impossible,
07:35second tour notamment à l'élection présidentielle,
07:37face au Rassemblement national.
07:38et en mettant ça dans le débat par exemple,
07:41eh bien ça insurge toute une partie des Français
07:45qui sont plus tournés vers la droite ou vers les identitaires
07:48et qui ne supportent pas d'entendre ce type de propos.
07:51– Enfin, il a quand même été obligé de faire…
07:52– Ça tend encore…
07:54– Il est quand même revenu un peu en arrière.
07:55– Il est obligé de faire une mise au point quand même.
07:57– Il est revenu un peu en arrière.
07:57Et vous aviez raison aussi de dire que par ailleurs,
07:59dans les meetings maintenant,
08:01à la fois la France insoumise,
08:02et d'ailleurs une partie de la gauche,
08:03Raphaël Bluxmann aussi,
08:05met beaucoup en avant le patriotisme,
08:06le service public obligatoire.
08:09La gauche veut aussi se réapproprier en effet
08:11les symboles nationaux français.
08:12– On pourrait dater ça des attentats,
08:14où on a revu beaucoup le drapeau français,
08:17et je me tourne vers Benjamin Morel,
08:18où tout d'un coup,
08:19on avait l'impression que la Marseillaise
08:20n'appartenait qu'à un seul camp
08:21et que la Marseillaise appartient à tout le monde,
08:23à tous les Français,
08:24à tous les bords politiques.
08:25Est-ce que Bali Bagayoko n'a pas fait une faute ?
08:28– Je ne sais pas s'il a fait une faute.
08:30Jean-Luc Mélenchon a toujours été ambigu sur ce sujet-là.
08:32C'est-à-dire que si vous regardez sa campagne de 2012
08:35et encore plus de 2017,
08:36il y a des drapeaux français partout.
08:38On a déjà l'idée qu'on retrouve
08:41l'élan national de la Révolution française.
08:44Ensuite, on parle de Raphaël Guzman,
08:45là on a un retour en force avec le contexte géopolitique,
08:48où tout d'un coup,
08:49le patriotisme redevient quelque chose à la mode,
08:52notamment à gauche,
08:53pour justement...
08:53– Passons menaces extérieures, menaces plus.
08:55– Passons menaces extérieures,
08:56et dans une volonté de s'approprier le combat démocratique,
09:00qui est également un combat,
09:02dans ce cadre-là,
09:03pour la nation, pour le patriotisme.
09:05Après, si je me concentre sur mon domaine juridique...
09:08– Bah oui, qu'est-ce que ça dit ?
09:09Il y a des textes clairs sur le drapeau,
09:11sur la Marseillaise ?
09:12– C'est illégal.
09:13C'est illégal depuis 2003.
09:15À l'époque, on a...
09:16– C'est un délit ?
09:16– On n'a pas sifflé.
09:18– Alors, c'est atteinte au symbole.
09:20Et donc, dans ce cadre-là,
09:22on peut considérer qu'un sifflet est une atteinte au symbole.
09:24– C'est-à-dire qu'il faut rappeler le contexte,
09:25il y avait eu ce match France-Algérie au Stade de France.
09:28– On siffle, etc.
09:29– On avait sifflé la Marseillaise dans le stade,
09:31et après, on avait décidé d'en faire un délit.
09:33– Siffle la Marseillaise est un délit
09:35lors d'une manifestation réglementée.
09:37– Exactement.
09:38Il y avait, et là, en l'occurrence,
09:39si vous êtes dans un match, etc.
09:40En fait, il y a une proposition de loi senatoriale
09:42qui suit ça en 2002,
09:43et Nicolas Sarkozy dit « Banco ».
09:45Évidemment, le signal est politique,
09:46mais les débats qu'on a aujourd'hui
09:48ressemblent beaucoup au débat de l'époque.
09:49Parce qu'en fait, un symbole,
09:51ça reste malgré tout quelque chose,
09:52certes, qui nous unit,
09:53mais c'est quelque chose dont on peut penser
09:55à terme qu'il puisse nous diviser.
09:56Est-ce qu'on n'a pas le droit de le critiquer ?
09:59Est-ce qu'on n'a pas le droit de l'attaquer ?
10:00C'était un peu, si vous voulez,
10:02le débat qu'on a eu à l'époque.
10:03C'est-à-dire, au fond,
10:04est-ce que vraiment, il peut y avoir
10:07une forme de crime de l'aise-nation,
10:09de l'aise-symbole de la République,
10:11ou pas ?
10:11La question de savoir,
10:12c'est quand on siffle la Marseillaise,
10:13on siffle quoi, en fait ?
10:14Parce que la Marseillaise,
10:15ce n'est pas le gouvernement.
10:17La Marseillaise, c'est l'île national.
10:20Donc moi, je voudrais comprendre
10:20quelle est la signification
10:21lorsqu'on siffle la Marseillaise.
10:23On siffle contre la France.
10:24Contre les autorités.
10:26Dans le match France-Algérie,
10:27c'est ce qui avait été reproché
10:28aux supporters d'origine algérienne
10:30qui avaient sifflé Marseillaise,
10:31en disant « Vous voyez,
10:32ils ne se sentent pas français,
10:33ils siffle la Marseillaise. »
10:34Oui, mais vous voyez
10:35qu'on parle par ailleurs
10:36d'un cadre d'une compétition sportive
10:38avec des affrontements,
10:40des oppositions,
10:42y compris dans le cadre
10:42d'un match de foot
10:43entre des supporters
10:44d'équipes adverses.
10:45Moi, ce que je cherche à montrer,
10:47c'est comment est-ce qu'on ne peut pas
10:48détacher le débat ?
10:49Parce qu'on dit
10:50« Bali Bagayoko crée la polémique »,
10:52mais je pense que la polémique,
10:53elle est quand même créée
10:54par Jordan Bardella,
10:55par toute l'extrême droite
10:56et ensuite par ceux
10:56qui reprennent ses positions
10:57comme Maud Bréjon
10:59sur les plateaux télé,
11:00plutôt que par lui
11:01qui répond à une question
11:02qu'on lui pose dans un entretien
11:03qui est donné à l'opinion.
11:04Donc en fait,
11:05moi, ce que j'essaye de dire,
11:06c'est qu'on ne peut pas dissocier
11:07cette discussion-là
11:09du contexte,
11:10du durcissement répressif général.
11:12Je l'ai dit,
11:12la France,
11:13c'est un des pays
11:13les plus condamnés
11:14pour ses atteintes
11:14à la liberté d'expression
11:15en Europe.
11:17Ça dépend.
11:17Si vous êtes de droite,
11:18d'extrême droite,
11:19vous pouvez dire
11:19beaucoup, beaucoup de choses.
11:20Si vous soutenez
11:21le génocide en Palestine,
11:22vous pouvez faire
11:22de la propagande de guerre
11:23sur les plateaux télé
11:24toute la journée.
11:25En revanche,
11:26si vous avez une position inverse
11:27qui est celle, effectivement,
11:28de dénoncer la colonisation,
11:29par exemple,
11:30ou d'avoir une position alternative,
11:32là,
11:33c'est beaucoup plus difficile.
11:34Et je veux dire,
11:35c'est ça...
11:36Vous avez des faits
11:37pour appuyer...
11:38Bien sûr,
11:38des procès,
11:39il y en a tous les jours.
11:40Je veux dire,
11:40il y a une vague
11:41de persécutions pénales organisées.
11:43Je vous parle quand même
11:43du fait qu'il y a un concert
11:44de la France insoumise antiraciste
11:46qui a été interdit.
11:47Je ne sais pas si vous avez lu
11:47les motivations de la préfecture,
11:49mais ça devait préoccuper
11:50n'importe qui
11:51qui est préoccupé
11:52de la défense
11:52des libertés démocratiques
11:53en général.
11:54C'est un problème
11:55d'ordre général.
11:56Les risques de trouble
11:56à l'ordre public,
11:57notamment,
11:57parmi les arguments avancés.
11:58Moi, j'ai l'habitude
11:59de contester
12:00des arrêtés d'interdiction.
12:01Si vous voulez,
12:01les risques de trouble
12:02à l'ordre public
12:03parce qu'en 2021,
12:04dans un concert de Sosomanes,
12:05la foule a dit
12:06tout le monde déteste la police,
12:07si vous voulez.
12:08C'est des suppositions
12:08sur des suppositions
12:09sur des suppositions.
12:10Ils qualifient même pas.
12:11Ils qualifient même pas.
12:12C'est assez hostile.
12:12C'est un slogan de manifestation
12:14qui a existé.
12:15Vous pensez qu'on doit interdire
12:16un concert parce qu'en 2021,
12:18il y a des gens
12:19dans une foule
12:20qui ont chanté.
12:20C'est l'un des motifs
12:21avancés par la préfecture.
12:22C'est ce que je vous dis.
12:23La préfecture dit,
12:24il y aura dans ce concert,
12:25dans le public,
12:26des gens hostiles à la police
12:27et donc on craint
12:28des débords de droit.
12:29Vous voyez bien,
12:30en fait,
12:30c'est des interdictions
12:32sur des suppositions
12:33et des intentions.
12:35Non, mais c'est pour ça
12:35que je vous dis
12:36qu'on ne peut pas dissocier ça.
12:37Monsieur Carillon,
12:37est-ce qu'on a droit quand même
12:38de s'en prendre parfois
12:40au symbole
12:40parce que c'est ça
12:41la liberté d'expression ?
12:42Effectivement,
12:43je suis Charlie,
12:44on peut aussi
12:45s'en prendre aux institutions
12:46même si ça choque.
12:47En tout cas,
12:48moi je trouve ça assez étonnant
12:49de la part de madame
12:49de dire que la France
12:50est un pays
12:50qui est hyper liberticide,
12:52qu'on ne respecte pas
12:52la liberté d'expression.
12:53Vous êtes une militante
12:54à l'extrême gauche
12:55de Jean-Luc Mélenchon.
12:57Vous êtes quasiment
12:58chaque semaine
12:58sur les plateaux de télévision,
12:59sur BFM TV.
13:01Enfin, vous pouvez parler.
13:02Vous pouvez dire vos conditions.
13:03Mais vous savez
13:03le nombre d'organisations
13:04qui sont dissoutes,
13:05le nombre de personnes poursuivies.
13:06Oui, évidemment.
13:08Et vous savez que la France
13:09est un des pays
13:10les plus condamnés
13:11par la Cour européenne
13:12des droits de l'homme.
13:13Évidemment que ces organisations
13:13sont dissoutes.
13:14Ce n'est pas des organisations
13:15qui incitent à la violence.
13:16Très souvent, si.
13:17C'est faux, bien sûr que non.
13:19Le groupuscule de la Jeune Garde,
13:20vous en pensez quoi ?
13:21Le groupuscule de la Jeune Garde,
13:22la réalité, si vous voulez,
13:23c'est...
13:24Moi je considère
13:26qu'il y a évidemment
13:26une instrumentalisation
13:28de l'antifascisme
13:29qui est absolument scandaleuse.
13:30Si vous voulez...
13:33Vous avez défendu
13:33devant la justice ce groupuscule ?
13:34Non, je n'ai pas la chance
13:35d'être leur avocate.
13:36Mais la réalité,
13:37c'est que si vous voulez,
13:38moi je défends
13:39beaucoup d'organisations.
13:41Moi je défends
13:41beaucoup d'organisations.
13:43Mais si vous voulez,
13:43je comprends que vous ayez
13:44un petit peu plus de mal
13:45à assumer votre tradition politique
13:47parce que l'extrême droite,
13:47l'extrême droite,
13:48c'est quoi ?
13:49Et le Rassemblement National
13:51dont vous êtes une annexe,
13:52dont vous êtes un allié,
13:53c'est quoi sa tradition ?
13:54C'est une organisation fondée,
13:55vous le savez,
13:56par des baffes en SS
13:57dont la tradition,
13:58c'est la collaboration
13:59et l'Algérie française.
14:00Une autre tradition,
14:01c'est de respecter
14:01les principes républicains.
14:02On ne siffle pas à la marseillaise,
14:03on ne dit pas que la police tue.
14:04C'est ça qui nous oppose.
14:06Si vous voulez qu'on discute
14:07tradition contre tradition,
14:08on peut le faire.
14:08Ce qui choque là,
14:09en fait,
14:09ce n'est pas n'importe qui
14:11qui dit ça,
14:11c'est un élu de la République.
14:12Et ce qui peut choquer,
14:13c'est qu'un élu de la République
14:15semble avoir finalement
14:17beaucoup de tolérance
14:18pour ceux qui sifflent
14:18à la marseillaise.
14:20Alors même s'il dit
14:20qu'il n'incite pas,
14:21dans ses premiers propos
14:22dans le journal de l'opinion,
14:24il s'est rangé quand même
14:24clairement du côté des siffleurs.
14:26Oui,
14:27mais c'est un élu de la République.
14:28Un élu de la République,
14:29il est là aussi quand même
14:31pour que les institutions
14:32soient respectées.
14:33C'est son rôle.
14:34C'est exactement ça.
14:35Et c'est là où il y a
14:35deux stratégies un peu inverses,
14:37en l'occurrence de la France insoumise
14:38et du Rassemblement national.
14:40La France insoumise,
14:41par exemple,
14:41Bagayoko également,
14:42en termes de valeurs républicaines,
14:44n'a jamais voulu accrocher
14:45en tant que maire
14:46le drapeau d'Emmanuel Macron
14:47dans son bureau.
14:48Ça lui a été redemandé
14:49par le préfet,
14:50il a refusé jusqu'au bout.
14:51C'est un symbole républicain
14:53également
14:54qu'il ne veut pas porter.
14:56À l'inverse,
14:57du côté du Rassemblement national,
14:59on voit bien
14:59qu'il y a depuis des années déjà
15:01une volonté
15:02de s'ancrer
15:03dans toutes les valeurs
15:05républicaines possibles.
15:06Là où le RN du passé
15:07avait pu faire peur,
15:09parfois,
15:09avec une forme
15:10de violence assumée
15:12ou revendiquée.
15:12Maintenant,
15:13ils souvent se réclament
15:15à la fois du général de Gaulle,
15:16ils assistent
15:17à toutes les cérémonies républicaines.
15:18Ils font en sorte
15:19d'être extrêmement respectueux
15:20à l'Assemblée nationale.
15:217 millions d'euros
15:22au Parlement européen.
15:23Je ne sais pas si c'est
15:23pas républicain.
15:25C'est une décision de justice
15:27le 7 juillet prochain.
15:28Et si je peux me permettre
15:28pour finir,
15:30le résultat,
15:31en tout cas dans les sondages,
15:32c'est que la France insoumise
15:33est aujourd'hui
15:34un parti qui fait
15:34plus peur aux Français
15:37que le RN.
15:38En fait,
15:38les cours...
15:39Est-ce que c'est une bonne stratégie ?
15:40Ce que vous dites,
15:41c'est une stratégie,
15:41si c'est pour faire peur...
15:42La bonne stratégie,
15:43c'est celle du RN.
15:45Moi, je ne trouve pas
15:45que ce soit une bonne stratégie,
15:46celle de la France insoumise,
15:47dans l'optique
15:48de se faire élire
15:48au second tour.
15:50On va écouter encore
15:51une réaction,
15:51celle de l'ancien Premier ministre,
15:53qui est aujourd'hui
15:53à la tête d'horizon.
15:54C'est Édouard Philippe.
15:56Je sais que le maire de Saint-Denis
15:59a fait de la provocation
16:02anti-républicaine
16:03une forme de spécialité
16:05et qu'il y met
16:07beaucoup de constance,
16:09probablement de façon
16:10à susciter
16:11beaucoup de réactions.
16:13Je vous ai dit
16:14que moi,
16:14quand j'entendais la Marseillaise,
16:15je la chantais
16:15ou j'étais ému.
16:17Je crois que ça suffit.
16:19Ça suffit, la provocation,
16:21ce que dit Édouard Philippe
16:22à propos du maire de Saint-Denis.
16:23Oui, mais moi...
16:24Jean-Marie Morel ?
16:25Oui, non.
16:25Vous m'avez regardée.
16:27Désolée...
16:27Pas parce que je vous voyais
16:28écouter attentivement
16:29Édouard Philippe,
16:29c'est pour ça.
16:30Vous me regardez,
16:30je parle.
16:31C'est sans doute
16:32de la provocation,
16:33mais c'est efficace.
16:35C'est-à-dire que,
16:35en fait,
16:36comment vous gagnez une élection,
16:37notamment une élection municipale
16:37dans la surmobilisation
16:38d'une partie de l'électorat ?
16:40Quand vous faites ce genre de choses,
16:41vous êtes sûr de deux choses.
16:42Un, ça buzz,
16:43et deux,
16:43ça parle à une partie
16:44de votre électorat
16:45qui se mobilisera.
16:46Après,
16:47si vous regardez
16:48au début du XXe siècle,
16:49vous avez des maires
16:50qui sont des maires
16:51pour le coup d'extrême-gauche
16:52qui refusent également
16:53les emblèmes républicains.
16:54On est en train,
16:55actuellement,
16:55à l'Assemblée nationale,
16:56de discuter d'un texte
16:57sur la Corse.
16:57La demande de Gilles Simeoni.
16:59Gilles Simeoni
17:00a déposé tout de suite
17:02son écharpe,
17:02le blanc-rouge,
17:03en disant qu'il ne la reconnaissait
17:04pas, en gros.
17:05Il a fait poser
17:07Jacqueline Gouraud,
17:07l'ancienne ministre
17:08des collectivités territoriales,
17:10devant le drapeau corse
17:11et devant le drapeau européen,
17:15négocié avec lui.
17:16Il a pignon sur rue
17:17à l'Assemblée nationale.
17:18Donc, il y a aussi
17:18un peu en la matière
17:19de poids de mesure.
17:21Mais c'est donc
17:21la issue et la stratégie
17:23qui a été mise en place
17:24par Jean-Luc Mélenchon,
17:26Badi Bagayoko ?
17:26Je ne suis pas sûr
17:27que Badi Bagayoko
17:29soit tout à fait
17:29dans la main
17:30de Jean-Luc Mélenchon.
17:30Non.
17:31Il vient plutôt
17:32du Parti communiste au départ.
17:33D'abord,
17:34il vient du PC à l'origine
17:34et puis,
17:35pour Jean-Luc Mélenchon,
17:36gagner les municipales,
17:37ce n'était pas forcément
17:38avoir beaucoup de maires.
17:39Parce que des maires,
17:40quand vous avez
17:41une structure mouvementiste
17:42comme la FI,
17:42c'est des gens
17:43qui vous enquiquinent
17:43parce qu'en fait,
17:44ils ont une forme d'autonomie.
17:45Et donc,
17:46à partir de là,
17:46s'ils veulent faire des choses,
17:47vous ne les tenez pas.
17:47Ce n'est pas le cas
17:48d'un député qui,
17:49in fine,
17:49si demain,
17:50il n'est pas investi,
17:51eh bien, tombera.
17:52Et donc,
17:52dans ce cadre-là,
17:53je ne suis pas sûr
17:54que Jean-Luc Mélenchon
17:55soit le principal initiateur
17:57de cette affaire.
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