00:00Eric, en t'entend parler depuis tout à l'heure, ça ne te démange pas ce petit retour sur les
00:04terrains ?
00:05Bien sûr, mais c'est vrai que moi je n'ai jamais caché...
00:08Quand j'ai eu cette...
00:11Enfin, ce n'est même pas une opportunité, parce que c'est vrai que ça a été quelque chose qu
00:15'on m'a proposé,
00:16on ne m'a pas imposé, mais que j'ai accepté, parce que, étant un niçois et un enfant de
00:21l'OGC Nice,
00:22c'était difficile pour moi de me dérober à cette tâche, et pourtant c'était une tâche,
00:25quand je suis devenu entraîneur de l'OGC Nice, qui n'était pas gagnée d'avance,
00:27et qui était plutôt un peu casse-gueule qu'autre chose.
00:30Mais c'est vrai qu'à l'arrivée, ça a été une aventure humaine exceptionnelle,
00:34avec mon staff, avec René, bien sûr, et puis avec Fred, Jaurien,
00:38et ceux qui étaient là, comme Bruno Valenconi, et puis ceux qu'on avait fait venir à ce moment-là,
00:42et puis avec les joueurs aussi.
00:44Il ne faut pas oublier qu'on restait sur des résultats catastrophiques,
00:48et que nos trois premiers matchs, on les a gagnés.
00:49C'est-à-dire qu'on est passé de 26 points après 27 matchs, à 35 points en trois matchs.
00:57C'est-à-dire qu'on n'avait pratiquement pas sauvé l'équipe, mais pratiquement trois matchs.
01:01Donc ça, c'était fantastique, puisqu'on avait battu le premier match, c'était le PSG.
01:04On a reçu le PSG, c'était dans un match à huis clos,
01:07et on n'avait pas gagné les personnes, mais c'était déjà Covid pour nous.
01:11On avait gagné un zéro, et on a été allé gagner à Toulouse 2-0.
01:16Donc c'était quelque chose d'assez exceptionnel,
01:20et c'est vrai que c'est des souvenirs fantastiques.
01:23Après, il est évident qu'à l'inter-saison d'après,
01:26quand il a fallu faire partir nos meilleurs joueurs pour combler un trou,
01:29ça a été plus compliqué la suite.
01:31On a quand même fait un maintien très honorable la saison d'après,
01:35de haute lutte quand même, mais très honorable,
01:38parce qu'on avait perdu Loïc, on avait perdu Appam,
01:40on avait perdu notre capitaine leader de défense,
01:42on avait perdu nos meilleurs joueurs offensifs,
01:44et on n'avait pas de moyens à ce moment-là.
01:46Mais c'était une formidable aventure.
01:48Le problème, c'est que je n'avais pas de diplôme,
01:50et puis après, quand j'ai passé 3-4 ans à passer mes diplômes,
01:52forcément, le temps passe, et le train passe aussi.
01:57Mais pourtant, tu as eu ces postes de manager sportif à Lens,
02:00à Watford également, plutôt quelque chose en retrait du terrain,
02:03mais c'est le terrain qui te plaît.
02:05Non, mais en fait, les deux me plaient,
02:07mais pour des raisons différentes, en fait,
02:09parce que les deux ont vraiment des choses très intéressantes,
02:13d'avoir une réflexion sur la construction d'un groupe
02:15quand tu es un peu plus en retrait,
02:17d'avoir après une réflexion pour améliorer ton équipe
02:19quand tu es les mains dans le cambouis.
02:21Tout est intéressant.
02:22Après, ce qui est marrant, c'est qu'on m'appelle autant
02:24pour l'un et pour l'autre, job, aujourd'hui encore,
02:26alors pas sur des projets qui ne te font pas réfléchir,
02:32comme quand Lens m'a appelé,
02:33parce que quand un grand club comme Lens t'appelle,
02:35même s'ils ont une grande difficulté,
02:38tu sais quand même que c'est un club
02:40et un potentiel extraordinaire,
02:41et aussi en train de le prouver.
02:43Donc voilà, aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a toujours des réflexions,
02:46il y a toujours des coups de fil de temps en temps,
02:48mais pour l'instant, il n'y a pas encore eu le projet
02:50qui m'a fait abandonner les plateaux télé.
02:53D'ailleurs, c'est pour ça que je suis là aujourd'hui.
02:54T'es là avec nous.
02:55Et on est très content que tu sois là avec nous, Eric.
02:58Le départ de Nice, le départ de Lens,
02:59c'est deux cas différents, bien sûr,
03:01mais ça a été un peu douloureux pour toi,
03:02ça l'est encore aujourd'hui ?
03:03Non, très différent.
03:05Vous savez, Nice, j'en ai fait mon deuil.
03:07Ça a été une période, c'est vrai, difficile.
03:11Pour diverses raisons.
03:12Après, il y avait des raisons en plus, j'allais dire,
03:17amicales, affectives.
03:18Affectives avec Jean-Pierre Rivet.
03:20Affectives.
03:20Et puis aussi, moi, comme j'ai toujours dit,
03:24c'était impossible pour moi de refuser
03:26de participer à l'opération sauvetage.
03:31Mais en même temps, c'était une période
03:34où, comme on est tellement dans l'affect,
03:38parce que c'est son club,
03:39on reçoit beaucoup plus ses défaites.
03:43Peut-être, c'est exponentiel,
03:44ce qu'on peut ressentir en termes de déception,
03:47de choses comme ça.
03:47Donc, c'est difficile sur la durée,
03:49chez soi, et on l'a vu par exemple
03:50avec un garçon comme Julien Stéphan,
03:52qui était chez lui,
03:53qui à un moment donné,
03:54ça a été trop compliqué.
03:55On le voit qu'il se relance complètement à Strasbourg.
03:57J'aurais bien aimé avoir une autre aventure
03:59en tant que coach dans un autre club,
04:01ailleurs, où tu es un peu déconnecté
04:03justement du quotidien.
04:05Quand tu sors dans la rue,
04:06tu connais le gars que tu rencontres,
04:09tu connais tout le monde.
04:10Donc, c'est ça qui est un peu plus compliqué
04:11à gérer aujourd'hui.
04:13Parce qu'entraîneur de l'OGC Nice-Néanis,
04:15il n'y en a pas eu beaucoup.
04:15Non, c'est bien, j'étais le seul.
04:19Déjà joueur, c'était bien.
04:20Après, directeur sportif.
04:21Oui, mais c'est aussi, comme tu dis,
04:22un élan de pression aussi.
04:23C'est pour ça aussi,
04:24parce qu'il n'y avait peur que je devienne de président.
04:28Tu dis que tu as fait le deuil de Nice.
04:29Alors, maintenant, comment tu vis les matchs
04:31en tant que supporter ?
04:32Non, j'ai fait le deuil de mon départ.
04:34Voilà, parce qu'à un moment donné,
04:35c'est vrai que tu ne peux pas ressasser
04:36toute ta vie le fait que tu trouves
04:38que c'est injuste, pas injuste.
04:39Enfin, je ne sais pas,
04:39la manière dont je suis parti,
04:41après, chacun le ressent personnellement.
04:43J'ai fait le deuil de ça.
04:44Après, j'ai eu deux ou trois aventures
04:46dans d'autres clubs.
04:46Bon, c'était des autres aventures.
04:48Alors, c'est vrai que là,
04:49je suis parti en très bon terme,
04:50mais pour des raisons financières,
04:52d'un plan social,
04:54parce que c'est un club,
04:54et on en parlait en dehors de l'antenne,
04:56qui perdait énormément d'argent
04:58par rapport à chaque année,
05:00même si le résultat était correct.
05:02Donc, voilà.
05:03Mais Watford, c'était encore autre chose.
05:05C'était une autre aventure
05:06dans un club encore complètement différent
05:08et dans un championnat
05:08complètement différent.
05:10Mais c'est vrai que moi,
05:12quoi qu'il arrive,
05:13où que j'aille,
05:13je reviens toujours à Nice
05:14parce que c'est chez moi.
05:15J'ai ma maison,
05:16j'ai ma famille,
05:16j'ai mes amis.
05:17Donc, c'est chez moi.
05:18Donc, c'est vrai que je vais au stade
05:20comme un supporter lambda,
05:21voir des matchs.
05:22La difficulté que j'ai,
05:24c'est quand je commente l'OGC Nice,
05:25parce que c'est difficile
05:27en tant que,
05:28j'allais dire,
05:29le commentateur vedette
05:30de France Télévisions,
05:31d'être affiché supporter niçois.
05:34Et quand je fais Nice-Marseille,
05:35alors là, c'est pire que tout.
05:37Ben oui,
05:37parce que les uns te disent
05:38que c'était pro-niçois,
05:39et les autres te disent
05:40que c'était pro-marseillais.
05:40J'ai reçu sur mon Instagram,
05:41après,
05:41quatre, je pense,
05:43mots d'insulte
05:43de supporters niçois
05:44qui m'ont dit
05:45c'est scandaleux
05:47tes commentaires pro-marseillais.
05:49Et quatre,
05:50mais c'est marrant
05:51parce que 4 et 4,
05:51et quatre insultes de marseillais
05:53qui m'ont dit
05:54c'est scandaleux
05:54tes commentaires pro-niçois.
05:56Avec les mêmes commentaires.
05:58Donc ça,
05:58c'était quand même
05:59assez fantastique.
05:59Parce qu'on rappelle,
06:00avec l'OM,
06:01tu as joué une finale
06:01de Coupe d'Europe en particulier.
06:02Oui, oui.
06:03Et puis c'est un club aussi,
06:04forcément.
06:05Alors oui,
06:05on vit dans une ville,
06:07on grandit dans une ville,
06:08on grandit avec son club.
06:10Moi, c'est vrai
06:10que j'étais un enfant du Ré,
06:12mais l'ancien Ré,
06:13la tribune officielle,
06:14elle était du côté des tennis,
06:15du TCM.
06:16Donc, pour vous dire,
06:18mais c'est vrai que
06:19après,
06:20et sa carrière,
06:21et partout où je suis allé jouer,
06:23je me suis identifié
06:23dans les clubs
06:24dans lesquels j'ai joué
06:25et j'ai pris du plaisir
06:25pour jouer pour ses couleurs aussi
06:27parce que c'est notre métier
06:28et c'est notre vie
06:29et c'est notre passion.
06:30Donc,
06:31quand je commente l'OM,
06:32mais après,
06:33ça n'empêche pas
06:33qu'au fond de moi,
06:34je suis quand même un Niçois
06:36et que l'OGYM,
06:36ça a été mon premier maillot.
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