00:00Bonjour Monsieur le Président, Julien Lécuyer du journal La Voix du Nord.
00:04Certains Français s'interrogent sur la manière dont vous déroulez le tapis rouge à Donald Trump.
00:08Vous l'avez rappelé vous-même, vous le citez trois fois dans cette déclaration commune pour le féliciter pour un
00:13accord
00:14dont les contours sont plus qu'incertains et dont le risque est qu'il nous ramène à une situation bien
00:20pire qu'avant la guerre.
00:22Il y a ce dîner à Versailles que vous justifiez par l'anniversaire des 250 ans de l'indépendance
00:28sans que certains, là aussi en France, ne puissent s'empêcher d'y lire une nouvelle entreprise de séduction.
00:35Monsieur le Président, n'en faites-vous pas trop à l'égard d'un président qui peut changer d'avis
00:39dans l'heure,
00:40voire menacer la France de rétorsion économique ?
00:43Monsieur le Président, est-ce que c'est l'idée que vous faites d'un rapport de force ? Merci.
00:49Merci pour votre question.
00:52Vous savez, si je n'avais pas tenu de manière constante les positions qui ont été les miennes durant les
00:57derniers mois,
00:58vous pourriez avoir un doute sur les rapports de force.
01:03For sure.
01:07Mais quand il s'est agi de la sécurité du Danemark et de la question du Groenland,
01:13quand il s'est agi de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et de la paix et de la sécurité
01:17en Europe,
01:18quand il s'est agi de nos producteurs,
01:21je n'ai jamais été ambigu ni faible.
01:24Et j'ai toujours été clair dans l'expression de mes désaccords.
01:27Très clair.
01:29Soit à Washington, soit à Davos ou ailleurs.
01:34Mais j'ai toujours maintenu le dialogue.
01:36Parce que c'est ça la diplomatie.
01:38Si la diplomatie, ça n'est que recevoir des gens avec qui vous êtes totalement d'accord,
01:42la question que poseront vos successeurs, c'est au fond à quoi servent ces réunions.
01:45Vous savez que vous êtes d'accord avec ces gens.
01:47Ça ne sert à rien de les voir.
01:50Regardez tous les sujets que j'évoque depuis tout à l'heure.
01:52Si nous n'avions pas vu aujourd'hui le président Trump, son équipe,
01:55si pendant les deux derniers jours, on n'avait pas tenu ce G7,
01:58où en serions-nous sur l'IA ?
02:00Un clash constant.
02:02Parce que sinon, ce monde ne se parle que par tweet ou par déclaration de presse interposée.
02:07Et donc, quand on reconverge, quand on arrive à dire qu'on est d'accord sur l'IA...
02:11J'ai été le premier à dire quand je pensais que ce n'était pas approprié
02:14de faire des frappes unilatérales sans objectifs clairs.
02:17Il y a une paix qui est signée avec des objectifs clairs,
02:20le Liban qui est dedans, la dénucléarisation...
02:22Enfin, en tout cas, des garanties claires sur le nucléaire.
02:24Je suis d'accord. Je soutiens.
02:26Sur l'Ukraine, on soutient l'intégrité territoriale.
02:29On soutient avec force leur rééquipement des sanctions sur la Russie.
02:33Si on se réengage, quelque chose se passe.
02:37Sur l'intelligence artificielle, on reconverge ?
02:39Oui, quelque chose se passe.
02:40Chacun a son style, ensuite.
02:42Et je ne le commande pas.
02:45Mais je pense que le rôle de la France, c'est de tenir tête
02:49et d'assumer sa voix quand il y a des désaccords
02:52ou que ses intérêts ne sont pas pris en compte.
02:54Mais c'est aussi d'être accueillante,
02:56de savoir honorer ses invités.
02:58Et je le fais, somme toute, du Premier ministre indien
03:01en passant par le président indonésien
03:03au président du Kenya ou du Nigeria
03:06jusqu'au président américain.
03:08Parce que je pense que la force de la France, c'est aussi cela.
03:11Et nos grandes actions diplomatiques se sont aussi tenues
03:14par des capacités à bien accueillir le monde
03:16ou les autres grands dirigeants.
03:17Ça passe par là-haut.
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