00:00C'est une fausse polémique et je vais vous dire pourquoi.
00:02D'abord, parce que parmi les critiques, on a entendu les critiques sur le coût de cet événement.
00:06Ce coût, si on le rapporte au budget de n'importe quel foyer français,
00:09évidemment il semble faramineux.
00:11En revanche, et c'est comme ça qu'il faut regarder,
00:13si on le rapporte au budget de l'Elysée, c'est une goutte d'eau.
00:15C'est 1% à peu près selon les premiers chiffres qui commencent à circuler.
00:19Donc si vous voulez, même pas 1% d'ailleurs.
00:20Donc si vous voulez, il faut couper la tête à cette idée selon laquelle ça coûterait très cher.
00:25Ensuite, le deuxième élément, c'est qu'on voudrait faire croire qu'Emmanuel Macron,
00:28il déroule ce tapis rouge à Donald Trump sans raison.
00:31Or, il y a au moins deux raisons.
00:33Il le fait pour une raison stratégique et une raison historique.
00:35La raison stratégique, c'est qu'en invitant Donald Trump à ce dîner ce soir,
00:39il a obligé Donald Trump à rester pendant l'ensemble du G7 à Evian.
00:42Et donc, il l'a privé du coup des claques.
00:44Donald Trump s'était offert l'an dernier au Canada quand il avait claqué la porte avec pertes et fracas.
00:48Ça, c'est la raison stratégique.
00:50Et puis la raison historique, c'est qu'en fait, ce dîner, le motif de ce dîner,
00:53c'est de commémorer le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis.
00:57Et puis, vous savez, avec Donald Trump, qui aime bien rappeler que sans les États-Unis,
01:01dans la Seconde Guerre mondiale, les Français parleraient peut-être allemand,
01:03il n'est jamais inutile de rappeler à Donald Trump que sans Lafayette et ses 10 000 hommes,
01:08les États-Unis n'auraient sans doute pas, enfin peut-être pas,
01:11remporté la bataille de Yorktown et donc la guerre d'indépendance.
01:14Tout ça, c'est purement la diplomatie en réalité.
01:16Absolument, vous avez raison, c'est diplomatique.
01:17Et là encore, je vais vous dire, je pense qu'Emmanuel Macron a raison.
01:20Depuis le début de sa présidence, le chef de l'État, il a eu une bonne intuition.
01:23C'est le retour des impérialismes, le retour des puissances
01:26et le retour de ce que Giuliano d'Ampoli appelait les prédateurs.
01:31Et donc, n'étant pas lui-même un prédateur, il a choisi d'appuyer l'outil,
01:34d'utiliser l'instrument de la puissance.
01:36Et le château de Versailles est l'un des instruments de la puissance française.
01:40Il l'a fait, on l'a dit souvent avec Vladimir Poutine,
01:43il l'a fait, vous savez, pour attirer les investisseurs étrangers.
01:45Ça a été le sommet Choose France, le sommet annuel Choose France
01:48qui permet d'engranger plusieurs dizaines de milliards d'euros d'investissements étrangers.
01:52Et donc, il le fait avec Donald Trump.
01:55Donc, qu'on le laisse faire, il y a suffisamment de reproches à faire
01:57à Emmanuel Macron par ailleurs pour ne pas lui inventer en plus des fausses polémiques.
02:00Souhaitons-leur bon appétit ce soir.
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