00:00Je ne vais pas dire que c'est plus douloureux, ce n'est pas ça, mais aujourd'hui j'ai
00:03accepté et j'ai avancé aussi avec cette décision-là qui ne m'appartient pas.
00:06Mais sur le moment, bien sûr, ça a été très difficile, sachant que j'étais dans une période de ma
00:10vie très compliquée.
00:11La blessure est venue s'ajouter, les non-sélections sont venues s'ajouter.
00:14Donc oui, il y a eu un moment donné où j'ai, par tous ces événements de vie-là, j
00:21'ai clairement touché le fond.
00:22Je n'étais pas en dépression, mais je pense que j'ai touché une corde sensible que je ne connaissais
00:28pas et un moment de vie qui a été très compliqué pour moi.
00:32Sur le moment, je l'ai vécu comme un échec parce que je n'envisageais pas ma fin de carrière
00:35internationale comme ça.
00:37J'envisageais vraiment de pouvoir finir sur une Coupe du Monde et sur un tournoi, pouvoir dire au revoir au
00:44public, pouvoir dire au revoir à mes coéquipières,
00:46pouvoir dire au revoir au rugby féminin au niveau international, du moins, puisque je voulais finir en club juste après.
00:53Ça n'a pas été le cas, donc je pense que c'est ce qui a été dur pour moi
00:56et la façon aussi dont ça a été fait.
00:58Il y a plusieurs éléments comme ça qui m'ont beaucoup chamboulée.
01:02Après, aujourd'hui, avec le recul, j'ai compris certaines choses, j'ai appris certaines choses.
01:07Je sais qu'aujourd'hui, il y a des éléments qu'on ne maîtrise pas et le sport de haut
01:10niveau est dur.
01:12Il est très dur, notamment dans ces moments-là où il y a certains points sur lesquels on ne peut
01:19pas agir et ces non-sélections en font partie.
01:22Je l'ai accepté parce qu'aujourd'hui, je n'avais pas envie de vivre dans les remords, dans les
01:29regrets, j'avais pas envie d'être frustrée.
01:32Ça a été très compliqué. J'ai mis quelques mois, voire une bonne année pour accepter tout ça.
01:36J'avais beaucoup de mal à regarder les matchs en équipe de France, les compétitions qui ont suivi mes non
01:44-sélections.
01:44J'avais du mal à revenir dans les stades pour voir l'équipe de France jouer.
01:47Je n'avais pas de colère ou de rancœur envers les joueuses parce que c'était mes coéquipières, c'était
01:52des filles que j'appréciais.
01:54Mais là, c'était plus pour moi, pour me protéger parce que c'était douloureux de vivre ces événements-là
01:58parce que je savais que je ne les vivrais plus jamais.
02:01J'ai toujours été, même quand ça s'est arrêté, une fidèle supportrice de l'équipe de France.
02:06C'était difficile pour moi de pouvoir y rester, de pouvoir le vivre, sachant que moi, je ne le vivrai
02:11plus jamais.
02:11Aujourd'hui, c'est quelque chose qui est derrière moi et c'est quelque chose qui restera toujours.
02:15Même si je n'ai plus la chance de pouvoir le vivre, c'est quelque chose qui me suivra toujours
02:19et qui caractérisera aussi la personne que je suis.
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