00:00Comédie française sur les écran le 22 juillet, alors on vient de le revoir, vous avez reçu 4 prix à
00:05l'Alpe d'Oise, quand même pas mal pour un seul film,
00:07vous avez fait depuis une cinquantaine d'avant-premières, je ne sais combien d'interviews,
00:10quelle est la question qui revient le plus souvent et celle que vous ne supportez plus qu'on vous pose
00:14?
00:15Alors qu'on ne supporte plus ?
00:17Non, il n'y en a pas qu'on ne supporte plus, mais qu'on nous demande souvent comment s
00:19'est fait ce film ?
00:21D'où est venue l'idée ?
00:22Oui, voilà bien.
00:22Ça revient tout le temps.
00:23D'où est venue l'idée ?
00:25Bien sûr, vous travaillez un peu ou quoi ?
00:27Non.
00:28Ce qui est drôle, c'est que ce n'est pas vraiment une idée qui est venue de nous en
00:30premier lieu.
00:31C'est la comédie française qui était un peu spectatrice de ce qu'on faisait avec Martin et Pauline sur
00:35Brout et sur Moitié,
00:36qu'on a ensuite écrit pour Pauline, qui a un jour convoqué Pauline et lui a demandé de réfléchir à
00:40des petits formats courts.
00:40J'étais en train de me brosser les dents dans les toilettes.
00:42C'était un peu moins formel que ça, donc pendant une séance de brossage de dents,
00:46on a proposé à Pauline de réfléchir à des petits sketchs à publier sur les réseaux sociaux de la comédie
00:49française.
00:50On a trouvé l'idée intéressante, mais pas forcément hyper ambitieuse.
00:53On est revenu avec une contre-proposition, écrire carrément une série.
00:56Cette série est devenue un film.
00:57Bertrand et Martin, vous n'êtes pas de la comédie française.
01:00Vous êtes les deux seuls à ne pas en faire partie de toute cette histoire.
01:02Vous, Pauline, en revanche, vous y êtes.
01:04Vous avez déjà eu des premières, des soirées de premières.
01:07Une première, c'est terrible.
01:08Votre pire souvenir de première ?
01:10C'est un jour où je jouais Scapin et on avait travaillé la scène depuis des mois.
01:15Puis le metteur en scène, la veille, me dit, en fait, ça ne va pas.
01:19Cette scène-là, tout marche, mais cette scène-là, il faut qu'on change.
01:21On va faire tout beaucoup plus concret.
01:23C'est toi qui vas jouer Scapin.
01:24Non.
01:26Il m'a dit, il faut lever plus les enjeux, tout ça.
01:29Il m'a dit, tu te jettes comme si tu avais un toboggan et que tu te jetais dedans.
01:32Donc, je me suis jetée comme si j'avais un toboggan.
01:34Et je devais dire, votre sexe aime moins longtemps que le nôtre.
01:38Et j'ai dit, votre sexe ?
01:41Votre sexe ?
01:42Et je me suis dit, oh, la galère, là.
01:44Je ne sais plus le texte.
01:45Puis vraiment, s'arrêter là-dessus, ce n'est pas terrible.
01:46Et mon partenaire a dit, oui, Jacinthe, je vous aime toujours.
01:49Mais il a coupé la suite et il a enchaîné et j'étais tétanisée.
01:53Ça m'arrive aussi d'être bloquée avec cette phrase.
01:55Avec votre sexe.
01:56Chouïeusement.
01:58Et ce n'est pas toujours le meilleur.
01:59Oui, voilà.
02:01La particularité du film, c'est que la distribution n'est constituée que d'acteurs et d'actrices
02:06de la comédie française.
02:07Alors, par définition, ils n'y sont pas tous, évidemment.
02:11Est-ce que vous avez distribué les rôles en fonction des particularités des acteurs ?
02:15Ça s'est fait un peu…
02:17Ça dépend.
02:18Donc, il y a une vingtaine de comédiens de la comédie française.
02:20Ils sont 60-70, je crois, dans la troupe.
02:22Et il y a certains rôles, les comédiens, on les voulait absolument.
02:25Bon, Pauline, évidemment, on a fait le projet tous ensemble.
02:28Laurent Stoker, on le voulait vraiment…
02:30On a écrit pour lui.
02:31Exactement, on a écrit pour lui avec sa musique en tête.
02:34Christian Eck, pareil, on espérait très fort qu'il dise oui, il était disponible.
02:38Et après, en fait, on a pris le planning des comédiens et des comédiennes.
02:41On a mis en face les rôles.
02:42On a dit, bon, qui serait super dans ce rôle-là ?
02:44On leur a proposé.
02:45Ce qui est génial, c'est que tous les gens qui étaient disponibles ont dit oui tout de suite.
02:49Guillaume Gallien nous a dit, moi, j'ai super envie de le faire,
02:51mais je suis disponible le 16 juin et c'est tout.
02:54Donc, si vous voulez tourner avec moi, c'est le 16.
02:55On a dit, super, ça sera le 16.
02:57Et comment ça se passe pour vous deux, jeunes réalisateurs ?
03:01En plus, vous tournez ça en l'espace de 15 jours.
03:03Quand même, c'est certaines contraintes, même si ça se passe dans un lieu unique.
03:07Comment ça se passe pour vous, jeunes réalisateurs, de diriger une troupe comme les gens du français ?
03:12Alors, ça met un peu la pression en début.
03:14Légère.
03:14Ouais, légère, mais en fait, c'est tellement des gens qui aiment travailler,
03:18qui acceptent d'être dirigés, d'essayer, de se tromper,
03:22qu'en fait, ça devient très facile.
03:24T'es à l'aise tout de suite parce que tu peux essayer des choses.
03:28Et puis, surtout, ils arrivent, ils connaissent leur texte, ils savent ce qu'ils jouent,
03:31ils se connaissent entre eux.
03:32Donc, aussi, on gagne beaucoup de temps.
03:33C'est très, très fluide.
03:34Ils sont en confiance.
03:35Il n'y a pas le jour d'observation où les comédiens se découvrent,
03:38même sur le décor, on tourne chez eux.
03:40Donc, tout ça, c'est fait dans une fluidité folle.
03:42Et Pauline, ils sont comment, vos deux metteurs en scène ?
03:45Moi, j'ai beaucoup été dirigée par Bertrand dans ma vie.
03:48Et donc, c'était un peu comme d'habitude, mais ils me disaient plus, plus, plus.
03:53Et je me disais, mais là, j'ai l'impression que je joue déjà bien le stress.
03:55Plus, plus, plus, plus.
03:57Ah, c'est Monsieur Plus.
03:59C'était comme un genre de crescendo.
04:01Et ça allait très vite.
04:02On n'avait pas beaucoup de temps.
04:03Mais les acteurs, ça leur allait très bien
04:05parce que la plupart, ils jouaient dans un spectacle qui durait 8 heures,
04:08Le Soulier de Satin, qui venait de jouer au Richelieu,
04:10et qui partaient jouer à Avignon juste après.
04:12Et donc, moi, quand je les avais appelés, en tout cas,
04:13depuis que j'ai dit, il y aura trois prises, pas plus,
04:16ils m'ont dit, c'est super.
04:17Ah, c'est super.
04:18Ça dure 8 heures, Le Soulier de Satin.
04:20Oui.
04:20Heureusement qu'il n'y avait pas la paire.
04:22Oui.
04:23Et Martin, qu'est-ce qu'il faisait pendant ce temps-là ?
04:26Sur le plateau ?
04:27Pendant que Bertrand disait plus, plus, plus.
04:29Moi, j'étais vachement plus à la mise en scène, à la caméra,
04:33avec le chef opérateur.
04:35Et donc, c'était bien d'être deux, justement.
04:36C'est que Bertrand était beaucoup plus avec les acteurs.
04:37et moi, beaucoup plus à la caméra.
04:39Le film de théâtre, c'est presque un genre en soi.
04:42On pense au Yannick de Dupieux,
04:43on pense au Birdman d'Ina Ritu,
04:45évidemment, To Be Arnot, To Be de Lubitsch.
04:47Est-ce qu'avant de concevoir et d'écrire un projet comme ça,
04:51on révise ses classiques,
04:52ou est-ce qu'on y va au contraire en toute liberté ?
04:54Lubitsch, j'ai un peu revu par un rebri.
04:56On avait re-regardé la scène de début,
04:58qui est quand même magistrale en termes de placement et de surprise,
05:00et tous ces trucs-là.
05:02On avait revu Birdman, on l'a revu, bien sûr,
05:05on a revu les classiques.
05:06Mais on voit là, par exemple, Chantons sous la pluie,
05:07qui est aussi un film de coulisses,
05:08parce que c'est un film de théâtre,
05:10mais c'est surtout un film de coulisses,
05:11qui est vraiment un genre en soi.
05:12C'est-à-dire qu'on adore voir des créateurs en coulisses,
05:15mais surtout quand ça se passe très très mal,
05:17et que c'est vraiment affreux.
05:19Pour une comédie, c'est mieux.
05:20Mais pourquoi, en fait ?
05:21Pourquoi on aime,
05:22vous imaginez que quand ça se passe bien sur scène,
05:24en fait, c'est affreux derrière ?
05:26Ce que je trouve formidable,
05:27c'est que ça explique aussi un peu la fabrique du pouvoir,
05:29de l'élite,
05:30ce qu'on voit et ce qu'il y a derrière à chaque fois.
05:31Il y a le même effet parfois
05:32avec les reportages en politique aussi.
05:34En fait, on ne voit que la façade,
05:35et elle est là pour impressionner,
05:37encore plus sur le spectacle.
05:38C'est un peu un acte de puissance, le spectacle.
05:39C'est un moment, sur ce qui se passe sur cette scène,
05:41ça suggère quand même des choses
05:42qui sont très très calées.
05:43Et montrer qu'en fait, en coulisses,
05:45c'est que des humains,
05:46je trouve ça assez intéressant,
05:47je trouve que ça désagralise beaucoup ça.
05:49Maintenant que le film a été récompensé à l'Alpe d'Huez,
05:51on vous sent quand même plus détendu.
05:53Vous avez fait le tour de France avec le film.
05:55Le film va sortir, on l'a dit, le 22 juillet.
05:57Mais il y a eu une avant-première à Paris.
06:00Tout Paris s'est pressé.
06:02Même Antoine de Cône a voulu en être.
06:04Même Antoine de Cône a voulu en être.
06:06Il veut être Antoine de Cône de la comédie française.
06:08Il en a toujours rêvé.
06:12Il y a une certaine logique
06:13qui a été représentée ce soir.
06:15Ce film se vit sur la plus grande
06:17troupe de théâtre au monde.
06:19Je laisse les mots.
06:21Dans la plus grande salle de cinéma d'Europe.
06:23Tout ça présenté par le plus grand présentateur
06:25de Paris Saint-Pierre.
06:29Je vous dis donc d'accueillir
06:30la personne d'envoyer
06:32le social de la comédie française,
06:34Madame Comprès, pour toi.
06:52Alors, on se pose tous la question
06:54comment va la doyelle ?
06:55Je ne parle pas d'Antoine, bien sûr.
06:56Ah oui, elle va beaucoup mieux.
06:59Mieux qu'Antoine, en tout cas.
07:00Vous l'aurez peut-être perçu,
07:01public bien-aimé,
07:02nous avons beaucoup aimé ce film,
07:03cette comédie qui sort le 22 juillet
07:05et qui s'appelle
07:05De la comédie française,
07:07chaudement recommandée par Superplan.
07:08Nous sommes bien d'accord ?
07:09Oui.
07:10Unanime, d'accord.
07:10Unanime, d'accord.
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