- il y a 1 semaine
À LA UNE / Iran : les défis de la « paix »
Après plusieurs semaines de négociations difficiles, les États-Unis et l'Iran ont annoncé, le lundi 15 juin 2026, un accord visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient sur tous les fronts. Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes, a provoqué des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. L'annonce a été faite par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur central des discussions. L'accord prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz dès sa signature attendue le 19 juin à Genève, ce qui a déjà entrainé une baisse de plus de 4 % du cours du pétrole. Toutefois, la situation reste instable, notamment au Liban, où Israël envisage de maintenir ses forces pour une durée indéterminée. Les négociations doivent encore traiter de la levée des sanctions contre l'Iran, du dossier nucléaire, de la reconstruction économique et du contrôle des engagements. La France et le Royaume-Uni se disent prêts à accompagner la sécurisation de la zone. Cet accord marque-t-il un véritable tournant pour la paix dans la région ?
Invités :
- Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val-d'Oise
- David Rigoulet-Roze, rédacteur en chef de la revue « Orients stratégiques », chercheur à l'IFAS
- Adel Bakawan, Directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (EISMENA)
« Le chiffre du jour » : les carburants repassent sous les deux euros par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » : Macron/Trump, je t'aime moi non plus ! par David Revault d'Allonnes
LA QUESTION QUI FÂCHE / Autonomie de la Corse : la possibilité d'une île ?
Le projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République » est examiné à l'Assemblée nationale à partir du mardi 16 juin 2026. Pour la première fois, un territoire français pourrait bénéficier d'un statut d'autonomie lui permettant d'adopter certaines normes législatives et réglementaires. Le texte reconnaît également la population corse comme une « communauté » dotée de particularismes. Cette évolution suscite toutefois un vif débat. Le bloc central et les groupes de gauche penchent, en majorité, en faveur du texte mais la Droite républicaine s'oppose au projet. Le politologue Benjamin Morel dénonce un texte qui remettrait en cause l'égalité devant la loi et consacrerait une forme de communautarisme. La Corse doit-elle obtenir ce statut singulier ?
Invités :
- Laurent Marcangeli, député « Horizons et indépendants » de Corse-du-Sud
- Ugo Bernalicis, député « La France insoumise » du Nord
- Benjamin Morel, constitutionnaliste, maître de conférences en droit public à l'université Panthéon-Assas
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.
Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et p
Après plusieurs semaines de négociations difficiles, les États-Unis et l'Iran ont annoncé, le lundi 15 juin 2026, un accord visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient sur tous les fronts. Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes, a provoqué des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. L'annonce a été faite par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur central des discussions. L'accord prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz dès sa signature attendue le 19 juin à Genève, ce qui a déjà entrainé une baisse de plus de 4 % du cours du pétrole. Toutefois, la situation reste instable, notamment au Liban, où Israël envisage de maintenir ses forces pour une durée indéterminée. Les négociations doivent encore traiter de la levée des sanctions contre l'Iran, du dossier nucléaire, de la reconstruction économique et du contrôle des engagements. La France et le Royaume-Uni se disent prêts à accompagner la sécurisation de la zone. Cet accord marque-t-il un véritable tournant pour la paix dans la région ?
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- Ugo Bernalicis, député « La France insoumise » du Nord
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00:00:24Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver sur le plateau de chaque voix compte sur LCP.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:33Avec à mes côtés ce soir Fanny Guinochet, éditorialiste d'économie à France Info.
00:00:38Bonsoir Fanny.
00:00:39Bonsoir.
00:00:39Et bonsoir David Revaud-Dallon.
00:00:40Bonsoir Adeline.
00:00:41Merci à tous les deux d'être là.
00:00:42C'est parti pour le sommaire avec à la une de chaque voix compte ce soir.
00:00:45Après 108 jours de guerre, le grand flou autour de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:00:51Accord qui sera signé vendredi en Suisse.
00:00:54Que sait-on de son contenu ?
00:00:56Arrêt des combats, réouverture du détroit d'Hormuz, déblocage des avoirs iraniens gelés,
00:01:01sort de l'uranium enrichi, place d'Israël dans les discussions.
00:01:05Autant de questions qui restent en suspens ce soir.
00:01:08Les défis de l'après-guerre, on en parle avec vous Adèle Bakawan.
00:01:11Bonsoir.
00:01:11Bonsoir.
00:01:12Vous êtes directeur de l'Institut européen pour les études du Moyen-Orient.
00:01:15Vous êtes également l'auteur de la décomposition du Moyen-Orient, paru aux éditions d'Ayandier.
00:01:20Merci d'être là ce soir.
00:01:21Au côté d'Aïda Adizadeh, bonsoir.
00:01:23Bonsoir.
00:01:24Députée socialiste du Val d'Oise, vous êtes franco-iranienne, vous êtes née à Téhéran.
00:01:28Merci de votre présence ce soir.
00:01:29Et je salue également David Rigoulet-Rose.
00:01:31Bonsoir David.
00:01:33Rédacteur en chef de la revue Orient Stratégique.
00:01:35Merci également d'être là.
00:01:37Fanny Guinochet, vous, vous gardez un oeil sur les prix à la pompe.
00:01:40Ça fait un petit moment, mais cette fois-ci, c'est prix à la pompe.
00:01:43Le prix du baril est passé en dessous des 80 dollars.
00:01:46Quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir David ?
00:01:48Celle des relations tumultueuses entre Donald Trump et Emmanuel Macron.
00:01:5210 ans de passion, 10 ans de tension.
00:01:54Dans la deuxième partie de chaque voie compte, place à la question qui fâche.
00:01:57On va parler ce soir du projet de loi sur l'autonomie de la Corse qui est examiné depuis aujourd
00:02:01'hui et toute la semaine dans l'hémicycle.
00:02:03Un débat constitutionnel délicat qui ouvre peut-être une boîte de Pandore.
00:02:08C'est ce que disent les contenteurs de ce texte.
00:02:10On en débattra tout à l'heure avec Laurent Marc-Angeli, député horizon de Corse du Sud.
00:02:15Hugo Bernalicis, député insoumis du Nord.
00:02:18Et le constitutionnaliste Benjamin Morel.
00:02:21Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ce soir ou nous faire part de vos remarques.
00:02:25Vous flashez le QR code qui est là.
00:02:27Et c'est David qui se charge de nous transmettre toutes vos questions en direct.
00:02:31On n'oublie pas Bourbon Express non plus.
00:02:32Le journal de l'Assemblée nationale tout à l'heure avec Marco Pommier.
00:02:35Il sera notamment en question de football dans l'hémicycle.
00:02:38Vous verrez ça pour le menu de ce soir.
00:02:41Installez-vous confortablement pour chaque voix compte.
00:02:43C'est parti.
00:02:51Ce sont les deux images du jour et 5000 kilomètres environ les séparent.
00:02:55D'un côté, les dirigeants du G7 réunis en sommet à Evian.
00:02:59De l'autre, le détroit d'Hormuz et la carte du trafic maritime qui a repris aujourd'hui
00:03:04au lendemain de l'accord conclu entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.
00:03:09Cet accord sera officiellement signé vendredi en Suisse où débuteront immédiatement des pourparlers.
00:03:16La guerre est-elle vraiment finie alors que tant de questions sont encore en suspens ?
00:03:21Les images du jour et les toutes dernières informations avec Maïté Frémont.
00:03:30Il est arrivé hier au sommet du G20, gonflé à bloc.
00:03:34Tout va très bien.
00:03:36Donald Trump jubile.
00:03:37Un cadre d'accord a été conclu avec l'Iran.
00:03:40Fin des combats, accord espéré sur le nucléaire.
00:03:44Mais surtout, la fin du blocage du détroit d'Hormuz,
00:03:47annoncé à sa manière sur son réseau social.
00:03:51Navires du monde entier, mettez vos moteurs en marche, que le pétrole coule à flot.
00:03:56Le détroit est déjà partiellement ouvert.
00:03:58Les navires commencent à passer.
00:04:00Vendredi, il sera complètement ouvert.
00:04:02Sauf que derrière ce texte, dont les détails n'ont pas encore été divulgués,
00:04:07des zones d'ombre demeurent.
00:04:09Si le président américain assure que le passage sera gratuit,
00:04:13comme avant le début de la guerre,
00:04:15Téhéran, lui, réclamerait la mise en place de frais maritimes
00:04:18et temporise le calendrier.
00:04:20Ce n'est pas conforme au droit international.
00:04:22Donc nous, on défend le droit international.
00:04:24Et on va tout faire, en effet, pour qu'il n'y ait pas de péage.
00:04:27Alors aujourd'hui, ils jouent sur les mots, ils disent que ce sont pour des services.
00:04:30Donc on va regarder.
00:04:31Déjà, la priorité, c'est le rouvrir.
00:04:32Autre point clé du texte, la fin de tous les conflits, dont le Liban.
00:04:36Sur ce point, Israël semble bien moins enthousiaste que son allié américain.
00:04:43Je tiens à le dire clairement, nous resterons dans ces zones de sécurité
00:04:47aussi longtemps qu'il le faudra pour protéger notre pays.
00:04:51Ce matin, réaction de Donald Trump qui fait part de son mécontentement.
00:04:57L'autre inconnu, le nucléaire, question centrale.
00:05:01Ce midi, au sommet du G7, les Européens tentent de s'immiscer
00:05:05dans le processus de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:05:09La présidente de la Commission européenne se félicite sur X
00:05:13que la diplomatie porte ses fruits.
00:05:16La signature, prévue vendredi, n'est qu'une première étape.
00:05:2060 jours de négociations vont débuter.
00:05:25Adèle Bacawan, on a donc appris aujourd'hui que cet accord tenait sur une page et demie.
00:05:30C'est ce qui sera signé donc vendredi en Suisse.
00:05:33D'abord, est-ce qu'on sait qui le signera ?
00:05:35– Ah oui, oui, oui.
00:05:37– Quelle main ?
00:05:38– Aujourd'hui, on sait.
00:05:40Mais demain, après-demain, d'ici vendredi, il y a beaucoup d'éléments en jeu.
00:05:47Par exemple, si Israël attaque le Liban, si l'Iran frappe Israël,
00:05:52si Israël frappe l'Iran…
00:05:54– Tout ça peut se produire d'ici vendredi.
00:05:56– Exactement.
00:05:57Mais par contre, si tout se passe bien, si un miracle n'intervient pas,
00:06:02il y aura pour les Iraniens Khalibaf.
00:06:04Khalibaf, c'est le président de l'Assemblée nationale iranienne.
00:06:09Et pour les Américains, il y aura J.D. Vance, le vice-président des États-Unis d'Amérique.
00:06:13– Est-ce qu'il y aura Donald Trump ?
00:06:14– Non, non, parce qu'ils ne peuvent pas, selon le code de protocole américain,
00:06:20le président de la République et le vice-président ne peuvent pas, tous les deux,
00:06:24quitter le territoire national en même temps.
00:06:26un doit partir, l'autre doit rester.
00:06:29– D'accord.
00:06:30Cette signature, on a aussi appris aujourd'hui qu'elle allait avoir lieu,
00:06:33non pas à Genève, mais dans les Alpes-Suisses, précisément à Burgenstock, près de Lucerne.
00:06:38Pourquoi là-bas ?
00:06:38– C'est un système de sécurité, de protocole, à la fois pour les Iraniens…
00:06:44– On aurait pu rester à Evian, non ?
00:06:45– Oui, mais bien évidemment, c'est des questions de protocole,
00:06:48et malheureusement, ni vous, ni nous, on n'est pas dans ce code.
00:06:51Je connais très bien le monde du protocole, comment on fonctionne.
00:06:54Des fois, un seul élément, ça suffit pour changer totalement,
00:06:58non seulement un hôtel, mais aussi la ville, voire le pays.
00:07:03Donc c'est un système de protocole qui se met en place.
00:07:06– David Rigolero, ça a un sens que ça se fasse en terre neutre, en Suisse ?
00:07:10– Oui, il y a la tradition suisse, effectivement, de neutralité.
00:07:13Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs.
00:07:13Alors, il faut se souvenir que les négociations sur le nucléaire en 2015
00:07:17avaient eu lieu déjà en Suisse, à Genève,
00:07:20et les dernières qui ont échoué avaient eu lieu aussi à Genève.
00:07:22Donc ce n'est pas une nouveauté de ce point de vue-là.
00:07:25Mais vous évoquez la signature, elle aurait eu lieu déjà en termes…
00:07:28– Signature électronique.
00:07:29– Électronique.
00:07:30Là, c'est la cérémonie, on va dire, qui est prévue, effectivement.
00:07:33– Vous y croyez, cette signature électronique,
00:07:36avec les internets en Iran qui fonctionnent ?
00:07:38– C'est plutôt qu'il y a un côté, compte tenu des enjeux,
00:07:41qui sous-tendent ce protocole d'accord,
00:07:44puisqu'en fait, c'est un protocole d'accord, ce n'est pas un accord.
00:07:46Il faut le préciser quand même.
00:07:47C'est un memorandum of understanding, comme dans les affaires,
00:07:51c'est-à-dire qui donne les grands paramètres.
00:07:52Il y a effectivement un certain nombre de clauses, une dizaine,
00:07:57mais le détail, évidemment, a vocation à être négocié ultérieurement,
00:08:02même si on a une idée à peu près des sujets abordés,
00:08:06notamment du séquençage en deux parties,
00:08:08sur lesquels que vous avez évoqués,
00:08:10à savoir la question d'Hormuz, évidemment,
00:08:11et puis, postérieurement, la problématique nucléaire.
00:08:14– Oui, parce que…
00:08:15– Puisque vous êtes sur le détail,
00:08:16la question qui préoccupe en ce moment l'opinion publique pro-iranienne,
00:08:21bien évidemment, à Téhéran,
00:08:23c'est est-ce que Khalibaf sert la main d'Ujidivans ou pas ?
00:08:26– Est-ce qu'il y aura une photo ?
00:08:27Est-ce qu'il y aura une poignée de main ?
00:08:29– Ce qui n'était pas le cas à Islamabad, n'est-ce pas ?
00:08:31À Islamabad, ils se sont rencontrés pendant des heures,
00:08:34à peu près 21 heures, si ma mémoire est bonne,
00:08:37mais il n'y avait pas de photo,
00:08:39elles ne se sont pas serrées la main,
00:08:40enfin, pas officiellement,
00:08:41on ne sait pas ce qui s'est passé dans les coulisses.
00:08:43Maintenant, par exemple, l'opinion publique iranienne
00:08:46à Téhéran, pro-régime, se demande
00:08:48est-ce que Khalibaf, le représentant du régime,
00:08:52va serrer la main de celui qui a assassiné le guide suprême ou pas ?
00:08:56– Aïda Adizadeh, avant de rentrer dans les détails
00:09:00de ce qu'il peut y avoir dans cet accord
00:09:01et des sujets à régler,
00:09:02je me souviens de votre émotion, ici même,
00:09:05il y a 108 jours, quand la guerre a éclaté,
00:09:07dans votre pays d'origine.
00:09:09Comment vous avez réagi dimanche soir
00:09:11en apprenant qu'un protocole d'accord était sur les rails ?
00:09:14– Vous avez déjà évoqué, dans votre présentation,
00:09:17puis dans votre prise de parole,
00:09:18ce qu'il pourrait y avoir dans l'accord.
00:09:20Il y a un grand absent dans cet accord,
00:09:22c'est le peuple iranien.
00:09:24Il y a 108 jours, c'est au nom du peuple iranien
00:09:26que Donald Trump, avec Israël, a déclaré la guerre.
00:09:30Il fallait libérer le peuple iranien de son bourreau.
00:09:33Certains ont cru à cette fable,
00:09:35parce que quand les États-Unis disent
00:09:37qu'ils vont libérer un peuple,
00:09:38ça ne se passe jamais comme prévu.
00:09:40Là, le peuple iranien est le grand absent
00:09:43de ce protocole d'accord,
00:09:45et on pense de l'accord final.
00:09:46Qu'est-ce qui se passe à l'heure actuelle en Iran ?
00:09:48– Il y a eu, en janvier,
00:09:50des manifestations qui ont été réprimées dans le sang.
00:09:52Des dizaines de milliers de manifestants
00:09:54ont été exécutés à même la rue.
00:09:5615 000, 30 000, 40 000, on n'a pas le chiffre exact,
00:09:58parce que tous les morts
00:09:59n'ont pas été enterrés correctement.
00:10:01Il y a, à l'heure actuelle, dans les prisons iraniennes,
00:10:03des milliers de manifestants arrêtés,
00:10:05et une vingtaine d'entre eux a déjà été exécutés
00:10:08à l'issue de procès qui n'en sont pas,
00:10:10et pendus, comme le régime iranien sait faire.
00:10:13On va rentrer dans une répression sanglante.
00:10:15Le régime devait tomber,
00:10:16il a renforcé sa poigne de fer.
00:10:19Ce n'est plus le régime des Moula,
00:10:21c'est le régime des gardiens de la révolution.
00:10:23Le peuple iranien, je le dis ici avec force
00:10:25et avec autant d'émotion qu'il y a 108 jours,
00:10:27est le grand oublié de cet accord.
00:10:28Et je pense que là, la France et l'Europe
00:10:31ont une responsabilité.
00:10:32Madame von der Leyen se réjouit,
00:10:35elle ne parle que d'économie,
00:10:36il y a un peuple.
00:10:37La diplomatie, ce n'est pas seulement
00:10:39sauvegarder des intérêts économiques,
00:10:40on sauvegarde des intérêts économiques
00:10:42pour la paix des peuples.
00:10:43La France doit rappeler que le peuple iranien
00:10:45ne peut pas être oublié.
00:10:46Et ce qu'elle doit demander,
00:10:47c'est que dans l'accord,
00:10:48il y ait une amnistie générale
00:10:49pour tous ces manifestants
00:10:50qui croupissent à l'heure actuelle
00:10:52dans les geôles iraniennes.
00:10:53C'est envisageable d'une façon ou d'une autre,
00:10:55Adèle Bakawan ?
00:10:56Moi, je comprends parfaitement
00:10:58ce que Madame dit.
00:10:59Je partage à 100% sa grille de lecture.
00:11:03Le premier perdant de tous les perdants,
00:11:05c'est le peuple iranien.
00:11:06Parce qu'en fait, depuis 108 jours,
00:11:08on parle de tout.
00:11:09Les pays arabes, la Turquie,
00:11:12Pakistan, les Etats-Unis,
00:11:13les pays européens, le détroit d'Armoz,
00:11:16le seul élément totalement absent,
00:11:18c'est le peuple iranien.
00:11:19– Mais pourquoi ?
00:11:19Parce que les journalistes
00:11:20ne peuvent pas entrer en Iran aussi ?
00:11:21– Ah ben si, on a des journalistes.
00:11:23On a des journalistes Al-Haddad,
00:11:25Al-Devira.
00:11:25– Parce que c'est des journalistes
00:11:26qui sont déjà en place.
00:11:27– C'est votre servage gazi, n'est-ce pas ?
00:11:29Mais personne ne parle.
00:11:30– Servage gazi, oui.
00:11:31– Voilà.
00:11:31Et donc, c'est pas ça.
00:11:33Le problème, c'est quoi ?
00:11:34C'est qu'aujourd'hui, Madame,
00:11:35pour le dire d'une manière vraiment brute et cash,
00:11:38nous sommes dans le contexte de la capitulation
00:11:41de la première puissance au monde,
00:11:43Donald Trump,
00:11:45face aux gardiens de la révolution islamique.
00:11:48Alors, pourquoi la capitulation ?
00:11:50Je ne suis pas dans la communication,
00:11:51je suis dans les faits.
00:11:53Est-ce que dans ce protocole d'accord,
00:11:54Donald Trump a récupéré le programme atomique ?
00:11:57Non.
00:11:58– Ah, on n'en sait rien.
00:11:59– Ce qu'on sait, c'est les deux versions.
00:12:02La version Axios pour les Américains,
00:12:04la version Meher pour les Iraniens.
00:12:07Dans les deux versions,
00:12:08il n'y a pas le programme atomique.
00:12:09Un.
00:12:09Deux.
00:12:10Est-ce que Donald Trump a récupéré
00:12:11les 440 kilos de uranium enrichi ?
00:12:14La réponse, c'est non.
00:12:16Est-ce que Donald Trump…
00:12:17– Là, vous parlez des buts de guerre initiaux.
00:12:18– Voilà.
00:12:19Est-ce que Donald Trump,
00:12:19et je m'arrête,
00:12:20est-ce que Donald Trump a récupéré
00:12:22le programme balistique ?
00:12:23La réponse, c'est non.
00:12:24Est-ce que Donald Trump a coupé la main
00:12:26des gardiens de la révolution sur les proxys ?
00:12:28La réponse, c'est non.
00:12:29Est-ce que Donald Trump va débloquer
00:12:31les 25 milliards de dollars
00:12:33des avoirs iraniens ?
00:12:34La réponse, c'est oui.
00:12:36Est-ce que Donald Trump va donner la main
00:12:37pour la gestion des droits dormants aux Iraniens ?
00:12:39La réponse, c'est oui.
00:12:41Est-ce que Donald Trump va lever
00:12:43les sanctions primaires et secondaires
00:12:44contre la République islamique d'Iran ?
00:12:46La réponse, c'est oui.
00:12:47– Et pourtant, il arrive à Evian hier en vainqueur.
00:12:50– Il est dans la diversion et la communication.
00:12:53Aujourd'hui, et je m'arrête,
00:12:56c'est la capitulation et cette capitulation
00:12:58met le monde en difficulté
00:13:01face aux gardiens de la révolution islamique.
00:13:02– Pardon, mais pour aller dans le sens
00:13:04de ce que vient de dire, monsieur,
00:13:07c'est le récit que Donald Trump arrive à imposer
00:13:10et que, pardon,
00:13:11les journalistes du monde entier reprennent.
00:13:13c'est une capitulation qui est présentée
00:13:15comme une victoire.
00:13:16Mais est-ce qu'on pouvait s'attendre
00:13:17à autre chose de la part de Donald Trump ?
00:13:18– En tout cas, quand on le…
00:13:19– Lui, arrive…
00:13:20– Est-ce qu'on pouvait s'attendre
00:13:21à de la modestie, de l'humilité,
00:13:22de la reconnaissance d'un échec
00:13:23de la part de cet homme ?
00:13:25Non, vous avez la réponse.
00:13:26Poser la question pour Donald Trump,
00:13:27c'est déjà apporter la réponse.
00:13:28– Vous faites la même lecture
00:13:30d'une capitulation américaine,
00:13:32David Grigoulé-Rose ?
00:13:34– Oui, alors, de toute façon,
00:13:35ce n'est pas l'épilogue, pour l'instant.
00:13:38Donc, c'est difficile d'établir
00:13:40un bilan définitif.
00:13:42Il y a des éléments qui, effectivement,
00:13:45peuvent aller dans ce sens-là,
00:13:47même s'il faut relativiser,
00:13:48parce qu'il y a quand même eu des choses,
00:13:50si les Iraniens en négociaient,
00:13:52c'est aussi parce qu'ils se sentaient
00:13:54obligés de négocier pour eux,
00:13:56c'est-à-dire, notamment financièrement, etc.
00:14:00La vraie question pour savoir,
00:14:01pour établir, justement, un premier,
00:14:03un pré-bilan, ça sera de savoir
00:14:05comment sont débloqués,
00:14:07à quelles conditions sont débloqués les fonds.
00:14:09– Les avoir.
00:14:09– Les fameux 24 milliards,
00:14:11puisqu'il y a en deux fois,
00:14:12puisque dans la version iranienne,
00:14:14il y a la demande que ça soit un préalable.
00:14:17Du côté américain, on dit no way.
00:14:21Donc, ça sera déjà un premier test,
00:14:23parce que c'est le levier essentiel
00:14:26par rapport au processus en cours,
00:14:28c'est ce déblocage,
00:14:30ultérieurement des sanctions,
00:14:31mais d'abord du dégel des fonds,
00:14:34qui est une demande récurrente,
00:14:35quasi obsessionnelle des Iraniens,
00:14:36pour une raison aisément compréhensible,
00:14:38c'est un manque criant de liquidité,
00:14:40qui pose un problème au régime,
00:14:41qui ne peut plus rémunérer,
00:14:43non pas la population,
00:14:44mais les forces du régime, déjà, en soi.
00:14:46Donc, c'est, à mon avis,
00:14:48ça sera vraiment le test.
00:14:49– C'est en cela que l'Iran sort affaibli,
00:14:51aussi, de ces 108 jours de guerre ?
00:14:53– Ah oui, l'Iran est affaibli,
00:14:53même si le régime, effectivement,
00:14:55s'est transformé, il a muté,
00:14:57c'est un régime des Képi,
00:14:58c'est une junte militaire ou islamique,
00:15:00ce n'est plus le régime totalement des Molas,
00:15:02mais il a muté,
00:15:03pas forcément dans le sens
00:15:04qu'on aurait souhaité, évidemment.
00:15:07Mais, objectivement, pour le coup,
00:15:08quand il dit que le régime a changé,
00:15:10oui, pas dans le sens qu'on attendait,
00:15:12mais, en tout cas, effectivement,
00:15:14il y a une logique transactionnelle
00:15:16qui l'a fait prévaloir sur une autre stratégie,
00:15:19mais ça va vraiment être là
00:15:21pour établir un pré-bilan,
00:15:22même si la crédibilité stratégique américaine,
00:15:25effectivement, est quand même diminuée.
00:15:29– David ?
00:15:29– Vous le disiez tous,
00:15:31le régime s'est radicalisé,
00:15:33le régime des Molas a été remplacé
00:15:34par le régime des gardiens de la Révolution,
00:15:35est-ce que ça veut dire que,
00:15:38bien sûr, que l'objectif de changement de régime
00:15:40est totalement raté,
00:15:42mais surtout, est-ce que ça veut forcément dire
00:15:45que le régime est plus solide
00:15:46et qu'il va durer plus qu'avant ?
00:15:48– Pas forcément,
00:15:49mais, en tout cas,
00:15:50il tient par la répression,
00:15:51c'est incontestable.
00:15:53– Encore plus.
00:15:53– Oui, elle s'est renforcée,
00:15:55d'ailleurs, vous évoquiez les pendaisons
00:15:57qui se multiplient.
00:15:58– Il y en a encore eu deux,
00:15:59cette année-là.
00:16:00– Oui, et ça ressemble un peu
00:16:01à ce qui s'était passé dans les années 80,
00:16:03ce qu'on avait appelé,
00:16:04ce qui était terrible,
00:16:05le massacre des prisons en 88,
00:16:07à l'initiative, justement,
00:16:08de l'Ayat-Yar Khomeini.
00:16:10Donc, il y a une multiplication de la répression,
00:16:12mais, en même temps,
00:16:13c'est un signe de faiblesse,
00:16:14parce que ça veut dire
00:16:15qu'il tient exclusivement là-dessus
00:16:16et, sur le plan économique,
00:16:19il sait qu'il est très affaibli.
00:16:20Et donc, effectivement,
00:16:21il veut capitaliser sur le fait
00:16:23de ne pas être tombé,
00:16:24ce qu'il a réussi, effectivement,
00:16:27à faire.
00:16:27– Le régime était faible
00:16:29face à sa population.
00:16:31Le 28, le 27 février,
00:16:35du 1er janvier au 27,
00:16:36on avait un mouvement de contestation
00:16:38à l'intérieur de la République islamique d'Iran
00:16:41qui menaçait existentiellement le régime.
00:16:45Donald Trump, pourquoi il a quitté
00:16:47la table de négociation ?
00:16:48C'est au moment où il a quitté
00:16:50la table de négociation,
00:16:51on négoçait non seulement
00:16:53le programme atomique,
00:16:54mais aussi le programme balistique,
00:16:56mais aussi l'avenir du régime,
00:16:58mais aussi les proxys au Moyen-Orient.
00:17:00Aujourd'hui, on revient
00:17:01à la table de négociation
00:17:04uniquement sur le programme atomique.
00:17:07balistique et les proxys totalement exclues.
00:17:10Alors, le seul qui pourrait faire
00:17:11shooter ce régime,
00:17:13ce n'est pas les Américains,
00:17:14ce n'est pas les Israéliens,
00:17:15c'est le peuple iranien.
00:17:17Or, à cause de cette guerre-là,
00:17:19moi, je nuance un petit peu ma lecture,
00:17:22je pense que cette guerre
00:17:23a retardé plusieurs années
00:17:26la chute du régime.
00:17:27– Vous avez réussi à entrer en contact
00:17:29avec des Iraniens sur place,
00:17:30avec vos proches qui sont à Téhéran ?
00:17:31– Bien sûr, mais on fait très intention
00:17:33à ne pas les mettre en danger
00:17:34puisqu'on sait évidemment
00:17:35le contrôle qu'exerce le régime
00:17:37sur les communications.
00:17:39Je partage entièrement
00:17:40ce que vient de dire monsieur.
00:17:42Non seulement ça a retardé,
00:17:44mais ça risque de prendre des années
00:17:47avant que ce régime tombe.
00:17:49Un régime tombe à une condition,
00:17:52quel que soit le régime,
00:17:53quelle que soit l'époque,
00:17:53c'est que les forces armées
00:17:55soit déposent leurs armes,
00:17:56soit retournent les armes
00:17:57contre le pouvoir.
00:17:58Le problème, c'est que vous l'avez dit,
00:18:00si on libère les liquidités,
00:18:01le régime va pouvoir payer
00:18:02encore de longues années,
00:18:04les soldats,
00:18:05tout l'écosystème qui vit
00:18:07grâce aux gardiens de la révolution.
00:18:09Et moi, je dis toujours,
00:18:11il ne faut pas voir l'Iran
00:18:11comme une théocratie,
00:18:12mais comme un régime mafieux,
00:18:14avec une organisation corrompue
00:18:17qui détourne les richesses de l'Iran
00:18:18au profit d'une petite casse.
00:18:20Et cette casse fait ruisseler l'argent
00:18:21à 5% de la population.
00:18:24Le régime est toni et haï désormais
00:18:26par 95% de la population,
00:18:27mais 5%, il suffit
00:18:29qu'il y ait 5% les armes
00:18:30pour tenir d'une main de fer ce régime.
00:18:32Et c'est exactement
00:18:33ce à quoi on assiste.
00:18:34Mais j'attire votre attention
00:18:36sur une autre chose.
00:18:37En Iran, il y a eu une révolution
00:18:39qui a porté ses fruits.
00:18:40La révolution Femmes-Vis-Liberté.
00:18:42À partir de cette révolution,
00:18:43les femmes en Iran
00:18:44ont, de manière massive,
00:18:46décidé qu'elles ne porteraient
00:18:47plus le voile.
00:18:48Le régime n'a pas réussi
00:18:49à réimposer le voile
00:18:50parce qu'on ne peut pas mettre
00:18:5145% d'une population en prison.
00:18:53Et ça, même avec la guerre
00:18:54à l'heure actuelle,
00:18:56elles ont réussi à préserver
00:18:57cette liberté
00:18:57qu'elles ont arrachée d'elles-mêmes.
00:18:59D'ailleurs, c'est très intéressant,
00:19:00le régime utilise désormais
00:19:02dans sa propagande
00:19:03des femmes dévoilées
00:19:04pour dire, regardez,
00:19:05même ces mécréantes
00:19:06soutiennent notre gouvernement
00:19:08face à l'attaque américaine.
00:19:09Évidemment, c'est des actrices
00:19:10qui sont payées
00:19:10et personne n'est dupe en Iran.
00:19:12Mais vous voyez,
00:19:12comme c'est intéressant,
00:19:13le régime est en train de muter.
00:19:15Oui.
00:19:15Je voudrais qu'on parle
00:19:16du détroit d'Hormuz
00:19:17parce que depuis le début
00:19:18de cette guerre,
00:19:19plus personne n'ignore son importance
00:19:21et même son lieu, désormais.
00:19:23Les Iraniens, ils ont compris.
00:19:25Est-ce que ce détroit d'Hormuz
00:19:27va rester un levier majeur
00:19:29de négociation pour Téhéran ?
00:19:31Dans les 60 jours de pourparlers
00:19:33qui vont s'ouvrir vendredi ?
00:19:34Il y a un grand point d'interrogation
00:19:37sur les modalités de réouverture
00:19:38puisque, en principe,
00:19:40selon la Convention du droit de la mer,
00:19:43il y a une libre circulation maritime.
00:19:45Et du point de vue américain,
00:19:47dans le narratif américain,
00:19:48il est présenté
00:19:49comme une réouverture inconditionnelle.
00:19:52donc, évidemment,
00:19:53qu'il ne saurait tolérer
00:19:54l'existence d'un péage, etc.
00:19:55Et très habilement,
00:19:56dans la partie iranienne,
00:19:58Abbas Arachik,
00:19:58qui est le ministre
00:19:58des Affaires étrangères,
00:19:59a dit non mais de toute façon,
00:20:01ça ne pourra pas être
00:20:02un droit de péage
00:20:03puisque ce ne serait pas recevable
00:20:04sur le plan du droit international.
00:20:06Donc, il y a toujours
00:20:06ce fétichisme formel
00:20:07du droit international
00:20:08de la partie iranienne.
00:20:09C'est très intéressant.
00:20:10Mais en revanche,
00:20:11il y aura des frais de gestion
00:20:12un peu sur le modèle,
00:20:14une déclinaison particulière
00:20:16du modèle turc
00:20:17où il existe effectivement
00:20:18des frais de gestion
00:20:20à la différence près
00:20:21que ce sont les détroits turcs
00:20:22des deux côtés,
00:20:23enfin que les deux rives sont turcs
00:20:24et que par ailleurs,
00:20:25il y a une vraie prestation
00:20:26de services,
00:20:26de sécurité,
00:20:27de remorquage.
00:20:28Ce qui là n'est pas demandé
00:20:29par les...
00:20:29Ce sera peut-être le cas
00:20:30dans l'après-guerre ?
00:20:31Le problème,
00:20:32c'est que ce serait plutôt
00:20:32une prestation de services imposée
00:20:34et non pas proposée.
00:20:36Donc, c'est un racket,
00:20:37ce que vous dites.
00:20:37C'est ça la subtilité
00:20:39de, on va dire,
00:20:40terminologique.
00:20:41Et donc,
00:20:41c'est une vraie question
00:20:42de savoir ce qui va être accepté
00:20:44parce que même du côté chinois,
00:20:46les Chinois ont fait
00:20:47une déclaration
00:20:47en disant qu'ils appelaient
00:20:49à la réouverture
00:20:50pour restaurer
00:20:51la libre circulation internationale
00:20:53parce qu'évidemment,
00:20:55s'il y avait un mécanisme
00:20:56de ce type,
00:20:56ça risquerait de faire précédent
00:20:58sur d'autres détroits
00:20:59et ce n'est pas sûr
00:21:00que les Chinois
00:21:00seraient enthousiastes
00:21:01à l'idée de voir
00:21:02ce type de fonctionnement
00:21:03sur le détroit de Malacca
00:21:04ou ailleurs.
00:21:04En attendant,
00:21:05on a donc vu
00:21:06trois navires aujourd'hui
00:21:07franchir ce détroit d'Hormuz
00:21:09à leur risque et péril
00:21:10puisqu'il est question
00:21:11qu'il soit miné
00:21:12et qu'il faut le déminer
00:21:13avant de pouvoir
00:21:14le rouvrir en toute sécurité
00:21:15mais les marchés, eux,
00:21:17semblent avoir poussé
00:21:18un ouf de soulagement,
00:21:19Fanny,
00:21:19avec un baril de pétrole
00:21:21qui, ça y est,
00:21:22vient de repasser
00:21:23sous les 80 dollars
00:21:24aujourd'hui.
00:21:24Même si depuis quelques jours,
00:21:26on voyait déjà
00:21:26que les prix se tassaient
00:21:28parce que les marchés,
00:21:29comme vous le disiez,
00:21:30attendaient cette paix,
00:21:31ils la voulaient,
00:21:32alors cet accord,
00:21:33ce protocole d'accord,
00:21:35après vous avoir entendu,
00:21:36on comprend que ça n'est pas,
00:21:37on ne peut pas employer
00:21:38le mot de paix,
00:21:39mais les prix avaient déjà
00:21:41tendance à chuter
00:21:42et donc on voyait
00:21:43ce cours du baril
00:21:45descendre.
00:21:46Souvenez-vous,
00:21:47là on est passé
00:21:48en dessous des 80 dollars
00:21:49au plus haut de la guerre
00:21:52au printemps dernier,
00:21:53là, il y a quelques semaines encore,
00:21:54on était à 115 dollars le baril.
00:21:57Et ça va descendre encore ?
00:21:58Eh bien écoutez,
00:21:59si l'accord est réellement signé,
00:22:01s'il n'y a pas de volte-phase
00:22:03de la part de Donald Trump
00:22:05comme il est coutumier,
00:22:06si le Détroit est débloqué,
00:22:08qu'il est sécurisé,
00:22:09que la navigation reprend son cours,
00:22:12eh bien les prix du baril
00:22:13vont continuer à baisser.
00:22:15Il va quand même falloir
00:22:17attendre quelques semaines,
00:22:18il y a des centaines de tankers,
00:22:20il y en a trois qui sont passés
00:22:21aujourd'hui,
00:22:21mais il y a des centaines
00:22:22de pétroliers,
00:22:24de tankers
00:22:27qui font des ronds dans l'eau
00:22:28depuis une centaine de jours.
00:22:30Donc le temps,
00:22:31tout ça va prendre
00:22:32quelques semaines.
00:22:33Mais ça veut dire
00:22:34qu'il va falloir aussi
00:22:35attendre avant de voir
00:22:36les effets à la pompe ?
00:22:37Alors on le voit déjà,
00:22:38puisque comme les prix
00:22:38avaient tendance à baisser,
00:22:40les cours du baril,
00:22:40on voit déjà que,
00:22:41par exemple pour le gazole,
00:22:43on est descendu en dessous
00:22:44des 2 euros le litre,
00:22:45ce qu'on n'avait pas vu
00:22:46là non plus depuis le mois de mars.
00:22:48Et en plus,
00:22:48le gouvernement met la pression
00:22:50sur les distributeurs,
00:22:51il les a reçus pas plus tard
00:22:52qu'aujourd'hui,
00:22:53au ministère de l'économie.
00:22:55On voit Roland Lescure,
00:22:56Maude Bréjean,
00:22:56la ministre de l'énergie,
00:22:58Roland Lescure,
00:22:58le ministre de l'économie,
00:22:59réunir les distributeurs
00:23:00pour leur dire,
00:23:01écoutez,
00:23:03faites en sorte que la baisse
00:23:04soit aussi rapide que la hausse.
00:23:06Il y aura des contrôles.
00:23:07Il faut quand même dire
00:23:08aux téléspectateurs
00:23:09que selon les stations-service,
00:23:11ça va prendre plus ou moins de temps
00:23:13parce que forcément,
00:23:14quand vous avez acheté du pétrole
00:23:17à 90 dollars le baril,
00:23:18vous n'allez pas le vendre à 80.
00:23:20Il n'y a pas de vent à perdre.
00:23:22Donc il faut écouler
00:23:23avant qu'on re-remplisse
00:23:25les cuves de carburant
00:23:26achetées moins chères.
00:23:27Et est-ce qu'on peut espérer
00:23:28pendant les vacances de cet été,
00:23:30par exemple,
00:23:31revenir au niveau d'avant la gare ?
00:23:33– Alors non,
00:23:34la situation va s'améliorer,
00:23:36mais non pour deux raisons.
00:23:37La première,
00:23:38c'est qu'au Proche-Orient,
00:23:40il y a eu un certain nombre
00:23:42d'installations
00:23:42qui ont été détruites,
00:23:45abîmées, endommagées.
00:23:46Il va falloir du temps
00:23:46pour les restaurer,
00:23:49pour reconstruire.
00:23:50Et puis,
00:23:51il y a un deuxième point,
00:23:52ce fameux suspens
00:23:53sur les frais de gestion,
00:23:55les frais de services.
00:23:56Vous imaginez bien
00:23:57que si le Détroit est emprunté,
00:24:00mais qu'il faut à chaque fois
00:24:02payer,
00:24:02et que les derniers doivent payer,
00:24:03ça va se…
00:24:04– C'est les automobilistes
00:24:05qui paieront le péage.
00:24:06– Voilà,
00:24:06ça va se répercuter à la pompe
00:24:08et les experts parient plutôt
00:24:10sur un baril
00:24:11qui va descendre jusqu'à 70-75 dollars.
00:24:15On rappelle qu'avant la crise,
00:24:16on était autour de 60 dollars.
00:24:20– Adèle Bakawan,
00:24:21est-ce que la question d'un péage
00:24:22peut faire tout capoter
00:24:23dans les 60 jours
00:24:25qui suivront la signature de vendredi ?
00:24:26– Non.
00:24:27– Non.
00:24:28– Non.
00:24:28Non, non, non,
00:24:30parce qu'en fait,
00:24:30ce week-end,
00:24:32un grand diplomate golfien
00:24:33très très proche du Qatar
00:24:35nous disait,
00:24:37lorsque les Qataris étaient à Téhéran,
00:24:41ils ont négocié avec Donald Trump
00:24:43et les gardiens de la révolution islamique
00:24:46pendant 17 heures.
00:24:4717 heures de négociation
00:24:49pour finaliser ce protocole d'accord
00:24:52et il y avait deux éléments
00:24:53qui bloquaient.
00:24:54Un, les 25-24 milliards de dollars
00:24:57de l'Odetroit d'Hormuz.
00:24:59Les Américains insistaient
00:25:01sous la pression, bien évidemment,
00:25:03de la communauté internationale
00:25:04pour ne pas avoir des péages
00:25:07ou frais de service, etc.
00:25:08Les Iraniens disaient,
00:25:09oh bon, dans ce cas-là,
00:25:10on arrête là.
00:25:11Alors finalement,
00:25:12Donald Trump a intégré,
00:25:14ce que je dis,
00:25:15c'est vraiment une information,
00:25:16ce n'est pas une analyse,
00:25:16une information de colise.
00:25:18Les Américains,
00:25:19Donald Trump a accepté
00:25:20d'intégrer les frais de service
00:25:23de la gestion du Détroit d'Hormuz.
00:25:26Un.
00:25:26Deux, il ne faut jamais oublier
00:25:28que les Iraniens,
00:25:29ils ont fait une loi,
00:25:30ils ont fait voter une loi
00:25:32à l'Assemblée nationale.
00:25:33Cette loi a été validée
00:25:35pour donner un cadre juridique
00:25:37au Détroit d'Hormuz.
00:25:38C'est-à-dire,
00:25:38le Détroit d'Hormuz,
00:25:39désormais, c'est à nous
00:25:40en tant que propriétaires.
00:25:42Et le troisième élément
00:25:43à prendre en compte,
00:25:44ils ont mis en place
00:25:45une autorité de gestion
00:25:47pour le Détroit d'Hormuz.
00:25:49Tout ce qui n'existait pas
00:25:50avant la guerre, par ailleurs.
00:25:51On peut remercier les Américains
00:25:53d'avoir fait prendre conscience
00:25:54aux Iraniens
00:25:54qu'ils pouvaient réclamer
00:25:56le Détroit d'Hormuz.
00:25:57David, une question téléspectateurs.
00:25:58Une question de Nathalie.
00:26:00Est-il éthique, normale
00:26:01pour des gouvernements occidentaux
00:26:03qui ont classé
00:26:04les gardiens de la Révolution
00:26:05en organisation terroriste
00:26:06de négocier à tout prix avec eux ?
00:26:09David.
00:26:10Je pense qu'il faut négocier
00:26:12la fin de cette guerre
00:26:12parce qu'on voit
00:26:13les répercussions aussi
00:26:14dans nos économies
00:26:15et que la montée en tension
00:26:17et les pressions sur l'économie,
00:26:18ça peut emmener
00:26:19à une guerre généralisée.
00:26:20Moi, mon énorme regret,
00:26:22c'est que dans cette négociation
00:26:23avec les gardiens de la Révolution,
00:26:24on oublie le sort du peuple iranien.
00:26:26C'est le moment de les inscrire
00:26:27comme un des points
00:26:29dans la liste des négociations
00:26:30et de dire, par exemple,
00:26:31amnistie générale
00:26:32pour tous les manifestants en prison.
00:26:34Fin du blackout.
00:26:35On assure la télécommunication
00:26:37et qu'on mette dans les points d'accord
00:26:39plus de liberté négociée
00:26:41avec les gardiens de la Révolution
00:26:42pour le peuple iranien.
00:26:43Évidemment, on ne va pas leur dire
00:26:45laisser le pouvoir
00:26:46et organiser un référendum.
00:26:47On pourrait l'écrire
00:26:48et ne le ferait pas.
00:26:48Mais ça, je pense qu'on est en capacité
00:26:51de demander dans cette négociation
00:26:52qu'ils pardonnent à leur peuple
00:26:54et qu'ils libèrent
00:26:55des prisonniers politiques
00:26:56qui sont injustement enfermés.
00:26:57On n'a pas parlé encore
00:26:58d'Israël et du Liban.
00:27:01Est-ce qu'Israël va jouer un rôle
00:27:03dans les 60 jours de négociation
00:27:04qui suivront la signature de l'accord
00:27:05qui est un accord franc,
00:27:08américano-iranien,
00:27:09dans lequel Israël n'est pas partie prenante
00:27:12pour le grand perdant, Israël ?
00:27:14Oui, Israël n'a pas été du tout consulté.
00:27:17On a vu les réactions que ça a suscité en Israël
00:27:20et pas seulement du côté de la droite
00:27:22mais des deux bords de l'échiquier politique
00:27:26en considérant qu'il y aurait potentiellement
00:27:27même une trahison de Donald Trump
00:27:29alors qu'il y avait une dévotion pour Donald Trump.
00:27:31On se souvient quand il avait fait son discours
00:27:33à la Knesset
00:27:33où il était présenté comme le grand soutien.
00:27:37Et c'était la personnalité politique préférée
00:27:39des Israéliens.
00:27:39Oui, on le voyait même Premier ministre potentiel
00:27:41en Israël.
00:27:42Donc là, il y a effectivement un télescopage
00:27:44qui est sévère
00:27:46et qui est une donnée qui est importante
00:27:50parce qu'elle est susceptible
00:27:51de constituer une épée de Damoclès
00:27:54sur le déroulé du processus
00:27:57dans la mesure où c'était une demande express
00:27:59des Iraniens
00:28:00qui a même été intégrée en dernier lieu
00:28:02avec un ajout,
00:28:04une clause manifestement ajoutée à leur demande
00:28:07sur le front iranien,
00:28:09pardon, le front libanais
00:28:11en disant qu'il y avait la nécessité
00:28:13de respecter l'intégrité territoriale du Liban
00:28:15et donc impliquant le retrait
00:28:16des forces israéliennes,
00:28:17ce qui est irrecevable du côté israélien.
00:28:19Et donc, ça va être très compliqué
00:28:22à jouer pour Donald Trump
00:28:23parce qu'il va être balotté
00:28:25entre des intérêts contradictoires.
00:28:28Il faudra qu'il donne des garanties à Israël
00:28:31mais en même temps,
00:28:32il ne voudra pas hypothéquer
00:28:33le déroulé des négociations.
00:28:36D'ailleurs, on se demande ce soir
00:28:37sur quel pied il est temps
00:28:38parce que je vous propose d'écouter
00:28:39ce qu'il a dit aujourd'hui à Evian
00:28:40à propos de Benyamin Netanyahou.
00:28:44Israël se bat contre le Hezbollah
00:28:45depuis trop longtemps
00:28:46et trop de gens sont tués.
00:28:48Et vous n'êtes pas obligés
00:28:49de raser un immeuble
00:28:50à chaque fois que vous cherchez quelqu'un
00:28:51parce qu'il y a beaucoup de gens
00:28:53dans ces immeubles
00:28:53et ils ne font pas tous partie du Hezbollah,
00:28:55je peux vous le dire.
00:28:57Et j'ai suggéré à Israël
00:28:58de laisser la Syrie s'occuper du Hezbollah
00:29:01parce que pour être honnête avec vous,
00:29:03je pense qu'il ferait un meilleur travail pour ça.
00:29:06Adèle Bakawan,
00:29:07je pense que vous n'auriez pas parié
00:29:09sur une telle déclaration de Donald Trump
00:29:10au début de la guerre.
00:29:12Il suggère que la Syrie s'occupe du Hezbollah
00:29:15et que Benyamin Netanyahou
00:29:17arrête de bombarder des immeubles
00:29:18pour chercher une personne
00:29:19et tuer tous les résidents.
00:29:20Oui, ce qui est formidable,
00:29:21c'est qu'Ahmad Shar,
00:29:22le président syrien,
00:29:23a dit
00:29:24ce n'est absolument pas mon travail,
00:29:26ce n'est pas le travail de la Syrie
00:29:28de s'occuper.
00:29:29Voilà, exactement.
00:29:29Mais si vous me permettez rapidement,
00:29:32je pense que cette guerre s'arrêtera
00:29:34avec une grande probabilité
00:29:36entre Washington et Téhéran.
00:29:38Mais avec autant de probabilités,
00:29:41cette guerre va continuer
00:29:42entre Tel Aviv et Téhéran.
00:29:44Et Téhéran.
00:29:45Ce n'est pas parce que les Américains
00:29:46arrêtent cette guerre,
00:29:48les Israéliens l'arrêteront.
00:29:49Non.
00:29:50Alors, les Américains,
00:29:51le scénario le plus probable,
00:29:53c'est qu'ils deviendront
00:29:57arbitres entre les Iraniens
00:29:59et les Israéliens.
00:30:00Ils vont choisir ce rôle-là
00:30:01qui convient parfaitement
00:30:03à Donald Trump.
00:30:04Mais non.
00:30:05Pourquoi ?
00:30:06Parce que la raison est très simple.
00:30:07La géopolitique,
00:30:08la sécurité,
00:30:09l'économie,
00:30:10la République islamique d'Iran
00:30:12pour Israël,
00:30:13c'est une question existentielle.
00:30:14Ce qui n'est pas le cas
00:30:15pour les États-Unis.
00:30:17Est-ce que c'est un retournement
00:30:18de veste de la part
00:30:19de Donald Trump
00:30:19à l'égard de Benyamin Netanyahou ?
00:30:22Parce que finalement,
00:30:23il a suivi Israël
00:30:25au moment de déclencher
00:30:26la guerre il y a 108 jours.
00:30:28Oui, on a beaucoup dit
00:30:28qu'il avait été entraîné,
00:30:29il faut relativiser,
00:30:30parce qu'il y avait quand même
00:30:31des buts de guerre
00:30:32spécifiquement américains
00:30:34qui n'étaient pas directement
00:30:36initiés par Israël,
00:30:38puisque Israël en faisait
00:30:38une question existentielle.
00:30:40Mais la question du nucléaire
00:30:41était un enjeu central
00:30:42pour les Américains,
00:30:43notamment par rapport
00:30:43à la prolifération.
00:30:45Donc, ce n'était pas contingent
00:30:46le fait qu'il y ait eu
00:30:47cette opération.
00:30:48En revanche, effectivement,
00:30:49en termes d'arbitre,
00:30:50il l'est déjà un peu.
00:30:51Il a retenu la main
00:30:52des Israéliens
00:30:53pour une deuxième vague
00:30:54de frappe aérienne
00:30:56qui devait être
00:30:57très importante.
00:30:58Et donc,
00:30:59il a imposé ça
00:30:59à Benyamin Netanyahou
00:31:00en lui disant
00:31:01que s'il n'acceptait pas,
00:31:02il allait se retrouver
00:31:03tout seul.
00:31:04Tout seul,
00:31:05c'est-à-dire sans le soutien américain.
00:31:07Ce qui ne peut pas
00:31:08se permettre de faire
00:31:08aujourd'hui,
00:31:09mais ce qui le met
00:31:10en difficulté,
00:31:11évidemment,
00:31:12en interne,
00:31:12en Israël,
00:31:13parce qu'il y a
00:31:13la perspective des élections
00:31:15et tout le monde le critique.
00:31:16pour justement
00:31:17ne pas être parvenu,
00:31:18d'une part,
00:31:19à résoudre la question
00:31:20du désarmement du Hezbollah,
00:31:21malgré toutes les opérations
00:31:23venaient,
00:31:24et surtout d'avoir perdu,
00:31:25entre guillemets,
00:31:26le soutien de Donald Trump.
00:31:27Donc,
00:31:28on voit qu'il y a
00:31:29effectivement une mutation
00:31:30au niveau régional
00:31:31qui est très très importante.
00:31:32Et d'ailleurs,
00:31:33dans la tête des Israéliens,
00:31:34il y a l'anticipation
00:31:34qu'un jour,
00:31:35il faudra se passer
00:31:36du soutien américain.
00:31:37et notamment
00:31:38en termes
00:31:38de programme d'armement,
00:31:40c'est-à-dire
00:31:40qu'il y a un programme
00:31:41autonome d'armement
00:31:42pour éviter
00:31:43une trop forte dépendance.
00:31:45Vous avez parlé
00:31:46d'un paradoxe
00:31:48à constater
00:31:48qu'il y a quand même
00:31:49eu une supériorité militaire
00:31:50massive des Israéliens.
00:31:51Ils ont éliminé
00:31:52le guide suprême,
00:31:53ils ont fait absolument
00:31:54ce qu'ils voulaient
00:31:55dans le ciel iranien,
00:31:57ils avaient des bases
00:31:57même un peu partout
00:31:58dans la région,
00:31:59en Irak,
00:31:59et même des opérations
00:32:00du Mossad
00:32:01en Iran même.
00:32:02Et de constater
00:32:02qu'à l'arrivée,
00:32:03aucun,
00:32:04vous l'avez tous dit,
00:32:04aucun des buts de guerre
00:32:05n'est atteint
00:32:06et qu'en plus,
00:32:07ils perdent le soutien
00:32:08potentiellement
00:32:09de l'allié américain.
00:32:10Donc en réalité,
00:32:11ils sont revenus
00:32:12à la situation hantée.
00:32:14C'est tout ça pour ça.
00:32:15Oui, tout ça pour ça
00:32:16et en plus,
00:32:17en faisant,
00:32:17comme je dis encore,
00:32:18prendre conscience
00:32:19aux Iraniens
00:32:19qu'ils pouvaient contrôler
00:32:20le détroit d'Hormuz
00:32:21qui n'est quand même pas rien.
00:32:22Il y a quelque chose
00:32:23qui n'a pas encore été évoqué.
00:32:25Depuis les sanctions,
00:32:26l'Iran vend à la Chine
00:32:28du pétrole à bas coût
00:32:30et c'est du carburant
00:32:32dans le moteur
00:32:33de l'économie chinoise.
00:32:34Peut-être que dans les négociations,
00:32:35je n'en sais rien,
00:32:36peut-être que vous êtes
00:32:37mieux renseigné que moi,
00:32:38ce point va pouvoir être mis
00:32:40sur la table par Donald Trump
00:32:41parce que lui,
00:32:41il a intérêt à affaiblir
00:32:42le géant chinois.
00:32:43Vous vous souvenez
00:32:44de la guerre des empires,
00:32:45elle est encore en cours celle-ci.
00:32:46Donc ce point
00:32:47pourrait être aussi abordé,
00:32:48il faudra le suivre avec intérêt
00:32:49parce que je pense que
00:32:50c'est aussi dans la tête
00:32:51de Donald Trump.
00:32:52Mais ce point,
00:32:52il est essentiel
00:32:53parce que ça rejoint aussi
00:32:54le droit de passage
00:32:55sur le détroit.
00:32:57S'il y en a
00:32:58qui n'ont pas intérêt
00:32:59à avoir un droit de passage
00:33:00sur le détroit,
00:33:00ce sont les Asiatiques
00:33:01et notamment les Chinois.
00:33:03Donc pour l'instant,
00:33:04effectivement,
00:33:05Donald Trump
00:33:06a peut-être cédé
00:33:07ce droit de passage
00:33:08mais ce n'est pas dit
00:33:09que dans les discussions
00:33:11qui vont venir.
00:33:12Derrière,
00:33:13les Chinois,
00:33:14du côté des Iraniens
00:33:16puisqu'ils sont quand même
00:33:16plutôt proches,
00:33:18ils sont partenaires,
00:33:19ne fassent pas plier,
00:33:20ce ne sera pas Donald Trump
00:33:21qui fera plier les Iraniens
00:33:22mais ce seront les Chinois.
00:33:24Pour aller dans votre sens,
00:33:25d'autant plus
00:33:25qu'en réalité,
00:33:26le premier fournisseur
00:33:27de pétrole des Chinois,
00:33:29ce n'est pas Téhéran,
00:33:29c'est l'Arabie Saoudite.
00:33:31– Et l'Arabie Saoudite
00:33:32ne veut pas pareil
00:33:33d'Adèle Bakahouan.
00:33:35– On a 30 secondes ?
00:33:36– Moi, je voudrais
00:33:37vous poser la question
00:33:38est-ce qu'il faut croire
00:33:39à la paix ?
00:33:41– La paix, non.
00:33:43– C'est une question
00:33:44de bec de philo, ça.
00:33:45– Non, d'une manière synthétique,
00:33:47la paix au Moyen-Orient, non,
00:33:49mais geler le conflit
00:33:50pour le moment, oui.
00:33:51Cette négociation
00:33:52entre Donald Trump
00:33:53et Moustaba,
00:33:54le nouveau guide,
00:33:55pourrait durer
00:33:57jusqu'à la fin
00:33:58du mandat de Donald Trump,
00:34:00mais ce qui est désormais
00:34:02le centre de gravité
00:34:03au Moyen-Orient,
00:34:04ce n'est pas cette guerre
00:34:05entre les Etats-Unis
00:34:06et la République islamique,
00:34:08c'est ce qui se passe
00:34:09entre le Liban et Israël.
00:34:12Israël occupe encore
00:34:1320% du territoire libanais
00:34:14et le Hezbollah
00:34:15n'est pas désarmé.
00:34:16Tant que ces deux problématiques
00:34:18sont là,
00:34:19il est plus probable
00:34:19qu'on entre dans la période de paix.
00:34:21– Et le bac de philo,
00:34:22c'était peut-on être heureux
00:34:23si les autres ne le sont pas ?
00:34:27– Merci à tous les trois
00:34:28d'être venus ce soir
00:34:29sur le plateau
00:34:29de chaque voix-compte.
00:34:30Je rappelle votre livre,
00:34:31Adèle Bacawan,
00:34:31la décomposition
00:34:32du Moyen-Orient
00:34:33chez Talandier.
00:34:35Merci infiniment
00:34:36à tous les trois.
00:34:37Dans un instant,
00:34:38un tout autre sujet
00:34:39dans la question qui fâche.
00:34:40Quelle autonomie
00:34:41pour la Corse ?
00:34:42On va en parler
00:34:42dans un instant
00:34:43avec nos trois prochains invités.
00:34:44Mais avant cela,
00:34:45c'est Quelle Histoire
00:34:46et c'est David Revaudalonne.
00:34:56– Restons à Evian,
00:34:57mon cher David,
00:34:58avec Emmanuel Macron
00:34:59et Donald Trump
00:35:00qui s'y sont retrouvés
00:35:01depuis hier
00:35:01pour ce sommet du G7
00:35:02après des mois de tensions,
00:35:04voire des années.
00:35:05Et ce qu'on a pu voir
00:35:06depuis hier,
00:35:07c'est encore
00:35:07qu'entre ces deux-là,
00:35:09c'est Je t'aime,
00:35:10moi non plus.
00:35:10– Oui,
00:35:10et surtout ces derniers temps,
00:35:12c'est vraiment
00:35:13moi non plus.
00:35:14La preuve en image.
00:35:15On voit que le président américain
00:35:16à son arrivée à Evian,
00:35:18il était un tantinet froid
00:35:20et même carrément glacial.
00:35:22Il faut dire que
00:35:22quelques heures
00:35:23avant d'atterrir hier,
00:35:24il avait menacé
00:35:25d'imposer un tarif douanier
00:35:27sur tous les champagnes
00:35:28et vins français,
00:35:30je cite,
00:35:31tarif de 100%
00:35:32si Paris ne supprimait pas
00:35:34sa taxe
00:35:35sur les services numériques
00:35:37réclamés aux entreprises
00:35:38de la tech américaine.
00:35:40Sympathique ambiance
00:35:41pour commencer une réunion.
00:35:43Donc,
00:35:43alors pour l'anecdote,
00:35:44le compte Instagram
00:35:45de l'Elysée
00:35:45avait choisi
00:35:47une chanson
00:35:47pour chaque poignée de main
00:35:49d'Emmanuel Macron
00:35:49avec un des dirigeants
00:35:50du G7
00:35:51et avec Trump,
00:35:52il a opté pour
00:35:53Love is a long road
00:35:55de Tom Petty.
00:35:56– Oui,
00:35:59on aime.
00:35:59– L'amour est un long chemin,
00:36:01un très long chemin.
00:36:03En effet,
00:36:03Adeline,
00:36:04parsemée d'embûches.
00:36:05– Quelles embûches,
00:36:06David ?
00:36:06– Le rapport entre Macron
00:36:07et Trump
00:36:07qui se sont quand même
00:36:08assis côte à côte
00:36:09aujourd'hui
00:36:10au sommet du G7.
00:36:12On voit l'image,
00:36:13c'est bientôt
00:36:1310 ans de relations
00:36:14tantôt affectueuses,
00:36:16tantôt tumultueuses
00:36:17entre coups de foudre
00:36:19et coups de pression,
00:36:20entre complicité et rivalité,
00:36:21entre caresses
00:36:22et bras de fer.
00:36:23Et quand je dis bras de fer,
00:36:24je n'exagère absolument pas.
00:36:26Regardez,
00:36:26cette première rencontre
00:36:28en 2017
00:36:28à Bruxelles
00:36:29alors qu'ils viennent
00:36:30tous deux
00:36:31d'accéder au pouvoir.
00:36:33Première poignée de main
00:36:34virile,
00:36:34donc ils ne veulent pas
00:36:35se lâcher,
00:36:35le ton est donné.
00:36:36Quelques mois plus tard,
00:36:37première scène de ménage,
00:36:39Trump menace de retirer
00:36:40les Etats-Unis
00:36:41de l'accord de Paris
00:36:42sur le climat.
00:36:43Macron réplique
00:36:44avec une contrefaçon
00:36:45de son slogan de campagne
00:36:46« Make our planet great again »
00:36:48et puis première réconciliation
00:36:50à l'occasion
00:36:51du 14 juillet 2017
00:36:52à Paris
00:36:53où notre président
00:36:54en met
00:36:54plein la vue
00:36:56à son homologue
00:36:57véritablement impressionné
00:36:58par notre défilé militaire
00:37:00et notre fanfare
00:37:01au point qu'il annonce
00:37:02qu'il va s'en inspirer
00:37:03pour la fête
00:37:04de l'indépendance américaine.
00:37:05Et depuis,
00:37:06la fête est finie
00:37:07et les motifs de fâcherie
00:37:08se sont accumulés.
00:37:09Oui,
00:37:09et les deux hommes
00:37:10se sont souvent
00:37:10cherchés des poux
00:37:11voire des pellicules.
00:37:13On se souvient
00:37:13de l'image
00:37:15dans le bureau ovale
00:37:17de la Maison-Blanche.
00:37:18Retrait des Etats-Unis
00:37:19de l'accord
00:37:19sur le nucléaire iranien,
00:37:21critique française
00:37:21sur l'isolationnisme trumpiste,
00:37:25réplique par tweet
00:37:25interposé de Trump
00:37:26sur le taux de chômage français,
00:37:28attaque contre l'Union européenne,
00:37:30désaccord sur la guerre
00:37:31en Ukraine,
00:37:32escalade commerciale
00:37:33l'été dernier,
00:37:33j'en passe et des meilleurs
00:37:34sans compter les coups bas
00:37:35après l'épisode
00:37:36de la gifle.
00:37:37Infligé à notre président
00:37:38par son épouse,
00:37:40je cite Trump
00:37:40qui se moque,
00:37:41il se remet encore
00:37:42du coup de poing
00:37:42qu'il a pris à la mâchoire,
00:37:44propos ni élégants
00:37:45ni à la hauteur
00:37:46contre-attaque Macron
00:37:47et puis au sommet de Davos
00:37:48en janvier dernier,
00:37:49tout le monde se souvient
00:37:50de Macron
00:37:51en lunettes de soleil
00:37:52qui explique
00:37:53qu'il préfère le respect
00:37:54plutôt que les brutes,
00:37:56alors Trump,
00:37:57lui, se lâche,
00:37:58on l'écoute.
00:38:19Bon, on le voit,
00:38:19Macron-Trump,
00:38:20c'est du brutal,
00:38:21mais sans rancune,
00:38:22notre président a convié
00:38:23son homologue à dîner demain
00:38:25sous les ors du château de Versailles
00:38:27et Trump apprécie.
00:38:30J'adore les beaux endroits.
00:38:33Je devais partir
00:38:34dans l'après-midi
00:38:35et le président français,
00:38:36qui se trouve être
00:38:37un homme très gentil,
00:38:39m'a invité à dîner
00:38:40à Versailles.
00:38:43Et Versailles,
00:38:44c'est pas du plaqué or.
00:38:46Versailles,
00:38:47c'est du lourd.
00:38:49C'est du lourd.
00:38:51Notre chef de l'État
00:38:52tenterait-il d'amadouer
00:38:53son vis-à-vis bien connu
00:38:54pour son amour
00:38:55du fast et du clinquant.
00:38:57Rappelons qu'en 2017,
00:38:59il avait offert à Vladimir Poutine
00:39:00les honneurs d'une réception
00:39:02dans le palais du roi Soleil.
00:39:03On l'a constaté
00:39:04sans grand succès.
00:39:06Merci, David.
00:39:07On passe à la question
00:39:08qui fâche.
00:39:09For sure.
00:39:17Il y a un proverbe corse
00:39:18qui dit
00:39:19on ne parle pas
00:39:20des choses qui fâchent.
00:39:21Eh bien, ce soir,
00:39:22on va en parler quand même
00:39:23parce que ça s'appelle
00:39:24la question qui fâche
00:39:25et que les députés
00:39:25vont se pencher
00:39:26toute la semaine
00:39:26sur ce projet de loi
00:39:28du gouvernement
00:39:28qui vise à inscrire
00:39:30le statut d'autonomie
00:39:31de la Corse
00:39:32dans la Constitution française.
00:39:33C'est la première fois
00:39:35qu'une autonomie
00:39:35serait accordée
00:39:36à un territoire métropolitain
00:39:38et on en parle avec vous
00:39:40ce soir, Laurent Marc-Angeli.
00:39:41Bonsoir.
00:39:41Bonsoir.
00:39:42Vous êtes député
00:39:43horizon de Corse du Sud.
00:39:44Merci d'être là
00:39:45aux côtés d'Hugo Bernalicis.
00:39:46Bonsoir.
00:39:47Bonsoir.
00:39:47Député insoumis
00:39:48de l'autre bout de la France
00:39:49du Nord.
00:39:50Merci de votre présence
00:39:51et bonsoir,
00:39:52Benjamin Morel.
00:39:52Bonsoir.
00:39:53Toujours constitutionnaliste,
00:39:54Benjamin Morel.
00:39:55Ça n'a pas changé.
00:39:55Vous avez signé
00:39:56il y a quelques jours
00:39:57une tribune retentissante
00:39:58dans Libération
00:39:59intitulée
00:40:00« N'introduisons pas
00:40:01le racisme
00:40:01et la discrimination
00:40:02dans la Constitution ».
00:40:04Je laisse Hélène Bonduelle
00:40:05vous poser la question
00:40:06qui fâche.
00:40:10Quelle autonomie
00:40:11pour la Corse ?
00:40:12C'est la question
00:40:13qui fâche ce soir.
00:40:14Celle à laquelle
00:40:15vont devoir répondre
00:40:16les parlementaires.
00:40:17L'autonomie,
00:40:18une revendication
00:40:19de longue date
00:40:20des militants nationalistes
00:40:21corse
00:40:22et à laquelle
00:40:23Emmanuel Macron
00:40:23ouvre la porte
00:40:24en mars 2022.
00:40:26A l'époque,
00:40:27le militant indépendantiste
00:40:28Yvan Colonna,
00:40:30condamné à la réclusion criminelle
00:40:31à perpétuité
00:40:32pour l'assassinat
00:40:33du préfet Erignac,
00:40:35décède en prison
00:40:36suite à une violente agression.
00:40:38La jeunesse corse
00:40:39embrase les rues de Lille
00:40:40et le président
00:40:41charge son ministre
00:40:42de l'Intérieur
00:40:43de ramener le calme
00:40:45en échange
00:40:45d'une promesse d'autonomie.
00:40:46J'ai moi-même proposé
00:40:48à la demande
00:40:48du président de la République
00:40:49ce matin
00:40:49que nous allions
00:40:50peut-être
00:40:51vers l'autonomie.
00:40:52Donc je crois
00:40:52qu'on peut dire
00:40:53qu'on essaye
00:40:54à la demande
00:40:54du président
00:40:55de la République française
00:40:56de fermer une page
00:40:57et d'ouvrir
00:40:58dans l'avenir
00:40:59un dialogue
00:41:00construit.
00:41:01Le processus
00:41:02Beauvau est lancé.
00:41:03Le projet de loi
00:41:04sur l'autonomie
00:41:05de la Corse
00:41:05prévoit que Lille
00:41:06puisse adapter
00:41:07les lois
00:41:08et les règlements
00:41:08à son statut
00:41:09spécifique.
00:41:10Un statut lié
00:41:11à ses intérêts propres
00:41:13dit le texte.
00:41:13Son insularité méditerranéenne,
00:41:16sa communauté historique,
00:41:18linguistique, culturelle
00:41:19ayant développé
00:41:20un lien singulier
00:41:21à sa terre.
00:41:22Par exemple
00:41:23dans le domaine
00:41:23des transports,
00:41:24du développement
00:41:25du territoire
00:41:26ou bien sûr
00:41:27dans le domaine
00:41:28du statut
00:41:29de la langue corse
00:41:30ou de la lutte
00:41:30contre la spéculation
00:41:31puisque vous savez
00:41:32que dans Lille
00:41:32la spéculation
00:41:34fait des ravages.
00:41:35Une région autonome
00:41:36au sein de la République,
00:41:37les députés
00:41:38ont quatre jours
00:41:39pour débattre
00:41:40et se mettre d'accord
00:41:41sur le projet de loi.
00:41:42S'il est adopté
00:41:43à l'Assemblée,
00:41:44il arriverait au Sénat
00:41:45à l'automne
00:41:46puis devrait être voté
00:41:47au Congrès de Versailles
00:41:48en fin d'année.
00:41:49Un texte
00:41:50au chemin long
00:41:51et incertain
00:41:52pour l'autonomie.
00:41:53Alors la question
00:41:54qui fâche la voici.
00:41:55La Corse
00:41:56deviendra-t-elle
00:41:57un territoire à part
00:41:58dans la Constitution ?
00:42:00Laurent Marcangéli,
00:42:01Gilles Simeoni,
00:42:03l'ancien président
00:42:03de l'exécutif Corse
00:42:04dit que c'est un rendez-vous
00:42:05avec l'Histoire.
00:42:06C'est ce que vous dites aussi ?
00:42:08Évidemment que c'est
00:42:09un rendez-vous avec l'Histoire.
00:42:09Ce n'est pas tous les jours
00:42:10que vous avez un débat
00:42:11au Parlement
00:42:12sur une modification
00:42:13de la Constitution
00:42:14qui concerne le territoire
00:42:15dont vous êtes élu,
00:42:16dont vous êtes un enfant,
00:42:18dans lequel vous avez grandi
00:42:19et dans lequel vous avez
00:42:20fait tant de projets.
00:42:21C'est son cas,
00:42:22c'est le mien également.
00:42:23Donc aujourd'hui,
00:42:24nous sommes dans un moment
00:42:25au regard de l'Histoire
00:42:26de la Corse
00:42:27mais je le pense également
00:42:28et je ne serai pas démenti
00:42:29à mon avis
00:42:29par les autres personnes
00:42:30qui sont sur ce plateau,
00:42:31un rendez-vous important
00:42:33au regard de ce que cela représente
00:42:35pour le texte fondamental
00:42:37qu'est la Constitution,
00:42:38pour l'Histoire,
00:42:40constitutionnel de la France
00:42:41et pour le regard
00:42:44que nous portons
00:42:45sur la manière
00:42:47d'administrer au mieux
00:42:48des territoires
00:42:49en fonction
00:42:49de leur spécificité,
00:42:51de leur singularité
00:42:52puisque c'est de cela
00:42:53dont il s'agit.
00:42:54Benjamin Morel,
00:42:55je le disais,
00:42:55vous avez signé
00:42:56il y a quelques jours
00:42:56une tribune particulièrement sévère
00:42:58dans laquelle vous dites
00:42:58en substance
00:42:59que ce texte
00:43:00va introduire
00:43:01une logique identitaire
00:43:03dans notre Constitution.
00:43:04Pourquoi ?
00:43:05J'en ai signé également
00:43:06un autre dans Le Monde
00:43:07avec d'autres collègues
00:43:07Anne Levade,
00:43:09Olivier Beau,
00:43:10Michel Troper,
00:43:10etc.
00:43:11parce qu'en effet
00:43:11parmi les constitutionnalistes
00:43:12on s'inquiète beaucoup
00:43:13aujourd'hui de ce texte.
00:43:14Comment est-ce qu'on définit
00:43:15en droit le communautarisme ?
00:43:17Pour définir le communautarisme
00:43:18en droit,
00:43:18on utilise la décision
00:43:19du Conseil constitutionnel
00:43:20du 15 juin 1999.
00:43:21le communautarisme
00:43:22c'est le fait d'accorder
00:43:24à un groupe
00:43:24eu égard à des particularités
00:43:26culturelles,
00:43:28linguistiques,
00:43:28religieuses,
00:43:29des droits particuliers
00:43:30qui font varier
00:43:32ces droits
00:43:33par rapport
00:43:33aux autres citoyens.
00:43:35Que consolise ce texte ?
00:43:37Une communauté culturelle,
00:43:38linguistique,
00:43:39historique
00:43:39et il en déduit des droits.
00:43:41C'est texto.
00:43:41Il y a bien le terme communauté
00:43:42dans le projet.
00:43:43Il y a le terme communauté
00:43:43mais à la rigueur
00:43:44même s'il sautait
00:43:45ça ne réglerait pas tout.
00:43:47C'est culturelle,
00:43:48historique,
00:43:49linguistique.
00:43:49Vous créez avec ça
00:43:50deux catégories de français.
00:43:52Vous savez,
00:43:52moi je suis enseignant
00:43:53et quand j'ai un étudiant
00:43:54qui vient me voir
00:43:54qui me fait
00:43:54Monsieur Morel,
00:43:55Monsieur Morel,
00:43:56je veux que les droits
00:43:57de ma communauté
00:43:58soient reconnus,
00:43:59je lui dis
00:44:00depuis la nuit du 4 août 1789,
00:44:03ça devrait parler
00:44:03à Monsieur le député,
00:44:04il n'y a qu'une catégorie
00:44:06de français
00:44:06hors situation coloniale
00:44:08et donc dans ce cadre-là,
00:44:09ta communauté
00:44:10n'est pas reconnue
00:44:11mais aucune communauté
00:44:12n'est reconnue
00:44:12parce que la seule communauté
00:44:13reconnue
00:44:14c'est la communauté
00:44:14des citoyens
00:44:15fondée sur des valeurs universelles.
00:44:17Si demain
00:44:17je ne peux plus répondre quoi,
00:44:18ça je réponds quoi ?
00:44:20Je dois lui répondre
00:44:20écoute, voilà,
00:44:22il y a une communauté
00:44:23qui est reconnue
00:44:23dans la Constitution,
00:44:24la communauté culturelle,
00:44:25historique, linguistique corse,
00:44:26la tienne a tout autant
00:44:27le droit de citer
00:44:28et donc je lui accorde
00:44:29également des droits.
00:44:30On sort de la définition
00:44:31de la République,
00:44:32on sort en effet
00:44:32et c'est pour ça
00:44:33que ça ne concerne pas
00:44:34que la Corse,
00:44:35on est dans une logique
00:44:36communautarienne.
00:44:37Soit je lui dis
00:44:37écoute, ta communauté à toi
00:44:38elle ne sent pas très bon,
00:44:39elle n'a pas la bonne couleur,
00:44:40pas la bonne religion,
00:44:41pas la bonne langue
00:44:42et donc elle aura moins de droits.
00:44:43Ça veut dire que je reconnais
00:44:44des communautés
00:44:45et que je les hiérarchise
00:44:50Hugo Bernalicis,
00:44:51que voteront les insoumis ?
00:44:54Déjà, je vais peut-être
00:44:54un peu revenir
00:44:55sur ce qui vient d'être dit
00:44:56qui est quand même
00:44:56une charge relativement lourde
00:44:58et même provocante
00:45:00je dirais,
00:45:01en tout cas à l'égard
00:45:01de ceux qui ont réclamé
00:45:03ce texte
00:45:04et de ceux qui aujourd'hui
00:45:06le défendent
00:45:07et le proposent.
00:45:08Je ne suis pas sûr
00:45:08qu'il soit mu
00:45:09par un objectif de racisme
00:45:12étant entendu que
00:45:13dans la rédaction
00:45:13qui est proposée là,
00:45:14M. Morel,
00:45:16vous êtes constitutionnaliste
00:45:16et vous avez bien...
00:45:17Vous avez condotté historique
00:45:18et linguistique.
00:45:18Je vais faire une phrase complète
00:45:19si ça ne vous dérange pas.
00:45:20Je ne vous ai pas interrompu
00:45:21et ce n'est pas l'envie
00:45:22qui m'en a manqué.
00:45:23Et moi aussi.
00:45:24Voilà.
00:45:25Mais on est là
00:45:25pour avoir un débat courtois.
00:45:27Bien sûr, bien sûr.
00:45:27Mais on va fixer les règles
00:45:28tout de suite.
00:45:29Ce sera parfait pour la suite.
00:45:31Il y a un principe
00:45:31de subsidiarité.
00:45:33C'est-à-dire que
00:45:34le peuple corse
00:45:35n'est pas en dehors
00:45:37du peuple français.
00:45:38D'ailleurs,
00:45:38j'aurais préféré
00:45:39une formule
00:45:39peuple corse
00:45:40composante du peuple français,
00:45:41soit dit en passant.
00:45:42Mais l'ordre juridique
00:45:43qui est établi,
00:45:44c'est qu'il y aura
00:45:44une loi organique
00:45:45qui définira
00:45:46ce qu'auront au droit
00:45:47les Corses
00:45:48comme en matière
00:45:49de compétences.
00:45:50Loi organique
00:45:50qui sera un vote simple
00:45:51de l'Assemblée nationale
00:45:52et du Sénat,
00:45:53enfin du Parlement,
00:45:54une majorité simple
00:45:55et qui peut être faite
00:45:56et défaite
00:45:56au gré des majorités
00:45:58successives.
00:45:59Donc, expliquer
00:46:00qu'il y aurait des droits
00:46:02alors qu'ils sont
00:46:03subsidiaires en réalité
00:46:04pour les Corses
00:46:05par rapport au droit national
00:46:06dans le texte
00:46:08qui est proposé,
00:46:08ce n'est pas de l'indépendance
00:46:09et ce n'est pas non plus
00:46:11de l'autonomie
00:46:12qui se construirait
00:46:14contre la République
00:46:14à mon avis
00:46:15et c'est pourquoi
00:46:16aujourd'hui
00:46:16nous sommes sur une position
00:46:18et je profite
00:46:19pour vous répondre
00:46:19aujourd'hui d'abstention
00:46:20parce qu'on a
00:46:21quand même effectivement
00:46:23des remarques
00:46:23qui sont mises
00:46:24sur la table
00:46:24qui interrogent
00:46:26au regard de l'égalité
00:46:28parce que si vous demandez
00:46:29si c'était un rendez-vous
00:46:30avec l'Histoire
00:46:30j'ai l'impression
00:46:31plutôt que c'était
00:46:31un rendez-vous
00:46:31avec la devise républicaine
00:46:32liberté, égalité, fraternité
00:46:34et comment tout cela
00:46:35se réalise.
00:46:36Pourquoi ?
00:46:36Parce qu'aujourd'hui
00:46:37la devise liberté, égalité, fraternité
00:46:39produit des inégalités
00:46:41en Corse
00:46:42et produit un non-respect
00:46:43d'un certain nombre
00:46:44Pardonnez-moi
00:46:45en quoi est-ce
00:46:46une spécificité corse ?
00:46:47J'y viens
00:46:49mais encore une fois
00:46:50si vous m'interrompez
00:46:50moi et pas les autres
00:46:51J'ai le droit
00:46:52de poser des questions
00:46:53et j'en pose à tout le monde
00:46:53Je mets en place
00:46:56un certain nombre de règles
00:46:57dès le départ
00:46:57à mon avis
00:46:57c'est mieux pour tout le monde
00:46:59surtout sur ce genre
00:47:00de débat
00:47:00où chaque mot
00:47:01a son importance
00:47:02c'est une accumulation
00:47:04de spécificités
00:47:05qu'il y a en Corse
00:47:06et c'est ça qui fait
00:47:07la spécificité
00:47:08et la singularité de la Corse
00:47:09et que vous avez
00:47:09à la fois une île
00:47:10à la fois des montagnes
00:47:11à la fois une langue
00:47:12à la fois un peuple
00:47:13à la fois des difficultés
00:47:14économiques
00:47:15et des inégalités
00:47:15avec le continent
00:47:16une discontinuité
00:47:17bref
00:47:18donc c'est l'ensemble
00:47:19qui fait la spécificité
00:47:21de la Corse
00:47:22et franchement
00:47:23je comprends
00:47:24que d'un point de vue
00:47:24du droit
00:47:25on puisse soutenir
00:47:26des arguments
00:47:26tels qu'ont été donnés
00:47:27par monsieur Morel
00:47:28mais d'abord
00:47:28nous faisons ici
00:47:29de la politique
00:47:29pas du droit
00:47:30et nous réglons d'abord
00:47:31des problèmes politiques
00:47:32Mais justement
00:47:32est-ce que la gauche
00:47:33d'habitude ne combat pas
00:47:34les distinctions fondées
00:47:35sur l'origine ?
00:47:36C'est pas du tout ça
00:47:38Si on est originaire de Corse
00:47:40on aura des droits
00:47:41qu'on n'a pas en étant
00:47:42des continentaux par exemple
00:47:43Je peux être amené
00:47:46non pas mieux que d'autres
00:47:47mais quand même
00:47:48avec une forme d'expérience
00:47:49qui est due
00:47:50à ce que je suis
00:47:52c'est-à-dire
00:47:52un élu de la Corse
00:47:53un homme qui a décidé
00:47:54de s'établir en Corse
00:47:55parce qu'il y est né
00:47:56parce qu'il y a grandi
00:47:57avec des convictions républicaines
00:47:59que je ne veux pas
00:48:01me voir reprocher
00:48:01par qui que ce soit
00:48:04Nous sommes une île
00:48:07Et cela justifie
00:48:09les discussions
00:48:09que nous avons
00:48:10Ça c'est une très bonne remarque
00:48:11Et c'est bien cela
00:48:13qui aujourd'hui
00:48:14à mon avis
00:48:14est au cœur de tout
00:48:16Une île
00:48:17la seule île
00:48:19région métropolitaine
00:48:20du pays
00:48:21et de mon point de vue
00:48:23puisque je ne suis pas
00:48:24militant nationaliste
00:48:25autonomiste
00:48:26ou indépendantiste
00:48:27je n'ai jamais été
00:48:27je n'ai pas vocation
00:48:28à le devenir
00:48:29je considère que
00:48:30tout est là
00:48:31c'est-à-dire une île
00:48:33qui de par le fait
00:48:34qu'elle est une île
00:48:36une île de montagne
00:48:37un enchevêtement de montagne
00:48:40rencontre des contraintes
00:48:41des contraintes démographiques
00:48:44économiques
00:48:44sur les transports
00:48:46sur l'énergie
00:48:46et que l'application
00:48:48des textes définis
00:48:49par le législateur
00:48:50au niveau national
00:48:51et de certains règlements
00:48:51définis par le gouvernement
00:48:53ne sont pas parfois
00:48:55applicables en Corse
00:48:56Et je conclurai
00:48:58parce que c'est aussi important
00:49:00et je peux le faire
00:49:01encore plus fortement
00:49:01que d'autres
00:49:02puisque je suis un adversaire
00:49:03politique
00:49:03de ceux qui gouvernent
00:49:05qui dirigent la Corse
00:49:06aujourd'hui
00:49:06je les ai combattus
00:49:07c'est la seule élection
00:49:08que j'ai perdue
00:49:09Mais je voudrais comprendre
00:49:10que pourra faire la Corse
00:49:11qu'elle ne peut pas faire
00:49:12aujourd'hui
00:49:13Il faudra quand même dire
00:49:14aux Corse
00:49:14qui ont voté
00:49:15en 2014
00:49:16en 2015
00:49:18en 2017
00:49:19en 2021
00:49:20qui ont encore réélu
00:49:21des maires
00:49:21à Bastia
00:49:22à Porto Vecchio
00:49:23des députés
00:49:24parfois 3 sur 4
00:49:26autonomistes
00:49:26revendiquant un process
00:49:27d'autonomie
00:49:28pour la Corse
00:49:28que leur vote
00:49:30au bout du compte
00:49:32Ça ne sert à rien
00:49:32C'est mon autre argument
00:49:34et du coup je le partage
00:49:35On peut revenir quand même
00:49:36un peu sur la question
00:49:36de l'insularité
00:49:37parce que c'est en effet
00:49:37c'est intéressant
00:49:38c'est dans le texte
00:49:39mais dans ce cas-là
00:49:39pourquoi ajouter
00:49:41historique, culturel
00:49:42et linguistique
00:49:43et là il n'y a rien à voir
00:49:44avec l'insularité
00:49:44par ailleurs
00:49:45Vous n'arrêtez pas
00:49:46de dire qu'il y a
00:49:47un statut insulaire
00:49:48en Méditerranée
00:49:48c'est pas vrai
00:49:49La Crète n'est pas autonome
00:49:50Les Baléards sont autonomes
00:49:51mais moins que la Catalogne
00:49:52Quant à la Sicile
00:49:53elle est moins autonome
00:49:54que le Val d'Aost
00:49:55par ailleurs
00:49:55Ici on donne un statut
00:49:57à la Corse
00:49:57qui sera un statut
00:49:58de plus grande autonomie
00:49:59par rapport à la Réunion
00:50:00qui est également une île
00:50:01si je ne m'abuse
00:50:02bercée par un autre océan
00:50:04et même que la Polynésie
00:50:05qui est un archipel
00:50:07qui lui aussi
00:50:07s'étend dans un autre océan
00:50:09Donc l'argument insulaire
00:50:10est un prétexte
00:50:11sur ce que ne peut pas
00:50:12faire la collectivité
00:50:13Vous avez Justine Mouni
00:50:14qui est intervenue
00:50:14chez vos confrères ce matin
00:50:15qui a dit
00:50:16écoutez le gros problème
00:50:17c'est ce que vous évoquiez
00:50:18c'est de concilier
00:50:18la loi littorale
00:50:19et la loi montagne
00:50:21et on ne peut pas le faire
00:50:21avec la loi
00:50:22On peut le faire avec la loi
00:50:24Il y a eu un amendement
00:50:25qui a été adopté
00:50:26dans le cadre de la loi Elan
00:50:27qui aujourd'hui permet de le faire
00:50:28Seulement la collectivité
00:50:29pour pouvoir concilier les deux
00:50:31devrait mettre à jour
00:50:32ce qu'on appelle le paduc
00:50:33autrement dit
00:50:33l'organisation générale
00:50:35qui permet d'appliquer la loi
00:50:36au niveau des communes
00:50:37elle ne l'a toujours pas fait
00:50:38et donc vous voyez que là
00:50:39le problème
00:50:39ce n'est pas tant la loi
00:50:40ce n'est pas le grand méchant
00:50:41état jacobin blabla
00:50:42en fait c'est la collectivité
00:50:44qui sur ce sujet
00:50:45ne fait pas son job
00:50:47Laurent Marcangeli
00:50:47il y a une vraie interrogation
00:50:48par ailleurs
00:50:49on parlait de la future loi organique
00:50:51qui déboucherait ensuite
00:50:52si ce projet de loi était adopté
00:50:54il y a une vraie interrogation
00:50:55quand même sur le périmètre
00:50:56des domaines
00:50:57qui seront ouverts aux dérogations
00:50:58on parle de tourisme
00:50:59on parle d'aménagement du territoire
00:51:01on parle de développement économique
00:51:03Je vais être assez rapide
00:51:04d'abord le texte
00:51:06il n'est pas voté
00:51:07dans notre constitution
00:51:08le parlement
00:51:09il est souverain
00:51:10pour modifier la constitution
00:51:11il y a une écriture de départ
00:51:12et cette écriture
00:51:13vous savez
00:51:14il y a un long chemin encore
00:51:15et le chemin parcouru déjà
00:51:16depuis le départ est long
00:51:18c'est mettre à la table
00:51:19à Laurent Marcangeli
00:51:21horizon
00:51:22des Jean-Jacques Panounzi
00:51:24LR
00:51:25avec Gilles Simeoni
00:51:26ou avec des indépendantistes
00:51:27et c'est aboutir
00:51:28à un accord politique
00:51:28je pense que sur une île
00:51:30qui s'est quand même
00:51:31quelquefois distinguée
00:51:33pour parler politique
00:51:34autrement que dans
00:51:35les assemblées délibérantes
00:51:38si vous voyez ce que je veux dire
00:51:39c'est quand même un progrès
00:51:40et par ailleurs
00:51:41pour celles et ceux
00:51:42qui seraient aujourd'hui
00:51:44inquiets
00:51:45du phénomène
00:51:46de contagion
00:51:48que cela pourrait créer
00:51:49et bien monsieur Morel
00:51:50voyez-vous
00:51:51c'est l'insularité
00:51:52qui l'empêchera
00:51:52donc je vois très bien
00:51:54parce que l'Alsace
00:51:54n'est pas une île
00:51:55parce que le Pays Basque
00:51:57n'est pas une île
00:51:59et bien oui
00:52:00et bien ce sera le rôle
00:52:01du législateur
00:52:02de fixer les normes
00:52:03et notamment
00:52:03la norme la plus fondamentale
00:52:05d'entre elles
00:52:05et je vois bien
00:52:06que l'argument
00:52:07de l'insularité
00:52:08vous déplait
00:52:08mais il s'avère
00:52:09que l'argument
00:52:10de l'insularité
00:52:10en ce qui me concerne
00:52:11pour moi
00:52:12eu égard à l'expérience
00:52:13de vie qui est la mienne
00:52:14et d'élus locales
00:52:15et nationales
00:52:15qui est la mienne
00:52:16m'a amené à cheminer
00:52:17vers un accord politique
00:52:19qui consiste également
00:52:20à sortir
00:52:20d'une situation de blocage
00:52:22parce que nous sommes
00:52:23aujourd'hui
00:52:23en train d'écrire
00:52:24un nouveau cycle
00:52:25il peut être malheureux
00:52:26comme il peut être heureux
00:52:27pour la Corse
00:52:27Je voudrais ajouter
00:52:30la raison pour laquelle
00:52:31on n'est pas sur une question
00:52:32de considération de racisme
00:52:34on serait sur une question
00:52:35de considération raciste
00:52:36ou même communautariste
00:52:38si la communauté corse
00:52:39qu'on définissait
00:52:40se définissait par exemple
00:52:41par un droit du sang
00:52:44héréditaire
00:52:44depuis quatre générations
00:52:46et que pour bénéficier
00:52:47de ce droit spécifique
00:52:48qu'on aura en Corse
00:52:49il faut être de cela
00:52:50non
00:52:50ce qu'on va décider
00:52:51c'est que toute personne
00:52:53qui est en Corse
00:52:54toute personne
00:52:55qui est en Corse
00:52:55sera sous le régime
00:52:57juridique
00:52:58applicable en Corse
00:53:00voilà point
00:53:00c'est pas plus compliqué
00:53:01que ça
00:53:02c'est un sophisme
00:53:04non non non
00:53:05c'est pas un sophisme
00:53:05non c'est pas un sophisme
00:53:07arrêtez de dire ça
00:53:08on est en train
00:53:08de débattre sérieusement
00:53:09donc si vous voulez
00:53:10envenimer les choses
00:53:11faites comme ça
00:53:11vous y prenez bien
00:53:12si on veut prendre
00:53:13les choses sérieusement
00:53:14on fait pas ça
00:53:15on fait pas ça
00:53:15parce qu'il n'est pas prévu
00:53:17de toucher
00:53:18à un centimètre carré
00:53:19du périmètre régalien
00:53:20d'accord
00:53:21la nationalité
00:53:22l'état civil
00:53:22et tout ce qui s'ensuit
00:53:23c'est du régalien
00:53:24c'est marqué noir sur blanc
00:53:25dans l'amendement
00:53:26qui a été soutenu
00:53:26par tout le monde
00:53:27qui fait un accord
00:53:28entre tout le monde
00:53:29tout le monde
00:53:30donc je veux bien
00:53:31qu'on se fasse plaisir
00:53:32en jetant des fantasmes
00:53:33à la figure
00:53:34mais discutons
00:53:34de ce ton d'eau
00:53:35qu'on est en train
00:53:36de discuter
00:53:36et je voudrais vous dire
00:53:37monsieur Morel
00:53:38que en bon jacobin
00:53:41je suis allé voir
00:53:43les débats
00:53:44en 1790
00:53:45entre un certain camarade
00:53:46Maximilien Robespierre
00:53:47et un certain
00:53:48Pascal Paoli
00:53:49qui a été reçu
00:53:51en grande pompe
00:53:52dans le club
00:53:53de la constituante
00:53:55gérée par les jacobins
00:53:56et Maximilien Robespierre
00:53:58disait
00:53:58généreux citoyens
00:53:59vous avez défendu
00:54:00la liberté
00:54:00dans un temps
00:54:01où nous n'osions
00:54:01l'espérer encore
00:54:02vous avez souffert pour elle
00:54:03vous triomphez avec elle
00:54:04votre triomphe
00:54:05et le nôtre
00:54:05unissons-nous
00:54:06pour le conserver toujours
00:54:07que c'est l'âge d'ennemi
00:54:08palice d'effroi
00:54:09à la vue
00:54:09de cette sainte confédération
00:54:11qui d'une extrémité
00:54:12à l'autre de l'Europe
00:54:14doit rallier
00:54:14sous ses entadards
00:54:15tous les amis
00:54:15de la raison
00:54:16de l'humanité
00:54:16de la vertu
00:54:16et commencer son discours
00:54:18en remerciant
00:54:18à la présence
00:54:19du peuple corse
00:54:21moi je suis un bon jacobin
00:54:22deux choses l'une
00:54:23alors si vous reprenez
00:54:24vous êtes donc
00:54:24pour l'indivisibilité
00:54:25de la république
00:54:26l'indivisibilité
00:54:26de la république
00:54:27depuis la nuit du 4 août
00:54:281789
00:54:29c'est l'indivisibilité
00:54:29du législateur
00:54:30on n'a jamais remis
00:54:31en cause ça
00:54:32sauf Napoléon
00:54:33quand il a dit
00:54:34les colonies
00:54:34c'est pas pareil
00:54:35si vous donnez
00:54:36une autonomie législative
00:54:37et ça c'est un principe
00:54:38fondamental
00:54:39qui a été voté
00:54:39par la constituante
00:54:41et par la convention
00:54:42et bien à ce moment là
00:54:43vous faites de la Corse
00:54:44juridiquement
00:54:44un statut qui ressemble
00:54:45aux statuts coloniaux
00:54:46si vous prenez
00:54:47la Nouvelle Calédonie
00:54:47la Nouvelle Calédonie
00:54:48est un statut
00:54:49aujourd'hui
00:54:50de territoire
00:54:50en voie de décolonisation
00:54:51l'exit l'ONU
00:54:53la CEDH
00:54:53les accords de Nouméa
00:54:54sur ce que vous dites ensuite
00:54:55et bien la réalité
00:54:57c'est que sur ces sujets
00:54:58en effet
00:54:58le régalien serait garanti
00:54:59l'éducation
00:55:01vous êtes attaché
00:55:01aux droits sociaux
00:55:02je crois
00:55:02c'est pas du régalien
00:55:03la santé
00:55:04c'est pas du régalien
00:55:06c'est le bloc de constitutionnalité
00:55:07les droits sociaux
00:55:09alors revenons là dessus
00:55:10parce que quand même
00:55:11là dessus
00:55:11il y a quand même
00:55:11pas mal de confusion
00:55:12en termes de droits constitutionnels
00:55:14que permet de faire ce texte
00:55:16ce texte permet
00:55:17l'égard à des prérogatives
00:55:19historiques
00:55:20culturelles
00:55:20linguistiques
00:55:21et donc en effet
00:55:22ça discrimine
00:55:23certains français
00:55:24d'atténuer l'application
00:55:25de certains droits
00:55:26c'est pour ça
00:55:26qu'on a besoin de ce texte
00:55:27sinon il n'y aurait pas besoin
00:55:28de modifier la constitution
00:55:29deuxième élément
00:55:30vous nous dites
00:55:31et le gouvernement dit
00:55:32que tout sera bordé
00:55:34et borné par la loi organique
00:55:35mais comment ça fonctionne
00:55:36ce qu'on appelle
00:55:37la hiérarchie des normes
00:55:38les droits fondamentaux
00:55:39sont dans la constitution
00:55:40et ils s'imposent
00:55:41aux législateurs
00:55:41qu'est-ce qu'on nous dit là
00:55:42on nous dit
00:55:43on va remettre en cause
00:55:44les droits fondamentaux
00:55:45dans la constitution
00:55:45mais ne vous inquiétez pas
00:55:46derrière la loi organique
00:55:48viendra faire
00:55:49que ce ne sera pas trop grave
00:55:50c'est une inversion complète
00:55:52des bases de l'état de droit
00:55:53et là c'est pour ça
00:55:54qu'aujourd'hui
00:55:55vous ne trouverez pas
00:55:55vraiment de juriste
00:55:56qui vous dira que ce texte
00:55:57même des juristes
00:55:58qui peuvent être pour
00:55:58plus de décentralisation
00:55:59plus girondins
00:56:00même pour une forme d'autonomie
00:56:01que ce texte
00:56:02peut être un bon texte
00:56:03c'est une horreur juridique
00:56:04Laurent Marcangeli
00:56:05un mot tout à l'heure
00:56:06Benjamin Morel
00:56:07a parlé de la Sicile
00:56:09quid de la dérive mafieuse
00:56:10que craignent certains
00:56:12et notamment
00:56:12François-Xavier Sécoli
00:56:13député LR de Haute-Corse
00:56:14qui estime que le texte
00:56:16initial ouvre la voie
00:56:18à un risque de pression
00:56:19sur les élus corses
00:56:20notamment de la criminalité
00:56:21organisée
00:56:22il y a même le collectif
00:56:23anti-mafia Massimo Sousini
00:56:24qui est allé dedans
00:56:25son sens hier
00:56:26et qui a exigé
00:56:26des garanties solides
00:56:28que leur répondez-vous ?
00:56:29Je leur réponds
00:56:30que la dérive criminelle
00:56:33qui frappe la Corse
00:56:34est une réalité bien ancienne
00:56:35qui n'attend pas
00:56:36une discussion
00:56:37au sujet de l'autonomie
00:56:38pour pouvoir malheureusement
00:56:39s'inviter au débat
00:56:40et je vous rappelle
00:56:41comme nous l'avons voté
00:56:43en commission des lois
00:56:44pour avis
00:56:45que les compétences régaliennes
00:56:46liées au pénal
00:56:49liées à la justice
00:56:51liées aux forces de police
00:56:52et de gendarmerie
00:56:53ne sont en aucun cas
00:56:55remises en cause
00:56:55dans ce processus
00:56:56moi je veux dire
00:56:57à celles et ceux
00:56:58qui nous regardent
00:56:58et qui nous écoutent
00:56:59que si c'était
00:57:00un processus
00:57:02d'autodétermination
00:57:03ou d'indépendance
00:57:04tel qu'on l'a pu le vivre
00:57:06dans notre pays
00:57:06il fut un temps
00:57:07et dans d'autres endroits
00:57:10avec toutes les douleurs
00:57:11que cela apporte
00:57:11je ne pense pas
00:57:12que je me trouverai
00:57:14du côté de ceux
00:57:14qui demandent
00:57:15une issue politique
00:57:16et je conclurai là-dessus
00:57:18les écritures de Beauvau
00:57:19sont un commencement
00:57:20le Parlement est souverain
00:57:21les débats vont commencer
00:57:23tout à l'heure
00:57:23notamment sur les amendements
00:57:25et ça sera au Parlement
00:57:26d'écrire
00:57:27le constituant
00:57:29légitime
00:57:30souverain
00:57:30mais également
00:57:31aux élus de la Corse
00:57:32dans leur diversité
00:57:33d'accepter
00:57:34de relever le défi
00:57:36et ça c'est là
00:57:37tout le débat
00:57:37et toute la difficulté
00:57:39à laquelle nous sommes
00:57:39confrontés depuis le début
00:57:40et c'est un débat
00:57:41que nous suivrons
00:57:42évidemment dans
00:57:43chaque voie compte
00:57:44jusqu'au congrès
00:57:45de Versailles
00:57:46qui doit réunir
00:57:47les trois cinquièmes
00:57:48des parlementaires
00:57:49il y a encore du travail
00:57:50le chemin va être long
00:57:52il y a le principe de nos régressions
00:57:52qui sera en discussion
00:57:53dans la soirée
00:57:54c'est les amendements
00:57:55que les insoumis ont déposés
00:57:56oui mais à surveiller
00:57:58à surveiller de près
00:57:59parce qu'on créerait
00:58:00quelque chose
00:58:00dans notre droit constitutionnel
00:58:02qui plaira à tous
00:58:03les professeurs
00:58:05de droit constitutionnel
00:58:05dans les années à venir
00:58:06avec de la jurisprudence
00:58:07qui sera attachée
00:58:08j'en suis sûr
00:58:09mais c'est aussi
00:58:10une solution politique
00:58:11à un certain nombre
00:58:12effectivement
00:58:12de choses
00:58:13qui ont été mises
00:58:13sur la table
00:58:14et on est là
00:58:15pour y répondre
00:58:16intelligemment
00:58:17donc tous ceux
00:58:18qui défendent un dogme
00:58:18on suivra ces débats
00:58:19dans l'hémicycle
00:58:20ne sont pas dans le vrai
00:58:20merci à tous les trois
00:58:22vous restez là tout de suite
00:58:23c'est Bourbon Express
00:58:24c'est le journal de l'Assemblée
00:58:25et tout ce qui s'est passé aujourd'hui
00:58:26ici avec Marco Pommier
00:58:33Je l'ai fait rester
00:58:34Oui il vous est parti
00:58:35Bonsoir Marco
00:58:37On commence dans ce Bourbon Express
00:58:38avec les questions
00:58:39au gouvernement
00:58:39cet après-midi
00:58:40et un gouvernement
00:58:41toujours sous la pression
00:58:42des députés
00:58:43après l'affaire Liana
00:58:44et dans la lutte
00:58:44contre les violences sexistes
00:58:46et sexuelles
00:58:46Oui l'émotion
00:58:47après la mort de Liana
00:58:48ne retombe pas
00:58:49le sujet
00:58:49c'est de nouveau invité
00:58:50cet après-midi
00:58:51pendant la séance
00:58:52de questions au gouvernement
00:58:5324 heures
00:58:53après la rencontre
00:58:55entre Sébastien Lecornu
00:58:56et les députés
00:58:57partisans
00:58:57d'une proposition
00:58:58de loi intégrale
00:58:59contre les violences sexuelles
00:59:00commises à l'encontre
00:59:01des femmes et des enfants
00:59:02cet après-midi
00:59:03la socialiste
00:59:04Marie-Josée Allemand
00:59:05a réclamé
00:59:06un calendrier précis
00:59:07pour examiner ce texte
00:59:09réponse du gouvernement
00:59:11Tout ce qui doit
00:59:12encore être fait
00:59:13pour protéger
00:59:14les enfants
00:59:14victimes de violences sexuelles
00:59:16pour protéger
00:59:17les femmes victimes
00:59:18de violences sexuelles
00:59:18sera fait
00:59:19dans la loi
00:59:20dans chacun des ministères
00:59:22évidemment engagés
00:59:23et évidemment
00:59:24sur la question des moyens
00:59:25nous nous y sommes engagés
00:59:26de manière très claire
00:59:27et nous nous y tiendrons
00:59:28Madame
00:59:29nous demandons une date
00:59:30pour l'étude de cette loi
00:59:32depuis la mort de Liana
00:59:336200 enfants ont été violés
00:59:35il me semble que ça presse
00:59:38Dès la semaine prochaine
00:59:39nous nous retrouvons
00:59:40avec l'ensemble des députés
00:59:41engagés sur la loi intégrale
00:59:42c'est la raison pour laquelle
00:59:44dès le lendemain de l'avis
00:59:45qui sera rendu
00:59:46par le Conseil d'Etat
00:59:47nous nous réunirons à nouveau
00:59:48et nous y travaillerons
00:59:49tous les thèses
00:59:50si cela est nécessaire
00:59:50de manière à continuer à agir
00:59:52à continuer à nous mobiliser
00:59:54Vous l'avez entendu
00:59:55le gouvernement attend donc
00:59:56l'avis du Conseil d'Etat
00:59:58sur cette proposition
00:59:59de loi intégrale
01:00:00pour fixer un calendrier
01:00:01plus précis
01:00:01hier soir sur ce plateau
01:00:03le député Modem
01:00:04Erwan Balanant
01:00:05partisan de ce texte
01:00:06évoquait un possible examen
01:00:07à l'automne
01:00:08en même temps
01:00:09que les discussions budgétaires
01:00:10Et puis ça y est Marco
01:00:11le Parlement a définitivement
01:00:12adopté la proposition de loi
01:00:14pour renforcer la sécurité
01:00:15la rétention administrative
01:00:16et la prévention
01:00:17des risques d'attentats
01:00:18Oui après le Sénat
01:00:19hier
01:00:19l'Assemblée a approuvé
01:00:20en fin d'après-midi
01:00:21le texte porté
01:00:22par le député macroniste
01:00:23Charles Rodwell
01:00:24adoption à une large majorité
01:00:26avec les voix
01:00:27du Bloc central
01:00:27de la droite
01:00:28et du RN
01:00:29toute la gauche
01:00:29a voté contre
01:00:30le texte prévoit
01:00:31notamment d'allonger
01:00:32la rétention administrative
01:00:34jusqu'à 210 jours
01:00:35contre 90 aujourd'hui
01:00:37pour les étrangers
01:00:38jugés dangereux
01:00:38et qui font l'objet
01:00:39d'une OQTF
01:00:40une obligation
01:00:41de quitter le territoire
01:00:42On poursuit avec de l'art
01:00:43une nouvelle oeuvre
01:00:44a été inaugurée
01:00:45aujourd'hui à l'Assemblée
01:00:47alors si vous passez
01:00:47devant le Palais Bourbon
01:00:48sur les quais à Paris
01:00:49vous ne pouvez pas la rater
01:00:50Oui parce qu'il s'agit
01:00:52d'une immense fresque
01:00:53installée sur la colonnade
01:00:54de l'Assemblée
01:00:55vous la voyez
01:00:56Marianne rêve
01:00:57c'est le nom
01:00:58de cette oeuvre
01:00:59inaugurée ce matin
01:01:00par la présidente
01:01:01de l'Assemblée
01:01:01et son auteur
01:01:02c'est l'un des artistes
01:01:04de rue les plus reconnus
01:01:05en France
01:01:06son installation
01:01:07met en scène
01:01:07une Marianne contemporaine
01:01:09tournée vers l'hémicycle
01:01:10chargée de disséminer
01:01:12je cite
01:01:12les graines de la liberté
01:01:14et vous l'avez dit
01:01:15difficile de passer à côté
01:01:16la fresque est visible
01:01:18depuis la place de la Concorde
01:01:19et les quais de Seine
01:01:21Alors d'un point de vue
01:01:22de mon égo
01:01:22c'est très bien
01:01:23je vais être vu par tout le monde
01:01:25mais oui moi je pense
01:01:27que l'art de toute façon
01:01:28c'est ce que je fais en général
01:01:29c'est peindre sur les murs
01:01:30c'est fait pour être vu
01:01:32dans la rue
01:01:32c'est intéressant
01:01:33que les institutions
01:01:34s'appellent à nous
01:01:35et se rendent compte
01:01:35qu'un art populaire
01:01:37est aussi intéressant
01:01:39que des choses
01:01:39qui vont être plus intellectuelles
01:01:41ou intellectualisées
01:01:41qu'on puisse parler à tout le monde
01:01:42et là c'est de l'art
01:01:43qui parle à tous
01:01:45Alors c'est pas évident
01:01:46que ça parle à tout le monde
01:01:47parce que cette oeuvre
01:01:48elle est déjà critiquée
01:01:48Oui et notamment par
01:01:49Jean-Philippe Tanguy
01:01:50dans un tweet
01:01:51le député RN a dénoncé
01:01:53une énième croûte
01:01:55et une mocheté
01:01:56imposée
01:01:57par Yael Broun-Pivet
01:01:58Alors la présidente
01:01:59de l'Assemblée
01:01:59bien sûr
01:02:00elle a répondu
01:02:01regardez
01:02:01Qu'est-ce que vous dites
01:02:02si vous gouvernez les six ?
01:02:03J'ai dit
01:02:04j'y connais en croûte
01:02:05Ok
01:02:05Ah super
01:02:07On passe du coup
01:02:07à la réaction
01:02:08de Yael Broun-Pivet
01:02:10Tout à fait
01:02:10À chaque fois qu'il est
01:02:11question de culture
01:02:12votre premier réflexe
01:02:13est le mépris
01:02:14pour les oeuvres
01:02:14pour les artistes
01:02:15et aujourd'hui
01:02:16parce qu'elle représente
01:02:18bref
01:02:18que l'on aime ou pas
01:02:19cette oeuvre
01:02:20elle restera visible
01:02:21jusqu'au 28 septembre
01:02:22Comme dit Laurent Marcangeli
01:02:23l'art c'est quand même
01:02:24quelque chose de très subjectif
01:02:25Il y a un papa qui avait
01:02:25une galerie d'art
01:02:26il m'a toujours appris
01:02:27il faut regarder
01:02:27avec toute la subjectivité
01:02:30une oeuvre d'art
01:02:30quelle qu'elle soit
01:02:31Bon
01:02:31on termine avec du sport
01:02:33avec le mondial de foot
01:02:35J'espère que ça va être
01:02:36plus consensuel
01:02:37Oui
01:02:37La France face au Sénégal
01:02:39ce soir
01:02:40C'est un peu cornélien
01:02:42pour les députés
01:02:43là ce soir
01:02:43Oui parce que ce soir
01:02:44à 21h30
01:02:45l'Assemblée elle continue
01:02:46justement l'examen
01:02:47de la réforme constitutionnelle
01:02:49sur la Corse
01:02:50Alors suivre le match
01:02:51ou les débats
01:02:52c'est un vrai dilemme
01:02:53pour les fans du ballon rond
01:02:54De nombreux députés
01:02:56ont tout prévu
01:02:57Les fans du ballon rond
01:02:57justement
01:02:58au micro d'Antoine Palos
01:02:59et Eva Bignon
01:03:01Ce soir je serai
01:03:03en fanzone
01:03:04à Sarcelles
01:03:04dans ma circonscription
01:03:05pour encourager
01:03:07l'équipe de France
01:03:07Tout à fait
01:03:08Je serai en hémicycle
01:03:09ça n'empêche pas d'ailleurs
01:03:11de filer
01:03:11aller voir à côté
01:03:12ce qu'il se passe
01:03:13pendant le match
01:03:14Malheureusement
01:03:15je suivrai sur mon téléphone
01:03:16le résultat du match
01:03:18Je suis en déplacement
01:03:19donc je serai en hémicycle
01:03:20jusqu'à 20h
01:03:21et ensuite
01:03:21oui je vais suivre un peu
01:03:22le foot
01:03:23de façon assez évidente
01:03:25On fera un peu
01:03:26d'ubiquité
01:03:27si on a prévu
01:03:27de regarder le match
01:03:29depuis une des salles
01:03:30du groupe socialiste
01:03:31la salle Léon Blum
01:03:32qui n'est pas très loin
01:03:33de l'hémicycle
01:03:34Déjà 30 minutes
01:03:35de regard
01:03:35essentiel
01:03:37puisque de 21h
01:03:38à 21h30
01:03:38on n'est pas en séance
01:03:39et après
01:03:40un regard
01:03:42attentif
01:03:43Je sais de faire
01:03:44deux choses à la fois
01:03:45Je sais faire
01:03:46deux choses à la fois
01:03:47Et vous
01:03:47vous allez réussir
01:03:48à faire deux choses
01:03:48à la fois ce soir ?
01:03:49Écoutez
01:03:50vous avez
01:03:50la discussion générale
01:03:52qui va durer
01:03:53un peu de temps
01:03:54donc on ne sera pas
01:03:55dans la discussion
01:03:56des amendements
01:03:56donc on pourra
01:03:57être un peu plus distrait
01:03:58je pense
01:03:59pendant la discussion générale
01:04:00que si on était
01:04:01dans une discussion
01:04:02du texte
01:04:02Mais on est d'accord
01:04:03que vous n'avez pas
01:04:03le droit de suivre
01:04:04le match sur votre téléphone
01:04:05dans l'hémicycle
01:04:06Le droit dans l'hémicycle
01:04:08c'est très relatif
01:04:09ça dépend de qui juge
01:04:10Ah vous voyez ?
01:04:11D'accord
01:04:11Et je parle en connaissance
01:04:13des choses
01:04:13puisque j'ai cumulé
01:04:14trois sanctions
01:04:15qui est au père choix
01:04:15On pourra faire des live tweets
01:04:16depuis l'hémicycle
01:04:17donc vous savez
01:04:18Non mais il y a beaucoup
01:04:19de députés
01:04:20qui nous ont confiés
01:04:20aujourd'hui
01:04:21qui regardaient
01:04:21quand même
01:04:21sur leur portable
01:04:22en même temps
01:04:22à l'esco
01:04:23Mais tu manquais pas le son
01:04:24Vous savez
01:04:24nous sommes des hommes
01:04:24et des femmes
01:04:25comme les autres
01:04:25Allez-y
01:04:26donnez-nous un pronostic
01:04:27alors
01:04:27on va voir si vous êtes bon
01:04:282-0 pour la France
01:04:31Allez
01:04:311-3-1
01:04:323-1 pour la France
01:04:34Mais pardon
01:04:34ça me semble évident
01:04:35J'en profite
01:04:35pour vous inviter
01:04:36à écouter le nouveau podcast
01:04:37de LCP
01:04:38Les matchs du pouvoir
01:04:39c'est raconté par
01:04:40Jean-Pierre Grassien
01:04:40C'est savoureux
01:04:41C'est consacré
01:04:42aux précédentes coupes
01:04:42du monde de foot
01:04:43depuis 1934
01:04:44quand le ballon rond
01:04:45devient un outil
01:04:46de propagande
01:04:47Vraiment
01:04:48Allez y jeter une oreille
01:04:49C'est savoureux
01:04:50Merci à tous les trois
01:04:51d'être venus ce soir
01:04:52sur le plateau
01:04:52de Chaque Voix Compte
01:04:53Merci Fanny
01:04:53On vous écoute demain matin
01:04:55sur France Info
01:04:557h51
01:04:56Et merci David
01:04:57Et merci à vous
01:04:58de nous avoir suivis
01:04:59Chaque Voix Compte
01:04:59revient demain
01:05:00en direct
01:05:00à 19h30
01:05:02Excellente soirée
01:05:03Sur la 8
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