Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Les chiffres défilent, à la pompe d’une station-service de supermarché, lundi 8 juin à Cavaillon. Lunettes noires sur le nez, cheveux gris peignés, les avant-bras noircis d’encre, Philippe Blanc, chauffeur de taxi de 57 ans, insère le pistolet jaune dans le réservoir de sa Mercedes Classe E diesel (https://www.laprovence.com/article/societe/9965352982497614/cest-plus-economique-pourquoi-pres-dun-conducteur-provencal-sur-deux-roule-toujours-en-diesel), achetée à crédit. "Là, c’est redescendu sous la barre des 2 euros, commente-t-il de sa voix rauque, alors que le prix du litre atteint tout de même 1,99 euro, bien plus que ce qu’il payait avant la crise énergétique. Aujourd’hui, je vais mettre une cinquantaine de litres. Ça va me faire la semaine."

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Je pense qu'on va mettre à peu près une cinquantaine de litres, on va le voir.
00:05Si vous voyez que je tombe les fesses par terre, c'est que ça m'a fait mal.
00:08Ça nous bouffe tout le pognon qu'on gagne.
00:10Le peu de pognon qu'on gagne, on le met dans le gasoil.
00:21Taxi depuis 17 ans est basé dans le village provençal de Saint-Andiol, à près de 80 km de Marseille.
00:27Philippe Blanc est directement concerné par la hausse des prix du carburant à la pompe depuis le début de la
00:31crise dans le détroit d'Hormuz.
00:33Philippe consacre désormais 180 euros au carburant par semaine contre 120 avant la crise.
00:38Mais il s'estime malgré tout privilégié car il approche de la fin de sa carrière.
00:42On n'a pas besoin d'être taxi pour s'apercevoir qu'on n'est pas bien dans le pouvoir
00:47d'achat.
00:47Tout le monde en souffre, tout le monde en souffre.
00:51Moi j'en souffre aussi, mais à la différence c'est que je me sens moins lésé que certains.
00:59Il y a des gens qui sont plus malheureux que moi.
01:01Moi j'ai la chance d'avoir un véhicule qui consomme très peu.
01:05C'est-à-dire qu'avec un plein et mon style de conduite, j'arrive à faire à peu près
01:111200 km avec un plein.
01:13Mon travail actuel ne m'oblige pas à faire des plaines tous les deux jours parce que je n'ai
01:23pas honte de le dire.
01:24Tant pis pour moi, je suis un peu sur la fin.
01:26Le quinquagénaire transporte principalement des patients vers leurs rendez-vous médicaux,
01:29comme aujourd'hui avec Alain qu'il conduit jusqu'à Marseille à l'hôpital Saint-Joseph.
01:33Pour assurer ce type de trajet, il a récemment envisagé l'achat d'un véhicule électrique,
01:36mais il n'a pour l'instant pas jugé utile de franchir le pas.
01:39Alors, si on m'appelle pour une belle course et qu'il faut que j'aille recharger,
01:43moi quand on m'appelle, il faut aller chercher le client le plus rapidement possible.
01:49Bien souvent, le client est dehors et il m'attend.
01:51Si je dois en plus passer une quart d'heure, 20 minutes de plus à recharger,
01:58ça risque d'être compliqué pour le patient qui veut peut-être rentrer chez lui.
02:03Il a peut-être fait une séance de chimiothérapie qu'il a aplatie,
02:07et lui son but c'est de rentrer à la maison, c'est pas d'attendre que j'ai fini
02:10ma recharge.
02:11En attendant la fin de la crise,
02:13Philippe absorbe le surcoût lié à la flambée des prix des carburants
02:16en puisant dans sa trésorerie et espère un retour à la normale dans un avenir proche.
02:19Et la goutte, ce qu'on appelle nous à Marseille le bada, le surplus, je la garde.
02:26Merci.
02:26Merci.
02:31Merci.
02:32Merci.
Commentaires

Recommandations