00:00Je pense qu'on va mettre à peu près une cinquantaine de litres, on va le voir.
00:05Si vous voyez que je tombe les fesses par terre, c'est que ça m'a fait mal.
00:08Ça nous bouffe tout le pognon qu'on gagne.
00:10Le peu de pognon qu'on gagne, on le met dans le gasoil.
00:21Taxi depuis 17 ans est basé dans le village provençal de Saint-Andiol, à près de 80 km de Marseille.
00:27Philippe Blanc est directement concerné par la hausse des prix du carburant à la pompe depuis le début de la
00:31crise dans le détroit d'Hormuz.
00:33Philippe consacre désormais 180 euros au carburant par semaine contre 120 avant la crise.
00:38Mais il s'estime malgré tout privilégié car il approche de la fin de sa carrière.
00:42On n'a pas besoin d'être taxi pour s'apercevoir qu'on n'est pas bien dans le pouvoir
00:47d'achat.
00:47Tout le monde en souffre, tout le monde en souffre.
00:51Moi j'en souffre aussi, mais à la différence c'est que je me sens moins lésé que certains.
00:59Il y a des gens qui sont plus malheureux que moi.
01:01Moi j'ai la chance d'avoir un véhicule qui consomme très peu.
01:05C'est-à-dire qu'avec un plein et mon style de conduite, j'arrive à faire à peu près
01:111200 km avec un plein.
01:13Mon travail actuel ne m'oblige pas à faire des plaines tous les deux jours parce que je n'ai
01:23pas honte de le dire.
01:24Tant pis pour moi, je suis un peu sur la fin.
01:26Le quinquagénaire transporte principalement des patients vers leurs rendez-vous médicaux,
01:29comme aujourd'hui avec Alain qu'il conduit jusqu'à Marseille à l'hôpital Saint-Joseph.
01:33Pour assurer ce type de trajet, il a récemment envisagé l'achat d'un véhicule électrique,
01:36mais il n'a pour l'instant pas jugé utile de franchir le pas.
01:39Alors, si on m'appelle pour une belle course et qu'il faut que j'aille recharger,
01:43moi quand on m'appelle, il faut aller chercher le client le plus rapidement possible.
01:49Bien souvent, le client est dehors et il m'attend.
01:51Si je dois en plus passer une quart d'heure, 20 minutes de plus à recharger,
01:58ça risque d'être compliqué pour le patient qui veut peut-être rentrer chez lui.
02:03Il a peut-être fait une séance de chimiothérapie qu'il a aplatie,
02:07et lui son but c'est de rentrer à la maison, c'est pas d'attendre que j'ai fini
02:10ma recharge.
02:11En attendant la fin de la crise,
02:13Philippe absorbe le surcoût lié à la flambée des prix des carburants
02:16en puisant dans sa trésorerie et espère un retour à la normale dans un avenir proche.
02:19Et la goutte, ce qu'on appelle nous à Marseille le bada, le surplus, je la garde.
02:26Merci.
02:26Merci.
02:31Merci.
02:32Merci.
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