- il y a 2 jours
Se préparer au pire, c'est le quotidien des militaires. S'entraîner, répéter et échouer en sécurité pour être prêt le jour où il faudra l'être. De la rade de Toulon à Mailly-le-Camp, dans ce reportage, nous irons à la rencontre de ces forces qui s'exercent sans relâche sur simulateurs. Poste de tir 100% immersif, cave à fumées, cockpit d'avion ravitailleur... Nous découvrirons comment la technologie transforme la préparation opérationnelle, mais aussi, comment un simple grimage peut forger l'esprit des combattants.
Réalisatrice : Laura Garrigou
Immersion au sein des forces armées.
Au travers d'images réalisées au plus près des entraînements comme en opérations, Le Journal de la Défense pose chaque mois un autre regard sur l'actualité des armées pour mieux appréhender et comprendre l'univers de la Défense.
Réalisatrice : Laura Garrigou
Immersion au sein des forces armées.
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00:00...
00:13Jouer à la guerre, l'expression pourrait faire sourire.
00:18Et pourtant, dans les armées françaises, on simule.
00:22On simule avec des méthodes diverses.
00:25J'ai besoin d'un ST1 tout de suite !
00:27Mais toujours avec un sérieux absolu.
00:33Parce que derrière chaque simulateur, il y a une certitude que personne ne formule à voix haute.
00:38Un jour, ça pourrait être réel.
00:42Alors on s'entraîne, on répète, on échoue en sécurité.
00:46Avec un seul objectif.
00:50Réussir quand ça comptera vraiment.
01:02Dans le sud de la France, sur la base navale de Toulon, un équipage va s'entraîner au combat sans
01:07quitter le port.
01:09Et tout commence dans une salle de sport.
01:11Aujourd'hui, on va vous éprouver physiquement pour voir vos capacités à prendre des décisions une fois que vous allez
01:17re-rentrer dans le simulateur.
01:18Donc on va faire plusieurs passages et vous alternerez des phases dans le simulateur et des phases avec nous ici.
01:24Nous, ce qu'on veut voir, c'est l'état du groupe, que ce soit individuel ou le groupe, à
01:30quel moment vous allez rentrer en saturation.
01:32Quelle prise de conscience vous allez faire à votre niveau ou au niveau du groupe pour répondre à ces éléments
01:37qu'on vous apporte et à cette saturation.
01:47Soulevés de poids, gainages, fentes sautées.
01:51Loin de leur poste habituel, les marins transpirent sans savoir ce qui les attend.
02:07Et j'explique.
02:28L'alerte est donnée. Direction le simulateur de défense à vue.
02:39Il est en place, c'est important.
02:46Vraiment, nous engagons.
02:47Vraiment, nous engagons.
02:49Vraiment, nous engagons.
02:56Je suis affecté sur la frême Provence B, une frégate multimission.
03:00Et mon rôle à bord, c'est de mettre en œuvre tous les systèmes d'armes qui sont présents.
03:05Donc ça part du petit calibre, comme aujourd'hui, à 76 mm, la plus grosse tourelle ou du missile.
03:12Le bruit, le stress, les ennemis arrivent de toutes parts.
03:16Les marins sont saturés d'informations.
03:27On va venir les fatiguer, faire monter le rythme cardiaque et l'inconfort physique
03:33pour essayer de venir créer un sentiment de stress chez le marin.
03:38Et derrière, on va venir le saturer techniquement dans le but réellement de venir travailler les actions réflexes du marin
03:45pour que si jamais ils se retrouvent dans cette situation-là, ils puissent se dégager du temps de cerveau,
03:50donc du temps de réflexion, et donc mieux réagir et être plus à même de réagir.
03:55On simule ça grâce au sport, une phase de course à pied, et on revient.
03:59Et direct, on est saturé par des multiples menaces qui peuvent nous arriver dessus,
04:02que ce soit des menaces surface ou air.
04:04Et il faut être le plus réactif possible et le plus efficace.
04:11Et c'est reparti.
04:12Car l'objectif est bien de tester l'endurance de l'équipage.
04:16La capacité à rester concentrée, qu'importe la fatigue.
04:22Chaque détail est scruté par les formateurs,
04:25qui depuis leur poste, fomentent de nouvelles attaques.
04:28C'est un simulateur qui a été créé pour entraîner les équipages
04:32à la défense très rapprochée du bâtiment,
04:37principalement contre des menaces dites asymétriques.
04:39Les menaces asymétriques, ça entend tout ce qui est non conventionnel.
04:43Ce sera vraiment du jet ski, du hors-bord, des drones maintenant,
04:48que ce soit des drones de surface ou des drones air.
04:55J'ai déjà fait plusieurs missions en mer rouge
04:58où les menaces étaient présentes
05:00et où vraiment, on voit que le simulateur nous sert quand même.
05:05Car au combat, on ne réfléchit pas,
05:08on sait ce qu'on a à faire, c'est mécanique.
05:10Bon, messieurs, on va débriefer ce TP.
05:12On va commencer par une étape, vous avez la pression.
05:16Et je pense que naturellement, à force de s'entraîner ici,
05:19ils sauront repenser toutes les actions qu'ils ont faites ici,
05:22qui leur ont permis de s'entraîner
05:24et qui leur permettront de se poser,
05:27de se dire, bon, la dernière fois, au simulateur,
05:29il s'est passé ça, c'est vrai qu'on a fait ça
05:31et du coup, c'était beaucoup mieux.
05:32Et collectivement, parce que ce sera un équipage qui sera formé,
05:35ce seront toujours les mêmes équipes qui viennent,
05:36ils sauront automatiquement corriger leur posture
05:39et du coup, améliorer leur sécurité collective, clairement.
05:44Alors, par simulation dans le domaine unitaire,
05:46j'entends essentiellement la simulation opérationnelle.
05:48Elle permet donc, d'une part, l'entraînement à outrance
05:52des forces armées sur des conditions plutôt inédites
05:57et aujourd'hui, grâce à l'injection de l'intelligence artificielle,
06:01l'aide à la décision.
06:03D'après certains puristes, la simulation est utilisée depuis l'Antiquité.
06:06Tout d'abord, ne serait-ce que pour s'entraîner au maniement des armes,
06:09on va utiliser un bâton plutôt qu'une épée,
06:11ça évitera de se blesser.
06:12Ou pour les chefs, des jeux similaires aux échecs
06:15pour s'entraîner à la technique.
06:17Dès le début de son engagement,
06:19le militaire se forme sur simulateur
06:21pour assurer sa sécurité et protéger son équipement.
06:25Une fois qu'il aura maîtrisé son matériel et son environnement,
06:29pour parfaire son entraînement,
06:31il va falloir qu'il fasse ce qu'on appelle du drill.
06:34C'est-à-dire répéter, répéter ses gestes.
06:36Et cela, la simulation va le permettre.
06:39Répéter les mêmes gestes sans relâche,
06:41dans des conditions proches du réel.
06:43Un mantra pour les sapeurs-pompiers de Paris.
06:46Les gars, avant de rentrer,
06:47vous faites déjà tous votre contrôle croisé avant,
06:49comme ça vous anticipez,
06:50on va gagner du temps sur les rotations, c'est bon ?
06:53Car pour être capable de réaliser des exploits,
06:56parfois au prix de leur vie,
06:58ils n'ont pas d'autre choix.
07:00Seule une formation rigoureuse
07:02leur permet d'échapper aux pièges mortels des flammes.
07:07En région parisienne,
07:09à l'école de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris,
07:11les jeunes recrues sont immergés dans des fumées,
07:14et ce, en toute sécurité.
07:38de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris.
08:03C'est un bâtiment Nipply-Moi qui est là pour nous aider à nous entraîner
08:09dans des conditions au plus proches de la réalité.
08:11Donc on va avoir différentes pièces
08:14qui sont alimentées en gaz, justement,
08:16pour mettre en simulation des feux d'appartement
08:19ou des feux de chambre, etc.
08:22On travaille donc toujours en binôme,
08:24un chef d'équipe et un servant,
08:25et on essaye de s'entraîner au plus proche de la réalité
08:28pour réaliser nos gestes avec les lances
08:31et mettre en place ce qu'on apprend en théorie,
08:34justement dans ces moments-là,
08:36pour les mettre en pratique.
08:39Sortie de terre il y a deux ans,
08:40cette structure offre des conditions d'entraînement optimales.
08:45Chef d'équipe, face à ton point d'accès,
08:47servant, ton point d'accès.
08:48Les moniteurs règlent les feux et fumées
08:50grâce à une télécommande.
08:53Là, ça aide pour allumer les fumées,
08:55et ici, vous avez les brûlants, d'accord ?
08:57Donc là, à l'intérieur, on a un lit superposé.
09:00Vous avez trois niveaux de flammes, d'accord ?
09:02Donc là, le premier niveau,
09:04deuxième niveau, troisième niveau,
09:05ça va régler en gros la hauteur de la flamme.
09:07Et après, on va avoir les effets.
09:08Les effets, c'est ce qui va venir montrer
09:11les signes de phénomènes thermiques, d'accord ?
09:13Les signes de phénomènes thermiques,
09:15c'est ce qu'on va retrouver potentiellement demain
09:17sur l'intervention,
09:18tout ce qui va être explosants de fumée, etc.
09:20Le rouge, ça, c'est arrêt d'urgence.
09:22C'est si on a un binôme en difficulté
09:24ou si on a un binôme qui se met en danger,
09:28arrêt d'urgence et puis on sort tout le monde.
09:29Baisse-toi, servant, baisse-toi.
09:31Regarde opposé.
09:33Regarde opposé.
09:39Allez, extraction de vapeur.
09:44Qu'est-ce que tu fais, du coup ?
09:46Enroi.
09:46Ben non, tu rentres pas, tu fermes la porte.
10:03L'entraînement va se corser.
10:05Les jeunes sapeurs vont passer d'un bâtiment
10:07à une cave où la fumée ne peut s'échapper
10:10et l'obscurité est totale.
10:12Un nouvel outil tout aussi indispensable.
10:14Votre mission, localisation du foyer.
10:16On partira dans le cadre d'une reconnaissance d'attaque.
10:20Allez, chef d'équipe, c'est quoi les autres questions
10:21que tu t'es posé ?
10:23Est-ce que j'ai des notions de victime ?
10:24Pas de notion de victime.
10:25Est-ce que les fuites sont coupées ?
10:27Alors le gaz est barré, l'électricité n'est pas coupée,
10:28donc on fera attention au risque électrique.
10:30La cave est en cela unique.
10:32La chaleur et la densité des fumées
10:34peuvent être modulées selon les exercices.
10:38De quoi toujours tenir en haleine nos jeunes sapeurs.
10:47D'accord, chef d'âne.
11:15Sous-titrage Société Radio Davies
11:24C'est un outil qui permet de reproduire les conditions de chaleur et de fumée d'un feu en infrastructure
11:30type parc de stationnement couvert ou feu de cave.
11:34Et vraiment, on s'approche au plus près de ce qu'on pourrait faire en réel.
11:38Au niveau de la chaleur, c'est exercice en feu réel, mais la chaleur est largement supportable à l'intérieur.
11:43Le but, c'est vraiment qu'on ne voit rien pour effectuer la reconnaissance.
11:47La reconnaissance, c'est tout le cheminement qu'il va avoir à Montreux et le foyer.
11:50Il est très rare dans un feu en infrastructure qu'on ouvre la porte de la cave et que tout
11:53de suite, on a le foyer directement derrière la porte.
11:56Là, il est ici derrière toi.
11:58Moi, ce que je veux, c'est qu'on utilise toutes les zones et vraiment qu'on utilise toutes les
12:04énergères.
12:05Le risque, regarde, derrière le mur, il va pouvoir même le toucher.
12:08Et là, c'est intéressant.
12:09Si ce n'est pas le cas, ça ne sert à rien.
12:12Il va juste tirer la ligne, il n'y a pas d'intérêt.
12:19À la sortie de la reconnaissance, on fait un schéma au sol.
12:23C'est pour que le chef d'agré puisse avoir un visu sur les lieux, parce que lui, il n
12:28'est pas rentré à l'intérieur.
12:29Et donc, sur le schéma, on note aussi toutes les difficultés qu'on a rencontrées.
12:35Donc, j'ai vu un foyer, un feu de palette situé ici.
12:40Il y avait environ deux palettes à l'intérieur, dans un volume d'environ 9 mètres carrés.
12:44Le schéma, en soi, il n'est vraiment pas trop mal.
12:46Franchement, il n'est pas mal.
12:47Parce qu'on voit à peu près tout.
12:49C'est assez bien décrit.
12:50C'est un outil qu'ils appréhendent, parce qu'à chaque fois, dans ce genre de séquence, il y a
12:54un niveau de concentration qui est extrêmement élevé.
12:56Ils sont attentifs à ce qu'on leur dit.
12:57Forcément, on va les faire pénétrer dans un milieu qui est inconnu pour eux, où les sens sont complètement modifiés.
13:02Donc, on sent qu'il y a une certaine spéciale préhension.
13:04Après, au fur et à mesure des séquences, on s'aperçoit qu'ils gagnent en aisance et qu'ils rentrent
13:10de façon un petit peu plus sereine.
13:14Se courir, c'est aussi prendre en charge des blessés graves.
13:17Et pour cela, il faut préparer les esprits.
13:19Les préparer au choc d'une plaie par balle, par exemple.
13:27À l'école du Val-de-Grâce, pas de structure particulière, mais un artiste aux œuvres originales.
13:40Avec du faux sang et du maquillage, Aurélien grime des visages pour aider les futurs soignants militaires à se confronter
13:47aux blessures de guerre.
13:53Le grimage va apporter à la simulation du réalisme pour que, quand ils arrivent sur le blessé, ils savent qu
14:00'ils vont faire une différence sur la blessure.
14:01Il y aura le brûlé, le fracas du visage, donc il y aura une différence.
14:05Et ainsi de suite, comme ça, ils savent comment ils vont intervenir sur leur blessé, qu'est-ce qu'ils
14:08vont mettre en place, et voilà.
14:12Ceux qui jouent les blessés ou plastrons sont briefés par les formateurs.
14:18Ils savent quels traumatismes jouer, quelles douleurs simuler pour pousser les jeunes soignants dans leur retranchement.
14:23Quoi qu'il arrive, avant de commencer l'exercice, le formateur va se présenter à toi, il va te dire
14:29ce qu'il attend de toi un petit peu.
14:31Là, pour l'instant, ce sera comme ça, tu auras dit, il va respirer, il y aura un truc qui
14:35va te gêner dans la bouche.
14:36Et après, au fur et à mesure de la prise en charge, en fonction de ce que font les copains
14:40SCA et après nos SC3, on se fera évoluer.
14:44D'accord.
14:46Début d'exercice.
14:47Une colonne de combattants sentinelles s'infiltre sur les lieux d'un attentat.
14:59Ok, laisse un avec moi, j'en veux toujours un en surterrière.
15:03Des cris, on entend des cris.
15:04Alpha, directement, tu prends la tête.
15:05Bravo, tu appuies.
15:06Allez, Alpha, derrière moi.
15:09Allez !
15:09Ok, prends l'arme.
15:12Aidez-moi, ici !
15:14Ok, je veux une évaluation des blessés.
15:16Tournez directement.
15:17Est-ce que c'est safe ?
15:17Ouais, la zone est safe.
15:18Ok, il y a plus de blessés.
15:19On a un, deux, trois, quatre, cinq, six.
15:21On a pour l'instant ciblessés.
15:23Là, pour l'instant, il y en a trois.
15:24Je vous ramène diacons.
15:25Ciblessés graves qu'il faut à tout prix maintenir en vie.
15:28OPS, on est en train de faire.
15:31Pour pression.
15:37Ok, on va le mettre.
15:41SC3, OPS à dispo.
15:43Ok.
15:44Ok, on va le mettre.
15:45Ok, on est en train de faire.
15:45Ok, on est en train de faire.
15:46Ok, on est en train de faire.
15:47Ok, on est en train de faire.
15:48Ok, on est en train de faire.
15:49Vas-y, respire.
15:51Ok, super.
15:54Ok, super, merci.
15:57Lui, c'est le tien ou pas ?
15:58T'avais fait ce d'envoi ?
16:00Oui, j'ai fait un des végates.
16:02Il manque le sixième.
16:28Évacuation des plastrons vers le poste de secours.
16:34La première équipe a fait son possible en gardant son calme et en appliquant ses gestes réflexes.
16:41Il y a une flaque de sang par terre, on va beaucoup plus, déjà nous faire attention, on va plus
16:47facilement aller complesser une plaie, plus facilement aller poser un garrot s'il y a besoin, faire un pansement s
16:54'il y a besoin.
16:57Là, ça oriente quand même beaucoup plus, ça rend beaucoup plus réaliste et ça permet du coup d'anticiper un
17:03peu les autres problématiques qui peuvent en découler plus facilement.
17:09Ça rajoute, je ne sais pas si c'est du stress, mais ça rajoute forcément du réalisme et ça, on
17:15est un peu plus dedans plus rapidement.
17:24La simulation est indispensable. On ne fait bien que ce que l'on fait souvent. Fort heureusement, encore à l
17:32'heure actuelle, on ne peut pas dire qu'on ait l'habitude de prendre en charge du blessé de guerre.
17:36Donc si on ne s'entraîne pas par le biais de cette simulation, il y a des risques que l
17:40'on soit moins bien préparé.
17:44La technologie prend ensuite le relais. A l'aide d'une tablette, les formateurs règlent en direct les données médicales
17:50du patient sans laisser de répit au stagiaire.
17:55Affronter l'impensable et savoir réagir quelle que soit la situation. C'est la première étape de la préparation au
18:03combat.
18:04Mais la guerre moderne se gagne aussi en état-major, au niveau de ceux qui prennent les décisions.
18:10Aujourd'hui, la France se prépare à intervenir dans des conflits nouveaux, dits de haute intensité.
18:16Ces conflits-là imposent que la France n'intervienne pas seule. De fait, nous devons nous déployer, nous devons nous
18:23entraîner avec nos alliés.
18:24Et la simulation apporte une solution, pas la solution, mais une solution pour ce type de déploiement, pour ce type
18:31d'entraînement.
18:40Avril 2026. L'exercice Orion entre dans sa quatrième phase.
18:45Celle d'un déploiement sur toute la France pour simuler la reprise d'un territoire envahi par nos ennemis.
18:52Un des objectifs d'Orion est d'entraîner les postes de commandement du premier corps d'armée.
18:59Cela représente environ 10 000 hommes et femmes, français et alliés, rien que pour cette structure.
19:08Une telle projection est possible, mais le coût en carburant, munitions et logistique seraient considérables.
19:15Alors on ne déploie qu'une partie des forces.
19:17Et c'est à mailler le camp que l'on simule le reste grâce à l'intelligence artificielle.
19:24L'idée, c'est de confronter énormément de moyens qui seraient quasiment impossibles de réunir sans fortes contraintes sur un
19:32terrain d'entraînement.
19:32Cela nous permet aussi de réaliser des choses qui seraient très délicates en temps réel.
19:37Par exemple, mettre des mouvements de population sur les routes, faire du brouillage, détruire un barrage.
19:44Cela fait partie des différents avantages de la simulation constructive.
19:51Ce logiciel sur lequel ils se reposent pour la toute première fois, c'est Tarrant.
19:56Il permet d'animer 8 000 pions virtuels sur des cartes qui réagissent exactement comme le ferait une unité sur
20:02le terrain.
20:04C'est un programme effet majeur interarmé qui vise à doter les forces armées françaises d'un programme de simulation
20:13qui permettra d'atteindre un niveau opératif, donc de faire jouer tous les milieux, terre, air, mer, mais aussi cyber,
20:20spatial,
20:21pouvoir l'intégrer dans un environnement, donc on appelle ça multimilieu, multichamps, qui intègre aussi l'aspect informationnel.
20:28La simulation, elle nous permet de représenter tout cet environnement,
20:33de représenter aussi un ennemi qui soit lui aussi complet, qui oppose une vraie volonté face à nous,
20:40sans pour autant devoir créer des états majeurs de toute pièce pour représenter cet ennemi.
20:46La technologie rend la simulation quasiment illimitée.
20:50On n'en mesure pas encore les limites du tout, grâce aux nouveaux environnements synthétiques qu'on peut créer,
20:57grâce à l'intelligence artificielle.
20:59Donc le danger aujourd'hui est de ne pas rater ces virages-là.
21:02Il s'agit d'atteindre pratiquement ce que nous ont montré le cinéma récemment,
21:08avec Ready Player One, avec iRobot.
21:10Ce qu'on croyait être impossible il y a quelques années, devient maintenant envisageable.
21:15Je vous laisse l'installé ?
21:16Je vais faire le check-in avec Airbus.
21:19Sur la base aérienne d'Istre, loin de la fiction, un bijou high-tech bien réel nous ouvre ses portes.
21:26Ce cockpit, c'est celui de l'avion ravitailleur Airbus 330 MRTT.
21:35Un avion civil adapté aux militaires.
21:39Son but, approvisionner en carburant les avions de chasse pendant leur vol.
21:48Concrètement, c'est une citerne volante qui file à 700 km heure.
21:52Une mission où la marge d'erreur est nulle.
21:58Le CIMU est déjà dans le futur, parce qu'ils ont mis l'ESCAL et le CM3.
22:03On n'a pas encore la motion, il y a des gens qui sont debout et tout.
22:06Oui, ça se sent.
22:08Clear left, un front.
22:10Turn right clear.
22:12Le sur.
22:13Eh bien, briefing confirm, no change.
22:14Briefing confirm.
22:26V1.
22:28Rotate.
22:34Positive climb.
22:36Clear.
22:39Clear.
22:40Clear.
22:42Passage d'alerte.
22:44Clear left. Checked.
22:46T'essayes de garder 3 clés pour l'instant.
22:49D'accord.
22:512 Rafales.
22:522 Rafales sur la gauche.
22:57Super, je les prends.
22:59Passage.
23:01Joli.
23:04Recule.
23:083 mètres.
23:092, 1.
23:11Takt.
23:14Aerox-62.
23:15Le numéro 1-900.
23:16Request 1.5.
23:25C'est une énorme plus-value, surtout ce simulateur,
23:28parce que ça crée l'environnement totalement réel de l'avion.
23:35du cockpit, des procédures.
23:38On est ensemble pour travailler,
23:39donc il y a aussi de la discussion avec l'équipage
23:41pour le traitement de pannes également.
23:45Du coup, j'ai les 2 Rafales en visuel.
23:48Oui, visuel sur les caméras.
23:50Effectivement.
23:52Rock 63 from Margon 36.
23:55Confirm date number and flood request.
23:57Monsieur.
23:58Eh bien du coup, réduction de vitesse à 299.
24:01Et pour visualiser les détails les plus minimes
24:03pendant la manœuvre de ravitaillement,
24:05le sergent-chef Lucas s'arme de lunettes 3D.
24:19Ça demande de la précision parce qu'il faut donc gérer et manipuler
24:25tous les systèmes de ravitaillement, donc correctement et en sécurité,
24:32afin qu'il n'y ait pas d'incidents, d'accidents.
24:37Le simulateur permet aussi de s'entraîner avec des appareils alliés,
24:41comme ici avec des F-16 américains.
24:57L'engagement des corps des aviateurs est essentiel à la préparation opérationnelle.
25:04C'est pour ça qu'on aime faire voler au maximum nos aviateurs.
25:08Toutefois, la simulation nous permet, en complément,
25:13d'appréhender l'entraînement et la préparation au combat
25:17de haute intensité de façon complémentaire.
25:21Bien de savoir, préparez-vous à l'atterrissage ?
25:23Dans la mesure où le simulateur nous permet de répéter
25:27des séquences très critiques à l'envie,
25:30que ce soit des séquences de décollage, d'atterrissage,
25:33mais aussi des missions qui se dérouleraient dans un environnement complexe,
25:39nous permet, pour sûr, de réduire les coûts,
25:42les coûts d'heures de vol, les coûts liés à la maintenance, etc.
25:48On est autorisés et configurés.
25:53Ce que ces hommes et ces femmes ont compris
25:57et que les écrans, logiciels et grimages ne font que confirmer
26:01est une vérité simple.
26:03On ne simule pas pour éviter la réalité.
26:09On simule pour s'y confronter le plus possible
26:12et être prêt le jour où il faudra l'être.
26:26Sous-titrage Société Radio-Canada
26:30...
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