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Lyhanna : la justice en question
Andréa Bescond, réalisatrice et comédienne et Rémy Heitz procureur général près la Cour de cassation, président du Conseil supérieur de la magistrature sont les invités du Grand Jury
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 14 juin 2026.
Andréa Bescond, réalisatrice et comédienne et Rémy Heitz procureur général près la Cour de cassation, président du Conseil supérieur de la magistrature sont les invités du Grand Jury
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00:13Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et en direct sur Public Sénat.
00:20La mort de Liana a bouleversé la France. Le scandale du périscolaire ne cesse de s'étendre.
00:27Qui sont les responsables ? Comment protéger les enfants ?
00:31Voici un grand juré exceptionnel avec deux invités aujourd'hui.
00:35Une figure de la lutte contre les violences faites aux enfants, la réalisatrice et comédienne Andrea Bescon.
00:42Bonjour.
00:42Bonjour.
00:43Vous avez écrit et réalisé le film Les Chatouilles qui raconte votre histoire, les viols que vous avez subis enfant
00:50par un proche de votre famille
00:52et vous appelez à des rassemblements tous les lundis devant les tribunaux dans toute la France pour que ça change.
00:59Deuxième invité de ce Grand Jury, le plus haut magistrat de France, Rémi Hetz, procureur général près de la Cour
01:06de Cassation.
01:07Il préside le Conseil supérieur de la magistrature.
01:11L'affaire Liana soulève la question de la confiance dans nos institutions.
01:15procédures, moyens, conseils de discipline, faut-il tout changer ?
01:20Rémi Hetz nous rejoindra dans ce studio en seconde partie.
01:26Pour ces deux invités à m'écouter aujourd'hui dans ce Grand Jury,
01:29Tham Tranui de Public Sénat et Loris Boachot du FIAO.
01:35Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
01:39Après la mort de la jeune Liana, Andrea Bescon vous appelait à des rassemblements tous les lundis devant les tribunaux.
01:47Il y avait 160 000 personnes ce lundi.
01:51Qu'est-ce qui pourrait stopper votre mouvement ?
01:54Autrement dit, que voulez-vous obtenir ?
01:56Vous savez, je l'ai souvent répété cette semaine,
02:00mais Liana c'est l'injustice de trop, c'est la victime de trop.
02:02Mais des Liana, il y en a eu avant elle.
02:04Des enfants qui ont été violés puis tués par des pédocriminels multirécidivistes,
02:10il y en a eu avant elle.
02:12Donc malheureusement, c'est la mort de trop.
02:15Nous nous sommes rassemblés puisque 150 associations ont travaillé en coalition
02:21pour rédiger une loi intégrale qui permettrait d'altérer très sérieusement
02:28le fléau de la pédocriminalité, de l'inceste et des violences sexuelles en règle générale dans ce pays
02:33sur le modèle espagnol.
02:35Donc il y a un travail titanesque qui a été mené
02:37et nous nous rassemblons pour que cette loi soit votée.
02:40On va y revenir dans le détail sur cette loi intégrale.
02:45Oui, lundi, il y avait beaucoup de femmes rassemblées devant les tribunaux.
02:50Peu d'hommes.
02:52Quelle est votre réaction ?
02:54Est-ce qu'il a manqué d'hommes lundi dernier et pour soutenir cette cause ?
02:58J'espère vivement qu'ils nous rejoindront demain, lundi 15 à 19h devant le ministère de la Justice et devant
03:04tous les tribunaux de France.
03:05Je précise que ce rassemblement est autorisé par la préfecture.
03:09Cette fois, je pense qu'ils ne nous feront pas, comme la semaine dernière, à interdire à peine deux heures
03:15du rassemblement.
03:17Notamment en place Vendôme où vous étiez et où vous avez été...
03:20Un autre lieu où vous avez été proposé la semaine dernière.
03:21Oui, mais à une heure et demie du rassemblement, donc à 17h, 17h30, nous avons reçu cette information.
03:29Donc, toute une partie est allée à place Lépine et toute une autre est restée à place Vendôme.
03:34Et comme on l'avait prévu, c'était un rassemblement tout à fait pacifique.
03:38Et donc, il n'y a eu aucun échauffouré, mis à part le fait que j'ai terminé quand même...
03:42J'ai passé la nuit en cellule, mais concernant les hommes, je pense qu'aujourd'hui, j'imagine qu'ils
03:50prennent conscience.
03:51C'est un peu toujours pareil, ça s'appelle le patriarcat.
03:53On pense que les enfants, c'est un problème de femmes.
03:56Aujourd'hui, je crois que les hommes réalisent, ont besoin d'un peu plus de temps que nous, je pense,
04:01sur ces sujets.
04:02Mais je vois aussi beaucoup d'hommes qui sont indignés par ce qui se déroule et ils seront là demain.
04:07Vous vous appelez à rejoindre la manifestation de demain ?
04:09Bien sûr, même si l'équipe de France joue, j'espère qu'ils seront là.
04:12Je voudrais juste revenir sur cette manifestation de lundi, effectivement,
04:15puisque vous avez été passée en garde à vue pendant la nuit.
04:20Il n'y a eu aucune poursuite ensuite.
04:22Est-ce que c'était un moment qui était très angoissant pour vous ?
04:26Ou est-ce que vous dites que c'était une situation d'abord ridicule ?
04:29Alors, oui, je pense que c'était une situation ridicule.
04:32C'est une détention arbitraire.
04:34On ne m'a pas signifié mes droits.
04:35Je n'ai pas eu le droit d'appeler mon avocate.
04:37J'ai donné le numéro de portable de mon avocate qui n'a jamais été appelée sur son portable.
04:42Je pense, moi, je n'en veux pas la police.
04:44Je pense que j'ai vu ces hommes totalement excédés aussi.
04:48Il ne faut pas oublier que la police est aussi à l'abandon.
04:52C'est des gens qui manquent terriblement de moyens pour travailler
04:54et qui sont souvent accusés de violence, à juste titre.
04:58C'est quand même très violent.
04:59Mais avant tout, je ressens un tel abandon des services publics
05:05que moi, je ne vais pas porter plainte contre la police sur ce qui m'est arrivé ce jour-là.
05:09Je pense, par contre, que l'État a fait monter la pression,
05:14a fait monter la tension en interdisant ce rassemblement à peine deux heures avant,
05:20alors qu'il le savait depuis jeudi
05:22et que la préfecture nous disait que ça allait être OK pour l'autorisation.
05:28Andréa Bescon, est-ce que vous ne craignez pas,
05:30en appelant à des rassemblements tous les lundis,
05:33à un rassemblement le week-end début juillet,
05:36un essoufflement, que finalement, ces questions-là retombent après l'émotion ?
05:42Ça fait quelques années qu'on milite en faveur d'une meilleure protection de l'enfance.
05:48Ça fait quelques années aussi que nous sommes victimes, clairement,
05:52de prises d'opposition de la part du gouvernement.
05:55Je vais plutôt cibler le gouvernement, puisque c'est eux qui sont au pouvoir,
05:58qui ont fait voter des lois régulièrement après chaque grosse affaire.
06:05Je pense notamment à Amitou Inceste et à l'affaire Familia Grande,
06:10Camille Kouchner, ou le rapport sauvé, et la création de la civisme.
06:17Ils ont fait voter des lois sans budget,
06:20donc ça n'a jamais changé la situation des enfants.
06:24Les enfants sont toujours en danger.
06:26Cette fois-ci, ça ne peut pas se dérouler de la même manière.
06:29C'est-à-dire qu'il y a des solutions qui sont très claires,
06:33qui sont sur le modèle espagnol.
06:34Ils le savent.
06:35Aujourd'hui, je vois qu'ils proposent une loi,
06:37on en parlera sans doute, mais qui est essentiellement punitive
06:41et qui ne coûte rien à la société.
06:43Et malheureusement, on voit que ce sont des personnes
06:46qui n'ont pas du tout envie, pour une raison qui m'échappe,
06:49d'investir contre les violences sexuelles infligées aux mineurs.
06:54Justement à propos des réactions politiques.
06:56Le pouvoir exécutif promet d'agir, d'agir vite.
06:58Emmanuel Macron a évoqué l'affaire Liana en Conseil des ministres mercredi.
07:01Il a évoqué un drame.
07:03Il a précisé qu'on ne répond pas à un drame par des cris.
07:05Est-ce que vous avez pensé de sa réaction ?
07:06Je pense que c'est une réaction un peu sexiste, voire misogyne,
07:10parce qu'évidemment, nous n'étions que...
07:11Vous avez senti que les mobilisations...
07:14Que le participé avait été visé par ses propos.
07:16Oui, mobilisation féminine, bon.
07:18Mais peu importe, ce n'est pas grave.
07:20En fait, aujourd'hui, on ne va pas se vexer sur les propos du président.
07:23Vous dites peu importe, mais en même temps,
07:24vous appelez les politiques à réagir.
07:26Est-ce que la réaction d'Emmanuel Macron vous désespère pas
07:29sur la façon dont ce sujet est pris au sérieux ?
07:32Malheureusement, c'est difficile d'attendre quelque chose de M. Macron
07:36quand c'est quelqu'un qui a soutenu Gérard Depardieu,
07:39quand nombreux de ses ministres avaient déjà été accusés de viol
07:41et qu'il ne les a jamais vincés.
07:43Bon, c'est compliqué.
07:43Mais moi, je ne veux pas critiquer Emmanuel Macron là, aujourd'hui.
07:47Ce qui compte pour moi, c'est que ce gouvernement,
07:49auquel je n'adhère pas, mais je n'adhère à aucun parti, en fait,
07:53pour être très claire,
07:57mais ces gens-là doivent aujourd'hui prendre la mesure de leurs responsabilités.
08:00Le problème, il est étatique.
08:01C'est une défaillance totale de l'État.
08:04Ce n'est pas un dysfonctionnement.
08:06On ne peut pas pointer du doigt tel magistrat ou tel magistrat ou tel policier.
08:10C'est un réel souci de défaillance étatique.
08:14Donc, aujourd'hui, il faut qu'ils gagnent en humilité, ces hommes,
08:17et qu'ils prennent la mesure de leurs engagements
08:19et faire voter la loi intégrale.
08:21C'est indispensable, aujourd'hui.
08:24Justement, il n'y a pas eu, pour vous,
08:26une forme de double discours politique sur ces dix dernières années
08:30et depuis le mouvement MeToo,
08:32quand on voit Emmanuel Macron, par exemple,
08:34qui a érigé par deux fois les violences contre les femmes
08:38comme cause de ces deux quinquennats.
08:40Alors, tout à fait.
08:41Oui, oui, oui.
08:42Non, mais alors là, je suis totalement d'accord avec ça.
08:45J'aurais préféré, moi, un président et un gouvernement
08:48qui nous disent, écoutez, ce ne sont pas nos sujets,
08:50ça ne nous concerne pas,
08:51ou du moins, ce n'est pas vers ça qu'on veut aller,
08:54ou cette société-là.
08:56Voilà.
08:56C'est d'hypocrisie ?
08:57Mais là, oui, évidemment, c'est énormément...
08:59Comme ils savent que, quand même,
09:01le peuple français est de plus en plus inquiet
09:05sur cette culture du viol,
09:07et notamment des viols sur les enfants
09:09et des meurtres sur les enfants,
09:11ça leur permet quand même de communiquer,
09:13de faire croire, excusez-moi,
09:14c'est quand même très démagogue,
09:16de faire croire qu'ils agissent,
09:18comme ils l'ont fait avec la loi Billon, par exemple,
09:20sur le consentement des enfants,
09:22le non-consentement, bien sûr,
09:24de la sénatrice,
09:26qui est une loi, en tant que telle,
09:28qui est très bien,
09:29puisque tous les criminels violeurs d'enfants
09:33de moins de 15 ans
09:35devraient connaître un jugement en cours d'assises.
09:37Or, on sait que, malheureusement,
09:39les plaintes sont classées sans suite
09:41à hauteur de 80-85%,
09:43et que donc, en fait,
09:46après, c'est déqualifié souvent en délit,
09:48et donc, ces agresseurs passent en cours correctionnel,
09:53et personne ne passe en cours d'assises.
09:56Donc, c'était un très, très bel effet d'annonce,
09:58ça permet aussi de montrer aux Français
10:00à quel point on s'investit,
10:02mais ce sont des lois vides,
10:04ce sont des coquilles vides, malheureusement,
10:06comme le fait d'avoir créé la civile,
10:09ce que je trouve, moi, une très, très, très bonne chose,
10:11cette enquête sur le long terme,
10:14présidée par le juge Durand,
10:16qui est quand même quelqu'un d'extrêmement sérieux
10:18et compétent dans ce domaine.
10:19C'était pour recenser le phénomène des violences sur les enfants.
10:22Exactement, et ça a été extrêmement bien fait et bien mené,
10:25ça a découlé sur 82 préconisations,
10:28qui étaient quand même assez féministes et enfantistes,
10:31et bon, puisque le féminisme et l'enfantisme marchent ensemble,
10:36si on protège les mères, on protège les enfants,
10:38et ainsi de suite,
10:39et là, M. Macron et son gouvernement disent,
10:41non, ce n'est pas ça qu'on voulait,
10:43et donc, ça a terminé à la poubelle.
10:45Et ça, c'est absolument terrible.
10:47Alors, avant d'analyser ce qui a fait que nous en sommes arrivés là,
10:50et évoquer vos solutions,
10:51un mot juste sur le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
10:54qui s'est excusé au nom de l'institution judiciaire,
10:57il a promis de réagir vite,
10:58tout en estimant qu'il n'était pas responsable de ce qui s'est passé.
11:02Est-ce que quand vous entendez des appels à la démission
11:04venant de la France insoumise du Rassemblement national,
11:06qu'est-ce que vous pensez de ces appels à la démission du ministre de la Justice ?
11:09Alors, personnellement, j'aurais été à la place du garde des sous,
11:12où je pense que j'aurais démissionné de honte,
11:15mais moi, je ne vais pas appeler à la démission de M. Darmanin.
11:18Si M. Darmanin prend la mesure de ce qui se déroule
11:22et qu'il défend la loi intégrale,
11:25moi, aujourd'hui, je n'appellerais pas à la démission de M. Darmanin.
11:28Mais il faut que ce monsieur se batte pour faire passer cette loi
11:32avec son gouvernement.
11:35C'est un budget de 2,5, voire 3 milliards d'euros.
11:39Et on voit qu'aujourd'hui, il propose une loi à 12 millions d'euros.
11:42Donc, bon, voilà, j'ai du mal à faire confiance à quelqu'un
11:47qui, pas plus tard que la semaine dernière,
11:49un peu avant la mort de Liana,
11:52a déclaré sur ses réseaux sociaux, dans une vidéo,
11:54que trois enfants étaient victimes de viols par semaine.
11:57Alors, évidemment, je l'ai interpellé.
11:59Je me suis le garde des sous.
11:59Ce n'est pas trois enfants victimes de viols par semaine.
12:02C'est un enfant toutes les trois minutes, au moins.
12:04C'est 160 000 enfants par an.
12:06Ce n'est pas les mêmes chiffres à la fin.
12:08Donc, je me demande comment cet homme...
12:11Enfin, il ne travaille pas assez.
12:13Il ne travaille pas assez sur ces sujets.
12:15Mais tous, pas seulement que lui.
12:17C'est vraiment le gouvernement.
12:19Et d'ailleurs, toute la sphère politique,
12:21on entend des choses incroyables.
12:22C'est vrai que l'histoire de peine de mort,
12:25de perpétuité...
12:27Mais c'est du non-sens.
12:28Ce n'est pas du tout ce qu'on demande.
12:30Il faut travailler en prévention aujourd'hui.
12:32Absolument.
12:33Il faut que les enfants arrêtent d'être violés, en fait.
12:34On reviendra sur les idées politiques, effectivement,
12:37qui ont émergées toute cette semaine.
12:38Il y a plusieurs enquêtes administratives en cours
12:42pour déterminer, dans la mort de l'IANA,
12:44s'il y a des fautes de la part de magistrats,
12:46de la part d'enquêteurs, de la gendarmerie.
12:50Ces responsabilités individuelles, pour vous,
12:52ce n'est pas la question.
12:53Pourquoi ?
12:54Ce n'est absolument pas la question.
12:56Pourquoi ?
12:56Parce qu'on est en train de pointer du doigt
13:01des magistrats et des enquêteurs
13:03qui ont, en moyenne,
13:05trois minutes par dossier de viol.
13:08Ils ne peuvent pas travailler plus, en moyenne,
13:10plus de trois minutes sur un dossier de viol
13:11s'ils veulent un peu tout traiter.
13:13Donc, ce sont des gens qui sont tellement...
13:16qui croulent sous les dossiers
13:18qu'ils sont obligés de prioriser.
13:20C'est-à-dire que, par exemple,
13:22je dis ça comme ça,
13:22mais une affaire d'inceste,
13:24quand on sait que, par exemple,
13:26un enfant déclare être violé par son père,
13:29un magistrat, il va plus traiter
13:30cette affaire d'inceste, ce dossier-là,
13:32plutôt que le dossier pédocriminel
13:35où c'est l'ami de la famille
13:36ou le prof de sport.
13:38Donc, ils sont obligés de choisir
13:39entre la vie, la mort, la mort, la vie.
13:41Pardonnez-moi, Andréa Descombe,
13:42ce qui veut dire qu'à la fin de la semaine prochaine,
13:45lorsqu'on aura le résultat
13:46de ces enquêtes administratives,
13:48si elles pointent des défaillances
13:50de la part des magistrats
13:52ou des enquêteurs,
13:52vous direz, on cherche des boucs émissaires.
13:55Mais bien sûr, je le dis déjà.
13:56Et j'annonce déjà que, de toute façon...
13:58Mais pourquoi vous êtes certaine
13:59qu'il n'y a pas eu des défaillances ?
14:01Il y en a forcément des défaillances humaines
14:03si on ne donne pas les moyens aux gens de travailler.
14:05Enfin, c'est mathématique.
14:08Ils ont 150 dossiers à traiter en deux heures.
14:12Ce que dit le gouvernement,
14:12c'est que, visiblement, à Hoche,
14:13ce n'était pas le cas
14:14et ce n'était pas une question de moyens.
14:15Elles sont trois magistrates à Hoche,
14:18trois procureurs pour tout.
14:21On n'a pas assez d'effectifs dans la justice.
14:26C'est-à-dire que, compte tenu du nombre de viols
14:29et d'incestes, de pédocriminalités dans notre pays,
14:33les budgets alloués et les effectifs sont dérisoires.
14:36Et c'est ça qu'il faut que le gouvernement prenne en compte.
14:39Aujourd'hui, bien sûr, il est facile de pointer du doigt
14:42une défaillance humaine.
14:44Forcément, il y en a.
14:45En fait, la justice, c'est elle-même
14:47qu'elle est maltraitante.
14:49Sauf qu'elle ne peut pas faire autrement.
14:51Puisqu'on ne leur donne pas les moyens de travailler.
14:53Dame Tranwy.
14:54On met beaucoup actuellement en accusation la justice.
14:58Mais est-ce que, dans le cas spécifique de l'INAL,
15:00il n'y a pas aussi à les voir du côté du ministère de l'Intérieur ?
15:04Puisque, finalement, on avait vu les juges prendre les bonnes décisions.
15:07Toute une partie bien commencée.
15:09Et puis, on a compris qu'il y avait une mise en sommeil
15:11pendant plusieurs mois de l'enquête
15:13qui parlait du viol de Rosa.
15:15La plainte avait été déposée, je le rappelle, en août 2025.
15:18Tout à fait.
15:19On voit que M. Nunez échappe un peu à tout ça.
15:25Et je pense qu'il doit en être assez heureux.
15:28Bien sûr, il y a un problème des services de police, forcément.
15:31Mais il y a tout un problème de culture aussi, de mentalité.
15:35Quand il y a des policiers ou des gendarmes
15:38qui disent qu'on va faire un signalement
15:40parce que madame veut nous harceler.
15:42Bon, évidemment, il y a quand même un problème de mentalité.
15:45Mais là, je reviens, par exemple, à ce que disait M. Macron
15:47quand il disait, moi, je ne veux pas entendre parler de moyens
15:49avec les mains en l'air comme ceci.
15:51Hors de question, je n'ai pas envie d'entendre parler de ça
15:53puisque les formations ont été faites.
15:55Ce n'est pas vrai.
15:55Je veux dire, sur 155 000 policiers,
15:58500 ont été formés à l'écoute de la parole de l'enfant.
16:00Ce n'est pas ce qu'on appelle des formations.
16:03Et donc, évidemment, il y a un problème de culture,
16:05de mentalité et aussi de moyens.
16:07Et effectivement, c'est toute la chaîne judiciaire
16:09qu'il faut aujourd'hui mobiliser
16:14en rajoutant énormément d'effectifs
16:16et encore des budgets.
16:17D'ailleurs, j'invite vraiment toute la chaîne judiciaire
16:19à se rassembler avec nous
16:21sur les mobilisations des lundis 19h
16:24devant les tribunaux de France
16:25et devant le ministère de la Justice
16:26puisqu'ils n'ont pas les moyens de travailler.
16:30Même s'ils en ont beaucoup plus qu'il y a 10 ans,
16:32on a entendu à plusieurs reprises,
16:34le garde des Sceaux expliquer,
16:35une augmentation de 53-54% des moyens
16:38depuis 2017.
16:39Vous entendez aussi cette défense de la part du gouvernement ?
16:42Alors, je pense qu'ils ne sont...
16:44Encore une fois, c'est un manque de travail
16:46puisque s'ils prenaient la mesure du fléau,
16:48ce n'est pas à 53-53% ou 10%.
16:51C'est-à-dire qu'on part de tellement bas
16:54au niveau du budget de justice en France.
16:56Nous sommes dans les derniers
16:58en termes de budget en Europe.
17:01On est vraiment dans les derniers.
17:03On est dans les derniers.
17:04C'est un cadre financier très contraint,
17:05ce que rappelle le gouvernement.
17:06Oui, mais en même temps,
17:07un cadre financier très contraint.
17:09Je rappelle quand même
17:10qu'il y a quand même un sens des priorités.
17:12Il y a des urgences.
17:13Moi, mon sujet n'est pas l'armée, etc.
17:16Mais juste pour faire comprendre
17:17les niveaux d'urgence et les besoins.
17:20C'est-à-dire que le budget de l'armée,
17:21par exemple, a quasiment doublé depuis 2017.
17:24On était à 32.
17:26Aujourd'hui, on est à 57 milliards,
17:28il me semble, comme ça, de mémoire.
17:30Et pas plus tard qu'en décembre 2025,
17:32sur l'urgence,
17:33le gouvernement a voté 6,7 milliards d'euros supplémentaires
17:38pour l'armée.
17:39Donc, on voit que quand il y a une urgence totale,
17:42puisque là, ça concerne moderniser notre arsenal,
17:48mais encore une fois, ça, c'est leur sujet,
17:49ce n'est pas le mien,
17:50mais je vois que quand même,
17:51quand il y a une urgence,
17:52ils savent dégager des budgets.
17:54Donc, nous, on demande 3 milliards d'euros
17:58alloués à la protection de l'enfance chaque année.
18:01Il est possible de dégager ces sommes-là.
18:04Ce que vous demandez précisément,
18:05c'est donc cette fameuse loi globale.
18:07Il s'agit donc, dans le détail,
18:09d'une loi transpartisane
18:09pour lutter de manière intégrale
18:11contre les violences sexistes et sexuelles
18:13commises à l'encontre des femmes et des enfants.
18:14Cette loi intégrale,
18:15c'est quelques 70 articles.
18:18Pas un seul n'aurait empêché le drame de l'IANA.
18:20C'est ce que dit le gouvernement.
18:22Qu'est-ce que vous répondez ?
18:23Écoutez, là, c'est vraiment de la mauvaise foi,
18:25comme on peut prétendre quelque chose pareil.
18:27C'est-à-dire que si cette loi était en place
18:29depuis quelques années,
18:30comme en Espagne, par exemple,
18:33M. Barrella aurait été déjà interpellé.
18:35Donc, la plainte de Rosa,
18:38si les services étaient numérisés,
18:39que ça avait pu faire le lien,
18:41la plainte de Rosa,
18:42la petite fille qui avait porté plainte en août 25,
18:45aurait été prise en compte.
18:46Donc, M. Barrella aurait été peut-être interpellé.
18:50Détention provisoire.
18:51En aucun cas, il aurait pu tuer l'IANA.
18:54C'est faux.
18:55Et puis, avant ça, il y avait des signalements.
18:57L'Éducation nationale avait signalé.
18:59Mais en fait, on pointe du doigt
19:00les gens qui signalent, en fait.
19:02Et c'est ça qui est assez terrible.
19:04Et c'est pour ça qu'il y a un problème de mentalité.
19:05Je vous dis que cette loi permettrait d'empêcher
19:06de tels drames.
19:07Mais oui, absolument.
19:08Mais alors à 100%, monsieur.
19:10À 100%.
19:11C'est-à-dire que si on change la culture,
19:13si on permet déjà,
19:14nous, ce qu'on voudrait,
19:16c'est de la prévention.
19:17Parce que ce que présente M. Darmanin
19:18est extrêmement punitif.
19:20Mais encore une fois,
19:20ça ne coûte rien.
19:21Donc, ça leur va.
19:22Ça permet de communiquer.
19:23Nous, ce qu'on voudrait,
19:24c'est qu'on attaque la culture à la base.
19:26C'est que les enfants soient déjà
19:30un rendez-vous chaque année
19:32par des professionnels de l'éducation nationale,
19:35psychothérapie, etc.
19:36pour voir si tout va bien à la maison,
19:38si tout va bien en dehors,
19:39pouvoir détecter s'il y a maltraitance
19:42quelque part dans la vie de cet enfant.
19:44Ensuite, EVAR, c'est-à-dire
19:49prévention totale,
19:50le programme de prévention totale
19:51sur l'intimité psychologique,
19:53intellectuelle, sexuelle,
19:55qui permettrait, pareil,
19:58de détecter et de protéger.
20:00Ensuite, si un enfant parle,
20:02le principe de précaution,
20:04un enfant qui va dire
20:05« Mon papa,
20:07fait-elle sévice ? »
20:08ou « Mon oncle »
20:09ou « Ma mère »
20:10dans un très petit pourcentage.
20:13Mais pouvoir extraire cet enfant
20:15du lien familial qu'on oblige.
20:18Parce que le nombre d'enfants
20:19qui sont obligés
20:21d'aller voir leur père
20:22chaque week-end
20:24en dépit du fait
20:25qu'ils aient témoigné contre lui.
20:26Et donc, ce sont les mères
20:28protectrices
20:28qui sont condamnées
20:30par la justice
20:30pour non-présentation d'enfants.
20:33C'est très, très courant
20:34en France.
20:35Donc, ça, voilà.
20:35Le principe de précaution.
20:37Protéger l'enfant.
20:38Faire attention
20:39à sa prise de parole.
20:41Donc, nous,
20:41on travaille sur la prévention.
20:42Ce qui permettrait
20:43d'avoir beaucoup moins
20:44de victimes.
20:45André Abescon.
20:46Oui.
20:46On voit que le gouvernement,
20:48sur cette loi intégrale,
20:50est pour l'instant
20:51assez frileux.
20:52On entend des voix
20:52qui nous disent
20:53que le calendrier parlementaire
20:54va être très serré.
20:55Ils ne sont pas très optimistes
20:56sur le fait que cela puisse
20:57être inscrit
20:57à l'ordre du jour
20:58du Parlement.
20:59Est-ce que vous craignez
21:00une occasion manquée ?
21:01Écoutez, nous,
21:02on ne laissera pas
21:03cette occasion passer
21:04puisque,
21:05comme je vous l'ai expliqué,
21:06ça fait dix ans,
21:07plus de dix ans
21:08qu'on nous promet des choses
21:09et que ça ne vient pas.
21:10Là, il y en a,
21:11c'est l'injustice de trop.
21:12Ils sont frileux,
21:13pourquoi ?
21:14Parce que c'est
21:15trois milliards d'euros.
21:16Oui.
21:16Voilà, ça,
21:17oui, ils sont frileux,
21:19je l'entends.
21:19Par contre,
21:20pour l'armée,
21:21ils peuvent,
21:21mais pas pour les enfants.
21:22Donc, ils sont frileux pour ça.
21:24Cette loi,
21:24elle a été rédigée,
21:25un petit peu d'humilité,
21:26chère sphère politique,
21:27cette loi,
21:28elle a été rédigée
21:29par 150 associations
21:30qui travaillent
21:31depuis des décennies
21:32sur le terrain
21:33des violences sexuelles.
21:34Ce sont des gens
21:35à qui on peut faire confiance.
21:36Donc, c'est vrai
21:37que quand j'entends
21:38le gouvernement être frileux
21:39et l'extrême droite
21:40parle peine de mort
21:41et un tel parlé
21:42de perpétuité
21:44ou l'extrême gauche dire
21:45c'est un peu trop carcéral,
21:47s'il vous plaît,
21:48on va arrêter
21:48les jeux d'enfants.
21:49Ils mettent la priorité
21:50sur le projet de loi
21:51pour la protection des enfants.
21:52Ils veulent l'inscrire d'abord
21:53dès le mois de juillet
21:54en débat
21:55à l'Assemblée nationale
21:56avec les mesures
21:57dont vous avez parlé.
21:58Il faut quand même
21:59des plaintes effectives,
22:00des peines effectives.
22:02Alors moi,
22:02je ne sais pas
22:02pour la prison à vie,
22:03évidemment,
22:03mais je trouve
22:04qu'il est normal
22:04qu'il y ait une sanction
22:05quand on viole un enfant.
22:08C'est drôle
22:08parce qu'on est le seul sujet,
22:10les viols des enfants,
22:11où on met en doute
22:14le système carcéral.
22:15C'est-à-dire que si on vole,
22:16si personne n'a fait
22:17de manifestation
22:18pour Nicolas Sarkozy
22:19quand il est allé en prison.
22:20Maintenant,
22:20il méritait la prison.
22:21Très bien,
22:21c'est comme ça.
22:22Mais les violeurs d'enfants,
22:23si.
22:24C'est-à-dire qu'il faut
22:24qu'il y ait quand même
22:25des sanctions carcérales
22:26qui ensuite,
22:26après,
22:27découlent sur un suivi
22:28socio-judiciaire,
22:29une surveillance accrue,
22:31etc.
22:32J'ai une affaire
22:33qui me vient en tête.
22:34On me parle souvent,
22:35on me dit,
22:36vous êtes
22:38carcérales,
22:39nous on est anti-carcérales.
22:42Pensez aux mineurs,
22:43par exemple.
22:43Mais enfin,
22:44les mineurs,
22:44regardez l'affaire Chahina.
22:46Quand Chahina va porter plainte,
22:48je rappelle cette histoire,
22:49Chahina va porter plainte
22:49pour viol contre
22:50deux garçons mineurs.
22:52Elle est prise de haut
22:53par la police.
22:54On dit,
22:54en fait,
22:55et ça aussi,
22:55c'est les formations
22:56qu'on propose
22:57sur le psychotraumatisme.
22:59On n'est pas obligé
22:59de pleurer
23:00quand on a été victime de viol.
23:01Chahina est froide.
23:03On lui dit,
23:03ah ben non,
23:04c'est pas vrai,
23:05tu n'as pas été violée
23:05puisque tu ne pleures pas.
23:06Bon,
23:07c'est totalement absurde,
23:08mais enfin,
23:08c'est un problème de formation,
23:09encore une fois,
23:10M. Macron.
23:11Donc,
23:12cette jeune fille
23:13porte plainte,
23:13c'est classé sans suite,
23:14personne ne veut prendre
23:15cette plainte,
23:15etc.
23:16Cette jeune fille,
23:17elle termine poignardée
23:18puis brûlée vive.
23:19Voilà,
23:20on en est là sur cette histoire.
23:21Dans l'Oise à la fin
23:21des années 2010.
23:22Exactement.
23:23Rose,
23:245 ans,
23:26tuée par Gabriel,
23:2716 ans,
23:28qui avait été condamnée
23:30pour viol
23:30sur trois petits garçons
23:31l'année précédente,
23:33qui avait écopé
23:34de trois ans de prison
23:36pour le viol
23:37de ces trois petits garçons,
23:38mais qui,
23:39étrangement,
23:39l'année d'après,
23:40tue Rosa.
23:42Donc,
23:43écoutez,
23:43il y a quand même
23:43un souci
23:44sur le traitement
23:46de ces criminels.
23:47Il y a un débat,
23:49Andréa Bescon,
23:50autour de la présomption
23:50d'innocence.
23:52Elle est notamment
23:52remise en cause
23:53par le juge des enfants,
23:54Édouard Durand,
23:55qui a présidé la Civise,
23:56cette commission
23:57qu'on évoquait
23:58et qui avait travaillé
23:59sur les violences
24:00contre les enfants.
24:01Est-ce que la présomption
24:02d'innocence est un frein ?
24:04Est-ce qu'elle doit être
24:04remise en cause ?
24:05Non,
24:06elle ne doit pas être
24:06mise en cause.
24:07C'est-à-dire que,
24:08moi,
24:08je rejoins M. Durand,
24:10le juge Durand,
24:11quand il dit qu'il faut
24:11un principe de précaution,
24:13c'est-à-dire
24:13« Écoutons la parole
24:14de l'enfant ».
24:16Le principe de précaution
24:17de ne pas obliger
24:18un enfant à voir son père
24:19quand l'enfant déclare
24:21que son père le viole,
24:22ça me paraît
24:23tout à fait logique.
24:23Ça ne veut pas dire
24:24que le père
24:24est forcément coupable.
24:26C'est juste
24:26un principe de précaution.
24:28On écoute les enfants.
24:30Aujourd'hui,
24:31je pense qu'en dépit
24:32du fait que nous sommes
24:33encore victimes
24:34du traumatisme
24:35de l'affaire Doutreau,
24:36on peut quand même
24:37comprendre qu'il faut
24:38écouter les enfants
24:39quand ils parlent
24:41des violences
24:41qu'ils subissent.
24:42Un autre débat
24:42sur l'imprescriptibilité
24:44des faits
24:45de violences
24:46contre les enfants,
24:47violences sexuelles
24:48contre les enfants.
24:50Est-ce que,
24:50ce qui est parmi les arguments,
24:52c'est de dire,
24:53juger quelque chose
24:54ou chercher des preuves
24:55sur des faits
24:55qui datent de 30,
24:5640 ou 50 ans,
24:58ça risque surtout
24:59de déboucher
25:00sur des non-lieux
25:01et sur des enquêtes
25:02qui n'aboutissent pas ?
25:03Écoutez,
25:04je suis pour
25:06l'imprescriptibilité
25:06des crimes
25:08de violences sexuelles
25:09sur mineurs,
25:09mais avant tout,
25:11il faut arrêter
25:11de classer sans suite.
25:12Déjà, il faut donner
25:13une accessibilité
25:15à la justice,
25:17mais c'est faux,
25:18c'est une théorie
25:19qui est un peu fausse
25:19puisque
25:21il y a beaucoup de victimes
25:22qui sont victimes
25:23d'amnésie traumatique.
25:25Et quand on sort
25:26d'amnésie traumatique,
25:27vous savez,
25:27l'amnésie traumatique,
25:28c'est quand
25:29le viol
25:30rapproche tellement
25:31de la mort,
25:31c'est un tel choc
25:32qu'on oublie.
25:32On oublie.
25:33Et puis,
25:34ça peut se réveiller
25:3530, 40,
25:3650 ans plus tard.
25:38Je connais très bien
25:39un monsieur
25:39qui habite dans mon immeuble
25:41que j'apprécie beaucoup
25:42et qui me racontait
25:43qu'il est sorti
25:45d'amnésie traumatique
25:46à 65 ans.
25:47Et à 65 ans,
25:49tout lui est revenu,
25:49mais d'une manière
25:50extrêmement clinique.
25:51C'est-à-dire qu'il pouvait
25:52dire qui était la personne
25:53qu'il avait violée,
25:54c'était dans l'église.
25:55Qui était la personne
25:56qu'il avait violée
25:57de telle manière
25:58dans telle ville
25:59à telle période.
26:00Et quand il a commencé,
26:01évidemment,
26:02c'était prescrit.
26:03Quand il a commencé
26:03à en parler
26:05aux autres victimes,
26:06à plusieurs victimes
26:07qui disent qu'il a retrouvé
26:09des victimes
26:10comme lui
26:10du même agresseur.
26:12Donc, en fait,
26:13des preuves,
26:13on peut en trouver.
26:14Bien sûr,
26:15on peut en trouver
26:15et notamment parce que
26:16quand on sort d'amnésie traumatique,
26:18les choses sont très précises.
26:19Moi, dans mon cas,
26:20ça a été le cas.
26:21Je n'étais pas sous le coup
26:22de la prescription,
26:23mais d'un seul coup,
26:24tout m'est revenu
26:25très, très clairement.
26:26Et quand j'en ai parlé,
26:27par exemple,
26:27à mon père,
26:28il m'a dit
26:28« Mais oui,
26:29je me souviens,
26:29nouvel an, 1989,
26:31effectivement,
26:31t'as dormi chez lui,
26:32etc. »
26:33Donc, en fait,
26:33tout ça,
26:34c'est des preuves.
26:35C'est marrant
26:35de vouloir protéger
26:37les victimes
26:39en leur disant
26:39« N'allez pas porter plainte,
26:41la prescription,
26:41c'est pour vous aider. »
26:43Non, non,
26:44c'est aussi un choix.
26:45Si on a besoin
26:46de porter plainte,
26:46portons plainte.
26:47Et puis,
26:47la justice doit nous entendre.
26:49À propos de votre engagement
26:50et de votre militantisme,
26:53racontez ce que vous êtes arrivé.
26:54Vous l'avez raconté
26:55dans une pièce
26:56et un film,
26:57les chatouilles.
26:58Ça vous amène
26:58à recevoir
26:59beaucoup de témoignages
27:00de victimes,
27:01des gens qui écrivent
27:03pour vous raconter
27:04finalement qu'à eux aussi,
27:05ça leur est arrivé.
27:06Comment faites-vous
27:08pour répondre,
27:09pour accueillir
27:10cette parole-là ?
27:11Est-ce que vous
27:11devez aussi vous protéger ?
27:13Comment ça ?
27:14Comment vous le vivez ?
27:15Ça dépend des périodes.
27:17Il y a des périodes
27:17où j'ai vraiment les épaules
27:19pour pouvoir répondre
27:20et rentrer dans le détail.
27:21D'autres périodes,
27:22moi,
27:22où je réponds juste par
27:23« Je suis avec toi ».
27:24« Ah, force et amour ».
27:26Voilà.
27:27Et puis,
27:27beaucoup,
27:28beaucoup,
27:28après mon spectacle,
27:29je passe beaucoup plus
27:29de temps à discuter
27:30avec les gens
27:31à l'issue du spectacle
27:32sur scène.
27:33Pourtant,
27:34le spectacle est long.
27:35Il fait 1h45.
27:37Mais je pense que
27:38c'est pour ça
27:39que je voudrais
27:39que les politiques
27:40prennent la mesure du fléau.
27:41On est tellement nombreux
27:43à en souffrir.
27:44Tellement nombreux
27:44et nombreux.
27:45Et je voudrais rappeler
27:46quand même
27:46que selon la civise,
27:49les violences sexuelles
27:50sur enfants,
27:51ça coûte 10 milliards
27:53d'euros
27:53à l'État
27:54par an.
27:55On demande
27:563 milliards
27:56pour travailler.
27:58Les conséquences
27:58du mal-être,
27:59les conséquences
27:59de vie gâchée,
28:00etc.
28:01Et puis,
28:02à quel point
28:03ça nous freine ?
28:04C'est-à-dire que nous,
28:04les victimes de violences sexuelles,
28:05on est obligé
28:06de payer nos soins.
28:07C'est nous qui payons
28:08avec notre propre argent
28:09le mal
28:10qu'on nous a fait
28:12et aussi
28:13le fait
28:14que la société
28:15veut qu'on reste silencieuse.
28:18ce n'est pas normal.
28:19Ça aussi,
28:20dans la loi
28:20qui est proposée,
28:21la loi intégrale,
28:22les soins sont remboursés.
28:24Andrea Bescon,
28:25merci beaucoup.
28:26Je rappelle que vous êtes
28:27réalisatrice et comédienne,
28:28auteure de
28:29L'Echatouille
28:30et donc engagée
28:31contre toutes ces violences
28:32contre les enfants.
28:34Vous restez avec nous
28:35dans un instant
28:36dans le grand jury.
28:37Nous recevons
28:37Rémi Hetz,
28:39le plus haut magistrat
28:40de France,
28:41procureur général
28:42près la Cour de Cassation.
28:43Il répondra
28:44à toutes ces accusations
28:46portées contre la justice
28:47cette semaine.
28:48A tout de suite
28:48pour la suite du...
28:58Suite du Grand Jury
29:00présenté par Olivier Bost.
29:02Seconde partie
29:03de ce Grand Jury
29:04avec Rémi Hetz.
29:05Bonjour.
29:06Bonjour.
29:07Vous êtes le plus haut
29:08magistrat de France.
29:09Vous êtes procureur général
29:11près la Cour de Cassation
29:12et vous présidez
29:13le Conseil supérieur
29:15de la magistrature.
29:16L'affaire Liana
29:18soulève la question
29:19de la confiance
29:20dans nos institutions,
29:21dans la justice.
29:22La responsabilité
29:24des magistrats,
29:25les procédures,
29:26les moyens des tribunaux,
29:27des enquêteurs.
29:28Faut-il tout changer ?
29:30À mes côtés
29:30pour vous interroger,
29:31Tam Tranui
29:32de Public Sénat
29:33et Loris Boachot
29:34du Figaro.
29:35Bienvenue dans
29:36ce Grand Jury,
29:37Rémi Hetz.
29:37Merci.
29:39Le Grand Jury,
29:40l'actualité de la semaine.
29:42Le drame de Liana,
29:44ce sont donc des plaintes
29:46classées sans suite.
29:47C'est une plainte négligée
29:49et ce sont des alertes ignorées.
29:52Dans un sondage Ipsos,
29:53la tribune aujourd'hui,
29:54Rémi Hetz,
29:5486% des Français
29:56estiment qu'il y a
29:58un problème récurrent
29:59dans le fonctionnement
30:00des institutions.
30:01Est-ce que 86%
30:03des Français ont tort ?
30:04Je voudrais tout d'abord
30:07dire combien
30:08cette affaire Liana
30:10nous bouleverse
30:12et nous meurtrit.
30:13Je suis allé
30:14cette semaine
30:15à la rencontre
30:17de nombreux magistrats.
30:18Je suis allé aussi voir
30:19les 451 magistrats
30:21qui vont prendre
30:22leur fonction.
30:23Ils sont à Bordeaux
30:24actuellement,
30:24au mois de septembre.
30:26J'ai trouvé des magistrats
30:28bouleversés,
30:29inquiets,
30:30mais pleinement conscients
30:31de leurs responsabilités.
30:33Et véritablement,
30:34l'état d'esprit
30:35qui est le nôtre
30:36aujourd'hui,
30:37c'est de tout faire
30:38pour qu'un tel drame
30:40ne survienne pas.
30:42Nous l'avons dit,
30:43c'est un échec collectif.
30:44Nous verrons
30:45s'il y a des responsabilités,
30:46mais c'est de toute façon
30:48un échec collectif.
30:49Il faut maintenant
30:50regarder l'avenir.
30:52Il faut que
30:53la confiance revienne.
30:56Et pour cela,
30:57nous devons tous
30:58nous mobiliser.
30:59Vous comprenez quand même
30:59les mois
31:00que cela produit
31:02dans le pays.
31:03Bien sûr.
31:03Ce chiffre a quand même
31:0486%
31:06de Français
31:08qui s'interrogent
31:09sur la confiance
31:10qu'on peut accorder
31:11aux institutions.
31:11Bien sûr.
31:12Et c'est la raison
31:13pour laquelle je pense aussi
31:14qu'il faut être attentif
31:16à ne pas
31:17attiser la colère
31:18et à ne pas
31:19la concentrer
31:20sur la seule institution
31:21judiciaire.
31:22Parce que notre institution
31:23judiciaire,
31:24elle est fragile.
31:26Notre institution
31:27judiciaire,
31:28c'est la clé de voûte
31:29de notre démocratie.
31:30et donc,
31:31il faut être attentif
31:33à ne pas la fragiliser.
31:34Donc,
31:35pas de
31:37surenchère.
31:37Il ne faut pas non plus
31:39jeter en pâture
31:40les magistrats
31:41puisque nous devons
31:42continuer à fonctionner
31:44au quotidien
31:45et nous devons
31:46faire en sorte
31:47que nos tribunaux,
31:48que l'ensemble
31:49de nos chaînes
31:50judiciaires,
31:51pénales,
31:51civiles,
31:52continuent de fonctionner
31:52dans la sérénité
31:54et véritablement
31:55dans la responsabilité.
31:56On va s'intéresser
31:57à ce fonctionnement.
31:58Mais est-ce que c'est
31:59de la surenchère
32:00lorsque le président
32:01de la République
32:02dit que c'est la confiance
32:03en nos institutions
32:03qui derrière est également
32:04posée ?
32:05Comment vous réagissez
32:07à cette prise de parole
32:08présidentielle ?
32:09Non, mais
32:10nous ne sommes pas
32:11dans le déni
32:12des difficultés.
32:13Aujourd'hui,
32:14ce que nous devons faire,
32:16c'est véritablement
32:17étudier notre fonctionnement,
32:19remettre à plat
32:20les choses.
32:22Nous avons,
32:23nous aurons en fin de semaine
32:24un rapport
32:25et nous devons progresser.
32:27regarder ce qui a été fait
32:28par exemple
32:29en matière de violence
32:31intrafamiliale
32:31ces dernières années.
32:33Après chaque féminicide,
32:34nous avons fait un retour
32:35d'expérience,
32:36un rétexte
32:37et nous avons progressé.
32:39Il y a donc,
32:40nous ne sommes pas face
32:41à une impuissance publique,
32:43nous pouvons progresser,
32:44nous pouvons aller
32:45de l'avant.
32:46Mais pour cela,
32:47il faut que chacun
32:49prenne ses responsabilités,
32:51il faut que l'on s'entende
32:51bien sur les priorités
32:53et il faut que nous le fassions
32:55dans un esprit
32:56de solidarité
32:58et il faut aussi
32:59que les responsables
33:00de public
33:01soient solidaires
33:02avec leur institution judiciaire.
33:04Loris Boachon.
33:05Le garde des Sceaux,
33:06Gérald Darmanin,
33:06a demandé aux magistrats
33:07de tous les parquets
33:08de réétudier
33:0970 000 plaintes
33:10en lien avec les policiers
33:11et les gendarmes enquêteurs.
33:1370 000 plaintes
33:13qui ont été déposées
33:14pour viol ou agression sexuelle
33:16sur des mineurs
33:16avant la mi-juillet.
33:18Ces plaintes
33:19devront être réexaminées.
33:20Première question,
33:21où en est ce travail
33:22et est-ce que les délais
33:23seront tenus ?
33:25Ce travail a débuté.
33:27Il a débuté
33:28dès le début
33:29de cette semaine,
33:30dès que les instructions
33:31ont été données
33:32et dans tous les parquets,
33:33nous en sommes
33:35à l'inventaire
33:36de l'ensemble du stock,
33:39du stock enregistré
33:41dans les parquets
33:41parce que ce qu'il faut voir
33:42c'est que ce chiffre
33:43de 70 000
33:44correspond à ce que
33:46les parquets traitent
33:47actuellement,
33:48ce qui est connu des parquets.
33:49Mais il y a un autre stock
33:50qui est un stock
33:51qui n'est pas encore
33:52totalement identifié,
33:54constitué de toutes
33:55les plaintes
33:56qui sont en cours
33:57dans les services
33:58de police et de gendarmerie
33:59et qui n'ont pas encore
34:00forcément été portés
34:01à la connaissance
34:02des parquets.
34:02Nous en sommes
34:04mais parce que
34:05les services de police
34:06et de gendarmerie
34:07sont aussi débordés
34:09par les plaintes.
34:10Depuis 5 ans,
34:12le nombre de plaintes
34:14a explosé.
34:15la parole s'est complètement
34:16libérée
34:17et il y a donc
34:19véritablement
34:20un travail considérable.
34:21Le nombre de mises en cause
34:22pour des violences
34:24sexuelles
34:25sur des mineurs
34:26il a progressé
34:27entre 2020 et 2024
34:28de 60%,
34:29de près de 60%,
34:30de 18 000 à 29 000.
34:32Ce sont des phénomènes
34:34massifs
34:35d'augmentation
34:36et donc
34:37les services
34:38font face
34:39à ce flux.
34:40Aujourd'hui,
34:41ce qu'il faut
34:42c'est repérer
34:43l'ensemble de ces procédures
34:44criblées,
34:45voir où il y a
34:46de l'urgence,
34:47de la dangerosité
34:48potentielle
34:49et ce travail,
34:50c'est un travail
34:50extrêmement fin.
34:52Tous les parquets
34:53sont mobilisés
34:54et d'ailleurs
34:55au-delà
34:56des seules sections
34:57des mineurs,
34:58les magistrats
34:58se regroupent
34:59et ça se fera
34:59d'ailleurs sûrement,
35:00il faut le dire
35:01là aussi,
35:02peut-être au détriment
35:03d'autres activités.
35:05On parlera
35:05des priorités après
35:06mais Rémi Nets,
35:07est-ce que ce travail
35:08de criblage
35:09sur les 70 000 plaintes
35:11en stock
35:11a déjà amené
35:13à des détentions
35:13préventives ?
35:14Est-ce qu'il y a
35:15des affaires
35:16identiques
35:17ou probablement
35:18identiques à celles
35:18de l'IANA
35:19qui ont été identifiées ?
35:20Alors ça,
35:20je ne pourrais pas
35:21le dire
35:22parce que nous ne sommes
35:23pas encore au stade
35:24justement où ces affaires
35:25peuvent déboucher
35:27dans l'immédiat.
35:27Nous sommes sur le repérage,
35:30sur la priorisation
35:31et sur l'action.
35:33Donc les parquets
35:34dans chacun
35:34de ces dossiers,
35:36les parquets vont donner
35:37des instructions
35:37très précises
35:38aux services de police
35:39et de gendarmerie
35:40pour leur permettre
35:42d'aboutir.
35:42Il faut voir que
35:43dans des petits parquets,
35:44dans des juridictions
35:45de petite taille,
35:46ça peut être
35:46une centaine de dossiers,
35:48ça peut être
35:48beaucoup plus
35:49dans les juridictions
35:50importantes,
35:51ce peut être
35:51plusieurs milliers
35:52de procédures.
35:54Il y a une autre question
35:55parce que vous parlez
35:55de la chaîne pénale
35:57dans son ensemble,
35:58c'est celle des prisons.
35:59Aujourd'hui,
36:00il y a 90 000 détenus
36:02pour 60 000 places
36:03à peu près.
36:04S'il y a un afflux
36:05de gens qu'il faut mettre
36:06en détention provisoire,
36:08préventive,
36:09dans ces affaires-là,
36:10est-ce qu'il y a
36:10de la place,
36:11tout simplement ?
36:12Eh bien,
36:13j'ai envie de vous dire
36:14que la situation
36:14est de ce côté-là
36:16extrêmement tendue,
36:17extrêmement difficile,
36:19mais les magistrats
36:20prendront
36:21leur responsabilité
36:22et s'il faut
36:23incarcérer
36:24des auteurs
36:26présumés
36:27de violences sexuelles
36:28sur mineurs
36:28qui peuvent être présentées
36:30d'une certaine dangerosité.
36:31Ils le feront.
36:31Ils le feront.
36:32Dans l'affaire de la mort
36:33de Liana,
36:34il y a beaucoup de questions
36:36autour de la procédure.
36:37Il y a une enquête en cours.
36:38Pour l'instant,
36:40on va vous poser des questions
36:41plutôt générales
36:41puisque vous ne pouvez pas
36:42répondre précisément
36:43sur l'enquête.
36:43mais sur la procédure précisément,
36:46vous dites qu'il y a
36:46des plaintes
36:47qui sont encore
36:48au niveau des enquêteurs,
36:50gendarmerie
36:51ou police.
36:52Quelle est la règle
36:53quand il y a une plainte
36:54qui arrive
36:55et qui est déposée
36:56pour des violences sexuelles
36:57sur des enfants ?
36:58Est-ce qu'il y a
36:59une transmission automatique
37:00au parquet ?
37:00Est-ce que le parquet
37:01est alerté de manière automatique ?
37:02Est-ce que tout ça
37:03fonctionne bien ?
37:04Alors si vous voulez,
37:05bien sûr,
37:06il faut quand même rassurer
37:07nos concitoyens,
37:08les choses fonctionnent bien
37:10et dans la majorité des cas,
37:12heureusement,
37:13elles permettent de déboucher.
37:15On ne dit pas
37:15tout ce qui fonctionne bien.
37:17On ne dit pas
37:18que quand même,
37:19chaque jour,
37:20grâce à l'action de la justice,
37:22des prédateurs sexuels
37:23sont empêchés de nuire.
37:25Il faut le rappeler.
37:27Nous avons quand même
37:28deux filières.
37:29Une filière de l'urgence,
37:31je peux dire qu'elle est solide
37:32dans les tribunaux.
37:33C'est la filière
37:34du traitement en temps réel
37:35des affaires.
37:36Et puis,
37:36nous avons une filière
37:37qui est celle
37:38des enquêtes préliminaires,
37:39plutôt des enquêtes
37:40au long cours.
37:41Et je pense que c'est
37:42sur celle-ci
37:43qu'il faut aussi,
37:44aujourd'hui,
37:45faire porter
37:46nos efforts.
37:48Attendez,
37:49pardonnez-moi,
37:49mais l'affaire Liana,
37:50c'est une affaire d'urgence ?
37:52Oui, justement,
37:53l'affaire Liana,
37:54elle a été traitée
37:55dans le cadre
37:56de l'enquête préliminaire.
37:57Et elle a manifestement,
37:59pour ce que j'en sais,
38:00à ce stade,
38:01m'a échappé,
38:02en quelque sorte,
38:04au label
38:05de l'urgence.
38:06Et c'est sûrement
38:06l'une des difficultés.
38:08Ce qui est certain,
38:09c'est qu'il nous faut
38:10remettre à plat
38:11notre système
38:12et nos façons
38:14de travailler.
38:15Encore une fois,
38:15nous l'avons fait
38:16pour les violences
38:16intrafamiliales
38:17et nous avons progressé.
38:19Nous devons dupliquer
38:20un certain nombre
38:20de solutions
38:21et ça nécessite
38:23aussi des moyens
38:25parce que
38:25ce que nous avons fait
38:26en matière
38:27de violences intrafamiliales,
38:28nous l'avons fait aussi
38:29grâce à des équipes
38:30et notamment grâce
38:31à des attachés de justice,
38:32grâce à une équipe
38:33autour des magistrats.
38:34Derrière l'affaire Liyana,
38:36il y a l'affaire Rosa.
38:37Est-ce que c'est là
38:38qu'il y a eu pour vous
38:39le plus de dysfonctionnements ?
38:40Est-ce qu'une procédure
38:41n'a pas été respectée ?
38:42Rappelons,
38:43plainte déposée
38:44pour le viol présumé
38:45de Rosa,
38:4611 ans par sa mère
38:48en août 2025,
38:49puis un dossier
38:51dormant,
38:52nous a-t-on dit,
38:52pas d'enquête.
38:54Tout le travail
38:55des inspections
38:56se concentre
38:57aujourd'hui
38:58sur l'affaire Rosa
38:59qui est en effet
39:00l'affaire
39:01qui est partie
39:02de Toulouse.
39:03Donc,
39:04je comprendrais que
39:05moi je suis le président
39:06du conseil supérieur
39:07de la magistrature
39:07pour le parquet
39:08et que si
39:09le garde des Sceaux
39:10demande des sanctions,
39:12nous serons amenés
39:13donc à statuer.
39:14Et je ne souhaite
39:15donc pas
39:15pour le moment,
39:17en l'absence aussi
39:17de tout rapport,
39:19donc me prononcer
39:20sur cette procédure,
39:21mais c'est bien celle-ci
39:21en effet
39:22qui fait l'objet
39:23de toutes les investigations
39:24des inspections.
39:26On s'interroge
39:26sur la longueur
39:27quand même
39:27des délais
39:27par exemple
39:29pour qu'un dossier
39:30en disant de façon
39:31plus générale
39:31passe d'un parquet
39:32à l'autre ?
39:33Je pense que
39:33si vous voulez,
39:34vous avez raison
39:35de pointer
39:36cette question
39:37parce que
39:38ce que l'on voit
39:39lorsqu'il y a
39:40de grosses catastrophes
39:41judiciaires,
39:43ce n'est pas
39:43d'ailleurs uniquement
39:44le cas dans le judiciaire,
39:45ça peut être transposé
39:46ce que je dis,
39:47mais c'est aussi
39:47le cas dans le judiciaire.
39:49Eh bien,
39:49c'est souvent,
39:50c'est souvent
39:51l'accumulation
39:53de dysfonctionnements
39:54qui peut conduire
39:55à une catastrophe.
39:56Je ne parle pas
39:56de l'affaire Rosa
39:57ou de l'affaire Liana
39:58en particulier,
39:59là je parle
39:59de façon générale.
40:00C'est souvent
40:01l'accumulation
40:02et ce que l'on constate aussi,
40:04c'est que souvent
40:05le diable
40:06se niche dans les détails
40:07et donc
40:08tout le travail
40:09des praticiens,
40:10c'est justement
40:11aujourd'hui
40:12de faire en sorte
40:13de combler
40:14ces angles morts,
40:16d'essayer
40:16de voir
40:17tout ce qui peut dysfonctionner
40:19à travers, par exemple,
40:20nos échanges numériques,
40:23à travers
40:23les contacts,
40:24les liens
40:25entre les parquets,
40:27les procédures
40:27d'enregistrement.
40:28Il faut faire
40:29une radioscopie
40:30totale
40:31de nos procédures
40:33pour aboutir.
40:34Je peux vous donner
40:34un exemple
40:35très parlant.
40:36En matière de violence
40:37intrafamiliale,
40:37on a connu,
40:38je l'ai connu
40:38comme procureur général
40:39de Paris,
40:40un féminicide terrible
40:42en 2021
40:43d'une femme
40:44qui était porteuse
40:45d'un téléphone grave danger.
40:46et on s'est aperçu
40:47qu'elle n'avait pas été prévenue
40:48de la libération
40:49de son agresseur
40:51depuis,
40:52grâce notamment
40:53à ces pôles
40:54vifs
40:55violences intrafamiliales.
40:56Une personne,
40:58une femme victime
40:58qui est porteuse
41:00d'un téléphone grave danger,
41:01elle est systématiquement
41:03informée
41:04quand son agresseur
41:05sort de prison.
41:05Et ça, voilà,
41:06c'est un exemple
41:07parmi d'autres
41:08et je pourrais
41:09en citer plusieurs,
41:11mais c'est un exemple
41:12qui montre
41:13que l'on doit
41:14s'attacher
41:14à toute notre chaîne.
41:16Moi,
41:16plus que des grandes réformes,
41:19je dirais,
41:20dont on parle
41:20et dont on peut parler
41:21aujourd'hui,
41:22la loi intégrale
41:23comporte beaucoup,
41:24beaucoup de mesures,
41:2570 mesures,
41:26il y a de tout
41:27dans cette loi intégrale.
41:28Mais plus que
41:29des grandes réformes,
41:30l'urgence,
41:31et plus aussi
41:32que l'arrivée de moyens
41:33qui se la mettra du temps
41:34de toute façon
41:35les moyens,
41:35mais l'urgence,
41:36l'urgence,
41:37c'est de revoir
41:38nos processus,
41:39nos procédures,
41:40déjà de faire ce travail
41:41sur les 70 000 plaintes
41:42et puis après
41:43de voir comment
41:44on peut améliorer
41:45les choses.
41:46Et quand je parle
41:47des moyens,
41:47quand je parle
41:48des moyens,
41:48ce ne sont pas seulement
41:50les moyens de la justice,
41:51nous pourrons peut-être
41:52y revenir par la suite.
41:53Vous nous en avez
41:54tout de suite,
41:55qu'est-ce qui manque
41:56comme moyens aujourd'hui ?
41:57Parce que les moyens
41:58de la justice
41:58ont été augmentés
41:59de 54%
42:00ces dernières années,
42:02ce qui est quand même
42:03conséquent.
42:03Est-ce que vous,
42:04vous avez vu
42:04les transformations
42:05dans la justice
42:05avec ces moyens-là ?
42:06Et s'il y a besoin
42:07d'autres moyens,
42:08où y a-t-il besoin
42:09de moyens ?
42:10Alors,
42:10les moyens,
42:12en effet,
42:13ils ont été augmentés.
42:14Et ça,
42:15nous en sommes conscients
42:17et reconnaissants
42:18d'ailleurs envers la nation,
42:19le nombre de magistrats
42:21a progressé.
42:22Vous voyez,
42:23je citais,
42:23450 auditeurs de justice
42:25qui arrivent,
42:25c'était 200 ou 250
42:26il y a quelques années.
42:27Est-ce que ça a tout changé
42:28ou est-ce que c'était
42:28juste un rattrapage minimal ?
42:30Alors,
42:30ça reste quand même,
42:31globalement,
42:32un rattrapage.
42:33Je rappelle quand même
42:34le chiffre qui est cité
42:35beaucoup dans les médias
42:36actuellement.
42:38Il y a 3-4 fois plus
42:40de procureurs
42:41dans les autres pays européens.
42:42Nous sommes avec 3 procureurs
42:44pour 100 000 habitants,
42:45très en deçà de la moyenne.
42:47Mais quand on parle
42:48des moyens,
42:50il faut voir toute la chaîne
42:51et notamment les moyens
42:53dédiés à la protection
42:53de l'enfance
42:54dans des affaires
42:55comme celles
42:56que l'on évoque.
42:58Ce sont aussi
42:59les moyens
43:00des services pédiatriques,
43:02les moyens des hôpitaux,
43:03les moyens en médecine légale.
43:06Moi,
43:06ce que me disent mes collègues,
43:07c'est qu'ils sont souvent
43:08très démunis
43:09dans la direction d'enquête
43:11parce que,
43:12parce que,
43:13eh bien,
43:14les services d'enquête
43:15sont submergés
43:16de policiers de gendarmerie
43:17mais qu'il manque aussi
43:18les partenaires essentiels
43:20pour effectuer
43:21ce travail de réseau.
43:23Parce que,
43:23ce qu'il faut comprendre,
43:24c'est que si on veut
43:25être efficace
43:25dans la prévention,
43:26c'est du travail
43:27en réseau.
43:28Et là,
43:29nous avons des faiblesses importantes.
43:31la chaîne n'est pas dimensionnée ?
43:33Je pense que,
43:34sur la protection,
43:36la chaîne n'est pas dimensionnée
43:38et je pense qu'en matière
43:39de protection de l'enfance,
43:40nous avons véritablement
43:42beaucoup d'efforts à faire.
43:43Savez-vous,
43:44par exemple,
43:45que des enfants placés
43:47par un des juges
43:48des enfants,
43:49eh bien,
43:50restent dans leur famille
43:51à défaut de place
43:52dans les établissements
43:53et dans les structures
43:54d'accueil ?
43:54Ça veut dire que,
43:55ça veut dire que les enfants
43:57parfois les plus exposés,
43:58les plus en danger,
44:00eh bien,
44:00ne sont pas suffisamment
44:02protégés.
44:03Donc,
44:03avec des moyens
44:04qui ne sont pas d'ailleurs
44:05toujours les moyens de l'État,
44:06mais aussi les moyens
44:07des départements,
44:08parce que la protection
44:09de l'enfance
44:09est une compétence
44:11aussi départementale.
44:12Mais,
44:14réfléchissons,
44:15en effet,
44:16on a employé beaucoup
44:16le mot cette semaine,
44:18approche systémique,
44:19mais cette approche systémique,
44:21vraiment,
44:22elle est absolument nécessaire
44:23et fondamentale,
44:24ce qui n'enlève rien,
44:25parce que je ne veux pas
44:26donner le sentiment
44:27de dédouaner la justice,
44:28ce qui n'enlève absolument rien
44:30au travail
44:31que nous avons à faire
44:32nous-mêmes.
44:33Rémi Hetz,
44:33parmi les chiffres
44:34de la semaine,
44:36on a lu
44:3880%
44:39à 90%
44:40des plaintes
44:41pour violences sexuelles
44:42ou pour des viols
44:44sont classées
44:44sans suite.
44:46Comment vous expliquez
44:47ces chiffres ?
44:47J'explique ces chiffres
44:50par plusieurs facteurs.
44:53Déjà,
44:54il y a un nombre
44:55de plaintes considérables,
44:57parfois sur des faits
44:58qui sont très anciens,
44:59pour lesquels
45:00nous n'arrivons pas
45:01à établir
45:02la réalité
45:03de ce qui s'est passé.
45:04Donc,
45:05parmi ces classements,
45:06il y en a
45:07une grande majorité
45:08qui le sont
45:08parce que l'infraction
45:09est insuffisamment caractérisée.
45:11On ne peut renvoyer
45:12un auteur
45:13devant une présumée,
45:15devant une juridiction pénale
45:16et le faire condamner
45:17qu'avec des éléments
45:18de preuve.
45:19Or,
45:19ces affaires sont
45:20très compliquées.
45:21La parole ne suffit pas.
45:22Mais c'est-à-dire que
45:23quand il n'y a que
45:24la parole de l'un
45:26face à la parole de l'autre,
45:27souvent,
45:28c'est extrêmement compliqué.
45:29D'où la nécessité
45:30aussi
45:31de recueillir
45:32de façon très professionnelle
45:33cette parole de l'enfant
45:35et d'où la nécessité
45:36aussi
45:36de généraliser
45:37les structures
45:38pédiatriques
45:39d'accueil
45:40de la parole
45:41de l'enfant.
45:43il y a déjà
45:44des salles Mélanie,
45:45mais derrière,
45:45il faut des personnels,
45:47il faut des infirmiers,
45:48il faut que la parole
45:49de l'enfant,
45:50en effet,
45:51puisse être recueillie
45:52dans les meilleures conditions
45:54possibles.
45:55Et d'autres classements
45:56peuvent s'expliquer aussi
45:56pour d'autres raisons,
45:57mais ce qu'il faut bien voir,
45:59c'est que lorsqu'un auteur
46:01est identifié
46:02et que des faits
46:03sont caractérisés,
46:04il n'y a pas
46:05de classement
46:05d'opportunité.
46:07Les parquets
46:08poursuivent,
46:08apportent une réponse pénale
46:09dans 95% des cas.
46:11Alors pensez-vous
46:12de ce décret
46:13annoncé par le Premier ministre
46:14pour que les classements
46:15sans suite
46:15sur les crimes sexuels
46:17soient motivés ?
46:18Est-ce que c'est une bonne idée
46:20de la part du Premier ministre ?
46:21Alors, je pense que
46:22déjà,
46:23les classements sans suite
46:24reçoivent une forme
46:25de motivation
46:26puisque, justement,
46:27nous codifions
46:29en quelque sorte
46:29nos classements
46:31prescriptions,
46:32infractions
46:32insuffisamment caractérisées,
46:34absences d'infractions.
46:34S'il faut les motiver
46:35de façon circonstanciée,
46:37je dis que ça peut être
46:38une bonne idée.
46:39Je dis,
46:39aussi,
46:40comme toujours,
46:41qu'il faut que les moyens
46:42soient associés
46:42à ce type de mesures.
46:43Ça peut être contre-productif ?
46:45Non, non, non.
46:46C'est-à-dire qu'il ne faut pas
46:48creuser l'écart
46:50avec nos concitoyens
46:51et il ne faut pas
46:53superposer
46:53donc les charges
46:54sans moyens
46:55affectés.
46:56Si nous pouvons le faire,
46:59si nous devons le faire,
47:00oui,
47:01mais avec les moyens associés.
47:03Rémiettes,
47:03je rappelle que vous êtes
47:04le plus haut magistrat de France.
47:06Dans les idées
47:06qui ont émergé,
47:08ou qui ont été reprises
47:09cette semaine,
47:10je vais vous en citer
47:11plusieurs et je vous propose
47:12de me dire
47:13bonne idée,
47:14mauvaise idée,
47:16avoir ou hors sujet.
47:17Voilà,
47:18pour des réponses courtes.
47:19L'imprescriptibilité
47:20pour les crimes
47:21sur les mineurs.
47:22Alors,
47:23elle se heurte
47:24à des difficultés,
47:26cette imprescriptibilité
47:29liée à l'écoulement
47:30du temps.
47:30Puis,
47:31il faut savoir
47:31sur quoi nous devons
47:32faire porter nos efforts.
47:34Est-ce qu'on fait porter
47:34nos efforts
47:35sur des faits
47:36qui se sont produits
47:37il y a 40 ou 50 ans
47:38ou sur des faits
47:38beaucoup plus récents
47:39avec des personnes
47:40qui sont encore en situation
47:41d'être très dangereuses ?
47:42Mais,
47:42de manière générale,
47:44sur tout ce que vous allez me citer,
47:45moi,
47:45il y a quand même
47:46trois principes
47:46que je souhaite rappeler.
47:48attention,
47:49pas de loi,
47:50je dirais,
47:51de circonstances.
47:52Pas de loi d'émotion,
47:54en quelque sorte.
47:56Deuxièmement,
47:57je le répète,
47:58mais pas de loi
47:58sans étude d'impact.
47:59C'est-à-dire qu'une loi
48:00sans moyens,
48:02on trompe,
48:03on trompe nos concitoyens.
48:05Il faut que les moyens
48:06soient là
48:07pour que nous puissions
48:08mettre en œuvre
48:08ce que vote
48:09la représentation nationale.
48:11Et puis,
48:11pas de hors sujet.
48:12Parce que,
48:13il y a,
48:15je pense,
48:15dans la liste
48:16que vous avez me donné
48:17sûrement
48:18des hors-sujets
48:19et attention aussi
48:21à nos grands principes
48:22démocratiques.
48:22Par exemple,
48:23la castration chimique
48:24contre les récidivistes
48:25en matière
48:26de crime sexuel
48:27contre les enfants ?
48:27Il faut savoir
48:28que toute peine
48:29ou tout châtiment
48:30de nature corporelle
48:31ou en tout cas
48:32toute...
48:33Du président des Républicains
48:34Bruno Reneau.
48:34Oui,
48:35mais par exemple,
48:35une mesure
48:36comme celle-ci
48:37qui touche directement
48:38à l'intégrité physique
48:39de la personne,
48:40elle,
48:41c'est déjà le cas d'ailleurs
48:42parce qu'il y a des injonctions
48:44de soins
48:44avec des traitements
48:45qui peuvent être
48:47vraiment tout à fait
48:47intéressants
48:48au plan sanitaire.
48:50Mais ces mesures
48:51ne peuvent être prises
48:53qu'avec l'adhésion
48:55de la personne.
48:56Donc,
48:56cela présente
48:57bien sûr
48:58une certaine limite.
48:59Encore un ou deux points.
49:01le retour des instructions
49:03individuelles
49:04auprès des procureurs.
49:05Vous me permettrez
49:05d'être assez libre
49:06parce que c'est un sujet
49:07en plus que je connais bien
49:08puisque j'ai été
49:08quand même
49:09pendant dix ans
49:10à la direction
49:11des affaires criminelles
49:12et des grâces
49:12au cœur de la relation
49:13entre le ministère
49:14et les parquets.
49:16Je ne pense pas
49:17à vrai dire
49:17que ce soit le sujet.
49:19Pourquoi ?
49:19Parce que ce n'est pas
49:20dans ce type d'affaires
49:22que l'on donne
49:24des instructions
49:26individuelles.
49:27Et puis,
49:27la fin des instructions
49:29individuelles
49:29en 2013
49:30elle a quand même
49:33correspondu
49:33à un acquis
49:34démocratique
49:35en termes
49:35d'indépendance
49:36de la magistrature.
49:37Souvenez-vous,
49:38souvenez-vous
49:39quelles suspicions
49:40faisaient naître
49:41sur le fonctionnement
49:43de la justice
49:43les instructions individuelles
49:45dans un passé assez récent.
49:46Sur les affaires politiques
49:47au financier notamment.
49:47Sur les affaires politiques
49:48au financier notamment.
49:49Donc,
49:49je pense que ce n'est
49:51pas forcément le sujet.
49:51À propos d'instructions
49:52générales,
49:53Gérald Darmanin,
49:54le garde des Sceaux
49:55avait listé
49:56parmi d'autres priorités
49:58celle de la lutte
49:59contre les violences
50:00contre les enfants.
50:01Vous dites aujourd'hui
50:02qu'il y a trop de priorités ?
50:04Je dis surtout
50:05qu'il faut de la solidarité
50:07et que
50:09nous sommes bien conscients
50:10que ces priorités
50:12sont vraiment
50:13à mettre
50:14au cœur
50:15de notre action.
50:16Ça,
50:16nous en sommes conscients.
50:17Mais il faut aussi
50:19collectivement,
50:20solidairement
50:20pouvoir dire
50:21eh bien ça
50:22et ça
50:22c'est moins prioritaire.
50:24Parce que jusqu'à maintenant
50:25et c'est vraiment
50:26le sentiment
50:26de mes collègues
50:27c'est que
50:28ces priorités
50:28se sont sédimentées,
50:29se sont ajoutées
50:30mais qu'on n'en a
50:31jamais retranché.
50:32Et donc,
50:33je pense qu'il faut
50:33que l'on puisse dire
50:35eh bien non,
50:36que telle ou telle action
50:37elle doit passer
50:38plutôt au second plan.
50:39Vous savez,
50:39les parquets,
50:40les juridictions
50:41sont au cœur d'attentes
50:42très très nombreuses
50:43et très diverses.
50:44Des élus,
50:45des partenaires,
50:46de l'administration.
50:47Donc,
50:47il faut faire des choix.
50:49Rémi Yates,
50:49vous êtes président
50:50du Conseil supérieur
50:51de la magistrature.
50:52Alors,
50:52à ce titre-là,
50:53vous devrez dire
50:55s'il y a besoin
50:56de sanctions
50:56sur les magistrats
50:58dans l'affaire Liana.
51:00Est-ce que,
51:01jusque-là,
51:02toutes les recommandations
51:03faites par le Conseil supérieur
51:05de la magistrature
51:05ont été suivies
51:06ces dernières années,
51:09même plusieurs dizaines d'années,
51:10par les gardes des Sceaux ?
51:12Oui.
51:12Est-ce que vous craignez
51:13que Gérald Darmanin,
51:15avec l'émotion populaire
51:16qu'on a évoquée,
51:17ne suive pas nécessairement
51:18vos recommandations ?
51:19Moi,
51:20je ne veux pas anticiper.
51:21Je ne veux pas anticiper.
51:22Nous verrons comment
51:23les choses vont se dérouler.
51:25L'important,
51:25c'est que les procédures
51:27puissent être menées à terme
51:30s'il doit y avoir
51:30une procédure disciplinaire.
51:31Ce que je veux dire,
51:32quand même,
51:32c'est que le Conseil supérieur
51:33de la magistrature,
51:34contrairement à ce que j'entends,
51:36il ne fait pas preuve
51:36de laxisme et de faiblesse.
51:39Il rend des sanctions
51:40et il est composé d'ailleurs
51:42pas uniquement de magistrats,
51:43mais également
51:44de membres extérieurs
51:46désignés par les plus hautes
51:47autorités de l'État,
51:48à parité.
51:48Il y a des révocations
51:51généralement pour des fautes graves,
51:52mais qui sont des fautes
51:53de comportement personnel,
51:54pas pour leurs activités professionnelles,
51:56pour des décisions
51:57prises par les magistrats.
51:58Est-ce que là,
51:58ça pourrait aller
51:59jusqu'à des révocations ?
51:59Il y a toute une gamme,
52:01du blâme jusqu'à la révocation,
52:03il y a toute une série,
52:05en effet,
52:06de sanctions
52:06avec une gradation.
52:08Il est vraiment
52:09beaucoup trop tôt,
52:10de toute façon,
52:10pour évoquer cela.
52:12Attendons le rapport
52:13des inspections
52:14et les décisions
52:15qui seront prises
52:16par le gouvernement
52:17et par le garde des Sceaux
52:18en particulier.
52:18Merci beaucoup,
52:19Rémi Hetz.
52:20Je rappelle que vous êtes
52:20procureur général
52:21près de la Cour de Cassation
52:22et également président
52:24du Conseil supérieur
52:25de la magistrature.
52:26Merci beaucoup
52:27pour ce grand jury.
52:29Bon dimanche à tous
52:29et on se retrouve
52:30la semaine prochaine.
52:30Sous-titrage Société Radio-Canada
52:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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