- il y a 13 heures
Les États-Unis ont dit avoir abattu samedi 13 juin plusieurs drones iraniens qui visaient des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, malgré l'optimisme affiché quelques heures plus tôt par les deux parties au sujet d'un accord de paix.
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00:00Et oui, effectivement, il s'est fendu d'un long message sur son réseau social Truth pour l'expliquer.
00:06Cet accord sera bien, selon lui, ce protocole. D'accord sera bien signé ce dimanche.
00:11Il se trouve que ça tombe bien. C'est son adversaire, ses 80 ans.
00:14Vous entendez peut-être derrière moi la musique un peu grandiloquente.
00:17Ce sont les répétitions du combat de MMA qui se trouvent de l'autre côté de ce mur, de la
00:22salle de presse de la Maison Blanche.
00:24Donald Trump aimerait que cet accord soit signé. Il affirme qu'il le sera.
00:28Il pense même que le détroit d'Ormou sera rouvert dans la foulée.
00:33Et puis il s'avance aussi sur d'autres sujets, notamment la question du nucléaire,
00:36puisqu'il estime que grâce à cet accord, l'Iran n'aura pas d'armes nucléaires
00:40et que dans un second temps, les États-Unis iront chercher les réserves d'uranium enrichies.
00:46Oui, mais il faut rappeler, cet accord ne porte que sur de petits points.
00:51Le reste, les négociations techniques, l'essentiel de la question nucléaire,
00:55ce sera dans une seconde phase, 60 jours de négociations techniques qui sont attendus entre les deux pays.
01:01Autant dire que ce n'est que le tout début.
01:03Donc Donald Trump semble un peu s'emballer, mais c'est vrai que son ton est plutôt optimiste.
01:09Il est satisfait des nouvelles relations avec l'Iran et pense qu'elles vont devenir de bonnes relations avec le
01:15temps,
01:15même si à la fin de ce message, ils continuent à menacer et à dire que si les choses ne
01:21se passent pas bien et correctement et rapidement,
01:24eh bien il y a toujours une option qu'ils pourront activer.
01:26Il ne dit pas laquelle, mais les menaces sont toujours là.
01:29Bref, Donald Trump fait encore du Donald Trump, ça ne change pas.
01:32Et ça nous incite à la plus grande prudence sur ce protocole d'accord.
01:38– Évidemment, à tout à l'heure, merci beaucoup Axel Meunier pour ces dernières précisions du côté de Washington.
01:45Effectivement, Patrick Sos, bonsoir.
01:47– Bonsoir.
01:47– Ce qu'on peut constater, c'est que ces dernières minutes, le président américain s'est réveillé,
01:51il s'exprime sur les réseaux sociaux et il met la pression sur les principaux sujets de désaccord,
01:58Hormuz et le nucléaire.
02:00– Oui, sachant qu'il donne raison en fait à ce que dit l'agence Farce juste derrière.
02:05Alors il faut être très précis, l'agence Farce n'est pas une agence d'État iranienne,
02:07c'est une agence proche des gardiens de la révolution.
02:10Et qui a, c'est assez étonnant lorsqu'on pense par exemple à l'agence France Presse ou Reuters,
02:15il y a un travail qui est très rigoureux et surtout sans avis.
02:18Eh bien Farce, c'est exactement l'averse.
02:19Et les Iraniens disent, l'étrange insistance de Trump sur la signature d'un accord cadre avec l'Iran
02:24est un test pour l'équipe de négociation.
02:26Point intéressant, la coïncidence de ce dimanche avec le 14 juin, jour de l'anniversaire de Trump,
02:33certains observateurs supposent qu'ils l'insistent à ce point pour exploiter symboliquement cette occasion.
02:37Mais, et ça aussi c'est intéressant, je le répète, Farce, ce n'est pas juste l'Iran,
02:42c'est une agence proche des gardiens de la révolution.
02:44À la toute fin de leur papier, si je puis dire,
02:48du point de vue de justement cette coïncidence avec le 14 juin,
02:53le destin, c'est un peu grandiloquent et c'est une traduction logicielle,
02:56le destin de la signature ou pas de dimanche
02:58sera un test de la sincérité et de la fermeté des responsables iraniens face aux pressions ostentatoires.
03:04Donc, les gardiens de la révolution, par leur agence, sont en train de dire attention aussi aux négociateurs,
03:11faites très attention, si je puis dire, à cette coïncidence avec le 14 juin
03:16et surtout essayez de garder la main sur la communication
03:20parce que pour l'instant, effectivement, si ça tombe le 14 juin, anniversaire de Trump,
03:24mais aussi, on finit par l'oublier, c'est le Flag Day, c'est le jour du drapeau,
03:27ce jour où les Américains, en 1777, ont choisi la bannière étoilée pour les représenter,
03:33eh bien, ça ne va pas très bien dans la propagande iranienne.
03:35Vous voyez que ça tire un petit peu de tous les côtés, y compris entre les Iraniens.
03:39Donc, à la question, en termes de calendrier, qu'est-ce qui se profile ?
03:43Vous ne pouvez pas répondre ce soir, on est bien d'accord ?
03:45Personne ne veut, on voit très bien, gros, comme sur le nez, au milieu de la figure,
03:51le 14 juin, on le sait, c'est l'anniversaire de Trump, ça marcherait bien,
03:55mais il se trouve, vous parliez de ces messages sur troupes chaussures,
03:57il est en très grande forme, Donald Trump.
03:58L'équipe des États-Unis a obtenu son meilleur résultat dans une Coupe du Monde.
04:03Il a son combat de MMA qui arrive dans la nuit.
04:06Il va ensuite avoir Evian, puis le Fast, on le sait maintenant, de Versailles.
04:11Lui, il est dans une bonne séquence et, en fait, pour tout vous dire, Alice,
04:14que ça tombe demain ou les jours à venir,
04:17il se prépare quand même à une grande victoire, au moins dans la com'.
04:20En tout cas, c'est comme ça qu'il va la présenter.
04:23Je disais, Guillaume Ancel, lorsque vous installiez sur ce plateau,
04:27avant de prendre l'antenne, on a encore le sentiment ce soir
04:29qu'il y a la version américaine du mémorandum et la version iranienne
04:33et qu'il va falloir compiler les deux.
04:35Et vous me disiez, non, non, non, non, cette fois, il y a vraiment un compromis,
04:39une ébauche d'accord. Pourquoi ? Expliquez-nous.
04:41En fait, il faut prendre un tout petit peu de recul,
04:45parce que si, effectivement, on va dans les détails du jour
04:47et de la personne qui va signer, comme l'a très bien expliqué Patrick,
04:50on sera fous avant la fin de la soirée.
04:52Par contre, ce qui est crucial, c'est que cette guerre,
04:55qui a duré plus de 100 jours, qui a bloqué le détroit d'Hormuz,
04:58qui a fait des milliers de morts, elle va s'arrêter.
05:01Et c'est ça, pour moi, qui est important, parce que Donald Trump a annoncé,
05:05pour une fois, avec sérieux, qu'il y avait un protocole,
05:08que les Iraniens ne l'ont pas démenti et qu'il va envoyer GD events pour le signer.
05:13Pourquoi c'est important ? Parce qu'on sait très bien que ce protocole est imparfait.
05:17En fait, derrière, il faudra négocier un accord.
05:19Et s'il nous avait annoncé que c'est lui qui avait trouvé cet accord,
05:22tout le monde aurait pu se dire, bon, il nous raconte un krach.
05:24C'est juste la 39e fois qu'il l'aurait fait,
05:27et la 10e semaine où il annonçait, au moment du week-end,
05:30qu'il y avait un accord fantastique allervé.
05:31Là, c'est sérieux.
05:33On sait que GD events se prépare à partir en Europe,
05:36parce qu'il va assister au G7 à Evion.
05:39Donc les C-17 qui transportent tout le convoi présidentiel sont déjà en place.
05:43On sait que GD events aura à supporter cet accord,
05:47parce que ça permettra à Trump de ne pas l'endosser,
05:51alors qu'il est parfaitement imparfait.
05:52Mais très concrètement, qu'il est prêt, le protocole ?
05:55Alors que prévoit-il, ce protocole, par exemple, sur le détroit d'Hormuz ?
06:00Alors sur le détroit d'Hormuz, ça fait partie des points comme le nucléaire.
06:04Le nucléaire est central, mais j'y reviens dans une seconde.
06:05Non, oui, d'abord le détroit d'Hormuz.
06:06Mais sur le détroit d'Hormuz, en fait, pour l'instant,
06:09le protocole ne règle pas complètement la question du détroit d'Hormuz.
06:13Il y a simplement une levée du blocus, il faut comprendre, américain,
06:16et d'autre part, ça veut dire que les Iraniens rétabliraient la circulation.
06:19Là où il y a un flou artistique, et je pense que les autres intervenants
06:24vont pouvoir expliquer ce qui se passera et ce qui ne se passera pas,
06:27c'est est-ce que la navigation sera libre ?
06:29Je rappelle que le droit de la mer, c'est la libre circulation.
06:32Ou est-ce que, sous prétexte de frais d'escorte ou de passage,
06:37les Iraniens vont imposer un système de navigation à péage
06:41qui serait là un levier incroyable pour l'Iran,
06:44alors que la situation qui prévalait n'était absolument pas celle-ci ?
06:47Est-ce que c'est ce qui se profile, David Kalfa,
06:50sur la gestion du détroit d'Hormuz ?
06:52Va-t-il y avoir une nouvelle gestion des Iraniens ?
06:55Une nouvelle mainmise, soyons clairs, sur ce détroit d'Hormuz ?
06:59En tout cas, c'est ce que prétendent les Iraniens ce soir.
07:02Maintenant, quand on regarde la réalité des faits,
07:04c'est qu'il y a un seul accord.
07:06Cet accord, ça sera un bout de papier, deux pages.
07:09Quand on parle du JCPO, et donc l'accord sur le nucléaire de 2015,
07:12on parle de 170 pages, quasiment, avec 4 ou 5 annexes,
07:16donc on n'est pas sur un accord en réalité.
07:19Et ce seront principalement des déclarations de principe
07:22qui seront suffisamment floues pour permettre aux uns et aux autres
07:25de sauver la face et de prétendre avoir gagné ce conflit.
07:28Sur Hormuz, c'est le flou artistique.
07:30Il y a deux versions.
07:31Il y a le narratif américain et le narratif iranien.
07:34Trump dit que le détroit d'Hormuz sera ouvert à tous.
07:38Voilà ce qu'il a écrit ces dernières heures.
07:40Et ce n'est pas du tout ce que disent les Iraniens.
07:42Il y aura une réouverture du détroit, il n'y a pas de doute là-dessus.
07:45Mais en revanche, ce qu'on peut imaginer,
07:47c'est que dans le même temps, parallèlement,
07:49une levée du blocus naval américain,
07:52la question qui a été soulevée à l'instant par Guillaume,
07:56elle est pertinente parce que le vrai sujet,
07:59c'est que les Iraniens disent ce soir,
08:01il faut faire un distinguo entre le droit de péage,
08:03donc on est d'accord, c'est contre le droit international,
08:05donc il n'y aura pas de droit de péage.
08:06Et il parle des frais, de frais d'escorte,
08:08mais ça revient en même.
08:09En fait, dans les faits, ils veulent imposer un droit de péage
08:12et de facto, c'est ce qu'ils font déjà depuis plusieurs semaines.
08:14Et c'est ce qu'ils vont aller chercher jusqu'au bout dans ces négociations ?
08:18Moi, je pense plus qu'on est dans une guerre de communication qu'autre chose
08:20parce que la réalité de ce conflit, il faut bien comprendre,
08:22c'est que vous avez la dimension militaire qu'on a commentée ici abondamment
08:25et vous avez une dimension politique et idéologique.
08:27Là, il s'agit de contrôler le récit
08:29parce que chacun parle à sa base.
08:31Trump a bien compris que les conséquences de cette guerre
08:34sur la base Maga étaient assez catastrophiques
08:38avec des mi-termes qui s'annoncent compliqués pour lui.
08:42Et de la même manière, pour les Iraniens,
08:45vous avez quand même, même si le régime prétend
08:47qu'il a résisté à cette guerre,
08:49une fragmentation au sommet de l'État
08:51et surtout une économie qui est à terre.
08:54On va aller dans un instant en Iran retrouver Siavosh Ghazi,
08:57mais d'abord vice-amiral Michel Olegaraï.
08:59Un mot aussi sur ces toutes dernières déclarations du président américain
09:04sur l'uranium enrichi.
09:06Il dit, ce soir, le moment venu, quand tout sera calme,
09:09nous irons récupérer la poussière nucléaire
09:11enfouie profondément dans les montagnes
09:13grâce à nos magnifiques bombardiers B2
09:16et à leurs brillants pilotes.
09:18Alors là aussi, il faut rester très prudent.
09:21On est dans la guerre de la communication,
09:22mais lorsqu'on parle quand même d'envoyer les bombardiers B2
09:25pour récupérer la poussière nucléaire,
09:28on ne parle pas d'une toute petite opération militaire.
09:30Alors vous me dites un mot pour régler ce gros problème ?
09:33Eh bien, ça sera difficile.
09:35Et je remercie Guillaume Ancel de nous avoir filé la patate chaude
09:38en disant que nous allions dire,
09:40OK, M. Cardra et moi, des choses définitives
09:41sur cette affaire-là qui a été fort bien décrite jusqu'à présent.
09:46Juste deux choses.
09:47On a l'impression que de la part des Iraniens,
09:51il y a deux voix.
09:53Donc deux voix qui parlent,
09:54donc discordance,
09:55donc on ne sait pas quelle est la bonne.
09:56Y a-t-il un seul papier ? On ne sait pas.
09:58Côté américain, ils risquent de vexer beaucoup Trump quand même
10:02s'il ne signe pas d'ici demain.
10:04Ensuite, la citature,
10:06vous avez déjà entendu dire que ça pourrait se passer
10:09de façon digitale et électronique.
10:13C'est-à-dire que J.D. Vance,
10:15est-ce qu'il aura envie véritablement de se commettre
10:18dans une table sans personne en face ?
10:21C'est quand même un peu compliqué.
10:23Alors ce n'est pas l'idée selon nos informations.
10:25Alors qu'il faut les rappeler nos informations.
10:26C'est qu'on partirait d'abord sur une signature électronique
10:30et que selon nos informations,
10:31c'est une source proche de négociation
10:33qui nous la donne sur BFM TV,
10:35il y a bien une rencontre directe
10:37qui est prévue entre deux grandes personnalités.
10:40Avec qui ?
10:40Une américaine et une iranienne.
10:43La semaine prochaine.
10:44Deux de très haut niveau.
10:45La semaine prochaine, Patrick.
10:46La semaine prochaine, juste après le G7.
10:48Ensuite, vous me permettrez de ne pas aller un peu plus loin.
10:50Mais ça se passe non pas à Genève,
10:52mais dans une petite localité, sur les bords d'un lac,
10:55il y en a quelques-uns, à l'est de la Suisse.
10:57Mais quelque chose de concret, surtout de direct,
10:59pour passer à la suite, puisqu'on le rappelle,
11:02voilà, pour l'instant, dans les jours qui arrivent,
11:04on arrive simplement sur un cessez-le-feu
11:06et la réouverture d'Hormuz,
11:07c'est-à-dire ce qui se passait le matin du 28 février.
11:10Le reste, c'est une page blanche qui va séparer.
11:13Déjà que c'est de plus en plus flou.
11:15Et plus il y a de flou, plus il y a de loup.
11:17On revient au nucléaire.
11:18Je reviens vers vous sur le nucléaire dans un instant,
11:21mais Siavoj Ghazi, qui est le correspondant, évidemment,
11:23de RFI et France 24 à Téhéran, nous attend.
11:26Une première question, Siavoj.
11:28Pourquoi les Iraniens veulent faire traîner
11:30en ce qui concerne le calendrier ?
11:32Pourquoi ils excluent une signature dans les prochaines 24 heures ?
11:39Écoutez, il n'y a pas eu d'explication.
11:41Les Iraniens disent officiellement que tout n'est pas réglé.
11:45Ils travaillent encore sur le texte de deux pages.
11:49Donc il y a des mots qu'il faut changer, qu'il faut modifier.
11:53Donc ça, c'est la version officielle.
11:54Mais ce que l'on sait, c'est qu'ils ne veulent pas faire un cadeau
11:58à Donald Trump qui va fêter demain sur l'anniversaire.
12:02Ils ont refusé il y a quelques jours une cérémonie officielle
12:05de signature de ce document.
12:06Donc pour dire que ce n'était pas question de permettre aux Américains
12:09d'en tirer profit, de faire de la propagande
12:12pour dire que finalement, ils ont tenu un accord avec l'Iran.
12:16Et ensuite, demain, c'est un jour particulier.
12:19Donc pourquoi l'Iran enverra un responsable à Genève
12:26pour signer ce document ?
12:28C'est pour ça que les Iraniens disent qu'on va signer chacun
12:32dans sa capitale.
12:34Et puis après, on verra ce qui va se passer,
12:37comment on va organiser la suite des choses.
12:41Ce qui est certain, c'est que si on prend la version
12:46du ministre iranien des Affaires étrangères,
12:48l'Iran a réussi sur toute la ligne.
12:50C'est-à-dire que cesser le feu au Liban,
12:52récupération des fonds bloqués à cause des sanctions américaines.
12:57Ensuite, le contrôle du détroit d'Hormuz
12:59n'est pas question de céder sur le nucléaire
13:02puisque l'Iran refuse d'arrêter son programme d'enregistrement
13:04d'uranium et refuse d'envoyer à l'étranger
13:07ses stocks d'uranium, notamment les 450 kg enrichis à 60 %.
13:11La seule chose que l'Iran pourrait éventuellement faire
13:14dans la seconde phase des négociations,
13:16si cela se passe bien lors de la première phase,
13:19a déclaré Abbas Al-Archi,
13:22ce sera de diluer ce stock d'uranium à 60 %.
13:27Alors, à quel niveau ?
13:28Ça n'a pas été précisé.
13:30Est-ce que ça sera à 20 %, est-ce que ça sera à 3,67 % ?
13:33Beaucoup ici en Iran disent qu'il ne faut pas descendre
13:37en deçà de 20 % parce que ça permettra à l'Iran
13:41d'avoir une arme en cas de nouvelle attaque
13:43israélienne ou américaine contre l'Iran
13:45et donc de repousser et d'augmenter de nouveau
13:49l'enregistrement d'uranium à 60 %
13:51et permettre d'avoir à l'Iran une arme
13:54pour faire face à une nouvelle attaque.
13:57Merci beaucoup, Syavosh Ghazi,
13:59en direct de Téhéran, vice-amiral.
14:01Sur la question du nucléaire, vous vouliez aller plus loin
14:04et la possibilité que les bombardiers B2 américains
14:07aillent chercher le nucléaire enrichi ?
14:10Ils ne vont pas le chercher, ils l'ont déjà en principe enterré.
14:14Alors nous ne savons pas sous quelle forme se trouve cet uranium-là.
14:18Trump quand même dit que c'est de la poussière d'uranium
14:21donc ça a été enseveli sous des tonnes de terre
14:24par les frappes aériennes, bien sûr, de ces grands bombardiers.
14:29Peut-être tout l'uranium n'est-il pas là ?
14:31Parce que quand même, si on est iranien et intelligent
14:34et ils le sont, on n'aura peut-être pas mis
14:37tous les oeufs dans le même panier.
14:38Donc où se trouve l'uranium, on ne sait pas.
14:41Maintenant, sur cet uranium-là, qui est tout à fait central,
14:43qui est la seule façon qu'aurait Trump pour apparaître
14:46comme gagnant dans l'histoire, puisque sur Ormuz,
14:48il est déjà perdant.
14:49Ormuz est dans une zone telle que c'était pire
14:51que quand Obama avait signé son accord.
14:54Donc, que va-t-il pouvoir faire ?
14:57Sinon, gagner sur l'uranium.
14:59Que peut-il gagner ?
15:00Il y a quand même des mouvements des deux côtés.
15:02C'est-à-dire que les Américains admettraient
15:05que ce soit traité sur le sol iranien,
15:07parce que les Iraniens ont dit
15:08« ça, c'est vraiment la chair de notre chair, c'est vital ».
15:12On entend parler du côté des Iraniens de moratoire.
15:15Alors, moratoire, ça veut dire
15:17accepter de ne pas enrichir l'uranium, etc.
15:20Signer un beau papier aussi, disons qu'ils ne cherchent pas l'arme nucléaire.
15:23Mais, ce qu'il faut bien savoir, c'est que tout le monde sait,
15:26c'est que le nucléaire ne se désinvente pas.
15:28C'est-à-dire qu'une fois que vous savez faire tout ça,
15:31une fois que vous avez construit des hyper-centrifugeuses
15:33de dernière génération qui sont extrêmement efficaces,
15:36que ce soit d'uranium à 20% ou à 3,5%,
15:39ça prendra peut-être beaucoup plus de temps
15:41de l'enrichir à ce qu'il soit de niveau militaire,
15:45mais les Iraniens savent faire,
15:47ont tous les savoir-faire, y compris le savoir-faire industriel.
15:51Leur vecteur et leur savoir-faire de missiles,
15:53ils l'ont également, donc ça n'est pas réglé du tout.
15:56Et Israël, là, après-demain, parce que c'est là que tout le monde va se réveiller,
16:00Israël va se trouver devant cette grande difficulté.
16:02Et d'ailleurs, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a d'ores et déjà fait savoir
16:06qu'il se désolidariserait de ce protocole d'accord, on va en parler.
16:10Mais en deux mots, c'est l'un des plus grands médias israéliens qu'il annonce ce soir,
16:15l'armée israélienne se prépare à suspendre ses opérations terrestres au Liban.
16:19En restant dans la zone tampon, mais on ne va pas plus loin.
16:22C'est tombé, là, ces dernières minutes.
16:24Oui, ces dernières minutes.
16:25Donc vous voyez, on arrive quand même sur quelque chose.
16:28Encore une fois, un cessez-le-feu, la paix, personne n'en parle ici.
16:32Oui, c'est ça, un cessez-le-feu et pas le retour de la paix.
16:34En quelques mots, vous vouliez ajouter quelque chose sur le pourquoi
16:37les Iraniens ne veulent pas entendre parler, une signature demain ?
16:40Pour une raison assez simple, parce que je parlais de guerre de communication,
16:44demain c'est l'anniversaire de Donald Trump, il aura 80 ans.
16:46Les Iraniens sont très sensibles au symbole.
16:49Ils ne veulent pas, si vous voulez, donner à Trump une victoire médiatique de ce type.
16:55Et donc, je ne suis pas sûr que ça arrive demain pour cette raison-là.
16:58Par ailleurs, il y a des équilibres internes en régime entre les politiques,
17:03si vous voulez, à Rakhshine, les affaires étrangères,
17:05les Pazdaran, donc les gardiens de la révolution,
17:07et puis Mojtaba Khamenei, qui est un peu l'arbitre des élégances,
17:11qui fait que vous devez parler aussi à votre base.
17:14Et donc, votre base, elle est, pareil, elle est très sensible à ce type de symbole.
17:19Et enfin, le narratif iranien de la résistance.
17:23Ils ne veulent surtout pas donner le sentiment que c'est Trump qui impose son tempo,
17:28donc ça peut durer encore quelques jours, mais là, c'est imminent.
17:30Ça va se faire probablement lors du G7.
17:32Même si c'est imminent, dans ces moments-là, Guillaume Ancel,
17:36on est d'accord qu'on laisse toutes les forces militaires déployées dans la région.
17:40L'armada américaine, d'ailleurs, le CENCOM a fait savoir,
17:43a diffusé des photos ces dernières heures,
17:45prouvant que l'armada américaine restait sur zone.
17:48On va peut-être voir ces images qui ont été diffusées,
17:50ces avions de chasse, ces aéronefs de commandement et de contrôle de l'US Navy,
17:54prêts à décoller, évidemment, du porte-avions Abraham Lincoln.
17:58On les voit aussi, ces images.
17:59D'ailleurs, la tension est encore présente.
18:01La nuit dernière, les Américains ont encore intercepté des drones iraniens.
18:05Oui, et pendant tout le cessez-le-feu,
18:06en fait, les forces seront encore le doigt sur la queue détente.
18:10Mais la réalité, c'est que les Américains vont démonter le plus vite possible
18:14une partie de leurs dispositifs qui leur coûte horriblement cher.
18:17Et qui veut dire qu'ils ont désarmé d'autres régions extrêmement importantes pour les États-Unis.
18:23Donc, ils ne peuvent pas se permettre de garder 50 000 hommes déployés.
18:26Vous vous souvenez qu'il y a même des marines qui arrivaient d'Asie du Sud-Est.
18:30Il y a des missiles qui viennent d'Europe.
18:32Tout ça manque, en fait, à ces autres régions.
18:35Donc, chacun va afficher qu'il est prêt à reprendre la guerre.
18:38Il y aura probablement quelques violations du cessez-le-feu,
18:41y compris des drones qui voleront et qui seront interceptés.
18:44Mais il n'y aura pas de combat de haute intensité,
18:47avec deux risques, quand même, pendant cette période,
18:49qui sont liés à ce qu'expliquait David,
18:51la tension qu'il y a entre les gardiens de la Révolution les plus durs,
18:55qui ne veulent pas faire de concessions aux États-Unis,
18:57qui veulent rester dans une résistance jusqu'au bout,
18:59et les négociateurs.
19:01Évidemment, ces gardiens de la Révolution,
19:02ils vont tout faire pour que le cessez-le-feu périclite.
19:06Et notamment, ils agiteront le Hezbollah au Liban,
19:09pour qu'ils agressent Israël et pouvoir justifier
19:12que Netanyahou puisse reprendre ces bombardements.
19:15Je rappelle qu'aujourd'hui,
19:16alors qu'on est censé être dans un quasi-cessez-le-feu,
19:18il y a eu 70 bombardements,
19:21comment dire, commandités par Netanyahou contre le Liban.
19:24Donc, on voit bien qu'il y a plein d'acteurs
19:26qui aimeraient faire dérailler ce protocole.
19:28Mais ce protocole, il est dans les tubes,
19:30c'est une lumière au bout du tunnel.
19:32Deux informations importantes, Patrick Sos.
19:34On a appris que le président américain serait mercredi,
19:38à Versailles, avec Emmanuel Macron.
19:41Deuxième information, source militaire à BFMTV,
19:43le porte-avion Charles de Gaulle sera remplacé
19:46dans la zone par un porte-hélicoptère français.
19:50Est-ce que ces deux informations sont liées
19:52à la séquence que l'on commente là sur ce point ?
19:54Oui, alors, il s'agit d'être clair,
19:56c'est effectivement une information BFMTV,
19:58le porte-avion Charles de Gaulle
20:00et son groupe aéronaval vont quitter la zone
20:02pour rentrer à Toulon.
20:05C'était prévu, avec peut-être quelques semaines
20:07de décalage, mais de toute façon,
20:09lorsque le Charles de Gaulle a quitté la Rade,
20:12c'était le 27 janvier dernier,
20:14il partait pour un exercice qui s'appelle Orion 26,
20:16puis à un moment, quand il était en vue de la Baltique,
20:21barre à babor, on est descendu assez vite
20:23vers la Méditerranée orientale.
20:26Barre à tribord peut-être, amiral ?
20:28Attention, attention !
20:29On dit à gauche ou à droite ?
20:30Oui, à gauche ou à droite.
20:31En tout cas, le fait est qu'au bout de 5 mois de déploiement,
20:35il était normal qu'il y ait un passage
20:37par la case réparation
20:39avec les ouvriers, les ingénieurs de Naval Group,
20:42mais pour rester dans ce tempo,
20:45c'est un porte-hélicoptère amphibie,
20:47c'est le Mistral, l'un des 3 plus gros bâtiments
20:49qu'on connaisse en dehors du Charles de Gaulle,
20:50qui va prendre la place, en fait,
20:53pour exactement les mêmes missions,
20:54ce n'est pas faire décoller des avions,
20:56c'est bien pour avoir un état-major embarqué
20:58et pour concrétiser cette coalition franco-britannique.
21:02On va avoir sans nous des nouvelles de cette coalition,
21:05a priori mardi,
21:06puisqu'il y a une séquence Hormuz au G7,
21:09autour de Donald Trump.
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