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Il y a dix ans, Maeva, Lucie, Violette et Théo ont vécu l'horreur de l'attentat de Nice. Ces quatre jeunes adultes étaient encore des enfants ce 14 juillet 2016. Tout au long de ce documentaire, ils racontent comment ils ont grandi et construit leur vie en portant ce traumatisme. Le film explore les différentes étapes qui jalonnent leur reconstruction, du déni à la prise de conscience, jusqu'au chemin qu'ils ont choisi pour continuer à avancer.
À travers leurs parcours, le documentaire montre qu'il n'existe pas une seule manière de se reconstruire. Il invite chacun à découvrir des trajectoires singulières, dans lesquelles il pourra peut-être reconnaître une émotion, un questionnement ou une ressource pour avancer à son tour.
À travers leurs parcours, le documentaire montre qu'il n'existe pas une seule manière de se reconstruire. Il invite chacun à découvrir des trajectoires singulières, dans lesquelles il pourra peut-être reconnaître une émotion, un questionnement ou une ressource pour avancer à son tour.
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00:01...
00:10Je vois ce truc blanc me passer à côté de moi.
00:15Je sens son souffle, j'entends les bruits.
00:21C'était un choix de vie ou de mort.
00:23Avec lequel de mes parents, je vais rester en vie.
00:26Surtout ça qui était compliqué, c'était d'avoir un regard d'enfant.
00:31Je vois tout ça et c'est dur d'assimiler tous ces sentiments d'un coup quand tu es très
00:35jeune.
00:41J'en ai voulu au monde entier, en fait.
00:44Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Pourquoi tous ces enfants ?
00:49J'avais toutes ces émotions qui ressortaient et je galérais énormément à survivre.
00:53Jamais je ne vais réussir à passer ça, ça restera toujours comme ça, tout ça, mais en fait non.
01:00Je ne peux plus jamais être emprisonné à cause d'un événement, quel qu'il soit.
01:30Je me rappelle très bien de ce moment-là parce qu'en fait, j'étais sur la prom,
01:35côté mer, j'ai traversé au niveau du Negrisco pour prendre une photo.
01:41Et en fait, c'est au moment de retraverser pour retourner côté plage qu'en fait, je commence à sentir
01:48qu'il y a quelque chose qui ne va pas
01:50parce que je vois des gens arriver face à moi en courant et en criant.
01:56Mon cerveau, il a court-circuité et moi, je n'ai pas compris ce qui s'est passé.
02:02J'ai commencé à courir du coup parce que j'avais perdu ma mère et à essayer de trouver un
02:08endroit où me réfugier.
02:12J'ai trouvé un hall d'immeuble, en fait, où j'ai trouvé ma mère aussi.
02:18Et ouais, c'était ce sentiment.
02:21En fait, je n'ai pas eu d'émotion, j'ai eu beaucoup de peur, mais mon cerveau, il a
02:25fait un blackout pendant pas mal d'années.
02:37La seule image que j'ai, c'est vraiment de me retrouver au milieu de cette foule et de regarder
02:40à droite à gauche et de ne rien comprendre.
02:41Mes parents sont venus jusqu'à moi et là, il a fallu faire un choix parce qu'il a fallu
02:45que je choisisse entre ma soeur et ma maman qui partaient,
02:47qui avaient décidé de fuir, d'aller en direction de la foule, et mon papa qui avait décidé de rester
02:52sur place
02:53parce qu'il s'est dit, s'il se passe quelque chose, on est plus en sécurité, là, cachés par
02:55des espèces de poteaux géants blancs.
02:59Moi, je veux rester. Et en fait, j'ai dû choisir entre mon père et ma mère.
03:02C'était un choix de vie ou de mort, en fait.
03:04À ce moment-là, c'était avec lequel de mes parents je vais rester en vie.
03:09Je m'en veux encore aujourd'hui de m'être posé cette question parce qu'un parent, les deux parents
03:13me protègent.
03:14Mais à ce moment-là, il a fallu que je fasse un choix.
03:16Bon, je suis restée avec mon papa, on s'est cachés.
03:18Mon père voyait tout, il me tenait quand même dos à la scène.
03:21Et quand tout s'est calmé, on n'a plus rien entendu.
03:24On a essayé de rejoindre, du coup, ma mère et ma soeur.
03:27Et en fait, la panique à ce moment-là, parce qu'elle était injoignable.
03:31Donc là, il y a vraiment trois minutes qui ont dû se passer.
03:33Vraiment, ce n'était pas très bon.
03:34Mais trois minutes d'angoisse.
03:36On avait l'impression que c'était vraiment trois heures.
03:39Et vraiment, le ressenti principal, ça va être, comme pour beaucoup, je pense, l'angoisse.
03:52Quand tu es très jeune et tu vois un gros, gros mouvement de foule, tu as une sorte d'euphorie
03:58en toi qui ne sait pas vraiment où se placer.
04:01Oui, un état de transe en vrai.
04:03Tu ne comprends rien à ce qui se passe et tu vois plein de choses qu'en fait, tu n
04:08'as pas le temps d'assimiler.
04:10Et moi, pour moi, c'est ça le sentiment que j'en retiens, surtout.
04:13Au début, c'était vraiment de l'incompréhension, de la colère qu'on ne veuille pas m'expliquer.
04:18Et je vois tout ça.
04:19Et puis, c'est dur d'assimiler tous ces sentiments d'un coup quand tu es très jeune.
04:23J'avais neuf ans.
04:31Quand ça s'est passé, j'avais huit ans.
04:34Et donc, on a vu le camion qui est arrivé, qui a foncé sur la foule.
04:39Et donc, après, les adultes, ils nous ont pris, moi et ma cousine, parce que ma cousine, elle a mon
04:43âge aussi, on a le même âge.
04:45Par la main, on n'est pas en courant, sauf que moi, je me suis retournée.
04:48Donc, j'ai vu des gens qui volaient un peu partout, des gens qui criaient, qui s'affolaient, qui couraient,
04:53des gens morts aussi, sur le sol, par terre, se faire écraser.
04:57Donc, c'était un peu chaotique.
05:00Donc, en fait, je pense que c'est surtout ça qui était compliqué.
05:02C'était d'avoir un regard d'enfant, vraiment.
05:06Et puis, même après coup, de réaliser un peu ce qui s'était passé, parce qu'à huit ans, on
05:10ne connaît pas.
05:34En fait, de 2016 à 2018, j'ai fait comme si tout allait bien.
05:42Alors, bon, ça n'allait pas bien, parce qu'il fallait que je dorme avec ma mère, parce que sinon,
05:48je n'arrivais pas à dormir.
05:51Entre 14 et 16 ans, c'est quand même pas rien d'avoir besoin de sa maman pour dormir.
06:01Pardon.
06:05Et en fait, je me suis plongée dans le travail, dans les études.
06:10Et au final, je me suis dit, il faut que je reste focus, parce que sinon, je vais court-circuiter
06:17à un moment donné, ça va mal se passer.
06:20J'étais en déséquilibre au total avec les jeunes qui avaient le même âge que moi.
06:27Donc, je restais chez moi, j'allais travailler, comme une personne déjà adulte, alors qu'au final, ce n'était
06:35pas le cas.
06:36Ce n'était pas du tout le cas.
06:43La première partie de ma vie, après ça, j'étais dans un gros, gros déni.
06:47En fait, pour moi, j'étais dans une dynamique très...
06:50Moi, pour moi, je m'en fous.
06:51Ça ne m'a pas fait peur.
06:53Il ne s'est rien passé.
06:54À partir de ce moment-là, jusqu'à très tard, par exemple, je n'ai jamais pleuré.
06:58Jamais, jamais pleuré.
07:00Impossible, ne serait-ce qu'une larme ou quoi.
07:01C'était vraiment...
07:02En fait, depuis très jeune, le seul sentiment que je m'acceptais à donner, c'était la colère.
07:10Pendant un bon moment.
07:12J'arrivais à être heureux, je rigolais et tout.
07:14J'ai toujours été quelqu'un de très, très solaire.
07:16Mais j'avoue qu'en fait, je ne parlais à personne de mes vrais ressentiments et tout.
07:23Et en vrai, il y avait peut-être une forme de peur aussi.
07:26Mais elle se retranscrivait à travers des trucs tout débiles.
07:31Dormir, par exemple, quand j'étais plus jeune, après l'événement, je dormais avec une batte sous mon lit.
07:37Tout le temps.
07:38Et ce n'était pas par peur ou quoi, mais je ne sais pas, c'était un réflexe.
07:42Je me sentais mieux avec.
07:47Après l'événement des attentats, j'ai eu beaucoup de stress post-traumatique.
07:50Ça veut dire que partout où j'étais, même dans ma chambre, j'avais peur qu'il se passe quelque
07:54chose de mauvais.
07:56Donc, je n'avais pas vraiment d'endroit où j'étais sans vigilance.
07:59C'est-à-dire que même dans ma chambre, je me disais, oui, s'il y a un cabrioleur qui
08:02rentre, des trucs d'enfants.
08:04Et donc, je n'avais pas vraiment un endroit où je me sentais en totale sécurité.
08:09Je me suis un peu renfermée sur moi-même parce que je n'arrivais pas à en parler.
08:13Je ne pouvais pas, avec mes parents, en tout cas, c'était impossible.
08:15Je ne pouvais pas leur en parler.
08:16J'étais un peu toute seule face à cet événement-là, ce problème.
08:20En fait, ça a été très compliqué sur tout le plan émotionnel.
08:24C'est-à-dire que j'avais du mal, moi-même, à comprendre mes émotions et à comprendre ce que
08:31je vivais.
08:32Et ça, pendant très longtemps après.
08:38Ce 14 juillet-là a décidé de me dire, je laisse mon enfance et d'être passée de l'autre
08:43côté de la barrière, d'être devenue une adulte.
08:47Et du coup, je me suis, on va dire, je me suis reconstruite au travers d'une vision de moi
08:52très, très forte,
08:54qui n'est pas forcément atteinte par tout ce qui lui est arrivé dans la vie et qui continue d
08:59'avancer de façon solide et comme ses parents, en fait, en étant un peu dans le déni, finalement.
09:04Mais en étant forte pour les autres.
09:06Et en fait, je m'en suis pris encore plus dans la tête parce que du coup, je me prenais,
09:10j'ai créé, on va dire, une espèce de carapace éponge.
09:14Où en fait, je prenais ce que les autres avaient à me dire, avaient à me confier, leurs problèmes, leurs
09:20tracas, leurs ressentis.
09:22Et au final, je me suis retrouvée, quelques années plus tard, en fait, avec un trop plein d'émotions.
09:28Et aujourd'hui, c'est vrai que ça m'a un peu cassée aujourd'hui parce que je suis, pour
09:31le coup, hypersensible.
09:33Que je n'étais plus trop avant, je ressentais vraiment, je bloquais mes émotions, je ressentais plus grand-chose.
09:39Et aujourd'hui, ça sort à foison.
10:00Et aujourd'hui, c'est un peu plus grand-chose, c'est un peu plus grand-chose.
10:20Tout ce que j'avais vu, c'était tellement horrible que j'avais cette peur de perdre toutes les personnes
10:27que j'aimais.
10:27Ça me prenait aux tripes, quoi.
10:30Quand je pensais au fait de perdre quelqu'un dans un attentat, parce que du coup, dans ma tête, j
10:36'allais forcément perdre tout le monde dans d'autres attentats.
10:39Et je ne dormais plus la nuit, je faisais toujours les mêmes cauchemars à chaque fois que quelqu'un venait
10:45au lycée, que tout le monde mourait autour de moi, sauf moi.
10:49Et en fait, je n'ai commencé à plus dormir.
10:53Et un week-end où je devais aller travailler dans un restaurant à Saint-Janet, je me suis réveillée, je
11:03n'arrivais plus à respirer et impossible de bouger.
11:07Je me suis dit, ce n'est pas possible, je ne peux pas me laisser dicter ma vie juste à
11:17cause de ça.
11:17Voilà. Et aujourd'hui, je suis fière de me dire que, ouais, grâce à ce travail sur moi-même, j
11:26'ai réussi à retourner à ce moment-là.
11:30Alors ça, c'est des techniques, le MDR, ça m'a beaucoup aidée dans la thérapie.
11:38En fait, j'ai réussi à retourner à ce moment précis face au camion et à prendre la petite Lucie
11:47par la main.
11:48Pour la ramener au monde réel.
11:52Et ça, ça m'a pris 10 ans.
11:55Mais bon, j'ai réussi.
11:58Donc on va dire qu'aujourd'hui, non, c'est des petites traces, mais bien cicatrisées.
12:04De mes zéros jusqu'à l'événement, j'étais un enfant, en fait.
12:08Et petit à petit, après, j'ai commencé à grandir.
12:10Et c'est là où j'ai commencé un peu à virer, tu vois.
12:14J'ai eu des mauvaises fréquentations.
12:16Après, j'étais un petit con.
12:19Toujours avec ce truc-là de « je suis un homme, je n'ai pas peur, je m'en fous
12:22de tout ».
12:23Et puis au final, comme je t'ai dit, c'est récemment.
12:26C'est récemment, il y a eu un revirement.
12:30J'étais en besoin de changer les choses.
12:36Je sentais que ça n'allait pas, en fait.
12:37Il y avait tous les voyants qui étaient au rouge.
12:40Et là, au mois de décembre, janvier, on m'a appris que j'avais la maladie de Crohn.
12:46Et c'est une maladie uniquement reliée au stress, aux émotions, etc.
12:51Apparemment, ça peut être relié à tous ces événements-là, ouais.
12:55Et j'ai compris qu'il fallait que j'avance, en fait.
12:57Et qu'il fallait que je traite mes sentiments et que c'était quelque chose d'important.
13:03Et que j'arrête de faire face.
13:06Pendant mon année de restauration, j'étais au service.
13:09Enfin, je faisais le service un 14 juillet.
13:11Et en fait, j'ai compris que je ne m'étais pas reconstruite.
13:13Parce qu'au moment où le feu d'artifice a explosé, enfin, a pété dans le ciel.
13:19J'étais à la Turbie, donc très haut.
13:21C'est très loin de la mer, on l'entendait, on le voyait à peine.
13:24Mais j'ai été prise d'une panique sans nom, presque à renverser les assiettes que je portais.
13:29Et c'est tombé toutes mes tables.
13:31Et j'ai été obligée, parce que ça ne me ressemble pas, mais j'ai été obligée de me réfugier
13:34dans les vestiaires.
13:35Et j'ai pleuré pendant 20-25 minutes, toute seule.
13:40Et là, je me suis dit, ce n'est pas réglé.
13:42Si je suis dans cet état-là, 8 ans après, c'est que ce n'est pas réglé.
13:45Là, j'ai vraiment pris conscience que je survivais jusque-là.
13:48Qu'il fallait que je prenne ma vie en main.
13:49Que ma vie, pas celle des autres.
13:51Mais qu'il fallait que je prenne ma vie en main pour pouvoir affronter ça.
13:53Et pour faire en sorte que, réellement, ça aille vraiment mieux psychologiquement.
13:57La reconstruction a été quand même assez compliquée.
14:00Parce qu'au lycée, j'avais 15 ans.
14:0415 ans, j'ai fait beaucoup de ce qu'on appelle des crises dissociatives, dysfonctionnelles.
14:09Donc c'était dû à ça, dû au stress post-traumatique.
14:12Et donc j'ai eu des problèmes de santé pendant presque un an.
14:15Et c'était très compliqué pour moi, parce que dès qu'il y avait un événement qui était un peu
14:18stressant
14:19ou qui rappelait les attentats, ça me déclenchait des crises
14:23qui étaient déjà très contraignantes physiquement et mentalement.
14:28Les symptômes, au départ, ça ressemblait à des crises de spasmophilie.
14:32Après, c'était des crises hémiplégie.
14:35Donc j'étais paralysée de tout un côté droit.
14:37Et après, je me grattais jusqu'au sang.
14:39Et ça, on ratait jusqu'au sang, la dernière fois que c'est arrivé, c'était il y a quelques
14:44mois.
14:45Donc ça reste quand même un petit peu là.
14:47Malgré tout, j'ai encore des marques un peu sur le corps et tout.
14:52Et ça aussi, de me dire que j'arrive à vivre avec ça
14:56et à éviter ce genre de crise, ça me fait du bien aussi.
15:01Et puis de voir que finalement, en étant adulte, j'arrive à vivre avec.
15:29Le déclencheur réel de toutes ces petites interrogations,
15:33ça a été le fait de rencontrer mon chéri.
15:35Du coup, j'ai appris autrement.
15:38Déjà, j'ai appris à aimer dans une relation plus saine.
15:40J'ai appris à être aimée de façon saine aussi.
15:44Et à accepter toutes les parts de moi que je cachais,
15:48parce qu'on est plusieurs là-dedans.
15:51Et je ne me trouve pas plus faible pour autant d'avoir réalisé
15:55que je ne m'étais pas reconstruite dix ans après.
15:56Je trouve que de façon très narcissique, je trouve que finalement, ça me fait encore plus une force.
16:05Plus que quand je croyais m'être reconstruite, parce que là, je sais où aller et par quoi passer pour
16:11me reconstruire réellement.
16:12Peu importe si ça met du temps ou pas, c'est plus, on va dire, le saut de pièces d
16:18'or au bout de l'arc-en-ciel.
16:22Je pense.
16:24C'est toujours ça, parce que, et puis même le fait de me rendre compte qu'il faut que je
16:29me réconcilie avec la petite moi,
16:31j'ai mis plus de dix ans, ça a été très long.
16:34C'est vraiment, en fait, je me rends compte que les plus grosses avancées que j'ai faites par rapport
16:37à ça,
16:37c'était là, les deux dernières années.
16:41C'est avec le temps, c'est ça, en fait, c'est que le temps qui a fait que je
16:44vais mieux, honnêtement.
16:46Il y a d'autant plus que je grandis et que je commence à avoir ma propre vie.
16:52Parce que là, en ce moment, je fais des études qui sont quand même assez éprouvantes.
16:56Et quand je le fais, je me dis, je le fais pour moi, quand j'étais petite,
16:59et pour prouver que ma vie, elle s'est pas arrêtée à cause de ça, et qu'aujourd'hui, je
17:03vais bien.
17:04Et je me dis, en fait, c'est une preuve que ça va mieux aujourd'hui,
17:08et que le chemin, j'ai réussi à le faire partiellement,
17:12et à aujourd'hui vivre mieux avec ça.
17:14C'est sur la longue durée, en fait, petit à petit, les émotions que je ressentais
17:20et l'impact que ça a sur moi diminuent.
17:25Et ça, ça fait du bien de le savoir et de se le dire, quoi.
17:28Ce qui m'a permis de remonter un peu la pente et de me reconstruire pour de vrai,
17:33en vrai, c'est la rencontre avec ma femme.
17:35Elle m'a appris à être plus humble, et en fait, comme elle est plus âgée que moi,
17:39j'ai dû la rattraper en maturité, sinon ça allait pas tenir.
17:44Et le travail, c'est ce qui m'a aidé aussi.
17:46J'ai un travail où je suis mon propre patron, tu vois.
17:50C'est un peu un rêve.
17:53Et puis, je pense que j'ai bien avancé,
17:55et que je me sens bien dans ma vie actuellement, en vrai.
17:58J'ai mon appart, j'ai mon petit chien.
18:01Non, en vrai, tout se passe nickel.
18:04Alors, aujourd'hui, c'est plus pareil,
18:06parce que j'ai plus cette peur de perdre les autres.
18:12Mais c'est toujours ce petit truc de se dire,
18:15il faut que je transmette le plus de moi à travers un métier.
18:19Je vais travailler, je suis vivante.
18:23Donc, je pense que dans ma tête,
18:26c'est la restauration qui va me faire vivre
18:28et qui va me permettre de tenir bon.
18:33En fait, le lien, il se fait là,
18:35c'est que c'est un métier de partage,
18:37c'est un métier d'amour, un métier de partage.
18:39Et en fait, à partir du moment où un client s'assoit,
18:43je lui transmets tout ça.
18:45Voilà, donc c'est comme ça que j'arrive à équilibrer.
18:49Et ça m'aide à avancer aussi.
18:52Mon rêve, c'est d'ouvrir mon restaurant.
18:57Et vraiment que quand quelqu'un passe la porte,
19:02il se sente comme chez lui
19:05et que je lui transmette tout.
19:08En fait, ça, c'est de l'amour.
19:10Je crois que c'est un peu de l'amour, oui.
19:30Je ne veux plus jamais être emprisonné
19:33à cause d'un événement, quel qu'il soit.
19:38Tu vois, de ne pas avoir...
19:42d'avoir peur de rien.
19:44En vrai, être libre, c'est avoir peur de rien.
19:47Pour moi, être libre, c'est une forme de sécurité.
19:50Tu te sens plus en paix avec toi-même.
19:52Tu sais que si jamais il y a quelque chose qui se passe,
19:56tu as, entre guillemets, une porte de secours.
19:59Je pense que c'est là où j'ai trouvé, entre guillemets, ma liberté.
20:03De se dire que, en fait, je vais profiter
20:08de cette vie que j'ai eu la chance d'avoir.
20:11En fait, maintenant, j'ai ce regard-là
20:12de me dire que j'ai eu la chance de vivre.
20:19J'en ai voulu au monde entier, en fait.
20:23Pourquoi moi ? Pourquoi nous ?
20:25Pourquoi tous ces enfants ?
20:27Et je ne veux pas m'abandonner à la haine
20:30parce qu'en fait, la haine, ça détruit.
20:33Ça ronge à l'intérieur.
20:36Alors que j'ai l'impression que de s'ouvrir aux autres,
20:42ça met un peu de crème sur le cœur.
20:45et ne pas oublier que c'est une personne qui nous a fait ça, en fait.
20:50Alors ça nous a détruit la vie,
20:57mais la vie mérite d'être vécue.
21:00Voilà, c'est ça.
21:03C'est ça.
21:08C'est ça.
21:17C'est ça.
21:26C'est ça.
21:30C'est ça.
21:31C'est ça.
21:33C'est ça.
21:37C'est ça.
21:38C'est ça.
21:41C'est ça.
21:41C'est ça.
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