Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Affaire Lyhanna, Elon Musk, G7 ... La semaine d'Arnaud Montebourg  à découvrir en intégralité sur la chaîne YouTube de BFMTV. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonsoir Arnaud Montebourg, je suis ravie de vous retrouver, retiré de la vie politique, entrepreneur, c'est votre émission ce
00:08soir Made in Montebourg.
00:09D'habitude je vous demande comment vous allez, mais là ce soir je sais que vous êtes triste et que
00:13vous avez été particulièrement touché par la mort de la petite Liana.
00:16C'est une enfant de la République qu'on a inhumée ce soir.
00:20Oui c'est une enfant, une fillette, comme nous en avons, comme j'en ai une, comme des millions de
00:26Français ont pu s'identifier à ce drame.
00:30Parce que ne pas protéger des enfants, lorsque tous les éléments sont sur la table, que les institutions judiciaires ne
00:39fonctionnent pas,
00:40que des polémiques politiques s'enchaînent les unes après les autres pour dire c'est pas moi c'est l
00:45'autre, j'y suis pour rien, excusez-moi.
00:46Alors que la question aujourd'hui des atteintes aux mineurs est quand même massivement posée.
00:54Et d'ailleurs regardez comment la société a réagi, 200 villes de France, des manifestations partout, des manifestations très dignes
01:02et populaires.
01:04D'ailleurs je crois qu'un sondeur qui a fait une enquête d'opinion a dit, c'est la première
01:09peur des Français, la question de la pédophilie et des atteintes à nos enfants.
01:14Donc là il y a un sujet de société massif et évidemment les réponses de l'État ne sont pas,
01:20pour l'instant en tout cas, à la hauteur.
01:22Et je comprends qu'on puisse se poser un certain nombre de questions comme parents, comme citoyens, évidemment.
01:29Alors on va parler de ces réponses puisque je précise aussi que vous êtes avocat, donc effectivement on va évoquer...
01:34Je l'ai été, c'est mon premier métier.
01:37Vous l'avez été, mais la première question que j'ai envie de vous poser c'est, Gérald Darmanin doit
01:42-il débitionner ?
01:43Puisque Jordan Bardella s'est ajouté aux voix qui demandent aux gardes des Sceaux de prendre une responsabilité personnelle.
01:51Maintenant l'affaire est d'une particulière gravité. Et au regard de ce contexte, le chef de l'administration, c
01:59'est-à-dire le ministre de la Justice,
02:01aurait à mon sens dû par honneur présenter sa démission au président de la République.
02:09– Et il n'est pas le seul, à droite comme à gauche, on appelle le garde des Sceaux à
02:14prendre ses responsabilités.
02:16Est-ce que pour vous c'est de la démagogie ou est-ce qu'il aurait dû finalement présenter sa
02:22démission, prendre sa part ?
02:23– Un garde des Sceaux ne peut pas être responsable de décisions prises par des juges indépendants ou des procureurs
02:31autonomes.
02:32En revanche, un garde des Sceaux qui est conscient qu'il y a eu une multiplication par deux du nombre
02:39d'infractions sexuelles en dix ans,
02:41qui n'a pas augmenté les moyens concrets, si le nombre d'infractions augmente par deux, le nombre de procureurs
02:47reste le même,
02:49il y a eu un certain nombre d'alertes sur le tribunal en question, sur lequel il y a une
02:53inspection qui va vérifier qui est responsable,
02:56et bien là, la responsabilité devient politique.
02:59Deuxième élément, il y a eu une condamnation de la France l'année dernière, très très, sur les questions des
03:05atteintes aux mineurs.
03:06Je dois rappeler quand même que la Cour européenne des droits de l'homme a dit que la France avait
03:10un problème sur le défaut de célérité procédurale,
03:15ça veut dire vous n'allez pas assez vite lorsque vous constatez des infractions.
03:18Et il n'y a pas eu de réaction des pouvoirs publics après cela.
03:23Autre question très importante, et là il y a une responsabilité politique qui est engagée,
03:27il y a eu un rapport en 2023 de l'inspection générale de la police nationale et des services judiciaires,
03:35montrant qu'il y avait une asphyxie de la chaîne pénale en matière d'infractions sexuelles sur les mineurs.
03:44Et il y a eu 17 recommandations.
03:46Ce rapport, non seulement M. Darmanin devait le rendre public, il l'avait dit au Sénat,
03:50il ne l'a jamais rendu public, et les 17 recommandations n'ont donné lieu à aucune mise en œuvre.
03:56La fameuse circulaire, dont le gouvernement, disons, que le gouvernement utilise pour s'exonérer d'une certaine partie de cette
04:05responsabilité politique.
04:07Cette circulaire a été prise après la mort de Liana.
04:12Donc on voit bien qu'il y a un problème politique par rapport à la prise de conscience.
04:15J'ai entendu le président de la République, il a dit, ce n'est pas un problème de moyens, il
04:19y a des responsabilités.
04:20Je pense que les deux ont raison.
04:22Je veux dire, ceux qui disent que c'est un manque de moyens, et pour le coup le président aurait
04:26tort,
04:27et qu'il y a aussi une part de responsabilité des magistrats.
04:30Et là-dessus, il y a une inspection générale, nous en connaîtrons les conclusions,
04:35elles feront la part des choses, mais comment demander à des magistrats ?
04:39Comment demander à des magistrats de ne pas se tromper lorsqu'ils sont submergés sur les priorités ?
04:45Voilà, donc ces deux éléments-là, pour moi, engagent la responsabilité du système judiciaire.
04:51Les magistrats et le responsable politique qui est chargé de mettre le nombre de magistrats devant le nombre de délinquants.
04:57Oui, mais tout en haut de l'échelle judiciaire, il y a Gérald Darmanin.
05:01Est-ce qu'il aurait dû dire, plutôt que de présenter ses excuses à la famille de la petite Liana,
05:06plutôt que de se dire terrifié par ses dysfonctionnances, qu'il aurait dû aller plus loin et présenter sa démission
05:11?
05:11Je pense qu'il aurait dû le faire par principe, quitte à ce qu'elle soit refusée.
05:16Le problème, c'est que la colère dans le pays est réelle et monte,
05:21car les réponses politiques ne sont pas à la hauteur du drame auquel les Français, d'ailleurs, légitimement s'identifient.
05:28En tout cas, sa réponse, c'est de dire, eh bien, il y a 70 000 plaintes en souffrance,
05:33on va les examiner jusqu'au 14 juillet.
05:35Est-ce que ça, pour vous, c'est du populisme pénal, c'est de la démagogie, c'est un coup
05:39de com', c'est quoi ?
05:40Est-ce que c'est seulement faisable ?
05:41Alors, d'abord, il y en a plus de 70 000, puisque le rapport, en 2023, il y en avait
05:452,7 millions en stock.
05:46Alors, je pense qu'on n'est pas tout à fait dans les 70 000.
05:50En admettant qu'il y en ait 70 000 seulement, c'est tout à fait faisable que les parquets s
05:55'y mettent,
05:55mais je pense que la conférence des procureurs, c'est-à-dire les magistrats,
06:00ont des choses, eux aussi, à dire sur la manière dont ils peuvent rattraper le retard.
06:03Le problème, c'est que nous avons, et vous avez les chiffres,
06:07nous avons des délais de jugement, par exemple, qui sont peut-être,
06:11ils sont à trois fois plus longs qu'en Allemagne, parce qu'il n'y a pas assez de juges
06:16pour juger.
06:17Donc, pour traiter, traiter les délinquants, ne pas les laisser dans la nature.
06:20À ce moment-là, comme on n'a pas assez de moyens, souvent, le gouvernement donne des priorités.
06:25Et là, je voudrais vous faire écouter une prise de parole.
06:28Elle est signée par le député Pierre-Henri Carbonelle et elle résume tout. Écoutez.
06:32– Mon constat est que vous avez pris 90 heures pour auditionner les agriculteurs
06:36après les manifestations de la Gers et vous n'avez pas trouvé 3 heures
06:39pour auditionner un prédateur mystique, sexuel, multirécidiviste
06:42dans le même parquet d'Auches, durant la même période.
06:46Alors, M. le ministre, nous n'avons pas les mêmes sens de priorité et de l'urgence.
06:49– Est-ce que c'est un problème de moyens ou de priorité, comme le disent les députés ?
06:52– Mais tous les parquets reçoivent des circulaires énonçant des priorités
06:56et sont bombardés sur des priorités permanentes.
06:59Donc, quand vous avez 10 priorités, il n'y a plus de priorité.
07:01Donc, en fait, tout est prioritaire, donc il faut tout faire.
07:03Et si vous ne pouvez pas tout faire, eh bien, comment vous faites ?
07:06Voilà, c'est ça le dilemme de cette affaire.
07:09C'est évidemment des responsabilités individuelles de magistrats.
07:12Et d'ailleurs, je voudrais dire qu'il y a, en droit français, des recours.
07:17D'ailleurs, la famille a porté plainte contre les enquêteurs,
07:20les magistrats qui ont été défaillants.
07:22Il y a des recours pour faute-loute contre l'État et le gouvernement, c'est-à-dire l'État,
07:27peut se retourner contre les magistrats en recours une fois que la faute a été constatée.
07:32Ce qu'il ne fait jamais, car le gouvernement protège toujours les magistrats.
07:36Donc, il y a aujourd'hui un État de droit qui n'est pas appliqué.
07:40Voilà le problème.
07:41Donc, quand vous entendez des avocats qui ont cette connaissance du fonctionnement de l'appareil judiciaire,
07:47ils disent, nous, ce qu'on veut, c'est qu'on applique la loi.
07:49On n'en est pas à créer des nouvelles lois, durcir.
07:52D'ailleurs, qu'est-ce que le populisme pénal, si on se dit les choses très simplement ?
07:56C'est qu'à chaque fois qu'il y a un fait divers, on durcit la loi.
07:59Mais les faits divers sont toujours... Enfin, les faits divers.
08:01Les drames sont toujours là. Ils se reproduisent.
08:03Et à chaque fois, on recrée des lois.
08:05Mais le problème, ce n'est pas de créer des lois et de les durcir.
08:07C'est d'appliquer dans toute leur vigueur et leur rigueur celles qui sont applicables.
08:12Et là, on voit bien qu'elles ne le sont pas.
08:14Donc, vous n'êtes pas pour cette surenchère pénale ?
08:18Parce que là, la classe politique se mobilise.
08:20Par exemple, il y a les propositions de Bruno Retailleau qui propose fort,
08:22qui propose choc, castration chimique obligatoire.
08:26Il propose aussi une cour disciplinaire de la magistrature.
08:29Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
08:30C'est-à-dire qu'on va tirer au sort des citoyens pour juger les juges.
08:35Est-ce que ça, c'est surfer sur l'émotion ?
08:37Ou est-ce que c'est une bonne idée, ce tribunal populaire ?
08:40D'abord, ça présuppose que les juges doivent être sous la pression populaire.
08:46Moi, je ne crois pas.
08:47Le pilori médiatique, c'est le retour à l'épuration en 1945
08:51ou la terreur avec Fouquetinville,
08:54avec les gens qui demandaient la tête des aristocrates.
08:57Donc, si vous voulez, je ne crois pas que ce soit la solution.
09:00D'abord, il y a une responsabilité des magistrats,
09:02puisqu'il y a une juridiction disciplinaire au Conseil supérieur de la magistrature.
09:05qui est constitutionnelle.
09:07Si elle est insuffisante, elle se travaille sur le plan constitutionnel.
09:11Mais mettre des citoyens pour juger les juges, on ne va pas s'en sortir.
09:15En revanche, je crois que là où il y aurait des choses très intéressantes à faire,
09:19c'est que nous avons trois procureurs pour 100 000 habitants.
09:22Dans toute l'Europe, c'est 12.
09:24Nous avons 11 juges pour 100 000 habitants.
09:26Dans toute l'Europe, c'est 21.
09:28Mais je pense déjà que si on ne traite pas ce problème,
09:30vous savez pourquoi ils n'arrivent pas à traiter ce problème ?
09:32Parce qu'il faut aussi comprendre pourquoi.
09:34Parce que pour former un juge, il faut beaucoup de temps,
09:36et que les promotions de l'École nationale de la magistrature sont limitées à 400.
09:41Donc, il faudrait les multiplier par trois.
09:43Donc, on va faire entrer la magistrature,
09:45et c'est ce que dit le corps des magistrats,
09:48ces corporatistes,
09:49qui dit qu'on ne va pas quand même recruter n'importe qui.
09:51Il y a un problème, il va falloir maintenant...
09:53Donc, qu'est-ce que vous dites à Brune Rotaillot,
09:55alors, qui propose castration chimique,
09:57cours discipliné de la base ?
09:58Castration chimique, écoutez,
09:59ça me rappelle les lois de stérilisation.
10:01Mais c'est quoi ?
10:01C'est de la récupération pour vous ?
10:03C'est quoi ?
10:04De surfer sur l'émotion ?
10:05Il ne traite aucun des problèmes concrets.
10:08La récession du magistrat,
10:10si elle est établie,
10:11elle sera engagée,
10:12et il y aura des sanctions.
10:14Et d'ailleurs, si on applique la loi,
10:15normalement, les magistrats qui ont commis des fautes
10:17sont poursuivis,
10:18et généralement, évincés de la magistrature.
10:21Alors, le G7 s'ouvre la semaine prochaine
10:23à Evian,
10:24et il est percuté par la guerre au Moyen-Orient,
10:27la guerre qui fait placer une menace économique,
10:29et elle se voit avec des faits très, très concrets.
10:31C'est Christine Lagarde de la BCE
10:33qui a, pour la première fois depuis trois ans,
10:36relevé les taux directeurs
10:37de taux de dépôt à 2,25%.
10:39Alors, ça ne parle pas forcément à nos téléspectateurs,
10:42mais en fait, c'est archi, archi concret.
10:45Dites-nous comment ces taux directeurs
10:47vont impacter de façon magistrale
10:49les Français qui nous regardent.
10:50Ah ben déjà,
10:51quand le grossiste,
10:53c'est-à-dire celui qui propose aux banques,
10:55qui vont se refinancer à la Banque Centrale Européenne,
10:57une augmentation des prix,
10:58ben le détaillant, lui,
10:59il augmente les mêmes prix.
11:00Donc, le taux d'intérêt pour l'emprunt,
11:03alors que vous êtes en train de négocier
11:04votre emprunt pour votre acquisition immobilière,
11:09pour votre appartement,
11:10vous avez 30 ans,
11:12vous venez de vous installer,
11:13vous avez des enfants,
11:14ben vous allez prendre une surcote,
11:16c'est-à-dire un prix plus élevé
11:18et peut-être des difficultés
11:20à établir votre plan.
11:21Deuxièmement,
11:22pour l'État,
11:23il faudra des conséquences,
11:24puisque nous sommes en 2024
11:26à 64 milliards de charges d'intérêt,
11:29pardon,
11:30en 2025,
11:31à 64 milliards de charges d'intérêt,
11:33en 2026,
11:34on va être à 74 milliards.
11:36Donc,
11:36si vous rajoutez encore 0,25%,
11:39ben on va passer 80.
11:41Voilà la situation.
11:42Donc, ce sont des impôts nouveaux
11:42pour les Français.
11:43Voilà ce qui est en train de se passer.
11:45Donc, ça veut dire qu'on paye finalement
11:46le prix d'une guerre qu'on n'a pas déclarée ?
11:49On paye surtout une décision
11:50qui n'est pas, je pense,
11:52qui est assez critiquée.
11:53Madame Lagarde et la Banque Centrale Européenne
11:55a déjà fait la même erreur
11:56en 2022 après la guerre en Ukraine.
11:59Quand vous voulez lutter contre l'inflation,
12:02vous augmentez les taux d'intérêt.
12:04C'est ce qu'on fait habituellement,
12:05mais à condition que l'économie soit en surchauffe.
12:07Là, elle n'est pas en surchauffe.
12:08Elle est plate.
12:09Elle est même assez faible.
12:11Pas très loin de la récession.
12:13C'est de l'inflation importée
12:14à cause d'un choc externe.
12:15Il y a eu la guerre en Ukraine.
12:16Ils ont augmenté les taux d'intérêt
12:17voulant arrêter l'inflation.
12:19Ils n'ont pas arrêté l'inflation.
12:20Ils ont tué l'économie.
12:21Ils sont revenus en arrière.
12:22Donc, ce qu'ils ont fait en 2022,
12:24ils vont certainement le refaire bientôt.
12:25Alors, il y en a un
12:26qui n'a pas de problème d'argent.
12:28C'est Elon Musk.
12:29Figurez-vous que SpaceX
12:30s'est introduit en bourse.
12:32Et ça y est,
12:33Elon Musk a passé le cap.
12:34C'est l'homme qui pèse
12:36mille milliards de dollars.
12:38Est-ce que c'est possible
12:39qu'un seul homme
12:40ait toute cette puissance
12:43technologique, politique, économique
12:44sans que personne ne le contrôle ?
12:46C'est même lui
12:47qui contrôle l'État.
12:49Puisque maintenant,
12:49avec son alliance avec Trump,
12:50il a réussi à faire changer
12:51les règles
12:52d'introduction en bourse
12:54à son profit.
12:55Donc, c'est lui
12:56qui fait les lois
12:57et non pas les lois
12:59qui s'imposent à lui.
13:01Racontons d'abord,
13:02avant la puissance de Musk,
13:05qu'est-ce qui se passe
13:05sur cette introduction en bourse
13:08délirante et historique.
13:10SpaceX veut financer
13:12avec 75 milliards.
13:13Il demande 75 milliards
13:14aux épargnants.
13:15Je rappelle qu'il y a
13:16beaucoup d'épargnants français
13:17puisque les banques françaises
13:18ont proposé du Musk
13:19et du SpaceX
13:20à leurs clients en ce moment.
13:20On peut acheter du Musk.
13:21On peut investir.
13:22Peut-être peut-être.
13:23Ça rapporte.
13:24C'est pas sûr.
13:25Justement, c'est ça
13:26que je vais expliquer.
13:27Parce que là,
13:27il y a un petit problème quand même.
13:28Quand vous achetez
13:30une entreprise
13:31qui est déficitaire
13:33car vous achetez
13:34une entreprise
13:35qui a perdu 5 milliards,
13:37vous l'achetez
13:391770 milliards.
13:40C'est le prix de l'action.
13:41C'est la valeur totale
13:42de l'entreprise.
13:43Tous les analystes
13:44considèrent
13:45qu'il y a un hold-up
13:46sur les petits épargnants.
13:47Enfin, une grande partie
13:48des analystes.
13:48Pardon, pas tous.
13:50Et disent
13:51la valorisation
13:52devrait être coupée
13:53au moins par deux.
13:54Donc, est-ce qu'on achète
13:55une entreprise déficitaire
13:56valorisée 94 fois
13:58son chiffre d'affaires
13:59ou est-ce qu'on fait
13:59un pari
14:00qui est assez délirant
14:02sur la construction
14:03d'une infrastructure spatiale
14:05dans l'intelligence artificielle
14:06puisque c'est ça le projet.
14:07Je voudrais quand même
14:08vous lire
14:08ce qu'il y a
14:09dans le prospectus
14:10qu'on envoie
14:11aux épargnants français
14:12ou américains.
14:14SpaceX
14:14se donne
14:15pour mission
14:16de rendre
14:17la vie
14:18multiplanétaire,
14:19comprendre
14:19la vraie nature
14:20de l'univers
14:21et étendre
14:22la lumière
14:22de la conscience
14:23des étoiles.
14:24Je cite,
14:25fin de citation.
14:26Donc là,
14:26c'est Martine
14:27dans l'espace.
14:28Martine dans l'espace.
14:29Alors, bonne chance
14:30pour tous les épargnants
14:31qui vont mettre
14:31leur argent
14:32sur une affaire
14:33comme celle-là.
14:33Ça ressemble
14:34aux subprimes
14:35et à la bulle
14:37de la tech,
14:38cette fois,
14:39et non plus
14:39de l'immobilier.
14:40Donc, dépêchez-vous
14:41de revendre
14:42si vous avez acheté.
14:42Alors, dépêchez-vous
14:43de revendre.
14:44Oui, puisque l'action
14:45SpaceX a pris 26%
14:46depuis son introduction.
14:48Donc, je pense
14:48que les Français
14:48épargnants
14:49qui vont acheter du Musk,
14:50ils sont quand même
14:50bien contents.
14:51Vous vous dites
14:52qu'il faut revendre.
14:53Ben oui,
14:53ils vont pouvoir encaisser
14:54les 26%
14:56de la folie spéculative.
14:58C'est le principe
14:59d'une bulle.
14:59C'est qu'un moment,
15:01elle éclate.
15:01En tout cas,
15:02la fortune
15:03d'Elon Musk
15:04n'est pas prêtre
15:05quand même.
15:06Il faut revenir
15:06sur ce chiffre.
15:07Il est trillionaire.
15:09C'est-à-dire
15:091 000 milliards de dollars.
15:12Comment est-ce
15:13qu'on arrive déjà
15:13à mentaliser ce chiffre ?
15:15Alors, moi,
15:15je propose
15:16qu'on l'enferme
15:16dans une pièce étanche
15:18avec Gabriel Zuckman
15:19qui veut lui prendre
15:192% par an
15:20de toutes ses actions.
15:22Je pense que là,
15:22pour le coup,
15:23ça vaudrait quelque chose.
15:24Qu'est-ce qui va se passer
15:24dans cette pièce
15:25entre Gabriel Zuckman
15:26et Elon Musk ?
15:26Une conversation entre adultes
15:27à votre avis ?
15:28Je pense que ça vaudrait
15:29la peine.
15:30En tout cas,
15:31une chose est certaine,
15:32c'est que beaucoup
15:33d'analystes ont considéré
15:35que le marché
15:36osait payer au marché
15:36des actifs qui n'existent pas.
15:38Car tout ça n'existe pas.
15:39C'est un projet.
15:41Alors, dans quelques jours,
15:42s'ouvre en France
15:43à Villepinte
15:44Eurosatorie.
15:44C'est le plus grand
15:45salon mondial
15:46de la défense.
15:47Alors, on va beaucoup parler
15:48de défense européenne
15:49qui est peut-être un mythe,
15:51une chimère,
15:51vous allez nous le dire,
15:52puisque le SCAF est mort.
15:53Alors, le SCAF,
15:54c'est quoi ?
15:54C'est le système
15:55de combat aérien du futur.
15:56En gros,
15:57c'était un avion franco-allemand
15:59un peu financé par l'Espagne aussi.
16:01Déjà, à trois pays,
16:02on n'a pas réussi
16:03à y arriver.
16:04Est-ce que vous pensez
16:05que la mort du SCAF
16:06signe la fin de la défense européenne ?
16:08Pas du tout.
16:09Je pense que c'est
16:10une victoire française.
16:11C'est une très bonne nouvelle
16:12pour Dassault et pour la France.
16:14D'abord, parce que
16:15lorsqu'on a des injonctions politiques
16:17et une absence de désir
16:19des industriels de coopérer,
16:22ça produit ce genre de choses.
16:23Airbus, c'était la volonté
16:25des industriels européens
16:26de s'unir.
16:27MBDA,
16:28les fabricants de missiles,
16:30c'était une volonté
16:31des industriels
16:32de coopérer ensemble.
16:33Là, nous avons
16:34une décision politique
16:36qui a été prise il y a dix ans
16:37par Emmanuel Macron
16:39et je crois que c'était
16:40Mme Merkel à l'époque,
16:42de décider de faire
16:44l'avion du futur
16:45qui allait succéder au Rafale.
16:47Je dois dire que
16:48ça ne peut pas fonctionner
16:50comme ça.
16:50Pour une raison simple,
16:51c'est qu'il y avait
16:51des injonctions nationales
16:53qui étaient contradictoires.
16:54Les Français ont besoin
16:56d'un avion
16:56qui emporte la bombe,
16:57qui décolle d'un porte-avion,
16:58donc qui est un outil
17:00de la dissuasion nucléaire
17:01dont ne dispose pas l'Allemagne.
17:03Les Allemands ont besoin
17:03d'un avion de combat
17:04à la frontière
17:05pour défendre
17:06les confins de l'Est
17:07de l'Europe.
17:08Et donc,
17:09il n'y avait pas d'accord,
17:11il n'y a jamais eu d'accord.
17:12Alors, ce qui est intéressant,
17:13c'est que ce futur avion de combat,
17:15il pouvait avoir
17:16l'avant d'un lion
17:17et l'arrière d'une chèvre.
17:19C'est ce qu'on appelle
17:20une chimère
17:20dans la mythologie grecque.
17:22C'est-à-dire qu'aucun
17:24des concepteurs
17:24n'acceptait
17:26la position de l'autre.
17:27Donc, il fallait
17:28un concepteur unique.
17:29Ce concepteur unique,
17:30c'est Dassault.
17:31Je rappelle que Dassault
17:32a été capable
17:33de produire
17:34tous les avions de combat
17:35de la France
17:36et de construire
17:37le Rafale
17:37qui est beaucoup moins cher
17:39que l'Eurofighter,
17:41beaucoup plus efficace
17:42et mieux exporté.
17:43Et c'est le seul rival crédible
17:44du F-35 américain.
17:46Donc, le futur avion
17:47de chasse
17:47sera français,
17:49selon vous,
17:50finalement ?
17:51Si nous sommes capables
17:51de le financer en solo,
17:53ça sera formidable.
17:55Mais moi,
17:56je suis prêt à parier
17:57qu'il y aura des candidats
17:58des futurs clients,
18:01prêts à coopérer
18:02en acceptant
18:03le leadership
18:04technologique français,
18:05ce que les Allemands
18:06ont du mal à accepter.
18:08Il y a un problème culturel
18:09entre la France
18:10et l'Allemagne.
18:10C'est un couple,
18:11dit-on,
18:12c'est plutôt
18:13un divorce permanent.
18:15C'est plutôt ça.
18:16Donc,
18:17ma position
18:18est de dire
18:18qu'il y a un leadership
18:19technologique
18:20dans l'industrie
18:21de la défense
18:22en France.
18:23Elle est indépendante,
18:24elle est technologiquement
18:25leader mondial.
18:28nous pouvons en être fiers
18:29et il faut la pousser.
18:30Ce n'est pas la peine
18:30de la diluer
18:31dans des conceptions
18:34multinationales
18:35européennes
18:35qui risquent
18:36de l'affaiblir.
18:37Donc,
18:37moi,
18:37je suis très content
18:38que le SCAF
18:39soit un projet français
18:40et il y aura,
18:41ne vous inquiétez pas,
18:42des gens qui partageront
18:44la base industrielle
18:44qui permettront
18:45d'en diminuer le coût
18:46et de faire que ce sera
18:47un succès commercial mondial.
18:48Allez,
18:49c'est l'heure
18:49de notre rubrique
18:50On marche sur la tête,
18:51Arnaud Montebourg
18:51et aujourd'hui,
18:52je vous emmène
18:54cauchemar en mairie.
18:55C'est un peu
18:55ce qu'on peut se dire.
18:56Voyage en absurdi.
18:57On va parler de chiffres.
18:58Je vais vous montrer
18:59les chiffres.
19:02366 999 000 articles
19:05législatifs et réglementaires.
19:0648,8 millions de mots
19:07l'équivalent
19:08de 113 jours
19:09de lecture en continu.
19:11C'est le quotidien
19:12des maires de France.
19:13En gros,
19:13il faut un dossier pour tout.
19:14Vous voulez déplacer
19:16n'importe quoi,
19:17il faut un dossier.
19:18Vous voulez acheter
19:18un matériel,
19:19il faut un dossier.
19:19Sébastien Lecornu
19:20a voulu tout simplifier
19:22avec un méga décret
19:23de simplification
19:24mais finalement,
19:24c'est encore plus compliqué.
19:26On est en ligne
19:27avec Rodolphe Amaillan.
19:28Bonsoir, monsieur.
19:29Vous êtes maire de Vertoux,
19:30président de l'AMF
19:31de Loire-Atlantique,
19:32réélu au premier tour
19:33en mars 2026.
19:35Concrètement,
19:35très concrètement,
19:37racontez-nous
19:37l'absurdie
19:38que vous vivez
19:39en tant que maire.
19:40Bonjour, monsieur le maire.
19:42Bonjour, monsieur le ministre.
19:44Ravi d'être là ce soir.
19:46D'abord, je voudrais vous dire
19:47que les maires,
19:47ils savent qu'une règle,
19:48elle protège
19:49mais il arrive un moment
19:51où la règle
19:51cesse de protéger
19:52et commence à entraver
19:54et à empêcher.
19:55Et les exemples,
19:55je vais vous dire,
19:56ils sont nombreux
19:57qu'ils soient à Vertoux
19:59ou dans toutes les communes
20:01effectivement de Loire-Atlantique
20:03et de France,
20:03l'inflation normative,
20:04elle pénalise
20:06qu'ils soient
20:06les grands ou les petits sujets.
20:08Alors, quelques exemples.
20:09Le dernier en date,
20:10c'est un problème
20:11d'environnement.
20:13Il y a un oiseau
20:14qui a décidé
20:15de venir pondre
20:16entre le moment
20:17où le terrain
20:18a été acheté
20:19et le moment
20:20où les travaux
20:20ont commencé.
20:21Eh bien,
20:22les travaux sont arrêtés.
20:23On attend de savoir
20:25ce qu'on va faire
20:26avec ces teufs
20:28d'oiseaux rares.
20:30Et donc,
20:30ces 5 hectares
20:31qui seront évidemment
20:32immobilisés,
20:33là où on pouvait
20:34créer de la richesse.
20:35Et je sais que ça vous est cher,
20:36monsieur le ministre,
20:37créer de la richesse
20:38pour un entrepreneur
20:40qui avait décidé
20:41de construire son usine.
20:43C'est la rente d'accès
20:45qui, dans une mairie,
20:46a 1% d'écart
20:48avec la norme
20:49et qu'on doit refaire
20:50ou qu'on doit
20:52évidemment
20:54mettre aux normes.
20:55C'est l'interdiction
20:56de mettre
20:57les eaux pluviales
20:58dans les sanitaires
20:59alors que c'est du bon sens,
21:01évidemment,
21:02quand on peut le faire
21:03au prétexte
21:03qu'un enfant
21:04pourrait boire
21:04l'eau des toilettes.
21:05Enfin, je veux dire,
21:06il faut qu'on soit
21:07un peu logique
21:08et évidemment
21:11plein de bon sens.
21:13c'est l'obligation
21:14avant fin 2026
21:17de mettre aux normes
21:18tous les stationnements
21:20à moins de 5 mètres
21:21d'un passage piéton.
21:22Il faut les supprimer.
21:24Voilà.
21:24Comme si on découvrait
21:25la dangerosité
21:27de ces stationnements
21:28et comme si
21:30il y a quelques années
21:32les villes
21:33pouvaient être traitées
21:34toutes de la même manière,
21:36qu'on soit
21:37en zone rurale,
21:38en zone étoirale,
21:39qu'on soit en centre-ville,
21:40qu'on soit dans les villages.
21:41Voilà.
21:41Il faut avoir
21:42un peu de bon sens,
21:43le bon sens terrien.
21:46Alors, M. le maire,
21:48vous avez
21:49une expérience
21:50très concrète
21:51de ces normes.
21:54David Lysnard,
21:55le président
21:55de l'Association
21:56des maires de France,
21:57a pris des positions
21:59extrêmement vigoureuses.
22:00Il a dit
22:01qu'il faut mettre
22:01tout ça à la poubelle.
22:03Est-ce qu'on peut avoir
22:03une position,
22:05j'allais dire,
22:06nuancée
22:06sur cette question ?
22:07C'est-à-dire dire,
22:08par exemple,
22:09est-ce qu'on peut faire
22:09confiance aux élus
22:10qui sont des gens responsables
22:13en leur confiant
22:14le soin
22:15de respecter
22:16un certain nombre
22:16d'objectifs ?
22:17Par exemple,
22:18dans la construction
22:19de logements,
22:20on a obligé
22:22à ce que
22:24la quasi-totalité
22:25des logements
22:26soit aux normes
22:27handicapées.
22:28Est-ce que,
22:28par exemple,
22:29il est possible
22:30de faire confiance
22:31aux promoteurs,
22:32aux constructeurs,
22:33aux élus
22:34qui construisent,
22:34aux maîtres de l'ouvrage,
22:35en disant,
22:36écoutez,
22:36on va trouver
22:37la bonne part,
22:39l'équilibre,
22:40la nuance ?
22:40Bref,
22:41est-ce qu'on peut passer
22:43d'un système
22:43où la loi
22:45vient brider
22:46la décision
22:47à un système
22:48où c'est la décision
22:49qui applique la loi ?
22:51Qu'est-ce que vous en pensez,
22:52M. le maire ?
22:53C'est le principe
22:54de subsidiarité
22:55qu'on défend,
22:56nous,
22:56les maires,
22:56cette République des maires
22:57qui est pleine de bon sens,
22:59qui est en proximité
23:00des gens,
23:02qui écoutent,
23:02et qui sait
23:04le mieux dimensionner
23:05la réponse
23:06aux besoins
23:06de nos concitoyens.
23:07C'est tout ce que demande,
23:08d'ailleurs,
23:09je crois,
23:09le président des maires,
23:10David Lysnard.
23:11Je crois qu'on peut agir
23:13avec bon sens.
23:14Mais je reprends
23:14l'un de vos exemples.
23:16On nous demande aujourd'hui
23:17de faire des logements.
23:18On nous demande aujourd'hui
23:19d'être aux normes
23:22d'une norme quantitative
23:23de logements.
23:25Mais par ailleurs,
23:25on ralentit
23:27la production de logements
23:28par un nombre
23:29de normes invraisemblables,
23:31par des temps
23:33incroyables
23:33d'études environnementales,
23:36mais aussi normatives.
23:38Et par ailleurs,
23:39il y a parfois
23:39des règlements
23:40qui viennent
23:40en injonction contradictoire
23:42de cette volonté
23:43de faire du logement
23:45quand on est,
23:46par exemple,
23:47en zone PPRI
23:48ou quand on est
23:49PPRI risque-inondation
23:51ou quand on est,
23:52par exemple,
23:53sur les plans
23:53de prévention du bruit.
23:56Donc on voit bien
23:56que ces normes-là,
23:57elles sont entravantes.
23:59Et tout ce qu'on demande,
24:00nous,
24:00c'est de simplifier
24:01pour que ces normes,
24:02elles soient facilitantes.
24:04On dit souvent
24:05qu'il y a 10 ou 15 ans,
24:06un maire,
24:07il commençait
24:08par regarder
24:10ce qui était autorisé
24:12pour faire son projet.
24:14Aujourd'hui,
24:14il regarde ce qui est interdit.
24:16Voilà.
24:17Il commence par regarder
24:17tout ce qui est interdit.
24:18Et je peux vous dire
24:19qu'il y a plein de choses.
24:19Donc nous,
24:20ce qu'on demande,
24:21les maires,
24:21les maires de France,
24:22évidemment,
24:23c'est que le gouvernement
24:26nous fasse confiance.
24:27C'est que quand ils produisent
24:29une norme,
24:29que toute prise individuellement,
24:32d'ailleurs,
24:32on peut se dire
24:33que ces normes
24:35sont intelligentes
24:36et bonnes,
24:36mais c'est l'empilement
24:38de ces normes
24:38qui fait défaut.
24:39Ça,
24:40je veux bien vous croire.
24:41Alors, vous savez,
24:42il y a eu des chocs
24:44de simplification.
24:44D'ailleurs,
24:45moi-même,
24:45lorsque j'étais au gouvernement,
24:47j'ai eu le président
24:48de la République
24:49qui m'avait nommé
24:50de l'époque,
24:50il m'a dit
24:51il faut faire
24:52un choc de simplification.
24:53Alors,
24:53on est allé chercher partout
24:55dans les services déconcentrés,
24:57les préfectures,
24:59les filières industrielles
25:00puisque je m'occupais
25:01d'industrie,
25:02tout ce qui ne servait à rien
25:04pouvait être supprimé
25:06et embarrassait
25:07la vie quotidienne
25:08de tous les acteurs
25:09de l'économie
25:10ou de l'administration
25:12comme vous en êtes
25:12d'une administration locale.
25:14Et on a confié,
25:15finalement,
25:16la décision,
25:17alors j'en ai trouvé
25:17500.
25:18On est arrivé
25:19en réunion interministérielle,
25:20on a confié l'arbitrage
25:22à un jeune énarque
25:26du cabinet du Premier ministre
25:27qui était chargé
25:28de la simplification,
25:29qui est âgé de 27 ans
25:30et qui a pris,
25:32finalement,
25:33les arbitrages.
25:34L'administration
25:35n'a pas souhaité
25:37désadministrer
25:38et en vérité,
25:39on a sorti
25:40cinq mesures,
25:41c'est-à-dire 1%.
25:42Donc,
25:43vous voyez pourquoi
25:43ça ne fonctionne pas,
25:44c'est qu'il n'y a
25:45pas de force politique
25:47qui, aujourd'hui,
25:49assume,
25:49organise,
25:51j'allais dire,
25:52le nettoyage
25:53de ce qui,
25:54aujourd'hui,
25:55bloque le pays.
25:56Nous avons besoin
25:57de remettre à plat
25:58l'ensemble de ces questions
25:59et je vous remercie
26:01de votre engageant.
26:01Monsieur le maire,
26:02j'ai une question
26:02ultime à vous poser.
26:04Il y a 2200 maires
26:05qui ont démissionné
26:06depuis 2020.
26:08Quelle est,
26:09à votre avis,
26:10la raison de la démission
26:11de vos collègues ?
26:11Parce que c'est un métier,
26:14c'est une mission
26:15très difficile
26:16et beaucoup de vos collègues
26:18la quittent
26:19avec beaucoup d'engagement.
26:22Vous savez,
26:23c'est le ras-le-bol.
26:24Moi,
26:24je le dis,
26:26c'est mon troisième mandat,
26:27vous l'avez rappelé,
26:28je suis extrêmement
26:30volontariste
26:30comme l'ensemble
26:31des élus locaux.
26:31Il n'y a pas que les maires,
26:32d'ailleurs,
26:32il y a les équipes municipales.
26:34Mais ce qu'on veut,
26:35nous,
26:35c'est la liberté d'agir.
26:36Il faut changer de paradigme,
26:38nous donner la liberté d'agir
26:39et évidemment,
26:40nous contrôler
26:41parce que c'est bien normal.
26:43Mais surtout,
26:43nous donner les moyens
26:44d'agir.
26:45C'est important
26:47en nous faisant confiance
26:48et en faisant en sorte
26:50qu'effectivement,
26:51on n'entrave pas
26:52notre action
26:52mais qu'on vienne
26:54l'augmenter
26:55ou la contrôler.
26:56Merci.
26:57M. Amaillon,
26:58merci pour votre coup de gueule.
26:59Merci pour vos efforts.
27:01On passe au génie
27:03du Made in France
27:04ce soir.
27:04Ce week-end,
27:05c'est une alerte maximale
27:06puisque les feux de forêt
27:07menacent désormais la France,
27:08le Var,
27:09les Pyrénées-Orientales,
27:10la Gironde,
27:10la canicule précoce.
27:12On va parler
27:12d'une obsession française.
27:14Vous savez,
27:14c'est le Canadair.
27:15Vous le voyez,
27:15ce gros bombardier
27:16qui vient vous sauver
27:17en pleine idée,
27:18notre bouclier
27:18contre les incendies.
27:20Sauf que la flotte du Canadair
27:22vieillit.
27:23La flotte française
27:23a besoin d'un successeur urgent.
27:25Qui va construire le Canadair
27:27de demain
27:28en jeu de souveraineté
27:29pour être plus rapide
27:30face aux incendies ?
27:31Bonsoir,
27:31Laurent Schmitt.
27:32Vous êtes ce soir
27:33notre génie,
27:34le génie du Made in France
27:35d'Arnaud Montebourg,
27:3615 ans chez Airbus,
27:38carrière au sommet
27:39de l'aéronautique.
27:40Quand est-ce que vous avez eu
27:41ce déclic,
27:42finalement,
27:42de créer
27:43le futur Canadair français ?
27:45Ce déclic,
27:46il date de 2022.
27:49Ce déclic,
27:50c'est au départ
27:51une émotion,
27:52un peu comme tout le monde.
27:53On voit les feux de forêt,
27:54on comprend que c'est 20%
27:55des émissions de CO2.
27:57On voit les méga feux
27:58qui arrivent
27:59et à face de ça,
28:00on voit les Canadair,
28:01vous le savez,
28:02vieux avions.
28:03Ils ont quel âge ?
28:04En fait,
28:05ils ont été certifiés
28:06en 1967.
28:08Ah oui.
28:08Et ils roulent,
28:10enfin,
28:10ils volent depuis 1967.
28:11La moyenne d'âge
28:13de la flotte,
28:13c'est environ
28:14une trentaine d'années
28:15et depuis 12 ans maintenant,
28:17la production a été arrêtée.
28:19Il n'y a plus
28:20de nouveaux avions,
28:21donc c'est des avions
28:22qu'on maintient
28:23et qu'on garde.
28:24On en a combien,
28:25la flotte française ?
28:26Alors,
28:26la flotte française
28:27est constituée
28:28de 12 Canadair,
28:2912 Canadair
28:30qui ont environ
28:31une trentaine d'années
28:33d'ancienneté.
28:35Chaque année,
28:36c'est environ
28:386,
28:397 avions
28:39qu'on arrive
28:40à avoir
28:41grâce à beaucoup
28:42d'efforts
28:42des équipes de maintenance
28:44opérationnelles
28:44sur le terrain.
28:45Donc là,
28:46on arrive au bout.
28:46C'est ça que vous êtes
28:47en train de dire ?
28:48Mais ce que je suis
28:48en train de dire,
28:49c'est qu'on arrive
28:50face aux risques
28:51de voir cette flotte
28:52disparaître
28:53et on arrive surtout
28:54devant l'impasse.
28:56Cette flotte,
28:56elle devrait grossir.
28:58Elle devrait grossir
28:59en France,
28:59mais elle devrait grossir
29:00sur toute la planète.
29:03Et aujourd'hui,
29:04malheureusement,
29:05on est sur une impasse
29:06industrielle.
29:07Pourquoi une impasse
29:08industrielle ?
29:08Expliquez-nous pourquoi.
29:09Alors,
29:10le Canadair,
29:11comme je vous l'ai dit,
29:11depuis maintenant 12 ans,
29:13il n'est plus fabriqué.
29:15Enfin,
29:15c'est un hydravion
29:16avec un réservoir.
29:17C'est un hydravion
29:18avec un hydravoir.
29:19Et des hélices qui tournent,
29:20excusez-moi.
29:21On sait faire ça
29:21depuis 1967.
29:23On sait faire ça.
29:24C'est un avion
29:25qui fait 20 tonnes.
29:26Un avion de 20 tonnes
29:27pour le redévelopper
29:28depuis zéro.
29:29C'est un énorme chantier.
29:30C'est plusieurs milliards.
29:32C'est surtout
29:33des milliers d'ingénieurs
29:34qu'il faudrait mobiliser
29:35sur un projet comme ça.
29:36Et vous le savez,
29:37l'aéronautique,
29:38en ce moment,
29:39elle traverse
29:40des gigantesques défis
29:43de ramp-up,
29:44aussi bien industriel
29:45que civils.
29:46Et donc,
29:47non,
29:48malheureusement,
29:48le secteur aéronautique,
29:50j'ai envie de vous dire,
29:51n'est pas au rendez-vous.
29:53Alors,
29:53qu'est-ce que vous avez fait,
29:54vous ?
29:54Alors,
29:54vous avez trouvé...
29:55Il y a deux entreprises.
29:56Il y a Inaéro,
29:57qui est dirigée par un général,
29:58et il y a vous,
30:00un ancien Airbus
30:01de Dassault,
30:02qui avait inventé
30:03une solution
30:05innovante.
30:06Voilà pourquoi
30:07nous avons voulu
30:07que vous soyez
30:09notre génie
30:09du Made in France.
30:10Expliquez-nous
30:11ce que vous faites.
30:11Eh bien,
30:12l'idée,
30:12c'est que si on ne peut pas
30:13faire un nouvel avion,
30:14parce que ce n'est pas abordable,
30:15il faut avoir une idée
30:17ambitieuse
30:18et astucieuse
30:19qui est
30:20de partir
30:21d'un avion existant
30:22et de le transformer
30:24pour lui donner...
30:24Alors,
30:25lequel ?
30:25ATR 72 ?
30:27Un avion franco-italien
30:29toujours fabriqué
30:31à Toulouse,
30:32qui a été livré
30:33en 1500 exemplaires,
30:34donc qui est vraiment disponible.
30:35Et cet avion,
30:36on va l'équiper
30:37avec des réservoirs d'eau
30:38dans le fuselage
30:39et puis surtout,
30:40on va remplacer
30:42ces trains d'atterrissage
30:43par des gigantesques
30:44flotteurs
30:44qui vont lui permettre
30:45d'aller ramasser de l'eau
30:47sur les villes.
30:47Dernière question,
30:48monsieur,
30:48parce que je vous coupe
30:49parce que le temps file.
30:50La sécurité civile américaine
30:52est votre premier client,
30:53350 millions d'euros,
30:54deuxième client,
30:55un pays d'Europe du Sud,
30:56la France,
30:57elle vous a commandé
30:57vos avions ?
30:58Non,
30:59alors,
30:59ce n'est pas la sécurité civile
31:00américaine
31:01qui est notre client.
31:02En fait,
31:03pratiquement partout
31:04dans le monde,
31:04ce sont des sociétés...
31:06Non,
31:06ce sont des sociétés privées
31:08aux Etats-Unis
31:09qui achètent des avions
31:10et qui ensuite
31:11offrent du service aux Etats.
31:12Donc,
31:12c'est une société privée américaine
31:14qui,
31:15j'ai envie de dire,
31:15a eu la souplesse
31:16de prendre le risque
31:18de commander
31:1810 avions
31:19à notre société.
31:20La France a émis...
31:22Vous les avez fabriqués ?
31:23Vous les avez livrés ?
31:24Non,
31:24on est en train de fabriquer...
31:26Vous les fabriquez où,
31:27s'il vous plaît ?
31:27Alors,
31:28on les fabrique,
31:28les flotteurs sont fabriqués
31:29en Bretagne
31:30et les avions seront assemblés
31:32à Toulouse
31:33sur l'aéroport
31:34de Toulouse-Bretagne.
31:35Donc,
31:35vous avez utilisé
31:36les ressources
31:37de l'industrie navale
31:38pour faire cet avion amphibie.
31:41C'est ça ?
31:41Votre coup de génie,
31:43c'est ça ?
31:43On a utilisé
31:44tout ce que la France
31:44sait faire de mieux,
31:45c'est-à-dire
31:46l'industrie navale
31:47pour les flotteurs,
31:48l'industrie aéronautique
31:49pour les modifications d'avions
31:51et toute une équipe
31:52qui y vient
31:53des grands avionneurs
31:54d'Airbus
31:54de Dassault d'Aix.
31:55Alors ici,
31:55moi je lance un appel
31:57au gouvernement français
31:58de commander
32:01des ATR 72
32:02transformés
32:03avec des flotteurs
32:06pour compléter
32:07la flotte de Canadair.
32:08Merci monsieur
32:09d'avoir été ce soir
32:10l'invité d'Arnaud Montebourg.
32:11On passe au duel
32:12ce soir
32:12et c'est Aurélie Trouvé
32:14qui nous rejoint.
32:15Député,
32:15la France insoumise.
32:16On va revenir
32:17évidemment
32:18sur la mort
32:18de la petite Liana.
32:20Elle a été inhumée
32:21aujourd'hui
32:21et sa mort
32:22pose énormément
32:23de questions.
32:24Comment
32:25faire de cette tragédie ?
32:26Quelles leçons
32:27tirer de cette tragédie ?
32:28Est-ce qu'il faut
32:28un big bang
32:29de la justice ?
32:30Aurélie Trouvé
32:30par exemple
32:31chercher des milliards.
32:32On a pu les trouver
32:33pour l'armement,
32:34pour la défense.
32:35Est-ce qu'il faut
32:35des milliards
32:36pour la justice
32:37pour protéger
32:37nos enfants ?
32:39Bonsoir.
32:40D'abord,
32:41c'est le jour
32:42des obsèques
32:43de cette petite fille.
32:44Je veux d'abord
32:45avoir une pensée
32:46évidemment
32:47pour ses proches,
32:48sa famille,
32:48ses parents.
32:49Moi je suis maman aussi
32:51et voilà
32:52à quel point
32:52c'est épouvantable.
32:54Et du coup,
32:54moi je suis assez gênée
32:55pour aujourd'hui,
32:58particulièrement aujourd'hui
32:59parce qu'il faut avoir
33:00le débat politique
33:00évidemment.
33:02Et particulièrement
33:02aujourd'hui,
33:03la famille a demandé
33:05à ce que,
33:06eh bien,
33:07il n'y ait pas,
33:07voilà,
33:08que la journée soit consacrée
33:09à sa mémoire.
33:11Donc voilà,
33:11évidemment,
33:13monsieur Darmanin,
33:15les gouvernements
33:15devront rendre des comptes,
33:17bien évidemment,
33:19sur ce qui s'est passé.
33:20il faut évidemment
33:22que ça change.
33:22Il ne peut pas y avoir
33:23à nouveau
33:24des meurtres
33:25aussi épouvantables.
33:26Il y a un problème
33:27systémique.
33:28Mais voilà,
33:29je crois qu'il faut aussi
33:30aujourd'hui,
33:31parce que ce sont
33:32les obsèques,
33:32eh bien,
33:33peut-être d'abord
33:34honorer sa mémoire
33:36comme le demande
33:37la famille.
33:38Alors,
33:38comme vous le savez,
33:39la question
33:40de la responsabilité politique
33:43est posée
33:44du gouvernement.
33:45J'ai vu
33:45que le président
33:46de la République
33:46avait expliqué
33:47que ce n'est pas
33:47une question de moyens,
33:48c'est une question
33:48de responsabilité
33:49de magistrats.
33:50Donc,
33:50c'est sa position.
33:51Il est le gardien
33:52de l'autorité judiciaire
33:54et de son indépendance.
33:55Donc,
33:56c'est une position
33:58qu'il a prise
33:59et qui est très importante
34:00puisque c'est celle
34:02du gouvernement
34:03qui en découle.
34:05Quelle est votre position
34:06par rapport
34:07à la situation
34:08du garde des Sceaux
34:09aujourd'hui,
34:10par rapport
34:11à un certain nombre
34:12d'éléments d'alerte
34:13qu'il a eus
34:14sur la chaîne pénale
34:16asphyxiée,
34:17sur les questions
34:18d'infractions sexuelles
34:20dont sont victimes
34:21les mineurs
34:21dans notre pays,
34:23une décision
34:24de la Cour européenne
34:24des droits de l'homme,
34:26un rapport d'inspection
34:28accablant
34:28avec 17 recommandations
34:29non mises en œuvre,
34:30non rendues publiques
34:31en 2023,
34:33et puis,
34:35tous les problèmes
34:36dont les magistrats
34:38font remonter.
34:38Que les magistrats
34:39ou les élus
34:39font remonter.
34:40Je signale d'ailleurs
34:41que le tribunal d'Auche
34:42a fait l'objet
34:43d'une intervention
34:44du député
34:45du GERS,
34:46M. Topiak
34:47qui, je crois,
34:49éliote,
34:50il est centriste,
34:51je crois,
34:52qui a dit
34:53qu'il y a des problèmes
34:53dans ce tribunal.
34:54Voilà.
34:55Donc,
34:55comment vous traitez
34:58cette question
34:58qui est une question
34:59importante
35:00pour l'avenir
35:01après le drame
35:03de cette petite fille
35:04qui a été assassinée
35:06et violée ?
35:07Alors,
35:08je le redis
35:09encore une fois,
35:10je suis gênée
35:12d'aller plus avant
35:13dans le débat
35:14dans le sens
35:15où la famille
35:16a demandé précisément
35:17aujourd'hui
35:19de faire preuve
35:20de sobriété,
35:21je puis dire.
35:22Sans parler,
35:22sans parler évidemment
35:24de...
35:24Elle suscite énormément
35:25de questions,
35:26notamment sur le budget
35:27de la justice.
35:28Est-ce que vous pensez
35:28qu'il faudrait plus de budget ?
35:30Vous pouvez le faire sobrement.
35:31Vous pouvez le faire sobrement.
35:32Nous l'avons dit
35:34depuis plusieurs jours.
35:36Ça n'est pas
35:37seulement un problème
35:38comme le pointe
35:39M. Darmanin,
35:40le ministre de la Justice.
35:41Ce ne sont pas que
35:43des problèmes individuels,
35:44ponctuels.
35:46Il y a une défaillance
35:47de l'État,
35:48une défaillance systémique.
35:50Et il y a
35:51un gravissime problème
35:53de moyens.
35:54Nous avons
35:54trois à quatre fois moins
35:56de procureurs
35:57par rapport
35:57à la moyenne
35:58de l'Europe.
36:00Nous avons
36:00un gravissime manque
36:02de juges.
36:02Nous avons
36:03un gravissime manque
36:04dans la police judiciaire.
36:07il y a aujourd'hui
36:08la plupart des plaintes
36:10qui sont classées
36:11sans suite.
36:11Et la plupart des enfants
36:13qui sont victimes
36:14de viol
36:15ne portent même pas
36:16plainte.
36:16Donc il y a
36:17des problèmes
36:18à tous les niveaux.
36:19Et je n'irai pas
36:20plus avant.
36:21Simplement,
36:21nous,
36:22c'est ce qui nous a amenés
36:23à demander aujourd'hui
36:24la démission,
36:25on l'a dit,
36:26du ministre de la Justice
36:28parce que ça relève
36:31de sa responsabilité.
36:32Maintenant,
36:34je ne veux pas
36:35aller plus avant
36:36aujourd'hui.
36:37Je dis simplement
36:38qu'il faudra
36:38que les gouvernements
36:40et l'État
36:41rendent des comptes
36:43parce qu'on ne peut pas
36:45en fait
36:47accepter
36:47qu'il y ait
36:50autant de viols
36:51d'enfants
36:51en toute impunité.
36:52Il y a
36:52160 000 violences sexuelles
36:55sur des enfants
36:55chaque année.
36:56Et au-delà
36:58de ce drame
36:59absolument épouvantable
37:00pour lequel nous devons
37:01nous recueillir
37:02aujourd'hui,
37:02il faudra en tirer
37:04toutes les leçons.
37:04La campagne a commencé.
37:06Vous avez votre candidat,
37:07Jean-Luc Mélenchon,
37:08pour 2026.
37:09Est-ce que la justice
37:10doit être au centre ?
37:12Est-ce qu'il faut
37:13effectivement
37:13lever des fonds
37:15et faire de la priorité
37:16de la France insoumise
37:17la justice ?
37:18Et au détriment de...
37:19Oui, nous avons,
37:20vous le savez,
37:21nous avons
37:21tout un programme
37:23par exemple
37:23de recrutement.
37:24Nous pensons que
37:25pour être à la moyenne
37:25européenne,
37:26il faut recruter
37:275 000 juges,
37:28il faut recruter
37:293 000 agents
37:30dans la police judiciaire
37:31qu'aujourd'hui,
37:31ça rend impossible
37:35ou très difficile
37:36le traitement
37:37adéquat
37:38de l'ensemble
37:39des cas
37:40de violences
37:41sexuelles
37:42sur des enfants
37:43en France.
37:44Et donc, évidemment,
37:47au-delà d'aujourd'hui
37:48et à partir de demain
37:49à nouveau,
37:50il faudra
37:51que ce débat politique
37:52soit plein et entier
37:54pour qu'on cesse
37:55cette impunité,
37:57on cesse cette fabrique
37:58des violences,
37:59des agresseurs sexuels.
38:01Arnaud Mondebourg,
38:02est-ce qu'on ne se dirige
38:02pas vers une surenchère
38:04de propositions
38:05justement que les politiques
38:06ne pourront pas
38:07tenir compte tenu
38:08de l'état
38:09des finances publiques ?
38:10C'est sûr qu'une cour populaire,
38:12un pylori médiatique
38:14pour les juges
38:14proposé par M. Retailleau,
38:16ça, je pense que
38:17ce n'est pas constitutionnel.
38:18La castration chimique,
38:20qui n'est pas une punition,
38:22mais qui est une mesure
38:23de prévention
38:24en portant atteinte
38:24l'intégrité corporelle
38:27du lincant,
38:27ça aussi,
38:28je pense qu'on a des problèmes.
38:29Ça nous rappelle
38:30les lois
38:31de stérilisation forcée
38:33aux États-Unis
38:33qui ont touché
38:34des dizaines
38:36de milliers de personnes.
38:36Donc tout ça,
38:38ça relève
38:39de la surenchère.
38:40La question budgétaire
38:41est une question sérieuse.
38:42Donc je voudrais l'aborder
38:43car pour moi,
38:44un candidat
38:45à l'élection présidentielle
38:47ne peut pas avoir
38:50une stratégie de redressement
38:51des finances publiques.
38:52Pourquoi ?
38:53Parce qu'on est dans le trou
38:54et que ça va très mal.
38:56Donc qu'est-ce que vous proposez ?
38:57Moi, j'ai regardé
38:58votre programme,
38:59excusez-moi,
38:59le programme de Jean-Luc Mélenchon.
39:01230 milliards
39:02de dépenses nouvelles,
39:0485 milliards en plus
39:05pour les retraites,
39:0640 milliards en plus
39:07pour la santé,
39:0834 milliards en plus
39:09pour l'éducation.
39:10Je n'ai pas abordé
39:10une justice-police,
39:12même si j'entends parfois
39:13que la police tue.
39:14Heureusement qu'elle est là,
39:15merci.
39:16Et puis du côté des recettes,
39:17parce qu'il faut quand même
39:17des recettes,
39:19105 milliards d'impôts nouveaux,
39:21c'est énorme,
39:22donc 80 sur les entreprises
39:23et 25 sur les ménages.
39:25Et tout ça,
39:26ça fait une impasse supplémentaire
39:27puisque 230 moins epsilon,
39:33on se retrouve quand même
39:34avec un déficit de 7,5.
39:35Donc tout ça,
39:36on a juste un petit problème.
39:39Donc expliquez-moi,
39:41expliquez-nous
39:42comment vous allez faire
39:43avec aujourd'hui,
39:45je le rappelle,
39:46l'État est en train
39:47de se refinancer,
39:48il remet sur le marché
39:49174 milliards d'obligations
39:52qui arrivent à échéance
39:53à des taux faibles,
39:54il les recontracte,
39:56c'est des emprunts,
39:58mais cette fois-ci
39:58à 2,25,
40:00à 3,
40:003,25.
40:01Donc comment on va faire ?
40:03Donc la charge d'intérêt
40:04en 2026,
40:04elle augmente de 10 milliards.
40:06Donc en fait,
40:0610 milliards,
40:07c'est peut-être le budget
40:08de la justice
40:09que vous voudriez avoir.
40:11Donc comment on fait ?
40:12Ça s'appelle
40:13un exercice de cohérence.
40:15Alors justement,
40:16M. Montebourg,
40:17si vous pouvez,
40:17si vous avez pu observer,
40:19étudier minutieusement,
40:21et je vous en remercie,
40:23notre programme budgétaire,
40:24là c'est pour le budget 2026,
40:26mais nous le faisons
40:26pour chaque campagne présidentielle
40:28pour le programme du président
40:30et du candidat,
40:31ce sera Jean-Luc Mélenchon.
40:33Si vous pouvez le faire,
40:34c'est parce que nous l'avons établi
40:36avec des économistes,
40:37avec des statisticiens,
40:38et nous sommes les seuls.
40:39En fait,
40:39vous ne trouverez
40:40aucune autre force politique
40:42qui a fait cet exercice.
40:43Donc déjà,
40:44je veux dire que c'est sérieux,
40:45en fait.
40:45Vous avez raison,
40:46le budget,
40:47c'est très sérieux.
40:48Les solutions
40:49ne sont pas tout à fait sérieuses.
40:51Déjà,
40:52j'observe qu'aucun autre candidat
40:53ne s'apprête à faire cet exercice
40:55et que déjà la dernière fois,
40:57nous étions les seuls à le faire.
40:58Et je veux le dire,
40:58nous travaillons,
40:59moi-même,
40:59vous le savez,
41:00je travaille,
41:01avant d'être députée,
41:02il y a quatre ans,
41:02j'étais chercheuse en économie
41:03et nous étions beaucoup
41:05à travailler sur ce programme.
41:07Ensuite,
41:08vous l'aurez remarqué,
41:09il y a prévu
41:10plus en réalité
41:12de recettes
41:13que de dépenses.
41:14Notre objectif,
41:15il est bien de diminuer
41:17progressivement
41:17le déficit,
41:18mais aussi parce que,
41:20et c'est quelque chose
41:20qui vous est cher,
41:21Arnaud Montebourg,
41:22c'est parce que nous comptons aussi
41:23sur un programme
41:24dit keynésien,
41:25c'est-à-dire que c'est un programme
41:27dans lequel il y aura
41:28de la relance,
41:29de la relance de l'activité,
41:30ce qui va faire
41:31ramener aussi
41:32des recettes fiscales.
41:33On va s'attaquer
41:34au pouvoir d'achat
41:35pour qu'il soit plus important,
41:37au salaire
41:37pour qu'il soit rehaussé
41:38et tout ça
41:39est bon aussi
41:40pour les recettes.
41:41Et dernière chose,
41:42c'est aussi la baisse
41:43de certains coûts.
41:44Par exemple,
41:44l'assurance chômage.
41:46Eh bien,
41:46si on a un vaste programme
41:49de reconversion
41:49des industries,
41:50je sais que ça vous est cher,
41:52une planification industrielle
41:53pour faire en sorte
41:54qu'on n'ait plus
41:55les désastres industriels
41:56comme on connaît aujourd'hui,
41:57pour qu'on n'ait plus
41:58des centaines
41:59de plans de licenciement
42:00chaque année,
42:00eh bien,
42:01par exemple,
42:01ça,
42:01c'est des coûts
42:02du chômage en moins.
42:03Et donc,
42:04l'Allemagne d'ailleurs
42:05est en train de le faire.
42:06Les États-Unis,
42:07la Chine,
42:07toutes les grandes puissances
42:08aujourd'hui planifient
42:10et mettent en place
42:11un budget conséquent
42:13pour relancer
42:13la production du pays.
42:15Et nous,
42:15on veut une relance
42:16écologique et sociale.
42:17Et tout ça,
42:17vous le savez,
42:17va aussi faire
42:19des coûts sociaux,
42:20des coûts humains
42:20en moins dans la société.
42:22Et c'est cet ensemble-là
42:24qui nous permet
42:24de dire aujourd'hui
42:25que nous avons un programme,
42:26que nous avons utilisé
42:28le modèle de la Banque de France
42:29pour établir
42:30cet équilibre budgétaire.
42:31Nous avons un programme
42:32qui, progressivement,
42:33va faire diminuer
42:34le déficit.
42:35Merci de ces précisions
42:36très utiles.
42:37Le débat est engagé.
42:38Vous nous expliquez
42:40comment vous allez relancer
42:41la production industrielle
42:43en tapant
42:4480 milliards
42:45d'impôts supplémentaires
42:46sur les entreprises.
42:47Les entreprises,
42:47elles vont fermer la porte.
42:49Comment vous allez faire ?
42:50C'est un programme
42:53léniniste, en fait.
42:55Et même Lénine,
42:56il a inventé,
42:57vous savez,
42:58après le communisme de guerre,
42:59il a inventé,
42:59il a dit
42:59on a besoin quand même
43:01des gars qui travaillent
43:02dans ce pays,
43:03alors on va diminuer
43:04la pression.
43:05Mais franchement,
43:06c'est impossible.
43:07Deuxièmement,
43:08vous parlez,
43:08à juste titre,
43:10de ce qu'on appelle
43:10la relance de l'activité.
43:12On injecte du déficit
43:14en espérant
43:15que le déficit sera couvert.
43:16Alors,
43:16on l'a fait depuis 30 ans
43:17et ça n'a jamais marché.
43:18Pourquoi ça marche
43:19de moins en moins d'ailleurs ?
43:20Parce que ça marchait plus
43:21à l'époque mitterran,
43:22c'est-à-dire
43:23il y a 40 ans.
43:23parce que
43:26l'industrie
43:26est trop petite.
43:27Donc,
43:28elle ne peut plus bénéficier
43:29aujourd'hui
43:30des effets
43:31d'injection
43:32de la dépense publique.
43:34Donc,
43:34on est condamné
43:35à avoir une politique
43:37très modérée
43:37sur la demande
43:38et une politique
43:38très forte sur l'offre.
43:40Une question
43:41sur votre rapport.
43:42Oui,
43:42en un mot,
43:43parce que sinon,
43:43on n'aura pas le temps
43:44de parler de votre rapport.
43:44Ok,
43:45juste un,
43:46nous avons un surplus
43:48de fiscalité
43:49d'abord sur le patrimoine
43:50et du patrimoine,
43:51j'ai envie de dire
43:52qui n'est pas le patrimoine
43:53forcément productif.
43:54C'est notamment
43:54la taxe du Kman
43:55qui se concentre
43:56sur les premières richesses
44:00de France.
44:01Deuxièmement,
44:02est-il normal
44:02que des multinationales
44:04comme ArcelorMittal
44:05qui aujourd'hui
44:05délocalise massivement
44:07payent zéro euro
44:09d'impôt sur les sociétés
44:10depuis plusieurs années ?
44:13Et vous voyez,
44:13ça n'a aucune espèce
44:15de consistance
44:16pour relancer
44:17la production.
44:18Et surtout,
44:18est-il normal
44:19que les multinationales
44:20payent à peu près
44:2117% de taux d'imposition
44:23quand les TPE et PME
44:25en payent 24% ?
44:26Donc par exemple,
44:27nous proposerons
44:28un rétablissement,
44:29un rééquilibrage
44:30pour qu'il y ait
44:31une justice
44:31dans l'imposition
44:33notamment entre
44:33les TPE, PME
44:34et les multinationales.
44:36Et je vais finir
44:36par un dernier point.
44:38C'est que le premier
44:38problème des entreprises,
44:40c'est le carnet de commande.
44:41Et que la première chose
44:43à faire,
44:43c'est de faire
44:43en sorte que les gens
44:44leur achètent,
44:45leur achètent des biens.
44:46Et pour ça,
44:47il faut maintenir,
44:48il faut même développer
44:49le pouvoir d'achat.
44:50Excusez-moi,
44:51mais à chaque fois
44:52que vous donnez
44:52le pouvoir d'achat,
44:53ça part en Chine.
44:53On fait un chèque
44:54tous les ans
44:55de 50 milliards
44:57à la Chine.
44:58C'est ça,
44:59c'est ça le problème.
44:59On ne peut plus le faire.
45:00Là où vous avez raison,
45:02c'est que par ailleurs,
45:02quand on fait
45:03cette relance
45:04du pouvoir d'achat,
45:05il faut aussi se protéger.
45:06Parce que si on fait
45:07juste la relance
45:07du pouvoir d'achat,
45:08ça peut aussi avoir
45:09juste un effet
45:10d'importation supplémentaire.
45:11Donc il faut se protéger
45:13et se protéger
45:14notamment quand on a
45:15des normes
45:15plus ambitieuses
45:16du point de vue
45:16de la santé,
45:17du point de vue
45:18de l'environnement.
45:18D'ailleurs,
45:19vous avez vu
45:19qu'on a un amendement
45:20qui est passé
45:20dans la loi agricole,
45:21j'espère qu'il va rester.
45:23C'est un amendement
45:23que j'ai déposé
45:24au nom du groupe
45:25de la France Insoumise
45:25pour interdire
45:26les importations
45:27de tous produits agricoles
45:29traités avec des pesticides
45:30interdits en France.
45:31Bon, ça,
45:31c'est une mesure bienvenue
45:32de protection
45:33qui va justement
45:34favoriser la demande
45:35pour la production
45:36dans notre pays,
45:38celle qui est plus ambitieuse
45:39pour la santé
45:41et l'environnement.
45:41Ce n'est qu'un début.
45:43Ce débat ne fait que commencer.
45:44Et vous ne serez pas
45:45le seul à l'avoir
45:46parce que tous les partis politiques,
45:47on va les passer au scanner.
45:49Un mot sur votre rapport,
45:50Aurélie Trouvé,
45:51puisque vous avez passé
45:52un homme qui s'intéresse
45:52de près à l'industrie,
45:54à nos usines.
45:54Qui les achète ?
45:55Vous avez donc co-présidé
45:57une commission d'enquête parlementaire
45:58pour documenter
45:59les fonds d'investissement.
46:00Votre rapport est cinglant.
46:01Vous dites
46:01que ces fonds prédateurs
46:02sont là pour détruire
46:03les entreprises.
46:04Bruno Le Maire,
46:05ancien ministre de l'économie
46:06qui a été auditionné,
46:09dit
46:09« Mensonge tribunal politique.
46:11Qui a raison ?
46:12Est-ce que vraiment
46:13nos industries
46:13sont financées
46:14par des fonds prédateurs ? »
46:15D'abord,
46:16il faut savoir
46:16que ces fonds d'investissement
46:17ont envahi notre économie.
46:21D'abord,
46:22c'est quoi l'histoire ?
46:23L'histoire,
46:24c'est que je lui parle
46:25des fonds d'investissement,
46:26mais il fait partie
46:26du système
46:27qui,
46:28depuis plus d'une décennie,
46:30a fait qu'on a attiré
46:32massivement
46:33ces fonds d'investissement
46:34et que leurs pratiques
46:36prédatrices
46:36se sont multipliées.
46:38Aujourd'hui,
46:39il y a un emploi sur six
46:40dans le privé
46:40qui, en fait,
46:42dépend de ces fonds.
46:43Il y a des entreprises
46:44d'armement,
46:44des entreprises
46:45de médicaments
46:46qui ont été accaparées
46:47par des fonds prédateurs
46:49étrangers.
46:50Il y a, par exemple,
46:51des cliniques,
46:51des maisons de retraite,
46:52des médias,
46:53des clubs de foot,
46:54des crèches.
46:55Mais quelle est la définition
46:56du fonds prédateur ?
46:57À partir de quand
46:58on est constructif ?
46:59À partir de quand
47:00on est destructif ?
47:01D'abord,
47:01je veux dire
47:02qu'il n'y a jamais eu,
47:03c'est hallucinant,
47:04aucun rapport parlementaire
47:05sur la question.
47:06Alors que je l'ai dit,
47:06ils ont pris une place
47:07dans l'économie hallucinante.
47:09Ils détruisent comment ?
47:10D'abord,
47:10ils veulent faire
47:11un taux de profit
47:13énorme.
47:13Et c'est la nouvelle finance.
47:15Vous voyez,
47:15on a régulé un peu
47:16les banques
47:17après 2008
47:17et la crise financière.
47:19Mais en fait,
47:19c'est le Far West
47:20pour ces fonds.
47:20Et c'est la nouvelle finance,
47:22le Shadow Banking.
47:23Ces fonds,
47:23donc,
47:24sont sans contrôle.
47:25Ils font à peu près
47:26ce qu'ils veulent.
47:27Et donc,
47:27notamment,
47:27il y a des fonds vautours.
47:28Ils viennent capter
47:29les entreprises en difficulté.
47:30Il y en a de plus en plus,
47:31malheureusement.
47:32Et donc,
47:32ils viennent essorer,
47:34décharner ces entreprises.
47:35Par exemple,
47:36les magasins La Paire,
47:37les usines La Paire.
47:37On connaît Mutares.
47:39On connaît Mutares.
47:40Avec le fonds allemand Mutares.
47:41Mais c'est aussi le cas
47:42du fonds véreux
47:43et crapuleux
47:44Alpha Blou-Océan.
47:45Ils ont la main
47:45sur les industries
47:46d'armement de Val-d'une,
47:47Forges de Tarbes,
47:49sur les fonderies de Bretagne.
47:50C'est juste hallucinant.
47:51Deux révélations
47:51dans votre rapport
47:52puisqu'il sera publié lundi.
47:54Vous dites que
47:54la Banque publique d'investissement
47:56soutient massivement
47:56avec l'argent des Français
47:57un fonds franco-chinois.
47:59Bruno Méziard,
48:00ancien DG
48:01au ministère de l'Économie.
48:02Et même Romain Dufault
48:03qui est le fils
48:04du directeur
48:05de la Banque publique d'investissement.
48:06Dites-en-en un mot.
48:08Ça veut dire
48:08tout ça fait système.
48:09Il y a des tribunaux de commerce
48:11qui favorisent
48:12les fonds d'investissement
48:13et prédateurs.
48:14Il y a une banque publique
48:15qui, avec notre argent aussi,
48:17finance massivement
48:18ses fonds d'investissement
48:18et des pratiques prédatrices.
48:20Et il y a tout un système
48:21de pantouflage
48:22dans les fonds d'investissement.
48:23Vous retrouvez
48:24des anciens ministres,
48:25M. Fillon,
48:25Mme Kosciusko-Morizet,
48:28plein d'anciens directeurs généraux
48:29de Bercy, etc.
48:30Tout ça est un peu
48:31malsain selon moi.
48:32Vous vous honoreriez
48:35à défendre
48:36quand même
48:37l'utilité de la BPI.
48:38La BPI,
48:39elle a mobilisé
48:4057 milliards.
48:42C'est des petites boîtes
48:43dans les territoires.
48:45L'an dernier,
48:45sur 4 milliards,
48:462 milliards,
48:47la moitié de ses fonds propres
48:48pour financer
48:48des fonds d'investissement.
48:50Par contre,
48:51elle nous a dit
48:51aucun euro
48:52pour les industries
48:53en difficulté.
48:54Ce n'est pas normal.
48:54Nous, on fera
48:55une banque publique
48:55des besoins.
48:56C'est terminé.
Commentaires

Recommandations