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  • há 2 dias
Le 14 juin prochain, Donald Trump organise à la Maison-Blanche un gala de MMA exceptionnel, conçu comme un double temps fort : la célébration de ses 80 ans et le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. Un événement spectaculaire, où se croisent sport, politique et mise en scène du pouvoir. Dans ce décor hautement symbolique, le Mixed Martial Arts s’impose comme l’un des phénomènes sportifs et culturels majeurs de notre époque. En quelques années, la discipline est passée du statut de sport controversé à celui de spectacle globalisé, structuré autour de ses stars, de ses organisations mondiales et d’une économie de l’attention fondée sur l’intensité, le choc et la narration des corps.

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Diversão
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00:12On fait quelque chose que personne ne fait.
00:17C'est quand même quelque chose de fou, de rentrer dans une cage,
00:20combattre contre quelqu'un et de tout donner pour le battre, c'est quelque chose qui est fou.
00:28C'est beaucoup de stress, beaucoup d'insertitude, parce qu'on ne peut jamais savoir ce qui va se passer.
00:37On n'a pas d'échappatoire.
00:40Ils ferment la cage et on est ensemble en face.
00:45C'est un moment qui est assez unique dans une vie.
00:49Il y a quelqu'un à battre, aujourd'hui je vais le battre.
00:55Connaissez-vous le MMA ?
00:57MMA ?
00:58Le MMA.
00:58C'est un sport qui est populaire partout.
01:02C'est un phénomène qui est global.
01:04C'est un vrai phénomène de société.
01:07Le MMA était un spectacle initialement.
01:12Qui a été transformé en sport.
01:14On dit parfois que le MMA est né par et pour la télévision.
01:19Il se passe toujours quelque chose, il y a souvent des chaos, il y a souvent des finish.
01:22Ça va vite, ça a l'image de notre société.
01:28On a rarement vu un sport avec aussi peu de licenciés avoir autant de place dans les médias.
01:36C'est un sport assez atypique.
01:43C'est un sport difficile, donc il faut le vouloir.
01:48C'est un sport brutal, violent.
01:52C'est dur.
01:53Aller dans une cage ou dans un ring, se taper, ce n'est pas donné à tout le monde.
01:59Les gars qui font du MMA, je pense qu'ils ont une faillure en eux, ça c'est certain.
02:05Plus on va aller vers l'échelon professionnel, et plus on va avoir des milieux défavorisés,
02:09des couches populaires qui vont être représentées.
02:15J'ai entendu, on ne veut pas légaliser un sport pour armer les jeunes contre la police.
02:20Il y a quelqu'un qui me lâchait quand même cette phrase.
02:22Et donc en fait, derrière l'interdiction du MMA, il y avait une certaine forme de racisme socio-racial.
02:30Aujourd'hui, le fait que les gens comprennent les enjeux, comprennent la technicité du MMA,
02:33permet la démocratisation du MMA.
02:37Maintenant, le MMA, il fait tellement partie intégrante de la culture populaire
02:41qu'on ne peut pas passer à côté du MMA aujourd'hui.
03:01Ce qui m'intéresse beaucoup, c'est qu'on mixe la boxe et la lutte.
03:05Normalement, le format sous lequel on va le faire, c'est deux minutes de travail, c'est épuisant.
03:10Benoît, tu fais avec Nass.
03:12Go !
03:17Aujourd'hui, je trouve que ce qui est fabuleux, c'est qu'en France,
03:19je pense qu'on peut rivaliser avec les plus grosses teams d'Europe et du monde
03:23dans la qualité des combattants qu'on retrouve sur le tatami.
03:27Nicolas Hoth, 38 ans, je suis entraîneur de MMA
03:31et notamment entraîneur de Nasourdini Mavov, Benoît Saint-Denis, Baki
03:36et plein d'autres combattants.
03:38On a vraiment un tatami qui est un tatami hors pair
03:41avec des experts de chaque discipline.
03:44Ce que j'aime bien faire, c'est ça.
03:48Alors moi, je suis Baysan Gourshamsudinov, alias Baki,
03:52combattant professionnel, 11 victoires pour 11 combats du coup.
03:56Et voilà.
04:08Moi, dans ma ville, ce qu'ils proposaient à l'époque, c'était du judo.
04:10C'est comme ça que j'avais commencé par le judo,
04:11mais moi, dans ma tête, c'était toujours du combat que je voulais faire,
04:15peu importe comment, que ce soit de la boxe ou quoi.
04:17À ce moment-là, bien sûr, je ne connaissais pas encore le MMA
04:20parce que j'avais peut-être 5, 6 ans.
04:22Mais du coup, quand j'ai découvert le MMA, j'ai vu qu'on pouvait faire ce qu'on veut.
04:25C'est là que j'ai vraiment kiffé.
04:28La qualité qui se démarque chez Baki, c'est une grande maturité.
04:31Dans l'éthique de travail.
04:36Je n'arriverai jamais, je te dis.
04:37Au revoir.
04:38Il y a une constance, il y a un objectif.
04:40Et qu'est-ce que je vais faire pour atteindre cet objectif ?
04:47Je suis quelqu'un qui aime être actif, qui aime combattre, rentrer dans la cage.
04:50Je deviens de plus en plus à l'aise en combattant souvent.
04:52C'est ça, à Strasbourg, ils veulent faire un truc en mode je ne sais pas qui.
04:55Ils m'avaient dit qu'ils étaient chauds.
04:58Et ça fait de l'activité avant la tête.
05:00Il faut rester actif, c'est important.
05:02La prochaine échéance, c'est défendre sa ceinture contre Jordan Zebo.
05:06Donc c'est Baki qui a la ceinture.
05:07C'est Jordan qui veut la ceinture.
05:08Et donc les deux vont s'affronter pour savoir qui est le plus fort.
05:14Est-ce que vous pourriez un peu définir c'est quoi aujourd'hui le MMA ?
05:18C'est quoi les règles ?
05:19Il n'y a aucune règle.
05:21Tout est permis.
05:22Rust de La Sueur et Guillaume du podcast La Sueur.
05:27Il y a tout un tas de règles.
05:28Et quand vous allez voir, effectivement, il y en a vraiment toute une flopée.
05:31C'est un vrai parchemin.
05:32C'est un mix de tous les arts martiaux et de tous les sports de combat.
05:35Donc c'est pour ça qu'il y a le combat debout avec les genoux, les coups de pied, les
05:39coups de poing, les coups de coude, etc.
05:41Pas le droit aux coups de tête, par exemple, notamment.
05:43Il y a ensuite les phases de transition.
05:45C'est-à-dire la lutte.
05:47Donc comment on va mettre les adversaires au sol.
05:49Et une fois au sol, il y a l'art des soumissions.
05:51Et le ground on pound, et ça, c'est le gros truc qui a fait peur à beaucoup de monde.
05:56Quand on dit MMA, c'est le fait qu'il y a des frappes au sol.
05:58Et c'est ce mix de tous les arts martiaux et tout le sport de combat qui compose le mixed
06:03martial arts.
06:15Bester en chou.
06:15Voilà, Bester en chou.
06:17Il ne faut pas qu'il crée l'espace.
06:19Changer de porte de neige.
06:20Aujourd'hui, on a de plus en plus d'athlètes qui commencent par le MMA à proprement parler.
06:25Et donc c'est vrai que quand vous ouvrez cette petite porte et vous dites le MMA, je vais commencer
06:28d'un point de vue loisir,
06:29il y a vraiment ce côté tout en un.
06:31On joue à trois coups maximum les gars.
06:33On est à 50% d'intensité.
06:36On se déplace, allez.
06:38Les deux travaillent.
06:41C'est toujours intriguant pour un prof de sport de combat de se demander qui est le meilleur des sports
06:45de combat.
06:46N'attends pas, Youssef.
06:48On ne te contraint.
06:48N'attends pas, on n'attends pas.
06:49En regroupant toutes les règles de tous les sports de combat, le MMA est quand même loin devant tout le
06:54monde.
06:54Il va boxer pour rentrer au contact.
06:56Il rentre.
06:57Dès qu'il rentre au contact, automatisme.
06:59Jean-Michel Fouassard, nous sommes au Marseille Fight Club.
07:02C'est un club de MMA qui a maintenant 15 ans.
07:05J'ai commencé avec un seul combattant.
07:07Et voilà, depuis on est montant nombre d'adhérents et on essaie de faire du mieux qu'on peut.
07:10Là, tu t'emprimes, le MMA ?
07:12Oui, on fait un peu de pâte.
07:14Habille-toi toi aussi.
07:15Dans quelques semaines, il y a un gala de MMA sur Marseille.
07:19Et donc j'ai Théo, c'est Fares qui vont combattre.
07:24Théo, c'est un jeune qui a 20 ans et qui est, pour moi, un gars d'avenir pour le
07:29MMA Marseille.
07:30Parce qu'il est très, très performant.
07:32Et je pense que la jonction va se faire très rapidement avec le monde professionnel.
07:37Dès que je suis rentré dans la salle de MMA, dès la première seconde, je suis tombé amoureux.
07:45Et je me suis dit que c'était pour moi ce sport.
07:49Fares, ce sera son deuxième combat.
07:51Et c'est quelqu'un d'hypermotivé aussi.
07:53Donc, un bon jeune, pareil, qui a 20 ans.
07:57J'ai commencé à pratiquer du MMA et j'étais excité quand j'étais à l'entraînement.
08:02Ça me faisait une sensation que je n'avais jamais ressentie dans aucun sport, en fait.
08:06Je faisais du foot, donc j'ai tout arrêté.
08:11Théo, pour l'instant.
08:15La seule chose que je ne veux pas, c'est que ce soit vous qui subissiez le combat.
08:20Si c'est compliqué, j'ai le moyen d'aller au sol.
08:22Par contre, je le fais de toute façon intelligente.
08:24Je construis mon combat de A à Z.
08:36Le MMA a une particularité à travers l'histoire de l'UFC, c'est qu'il s'est développé par
08:42une ligue professionnelle et privée.
08:44Alors que la culture traditionnelle du sport, c'était de voir une activité physique qui va devenir un sport à
08:51part entière.
08:52Là, c'est le contraire. C'est ce qu'on appelle la sportivisation inversée.
08:56Oui, c'est intéressant de rappeler, en effet, comment tout ça s'est créé.
09:00Alors Bertrand Amoussou, pionnier du MMA en France, ancien champion de France et médaille européenne de judo, champion du monde
09:06de Jiu-Jitsu.
09:06Et ancien vainqueur d'un combat au Pride MMA au Japon.
09:12En 1994, lors de mon premier championnat du monde de Jiu-Jitsu, un combattant brésilien m'interpelle et me parle
09:17de valet tout dos.
09:18La première fois que j'entendais ce mot, valet tout dos.
09:23Alors le valet tout dos, c'est un nom portugais qui veut dire tout va, dans l'idée de tout
09:28est permis, on peut tout faire.
09:31En réalité, je ne l'ai pas cru, parce que quand il m'a expliqué ce que c'était, je
09:34me suis dit, mais de quoi il me parle ?
09:36Et donc c'est là que j'ai vraiment découvert ce qui allait devenir le MMA.
09:43Le valet tout dos reposait sur le défi, savoir quel était l'art martial le plus efficace au monde.
09:48C'est ça la base. Les gars vont se confronter, voir quelle est la discipline la plus performante.
09:53Mais avec tous les coups. On peut frapper, c'est libre.
10:04Alors certes, ça c'est le côté sportif de la chose, mais derrière, forcément, pour rentrer dans la grande sphère
10:13des médias du sport, il fallait taper fort.
10:19Le premier UAC de 1993, c'est l'aboutissement de la volonté de connaître le plus grand combattant du monde
10:26et derrière, l'art martial le plus efficace au monde.
10:29Karate, judo, jujitsu, savate, kickboxing.
10:33Là, on va vraiment savoir en vrai qui a le meilleur art martial et qui peut grosso modo taper tout
10:38le monde sur la planète.
10:50La première dimension qu'ont recherchées les instigateurs de l'UFC, c'était la dimension spectacle, avant la dimension sportive.
10:56C'était vraiment, qu'est-ce qu'on va créer comme univers pour être le plus spectaculaire possible et pour
11:02attirer le plus de téléspectateurs possible.
11:08Ils ont décidé d'avoir une identité autour de l'UFC.
11:21Et c'est comme ça qu'ils ont créé cette enceinte grillagée, cette cage qui est devenue une identité très
11:28forte, pas seulement de l'UFC, mais du MMA.
11:30Ils réfléchissaient à faire une enceinte grillagée en dehors de l'eau avec des crocodiles.
11:36Ils ont réfléchi à mettre une enceinte grillagée où dès qu'on touche, on serait électrocutés.
11:40Vous voyez, la réflexion n'était pas du tout sportive à ce moment-là.
11:43L'imaginaire de la cage, ça vient d'un producteur hollywoodien qui était investi dans Conan le Barbare.
11:49Donc il y avait vraiment tout un imaginaire spectaculaire.
11:52La bannière en tout cas de l'UFC, c'était no rules.
12:00Donc là, c'était les trois règles en gros.
12:05Le MMA à travers l'UFC, c'est aussi l'histoire du sport libéral, capitaliste.
12:10Donc là, ok, on accepte de déréguler qui est le plus efficace lorsque l'on fait une régulation minimale.
12:19La première image que j'ai eue, c'est la violence.
12:25Je me suis dit, mais qu'est-ce que c'est que ce truc, quoi ?
12:27Moi, ça m'a rendu ouf.
12:28Ce déferlement de violence m'a subjugué.
12:30Gregory Bouchelayem, a.k.a. Greg MMA, combattant pro de MMA.
12:36J'ai découvert un sport fascinant, ça m'a choqué.
12:39Je me suis dit, ces gars-là qui font ça, c'est des surhommes.
12:44C'était mes Superman, c'était mes Iron Man, mes Spider Man, c'était eux.
12:50Je me suis dit, peut-être qu'un jour, il faudrait que je fasse ça.
12:59La violence dans le MMA, elle est là, c'est indéniable.
13:02Je peux comprendre que ça puisse effrayer certains, mais je pense que c'est pas fait pour tout le monde,
13:08le MMA.
13:08Si t'es pas capable de recevoir et de donner des coups, c'est pas pour toi.
13:17Le MMA, c'est avant tout, au-delà d'être un sport, c'est aussi des combats.
13:22Et si on n'est pas un combattant, on peut être un très bon athlète, un très bon sportif qui
13:26se tient en forme, qui s'entraîne, qui est discipliné.
13:28Si on n'a pas la bagarre en soi et qu'on a peur de rentrer et se battre avec
13:31quelqu'un, ça ne le fera jamais.
13:39Ce qui s'est passé, c'est que l'UFC était banni dans pratiquement tous les États.
13:43Il a fallu se sportiviser, rentrer notamment, être accepté sur les chaînes de télévisée aux États-Unis.
14:05Alors, l'importance de Dana White, il a complètement changé le sport.
14:09Dès le début, ils se sont dit, ok, il y a un sport qui est un peu sale, où, bon,
14:13ok, les mecs arrivent, il y en a qui ont des kimono, il y en a qui en ont pas,
14:15et c'est un peu, c'est brouillon, c'est un peu violent, on ne comprend pas trop, il n
14:19'y a pas trop de règles.
14:20Mais on pense que ça peut devenir un sport aussi gros, aussi pro et aussi propre que le foot américain
14:26à l'NBA.
14:31Donc, il a fallu polisser un petit peu la pratique, la rendre plus acceptable avec plus de règles.
14:35Première chose, c'est qu'il y avait beaucoup de blessures.
14:37Et les principales blessures, c'était des mains qui se cassaient parce qu'il n'y avait pas de gants.
14:40Et donc, on apprend qu'en fait, les gants ne sont pas faits pour protéger le visage de l'autre,
14:44mais ils sont faits pour protéger en effet ses propres mains.
14:46Et puis ensuite, il s'est avéré que cette cage qui défrayait la chronique, en fait, rendait l'affrontement beaucoup
14:52plus sécurisé.
14:53On ne pouvait plus passer à travers les cornes et de fracasser le dos.
14:58On a mis des durées de 3 fois 5 minutes ou 5 fois 5 minutes pour les grands combats.
15:03Ensuite, ils ont dit, un athlète de 75 kilos qui rencontre un athlète de 120 kilos, peut-être que ça
15:08ne le fait pas vraiment.
15:09Donc, on va mettre des catégories de poids.
15:11Dans les critères de jugement, on va pénaliser la passivité.
15:15Il faut être agressif.
15:16Et quelle est la représentation de l'agressivité ?
15:19On a utilisé les frappes.
15:21Et toutes les règles des dirigeants de l'UFC ont été fabriquées, façonnées,
15:27pour permettre la dose maximale de spectacle.
15:29Et donc, même des lutteurs se sont dit, en plus de ma lutte, il faut que je devienne un frappeur.
15:37Et c'est progressivement que les premiers combattants réellement polyvalents sont apparus.
15:41Avec des gars comme Georges Saint-Pierre et comme John Jones, on s'est dit, ah oui, donc là, ils
15:45sont excellents partout.
15:46On a quelqu'un qui fait du MMA total à un niveau qu'on n'avait encore jamais vu.
15:51Et c'est vraiment là que la discipline est devenue hybride.
16:03J'aime beaucoup ce côté apprentissage.
16:06Il y a toujours quelque chose à apprendre.
16:07Allez, go !
16:09Ça porte dans la sec !
16:10Une main placée à droite, à gauche, comment déséquilibrer l'adversaire ?
16:15Après, quand on fait beaucoup de luttes, on tourne en pied-point ou on tourne qu'en boxe anglaise,
16:20on a toujours quelque chose à apprendre.
16:22Mais on ne s'ennuie jamais en fait.
16:23Vraiment ton hypercrit.
16:24Pas le bien serré, bien large, comme il prend un sou.
16:27Comment est-ce que c'est ?
16:27Voilà, il y a tout le monde.
16:29Il se laisse bien, ouais.
16:30Tu es là ?
16:37On est fort en pied-point, on reste en pied-point, on passe dans la tête, il ne faut pas
16:40n'importe quoi.
16:41On voit que c'est un peu compliqué, on ne se pose pas de questions, on casse à distance.
16:44On va le coller contre la cage, on le met au sol.
16:46Et c'est moi qui décide d'amener au sol.
16:48Ça va être faire tout.
16:50Ça va être plaisir.
16:52Avec le sourire, Théo, voilà.
16:55Et voilà.
16:56Bon, ça va demain, les gars.
16:58Ça ne marche pas, on revient sur autre chose.
17:00Position montée, dos.
17:02Déclenche ton jab.
17:03Et après, contre.
17:05Déclenche ton jab, bouge, tu es contre.
17:07Ce qu'il faut se dire, c'est qu'on est des bagarreurs de très haut niveau.
17:13Ici, tout le monde, globalement, a atteint un stade où les mecs, ils savent tous envoyer des coups, ils savent
17:18tous lutter, ils savent tous faire du sol.
17:20Techniquement, tout le monde se rejoint.
17:27Comment faire des oppositions de style comme tout le monde est devenu polyvalent ?
17:30C'est compliqué.
17:31Donc, il faut chercher une singularisation ailleurs.
17:33Ça va être dans l'origine géographique.
17:37Ça va être dans la personnalité.
17:38Le bad boy contre le bon gamin.
17:40On va essayer de créer une divergence qui soit à chaque fois originale.
17:45Dès le début, le cœur du business de l'UFC, c'est le pay-per-view.
17:49Donc, ça veut dire quoi ? L'achat à la demande.
17:52Donc, il faut que les gens soient convaincus.
17:53Ce n'est pas juste qu'il y a un combat pour le titre, on va regarder.
17:56Non, il faut être convaincu de regarder cet événement-là.
17:58Donc, pour regarder cet événement-là et pour être convaincu, il faut qu'on soit émotionnellement investi.
18:03Et c'est pour ça que c'est crucial pour l'UFC d'avoir des personnages aussi parce qu'il
18:08y a une histoire qui va, moi, me parler.
18:13On a été pris par l'ascension aussi de Conor McGregor.
18:22Celui qui a amené le MMA dans une nouvelle ère, c'est Conor McGregor.
18:27Un ovni d'un point de vue athlétique et d'un point de vue de la personnalité.
18:35Ce qui fait que le monde est choqué et a les yeux rivés sur cet athlète.
18:45Ça va être un déclic et c'est parti.
18:48L'économie de l'UFC va être bouleversée à partir de ce moment-là.
18:52Ils vont toucher un large public aux États-Unis et aussi en Europe.
18:56Ce qui fait qu'aujourd'hui, c'est devenu un phénomène mondial, le MMA, c'est que dans chaque région
19:00du monde, il y a un top athlète.
19:02Et aujourd'hui, quand on parle de l'UFC, c'est peut-être la seule ligue américaine où les combattants
19:06dominants ne sont pas américains.
19:09Il arrive à développer ça dans chaque pays.
19:11Et le fait qu'il y ait ça, mais toutes les semaines, avec des combattants différents,
19:15ça fait que forcément, quand vous êtes fan déjà du sport et ensuite de ce qui se passe autour, vous
19:20ne pouvez qu'être embarqué.
19:22Champion of the world, Khabib !
19:27Conor McGregor has lost his appeal against a civil finding that he sexually assaulted a woman.
19:33Il y a de tout. Il y a des connors et puis il y a des gentleman.
19:38Moi, c'est vrai que j'ai beaucoup d'émirations pour un gars comme Francis Ngannou.
19:41Francis, the predator, Ngannou !
19:47Il a traversé l'Afrique pour aller à Paris, à moitié SDF.
19:53Et maintenant, paf !
19:55C'est le king, c'est l'homme le plus fort du monde.
20:00Champion of the world, Francis Ngannou, the predator !
20:07La capacité du MMA à créer des stars contribue, c'est sûr, à l'attractivité de la discipline.
20:12Socialement, si tu es doué pour les sports de combat, tu sais que dans le MMA, tu as une capacité
20:18à briller et peut-être gagner de l'argent pour les meilleurs, je parle,
20:21qui est peut-être plus importante que dans d'autres sports dans lesquels ça va être un peu plus bouché.
20:28Je m'appelle Nasurdine Mavov, j'ai 29 ans, je suis combattant de MMA actuellement, je suis sous contrat avec
20:34lui aussi.
20:36Nasurdine, the sniper, Imavov !
20:45Le fait de venir en France, dans un autre pays, d'être un peu au début, un peu à part,
20:51tout ça, je pense que ça m'a forgé mentalement.
20:55Mon père qui m'a inscrit à la boxe anglaise, c'est le sport vraiment qui m'a donné la
21:00confiance en moi.
21:012, 3, 4, 5, 5, 5 !
21:06Ouais !
21:07Super, c'est nous ou pas ?
21:08Munez Benabdeloued, manager de Nasurdine Mavov.
21:11On s'identifie à une personne à travers ses blessures, à travers ses galères, à travers ses efforts, ses échecs,
21:17ses réussites.
21:17On arrive à... quasiment à s'approprier la victoire d'une personne ou la défaite d'une personne.
21:25Et aujourd'hui, je pense qu'il y a toute une partie de la population qui se reconnaît dans un
21:29combattant comme Nasurdine,
21:31qui est quelqu'un de discret, qui est aussi fort, aussi véloce, aussi méchant dans la cage,
21:36qu'il est gentil à l'extérieur de la cage, professionnel, et qui vient pour une mission précise, celle d
21:41'un sportif de haut niveau.
21:46Il faut vraiment aimer ça, parce que c'est très dur.
21:49Il faut que chaque jeune qui va pratiquer ce sport, qui va commencer, ils s'attendent à que ça soit
21:56dur.
21:56Justement moitié, tu ne peux pas réussir.
21:58Il faut vraiment aimer.
22:09Bonsoir à tous et bienvenue à la conférence de presse de RS-35.
22:14Il faut avoir ce truc en soi à la base.
22:16Si on a ce truc en soi à la base, et qu'on sent qu'on peut être discipliné et
22:20s'entraîner à fond,
22:21en vrai, c'est une très belle opportunité.
22:22On peut rapidement atteindre le sommet et c'est accessible en vrai.
22:25L'invaincu, le tenant, le champion de la défense, Baisangor, Baki Chamsourino !
22:37Mais voilà, le seul problème, c'est que ce n'est pas pour tout le monde.
22:39Ce n'est pas pour tout le monde.
22:40Donc pour les personnes qui sont qualifiées pour ça, c'est un très bon moyen.
22:53C'est un combat que je prends très au sérieux.
23:11où on peut donner un 100%.
23:15Dans l'imaginaire, ok, on a les success stories,
23:18mais en fait, le quotidien d'un combattant professionnel de MMA,
23:23ce n'est pas la prospérité.
23:24Et les mégastars ne doivent pas occulter le prolétariat
23:27qui constitue 99% des salariés de l'UFC.
23:30Quand on commence à l'UFC, qui est la plus grosse ligue mondiale,
23:34à 10 000 euros, plus 10 000 euros,
23:36si on gagne son combat quand vous enlevez les impôts,
23:39plus que vous devez au coach, ce qui est normal à votre manager,
23:41l'ascension sociale, on ne le sent pas vraiment,
23:43en tout cas en France.
23:52Je pense que le montant des premiers contrats n'est un secret pour personne.
23:57On ne roule pas du tout sur l'or.
24:02Je m'appelle Nora Cornel.
24:03Je fais du MMA depuis 2021.
24:06J'ai intégré l'UFC en 2023.
24:07Voilà.
24:11Il faut vivre avec ta prime si tu n'as pas un boulot fixe à côté.
24:16En même temps, avoir un boulot vraiment fixe qui te prend du temps,
24:18ce n'est pas tellement compatible avec s'entraîner à haut niveau comme ça.
24:22Non, c'est parti, bon ? On part sur 5 minutes comme ça.
24:27Accepte pas de te mettre sur le dos, Nora.
24:30Et bien entendu, l'UFC reste une entreprise
24:34qui fait un chiffre d'affaires à la fin de l'année
24:36et qui a besoin de produits,
24:38parce que c'est ce qu'on est,
24:39de produits pour pouvoir vendre.
24:42Il faut que tu sois un bon produit.
24:49Pour les jeunes qui vont regarder ce reportage,
24:52ne pensez pas que le MMA va vous sortir de la précarité.
24:57Travaille à l'école déjà
24:58et après on verra si vous êtes doués en sport.
25:01Bonjour, bienvenue.
25:03Bonjour, bienvenue.
25:04Donc il n'y en a que deux là, c'est ça ?
25:05Non, il n'y en a que deux là.
25:07Bonjour, bienvenue.
25:09Bonjour.
25:12C'est bon, tous les combattants sont rentrés ?
25:15Vous venez pour me suivre s'il vous plaît ?
25:17L'aspect financier dans le MMA,
25:19ce n'est pas, personnellement,
25:21ce n'est pas ce qui me motive le plus.
25:22Mais j'ai de suite pensé à être pro
25:24parce que j'aime aller au bout des choses.
25:28On a la chance en France d'avoir un gros circuit amateur
25:30où on peut prendre beaucoup d'expérience avant.
25:33Moi, l'idée de devenir pro,
25:34elle était depuis le premier entraînement.
25:36Je sais où je vais aller et je vais y aller.
25:39Donc c'est juste une question de temps,
25:40d'entraînement, de persévérance.
25:42Enfin, c'est dur, mais on ne va pas lâcher.
25:45Après, c'est sûr que si on peut être payé pour combattre,
25:49on ne va pas dire non.
25:50Ok, bienvenue à vous tous.
25:51Merci d'être présents.
25:53On est sur la troisième édition.
25:54Cette année, cette salle va être comble.
25:58Sachez qu'on est dans le quartier le plus pauvre d'Europe.
26:01On a l'habitude de la violence,
26:03mais la violence contrôlée, c'est la plus belle.
26:05Elle est là.
26:06Pas d'insultes ni rien.
26:07Il y aura des papas, il y aura des mamans,
26:08il y aura des enfants.
26:10Faites le meilleur du comportement
26:12parce que c'est les valeurs martiales
26:14qui sont les plus importantes.
26:15En parlant marseillais, niquez tout.
26:20Plus on va aller vers l'échelon professionnel
26:22qui demande un investissement corps et âme
26:24à sa discipline,
26:25et plus on va avoir des couches populaires
26:27qui vont être représentées.
26:29Ça ne veut pas dire que le MMA n'est pratiqué
26:31que par des jeunes issus des quartiers populaires,
26:34racisés, etc.
26:35Non.
26:35Ça veut dire que ceux qui poussent l'investissement
26:37au point d'être capables de s'y engager professionnellement
26:40sont majoritairement présents dans ces catégories-là.
26:51On commence à envoyer les directs, c'est parti.
26:531, 2, 3, 4, 5, 6, 7, on détend les bras.
26:561, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
27:011, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
27:051, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10.
27:08On voit des jeunes arrivés qui sont là,
27:09ils veulent combattre dans les grosses organisations,
27:12ils veulent combattre en amateur, ils viennent nous voir.
27:13Marvin Delienne, j'ai commencé le sport de combat en 1994
27:17par le karaté, le sambo, le MMA maintenant.
27:25Les jeunes d'aujourd'hui, ils veulent rentrer dans la cage.
27:28On peut faire du MMA parce que c'est le sport à la mode
27:30et donc en même temps, on se dit
27:31on peut faire une carrière dedans, pourquoi pas se lancer dedans
27:34et prouver qu'ils sont les meilleurs actuellement sur le circuit.
27:37Donc pour l'instant, ils ont un objectif de compétiteur.
27:40Il y en a qui sont là tous les jours.
27:43Ils sont là tous les jours, du lundi au vendredi.
27:45Même si on est en fin de saison, les mecs,
27:47on reste actifs jusqu'au bout.
27:48Les échanges, elles arrivent.
27:51Les autres, ils se préparent.
27:52Il n'y a pas de matrice pour eux.
27:53Nous, il faut qu'on soit prêts pour la rentrée.
27:56Même maintenant.
27:57Un appel, on est prêts pour y aller.
27:59Ne laissez pas la place aux autres.
28:01La place, elle est pour vous.
28:02On essaie de faire un suivi.
28:04On y va.
28:04Le club, il propose pour tous ceux qui ont le baccalauréat et convention
28:07de pouvoir s'entraîner gratuitement pendant une année.
28:10Objectif, MMA Ligue.
28:14Et le résultat, c'est quoi ?
28:16Je l'ai gagné.
28:18T'en es sûr de toi ?
28:19J'en suis sûr.
28:22J'attends de voir.
28:23J'ai confiance en toi, de toute façon.
28:25Le travail, tu l'as fait pendant l'année.
28:27Maintenant, c'est à toi.
28:28C'est à toi de donner et de prouver ce qu'il y a à faire sur le terrain maintenant.
28:31L'ascension du sport et l'ascension du travail,
28:33c'est bien d'avoir un équilibre sportif et professionnel en même temps.
28:37C'est intéressant.
28:38C'est un sport pour pire.
28:46Les sports de combat ont toujours été en Thaïlande.
28:49Les Thaïs, ils s'entraînent.
28:51Ce n'est pas des mecs qui sortent de Sciences Po.
28:53Mais c'est la réalité.
28:54Ils viennent du bas.
28:56Et le seul moyen qu'ils ont trouvé,
28:58certains, c'est le sport, comme dans les favelas.
29:02Je m'appelle Daniel Voirin, coach de MMA.
29:05Ma passion, les sports de combat.
29:07Hop, on respire.
29:09Là, tu commences à chauffer, là ?
29:11Mon cas à moi, c'est ça.
29:12C'est-à-dire que le sport m'a permis d'arriver de là où je suis.
29:15Si je n'avais pas eu ça, je ne sais pas ce que je fais.
29:19Et ce n'est pas péjoratif.
29:20Parce que dans la tête de certaines personnes,
29:21ça va être péjoratif.
29:23Oui, mais non, c'est les sports de combat.
29:24Il faut vivre le truc.
29:26Vivez le truc.
29:27Allez dans une cage, allez dans un ring, allez vous taper, après on voit.
29:30Les gars qui font du MMA, je pense qu'ils ont une faillure en eux.
29:33Ça, c'est certain.
29:42Des coups, on en prend dans la cage, mais je pense qu'on en a pris avant.
29:49Moi, j'ai eu des peurs difficiles.
29:52J'étais SDF, donc je n'avais plus de chez moi.
29:55Je n'avais toqué à la porte des copains pour pouvoir vivre avec mon sac à dos.
30:00Je n'avais plus rien.
30:02Et ce n'était pas évident.
30:03Le sport, ça m'a toujours permis de garder une main sur la bouée.
30:08Je n'ai pas sombré à cause du sport.
30:20Moi, par exemple, j'ai un d'une cité dans le 93.
30:24Oui, je n'ai pas grandi comme une autre jeune fille à l'époque du même âge.
30:31Dans le 92 à Neuilly, on n'a pas la même vie ni rien.
30:36Peut-être qu'on a, je n'en sais rien, je n'ai pas envie de faire des statuages ou
30:41quoi,
30:41mais peut-être plus de colère à décharger, plus de choses à exprimer.
30:44En fait, l'exutoire, ça va être d'aller à la salle.
30:47Ça va être aussi quand tu es dans un environnement familial difficile,
30:50c'est de reconstruire quelque chose autour de toi,
30:52avec des adultes ou en tout cas des personnes qui vont être là
30:57pour t'aiguiller, te former, prendre soin de toi.
31:04Est-ce que le MMA a souffert de cette catégorisation de sport bonlieu ?
31:08Je pense que oui.
31:10Je pense que oui.
31:11Peut-être pas auprès de tout le monde,
31:12mais peut-être auprès de nos décideurs, certainement.
31:15Ça cogne dans les cités.
31:18Mélange de boxe thaïlandaise et de lutte,
31:20le free fight et le nouveau sport en vogue.
31:22Plébiscité aux Etats-Unis,
31:23il est considéré comme une pratique extrême en France.
31:30A l'époque où je commence le MMA en compétition,
31:33dans les années 2000,
31:35le MMA, c'était interdit en France.
31:37On était vus comme des pestiférés.
31:41Avant la législation, on ne pouvait pas combattre le MMA en France.
31:43Ils allaient combattre en Belgique,
31:45ils allaient combattre en Angleterre,
31:46ils allaient combattre en Allemagne,
31:48ils allaient combattre au Japon, aux Etats-Unis,
31:50mais pas en France.
31:53Les Français, qu'on a vécu une époque,
31:55nous, c'était pas facile d'évoluer,
31:57voire presque impossible.
31:58Chez nous, on n'avait pas la structure
31:59qui nous permettait de nous entraîner
32:00pour rivaliser avec l'opposition.
32:03On n'avait pas de manager,
32:04on n'avait strictement rien,
32:05on n'avait que nous et notre courage.
32:06Je m'appelle Lucie Berthaud,
32:08j'ai aujourd'hui 40 ans
32:09et je pense faire partie des pionnières du MMA en France.
32:14Ils ont essayé, en tout cas,
32:15tant bien que mal,
32:16de survivre,
32:16de vivre leur rêve de combattant,
32:18en attendant que finalement,
32:19un jour, ça puisse se légaliser.
32:21On avait des ministres des sports
32:23qui tenaient des propos sur le MMA
32:24où vraiment les combattants
32:25étaient assimilés à des combats de chiens,
32:27à des combats de coques.
32:29Et donc, il y avait vraiment
32:30un décalage temporel
32:31entre l'image qu'ils avaient de la discipline
32:32et la réalité de ce qu'elle était.
32:34Ma position, elle est très claire.
32:36Je suis contre.
32:37La France n'organisera pas
32:38des combats dans une cage
32:40où on frappe à terre.
32:42Pour moi, ce n'est pas du sport
32:43et c'est une atteinte
32:44à la dignité humaine.
32:47C'est clair.
32:48Là, on ne peut pas avoir
32:48une position plus claire que celle-ci.
32:50Les pouvoirs publics ont sortant vu
32:52que c'était des jeunes
32:53issus des catégories populaires,
32:55racisés.
32:56Et c'était celle qui était
32:56la plus visible
32:57parce que celle qui poussait
32:59pour pouvoir aller en compétition.
33:09Et puis peut-être que derrière
33:10l'interdiction du MMA,
33:12il y avait une certaine forme
33:13de racisme de classe
33:15et de racisme socio-racial.
33:17Bien sûr, ça, c'est très difficile
33:18à prouver.
33:19Et donc, c'est plus facile de dire
33:20qu'en fait, le MMA n'est pas éducatif.
33:22Le MMA, ce n'est pas structuré
33:24suivant notre modèle.
33:24C'est beaucoup plus facile à dire.
33:26Position, s'il vous plaît.
33:27Pousse, pousse, pousse.
33:29Merci.
33:30J'ai entendu,
33:31on ne veut pas légaliser un sport
33:32pour armer les jeunes
33:34contre la police.
33:35Donc ça, il y a quelqu'un
33:36qui me l'a lâché,
33:36quand même, cette phrase.
33:37Avec aussi cette peur de dire,
33:38bon, le MMA commence
33:40à intéresser la jeunesse.
33:41Il ne faudrait pas
33:42qu'on passe à côté
33:43parce qu'on a quand même
33:44cette idée de contrôle des masses
33:45qui reste structurant
33:47dans l'imaginaire politique.
33:49C'était inévitable
33:50que, vu le succès
33:52auprès des gens,
33:53les populations sont conquises d'abord
33:55et donc forcément,
33:56la politique doit suivre ensuite.
33:57C'est un jour attendu
33:58pour les amoureux du MMA.
34:00Pour les spectateurs,
34:01les pratiquants,
34:02amateurs comme professionnels,
34:04c'est leur passion
34:05qui est aujourd'hui reconnue.
34:06Je pense que c'est aussi
34:07un des éléments
34:07qui a fait le succès
34:09du MMA en France,
34:10c'est le fait
34:10de sa légalisation tardive.
34:12Rien que le fait
34:13qu'on légalise quelque chose
34:13qui est interdit,
34:14ça fait parler.
34:15Les gens se disent
34:15pourquoi, c'est quoi,
34:16pourquoi c'était interdit
34:17jusqu'à là
34:18et pourquoi ça devient légal.
34:19Ça a apporté
34:20une grosse hype
34:22pour ce sport.
34:23Des clubs ont commencé
34:24à ouvrir,
34:25des organisations
34:25ont commencé à se créer,
34:27on a commencé
34:27à avoir des événements
34:28de MMA en France.
34:29Puis évidemment,
34:29l'UFC pour le premier
34:30UFC Paris
34:31et là,
34:31il y a vraiment
34:32une petite explosion.
34:35Et on y est,
34:36l'entrée historique
34:37du premier français
34:38sur la première UFC
34:40en France.
34:41Enfin,
34:41c'était légalisé
34:42et enfin,
34:43on y était.
34:44Il y avait vraiment
34:44ce côté culture populaire,
34:46on est entrepassionné.
34:51C'était timing parfait aussi
34:53parce que c'est à ce moment-là
34:55que les Cyril Gann,
34:56les Manon Fioro,
34:57les Benoît Saint-Denis
34:58sont aussi arrivés
34:59qui fait qu'on avait
34:59plein d'athlètes à soutenir.
35:03C'était vraiment incroyable.
35:05Et la Marseillaise,
35:06oh,
35:07incroyable.
35:11Ça, ça ne vous galvanise pas
35:13dans l'octogone,
35:13je ne sais pas
35:14si vous pouvez monter
35:14au sommet.
35:18C'était le show
35:18qu'il fallait,
35:19l'ambiance qu'il fallait,
35:20l'image qu'il fallait
35:21pour vraiment faire exploser
35:22le sport en France
35:23et c'est ce qui s'est passé.
35:25Et maintenant,
35:25c'est bon,
35:26le MMA,
35:26il est parti,
35:27il est sur les rails.
35:39Merci de nous accueillir ici
35:42dans cette ville magnifique
35:44Ares Voiting Championship
35:46à l'honneur d'être
35:48la première promotion
35:49de MMA
35:50à venir ici
35:51au Zénith de Strasbourg
35:53pour Ares 35.
35:56Chance du monde
36:11Ce serait intéressant
36:12de parler à un sociologue
36:13et poser la question,
36:15savoir pourquoi ce sport,
36:17dit ultra-violent,
36:20attire autant.
36:20Tu vas voir un combat
36:21de MMA,
36:22ça ne va pas te laisser indifférent.
36:23Même si tu ne connais pas,
36:24tu peux aimer.
36:25c'est incroyable,
36:27il va se passer quelque chose.
36:37A chaque événement de MMA,
36:39il y a des chaos,
36:40il y a des soumissions,
36:41il y a des mouvements
36:42extraordinaires.
36:43Un chaos,
36:43c'est une chips
36:44sur les réseaux sociaux,
36:45c'est facile,
36:46ça peut durer 5 secondes,
36:47tout le monde
36:48va être intéressé.
36:56Donc il y en a effectivement
36:57qui vont le prendre
36:58comme un objet cathartique
37:00où la violence
37:00va pouvoir s'exprimer
37:01sur une scène théâtrale
37:02où des gens se battent.
37:03Cette violence qu'ils ont en eux,
37:05voilà,
37:07ça les défoule.
37:10Parfois,
37:11on n'a pas besoin
37:11d'être violent soi-même,
37:13mais regarder une forme de violence,
37:15ça nous permet
37:15d'extérioriser
37:16toute cette pression
37:16qu'on ressent en nous.
37:22Les gens,
37:22ils sont un peu hypocrites,
37:23ils vont venir attaquer ça
37:24en disant que c'est violent,
37:25mais souvent,
37:25ils aiment regarder ça.
37:26Ce qui a pendant longtemps
37:27été ce qui régit le monde,
37:29ça a été la force physique.
37:30Et c'est pour ça
37:31que c'est passionnant,
37:31c'est pour ça
37:32qu'à l'époque des Romains,
37:33on aimait voir des gladiateurs
37:34se combattre,
37:35etc., etc.,
37:35jusqu'à la mort, etc.
37:37Et aujourd'hui,
37:37je pense que c'est quelque chose
37:38qui marche à cause de ça.
37:49pour moi,
37:50le MMA,
37:50ça marche autant
37:52parce que c'est le sport
37:53de la vérité.
37:56Quand on bat,
37:57on est dos au mur
37:58tous les deux
37:59et c'est là vraiment
38:00que la vraie personnalité
38:01ressort.
38:02Il y a trois combats
38:03de victoire
38:03pour une défaite
38:07Théo Bonmarie !
38:10Aujourd'hui,
38:10dans le MMA,
38:11on retrouve un aspect
38:13de pureté
38:14parce que le fight,
38:15c'est véritable,
38:17c'est véridique.
38:18Allez, go !
38:21Allez, pour lui,
38:22on a l'ouvert.
38:29Avec le MMA,
38:30on ne peut pas mentir.
38:31Si le gars ne s'est pas préparé,
38:32il ne va pas pouvoir se cacher.
38:34Je pense que les gens
38:35apprécient vraiment ça.
38:42Cette époque où
38:43les réseaux sociaux,
38:44c'est que du fake.
38:45On ne vous montre
38:45que ce qu'on veut vous montrer
38:46tandis que là,
38:48c'est tellement réel
38:49ce qui se passe devant nos yeux.
38:53Allez, allez, allez !
38:54Allez, allez !
38:55Allez, allez !
39:25Et c'est vraiment ça que j'aime dans le MMA,
39:28c'est me voir évoluer,
39:29me voir progresser,
39:31c'est un peu comme dans la vie.
39:33On évolue toujours,
39:35il y a toujours quelque chose
39:35à apprendre.
39:38Quand je vais rentrer,
39:39on va lui montrer
39:39qu'on est fort en tout ici.
39:41Il n'y a pas de boxe,
39:42il n'y a pas de l'Udia,
39:42non, tout.
39:43On est des combattants
39:44de la main.
39:47On y va,
39:48il y a un choc
39:49dès les premiers coups,
39:50tu as compris ?
39:51On se concentre comme je fais
39:52les yeux vers l'intercef,
39:54les oreilles sur nous.
39:59Moi, je sais que ça m'a beaucoup,
40:00franchement, ça m'a beaucoup changé,
40:01le MMA.
40:06Ça m'a permis de rester calme
40:10en toutes circonstances.
40:18Donc, franchement,
40:19ça m'a fait plus que du bien
40:21de pratiquer ce sport.
40:43beaucoup de combattants disent
40:44que les gens
40:45avec lesquels ils combattent,
40:47ça devient très spécial
40:48comme relation
40:49parce qu'il n'y a
40:50personne d'autre
40:50sur la planète
40:51avec lesquels
40:51ils partageront
40:52quelque chose
40:52d'aussi intense.
41:00C'est brutal,
41:01c'est de la violence physique,
41:02bien sûr,
41:02mais on voit aussi beaucoup
41:03à la fin des combats
41:04une embrassade
41:06et à partir du moment
41:06où il y a la fin
41:07et où ça sonne
41:08la fin du combat,
41:08les deux gars
41:10ou les deux femmes
41:10se tombent dans les bras.
41:20C'était des amis qui me disaient
41:24à me dire
41:25mais vous êtes complètement tarés,
41:27vous êtes là,
41:27vous vous fracassez dessus
41:28à la fin,
41:29vous êtes en sans limite
41:29et vous faites un câlin derrière.
41:32Je dis justement,
41:33c'est ça la beauté du truc.
41:34Déclarer vainqueur
41:35à l'unanimité,
41:37le coin bleu
41:38qui fait un peu de violence
41:39de la guerre.
41:43On comprend qu'en fait,
41:45faire un sport de combat
41:47avec des règles,
41:49c'est bénéfique
41:49parce que ça permet
41:50de canaliser justement
41:51cette violence
41:51qu'on a en nous
41:52plutôt que de l'exprimer
41:53contre n'importe qui.
41:55On sait tous
41:55que lorsqu'on maîtrise
41:57les arts martiaux,
41:58lorsqu'on maîtrise
41:58l'art du combat,
42:00la dernière chose
42:00qu'on a envie de faire,
42:01c'est combattre.
42:06pour gagner une ceinture
42:07à l'international,
42:08c'est super.
42:10Je suis extrêmement fier de ça.
42:12Mais je suis tout aussi fier
42:13du petit qui arrive
42:14de la cité d'à côté,
42:15qui était borderline
42:17pour basculer du mauvais côté
42:18et qui a réussi
42:19à trouver sa voie
42:20grâce au sport.
42:21Et ça, pour moi,
42:22c'est la plus belle des victoires.
42:40En tant qu'objet social
42:43très médiatisé
42:44et devenu populaire,
42:46le MMA devient
42:47une cible de représentation
42:49et de récupération politique.
42:56Le monde du MMA,
42:57notamment en France,
42:58a été particulièrement
42:59interpellé
43:00lorsqu'ils ont vu
43:00le lien entre
43:01l'UFC d'Anna White
43:03et Donald Trump,
43:04alors que ce n'est pas
43:05forcément une nouveauté
43:07de voir les deux réunis
43:09puisque dès les années 2000,
43:11Donald Trump
43:11accueillait déjà
43:12des combats de l'UFC
43:13au sein de ses hôtels,
43:14notamment Atlantic City.
43:15Donald Trump
43:16est le premier gars
43:16qui nous a donné notre shot.
43:18Nous avons fait
43:18le Trump-Taj Mahal.
43:19Nos premiers deux shows
43:20étaient là.
43:21Dis ce que vous voulez
43:22sur lui,
43:22le gars a vu
43:24et nous a donné notre premier shot.
43:29L'UFC incarne
43:30la réussite sportive
43:32et économique.
43:33Forcément,
43:33Trump,
43:34Musk
43:35et d'autres personnalités
43:37avec un égo
43:38assez fort
43:39un bien
43:39forcément être lié
43:41à une réussite.
43:43Ça matchait complètement
43:44sur la réussite américaine
43:46et en plus de ça,
43:47des valeurs virilistes,
43:48masculinistes
43:49qui sont redevenues
43:50en vogue.
43:51une angoisse
43:53de la dégénérescence
43:54de la masculinité
43:55dans nos sociétés
43:56qui sont aseptisées,
43:57édulcorées pour eux
43:58et captées
44:00par l'extrême droite
44:01que ce soit aux Etats-Unis
44:03ou en France.
44:08La facette
44:09très machiste
44:11de ce sport,
44:13dans un premier temps,
44:14je la vivais bien
44:14parce qu'elle n'était pas
44:15très présente.
44:20avant la place
44:21de la femme
44:21dans les M.M.A.
44:22n'était pas un sujet.
44:23On n'en parlait même pas.
44:24Au départ,
44:24Dana White
44:25était contre
44:27l'arrivée
44:27des filles
44:28à l'UFC.
44:29Quand est-ce qu'on va voir
44:30les femmes
44:30dans la UFC ?
44:31N'importe.
44:32N'importe.
44:33Mais il avait quand même
44:34un oeil
44:35sur les concurrents.
44:36Il y avait
44:36Ronda Rousset
44:37qui combattait
44:37au Strikeforce.
44:38Il la ramenait à l'UFC.
44:39C'est devenu une superstar.
44:46Elle a ramené
44:47le public féminin
44:48à s'intéresser
44:49au MMA.
44:50Franchement,
44:51c'était incroyable.
44:51C'est vrai
44:52qu'elle était incroyable.
44:59De manière assez paradoxale,
45:01les femmes sont
45:01sous-représentées
45:02alors que Ronda Rousset
45:03est l'une des premières
45:04superstars de l'UFC.
45:06Ronda Rousset
45:07est la plus dominante
45:07de la guerre.
45:09C'est donc pas
45:09de la surprise
45:10qu'elle ait donné
45:11le meilleur
45:11« Best Fighter Award »
45:12à l'Espie 2015
45:14sur le Wednesday.
45:15Rousey ne pouvait pas
45:16résister à prendre
45:16Mayweather à la tâche
45:18sur sa histoire
45:18de violences domestiques
45:19contre les femmes.
45:20Je me demande
45:21comment Floyd
45:21se sentait
45:22à être battu
45:22par une femme.
45:23Je me souviens
45:24de la prétendre
45:24de ne pas savoir
45:25qui je suis maintenant.
45:26Wow !
45:27Ronda Rousey a ouvert
45:28la porte
45:29à toute une génération
45:30dont je fais partie.
45:31Donc moi,
45:31à ce moment-là,
45:32je prends conscience
45:32qu'en fait,
45:33les femmes ont peut-être
45:33leur place
45:34dans ce sport-là.
45:40ce qui fait
45:41que finalement,
45:42c'est aussi
45:42une caractéristique
45:43du MMA,
45:44c'est que des femmes
45:45peuvent être
45:45têtes d'affiche
45:46sur des événements
45:47aux côtés
45:48des hommes.
45:49En tant que boxeuse,
45:50je rêvais
45:51d'avoir de gros contrats,
45:53d'être bien payée,
45:54d'être valorisée.
45:56Je ne l'avais pas.
45:57En tant que combattante
45:58de MMA,
45:59j'ai pu signer
45:59un énorme contrat
46:00avec le Bellator,
46:02qui était la Ligue 2
46:03à ce moment-là du MMA.
46:07Par contre,
46:07j'ai enquêté
46:08auprès de combattantes
46:09professionnelles de MMA
46:09qui me disaient
46:10« Nous, nos primes,
46:11elles sont indexées
46:12sur notre nombre
46:12de followers.
46:13Et comment on obtient
46:14des followers sur Instagram ? »
46:16En se dénudant,
46:17en jouant le côté
46:18hyper sexualisé.
46:19Ça va faire monter
46:20la hype et qu'une fois
46:21que la hype est là,
46:22on intéresse
46:22les promoteurs de combat.
46:25On est des artistes
46:26martiales,
46:27donc ce n'est pas
46:28pour nous réduire
46:28à un corps,
46:30à un visage
46:30et « Sois belle et tais-toi »
46:32qu'on est des athlètes
46:34au même titre
46:35que les hommes
46:36et qu'on ne devrait pas
46:38y avoir de différence.
46:39C'est pour ça
46:39que moi,
46:39personnellement,
46:39je ne rentrerai jamais
46:40dans ça.
46:43Malheureusement,
46:44la femme aura toujours
46:45plus à prouver
46:46dans cette société
46:47et donc encore plus
46:48ce sport qu'on qualifie
46:49encore de sport d'homme
46:50où tu as des commentaires
46:51qui disent
46:51« Ah, il y a-t-il
46:52combat féminin ?
46:53Ce sera l'heure
46:54de ma pause pipi. »
46:55Donc, il y a encore
46:55très peu de respect
46:56pour les athlètes
46:58qu'on peut être
46:59dans cette cage.
47:03Aujourd'hui,
47:04avec la popularité,
47:06on a eu l'arrivée
47:07de tout un public
47:08qui ne connaît pas
47:09très bien ce sport
47:10et qui se permet
47:10de remettre en question
47:11la place de la femme
47:12dans ce sport.
47:13Elles ne seraient pas
47:14assez spectaculaires,
47:15elles n'ont pas leur place.
47:16« Hashtag, retombe dans ta cuisine. »
47:18Ça, ce sont des choses
47:19qu'on vit au quotidien.
47:22Je ne le vis pas toujours bien.
47:23En vrai,
47:24franchement,
47:25ça me fait du mal.
47:27Donc, voilà.
47:28C'était le petit moment
47:28à l'état d'homme.
47:32Ça ne changera strictement rien
47:34au fait qu'on va rester
47:35de toute façon.
47:37Donc, peut-être
47:37qu'ils se fatigueront un jour,
47:39peut-être pas.
47:39En tout cas,
47:39ils se fatigueront avant moi
47:40parce que, clairement,
47:41je ne compte pas
47:41arrêter ce que j'aime faire.
47:48« Parti ! Parti ! Parti ! Parti ! »
47:54« Parti ! Parti ! Parti ! »
47:57Avant que le combat commence,
47:58c'est un moment
47:58qui est très particulier
47:59parce qu'on a beaucoup
48:00d'émotions différentes.
48:01C'est un moment
48:01où il y a la confiance
48:02en même temps que le doute.
48:03C'est un moment
48:04où l'inconnu,
48:05donc le truc qui arrive,
48:07l'adversaire qu'on ne connaît pas,
48:09le futur qu'on ne connaît pas,
48:10on ne sait jamais.
48:19« Représentant de Saint-France
48:21et la ville de Strasbourg,
48:24le champion
48:25par Saint-Dôme ! »
48:27« Parti ! »
48:28« Parti ! »
48:34« Des fois,
48:35on se retrouve
48:36avec 20 000 spectateurs.
48:37Il y a le combat,
48:38il y a le stress,
48:39il y a tout ça,
48:40c'est très dur. »
48:41« Tout ça,
48:41ça joue beaucoup,
48:42vous ne vous rendez pas compte
48:42à quel point. »
48:43« Parti ! Parti ! »
48:45« Ce qui est important aussi,
48:47c'est le mental. »
48:48« Parce que le sport,
48:49le sport de combat,
48:50c'est hyper mental. »
48:51« Il faut réveiller en lui
48:52le côté animal
48:53parce que c'est une guerre
48:54à l'intérieur.
48:55Donc il y en a des théoriciens
48:56qui vont venir
48:57vous raconter
48:57je ne sais pas quoi,
48:58mais ça reste
48:59de la bagarre.
49:00C'est face à face.
49:01Ils vont se taper,
49:01ils vont se faire mal.
49:02Donc il faut être prêt
49:03à prendre des coups
49:04et à en donner.
49:06Le combattant,
49:06il doit avoir un stress
49:07qui lui permet
49:08d'être affûté,
49:09d'être agressif,
49:10d'être puissant,
49:11d'être méchant.
49:12Mais en même temps,
49:13il doit avoir
49:14le relâchement nécessaire
49:15pour faire les adaptations
49:17pendant le combat.
49:18Et ça, c'est dur
49:18de trouver ce juste milieu.
49:26J'essaie de me mettre
49:28extérieur à moi
49:28à ce moment-là,
49:29de ne pas penser
49:30de manière égoïste,
49:31mais penser à
49:32ce que je dois faire
49:33pour moi,
49:34pour ma famille
49:34et pour la réussite.
49:36Et je me mets
49:36dans une optique de mission.
49:38Il y a quelqu'un à battre,
49:39aujourd'hui,
49:39je vais le battre.
49:40pour moi,
49:58je vais le battre,
49:59je vais le battre,
50:00je vais le battre !
50:14La main sur la primeur en bas, en bas, dans l'avion.
50:18Bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon.
50:41Ce truc paradoxal que je disais beaucoup, finalement, ce truc qui me rend vivante à chaque fois, c'est quand
50:45je suis à deux doigts de mourir, quoi.
50:46Parce que c'est vrai, je dis souvent, tu sais comment tu rentres dans la cage, tu sais pas comment
50:49tu ressors.
51:23Quand on perd, c'est là en fait que le rêve, il passe au cauchemar.
51:27Parce que déjà pour nous, c'est mauvais en termes de carrière, on a perdu, mais surtout, on perd ce
51:33truc qu'on avait dans le cœur des gens.
51:34Ce mec-là est imbattable, ce mec-là, c'est comme un super-héros, nanana, nanana, on perd ça en
51:40fait.
51:40C'est pour ça que c'est très dur de perdre.
51:42Aujourd'hui, il s'avère que j'ai perdu, Jordan, c'est aussi un humain, on travaille dur, il fait
51:47un beau retour et je suis très content pour lui, c'est une très belle performance de Samba.
51:50On peut toujours remonter, pour moi, un champion, c'est quelqu'un qui, malgré tout ça, arrive à être fort
51:55dans n'importe quelle situation.
51:57On reviendra et puis c'est comme ça, voilà.
51:59On espère te voir très bientôt.
52:04Moi, aujourd'hui, j'ai 23 ans et j'ai toujours le même objectif de devenir le meilleur combattant de
52:09la planète, d'aller chercher le titre dans la plus grosse organisation du monde.
52:16Si je fais ce sport, c'est que moi, je l'aime profondément.
52:19S'il n'était pas si dangereux et délétère pour l'organisme, je le ferais toute ma vie parce que
52:27c'est très, très drôle, mais c'est délétère, donc on ne peut pas le faire tout le temps.
52:40Avec le recul, on commence à voir ce que deviennent les athlètes après leur carrière de combattant.
52:45Et c'est vrai qu'il y a certaines occurrences où ce n'est pas très joli, joli.
52:48On a énormément de combattants qui ont développé des troubles psychomoteurs et c'est vrai qu'il faut en parler
52:53parce que c'est inévitable qu'il y ait des chocs à la tête et c'est ça qui causera
52:58le plus de dommages.
52:59Mais en réalité, là où il y a énormément de dommages qui sont faits, c'est sur les entraînements, en
53:02fait.
53:05L'avantage qu'on a en tant que discipline moderne, c'est qu'on peut mettre en place des protocoles
53:11qui ont mis très longtemps à arriver dans des disciplines comme le rugby.
53:14Pour autant, ça reste un sport violent. Il y a des conséquences qu'on ne verra arriver que dans 10,
53:1815, 20 ans.
53:19Ça, malheureusement, ça fait partie du sport, de la dangerosité du sport et de la performance de haut niveau.
53:36En 15 ans, on est passé d'une discipline qui était à la périphérie, à la marge du système sportif,
53:41à une discipline à part entière, médiatisable à grand public au niveau mainstream.
53:48Le MMA garde son côté sulfureux, mais on va vers une normalisation un peu du sport et abandon du côté
53:55enfant terrible.
53:56Ça reste quand même quelque chose de nouveau. Je pense que de manière globale, de manière internationale, le MMA va
54:01continuer de monter.
54:02Peut-être que sur le très long terme même, ça deviendra le sport le plus suivi, je pense.
54:06Moi, je donne des stages dans toute la France.
54:08Et c'est fabuleux de voir que dans toute la France, il y a un développement de structures du MMA
54:12qui sont de plus en plus belles, de plus en plus grosses.
54:15Et moi, je vois la France briller sur le MMA mondial dans l'avenir, sans aucun souci.
54:43Et moi, je pense qu'il y a des combattants qui n'en parlent pas assez, mais aussi il y
54:46a la redescendre.
54:46C'est vraiment ce truc où tu as vécu une aventure.
54:51Finalement, les projecteurs étaient aussi un peu sur toi et la tension était sur toi.
54:55Et tout d'un coup, il n'y a plus rien.
54:56Et tu te dis, ah mince, du coup, le combat est passé.
54:59C'est quoi la suite ? On fait quoi après ?
55:01Comment je rends de nouveau ma vie intéressante demain dimanche matin, jusqu'à la prochaine fois ?
55:09J'ai cette peur de le jour où j'arrêterai ma carrière.
55:12Mais pourquoi je vais remplacer tout ça ?
55:15Qu'est-ce qui pourra m'apporter les mêmes sensations ?
55:16Et en vrai, j'en sais rien.
55:18J'en sais rien et ça fait peur en fait.
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