00:00J'ai l'impression de courir une course où on a le relais.
00:05Et donc Mathieu vient de me passer le bâton et me dit à toi de t'exprimer mon garçon.
00:10C'est-à-dire que oui, la censure, elle est partout.
00:14Et alors quand on vote de façon différente, que l'on espère une rupture,
00:20que l'on se dit il y a un avenir, on va sortir du progressisme,
00:24on va sortir de l'écriture inclusive, on va sortir de tous ces enfermements.
00:30Et on s'aperçoit qu'un nouvel élu de 29 ans, il s'appelle Florian Azéma,
00:35dit voilà, je déprogramme une pièce scandaleuse.
00:39Il dit le thème de la pièce ne correspond pas à ce que j'avais proposé durant ma campagne.
00:46Alors je ne savais pas qu'il était venu avec la programmation de l'année au théâtre de Castres.
00:53Vous voyez, en disant voilà, si vous n'êtes pas d'accord,
00:56il y a Bourville, il n'y a pas Bourville, il y a Dauphinès, etc.
00:58Et après il a dit, c'est à nous d'avoir, vous vous en avez compte,
01:02il est maire, il est censé représenter un espoir,
01:07et il dit c'est à nous d'avoir la main dans ce qui est financé par le contribuable Castret.
01:15Alors déjà on pourrait lui faire remarquer dans les dates,
01:17en l'occurrence la date avait été promise, elle n'était pas signée.
01:22Alors il joue là-dessus, il dit je ne l'entérine pas.
01:25Mais il faut savoir que les compagnies, vous savez,
01:28les compagnies elles ne gagnent pas beaucoup d'argent dans le théâtre.
01:31Le théâtre on en a besoin, c'est ce qui donne l'éveil.
01:34Et à une époque où l'intelligence artificielle se répand,
01:38où les gamins sont en jachère intellectuelle,
01:40il est temps de leur donner le goût des mots.
01:43Le théâtre est indispensable.
01:45Donc il faut qu'il y ait des pièces qui mobilisent.
01:47Et s'il y a un auteur qui mobilise, c'est Michalik.
01:51Michalik il remplit les salles.
01:53Alors donc, si on est dans le financement,
01:56on est certain qu'en ayant Michalik à l'affiche,
01:59il n'y aura pas un centime de débord,
02:02et qu'au contraire on va gagner de l'argent.
02:04Mais je reviens aux compagnies.
02:06C'est-à-dire que les compagnies, elles sont là,
02:08elles essaient de vivre.
02:09Vous savez combien gagne un comédien pour jouer comme ça dans une pièce ?
02:12Ils gagnent 180 euros, 200 euros par soirée.
02:16À partir de là, pour eux, c'est important d'organiser l'ensemble de leur année.
02:23Alors il y a telle date, etc.
02:24Puis au fur et à mesure, on arrive à déterminer
02:27que l'on pourra vivre à peu près correctement de ce métier.
02:31Et puis les impôts, là en l'occurrence,
02:33c'est les impôts de l'ancienne élection.
02:36Ceux qui vont être touchés sous la sienne
02:38ne viendront que l'année prochaine.
02:40Donc en l'occurrence, il ne déroge pas à ce qu'il aurait promis.
02:45Mais ce qui est terrible, c'est d'admettre qu'il y a un délit de culture.
02:49La culture, ce n'est pas du folklore.
02:52La culture, ce n'est pas du divertissement.
02:54La culture, c'est ce qui vous oblige à réfléchir.
02:57La culture, c'est ce qui vous emporte.
03:00La culture, c'est ce qui vous égratigne.
03:02C'est ce qui vous déplaît.
03:04Mais c'est comme ça que l'on forge le désir de la dialectique.
03:11Que dirait M. Florian Azema dans les facultés ou à Sciences Po
03:16quand on déprogramme je ne sais trop quel conférencier ?
03:20Il dirait « C'est scandaleux, c'est inadmissible ».
03:22Eh bien là, il se comporte de la même façon.
03:25Ça m'a fait penser à Louis XIV.
03:29Louis XIV, lorsqu'il assiste à ce spectacle de Tartuffe, il rit.
03:35Mais derrière, c'est un peu crispé, on fait semblant de rire.
03:38Parce que le roi a accepté que l'on se moque de la religion.
03:42Et on finira par avoir la censure, l'une des pièces les plus drôles
03:47et les plus prospères dans cette capacité à nous obliger à réfléchir contre nous-mêmes.
03:53Si Brassens était encore vivant, si Ferré était encore vivant, si Brunel était encore vivant,
04:01est-ce que le maire de Castres estimerait qu'on ne peut pas les faire venir dans sa municipalité ?
04:07Il est temps d'avoir des politiques, alors que la gauche se montre d'une façon odieuse,
04:14capable de, comme ça, sélectionner en fonction de ses sensibilités,
04:19on ne peut pas avoir des gens qui se battent contre cette hégémonie idéologique
04:26en ayant leur propre tendance et de vouloir l'imposer.
04:30La démocratie, c'est d'accepter d'être blessé, cacher cette pièce que je ne saurais voir.
04:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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