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Les députés de la commission des affaires économiques auditionnent Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA-CGM, accompagné du directeur financer de l'entreprise, Ramon Fernandez. La commission des affaires économiques de l'Assemblée avait déjà auditionné l'homme d'affaires en septembre dernier. Quelques jours après le Congrès mondial des médias d'information qui s'est tenu à Marseille et alors que le détroit d'Ormuz est toujours bloqué, perturbant la circulation des navires, l'armateur qui a investi dans les médias répond aux questions des députés.

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00:00:02Générique
00:00:07Bonjour et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Mardi 9 juin, les députés de la commission des affaires économiques ont auditionné Rodolphe Saadé,
00:00:15PDG du groupe CMA-CGM, l'armateur qui a étendu ses activités jusque dans les médias.
00:00:20Parmi les thèmes abordés, le blocage du détroit d'Hormuz, la souveraineté maritime française ou encore la décarbonation.
00:00:26M. le Président, Directeur Général, je vous souhaite la bienvenue.
00:00:31M. le Directeur, mes chers collègues, la commission des affaires économiques a donc le plaisir à présent d'accueillir
00:00:37M. le Président, Directeur Général du groupe CMA-CGM, M. Rodolphe Saadé.
00:00:40Vous êtes accompagné M. Ramon Fernandez, Directeur Financier de votre groupe, et nous vous remercions de votre présence
00:00:46et nous vous souhaitons à tous les deux la bienvenue au sein de notre commission des affaires économiques.
00:00:50Nous avions déjà eu le plaisir de vous entendre le 17 septembre dernier et il nous semblait utile de procéder
00:00:57à nouveau à votre audition
00:00:58au vu de l'évolution récente du contexte international, puisqu'aux tensions commerciales que nous connaissions déjà,
00:01:04se sont ajoutées les graves tensions dans le détroit d'Hormuz.
00:01:08Cela rend la situation géopolitique particulièrement difficile et imprévisible
00:01:12et complique bien évidemment l'activité de votre groupe, comme de nombreux acteurs économiques dépendant notamment de la circulation maritime.
00:01:20D'une façon générale, notre commission est très attentive au développement de nos capacités productives,
00:01:26au dynamisme de nos entreprises et à la situation de l'emploi en France.
00:01:29Cette audition doit nous permettre d'évoquer le développement et les perspectives économiques du groupe CMA-CGM,
00:01:34ainsi que la situation de l'industrie navale, du transport maritime,
00:01:38dans le contexte difficile créé par le blocage de la circulation dans le détroit d'Hormuz que j'évoquais au
00:01:44début de mon intervention.
00:01:45Je rappelle que CMA-CGM est un acteur incontournable et de taille mondiale dans le domaine du transport maritime.
00:01:51Votre groupe est le troisième groupe mondial pour le transport maritime et le cinquième groupe le plus important au monde
00:01:56dans le domaine de la logistique.
00:01:57Vous employez quelques 160 000 collaborateurs disposés de plus de 650 navires porte-conteneurs
00:02:03et votre chiffre d'affaires a dépassé 55 milliards d'euros en 2024.
00:02:07Avant de vous céder la parole pour une quinzaine de minutes,
00:02:10M. le Président-Directeur Général, permettez-moi de vous poser quelques premières questions.
00:02:14Dans le contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient,
00:02:17notamment autour du détroit d'Hormuz, dans un environnement de marché volatil,
00:02:21le résultat trimestriel net de CMA-CGM, bien qu'en recul, demeure encore largement positif,
00:02:27alors que ses principaux concurrents, comme Apagliot et Merckx, affichent de lourdes pertes.
00:02:32Pouvez-vous nous exposer les actions que vous avez mises en œuvre pour obtenir une telle résilience ?
00:02:37CMA-CGM n'est plus seulement un armateur, mais est devenu aussi un acteur intégré
00:02:41de toute la chaîne logistique jusqu'aux terminaux portuaires.
00:02:44Une stratégie qui a été rendue possible par des profits exceptionnels que vous avez réalisés en 2021 et 2022.
00:02:50Pouvez-vous nous expliquer les raisons d'une telle intégration verticale ?
00:02:54CMA-CGM vient d'annoncer aussi la réception d'un nouveau porte-conteneurs géant,
00:02:58baptisé CMA-CGM Notre-Dame, soit le plus grand navire en exploitation battant pavillon français.
00:03:03Cela portera à 40 le nombre de navires sous pavillon français contre 30 actuellement,
00:03:08sur un total d'environ 650 navires.
00:03:10Pouvez-vous nous éclairer sur ce choix stratégique et les conditions dans lesquelles
00:03:14cette part de navire battant pavillon français, qui reste très minoritaire,
00:03:18pourrait encore augmenter à l'avenir ?
00:03:20A la suite des pressions des États-Unis l'année dernière,
00:03:23votre groupe a annoncé un investissement de 20 milliards de dollars dans ce pays sur 4 ans.
00:03:28CMA-CGM s'est défendu d'investir massivement outre-Atlantique
00:03:31pour éviter les taxes promises par le président Trump.
00:03:34Pouvez-vous nous expliquer les avantages compétitifs
00:03:37qui ont guidé vos choix d'investissement aux États-Unis
00:03:40et revenir sur l'état des relations entre CMA-CGM et les autorités américaines à l'heure actuelle ?
00:03:47Plus largement, pouvez-vous nous dresser quelque part l'état des lieux
00:03:50des stratégies de développement de leur transport maritime
00:03:53que déploient les autres puissances mondiales ?
00:03:55Le transport maritime est soumis à une concurrence mondiale particulièrement intense
00:04:00dans laquelle tous les armateurs ne sont pas soumis aux mêmes contraintes fiscales et réglementaires.
00:04:05Quel regard portez-vous sur cette problématique de conditions de concurrence inégale
00:04:09et quelles réponses attendez-vous de la part de la France et de l'Union européenne ?
00:04:14Merci par avance, M. le Président-Directeur Général, pour les réponses que vous pourrez nous fournir
00:04:18et pour votre participation aujourd'hui à cet échange avec les membres de notre commission.
00:04:23Et je vous cède la parole pour un propos luminaire d'une quinzaine de minutes.
00:04:27Merci.
00:04:30M. le Président, Mesdames et Messieurs les députés,
00:04:32Je vous remercie de m'avoir invité à m'exprimer de nouveau devant votre commission.
00:04:38Le 17 septembre dernier, vous m'avez auditionné sur la situation économique de CMA-CGM
00:04:43et sur le rôle du transport maritime pour notre pays.
00:04:47Depuis, le contexte international a évolué rapidement avec le conflit entre les États-Unis et l'Iran.
00:04:54Ses répercussions se concentrent notamment autour du détroit d'Hormuz
00:04:59et affectent directement les échanges mondiaux ainsi que les activités de notre secteur.
00:05:05Aujourd'hui, je voudrais vous livrer quelques éléments d'analyse des conséquences de cette crise pour CMA-CGM et pour
00:05:12la France.
00:05:13Cette analyse est celle d'un groupe présent au cœur des échanges mondiaux.
00:05:17CMA-CGM est aujourd'hui le troisième acteur mondial du transport maritime,
00:05:22le quatrième dans la logistique et un acteur majeur des médias en France.
00:05:27Nous comptons 171 000 collaborateurs, près de 700 navires, 1 000 entrepôts et 60 terminaux dans 183 pays.
00:05:37Pour nous, le premier renseignement de ces derniers mois est que le commerce mondial dépend plus que jamais des équilibres
00:05:44géopolitiques.
00:05:46Depuis plusieurs années, nous observons que les crises se succèdent, s'intensifient et se combinent.
00:05:52La pandémie a désorganisé les chaînes logistiques mondiales.
00:05:56Les tensions entre les États-Unis et la Chine ont fait des droits de drone un instrument politique, économique et
00:06:04stratégique.
00:06:05La guerre en Ukraine a replacé les questions énergétiques et de souveraineté au centre des échanges.
00:06:12Depuis 2023, le Moyen-Orient est au cœur de cette montée des tensions géopolitiques.
00:06:18Les attaques des outils en mer Rouge ont fortement perturbé cette zone stratégique par laquelle transitaient près de 15 %
00:06:26du commerce mondial conteneurisé.
00:06:28Elle nous a contraints à détourner nos navires et à les faire passer par le cap de bonne espérance.
00:06:34Je veux d'ailleurs remercier une nouvelle fois l'engagement des forces armées, en particulier de la Marine nationale et
00:06:41de la mission européenne ASPIDES,
00:06:43qui contribuent à la protection de nos équipages et de nos navires.
00:06:48Depuis la fin du mois de février, les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran ont marqué une nouvelle étape
00:06:55dans l'intensité de cette crise régionale.
00:06:59Les tensions se sont déplacées vers le détroit d'Hormuz.
00:07:02Nous ne sommes plus seulement face à des perturbations, mais à un blocage direct des flux.
00:07:08Ce détroit est avant tout stratégique pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
00:07:15Près d'un quart du transport de pétrole par voie maritime et environ 20 % des flux mondiaux de gaz
00:07:23naturel liquéfié y transitent.
00:07:26Son importance est moindre pour le transport conteneurisé, qui est notre cœur d'activité,
00:07:32même si environ 3 % du trafic mondial de conteneurs y transitent également.
00:07:37Au plus fort de la crise, près de 2 000 navires marchands et 20 000 marins se sont retrouvés bloqués
00:07:44à l'intérieur du golfe arabo-persique.
00:07:47Pour la France, près de 60 navires sous pavillons français ou appartenant à des entreprises françaises ont été concernés.
00:07:56Pour CMA-CGM, cette situation s'est traduite par l'immobilisation de 14 navires.
00:08:02Deux d'entre eux ont depuis réussi à quitter le golfe, mais 11 demeurent aujourd'hui bloqués dans la région.
00:08:10Le troisième navire, le CMA-CGM-Saint-Antonio, a été visé lors de son transit dans le détroit d'Ormouse.
00:08:17Plusieurs marins ont été blessés, évacués pour recevoir des soins.
00:08:22Face à une telle situation, j'agis en suivant deux priorités.
00:08:27La première est la sécurité de nos équipages, de nos équipes et de leurs familles.
00:08:33Nous employons près de 10 000 collaborateurs dans la région et 300 marins sont encore bloqués sur nos navires dans
00:08:41le détroit d'Ormouse.
00:08:43Nous assurons leurs relèves pour garantir leur sécurité.
00:08:46La seconde priorité est d'assurer la continuité des échanges indispensables à l'approvisionnement des pays affectés et à leur
00:08:54population.
00:08:54En combinant transports maritimes, logistiques, terminaux portuaires et fret aériens,
00:09:02nous sommes en mesure d'adapter rapidement nos opérations lorsque certaines routes deviennent impraticables ou que des infrastructures sont affectées.
00:09:11En seulement quelques jours, nous avons ainsi été contraints de faire escaler nos navires en amont du détroit d'Ormouse,
00:09:19dans les ports de Corfacan et Fougera aux Émirats Arabes Unis, ainsi qu'à Jeddah, sur la côte séoudienne de
00:09:25la mer Rouge.
00:09:26Nous avons ensuite déployé des solutions de transport routier et ferroviaire afin d'acheminer les marchandises à destination des pays
00:09:35du Golfe.
00:09:36Nous y sommes parvenus malgré des conditions fortement dégradées.
00:09:39Nos volumes dans la région s'établissent aujourd'hui autour de 8 000 EVP par semaine contre près de 25
00:09:47000 avant la crise.
00:09:49Cette continuité a un coût.
00:09:52Les ajustements de taux de fret observés sur certaines routes reflètent avant tout la prise de risque et la hausse
00:09:59des coûts opérationnels générés par la crise.
00:10:03Nos navires sont immobilisés, les routes sont plus longues, les coûts d'assurance et la consommation de carburant augmentent,
00:10:11alors que le prix du baril a dépassé plusieurs fois les 100 dollars.
00:10:16Ces surcoûts sont en partie répercutés sur les prix.
00:10:20Cette crise accélère également la recomposition de la mondialisation.
00:10:25Je ne crois pas à la décroissance des échanges mondiaux.
00:10:29Le commerce mondial continue de progresser.
00:10:32Au premier trimestre, les volumes échangés ont progressé d'environ 5 % par rapport à l'an dernier.
00:10:39Et cette dynamique s'est poursuivie au printemps.
00:10:41Cela s'explique notamment par deux facteurs.
00:10:46D'une part, l'apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.
00:10:51En février, une décision de la Cour suprême américaine a conduit à une baisse des droits de douane sur les
00:10:58importations chinoises,
00:11:00passée de 33 % fin 2025 à 23 % aujourd'hui.
00:11:05D'autre part, le dynamisme persistant des exportations chinoises qui ont encore progressé de près de 7 % au premier
00:11:14trimestre.
00:11:15Pour autant, derrière ce dynamisme, la mondialisation continue de se recomposer.
00:11:21La relation entre les États-Unis et la Chine se rééquilibre.
00:11:24Les volumes échangés entre les deux pays ont reculé d'environ 15 % en 2025, puis encore 11 % au
00:11:32premier trimestre 2026.
00:11:34Dans le même temps, les échanges intra-asiatiques s'intensifient.
00:11:38Au premier trimestre 2026, ils ont progressé de plus de 11 %, soit près de deux fois plus vite que
00:11:45le commerce mondial.
00:11:46Parallèlement, les grands pays émergents prennent une place croissante dans l'économie mondiale.
00:11:52Les BRICS représentent désormais près d'un tiers du PIB mondial et une part croissante des échanges mondiaux.
00:12:01Enfin, l'Afrique s'affirme comme l'un des grands pôles de croissance.
00:12:05Sa croissance économique reste soutenue autour de 3,5 à 4 % par an et son PIB pourrait plus que
00:12:13doubler d'ici 2040.
00:12:15Dans ce contexte, un risque de décrochage pèse sur l'Europe et la France, alors même qu'elle dispose d
00:12:23'atouts considérables.
00:12:25Cette situation intervient dans un contexte économique déjà fragile.
00:12:29Au premier trimestre 2026, la croissance française a été nulle.
00:12:33Les exportations ont reculé de 3,8 % et les importations ont augmenté de 1,8 %.
00:12:40Dans le même temps, les crises géopolitiques rappellent une réalité simple.
00:12:46La prospérité économique repose aussi sur la capacité à sécuriser les échanges, les approvisionnements et les infrastructures stratégiques.
00:12:55Pendant longtemps, nous avons considéré comme acquis le bon fonctionnement des routes maritimes, la neutralité des détroits ou encore la
00:13:05fluidité du commerce mondial.
00:13:07Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
00:13:09Un risque émerge celui de voir certains passages stratégiques devenir de nouvelles sources de revenus pour les États qui les
00:13:18contrôlent.
00:13:19Cinq détroits, Oukano, Malacca, Taïwan, Hormuz, Babel-Mandeb et Panama concentrent une part essentielle du commerce mondial.
00:13:29Toute remise en cause de la liberté de circulation sur ces axes se traduirait par une hausse du coût et
00:13:36des échanges.
00:13:38Pour un pays comme la France, dont une grande partie de l'économie dépend des échanges internationaux, ces sujets redeviennent
00:13:45des enjeux majeurs de souveraineté et de compétitivité.
00:13:49Dans ce contexte, la France dispose d'atouts rares.
00:13:54J'étais encore cette année à Choose France où 93 milliards d'euros d'investissements ont été annoncés, dont une
00:14:01part significative dans des infrastructures technologiques ou des data centers.
00:14:07Chaque année, les plus grands entrepreneurs et investisseurs mondiaux se réunissent à Paris.
00:14:12Je m'y suis moi-même rendu neuf fois sur les dix dernières années.
00:14:17La France peut aussi s'appuyer sur une marine nationale reconnue, un réseau diplomatique mondial, des infrastructures maritimes de premier
00:14:27plan et des entreprises capables d'opérer à l'échelle mondiale, y compris en période de crise.
00:14:34Elle dispose d'une filière maritime complète qui représente plus de 500 000 emplois, de ports présents sur l'ensemble
00:14:42de ces façades maritimes,
00:14:44d'armateurs de rang mondial, de près de 18 000 marins sous pavillons français et d'établissements d'excellence comme
00:14:52l'École nationale supérieure maritime.
00:14:55Ces atouts constituent une force pour notre pays et une raison supplémentaire de continuer à croire et d'investir en
00:15:02France.
00:15:02C'est le choix que fait CMA-CGM depuis près de 50 ans et que nous continuerons à faire dans
00:15:09les années qui viennent.
00:15:10La France représente aujourd'hui 12 % de notre chiffre d'affaires et 13 % de nos effectifs.
00:15:17Elle consente en revanche près de 30 % de nos investissements au cours des cinq dernières années, soit plus de
00:15:2414 milliards d'euros engagés au service des quatre priorités.
00:15:29La première est la souveraineté maritime.
00:15:33Le 2 juillet prochain, nous baptisons au Havre le CMA-CGM Notre-Dame, notre premier d'une série de dix
00:15:41nouveaux portes-containers sous pavillons français,
00:15:44opérés par des équipages français parmi les plus grands au monde.
00:15:48Et si vous le souhaitez, je serai ravi de vous inviter à venir assister à l'inauguration et au baptême
00:15:54de ce navire au Havre.
00:15:55Le CMA-CGM Notre-Dame mesure 400 mètres de long, peut transporter jusqu'à 24 000 conteneurs et il est
00:16:03absolument impressionnant.
00:16:05Nous investissons également dans les infrastructures logistiques françaises.
00:16:09À Montoir, nous prévoyons d'augmenter nos volumes et développer nos activités logistiques afin de renforcer notre présence sur place.
00:16:17Nous poursuivons également nos investissements au port Édouard et Riau à Lyon et sur l'ensemble de l'axe rhodanien
00:16:25qui constitue un levier majeur de compétitivité et de réindustrialisation pour nos territoires.
00:16:32Cette ambition s'étend aux Outre-mer qui constitue l'un des principaux atouts maritimes de la France.
00:16:40Nous y assurons une mission essentielle de continuité territoriale en garantissant les approvisionnements, la régularité des liaisons et le développement
00:16:51des infrastructures nécessaires à l'activité économique.
00:16:54Depuis le début de la crise à Hormuz, j'ai décidé que CMA-CGM n'appliquerait pas certaines surcharges vers
00:17:01les Outre-mer.
00:17:02Nous continuons également d'y investir, notamment aux Antilles, avec le lancement en début d'année du service PCRFXL qui
00:17:11mobilise sept navires et réduit de deux jours les temps de transit entre l'Europe du Nord et les Antilles.
00:17:20La deuxième priorité est la souveraineté technologique.
00:17:24Dans nos métiers, la connectivité est devenue aussi stratégique que les infrastructures physiques.
00:17:28Elles conditionnent la sécurité des équipages, le pilotage des opérations et la fluidité des chaînes logistiques.
00:17:36C'est pourquoi nous avons choisi d'investir aux côtés d'acteurs français comme Mistral AI et Qtai dans le
00:17:43domaine de l'intelligence artificielle.
00:17:45C'est également pourquoi j'ai décidé de participer à la recapitalisation de Telsat et de déployer des solutions de
00:17:52connectivité satellite au sein de notre flotte de navires.
00:17:55La troisième priorité est la décarbonation.
00:17:59Nous avons engagé plus de 30 milliards de dollars pour renouveler notre flotte de navires porte-conteneurs.
00:18:06D'ici 2030, les navires propulsés au GNL ou au méthanol représenteront près de 40% de notre capacité maritime.
00:18:14Nous investissons également dans la transformation des ports français avec le déploiement du branchement électrique à Quai au Havre, à
00:18:22Dunkerque et à Marseille.
00:18:25La quatrième priorité est l'éducation et les talents.
00:18:29Dans un monde marqué par des transformations toujours plus rapides, notre capacité à former les talents de demain est essentielle.
00:18:36C'est le sens de notre sens d'excellence, Tangram, où plus de 6 000 collaborateurs ont été formés à
00:18:44l'intelligence artificielle, à la décarbonation et au leadership.
00:18:48Nous nous appoyons également sur des partenariats avec des institutions académiques de premier plan, comme X, HEC ou Sciences Po,
00:18:57et soutenons des écoles innovantes, comme 42 à Marseille ou Albert School.
00:19:04En conclusion, mesdames et messieurs les députés, à l'heure où notre pays s'apprête à ouvrir des débats importants
00:19:10à l'occasion du projet de loi de finances et des élections présidentielles de l'année prochaine,
00:19:17je voudrais partager avec vous trois convictions qui me paraissent essentielles pour l'attractivité de notre pays.
00:19:23La première est l'importance de la stabilité. Dans le transport maritime, les investissements se comptent en centaines de millions
00:19:31de dollars, voire en milliards, et les cycles en décennies.
00:19:36Nous avons besoin de visibilité sur le cadre législatif, fiscal et réglementaire.
00:19:42La compétitivité d'un pays se construit dans la durée.
00:19:46Elle repose sur la capacité à redonner de la confiance à ceux qui investissent, créent des emplois et prennent des
00:19:54risques sur le long terme.
00:19:56Le deuxième est l'importance de se donner les moyens de la souveraineté technologique française et européenne.
00:20:03Comme l'a rappelé Arthur Mench devant l'Assemblée nationale, l'Europe ne développera durablement ces technologies
00:20:11que si les entreprises européennes et les pouvoirs publics font le choix de les utiliser.
00:20:17La maîtrise de l'intelligence artificielle, du cloud, des infrastructures numériques ou de la connectivité
00:20:23deviendra aussi stratégique que l'énergie, les ports ou les infrastructures physiques.
00:20:29Enfin, la troisième priorité est de donner à la France les moyens de rester une grande nation maritime.
00:20:37Dans un environnement plus instable, la compétitivité de nos ports, de nos infrastructures logistiques
00:20:43et de nos connexions ferroviaires et fluviales deviennent un enjeu stratégique.
00:20:48La France a tous les atouts pour rester l'une des grandes économies ouvertes du XXIe siècle.
00:20:54Elle dispose de talents, d'infrastructures, d'une capacité d'innovation reconnue
00:21:00et d'entreprises capables d'agir à l'échelle mondiale.
00:21:04C'est à cet effort collectif que CMACGM continuera de contribuer aux côtés de la France.
00:21:11Je suis désormais à votre disposition pour répondre à vos questions. Je vous remercie.
00:21:15Merci beaucoup, M. le Président-Directeur Général, pour avoir tracé à la fois ces perspectives sur les résultats du groupe,
00:21:23vos investissements et puis les enjeux industriels auxquels vous êtes confrontés.
00:21:29La décarbonation en fait partie. Vous avez cité Arthur Mench et je pense qu'il serait intéressant que notre commission,
00:21:35dans les semaines à venir, puisse l'inviter pour une audition.
00:21:40Je crois que ce serait très éclairant pour nous tous.
00:21:44Nous allons passer aux orateurs des groupes et pour le groupe du Rassemblement National.
00:21:49M. Robert Le Bourgeois, vous avez la parole. M. le député.
00:21:52Merci, M. le Président. M. le Président-Directeur Général, vous l'avez dit, le conflit au Moyen-Orient
00:21:58et la fermeture du détroit d'Ormouz affectent fortement le transport maritime.
00:22:02Toutefois, en comparaison des concurrents Mersk ou Apagloid, CMACGM a plutôt bien résisté à la crise.
00:22:08Ceci notamment grâce à la mise en place rapide de corridors de transit alternatifs,
00:22:13mais aussi parce que le golfe Persique représente finalement un volume relativement faible du transport de marchandises.
00:22:19Il y a en revanche une vraie inquiétude quant à la hausse globale des coûts avec l'explosion des prix
00:22:24du pétrole et du gaz liquéfié
00:22:25et l'envol du tarif des assurances dans ces zones de guerre, vous l'avez évoqué.
00:22:29Pour ma part, je souhaiterais donc que vous nous éclairiez plutôt ce soir sur les nombreux investissements
00:22:35qu'entreprend CMACGM et leur destination.
00:22:38Au-delà de la stratégie de diversification du groupe vers la logistique ou le transport ferroviaire,
00:22:44vous investissez également dans différentes zones du globe, à Latakia en Syrie, à Mambassa au Kenya,
00:22:50où vous devriez injecter 700 millions d'euros, ou à Puerto Antioquia en Colombie,
00:22:55avec pour projet de concurrencer, si j'ai bien compris, le canal du Panama,
00:22:58par la construction d'une voie ferrée reliant l'Atlantique au Pacifique.
00:23:02Par ailleurs, CMACGM inaugurera bientôt le porte-conteneur Notre-Dame, j'ai bien reçu l'invitation,
00:23:07un nom bien français pour un navire sorti d'un chantier naval chinois pour autant.
00:23:12La presse s'est également fait l'écho hier d'une commande attribuée à votre groupe de huit bateaux
00:23:16auprès du chantier chinois Engli.
00:23:18Aussi, si l'on ne peut que se réjouir qu'une entreprise française conforte sa place
00:23:23parmi les leaders mondiaux du transport maritime, s'il est évidemment heureux
00:23:26que vous enrichissiez le pavillon français de nouveaux navires,
00:23:30on ne peut que constater que ces investissements concernent majoritairement des ports et chantiers navals étrangers.
00:23:35Ces choix ne sont pas le fruit du hasard, ils sont la conséquence d'une filière française en perte de
00:23:41vitesse de port
00:23:41qui, malgré une amélioration, demeure à la traîne par rapport au grand hub européen
00:23:45d'un manque de compétences en termes d'ingénierie et d'industrie, vous l'avez rappelé.
00:23:49C'est pourquoi d'ailleurs le Rassemblement national consacre un pan important de son programme au développement de l'économie
00:23:56bleue.
00:23:56Ce développement ne se fera pas sans CMACGM.
00:23:59Aussi, je souhaiterais savoir ce que vous attendez concrètement de l'exécutif à partir de 2027
00:24:06pour débloquer cette économie bleue, pour structurer de véritables filières industrielles
00:24:10et faire de la France une puissance maritime compétitive, véritablement souveraine.
00:24:15Je vous remercie.
00:24:17Merci, M. le député. M. le président, directeur général.
00:24:21Merci pour votre question multiple.
00:24:26Les investissements que nous réalisons à travers le monde répondent à une logique de développement profitable
00:24:34à travers les différents océans où nous sommes présents.
00:24:39Le groupe CMACGM, c'est trois piliers, le transport maritime, la logistique et dernièrement les médias.
00:24:46Si je me concentre sur le transport maritime et la logistique, les deux sont complémentaires.
00:24:52Certains de nos clients, pour ne pas dire de plus en plus nombreux, nous demandent de leur proposer des solutions
00:24:58de bout en bout,
00:24:59c'est-à-dire de l'usine en Chine ou ailleurs en Asie à destination de leur domicile
00:25:05où avec des solutions du dernier kilomètre, nous sommes en mesure de pouvoir acheminer la marchandise jusqu'à chez eux.
00:25:11Et cette solution bout en bout, aujourd'hui, est appréciée par nos clients et peu importe la géographie où ils
00:25:19se trouvent.
00:25:20Donc, nous souhaitons continuer à nous développer dans ces différentes géographies.
00:25:24Vous citiez les investissements à Mombasa, les investissements à Pertoran-Turkia ou également à l'Ataké en Syrie.
00:25:31Ce sont des pays qui se développent, qui ont des difficultés politiques qu'ils essayent de surmonter, notamment en Syrie.
00:25:40Mais le groupe CMACGEM souhaite participer au développement de ces différents pays.
00:25:45Donc, nous serons présents et essaierons de proposer des solutions en maritime et en logistique.
00:25:51Nous investissons également dans des terminaux, pour revenir sur les terminaux, à l'Ataké.
00:25:55Nous sommes concessionnaires du port de l'Ataké. Sur le terminal de Mombasa, nous participons aujourd'hui.
00:26:03Nous avons signé un memorandum of understanding, un accord avec les autorités locales pour construire avec d'autres partenaires le
00:26:12futur terminal de Mombasa,
00:26:14qui pourra accueillir des navires de grande taille et qui relieront le Kenya à différentes géographies à travers le monde.
00:26:22Donc, les investissements, nous continuons à les réaliser. Nous investissons aussi dans des navires.
00:26:28Vous avez raison. Il est dommage qu'on ne puisse pas construire des navires porte-containers en Europe.
00:26:33Mais je pense que la France a choisi les navires de croisière.
00:26:37Donc, on a été acheter nos bateaux en Corée ou en Chine, voire même en Inde.
00:26:41Nous avons aussi passé commande, il y a quelques mois de cela, de navires en Inde de plus petite taille.
00:26:48Et les premiers seront livrés en fin 2027.
00:26:52Merci, M. Sade.
00:26:54Pour le groupe Ensemble pour la République, M. Stéphane Buchaud. Vous avez la parole, M. le député.
00:27:01Merci, M. le Président. M. le Président directeur général, le groupe CMA-CGM, c'est une réussite industrielle française d
00:27:07'envergure mondiale.
00:27:08Les chiffres ont été rappelés tout à l'heure. 160 000 collaborateurs, un chiffre d'affaires de plus de 55
00:27:13milliards de dollars
00:27:14et plus de 650 navires porte-containers qui desservent plus de 420 ports à travers le monde.
00:27:20Mais CMA-CGM, c'est aussi un groupe qui s'est engagé dans la transition énergétique de la filière maritime
00:27:25et qui affirme des ambitions croissantes sur le continent africain.
00:27:28Vous venez de l'évoquer. Deux sujets sur lesquels je souhaite vous interroger.
00:27:32Premier sujet, la décarbonation de la pêche.
00:27:34La semaine dernière, nous avons auditionné Mme Catherine Chabot, ministre de la Mer et de la Pêche,
00:27:38qui a évoqué votre engagement à hauteur de 20 millions d'euros en faveur de la décarbonation des navires de
00:27:42pêche.
00:27:43Ce fonds, déployé par BPI France en partenariat avec l'État dans le cadre de France Mer 2030,
00:27:49visait à financer le rétrofit des navires existants et des études pour la construction des navires neufs
00:27:54intégrant des solutions décarbonées.
00:27:56Les fonds ont été annoncés en 2023.
00:27:59Il y a donc maintenant trois ans.
00:28:01Ma question est double. Où en sommes-nous aujourd'hui ?
00:28:04Et concrètement, qu'est-ce que cela a permis ?
00:28:07Second sujet, votre implantation stratégique à Mombasa.
00:28:11Vous venez de l'évoquer.
00:28:12J'étais présent au Kenya dans le cadre du sommet Africa Forward,
00:28:16lors duquel vous avez signé avec le gouvernement kenyan un accord de 700 millions d'euros
00:28:20prévoyant le développement d'un terminal portuaire à Mombasa,
00:28:24capable d'accueillir de grands portes-conteneurs.
00:28:26Je voulais savoir quelles sont les prochaines étapes et les échéances de ce projet.
00:28:30Et puisqu'il me reste encore un peu de temps,
00:28:32un troisième sujet que vous avez évoqué dans vos propos sur le fait que vous fassiez construire vos navires en
00:28:39Corée et en Inde,
00:28:40est-ce selon vous quelque chose d'inéluctable ?
00:28:42Et qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que cette compétence, cette expertise revienne en France
00:28:47et que vous puissiez faire construire vos navires dans notre pays ?
00:28:50Merci beaucoup.
00:28:51Merci, M. le député. M. le président, directeur général.
00:28:55Je commencerai peut-être par la dernière question.
00:28:58Par rapport à la construction en France, je pense à rien.
00:29:01Je pense que la France a pris trop de retard.
00:29:03Et je pense qu'il n'y a aucun intérêt à dépenser de l'argent sur de la construction de
00:29:07portes-conteneurs en France.
00:29:11Et puis, il y a des chantiers, mais qui construisent des navires de croisière.
00:29:15Et je pense que la rentabilité pour les constructeurs de navires de croisière est plus importante que celle que de
00:29:21construire des navires portes-conteneurs.
00:29:24Donc, malheureusement, c'est trop tard.
00:29:28Et donc, il va falloir regarder autre chose.
00:29:31Et aujourd'hui, ce qu'on fait, c'est qu'on construit en Corée et en Chine et également, comme
00:29:39je le disais dernièrement, en Inde.
00:29:42Sur le Kenya, c'est un pays qui se développe fortement.
00:29:48Le groupe CMA-CGM y est présent depuis plusieurs dizaines d'années.
00:29:51Cette fois-ci, l'investissement qu'on réalise dans un port en eau profonde à Mombasa est stratégique pour nous.
00:29:57Parce qu'on souhaiterait, à partir du Kenya, essayer de créer un hub maritime et qui pourrait éclater à partir
00:30:05du Kenya sur les différents pays d'Afrique le l'Est.
00:30:09Je le signalais, l'objectif que nous avons, c'est d'ici un peu moins de 45 jours, c'est
00:30:15de nous mettre d'accord sur les termes du Mémorandum of Agreement avec les autorités kenyanes.
00:30:21L'objectif étant d'avoir d'autres partenaires qui se joignent à nous pour nous donner la possibilité de lancer
00:30:28le projet dès que possible.
00:30:30Le projet devrait voir le jour en 2029, tout à Lambien, avec un terminal en eau profonde où nos grands
00:30:36navires pourront escaler, décharger leurs marchandises,
00:30:39qui sera ensuite, on dit dans notre jargon, fiderisé.
00:30:43C'est-à-dire, on les décharge de grands navires qui sont ensuite mis sur des navires de plus petite
00:30:47taille et qui vont desserver des ports de plus petite taille.
00:30:51Et peut-être pour le troisième sujet de décarbonation, peut-être un mot si vous voulez bien couvrir ce sujet.
00:30:56Oui, monsieur le Président. Bonjour, monsieur le député. Merci pour votre question.
00:31:00Donc, la question que vous portez sur le fonds dont la gestion a été confiée à la BPI, qui a
00:31:06été dotée par le groupe de 200 millions d'euros,
00:31:09à ce jour, 40 millions... Mais je vais venir à votre question.
00:31:11À ce jour, 40 millions ont déjà été engagés et une troisième tranche d'une vingtaine de millions est en
00:31:16train d'être engagée.
00:31:17Et à l'intérieur de l'ensemble de ces financements, il y a effectivement un volet qui est spécifiquement dédié
00:31:24à la décarbonation de la filière de la pêche.
00:31:27Et nous avons tenu la semaine dernière à Marseille le comité de pilotage avec les représentants de la filière pêche,
00:31:33sous la présidente du cluster maritime.
00:31:36Et on a enterriné l'évolution d'une doctrine d'emploi pour ce fonds,
00:31:41qui permet justement, par exemple, d'indemniser les pertes d'exploitation des pêcheurs qui engageraient la décarbonation de leur mode
00:31:52de propulsion.
00:31:53Donc, nous allons prendre en charge, et nous allons définir les règles qui permettront de le faire,
00:31:58les pertes d'exploitation qui sont liées à l'immobilisation d'un chaluitier, par exemple,
00:32:03qui aurait engagé le changement de son mode de propulsion pour, justement, être décarboné.
00:32:08Donc, ce fonds fonctionne, et je pense que l'ensemble des représentants de la filière qui étaient là ont salué
00:32:14les évolutions qui avaient été engagées
00:32:16pour le rendre, justement, plus efficace et plus rapide dans le décaissement du soutien qu'il peut apporter aux membres
00:32:21de la filière pêche.
00:32:23Merci, M. le directeur.
00:32:24Pour le groupe de la France Insoumise, Mme Sandrine Nozbé, vous avez la parole, Mme la députée.
00:32:29Merci, M. le Président.
00:32:31M. Saadé, vous répétez lors de vos rencontres avec les représentants nationaux
00:32:34que vous n'avez pas l'alternative à la concurrence internationale, que les équipages français coûtent trop cher,
00:32:39que la fiscalité favorable dont vous bénéficiez est la condition de votre réussite, etc.
00:32:45Mais permettez-moi de vous dire que ce discours du « there is no » alternative, nous ne pouvons plus
00:32:49l'accepter,
00:32:49parce qu'il ne sert en réalité que les intérêts de ceux qui ont déjà de l'argent.
00:32:53Votre holding familial a perçu 5 milliards d'euros de dividendes entre 2021 et 2023,
00:32:59imposés à hauteur de petits 1,25%.
00:33:01Dans le même temps, des dizaines de milliers de petites entreprises françaises
00:33:04qui créent réellement de l'emploi dans nos territoires,
00:33:06qui paient leurs cotisations et leurs impôts à taux normal, ferment leurs portes.
00:33:10Les défaillances d'entreprises sont à des niveaux records dans notre pays.
00:33:14Et ces entrepreneurs-là n'ont ni accès au Président de la République,
00:33:16ni à d'anciens collaborateurs de cabinets ministériels pour mener leurs équipes,
00:33:20et ne bénéficient pas d'une niche fiscale comme celle qui vous a permis de faire des réserves de milliards
00:33:24d'euros pendant la crise du Covid.
00:33:27Vous parlez d'égalité concurrentielle internationale,
00:33:29mais l'inégalité la plus criante est celle qui vous sépare du reste du tissu économique français.
00:33:35Rien que sur les salaires des marins, vous dites que la concurrence vous impose de recourir à des équipages internationaux
00:33:41deux fois moins chers.
00:33:43Mais ce dumping social, M. Saadé, n'est pas une fatalité, c'est un choix.
00:33:46Personne ne vous oblige à maximiser les marges en minimisant le droit des travailleurs.
00:33:51Est-ce qu'un groupe qui se décrit comme stratégique pour la France
00:33:54peut seulement continuer à construire sa marge sur des écarts de droits entre travailleurs
00:33:58et réclamer en même temps la protection nationale quant à la géopolitique se tend comme au détroit d'Hormuz ?
00:34:05Et enfin, sur les médias, votre directrice de cabinet vient d'être nommée à la tête de CMA Média.
00:34:09Vous possédez la Provence, BFM Marseille, Brut, vous dites que vous n'influencez pas les rédactions, j'entends.
00:34:15Mais il y a quelques semaines, à Cannes, des professionnels du cinéma ont signé une tribune sur la concentration médiatique
00:34:20organisée par Bolloré, qui a un agenda, lui, fascisant.
00:34:24Et Canal+, menace de bloquer des projets impliquant les signataires.
00:34:28Ce mélange des genres que permet cette concentration pose question.
00:34:32Est-ce qu'en France, en 2026, il est encore possible de critiquer publiquement un grand propriétaire de médias
00:34:38sans craindre des conséquences sur sa carrière, sur son emploi ? Je vous remercie.
00:34:42Merci, madame la députée.
00:34:43Monsieur le président, directeur général.
00:34:48Merci pour votre question.
00:34:52Je reviens sur les marins français.
00:34:56Dans mon propos préliminaire, j'ai mentionné le fait que 10 de nos futurs navires de 24 000 conteneurs
00:35:04seront équipés d'officiers français.
00:35:07Ils auraient pu être philippins, croates, roumains.
00:35:11Et pourtant, on a décidé et on a fait le choix du pavillon français et d'équipage français.
00:35:17On l'a fait parce que les marins français sont d'excellents marins et on souhaite en avoir plus.
00:35:23Mais aujourd'hui, peu de compagnies maritimes font appel aux officiers français ou aux marins français
00:35:29parce qu'ils coûtent beaucoup plus cher.
00:35:31Et moi, je suis obligé de faire face à une compétition internationale.
00:35:37Donc, j'entends ce que vous dites, mais de l'autre côté, le monde ne se limite pas à la
00:35:40France.
00:35:42Mes concurrents, ils sont partout dans le monde.
00:35:44Et s'ils ne prennent pas des marins français parce qu'ils trouvent qu'ils sont trop chers,
00:35:48je ne peux pas faire abstraction de ça.
00:35:49Et pourtant, pour nos 10 navires de 24 000 conteneurs, on a décidé d'investir dans le pavillon français.
00:35:57C'est déjà bien. Est-ce que c'est suffisant ?
00:36:00Certainement pas et qu'il faut continuer, mais ça a un coût.
00:36:04C'est un coût.
00:36:07Mais comme vous savez, chère madame, on distribue peu de dividendes.
00:36:1215 % de nos profits sont distribués en dividendes.
00:36:15Le reste est réinjecté dans l'outil industriel.
00:36:17On paie peu de dividendes parce que tout ce qu'on gagne, on le réinvestit.
00:36:21On achète des bateaux, on achète des portes-conteneurs, on achète des terminaux.
00:36:26Voilà comment on investit notre argent.
00:36:29Donc, c'est bien de le clarifier aussi parce que c'est trop facile de dire qu'on dépense 5
00:36:33milliards.
00:36:33Non, parce que tout était réinjecté.
00:36:36Et c'est ce qui fait que le groupe CMA-CGEM est un leader mondial dans le transport maritime et
00:36:42dans la logistique.
00:36:42Et on continuera à investir.
00:36:45Et si vous n'investissez pas dans mon secteur, vous tombez.
00:36:50Et c'est ça qui est important.
00:36:52Et aujourd'hui, si vous regardez les différentes compagnies maritimes,
00:36:55le top 5, c'est des compagnies européennes familiales.
00:37:00C'est une raison pour tout cela.
00:37:02Voilà. Ensuite, sur les médias, on peut dire tout ce qu'on veut.
00:37:06Tout ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, on respecte les règles du jeu
00:37:13et on fait en sorte de travailler en bonne intelligence avec nos différents médias.
00:37:17Et je me suis engagé à ne pas intervenir dans la ligne éditoriale.
00:37:20Et je respecte mes engagements.
00:37:25Merci, monsieur.
00:37:26Merci, monsieur le président directeur général.
00:37:29Avec la bienveillance de monsieur Lardit, je vais passer la parole à madame Motion,
00:37:33qui a un apératif pour le groupe démocrate.
00:37:35Vous avez la parole, madame la députée.
00:37:37Merci, monsieur le président.
00:37:38Chers collègues, monsieur le président directeur général, monsieur le directeur financier.
00:37:42Au nom de mon groupe, les démocrates, je vous remercie de venir à nouveau devant notre commission
00:37:47à un moment où le transport maritime a révélé une fois de plus son importance stratégique
00:37:51pour notre économie nationale et pour la compétitivité de nos entreprises.
00:37:55Je souhaiterais vous interroger sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient
00:37:59et de la fermeture du détroit d'Hormuz pour les entreprises françaises.
00:38:03Les redirections de flux allongent les délais et renchérissent les coûts,
00:38:07avec des effets indirects sur les marges et les chaînes d'approvisionnement
00:38:10de nos exportateurs et importateurs.
00:38:12Ma question est triple.
00:38:14Premièrement, nous connaissons l'impact de la fermeture du détroit d'Hormuz
00:38:18sur les prix de l'énergie, mais aimerions avoir des précisions
00:38:21sur les conséquences de la crise sur l'action des armateurs.
00:38:24Pouvez-vous nous indiquer comment CMA-CGM a adapté son réseau de routes
00:38:29et sa flotte face à ces perturbations ?
00:38:32Deuxièmement, et peut-être que monsieur le directeur financier pourra nous éclairer,
00:38:36dans quelle mesure les surcoûts liés à l'augmentation des prix du pétrole,
00:38:39à l'allongement des routes et des temps de transport ont-ils été répercutés
00:38:43sur vos clients chargeurs ?
00:38:45L'ont-ils été en totalité ou partiellement ?
00:38:47Comment évaluez-vous l'impact de cette situation sur la compétitivité
00:38:51des entreprises françaises qui font appel à vos services,
00:38:55notamment les PME ?
00:38:56Et troisièmement, anticipez-vous une reconfiguration durable
00:38:59des routes maritimes mondiales qui appellerait des investissements
00:39:03structurels nouveaux ?
00:39:04Comment évaluez-vous à ce sujet les annonces récentes en matière
00:39:07de stratégie portuaire adoptées par le Conseil de l'Union européenne
00:39:10la semaine dernière ?
00:39:11Et quelles seraient vos propositions à l'échelle nationale ?
00:39:14Je vous remercie.
00:39:16Merci, madame la députée.
00:39:17Monsieur le président, directeur général.
00:39:20Merci, monsieur le président.
00:39:23Peut-être que je laisserai la parole ensuite à Ramon Fernandez
00:39:27sur les questions que vous lui posez directement.
00:39:31La différence, vous parliez de nos résultats du premier trimestre
00:39:34par rapport à nos concurrents.
00:39:36Et sans dire qu'on fait mieux ou moins bien dans le secteur
00:39:39du transport maritime, ce qui fait la différence,
00:39:42c'est la rapidité d'action et la prise de décision.
00:39:46Le 28 février, quand les hostilités ont démarré entre les États-Unis,
00:39:50Israël et l'Iran, il a fallu mettre en place le jour même
00:39:55une cellule de crise qui s'est réunie une fois,
00:39:59voire plusieurs fois par jour pour prendre des décisions rapides
00:40:02face à une situation de crise majeure,
00:40:05où le détroit d'Hormuz a été bloqué.
00:40:08On s'est retrouvé avec des navires qui étaient visés
00:40:13par des missiles en provenance d'Iran.
00:40:17Donc il a fallu réagir très vite.
00:40:19Il a fallu proposer des solutions.
00:40:21La plupart de nos concurrents ont annulé ou arrêté
00:40:25les réservations à bord des bateaux,
00:40:27à destination du Moyen-Orient.
00:40:29Nous, on a continué.
00:40:31On a continué en proposant des solutions innovantes
00:40:35à nos clients.
00:40:36On ne pouvait plus leur proposer des solutions maritimes.
00:40:39Ce qu'on faisait, c'est que les bateaux s'arrêtaient
00:40:41avant de franchir le détroit d'Hormuz.
00:40:43Et à partir de Corfacan ou également d'Ocum à Oman,
00:40:51on a proposé des solutions terrestres.
00:40:54Et ces solutions-là coûtent de l'argent.
00:40:57Donc il a fallu mobiliser des camions
00:41:00pour pouvoir acheminer la marchandise à destination finale.
00:41:05On a également continué à utiliser Babel Mandeb.
00:41:09Et aujourd'hui, peu de compagnies maritimes
00:41:11prennent le risque de passer par Babel Mandeb.
00:41:13Et le groupe CMA-CGM a décidé de continuer
00:41:16parce que nous sommes escortés par la marine française
00:41:19ou par le dispositif ASPIDES.
00:41:22Mais nous prenons des risques pour pouvoir
00:41:25desservir nos clients.
00:41:26Et ça, c'est un coût.
00:41:28Ça, c'est un coût.
00:41:29Je ne dis pas que mes concurrents font moins bien que nous.
00:41:32Chacun fait comme bon lui semble.
00:41:33Mais nous, ce qu'on a souhaité mettre en place,
00:41:35c'est réagir rapidement, prendre des décisions
00:41:38et desservir nos clients tout en s'assurant
00:41:40la sécurité maximale pour nos équipages et nos navires.
00:41:46Ramon, si vous voulez peut-être couvrir les...
00:41:49Oui, madame la députée.
00:41:50Donc, c'est difficile d'avoir une réponse définitive
00:41:55à votre question parce qu'on ne sait pas exactement.
00:41:57Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est les surcoûts qu'on subit
00:41:59qui sont liés soit à la situation de blocage
00:42:02pour la région d'Hormuz, donc Moyen-Orient,
00:42:06les navires qui sont bloqués, les containers qui sont bloqués,
00:42:09les solutions logistiques mises en place
00:42:11pour pouvoir continuer à acheminer les marchandises
00:42:15via d'autres ports, qu'il s'agisse des Émirats arabes unis,
00:42:18d'Omane ou via l'Arabie saoudite.
00:42:20Donc, on a mis en place, comme le disait M. Saadé,
00:42:23un certain nombre de solutions qui passent par la route,
00:42:26qui passent par le rail, qui passent par les aires.
00:42:28Donc, tout ça a un coût qu'on chiffre autour de...
00:42:32Pour le semestre, sans doute, de l'ordre de 300 millions.
00:42:35De l'ordre de 300 millions.
00:42:37Et puis, vous avez tous les coûts qui sont associés à la hausse
00:42:40des coûts de l'énergie.
00:42:41Le groupe CMA dépense à peu près 5 milliards de dollars par an
00:42:48pour l'ensemble de ses moyens de transport.
00:42:52Donc, quand vous faites un budget avec un prix du dollar
00:42:55légèrement inférieur à 70 dollars et qu'il est autour de 100 dollars,
00:42:59vous voyez assez rapidement que potentiellement,
00:43:02vous avez une charge supplémentaire qui se charge potentiellement
00:43:06en milliards supplémentaires.
00:43:08Donc, effectivement, il y a des dispositifs et des surcharges
00:43:11qui visent à intégrer les coûts que nous subissons.
00:43:15Maintenant, on verra à la fin de l'année
00:43:17quel est le résultat net de l'ensemble de cette situation.
00:43:19Pour l'instant, la priorité, ça a été de mettre en place
00:43:22des dispositifs pour assurer la continuité d'acheminement.
00:43:25Et je crois que Rodolphe Saladé a aussi dit, par exemple,
00:43:28que pour les Antilles, par exemple, on ne mettait pas de surcharge
00:43:33dans des situations très particulières.
00:43:36Le groupe fait un effort supplémentaire et subira donc plein pot,
00:43:39si j'ose dire, les surcoûts associés.
00:43:42Merci, M. Fernandez.
00:43:43Pour le groupe socialiste, M. Laurent Lardy, vous avez la parole.
00:43:47Merci, M. le Président.
00:43:48M. le Président, directeur général, M. le Directeur,
00:43:52je vous remercie de nous avoir informé dans votre propos liminaire
00:43:55de la situation qui est née de la crise du détroit d'Hormuz.
00:43:59Mais j'aimerais que vous nous donniez également votre point de vue
00:44:00sur les leçons que vous tirez de cette crise aujourd'hui
00:44:03pour l'avenir du commerce maritime mondial.
00:44:06On sait que trois mois après le début de la crise,
00:44:10l'incertitude se prolonge maintenant de manière plutôt inquiétante.
00:44:13Et des spécialistes cités dans la presse évoquent même
00:44:16la possibilité d'un monde d'après pour ce qui concerne
00:44:19l'organisation du transport maritime mondial.
00:44:21Et c'est à ce sujet que j'ai deux questions pour vous.
00:44:24D'abord, est-ce que vous pensez, comme le pensent ses sources,
00:44:26que la robustesse des routes commerciales soit durablement fragilisée ?
00:44:32Singulièrement, celle que vous avez citée, notamment tout à l'heure,
00:44:34qui emprunte des goulets d'étranglement comme en Mer Rouge
00:44:37ou dans le Golfe d'Omane.
00:44:38Et ensuite, question évidemment liée,
00:44:40les États-Unis étaient considérés jusqu'à présent
00:44:44comme les garants ultimes de la liberté de navigation,
00:44:47singulièrement, du commerce maritime
00:44:49et notamment dans la zone du Moyen-Orient.
00:44:52Alors, quels enseignements est-ce que vous tirez aujourd'hui
00:44:54de leur impuissance à résoudre cette crise ?
00:44:56Où se trouve pour vous la solution ?
00:44:59Envisagez-vous, par exemple, des mutations durables
00:45:01dans le tracé des routes maritimes mondiales ?
00:45:04Merci.
00:45:06Merci, M. Lardit.
00:45:07M. le président directeur général.
00:45:11C'est difficile de tirer des conclusions d'une crise
00:45:15qui est toujours en cours.
00:45:17Ce qu'on peut voir aujourd'hui,
00:45:21c'est qu'on ne peut plus être tributaire du détroit d'Hormuz
00:45:24et qu'il nous faut trouver des alternatives
00:45:26parce que même si une solution de paix est mise en place
00:45:31dans les prochaines semaines,
00:45:32on n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise dans quelques temps
00:45:35et on ne peut pas être nous prisonniers du détroit d'Hormuz.
00:45:38Et je pense que ce qu'on proposera à nos clients,
00:45:42c'est un peu ce qu'on fait aujourd'hui,
00:45:44c'est-à-dire des solutions terrestres
00:45:46à partir d'un port qui serait avant le passage du détroit d'Hormuz.
00:45:51On pourra continuer à le faire pour ce qui est de la mer Rouge
00:45:56au travers de Jeddah,
00:45:59mais je ne resterai pas figé sur le fait
00:46:01que l'étroit d'Hormuz va se réouvrir
00:46:03et tout va redevenir comme avant.
00:46:05Je pense que malheureusement,
00:46:06il serait imprudent de réagir comme ça.
00:46:10Mais à côté de ça, les choses peuvent évoluer
00:46:12et il faudra qu'on s'adapte en conséquence.
00:46:17Donc les routes maritimes,
00:46:21la force d'une compagnie maritime comme la nôtre,
00:46:24c'est son adaptabilité.
00:46:26Aujourd'hui, il y a plus de 120 crises dans le monde.
00:46:29On parle beaucoup du Moyen-Orient,
00:46:32on parle aussi de la crise en Ukraine,
00:46:35mais on pourrait parler de ce qui se passe à Cuba.
00:46:37Aujourd'hui, le groupe CMA-CGM a suspendu
00:46:40sa desserte de Cuba
00:46:42suite aux décisions de l'administration Trump.
00:46:45Donc le monde est compliqué, complexe,
00:46:48et il faut s'adapter à toutes ces crises.
00:46:52Et l'adaptabilité a un coût
00:46:55parce que les coûts de l'énergie augmentent,
00:46:59les assurances augmentent,
00:47:02et il faut bien qu'on refacture ces surcoûts
00:47:05à nos clients.
00:47:07Mais j'attendrai encore un peu avant de dire
00:47:12voilà la décision définitive et finale
00:47:14que le groupe prendra par rapport aux axes maritimes.
00:47:17Moi, je pense qu'il va falloir s'adapter.
00:47:19Et comme on a fait durant la crise
00:47:21qui a touché les États-Unis, Israël et l'Iran,
00:47:24on s'est adapté.
00:47:25Et je pense que c'est le mot d'ordre,
00:47:27la chose la plus importante en ce qui nous concerne,
00:47:30c'est de s'adapter rapidement,
00:47:32de prendre des décisions
00:47:33pour nous permettre de continuer à servir nos clients.
00:47:36Parce qu'à la fin,
00:47:37ce sont nos clients qui nous payent.
00:47:39Et si on ne leur offre pas de solution,
00:47:42on a un réel problème.
00:47:46Merci, M. Sade.
00:47:47Pour le groupe de la droite républicaine,
00:47:49Mme Emine Rachet, vous avez la parole,
00:47:51Mme la députée.
00:47:52Merci, M. le Président.
00:47:53M. le Président, directeur général,
00:47:56M. le directeur financier,
00:47:57Le transport maritime traverse une période
00:47:59de fortes tensions internationales.
00:48:02Depuis janvier 2025,
00:48:03les États-Unis ont relevé leurs droits de douane
00:48:05sur de nombreux produits européens,
00:48:08ciblés indirectement les armateurs étrangers
00:48:11et relancés leurs flottes civiles.
00:48:13Ces décisions bouleversent
00:48:15les chaînes logistiques mondiales.
00:48:17Hausse de la volatilité du fret,
00:48:20redirection des flux commerciaux
00:48:21et risque d'afflux en Europe
00:48:23de produits chinois,
00:48:25écartés du marché américain.
00:48:27Dans ce contexte,
00:48:28renforcer la compétitivité de nos armateurs
00:48:31et stabiliser la fiscalité du secteur
00:48:33est impératif.
00:48:34C'est pourquoi votre annonce
00:48:36d'immatriculer sous pavillon français
00:48:38dix nouveaux portes-conteneurs
00:48:39et de recruter des marins français
00:48:41a retenu notre attention.
00:48:43C'est un signal positif
00:48:45pour notre souveraineté maritime.
00:48:47Mais ces dix navires ne représentent
00:48:49qu'une part limitée de votre flotte.
00:48:51Vous y avez répondu partiellement,
00:48:53mais qu'est-ce qui empêche aujourd'hui
00:48:55d'aller plus loin ?
00:48:56Le principal obstacle est-il,
00:48:58comme évoqué,
00:49:00uniquement le coût,
00:49:01la réglementation,
00:49:03le recrutement
00:49:04ou un manque d'attractivité
00:49:05du pavillon français ?
00:49:07Et surtout,
00:49:08que devrait faire l'État
00:49:09pour changer d'échelle ?
00:49:10Ma deuxième question
00:49:11porte sur l'intelligence artificielle,
00:49:13comme évoquée en introduction.
00:49:15L'IA transforme déjà
00:49:16la gestion des flottes,
00:49:18les opérations portuaires
00:49:20et l'organisation
00:49:20des chaînes logistiques.
00:49:22À vos yeux,
00:49:23sera-t-elle demain
00:49:24un facteur de compétitivité
00:49:25aussi important
00:49:26que la taille de la flotte
00:49:28ou la qualité
00:49:29des infrastructures portuaires ?
00:49:31CMA-CGM
00:49:32est-elle aujourd'hui
00:49:33suffisamment armée
00:49:34face à la concurrence américaine
00:49:36et asiatique sur ce terrain ?
00:49:38Enfin,
00:49:39ces évolutions technologiques
00:49:40vont profondément transformer
00:49:42les métiers du maritime
00:49:43et faire émerger
00:49:44de nouveaux besoins
00:49:45en compétences.
00:49:47Comptez-vous principalement
00:49:48former ces profils
00:49:50en interne ?
00:49:51Et selon vous,
00:49:52la France forme-t-elle
00:49:53dès aujourd'hui
00:49:53suffisamment de talents
00:49:55pour répondre
00:49:56aux besoins futurs
00:49:57de la filière ?
00:49:58Je vous remercie.
00:49:59Merci,
00:50:00madame la députée.
00:50:03Merci pour vos questions.
00:50:06Je reviens
00:50:07sur le pavillon français.
00:50:09Ce n'est pas juste
00:50:10les coûts,
00:50:11c'est évidemment
00:50:12le fait qu'on a
00:50:13des difficultés
00:50:13à recruter
00:50:14des officiers français.
00:50:17Et ça,
00:50:18c'est une des difficultés.
00:50:19Donc certainement,
00:50:20le coût,
00:50:21ça nous coûte
00:50:21deux fois plus cher
00:50:22aujourd'hui
00:50:23de recruter
00:50:24des officiers français
00:50:25que des officiers internationaux.
00:50:28Mais également,
00:50:29on a du mal
00:50:30à recruter
00:50:30autant qu'on voudrait.
00:50:32mais on a des accords
00:50:34avec le NSM
00:50:36avec qui nous essayons
00:50:37de renforcer
00:50:40les formations
00:50:41et d'essayer
00:50:43de pallier
00:50:43à cette difficulté.
00:50:46Sachant que nous avons
00:50:47environ
00:50:471 000 marins français
00:50:49qui travaillent
00:50:50pour le groupe.
00:50:53Donc on continuera
00:50:54à augmenter
00:50:54cette population.
00:50:56Il y a le coût
00:50:57et il y a aussi
00:50:57la formation.
00:51:00Mais je pense
00:51:01que ce qui était
00:51:02l'objectif
00:51:03pour ces 10 navires
00:51:04de 24 000 conteneurs,
00:51:05c'était le fait
00:51:06que c'est la filière
00:51:07au gaz.
00:51:08Parce que l'objectif
00:51:09du groupe
00:51:09CMA-CGEM,
00:51:10c'est de continuer
00:51:10à réduire
00:51:11ces émissions de CO2.
00:51:12Et une manière
00:51:13de le faire,
00:51:14c'est de propulser
00:51:15des navires au GNL.
00:51:17Et le GNL nous permet
00:51:18de réduire
00:51:19nos émissions de CO2
00:51:20de l'ordre de 20%.
00:51:21Et d'où le fait
00:51:22qu'on continue
00:51:23à aller dans cette direction-là
00:51:24et on considère
00:51:25que les officiers français
00:51:27ont,
00:51:28une capacité
00:51:30à piloter
00:51:31ce type
00:51:31de navire
00:51:33qui est très efficiente.
00:51:35Sur l'IA,
00:51:37je suis un...
00:51:39Je pense que l'IA
00:51:39va beaucoup
00:51:40nous apporter.
00:51:42Mais il y a aussi
00:51:43certaines difficultés
00:51:44qu'il va falloir
00:51:45qu'on regarde
00:51:46de près.
00:51:47Ce matin,
00:51:47j'organisais
00:51:48une réunion
00:51:49avec des collaborateurs
00:51:51pour parler
00:51:51de l'intelligence artificielle.
00:51:53Et une des difficultés,
00:51:54c'est l'adoption.
00:51:55c'est que vous lancez
00:51:56des applications
00:51:57au sein de l'entreprise,
00:51:59ça coûte de l'argent
00:51:59de lancer des applications
00:52:01parce qu'il faut
00:52:03les fabriquer
00:52:04et ça,
00:52:05cela a un coût.
00:52:06Et ensuite,
00:52:06il faut s'assurer
00:52:07que les collaborateurs,
00:52:08quand on va leur dire
00:52:09bon voilà,
00:52:09on a développé
00:52:10un nouvel outil,
00:52:11il va falloir
00:52:11que tu t'en serves
00:52:12parce que ça va nous permettre
00:52:13d'optimiser
00:52:14nos routes maritimes
00:52:15ou nous permettre
00:52:16de réduire
00:52:17nos coûts.
00:52:17Et il y a des formations
00:52:19et c'est là
00:52:20où notre académie
00:52:22à Marseille,
00:52:23Tangram,
00:52:23j'en disais un mot
00:52:24dans mon propos préliminaire,
00:52:27Tangram joue un rôle important
00:52:28parce que Tangram
00:52:28nous permet de former
00:52:29nos collaborateurs
00:52:31à cette nouvelle technologie.
00:52:32Et moi,
00:52:33je pense qu'il faut
00:52:34continuer à développer
00:52:35l'intelligence artificielle.
00:52:38Il y aura des sujets
00:52:38à voir
00:52:39et il faudra les têcher
00:52:42à tête froide
00:52:43parce qu'il y a des sujets
00:52:44notamment au niveau social
00:52:45qu'il faudra regarder
00:52:46avec attention
00:52:47mais de manière générale
00:52:48l'intelligence artificielle
00:52:50si nous,
00:52:50on ne la développe pas,
00:52:51quelqu'un d'autre
00:52:52la développera
00:52:53à notre place
00:52:53et on perdra
00:52:54un avantage compétitif.
00:52:57Merci,
00:52:57M. le Président,
00:52:58Directeur Général
00:52:58pour le groupe Horizon
00:53:00et indépendant.
00:53:00Mme Marie-Agnès Poussé-Mazbach,
00:53:02vous avez la parole,
00:53:02Mme la Ministre.
00:53:03Merci,
00:53:04M. le Président,
00:53:06M. le Président,
00:53:07Directeur Général,
00:53:07M. le Directeur.
00:53:09Peut-être d'abord vous dire
00:53:11que je ne sais pas
00:53:11si cette audition
00:53:13est publique
00:53:14et s'il y a un grand public
00:53:15mais peut-être faire remarquer
00:53:16que, alors tant mieux,
00:53:18mais le public ne voit pas
00:53:19qui est présent ou pas.
00:53:21Donc,
00:53:22après la manière
00:53:23dont notre collègue LFI
00:53:24vous a interpellé,
00:53:25probablement simplement
00:53:26pour la vidéo,
00:53:27je tenais à dire
00:53:27qu'elle avait quitté la salle
00:53:28aussitôt après,
00:53:29n'écoutant pas
00:53:30vos autres réponses.
00:53:32Ceci étant dit,
00:53:34dans le contexte actuel,
00:53:35plus que jamais,
00:53:36notre souveraineté industrielle
00:53:38repose sur notre capacité
00:53:39à décarboner
00:53:40nos grandes filières économiques.
00:53:42Le transport maritime
00:53:43représente environ 3%
00:53:45des émissions mondiales
00:53:46de gaz à effet de serre
00:53:47et assure entre 80 et 90%
00:53:49des échanges mondiaux
00:53:51de marchandises.
00:53:52Le défi est réel,
00:53:54réduire notre empreinte
00:53:55environnementale
00:53:56sans fragiliser
00:53:57les flux de l'économie mondiale.
00:53:59Cette transition,
00:54:00nous devons la réussir
00:54:01dans un contexte
00:54:02de concurrence exacerbée,
00:54:04vous l'avez indiqué,
00:54:04notamment avec la Chine
00:54:06et les Etats-Unis.
00:54:07Des signaux encourageants existent,
00:54:10vous l'avez dit tout à l'heure,
00:54:11vous inaugurerez le 2 juillet prochain
00:54:13le CMA-CGM Notre-Dame,
00:54:15qui sera le plus grand navire
00:54:17exploité sous pavillon français,
00:54:18propulsé au gaz naturel liquéfié
00:54:20et doté de systèmes
00:54:21d'intelligence artificielle
00:54:23permettant d'optimiser les routes,
00:54:25d'ajuster la vitesse,
00:54:26d'améliorer la consommation énergétique.
00:54:29J'ai cru comprendre
00:54:30qu'il s'agissait du premier
00:54:31d'une série de 10 portes-conteneurs
00:54:33de nouvelle génération.
00:54:34Il incarne concrètement
00:54:36votre stratégie du zéro carbone
00:54:38à l'horizon 2050
00:54:41et donc nous tenions
00:54:43à saluer cette stratégie.
00:54:45La dynamique du GNL est réelle
00:54:47et mérite qu'on s'y arrête.
00:54:49466 navires marchands
00:54:51à propulsion GNL
00:54:52sont en service depuis 2023
00:54:54contre 73 en 2015.
00:54:57On peut toujours faire toujours mieux,
00:54:59mais c'est vrai qu'il y a
00:55:00une vraie dynamique
00:55:01et seulement 3 en 2005.
00:55:03Plus du double est aujourd'hui
00:55:05en construction,
00:55:06mais cet essor reste pénalisé
00:55:08par une densité énergétique
00:55:09inférieure au fioul traditionnel,
00:55:11une manipulation semble-t-il
00:55:13plus complexe et surtout
00:55:15un déficit criant
00:55:16d'infrastructures portuaires dédiées.
00:55:18D'autres solutions prometteuses
00:55:20existent par ailleurs,
00:55:21en particulier nous y croyons
00:55:23la propulsion Vélique
00:55:24que notre groupe soutient particulièrement,
00:55:27qui vise à accélérer.
00:55:30On a présenté récemment
00:55:31une proposition de loi
00:55:32soutenue par Agnès Firmin-Le Baudot
00:55:33sur le développement
00:55:34du transport maritime
00:55:35à propulsion Vélique.
00:55:36Le passage à l'échelle
00:55:37de ces nouvelles solutions
00:55:39doit être accompagné.
00:55:40Il y a un appel à projet
00:55:41de 70 millions d'euros
00:55:43qui s'appelle
00:55:43Aide à l'investissement
00:55:44pour la décarbonation
00:55:45du transport.
00:55:46Va dans le bon sens.
00:55:48Il soutient à la fois
00:55:48les armateurs pour l'achat
00:55:50et le rétrofit de navires
00:55:52bas carbone,
00:55:53les ports pour leurs
00:55:54infrastructures électriques
00:55:55et leur capacité d'avitaillement
00:55:56en carburant alternatif
00:55:58et l'industrie
00:55:59et l'industrie
00:56:00pour adapter
00:56:01ces chaînes de production.
00:56:02C'est un signal nécessaire.
00:56:04Monsieur le président
00:56:06directeur général,
00:56:07puisque mon président
00:56:08tape,
00:56:09en fait,
00:56:09ce que nous voudrions savoir,
00:56:11c'est quel est
00:56:11votre diagnostic
00:56:13sur,
00:56:14en gros,
00:56:15de quoi avez-vous besoin,
00:56:17de quelle manière
00:56:17peut-on vous aider ?
00:56:27Merci,
00:56:28de continuer
00:56:29et nous vous en remercions
00:56:30à travailler énormément
00:56:31pour notre pays,
00:56:33pour nos ouvriers,
00:56:34nos marins.
00:56:35Merci,
00:56:36madame la vice-présidente.
00:56:38Merci pour votre question.
00:56:41Je vous dirais
00:56:42de la stabilité
00:56:43pour commencer.
00:56:44Ce qui nous aiderait
00:56:45beaucoup,
00:56:46c'est de la stabilité.
00:56:48et plus on est
00:56:50dans une situation
00:56:51où la stabilité
00:56:53est présente
00:56:55et mieux c'est pour nous.
00:56:57Plus c'est,
00:56:59et moins il y en a
00:57:00et plus c'est compliqué.
00:57:02Maintenant,
00:57:02concernant la décarbonation,
00:57:04à l'horizon 2029,
00:57:06nous aurons plus
00:57:07de 160 navires
00:57:09propulsés
00:57:10au gaz naturel
00:57:11liquéfié
00:57:12ou au méthanol.
00:57:14Aujourd'hui,
00:57:15nous en avons 30
00:57:16plus le Notre-Dame
00:57:18et en 2029,
00:57:20nous en aurons 162.
00:57:22Donc,
00:57:22c'est des investissements
00:57:23massifs
00:57:24que le groupe
00:57:24CERMA-CGM
00:57:26réalise.
00:57:26Nous avons investi
00:57:27plus de 25 milliards
00:57:29dans une flotte
00:57:30décarbonée.
00:57:32Peu de compagnies
00:57:33maritimes
00:57:33ont fait autant
00:57:34que nous.
00:57:36Et on continuera
00:57:38à le faire
00:57:38parce que je me suis engagé
00:57:39à ce qu'en 2050,
00:57:40on soit carbone zéro.
00:57:42Je ne vous cache pas
00:57:43qu'au vu des crises,
00:57:45on voit cet objectif
00:57:46s'éloigner
00:57:48parce qu'avec
00:57:50l'allongement
00:57:50des voyages
00:57:51et notamment
00:57:52avec le passage
00:57:53par le Cap
00:57:54de Bonne-Espérance
00:57:55au lieu de passer
00:57:55par Suez,
00:57:56ça rajoute
00:57:57deux semaines
00:57:58au voyage
00:57:59et donc on va
00:58:00consommer davantage
00:58:01de pétrole.
00:58:02Donc,
00:58:03on va émettre
00:58:03plus de CO2.
00:58:05Bon,
00:58:06il faut garder
00:58:07quand même
00:58:07cet objectif
00:58:08en tête,
00:58:08mais il va être
00:58:09difficile à atteindre.
00:58:12Merci beaucoup
00:58:13pour le groupe
00:58:14GDR,
00:58:14M. Julien Bruggerolle.
00:58:16Vous avez la parole,
00:58:17M. le député.
00:58:18Merci, M. le Président.
00:58:19M. le Président,
00:58:20directeur général.
00:58:22Vous l'avez rappelé,
00:58:23effectivement,
00:58:23le contexte international
00:58:25sur le transport maritime
00:58:27est particulièrement
00:58:28instable
00:58:29avec les incertitudes
00:58:30sur les grandes routes
00:58:31maritimes,
00:58:33la problématique
00:58:34du Détroit-Normuz.
00:58:35mais le secteur
00:58:36sort de plusieurs
00:58:37années de profit
00:58:38historique.
00:58:39Je rappelle
00:58:40que les dix
00:58:41plus grandes
00:58:41compagnies maritimes
00:58:42ont réalisé
00:58:43plus de 300 milliards
00:58:44de dollars
00:58:44de profit
00:58:45entre 2019
00:58:45et 2023,
00:58:4742 milliards
00:58:48en 2024
00:58:49et ces années
00:58:51exceptionnelles
00:58:52de profit
00:58:53ont conduit
00:58:54les grands armateurs
00:58:55dont vous faites partie
00:58:56à commander
00:58:56massivement
00:58:57de nouveaux navires
00:58:58qui arrivent
00:58:59aujourd'hui
00:59:00sur le marché.
00:59:01Alors,
00:59:02même que la demande
00:59:02mondiale
00:59:03progresse plus faiblement,
00:59:05avec pour conséquence
00:59:06la baisse
00:59:07du revenu moyen
00:59:08par conteneur.
00:59:08Première question,
00:59:10comment abordez-vous
00:59:11ce retournement
00:59:11de cycle,
00:59:12même si vous en avez
00:59:13un peu parlé
00:59:13au départ ?
00:59:15Deuxième question,
00:59:17votre groupe,
00:59:17troisième armateur mondial,
00:59:19a réalisé 54 milliards
00:59:20de dollars
00:59:20de chiffre d'affaires
00:59:21et 2,3 milliards
00:59:22de bénéfices nets
00:59:24en 2025.
00:59:25Au premier trimestre,
00:59:2713,2 milliards
00:59:28de dollars
00:59:29de chiffre d'affaires
00:59:29et 2,1 milliards
00:59:30d'EBITDA.
00:59:31Ma question
00:59:32est la suivante,
00:59:33vous continuez,
00:59:34on en a déjà
00:59:34parlé dans cette commission,
00:59:36à bénéficier chaque année
00:59:37du régime très dérogatoire
00:59:38de la taxe au tonnage.
00:59:40Alors,
00:59:41s'il est souvent présenté
00:59:42comme un outil
00:59:43de compétitivité,
00:59:44vous le présentez
00:59:45comme ça
00:59:46de votre côté,
00:59:47on est néanmoins
00:59:49fondé
00:59:49à nous interroger
00:59:50sur les bénéfices
00:59:51concrets
00:59:52pour notre pays.
00:59:52pouvez-vous repréciser
00:59:54comment le groupe
00:59:55entend renforcer
00:59:55ses actifs
00:59:56industriels
00:59:57sur le territoire
00:59:57national ?
00:59:58Quel montant précis
00:59:59CMA,
01:00:00CGM
01:00:00entend investir
01:00:01entre 2026
01:00:02et 2030
01:00:03dans les ports français,
01:00:04les terminaux,
01:00:05l'électrification
01:00:06à quai,
01:00:06le ferroviaire ?
01:00:07Vous y êtes revenu
01:00:08partiellement tout à l'heure,
01:00:09mais surtout,
01:00:10quelle perspective
01:00:11en termes d'emploi
01:00:12sur le territoire national
01:00:13pour ces investissements ?
01:00:15Autre question,
01:00:17vous y êtes revenu aussi
01:00:18en avril 2025,
01:00:19le groupe a conclu
01:00:20un partenariat stratégique
01:00:21de 5 ans avec Mistral AI,
01:00:23soutenu par un investissement
01:00:24de 100 millions d'euros.
01:00:25Cet accord vise
01:00:26à accélérer l'intégration
01:00:27de solutions
01:00:28d'intelligence artificielle
01:00:29sur mesure
01:00:30dans l'ensemble
01:00:30de ses activités
01:00:31d'expédition
01:00:31de logistique
01:00:32et de médias.
01:00:33Quelles incidences éventuelles
01:00:34ces investissements
01:00:35auront-ils sur l'emploi ?
01:00:36Et puis,
01:00:36dernière question,
01:00:37vous avez abordé
01:00:38très rapidement Cuba.
01:00:39Là aussi,
01:00:40avec la suspension
01:00:41des rotations,
01:00:42quelles sont les perspectives
01:00:43dont vous pouvez nous parler ?
01:00:45Je vous remercie.
01:00:46Merci,
01:00:46Monsieur le député.
01:00:51L'activité de transport maritime
01:00:53est une activité cyclique.
01:00:56Et une des difficultés
01:00:57que nous avons,
01:00:58c'est d'arriver à...
01:00:59Quand on commande un bateau,
01:01:01il faut environ 2 ans
01:01:02pour le réceptionner.
01:01:03Et quand vous le commandez,
01:01:05c'est que vous avez des moyens
01:01:06parce que vous pensez
01:01:07que le marché
01:01:08va continuer à se développer.
01:01:10Et quand le bateau arrive,
01:01:12il se peut que vos concurrents
01:01:13aient aussi commandé
01:01:14des navires.
01:01:15Et donc,
01:01:15il va y avoir un déséquilibre
01:01:16entre offre et demande.
01:01:17Mais ça,
01:01:18c'est notre métier.
01:01:19Aujourd'hui,
01:01:19on parle beaucoup
01:01:20de nos résultats
01:01:21parce que ça fait
01:01:22quelques années
01:01:23qu'ils sont très bons.
01:01:24Mais si je regarde
01:01:25depuis 50 ans,
01:01:27personne ne nous aurait
01:01:28félicité sur nos résultats
01:01:30parce qu'on a énormément
01:01:31investi et on perdait
01:01:33de l'argent
01:01:33parce que le marché
01:01:34n'était pas toujours
01:01:35très porteur.
01:01:36Il est beaucoup
01:01:37depuis le Covid.
01:01:38Ça s'est nettement
01:01:38calmé depuis,
01:01:39mais on ne peut pas
01:01:41généraliser et penser
01:01:41que le transport maritime,
01:01:43c'est les résultats
01:01:44du Covid.
01:01:44Ce n'est pas vrai,
01:01:45ça.
01:01:47parce qu'on continue
01:01:48à investir massivement
01:01:50et on a des investissements
01:01:52sur le long terme.
01:01:53On investit
01:01:53sur les 25 prochaines années.
01:01:56Et même si on va
01:01:58connaître des paillettes
01:01:59compliquées,
01:02:00et on s'attend
01:02:01à ce que l'année prochaine
01:02:01soit une année difficile
01:02:02et qui commencera
01:02:03probablement à partir
01:02:05du milieu de cette année.
01:02:07Aujourd'hui,
01:02:08la situation au Moyen-Orient
01:02:10a créé des congestions,
01:02:12a créé une disruption
01:02:13de la chaîne logistique
01:02:15et donc les tarifs
01:02:16de frais sont montés.
01:02:17Mais aujourd'hui,
01:02:18il y a plus
01:02:20de capacités navires
01:02:21que de marchandises
01:02:22à transporter.
01:02:23Sauf que vous avez
01:02:24des navires qui sont bloqués
01:02:25dans le détroit d'Hormuz,
01:02:26vous avez des bateaux
01:02:27qui ne passent plus par Suez
01:02:28et les ports
01:02:29qui sont congestionnés.
01:02:30Mais c'est un métier
01:02:31qui est très complexe.
01:02:33Et résumer la situation
01:02:35du groupe
01:02:36en nous parlant à nouveau
01:02:37de la taxe au tonnage,
01:02:38j'entends l'argument.
01:02:39Mais en ce qui est
01:02:40de CMA-CGM,
01:02:41on investit massivement.
01:02:4313 % du chiffre d'affaires
01:02:45de CMA-CGM
01:02:46est réalisé en France.
01:02:4813 % des effectifs
01:02:50du groupe
01:02:50sont en France
01:02:52et 30 %
01:02:53de nos investissements
01:02:54sont réalisés en France.
01:02:57C'est beaucoup.
01:02:58C'est beaucoup.
01:03:00Et je pourrais
01:03:01les investir ailleurs.
01:03:03et je pourrais
01:03:04les investir ailleurs.
01:03:06Et on le fait
01:03:07parce que la France
01:03:08reste un marché porteur,
01:03:10un marché qui se développe
01:03:11et on tient absolument
01:03:13à être présent
01:03:13sur ce marché.
01:03:15On investit dans des ports.
01:03:16Je vous ai parlé
01:03:17du projet des Antilles.
01:03:19CMA-CGM
01:03:20est une des rares
01:03:20compagnies maritimes
01:03:21à desservir
01:03:22Martinique, Guadeloupe
01:03:23et Guyane
01:03:24qui emmènent la marchandise
01:03:26en Nouvelle-Calédonie,
01:03:27en Polynésie française.
01:03:30Donc CMA-CGM aussi.
01:03:33Donc vous me demandez
01:03:34qu'est-ce qu'on fait ?
01:03:35On fait déjà ça.
01:03:39Maintenant,
01:03:40pour revenir
01:03:40à votre question sur Cuba,
01:03:41je pense qu'elle n'est pas
01:03:42entre nos mains.
01:03:43Elle est entre les mains
01:03:44des Américains.
01:03:47Et donc tant que
01:03:48la situation
01:03:49est une situation
01:03:51de crise
01:03:51entre les États-Unis
01:03:52et Cuba,
01:03:53je pense qu'on ne pourra
01:03:56pas desservir
01:03:57cette île.
01:03:59Merci.
01:04:01Merci, M. le Président
01:04:02et le Directeur général.
01:04:03Nous en avons fini
01:04:03avec les orateurs
01:04:04des groupes.
01:04:04J'ai trois inscrits
01:04:06pour des questions
01:04:06individuelles d'une minute.
01:04:07M. Le Gac.
01:04:09Oui, merci, M. le Président Travers.
01:04:11M. le Président Saadé,
01:04:12vous le savez,
01:04:13en 2016,
01:04:14la loi Économie bleue
01:04:15d'Arnaud Leroy
01:04:16avait véritablement créé
01:04:17une ambition.
01:04:18Elle avait marqué
01:04:19une ambition maritime
01:04:20très ambitieuse
01:04:21pour notre pays.
01:04:23Et malheureusement,
01:04:24depuis les quelques années
01:04:25récentes,
01:04:26eh bien,
01:04:26force est de constater
01:04:27que l'État
01:04:28est en train
01:04:28de rogner
01:04:29sur son soutien
01:04:30à l'emploi
01:04:31des marins.
01:04:32Je fais partie
01:04:32de ceux,
01:04:33on n'est pas très nombreux,
01:04:34à défendre des amendements
01:04:35chaque année
01:04:35dans le projet
01:04:36de loi de finances
01:04:37pour maintenir
01:04:37les exonérations
01:04:38de charges
01:04:39soit salariales
01:04:40soit patronales
01:04:41avec plus ou moins
01:04:42de succès.
01:04:42l'année dernière,
01:04:42l'année dernière,
01:04:43j'ai un peu failli,
01:04:43mais on arrive quand même
01:04:45à se battre chaque année.
01:04:46Et je ne parle même pas
01:04:47effectivement des collègues
01:04:48qui, eux,
01:04:48se battent contre la taxe
01:04:49de tonnage
01:04:49qui est une vraie ineptie,
01:04:53effectivement.
01:04:54Mais ce n'est pas sur ce point
01:04:55que je voulais vous interroger.
01:04:56Je voulais vous interroger
01:04:56sur ce qui ressemble
01:04:57à un autre impôt,
01:04:59la taxe carbone ETS.
01:05:01Puisque donc,
01:05:02l'ETS,
01:05:02vous savez,
01:05:03M. le Président,
01:05:03a été mis en place.
01:05:04Alors sur papier,
01:05:04c'est pas mal.
01:05:05Les compagnies achètent
01:05:06des quotas carbone
01:05:06pour couvrir leurs émissions.
01:05:08Et l'argent qui est ainsi récolté
01:05:09devrait servir, justement,
01:05:11resservir à investir
01:05:12pour décarboner.
01:05:14J'ai le droit
01:05:14qu'une seule minute,
01:05:15M. le Président.
01:05:16Eh bien, écoutez,
01:05:17juste pour finir.
01:05:18Allez-y, allez-y, allez-y.
01:05:19Merci.
01:05:21Est-ce que l'Europe
01:05:21et la France,
01:05:22on n'est pas en train
01:05:23de se tirer une balle
01:05:24dans le pied
01:05:24puisque l'OMI
01:05:26n'a pas encore statué
01:05:27sur un ETS
01:05:29à l'échelle mondiale.
01:05:30On nous dit déjà
01:05:32que des compagnies maritimes
01:05:33sont en train
01:05:33de détourner
01:05:34les façades maritimes européennes
01:05:35pour détourner, justement,
01:05:37ETS.
01:05:37Donc, quel regard
01:05:38vous portez
01:05:38sur ce qui ressemble
01:05:40à un nouvel impôt
01:05:41qui va encore,
01:05:42comment dire,
01:05:44alléger,
01:05:45en tout cas,
01:05:45empêcher la compétitivité
01:05:46du pavillon français ?
01:05:47Et juste pour finir,
01:05:48Président,
01:05:49je voulais dire
01:05:49à Rodolphe Saadé
01:05:50avec beaucoup,
01:05:51comment dire,
01:05:52très amicalement,
01:05:53il y a effectivement
01:05:54le 2 juillet
01:05:54l'inauguration au Havre.
01:05:56On y sera,
01:05:56moi, j'y serai,
01:05:57mais avant cela,
01:05:58jeudi,
01:05:58il y a l'inauguration
01:05:59du Cap-Orusso
01:06:00à Marseille,
01:06:01Corsica-Linéa
01:06:02qui met à l'eau
01:06:03son dernier bateau jeudi.
01:06:07Merci, M. Le Gag.
01:06:08C'est un caractère exceptionnel,
01:06:09quand même,
01:06:10M. le président
01:06:11directeur général.
01:06:12On ne parle pas
01:06:13de la même taille,
01:06:13quand même.
01:06:16Je n'ai rien
01:06:17contre Corsica-Linéa,
01:06:18bien au contraire,
01:06:19mais vous voulez voir
01:06:19un vrai bateau,
01:06:20venez au Havre.
01:06:25ETS.
01:06:26Ce qui nous aiderait
01:06:27beaucoup,
01:06:28et je vais utiliser
01:06:29un terme anglais,
01:06:30c'est qu'il y a
01:06:31un level playing field.
01:06:33Ça veut dire
01:06:33que les différents pays
01:06:35européens
01:06:35et internationaux
01:06:37aient la même politique
01:06:38et la même stratégie.
01:06:40Donc c'est bien
01:06:40que l'Europe
01:06:41mette en place
01:06:42cette taxe carbone,
01:06:43on la paiera
01:06:44et on ne déviera pas
01:06:45des marchandises
01:06:45pour éviter de la payer.
01:06:47Mais par contre,
01:06:48les États-Unis
01:06:49ont leur politique,
01:06:50l'Asie a la sienne,
01:06:51le Moyen-Orient a la sienne
01:06:53et pour nous,
01:06:53transporteurs maritimes,
01:06:54il est difficile
01:06:55de nous retrouver.
01:06:57Donc s'il y avait
01:06:57un jour ou l'autre,
01:06:59le monde pouvait parler
01:07:00d'une même voix,
01:07:01alors peut-être
01:07:01que c'est difficile,
01:07:03mais ce serait bien.
01:07:04ce serait bien.
01:07:07Merci beaucoup.
01:07:08M. Gabaron,
01:07:10pour une minute
01:07:10et un tout petit peu plus.
01:07:11Merci M. le Président,
01:07:13M. le Directeur,
01:07:14M. le Président,
01:07:14Directeur Général.
01:07:15Les crises récentes
01:07:16d'Hormuz à la Mer Rouge,
01:07:17les tensions en Indo-Pacifique,
01:07:19la compétition entre Chinois
01:07:20et Américains
01:07:20et globalement le retour
01:07:22à un monde multipolaire
01:07:22démontrent,
01:07:23si on pouvait encore en douter,
01:07:24que la puissance d'une nation
01:07:25dépend de sa capacité
01:07:26à maîtriser ses routes commerciales
01:07:28et ses chaînes logistiques.
01:07:29La France,
01:07:30pays sur lequel le soleil
01:07:31ne se couche jamais,
01:07:32possède la deuxième zone
01:07:33économique exclusive au monde
01:07:35et CMA-CGM
01:07:36est aujourd'hui
01:07:36l'un des rares champions mondiaux
01:07:38du transport maritime
01:07:39et de la logistique
01:07:39et le centre de décision
01:07:41est en France.
01:07:42Le constat est là,
01:07:43vous l'avez largement souligné,
01:07:45la France a donc
01:07:46des atouts considérables
01:07:47pour peser dans le concert mondial.
01:07:49Moi, je veux questionner
01:07:50de manière ouverte
01:07:50la stratégie.
01:07:51En tant qu'observateur
01:07:52privilégié de ce monde
01:07:53et en tant qu'acteur incontournable,
01:07:55pensez-vous que la France
01:07:56développe aujourd'hui
01:07:57une véritable stratégie
01:07:58de puissance maritime
01:07:59que doit faire notre pays
01:08:00dans les dix prochaines années
01:08:01pour demeurer une puissance
01:08:03d'influence au XXIe siècle,
01:08:05conserver sa souveraineté
01:08:06et accroître
01:08:07sa compétitivité internationale
01:08:08et naturellement,
01:08:09en quoi le positionnement
01:08:10de votre groupe
01:08:11pourra être un atout
01:08:12dans cette stratégie nationale.
01:08:13Je vous remercie.
01:08:14Merci, M. Gavaron.
01:08:15M. le Président-directeur général.
01:08:18Je pense que la France
01:08:19a un rôle très important
01:08:20à jouer dans le monde.
01:08:23Elle le joue en partie.
01:08:24Mais aujourd'hui,
01:08:25le monde a beaucoup évolué.
01:08:27Je sais que certains
01:08:28m'ont interrogé
01:08:29sur la suprématie américaine.
01:08:31Aujourd'hui, on voit
01:08:32que la suprématie américaine
01:08:34est mise à mal.
01:08:35On a d'autres pays
01:08:37qui émergent,
01:08:37la Chine, l'Inde
01:08:39et les cartes sont redistribuées.
01:08:41Moi, je pense que la France
01:08:42peut jouer un rôle
01:08:44au niveau international.
01:08:46Il y a évidemment du travail,
01:08:47mais la France est tout à fait
01:08:49à même de peser
01:08:50dans la solution mondiale.
01:08:52Je pense qu'il y a des choses
01:08:54à faire.
01:08:54Et le groupe CMA-CGM,
01:08:56de par son positionnement,
01:08:57nous sommes présents
01:08:58dans plus de 160 pays.
01:08:59Nous couvrons toutes les mers
01:09:00du globe.
01:09:01On part du Chili
01:09:04jusqu'au fin fond de l'Asie.
01:09:06Donc, on couvre
01:09:07toutes les mers du globe.
01:09:08Donc, on continuera
01:09:09à desservir ces différents marchés.
01:09:11Ce qu'on souhaitera à nous,
01:09:13c'est qu'il nous faut investir.
01:09:14Il nous faut un climat stable
01:09:17en France
01:09:18pour pouvoir continuer,
01:09:19à partir de la France,
01:09:20à grandir et à nous développer.
01:09:22On est inquiets
01:09:23de ce qui va se passer en 2027.
01:09:25On espère qu'il y aura
01:09:26de la stabilité dans le pays
01:09:27parce que les affaires
01:09:29ont besoin d'être réalisées,
01:09:31dans un climat de stabilité.
01:09:33Et si ce n'est pas le cas,
01:09:34malheureusement,
01:09:35c'est plus compliqué
01:09:36de se développer,
01:09:37de prendre des risques
01:09:37et d'investir.
01:09:42Et pour terminer,
01:09:43Madame Danielle Brulbois.
01:09:45Merci beaucoup,
01:09:45Monsieur le Président.
01:09:46Merci beaucoup,
01:09:46Monsieur le Président,
01:09:47directeur général,
01:09:48Monsieur le Directeur,
01:09:49pour votre exposé
01:09:51qui a été vraiment très riche
01:09:52et très intéressant.
01:09:54La question que je voulais vous poser
01:09:55est semblable
01:09:55à la précédente
01:09:56qui vient d'être posée
01:09:57puisqu'en effet,
01:09:59vous êtes le premier armateur français,
01:10:00le troisième européen,
01:10:01c'est dire
01:10:01si nous avons besoin de vous,
01:10:03vous êtes un pilier
01:10:04de notre souveraineté économique.
01:10:06Et donc,
01:10:07vous l'avez évoqué,
01:10:07les difficultés en Orient
01:10:09sur plusieurs détroits
01:10:11nous inquiètent beaucoup
01:10:13parce que c'est rompre
01:10:15la chaîne économique.
01:10:18Mais c'est aussi,
01:10:19surtout,
01:10:20pas seulement une crise structurelle,
01:10:22c'est remettre en cause
01:10:22totalement la liberté
01:10:24de navigation.
01:10:24et à l'heure
01:10:25où les Etats-Unis
01:10:28se désengagent,
01:10:30c'est vrai que l'Europe
01:10:31et la France,
01:10:31vous avez expliqué,
01:10:32la France a un rôle à jouer.
01:10:34Mais pour nous rassurer,
01:10:35pensez-vous
01:10:35qu'on va pouvoir y arriver
01:10:37par la voie diplomatique
01:10:39à retrouver
01:10:40cette liberté
01:10:41de navigation ?
01:10:44Merci, Mme Roulebois.
01:10:46M. Sardé.
01:10:48Merci de vous répondre.
01:10:51Parce que je vois que,
01:10:52malheureusement,
01:10:53avec les armes,
01:10:54on n'y arrive pas.
01:10:55Est-ce que...
01:10:58Avec les armes,
01:10:59on n'y arrive pas.
01:11:01On devrait insister davantage
01:11:03avec la diplomatie.
01:11:05Parce que je pense que,
01:11:07peut-être que c'est ce qui nous permettrait
01:11:08d'essayer d'avancer.
01:11:10Il y a 120 conflits ouverts
01:11:12dans le monde aujourd'hui.
01:11:13C'est beaucoup.
01:11:16Et je pense que la France
01:11:18a certainement un rôle à jouer.
01:11:19Et aujourd'hui,
01:11:20la France est appréciée
01:11:21dans les différentes géographies.
01:11:22Je voyage beaucoup.
01:11:24Et la France,
01:11:25quand je visite au Kenya,
01:11:27la France est appréciée.
01:11:29J'étais en Côte d'Ivoire avant.
01:11:31Pareil.
01:11:32La France n'a pas à rougir
01:11:33de sa présence
01:11:34à travers le monde.
01:11:35Au contraire.
01:11:36Et il y a de nombreux groupes français
01:11:38qui sont très présents
01:11:40à l'international.
01:11:41Il faut les encourager
01:11:41à continuer.
01:11:43Il faut leur offrir
01:11:44de la stabilité.
01:11:45Et vous travaillez avec eux ?
01:11:48Mme Broudebois, on ne reprend pas la parole.
01:11:51J'ai fait comme si je n'avais pas entendu.
01:11:53Mais oui,
01:11:53nous travaillons avec eux.
01:11:55Oui, nous travaillons avec eux.
01:11:57Parce que je crois beaucoup
01:11:58au travail d'équipe.
01:11:59Et la Team France,
01:12:01c'est aussi des entreprises françaises
01:12:03qui travaillent ensemble.
01:12:05Et c'est ça,
01:12:05ce qu'on devrait voir davantage.
01:12:08Merci.
01:12:10Bien.
01:12:12Merci beaucoup,
01:12:13M. le président
01:12:13et le directeur général.
01:12:14Merci beaucoup,
01:12:15M. le directeur financier
01:12:17du groupe CMA-CGM
01:12:18pour cette audition
01:12:20très éclairante.
01:12:22J'ai retenu
01:12:22quelques mots-clés.
01:12:23L'adaptation,
01:12:25l'adaptation aux crises,
01:12:26l'adaptation au changement climatique,
01:12:28l'agilité,
01:12:28qui doit être la vôtre
01:12:30pour surnager
01:12:31au milieu
01:12:32des défis
01:12:33qui sont les vôtres.
01:12:34et puis visibilité,
01:12:36stabilité,
01:12:36visibilité et stabilité
01:12:38réglementaire,
01:12:38fiscale.
01:12:39On a bien entendu
01:12:40ces messages,
01:12:41mais en tous les cas,
01:12:42on était très heureux
01:12:43de pouvoir accueillir
01:12:44dans la commission
01:12:45des affaires économiques
01:12:46un des fleurons
01:12:47des entreprises françaises.
01:12:50En tous les cas,
01:12:51et puis toutes les questions,
01:12:52bien évidemment,
01:12:53ont été libres
01:12:54pour l'ensemble
01:12:56des députés.
01:12:57On vous remercie
01:12:57d'avoir répondu
01:12:59à chacune
01:12:59et chacun d'entre eux.
01:13:01Merci à vous.
01:13:02C'est la fin de cet épisode.
01:13:03A bientôt sur LC.
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