00:00Et alors que nous sommes toutes et tous accablés par la disparition de la jeune Liana, dont je veux de
00:04nouveau saluer la mémoire et les proches, et dont la mort est une question politique centrale,
00:08vous avez le culot de maintenir votre projet de loi justice criminelle à l'Assemblée aujourd'hui.
00:12Vous avez présenté vos excuses à la famille et dit être terrifié par un dysfonctionnement.
00:17Dans n'importe quel pays où il reste de la dignité en politique, vous auriez pris la parole pour annoncer
00:21votre démission.
00:22En utilisant le mot dysfonctionnement, vous souhaitez faire du traitement tristement banal des violences sexuelles par les institutions judiciaires et
00:29policières quelque chose d'extraordinaire,
00:31entretenant ainsi précisément l'aveuglement sur le caractère systémique de ces violences, car à force de chercher l'extraordinaire, on
00:37ne voit pas l'ordinaire, et c'est cela qui permet l'impunité.
00:40Ce qui est terrifiant, c'est plutôt que la lutte contre ces violences sexuelles systémiques ne soit toujours pas une
00:44politique publique,
00:45que tous les services publics soient démantelés, que la justice soit toujours aussi patriarcale près de dix ans après MeToo.
00:50Vous avez ensuite cherché à esquiver vos responsabilités en blâmant la procureure Doche, désigner des responsables et annoncer des sanctions
00:57avant même que l'enquête de l'inspection générale de la justice,
00:59que vous avez vous-même ordonnée, rendre ses conclusions. Il fallait oser. Pire, vous vous étonnez qu'elle soit menacée
01:05de mort après l'avoir jetée en pâture.
01:07S'il y a des responsables, nous les connaissons. Vous, vos prédécesseurs, vos collègues ministres de l'intérieur, de l
01:11'économie, Premier ministre jusqu'à Emmanuel Macron,
01:13pour qui, comme vous, il ne faut surtout pas parler de moyens lorsque la France compte pourtant trois fois moins
01:17de procureurs par habitant que la moyenne européenne.
01:19Vous et celles et ceux qui ont déconsidéré les corps des femmes et des enfants et considéré que leur parole
01:24n'avait aucune valeur.
01:25Merci.
01:25Merci.
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